S O M M A I R E
1. SAHARA-ONU-PLAN BAKER II
- L'EXPRESSION: Paris défie Washington
- LIBERTÉ: La France contre l’autodétermination
- LE QUOTIDIEN D'ORAN: Bataille de dernières heures sur le Sahara
Occidental à l’ONU. Les embarras de Paris
- INTERVIEW AVEC YAHIA ZOUBIR, par Hafida Ameyar
- LES DÉBATS N° 88 du 23 au 29 juillet 2003: Polisario : Attachement à
l'autodétermination/ Les termes du plan de paix. Une autonomie de fait
pour les Sahraouis/ L'Algérie réitère ses positions: Priorité aux
"garanties de sécurité et d'équité"
- MAROC HEBDO Nº 567: Les grandes lignes du plan Baker sur le Sahara:
Entre souveraineté et autonomie
- MAROC HEBDO Nº 567: Le Maroc dit “non”
- MAROC HEBDO Nº 567: Sahara: Non au “Diktat”!
2. ESPAGNE-MAROC-SAHARA-NOUVELLE VIOLATION DE LA LÉGALITÉ
INTERNATIONALE!!!!
- LE MATIN (maroc): Maroc-Espagne : prochaine délimitation des espaces
maritimes atlantiques [NOTE: TOUT TRAIT ENTRE L'ESPAGNE ET LE MAROC SUR
LES EAUX DU SAHARA EST ILLEGAL!!!!]
3. ALGÉRIE-USA
- EL MOUDJAHID: Le nouvel ambassadeur des Etats-Unis à Alger
“L’Algérie est un partenarie-clé”
4. ALGÉRIE-FRANCE
- EL MOUDJAHID: 41 questions de l’hebdomadaire Figaro magazine au
Président de la République
Bouteflika : “Les relations politiques avec la France sont excellentes”
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SÁHARA-INFO: http://es.groups.yahoo.com/group/sahara-info/
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1. SAHARA-ONU-PLAN BAKER II
http://www.lexpressiondz.com/articles.php3?category=7&id=17245
SAHARA OCCIDENTAL
Paris défie Washington
27-07-2003 - Page : 7
La patrie des droits universels se bat pour bafouer celui du peuple
sahraoui à décider de son destin.
Ce qui n’était que rumeur vient de se confirmer. Rafarin, le Premier
ministre français, en visite au Maroc, a officiellement mis en avant «la
concordance de vue et de positions entre Paris et Rabat à propos de la
question du Sahara occidental». Le responsable français a sans doute
mûrement pesé le sens et la gravité de cette déclaration avant de la
faire. La France, qui a toujours tout fait pour être à l’avant-garde des
combats humanitaires et démocratiques est en train de soutenir les
vélléités colonialistes et expansionnistes du Royaume chérifien. Les
observateurs estiment que Paris, à travers cette action, cherche surtout
à servir ses intérêts économiques. En effet, faisant fi du droit
international, le Maroc a commencé à accorder des concessions à des
compagnies pétrolières françaises au niveau du Sahara Occidental. La
France, comme le Maroc donc, «refuse que le peuple sahraoui décide seul
de son destin à travers un référendum prévu dans les cinq années à venir
suivant le plan Baker, représentant personnel de Kofi Annan et ancien
secrétaire d’Etat américain indiquent des sources diplomatiques à
Alger». Raffarin a admis, à mots à peine déguisés, que son pays est au
service du Maroc au niveau du conseil de sécurité de l’ONU. L’agence de
presse anglaise Reuters a confirmé hier, citant des sources
diplomatiques, que la France oeuvre avec acharnement à empêcher
l’adoption de cette résolution lors d’une réunion du conseil de sécurité
de l’ONU prévue ce jeudi. Les concessions faites au Royaume sont
pourtant énormes puisque durant tout ce temps, il exercera de très
larges pouvoirs sur la Rasd (république arabe sahraouie et populaire) et
aura même tout le temps nécessaire pour mener campagne en faveur de
l’annexion de ce territoire. Le président de la commission de l’APN des
affaires étrangères, Sadek Bouguettaya, invité récemment de notre
rubrique «A coeur ouvert avec L’Expression», nous avait livré ces
informations en exclusivité en indiquant que la France était en train de
tenter de bloquer le plan Baker. Paris, qui roule ostensiblement pour
Rabat, a déjà pris langue avec les représentants de près d’une dizaine
de pays membres permanents ou non du conseil de sécurité.
