Entrar
¿Usuario nuevo? Regístrate
sahara-info
? ¿Ya estás suscrito? Entrar en Yahoo!

Consejos de Yahoo! Grupos

¿Sabías que...?
Puedes buscar mensajes antiguos en un grupo.

Mensajes

  Mensajes Ayuda
Avanzado
Politique/ Media francophones/ Sélection de presse 12-III-2003 (sui   Lista de mensajes  
Responder | Reenviar Mensaje #1618 de 6678 |
IMPERIALISME MAROCAIN SUR SES VOISINS
http://www.liberation.press.ma/default.asp?cat=5

L’engagement américain montre que l’hyperpuissance tient à la stabilité
de cette charnière entre le Nord et le Sud et que l’Union européenne
reste un acteur secondaire même à ses frontières


Deux événements importants ont marqué le mois de février dernier. La
normalisation des relations diplomatiques avec le Maroc, et le
réchauffement relatif des rapports avec l'Algérie.
Si du côté des rapports avec nos voisins espagnols les travaux des
multiples commissions bilatérales laissent présager un redémarrage sur
des bases fortes des rapports avec le voisin du Nord, le rapprochement
avec le voisin de l'Est laisse entrevoir une volonté de réouverture des
frontières. Les dernières déclarations de l'ancien ministre algérien de
la Défense dans la presse selon lesquelles “l'Algérie n'a pas besoin
d'un nouvel Etat à ses frontières” laissent présager une tendance à
admettre une solution politique de la question du Sahara.
Alger chercherait ainsi “une porte de sortie diplomatique honorable”
concernant le dossier. Quant aux Espagnols, estime Rachid El Houdaigui,
il faut leur faire admettre, que leur projection stratégique vers le Sud
doit passer par un partenariat solide et privilégié avec Rabat. Un
partenariat qui doit être édifié sur la base d’un règlement progressif
des questions territoriales et d’une délimitation équitable des espaces
maritimes.
Rachid El Houdaigui est professeur de relations internationales, il est
auteur de “La politique étrangère sous le règne de Hassan II, auteurs,
enjeux, et processus décisionnel” à sortir en mai prochain chez les
éditions L’Harmattan, dans lequel il retrace plus de quatre décennies de
la diplomatie marocaine.


Libé : Vous avez souvent dit que l'Espagne et l'Algérie verraient d'un
bon œil un Maroc stable mais pas fort, est-ce que vous pouvez
approfondir davantage cette vision ?

Rachid El Houdaigui : Il s’agit ici d’une perception géostratégique que
partagent ces deux pays depuis le début des années 1960 et qui peut se
résumer en un oui pour un Maroc stable, non pour un Maroc fort. Un Maroc
sans contrôle effectif sur son espace maritime méditerranéen, gêné par
la présence espagnole dans les présides, est un Maroc faible. Un Maroc
sans contrôle effectif sur son espace maritime atlantique, en raison du
verrouillage militaire espagnol de la zone des Iles Canaries est un
Maroc encerclé.
A cela s’ajoute l’absence de délimitations maritimes entre les deux pays
qui a créé un climat de pression permanente sur le Maroc. L’exemple le
plus frappant est la décision de Madrid d’accorder des permis de
prospection à la société Repsol au large des Canaries. Une décision qui
a été d’ailleurs condamnée par Rabat.
Je dois également insister sur les tentatives algériennes et même
espagnoles de priver le Maroc de sa projection africaine naturelle et
historique, que lui assure le Sahara. Un Maroc sans Sahara est un pays
faible et étouffé. Il suffit juste de jeter un coup d'œil sur une carte
de la région pour s’en rendre compte.
Cette fragilité géopolitique peut facilement basculer dans
l’encerclement en cas de crise grave avec l’Espagne et l’Algérie. La
crise de l'îlot de Taura illustre très bien ce cas de figure; alors que
Rabat et Madrid frôlaient l’affrontement, Alger s’aligna sans complexe
sur la position espagnole.
Il est toutefois démesuré de croire à l’existence d’une alliance
stratégique institutionnelle entre ces deux pays dirigée contre le
Maroc.
Feu Hassan II avait très bien compris cette situation et a tout fait
pour traduire cette contrainte géopolitique en opportunité; il a ainsi
façonné une politique étrangère axée sur la recherche d’un soutien
occidental, notamment auprès de la France et des Etats-Unis, sinon pour
solutionner le problème du Sahara, du moins pour maintenir un équilibre
régional. C’est dans cette perspective qu’il faut inscrire ses positions
pro-occidentales qui ont marqué son règne.

Ce mois de février a été caractérisé par deux faits notoires, la
normalisation des relations diplomatiques avec l'Espagne et le
réchauffement des relations avec l'Algérie qui pourrait aboutir à une
rencontre de sommet et une ouverture partielle des frontières
maroco-algériennes. Quelles sont les perspectives que ces deux faits
pourraient ouvrir pour les relations du Maroc avec ses deux voisins ?

