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Canarias, Corcega... ¿Andalucía?   Lista de mensajes  
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Canarios: inferiores
Teodoro Santana
Rebelión

Lo explicaba Marx: en cada sociedad, la ideología dominante es la de la clase
dominante. Y en Canarias la clase dominante está convencida de que los canarios
somos inferiores. Nuestros arquitectos son inferiores. Ni tan siquiera son
dignos de competir abiertamente con los arquitectos foráneos, superiores por
definición a los indígenas. Es lo que ha pasado con el proyecto del Istmo de Las
Palmas de Gran Canaria (donde han quedado excluidos los arquitectos canarios,
definidos como "de tercera" por José Manuel Soria, máximo dirigente del PP en
las Islas).

Nuestros profesores son inferiores: por eso hay que importarlos de fuera,
mediante oposiciones en las que el conocimiento de la realidad social y cultural
de Canarias no cuenta para nada. Nuevos colonos que llegan con aires de
superioridad, e incluso se atreven a inculcar a nuestros niños la idea de que
nuestra forma de hablar es "incorrecta".

Nuestros trabajadores son inferiores. Nuestros escritores son de andar por casa.
Nuestros artistas son de pega. Permitimos que en nuestra propia tierra nos
traten con condescendencia, cuando no con desprecio.

Dirán ustedes que todo eso es racismo. Y tendrán razón. Añadirán, además, que es
colonialismo. Y volverán a tener razón. Pero se trata de algo más. Es la
endofobia, sistemáticamente inculcada a los nativos. El odio a lo propio. No es
de extrañar: lo propio parece poco apetecible, cosa de perdedores.

Hace apenas quinientos años nos invadieron. Nos derrotaron militarmente. Nos
quitaron la tierra. Nos impusieron su idioma y su religión, prohibiendo los
nuestros. Asesinaron a nuestros hombres. Violaron a nuestras mujeres. Nos
vendieron como esclavos. Inquisición mediante, nos obligaron a borrar todo
rastro de nuestros orígenes y a escondernos tras los apellidos de los invasores.
Nos sojuzgaron con el "impuesto de sangre", que obligaba a embarcar a cinco
familias canarias por cada cien toneladas de mercancías con destino a América.

La cosa llegó a tal extremo que tuvieron que importar mano de obra de otros
lados: Madeira, Senegal, Guinea. Esclavos unos y esclavos otros. Derecho de
pernada para los señores hasta bien entrado el siglo XX. Hambrunas,
sometimiento, miedo.

Cuando llegó la hora de la independencia de las colonias americanas, la
burguesía criolla fue comprada con las treinta monedas de los puertos francos.
Más tarde sería el Régimen Económico Fiscal, las migajas del turismo o las
subvenciones de la UE.

Nos han adoctrinado en la superioridad europea, y en que nunca llegaremos a
nada. Los cargos administrativos y los mandos empresariales, tanto medios como
altos, son todos traídos de España. A nosotros nos quedan los empleos más duros
y peor pagados. Asistimos a un acelerado proceso de canarización de la pobreza y
del paro. ¿Qué otra opinión podríamos tener de nosotros mismos?

Las "Islas Afortunadas" son el paraíso: pero un paraíso podrido, como lo ha
definido el escritor Víctor Ramírez. Sí, tenemos una forma de hablar muy suave,
pero ya va siendo hora de que los canarios hablemos fuerte. De que lleguemos a
la historia.


La Corse est secouée par une vague de violences racistes
LE MONDE | 18.09.04 | 16h20

La série d'attentats, d'agressions et d'intimidations contre des personnes
issues de l'immigration maghrébine va en s'aggravant dans l'île depuis plus de
deux ans. Les associations antiracistes, elles-mêmes menacées, appelaient samedi
à une manifestation de protestation à Corte.
Ajaccio et Bastia de notre envoyée spéciale

Pour la troisième fois dans son histoire récente, la Corse est secouée par une
vague d'attentats, de tentatives d'intimidations et de menaces racistes. Après
l'assassinat de deux Tunisiens, en 1986, revendiqué par le FLNC au nom de la
lutte contre le trafic de drogue, puis une vague de départs de l'île, après la
guerre du Golfe, au début des années 1990, la population immigrée de Corse - un
habitant sur dix, pour la moitié d'origine maghrébine - vit à nouveau dans
l'inquiétude.