La France a ainsi entamé une course contre la montre aux fins d’obtenir
un vote négatif de la résolution proposée par James Baker et soutenue
aussi bien par Washington que par le Polisario. Si Paris agit de la
sorte, estiment des sources diplomatiques, c’est qu’elle n’a pas intérêt
à ce que les choses s’enveniment dans la région du Maghreb alors que le
Maroc, dont le comportement colonialiste n’est un secret pour personne,
n’hésitera pas à pratiquer de nouveau la politique du fait accompli en
défiant le conseil de sécurité de l’ONU et en maintenant sa présence
militaire sur des territoires qui ne lui appartiennent pas.
Désormais, selon des sources diplomatiques basées aux USA, le conflit
est ouvert entre les Américains et les Français. Contrairement aux
positions nobles de Paris relatives à la guerre contre l’Irak, il ne
fait aucun doute que cette fois-ci Jacques Chirac va se retrouver seul
contre tous, puisque les préceptes mêmes et principes fondateurs de
l’ONU reposent sur des propositions comme celle de Baker. Les
Américains, croit-on savoir, auraient même réagi de manière sarcastique
à la menace française d’opposer son veto.
Les Américains, dont la puissance tant diplomatique que militaire n’est
plus à faire, ne devraient pas trouver beaucoup de mal à faire triompher
leurs thèses, d’autant que le droit et la morale, cette fois-ci, sont
intégralement de leur côté. La France, en revanche, laisse beaucoup de
plumes dans cette affaire après avoir vu son prestige grandir auprès de
la communauté arabe et musulmane concernant ses courageuses et justes
positions sur la guerre contre l’Irak.
Mohamed ABDOUN
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http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=12472
Sahara Occidental
La France contre l’autodétermination
Par Rubrique Etranger
La France mène aux Nations Unies l’opposition à une résolution
d’inspiration américaine visant à organiser dans les cinq ans un
référendum sur l’autodétermination au Sahara occidental, a rapporté
vendredi dernier l’agence Reuters dans une dépêche datée des nations
unies. Ce projet américain, qui a reçu le soutien d’une majorité des 15
pays membres du conseil de sécurité, est rejeté par le Maroc, qui
revendique l’ancienne colonie espagnole, dont le front Polisario lutte
depuis près de 30 ans pour obtenir l’indépendance.
La France, soutenue au conseil par la Guinée et la Bulgarie, estime que
l’on ne peut imposer un tel plan au Maroc contre son gré. “Je suis sûr
qu’entre le Maroc et la France, il y a un accord et une vision commune”,
a déclaré vendredi le chef de la diplomatie française, Dominique de
Villepin, cité par l’agence marocaine MAP, peu avant un entretien à
Rabat avec le ministre des Affaires étrangères marocain, Mohamed
Benaïssa. Le Maroc a de son côté répété qu’il ne se laisserait pas
imposer ce processus, conçu par l’émissaire spécial des Nations unies,
ex-secrétaire d’état américain James Baker. L’Algérie , rappelle-t-on, a
pour sa part exprimé son soutien au secrétaire général des Nations Unies
et à son représentant personnel James Baker pour leurs efforts en vue de
parvenir à une solution juste, rapide et définitive au conflit du Sahara
Occidental, solution basée sur le droit à l’autodétermination, sur la
responsabilité des nations unies envers le territoire et sur leur
doctrine en matière de décolonisation. le premier ministre français
Jean-Pierre Raffarin a déclaré vendredi passé, pendant sa visite
officielle au Maroc, que, sur le Sahara occidental, paris était "comme
toujours très proche des positions marocaines". Interrogé sur cette
question épineuse lors d’une conférence de presse, il a précisé que ce
dossier avait “fait l'objet des discussions avec le roi (Mohammed VI) et
le premier ministre (Driss Jettou)” et que les deux ministres des
affaires étrangères en avaient “parlé lors de leurs entretiens
bilatéraux”. “La position de la France reste inchangée sur le fond, elle
est très claire. Nous avons étudié avec nos amis marocains les modalités
de discussion pour que ce dossier puisse être traité de manière
positive”, a ajouté M. Raffarin. “Il y a eu un travail important fait
par M. Baker. ce que nous souhaitons, c’est que dans le respect des
positions de la France, voisines de celles du Maroc, on puisse éviter
une situation de blocage dans les discussions à l'ONU”, a-t-il souligné.
Rabat rejette les termes du dernier plan proposé par James Baker, envoyé
spécial du secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, pour le Sahara
Occidental.