Soyons lucide, tant que les perceptions conflictuelles et l’asymétrie
des intérêts géopolitiques subsistent, on ne peut pas s’attendre à des
perspectives meilleures. Nos relations avec nos deux voisins
continueront d’être marquées par un enchaînement de périodes de détente
et de crise.
Entre le Maroc et l’Algérie, il y a la question du Sahara. On sait que
le soutien algérien au polisario n’est que le paravent d’une stratégie
géopolitique beaucoup plus profonde visant le désenclavement océanique
de l’Algérie par l’ouverture d’une façade atlantique au détriment du
Maroc. La dernière proposition algérienne convoitant le partage du
Sahara s’inscrit dans cette logique. Mais elle cache simultanément un
message qui laisse penser qu’Alger serait prête à un compromis politique
sur cette affaire ; reste à savoir à quel prix? Et Dans quel cadre?
Nous devons nous demander si cette option n’est pas impossible surtout
que les discours de certains décideurs algériens tendent à révéler
qu’Alger chercherait une porte de sortie diplomatique honorable.
Je reste, toutefois, prudent face à l'imminence d’une telle alternative
en raison de l’opacité du processus décisionnel algérien et de
l’approche des élections présidentielles.
Quant aux Espagnols, nous devons leur faire admettre, que leur
projection stratégique vers le Sud doit passer par un partenariat solide
et privilégié avec Rabat. Un partenariat qui doit être édifié sur la
base d’un règlement progressif des questions territoriales et d’une
délimitation équitable des espaces maritimes.

Sur ce dernier volet, et après une année et demie de crise, que peut-on
justement attendre de ce retour à la normale dans les relations avec
l'Espagne, sachant que le voisin du Nord campe toujours sur ses
positions concernant les dossiers les plus brûlants, le Sahara, les
présides et les îles occupés et la délimitation des frontières maritimes
?

Le raidissement de la politique du gouvernement Aznar à l’égard des
revendications marocaines traduit, en fait, le "complexe
d’obsidionalité" dont souffrent les stratèges espagnols, ce sentiment
marqué par une obsession de rang et la recherche désespérée d’un statut
international.
Aznar n’accepte pas que son pays soit relégué au rang de puissance
périphérique en Europe à l’instar de l’Italie et fait tout pour
rééquilibrer ce déficit par un alignement atlantique allant jusqu'à
revendiquer le statut d’allié privilégié de Washington au même titre que
l’Australie, le Canada, la Grande-Bretagne. Il a ainsi renouvelé les
accords militaires avec les Etats-Unis reconnaissant à l’armée
américaine une plus grande autonomie sur la base de Rota située au sud
de la péninsule. Il a également conclu un accord sur la sécurité des
navires américains dans le Détroit de Gibraltar et renforce la
coopération des services de renseignement avec les Etats-Unis.
Parallèlement, Aznar poursuit une géopolitique extérieure agressive
vis-à-vis du Maghreb, particulièrement contre le Maroc.
En fait, l’Espagne profite de sa situation de péninsularité, tête de
pont permettant d’accéder au continent européen, pour s’ériger en
défenseur de la frontière sud de l’Union européenne contre les
prétendues menaces d’immigration clandestine, de trafic de drogue et de
terrorisme.
Ces orientations ibériques « vendues » respectivement à Washington et
Bruxelles ont pour objectif de décrocher en contrepartie la
reconnaissance à l’Espagne du statut de puissance protectrice du Détroit
de Gibraltar.
Mais la crise de Taura a rappelé à Madrid que l’opérationnalité d’un tel
statut est étroitement tributaire de la bonne entente avec Rabat.
L’intervention militaire démesurée tout comme les réactions xénophobes
d’une grande partie des médias espagnols ont terni plus qu’on le pense
l’image d’une Espagne moderne, démocratique, supposée libérée des
pesanteurs du passé.
En fait, les Espagnols ne veulent pas admettre que les revendications
territoriales marocaines soient la manifestation d’une constante de la
politique étrangère du Maroc. Feu Hassan II avait déclaré en 1976 que la
solution du problème de Gibraltar devait impliquer une solution pour
Sebta et Mellilia, et à Taura, ce sont ces présides qui étaient visés.
Nous pouvons néanmoins souligner que Rabat a mal anticipé la réaction
espagnole comme elle a montré une certaine hésitation dans la gestion de
la crise.
En définitif, pour qu’il y ait un nouveau départ, il faudrait penser à
établir une confiance durable entre les deux pays, dont les principales
manifestations seraient d’inclure le Maroc dans le système de contrôle
du Détroit de Gibraltar et d’élaborer une méthodologie de travail
capable de canaliser les dérives sécuritaires dans la gestion des
questions de l’immigration et de la drogue ainsi que le règlement
dépassionné et juste des questions territoriales.

Et dans le cadre de ce nouveau départ, à quel point la diversification
des rapports économiques et sociaux du Maroc avec l'Espagne en
s'ouvrant, dans la mesure où le permet la constitution espagnole, sur
les autonomies pourrait-elle aider à éviter sinon à limiter les effets
des crises politiques entre les deux pays?