56 actions violentes contre des personnes issues de la communauté maghrébine ont
été recensées depuis le 1er septembre 2003, contre 21 en 1994 ou 14 en 2000.

La vague de violences récentes a pris de telles proportions que, lorsque,
vendredi 17 septembre, sur le cours Napoléon, artère principale d'Ajaccio, le
pompiste-gérant de la station Esso, d'origine marocaine, a été exécuté en plein
jour de quatre balles de 11-43 dans le corps et d'une autre sous le menton par
deux hommes à moto et casqués, les organisations antiracistes ont tout de suite
craint la provocation, à la veille du rassemblement organisé, samedi 18
septembre, à l'université de Corte, après les menaces proférées à leur encontre
par un petit groupe clandestin, Clandestini corsi (Le Monde du 10 septembre).
Samedi matin, la police ne privilégiait pas cette hypothèse, bien que la victime
n'ait jamais fait l'objet de condamnations judiciaires. Le climat était encore
alourdi, samedi, par la découverte d'une tentative d'attentat contre une voiture
du consulat du Maroc, à Bastia.

Les premiers incidents de cette nouvelle vague datent de décembre 2002. Après
l'agression de deux jeunes insulaires à Bastia, où la population immigrée s'est
historiquement installée autour de la rue Droite, au cour de la ville - tandis
qu'à Ajaccio elle se retrouve dans les quartiers populaires de la périphérie -,
l'atmosphère devient délétère. Un communiqué de Corsica nazione - le groupe des
élus nationalistes de l'Assemblée de Corse, autour de Jean-Guy Talamoni - estime
que "des lieux historiques de vie et d'échanges sont livrés à des bandes
organisées". Le spectre des bagarres des grandes banlieues de l'Hexagone est
agité.

Dans une société méditerranéenne marquée par la violence, les incidents prennent
en réalité un tour bien plus particulier. Un premier groupe clandestin, A
Ghjuventu corsa (Jeunesse corse), fait circuler une liste nominative de supposés
"délinquants" - tous d'origine maghrébine. Un autre groupuscule clandestin,
Resistenza corsa, revendique un attentat commis quatre jours après Noël dans la
rue Droite, en raison de "la forte présence étrangère". Ces dissidents
rejoignent l'été suivant le FLNC-Union des Combattants sans qu'aucun responsable
de sa vitrine légale, Indipendenza, ne trouve à redire.

Il y a quelques jours, Clandestini corsi - quatre ou cinq personnes originaires
de Biguglia et de Bastia, selon la police - s'est félicité de l'attentat
perpétré contre la villa d'un entrepreneur algérien, le 3 septembre. Ce sont
toutefois les menaces proférées contre l'association antiraciste Ava Basta et,
pour la première fois, la Ligue des droits de l'homme, qui justifient le
rassemblement organisé samedi à Corte - et auquel toutes les formations
politiques ont décidé de participer ou d'apporter leur soutien, à l'exception de
la CGT, qui ne souhaite pas cohabiter avec les nationalistes. Mais, en réalité,
c'est tous les jours que la communauté essentiellement marocaine qui vit en
Corse se heurte à des vexations, et, pour certains, vit dans la peur, tandis que
l'ignorance alimente les fantasmes. "Tous les chiffres sont bons à prendre", se
désole l'une des bénévoles ajacciennes d'Ava Basta, citant le tag "80 000
immigrés" qui orne la route de l'entrée d'Ajaccio.

"CORSISATION DES EMPLOIS"

La situation devient dangereuse. "Les départs s'accélèrent", confirme Michèle
Bellone, directrice de l'association Leia, à Bastia. Les adolescents, nés sur
l'île, commencent à répondre aux vexations, et leurs parents prennent peur.
"Avant, les parents rasaient les murs, et on disait qu'il n'y avait pas de
problème d'intégration", résume Jean-Claude Morison, éducateur de rue de
l'association. "Aujourd'hui, les jeunes issus de l'immigration ne sont pas très
différents des jeunes Corses, et c'est ça précisément qui pose problème." Les
attentats visent les Maghrébins qui ont réussi, notent tous les observateurs.