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http://www.quotidien-oran.com/quot2603/even.htm
Bataille de dernières heures sur le Sahara Occidental à l’ONU. Les
embarras de Paris
A quelques jours de l’examen par le Conseil de sécurité d’un projet de
résolution d’inspiration recommandant d’entériner le dernier plan Baker
pour le Sahara Occidental, la France fait le forcing diplomatique pour
le contrer. L’entreprise paraît ardue car, contrairement à ce
qu’affirment les officiels marocains, la tendance est plus favorable à
l’adoption de la résolution qu’à son rejet. En visite au Maroc, le
Premier ministre français a souligné vendredi que sur le Sahara
Occidental, Paris est «comme toujours très proche des positions
marocaines». Le «très proche» est un simple exercice de style pour une
position effectivement connue pour être favorable à la marocanité du
Sahara. Le Premier ministre français qui a évoqué le sujet avec le roi
Mohamed VI et son homologue marocain Driss Jettou a déclaré que «la
position de la France reste inchangée sur le fond, elle est très claire.
Nous avons étudié avec nos amis marocains les modalités de discussion
pour que ce dossier puisse être traité de manière positive au Conseil de
sécurité». En clair, Paris et Rabat ont discuté des moyens à mettre en
oeuvre pour empêcher que la résolution américaine ne soit adoptée sous
l’argument qu’une solution ne doit pas être «imposée». Paris qui a
défendu avec acharnement le rôle de l’ONU dans le dossier irakien se
trouve quelque peu embarrassée face à une situation inédite où seul son
protégé marocain refuse une solution. L’assentiment imprévu de l’Algérie
et du Polisario au plan Baker met en effet Rabat - qui rejette le
principe même d’un référendum d’autodétermination - en porte-à-faux.
Pour la première fois dans un conflit vieux désormais de 28 ans, le
Maroc a des difficultés à imputer le blocage aux Algériens. Il est
improbable que les Français puissent extraire le dossier des mains de
l’ONU pour négocier un «arrangement bilatéral» entre Alger et Rabat.
Un dessaisissement de l’ONU - et le plan Baker est présenté comme à
«prendre où à laisser» - risque, en l’absence d’une alternative
crédible, de faire régénérer un conflit gelé par la présence de la
Minurso. Le problème est qu’il est difficile à l’ONU - qui a largement
aménagé sa proposition de solution dans le sens des intérêts marocains -
de renoncer en bout de processus à l’exercice, même formel, d’un
référendum d’autodétermination. Le Premier ministre français semble
admettre qu’il n’est pas possible de sortir l’affaire de l’ONU bien que
cela soit devenu un voeu encore inexprimé officiellement des Marocains.
Or, il paraît improbable qu’Alger accepte de sortir de l’ONU pour une
approche bilatérale du problème du Sahara Occidental.
Dans ce dossier, Paris peut difficilement passer pour un médiateur entre
l’Algérie et le Maroc. Toute l’action de la France dans les prochaines
heures dans les couloirs du Conseil de sécurité va consister à
temporiser et à éviter l’adoption de la résolution américaine. Raffarin
a ainsi relevé le «travail important» fait par Baker mais a souhaité
«dans le respect des positions de la France, voisines de celles du
Maroc, qu’on puisse éviter une situation de blocage dans les discussions
à l’ONU». Il reste que, selon les informations disponibles, les
oppositions au plan Baker demeurent minoritaires et il faudra à la
France convaincre d’autres pays de ne pas «imposer» le plan. Paris peut
réussir mais la conséquence sérieuse qui risque d’en découler est que
l’ONU décide de s’en laver définitivement les mains.
Si l’ONU, après des années de travail, n’est pas en mesure «d’imposer»
une solution, on voit mal qui serait habilité à le faire. On sait
clairement ce que veut le Maroc: pas de référendum et une reconnaissance
internationale de la marocanité du Sahara. Il est par contre douteux que
la France ait - à moins d’exercer des pressions qu’Alger ne pourrait que
rejeter - les moyens de le lui assurer par la mobilisation de ses
ressources diplomatiques. L’action diplomatique française entièrement
centrée sur la satisfaction des désirs marocains risque, en cas de
succès, de ramener les choses à la case départ. Le conflit gelé, grâce à
la présence de l’ONU, pourrait se réchauffer.
M. Saâdoune
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INTERVIEW AVEC YAHIA ZOUBIR, par Hafida Ameyar (journaliste)
Le chercheur Yahia H. Zoubir est spécialiste en relations
internationales et en management. Il est également enseignant à
l'université de Thunderbird, aux Etats-Unis. A l'occasion de ses
vacances à Alger, avec sa famille, l'enfant de la Casbah a bien voulu
nous livrer ses impressions sur certains événements qui secouent la
scène nationale et internationale.