Les relations avec les régions espagnoles sont une option positive, mais
il faut l’intégrer dans le cadre des relations bilatérales entre les
deux capitales. Ce serait une grave erreur de penser faire des rapports
avec la Catalogne ou l’Andalousie par exemple un moyen de pression sur
Madrid.
Et là je reproche à notre diplomatie l’absence d’une stratégie globale
adaptée à l’Espagne. Nous regrettons l’inexistence de campagnes
explicatives sur les dossiers du Sahara et de l’immigration ainsi que la
négligence des acteurs associatifs et des partis politiques comme relais
de notre diplomatie. Rien n’est fait non plus sur le plan de la présence
culturelle marocaine en Espagne alors que nous avons sur place une
communauté très importante capable de jouer un rôle intermédiaire dans
le rapprochement entre les deux peuples. Cette absence profite au
polisario et contribue à l’obstination des perceptions négatives sur le
Maroc chez une grande partie de la population espagnole
Cela dit, notre diplomatie devrait adopter une approche synoptique
englobant les acteurs politiques, économiques, associatifs et culturels
dans la promotion de l’image du pays et la défense de ses intérêts.

Parallèlement, dans quelle mesure la médiation des Etats-Unis dans la
crise de l'îlot de Taura a-t-elle joué en faveur de la normalisation
avec l'Espagne et le réchauffement des relations avec l'Algérie?

Il s’agit plutôt d’une conciliation qui a pesé de tout son poids dans le
règlement de la crise. L’engagement américain montre que
l’hyperpuissance tient à la stabilité de cette charnière entre le Nord
et le Sud et que l’Union européenne reste un acteur secondaire même à
ses frontières. A ce sujet, le volet politique et sécuritaire du
partenariat euro-méditerranéen demeure un simple canevas de principe
d’intentions, sans plus.
Cette crise nous enseigne également qu’il faut consolider l’orientation
équilibrée de notre politique étrangère telle qu’elle a été construite
par le défunt Souverain. Les négociations pour la création d’une zone de
libre-échange s’inscrivent dans cette perspective. Je dois souligner
qu’elle n’est en aucun cas incompatible avec l’accord d’association
maroco-européen.
Penser le contraire serait ignorer la fragilité de notre position
géopolitique et sous-estimer l’importance économique d’un tel accord
pour le Maroc.

Et comment pourrait-on interpréter ce regain d'intérêt des Etats-Unis
pour le Maroc et la région Ouest de la Méditerranée?

Ce regain d’intérêt pour le Maroc n’est qu’à ses débuts, tout reste à
construire. Car nous avons tendance à exagérer le niveau de nos
relations avec les Etats-Unis. Les échanges économiques et les rapports
militaires restent en deçà des relations politiques. Nous n’avons pas
atteint le stade d’allié stratégique des Américains dans la région,
contrairement à l’Espagne liée aux Etats-Unis par des accords
militaires. Aussi le contrôle du Détroit de Gibraltar est-il assuré par
deux alliés incontournables de Washington, Madrid et Londres, les deux
membres les plus "atlantistes" de l’Otan.
Par ailleurs, certains indices comme la lutte contre le terrorisme ainsi
que le souci de se rapprocher du marché européen nous laissent penser
que l’objectif des Américains serait d’intégrer le Maroc et par la suite
l’Algérie et la Tunisie dans une grande zone commerciale qui conduirait
à long terme à la stabilité de la région et à l’établissement d’un
partenariat sécuritaire entre le Maghreb et les Etats-Unis.
En attendant ces jours meilleurs, le Maroc doit continuer sa coopération
sécuritaire en matière de lutte contre le terrorisme comme il est tenu
de promouvoir l’utilité de sa proximité géographique avec l’Union
européenne pour les entreprises américaines et sa bonne volonté de mener
à bien ses réformes démocratiques. L’objectif serait de décrocher une
fonction régionale, notamment, le contrôle effectif, mais bien sûr
partagé, du Détroit de Gibraltar. Cette fonction pourrait lui assurer
l’équilibre des rapports de force avec son vis-à-vis l’Espagne.

Propos recueillis parTahar Abou El Farah



Mié, 12 de Mar, 2003 9:45 pm

ruizmi@...
Enviar mensaje Enviar mensaje

Reenviar Mensaje #1618 de 6678 |
Desplegar mensajes Autor Ordenar por fecha

IMPERIALISME MAROCAIN SUR SES VOISINS http://www.liberation.press.ma/default.asp?cat=5 L’engagement américain montre que l’hyperpuissance tient à la...
Carlos Ruiz Miguel
ruizmi@...
Enviar mensaje
12 de Mar, 2003
9:30 pm
Avanzado

Copyright © 2009 Yahoo! Todos los derechos reservados.
Política de Privacidad Actualizada - Condiciones del servicio - Directrices - Ayuda