Au premier chef des responsabilités, les ambiguïtés des nationalistes. La
caution "intellectuelle" apportée par ces derniers, dont les concepts et les
slogans - le fameux "nous sommes minoritaires chez nous" ou la "corsisation des
emplois" - servent d'ultimes repères à un mouvement en perte de vitesse est la
première montrée du doigt. "Les politiques ne partent pas en guerre, ajoute
Noëlle Vincensini, la responsable d'Ava basta. Après des actes aussi
inqualifiables, l'Assemblée de Corse devrait exiger des motions. Ce n'est pas
leur préoccupation. Ils sont formatés par le clanisme", ajoute cette ancienne
résistante communiste.

D'autres spécificités culturelles ajoutent à cette situation. "Les Corses ont
joué des rôles de dominants en occupant des fonctions dans l'empire colonial
français. A la fin de celui-ci, les ex-colons de retour sont face à des
ex-colonisés et ont alors sans doute des réflexes "petits blancs"", écrivait en
2003 la sociologue Marie-Pierre Luciani dans sa contribution au catalogue d'une
exposition très remarquée, "Corse colonies". "On assiste alors à la perpétuation
d'un système colonial dans un système d'émigration. De plus, la société corse
connaît l'angoisse de sa disparition, qui alimente le rejet de tout ce qui est
étranger au territoire ethnique", ajoute Mme Luciani.

Dans une île qui vieillit et se dépeuple, l'immigré marocain a pris ce visage.
Ici, le Maghrébin d'origine se fait le moins visible possible, et les parents
apprennent à "marcher droit". En témoignent les travailleurs des exploitations
agricoles de la plaine orientale, sur la route de Bastia et Bonifacio, qui ont
souvent perdu la force de faire de l'autostop, et avalent, le soir vers cinq
heures, leurs longs kilomètres à pied pour rentrer chez eux. Le consul du Maroc
reste d'une discrétion étonnante, alors même lors que le drapeau de son consulat
a été brûlé, avant l'été. Mouloud Mesghati, membre du Conseil français du culte
musulman (CFCM), et dont le lieu de culte de Baleone, à la sortie d'Ajaccio, a
été plastiqué à plusieurs reprises, n'était pas, lui, favorable au rassemblement
organisé samedi.

Ariane Chemin


Les statistiques de l'Insee sur l'immigration dans l'île


Taux d'immigration. Avec 26.018 immigrés sur une population totale de 260.149
habitants, il est de 10%, soit le taux régional français le plus élevé après
l'Ile-de-France.

Nationalité française. Un immigré sur cinq l'a adoptée, soit le plus faible
pourcentage des régions françaises (21%, contre 36,1% en moyenne nationale).

Répartition par âge et sexe. 57% d'hommes (la proportion est à l'équilibre au
niveau national). Deux immigrés sur trois ont entre 20 et 59 ans, contre un sur
deux nationalement.

Origines. Les natifs du Maroc représentent 42 % des immigrés (12 % au niveau
national). Viennent ensuite les natifs d'Italie et du Portugal.

Répartition géographique. Les immigrés représentent 16% de la population dans le
sud de l'île, 20% à Porto-Vecchio. Ils sont moins nombreux à l'intérieur de
l'île (5% à Corte). Un tiers des immigrés vivent à Ajaccio ou à Bastia.

Mixité. Moins d'un natif marocain sur dix a pour conjoint une personne non
immigrée.

Taux d'activité. La Corse est la région française qui compte le plus d'immigrés
dans sa population active, après l'Ile-de-France. Le taux d'activité des hommes
immigrés est supérieur à celui des hommes insulaires (86%, contre 83 %). Près de
deux travailleurs immigrés sur cinq travaillent dans le bâtiment.

. ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 19.09.04


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