- L'Algérie, comme vous le savez, vient de donner son accord de principe
concernant la dernière proposition de James Baker sur le Sahara
occidental. Quel est votre avis là-dessus ?
- Je n'ai pas encore toutes les données sur la position algérienne, qui
vient d'être adoptée, mais je me pose un certain nombre de questions.
Est-ce que la décision d'accepter la troisième voie, certes avec des
réserves, a été faite d'une manière tactique, afin de mettre à nu les
véritables intentions du Maroc ? Ou est-ce un abandon pur et simple des
Sahraouis ? Il faut préciser que le plan Baker est un plan inspiré par
les Marocains eux-mêmes. A l'heure actuelle, l'Algérie devrait être, à
mon avis, en position de force sur la question du Sahara occidental, en
raison du renouveau de ses relations avec la France, mais aussi de la
concurrence franco-américaine envers l'Algérie. J'estime que cette
dernière n'a pas de raison de changer de cap concernant ce dossier,
d'autant plus que le pays ne se trouve plus confronté aux mêmes
problèmes ni aux mêmes pressions que ceux vécus pendant la décennie
sanglante.
Je considère par ailleurs qu'un Etat qui abandonne les principes
fondateurs de sa diplomatie ne peut se targuer d'être un Etat qui aspire
à recouvrer son poids sur la scène internationale.
Je voudrais ajouter autre chose : les Sahraouis ont fait une grande
erreur dans le passé, celle d'avoir accepté, avec le plan de règlement
des Nations unies, l'introduction de la notion d'intégration au Maroc,
dans les questions à poser lors du référendum d'autodétermination. Dans
toutes les situations de décolonisation, comme l'Algérie en 1962, la
question posée a toujours été celle de choisir entre le oui et le non à
l'indépendance. Donc, l'Algérie, plus que quiconque, est le pays le
mieux placé pour aider les Sahraouis à exercer leur droit à
l'autodétermination.
- Quels sont, selon vous, les objectifs des Etats-Unis au Maghreb ?
- Les Américains souhaitent voir l'émergence d'un Maghreb, en tant
qu'entité, à des fins commerciales. Pour eux, seul un Maghreb intégré
économiquement pourrait attirer les investisseurs potentiels. D'où,
l'initiative d'Eisenstat, pour répondre à cette nécessité. Mais, cela ne
signifie point que le Maghreb est une région vitale pour les décideurs
américains. La région n'est importante à leurs yeux, que dans la mesure
où elle se situe au flanc sud de l'OTAN. Pour les USA, le Moyen-Orient
reste toujours cette région vitale pour leurs intérêts.
- Si le Maghreb n'est pas vital comme vous dites pour les Etats-Unis, en
est-il de même pour la France ?
- Bien sûr que non. Pour la France, le Maghreb est extrêmement
significatif d'un point de vue économique, politique, énergétique,
culturel et géostratégique. Cela dit, il ne faut surtout pas croire que
les Américains ne souhaitent pas pénétrer le Maghreb et en faire une
extension de leurs intérêts au Moyen-Orient. Une compétition entre la
France et les Etats-Unis est donc concevable. Dans ce cadre précis, je
pense que l'Algérie pourrait exploiter cette concurrence, pour réaliser
ses intérêts géopolitiques.
- Comment percevez-vous les relations algéro-marocaines ?
- Les deux Etats sont nés différemment. Ils représentent deux idéologies
distinctes, même si l'histoire, la religion, la langue et la culture
rapprochent les deux peuples. Pendant longtemps, surtout durant la
guerre froide, les différences idéologiques ont beaucoup pesé sur les
relations algéro-marocaines. La question du Sahara occidental a par la
suite exacerbé les rapports entre eux. Aujourd'hui, les autorités
marocaines veulent non seulement obtenir l'aval de l'Algérie et de
l'ONU, pour l'annexion du territoire sahraoui, mais aussi la réouverture
de la frontière fermée depuis l'été 1994…
- Mais, où est le problème ?
- Le problème réside dans le fait que les Marocains souhaitent un
règlement des questions bilatérales à leur seul avantage. Ils veulent,
par exemple, la réouverture des frontières, alors qu'elles ont fermé les
yeux sur le trafic des armes et de la drogue. Je trouve que les
Marocains sont versatiles, parce qu'ils sont parfois d'accord avec
l'Algérie pour résoudre les différends bilatéraux et laisser le problème
du Sahara occidental entre les mains de l'ONU. Et puis, ils reviennent
sur leurs engagements et réclament alors un changement de position de
l'Algérie concernant la question sahraouie. En fait, c'est cette
versatilité du Maroc qui est à l'origine des tensions avec l'Algérie et
qui empêche l'amélioration des relations entre les deux pays. Bien sûr,
cette tension, c'est connu, est la principale cause du blocage de
l'Union du Maghreb arabe. Ce qui explique par conséquent la volonté des
Etats-Unis, ces dernières années, de s'impliquer davantage, dans
l'espoir de trouver une solution au problème sahraoui, mais également
le bloc économique régional au Maghreb auquel ils tiennent.
Hafida Ameyar (journaliste)
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http://www.lesdebats.com/
Plan Baker au Sahara occidental
Polisario : Attachement à l'autodétermination
" Le Front Polisario, sans abandonner le plan de règlement de 1991,
serait disposé à contribuer à l'exploration effective de la voie
proposée par M. Baker, pour arriver à l'objectif inéluctable
d'autodétermination du peuple sahraoui ".
En déclarant cela le 12 juillet dernier, Ahmed Boukhari, représentant
sahraoui auprès des Nations unies, confirme d'une certaine manière
l'impasse dans laquelle se trouve la question du Sahara occidental, mais
aussi l'attachement du Polisario au processus de décolonisation et donc
à l'indépendance de l'ancienne colonie espagnole.
La suite des propos du diplomate sahraoui nous donne également une idée
sur les pressions qui sont exercées sur le Front Polisario et le peuple
sahraoui. M. Boukhari révèle ainsi que les autorités de la RASD ont
répondu aux " désirs instamment manifestés par plusieurs pays au sein et
en dehors du Conseil de sécurité, parmi lesquels figurent l'Algérie et
l'Espagne ". Ce qui pourrait signifier que la direction nationale du
Front Polisario n'a pas les mains libres, pour décider de l'avenir d'un
dossier qui la concerne pourtant en premier lieu. La référence à
l'Algérie et à l'Espagne n'est certainement fortuite et pourrait vouloir
dire que ces deux pays auraient donné des garanties à la partie
sahraouie. Si c'est le cas, quelles sont ces garanties et d'où
émanent-elles, de l'ONU ou des Etats-Unis ?
Il est clair que l'organisation des Nations unies, en charge depuis près
d'une trentaine d'années du dossier du Sahara occidental, n'est pas
disposée à mettre en application un plan de décolonisation, à même de
libérer le peuples sahraoui et d'imprimer une dynamique de paix dans la
région du Maghreb, fondée essentiellement sur le respect des frontières
héritées de l'ère coloniale. Elle l'est encore moins aujourd'hui, après
l'invasion de l'Irak par les troupes armées anglo-américaines, puis
l'occupation illégale de ce territoire par les forces US. Les organes
décisionnels de l'ONU, enfermés dans la logique des puissances
occidentales, ont toujours cédé devant les caprices du palais royal et
n'ont pas fait preuve de fermeté, pour obliger Rabat à respecter ses
engagements internationaux. Ils ont, au contraire, cautionné
l'occupation illégale du Sahara occidental et couvert la politique de
peuplement initiée par les Marocains. Aujourd'hui, c'est la position de
Washington qui a surtout pesé dans la balance : une position qui ne
menace pas nécessairement les ambitions territoriales du royaume
chérifien et qui, dans le même temps n'est pas forcément opposée à un
Etat sahraoui, qui s'inspirerait du cas palestinien.
Il ne faut pas perdre de vue que les Américains sont les premiers, avant
les Européens, à penser à installer un frère jumeau d'Israël au Maghreb,
en portant leur choix sur le royaume du Maroc. Ce qui explique
d'ailleurs leur soutien financier et militaire à Rabat et leur silence
devant les violations marocaines, même après la signature des accords de
Houston en 1997. Faut-il croire aujourd'hui que Washington la
pragmatique ait changé complètement de vision par rapport au Maroc et de
la région maghrébine ? Qu'elle ait corrigé sa position vis-à-vis de
l'Algérie, devant les promesses faites par nos dirigeants d'installer
une base militaire US, de libéraliser l'économie et le secteur des
hydrocarbures en particulier ?
On est certes tenté de le croire, surtout quand on saisit les réticences
des autorités de Rabat par rapport à la dernière proposition de l'ancien
secrétaire d'Etat américain, James Baker. Mais, ne voit-on pas déjà une
similitude avec l'insatisfaction/l'intransigeance du gouvernement
israélien ?
L'accord de principe donné par l'Algérie et le Front Polisario
concernant le " plan de paix pour l'autodétermination du peuple du
Sahara occidental " ou le plan Baker, n'implique pas un engagement de
leur part. Selon notre ministre délégué aux Affaires africaines,
Abdelkader Messahel, " l'Algérie considère que la nouvelle proposition
de M. James Baker, pour autant que sa mise en œuvre garantisse
l'exercice par le peuple du Sahara occidental de son droit inaliénable à
l'autodétermination et se fonde sur la légalité internationale et la
responsabilité des Nations unies dans le règlement de ce conflit,
constitue une approche constructive qui comporte des éléments
intéressants et qui crée une dynamique nouvelle dans la recherche d'une
solution juste, équitable et définitive ". Les autorités algériennes
peuvent en principe revenir sur leur décision, en s'appuyant sur les
réserves formulées dans leur mémorandum, en redéployant évidemment leur
diplomatie et en engageant une véritable démocratisation de la société,
afin de protéger l'Etat contre les pressions externes et d'éventuelles
agressions. Mais, le problème se pose différemment pour les responsables
sahraouis, qui ne peuvent s'opposer à la décision du " frère " algérien
notamment, quand bien même ce dernier, pour des raisons d'intérêts
immédiats, de calculs liés à un changement de cap politique ou pour
prendre ses distances avec la France, préfère jouer la carte américaine.
Toute la différence est là ! Mais, a-t-on déjà vu un combat pour
l'indépendance et la liberté se mener sur plusieurs fronts, excepté
celui de la lutte armée ? C'est toute la problématique de la "
neutralisation " des mouvements contemporains de libération nationale
qui demeure posée.
Z'hor Chérief
Les termes du plan de paix
Une autonomie de fait pour les Sahraouis
La dernière proposition de l'envoyé personnel du secrétaire général des
Nations unies, James Baker, est présentée comme une démarche qui a pour
but de trouver " une solution politique " au conflit du Sahara
occidental, assurant l'autodétermination du peuple sahraoui. Le " plan
de paix pour l'autodétermination du peuple du Sahara occidental "
comprend deux grandes étapes : l'autonomie du territoire sahraoui sous
la souveraineté marocaine qui devrait s'achever, quatre ou cinq ans
après, par l'organisation d'un référendum, appelé à trancher sur le
statut définitif du territoire.
Dans la première étape, il est prévu la formation d'une " Autorité du
Sahara occidental " (ASO), qui se chargerait de la gestion du territoire
sahraoui, en restant éloignée des domaines relevant de la souveraineté
nationale. Les relations extérieures, la sécurité nationale et la
défense extérieure, ainsi que la défense de l'intégrité du territoire "
contre toute tentative sécessionniste ", sont par exemple du ressort "
exclusif " du Maroc. Le plan Baker précise aussi que " le drapeau, la
monnaie, les douanes, l'administration des postes et télécommunications
du Maroc s'appliqueront au Sahara occidental ". Il place ainsi le Maroc
comme une puissance administrante et non comme une puissance occupante,
en lui cédant des parcelles de souveraineté, jamais concédées auparavant
ni par la citadelle onusienne ni par la Cour internationale de Justice.
Le même plan rappelle que l'élection de l'Assemblée législative et du
Chef de l'Exécutif de l'ASO s'effectuerait, dans l'année qui suivra
l'entrée en vigueur du plan, sur la base de la liste électorale établie
en décembre 1999 par la commission d'identification de l'ONU. Seulement,
il est signalé que la libération des prisonniers de guerre et des
prisonniers politiques devrait se produire dès le départ, dès la date en
vigueur du plan.
La proposition du diplomate américain ne précise pas si les forces de
l'ONU se maintiendraient au Sahara occidental. Elle indique seulement
que l'organisation des Nations unies serait " investie d'une autorité
exclusive et unique sur toutes les questions relatives à toute élection
et à tout référendum ", relevant du plan. Et signale que le scrutin
référendaire serait organisé et conduit par l'ONU, et surveillé par des
observateurs accrédités par elle. Un scrutin auquel prendraient part,
outre les électeurs portés sur la liste de la commission
d'identification, tous les " habitants authentiques du Sahara occidental
", ayant résidé " de façon continue " sur le territoire depuis le 30
décembre 1999. Le plan de Baker annonce d'autres couleurs, en relevant
que Conseil de sécurité des Nations unies s'engagerait à modifier " le
nom et le mandat " de la Minurso (Mission des Nations unies pour un
référendum au Sahara occidental), sans donner d'autres éclairages
concernant la responsabilité de l'ONU vis-à-vis du territoire non
autonome ni sur le droit légitime du peuple sahraoui à peser sur son
devenir et celui de son pays.
La proposition de l'ancien secrétaire d'Etat américain veut apparemment
avaliser un fait accompli colonial. A la différence du plan de règlement
de 1990/1991, elle n'exigerait pas le consentement des deux parties à
chacune des étapes de sa mise en œuvre. James Baber reste silencieux sur
les nombreuses volte-face marocaines et la responsabilité de Rabat,
pourtant désigné comme la partie qui bloquait le processus de paix au
Sahara occidental. Il n'apporte aucune garantie sur la levée des
impasses, la tenue réelle d'un référendum d'autodétermination, ni même
sur la protection des réfugiés et des responsables du Polisario. Et il
semble privilégier le retrait des Nations unies d'un dossier devenu
encombrant et qualifié de " différend de longue date " par le
secrétariat général. C'est en fait vers le scénario palestinien que le
diplomate américain veut engager et le peuple sahraoui et les peuples de
la région …
Z.C
L'Algérie réitère ses positions
Priorité aux " garanties de sécurité et d'équité "
On retiendra de la position algérienne cette constante qui met en avant
" la légalité internationale " et " la responsabilité " des Nations
unies dans le règlement définitif de la question sahraouie, ainsi que "
le respect " du droit du peuple du Sahara occidental à
l'autodétermination et à l'indépendance. Cette constance est toujours
présente, même dans les moments de crise au sommet de l'Etat ou de
grandes pressions émanant particulièrement des Américains, des Français
et des Marocains. Elle demeure encore réelle, même avec la nouvelle
reconfiguration mondiale, pourtant peu propice aux notions de
souveraineté, d'indépendance et de droits nationaux.
Dans un mémorandum envoyé au secrétariat général des Nations unies et
publié dans le 23 mai dernier, l'Algérie table beaucoup sur les "
garanties de sécurité et d'équité ". Elle demande à l'ONU d'exercer "
une autorité exclusive " sur toutes les questions liées à la préparation
de l'élection de l'Autorité sahraouie (ASO) et de se charger du "
maintien de l'ordre public " et de " la prévention " de tout mouvement
massif de populations du territoire marocain vers le territoire du
Sahara occidental. Les autorités d'Alger rappellent par ailleurs les
entraves rencontrées sur le chemin de l'application du plan de
règlement, qui ont retardé l'organisation du référendum
d'autodétermination. L'Algérie, indique-t-on, " considère que la mise en
œuvre du plan proposé par l'envoyé personnel doit, d'emblée, être
entourée de véritables garanties ". Les dirigeants algériens pensent
qu'il s'agit là d'une " caution qui serait octroyée aux pays voisins,
dont la signature est requise et la responsabilité engagée, mais
également et surtout au peuple du Sahara occidental interpellé pour
adhérer à un compromis historique, en faveur de la paix, mais qui est en
droit de vivre dans la sécurité garantie et sous la protection effective
des Nations unies ". Ils estiment, dans le même temps, que le plan Baker
" recèle les termes d'un pari pour la paix au Maghreb ".
Les autorités d'Alger ne rejettent, comme on le voit, la proposition du
diplomate américain et semblent même bien accueillir l'idée de ranimer
un processus mis à mal par l'intransigeance marocaine et la complaisance
de membres influents de l'ONU. Pour peu que le nouveau plan soit mis " à
l'abri des déceptions et des frustrations provoquées par la paralysie,
qui a été le triste sort réservé par les événements au plan de règlement
et dont les raisons et le responsabilités sont bien connues ".
Z.C
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http://www.maroc-hebdo.press.ma/MHinternet/Archives_567/html_567/entre.html
Les grandes lignes du plan Baker sur le Sahara: Entre souveraineté et
autonomie
Le plan de paix de James Baker prévoit l'instauration immédiate d'un
gouvernement semi-autonome au Sahara sous la souveraineté du Maroc.
Suivrait un référendum dans un délai de cinq ans pour que la population
sahraouie choisisse entre indépendance, intégration au Maroc ou maintien
du régime de semi-autonomie.
Taïeb Chadi
Le nouveau plan de règlement que James Baker, l’envoyé spécial des
Nations-Unies pour le Sahara, a présenté à Rabat, à Alger, à Nouakchott
et à Tindouf, en janvier dernier, ne diffère pas, substantiellement, de
la première mouture de l’“Accord-cadre" et du fameux projet dit de “la
troisième voie".
En effet, la proposition de l’émissaire onusien, qualifiée de «
compromis », reprend des éléments de ces deux derniers projets. Sa
nouveauté réside dans le fait que, après une période transitoire de
partage des pouvoirs et lors du référendum sur le statut définitif du
Sahara, les électeurs auraient la possibilité de voter pour l’une des
trois options suivantes : le maintien du partage des pouvoirs,
l'indépendance ou l'intégration au Maroc.
Gestion
Le plan onusien définit un timing et un partage des pouvoirs des plus
précis. Ainsi, il indique qu'une année après la signature et l'entrée en
vigueur du plan des élections auront lieu dans le territoire,
supervisées exclusivement par l'ONU et ouvertes à toutes les personnes
âgées de 18 ans révolus et inscrites soit sur la liste provisoire des
électeurs arrêtée par la Mission des Nations Unies pour l'organisation
d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO) en date du 30 décembre
1999 soit sur celle des réfugiés établie, le 31 octobre 2000, par le
Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés.
L'enjeu de ces élections sera double. Choisir, séparément, le chef
exécutif et l'assemblée législative de “l'autorité du Sahara occidental"
qui aura de larges pouvoirs dans le domaine de la gestion des affaires
internes du Sahara jusqu'à l'organisation du référendum, cinq ans au
plus tard. Le chef exécutif ne disposera pas d'un gouvernement.
Mais, il aura la possibilité de déléguer certaines de ses prérogatives à
des collaborateurs nommés dans des postes administratifs. Ce qui n'est
pas une mince affaire. Parce que l'autorité autonome aura une compétence
totale dans la gestion de tout ce qui relève de l’«administration
locale, budget territorial, fiscalité, développement économique,
sécurité intérieure, maintien de l'ordre, protection sociale, culture,
éducation, commerce, transports, agriculture, mines, secteur de la
pêche, industrie, environnement, logement et aménagement urbain, eau et
électricité, réseau routier et équipement ».
Le chef de l'autorité autonome aura d'autres prérogatives importantes,
notamment celle de nommer les membres de l'appareil judiciaire, qui sera
habilité à faire respecter les lois votées par l'assemblée législative
mais également à contrôler la conformité de celles-là, ainsi que de
l'ensemble des décisions de l'autorité autonome avec les dispositions du
plan de règlement onusien.
L'objectif étant d'empêcher les instances politiques de l'autorité du
Sahara d'empiéter sur les compétences dévolues au pouvoir central de
Rabat.
Souveraineté
Le Royaume disposera toujours, selon le plan, d'une compétence exclusive
dans le domaine des relations extérieurs y compris la conclusion des
conventions et des traités internationaux.
Il veille sur la sécurité nationale et la défense extérieure y compris
la délimitation des frontières, maritimes, aériennes et terrestres. Pour
préserver “ses acquis", Rabat pourra, selon le document, avoir recours à
tous les moyens adéquats. D'autant plus qu'elle reste investie de la
charge de veiller à l'intégrité du territoire nationale de toute
tentative de séparatisme qu'elle émane de l'intérieur ou de l'extérieur.
Le Royaume reste l'unique compétence dans les questions relatives à la
production, vente, possession, et usages d'armes et explosifs.
Cependant, le Royaume peut autoriser l'autorité autonome, dans le cadre
de l'accord onusien, à se servir d'un certain matériel nécessaire au
maintien de l'ordre local. Les emblèmes de la souveraineté du Maroc sur
le Sahara ne seront pas mis en cause. Le drapeau du Royaume, sa monnaie,
ses douanes, sa poste et son système de télécommunications resteront,
indique le plan, “valables pour le Sahara".
Consultation
Ce partage de pouvoir restera, en principe, en vigueur jusqu'au
référendum sur le statut définitif au Sahara. Le corps électoral sera
alors, sensiblement, élargi. Il comportera tous ceux qui auront résidé,
dans le territoire d'une façon continue, depuis 1999.
Cette disposition permettra à des dizaines de milliers de Sahraouis
non-inscrits dans le recensement espagnol et à des milliers de leurs
compatriotes marocains installés au Sahara, depuis la Marche Verte, en
1975, de prendre part à la consultation référendaire. Dans l'absolu, il
n'est pas exclu qu'on n'en arrive pas là. Le plan lui-même peut être
modifié. Cela exige uniquement le “plein consentement "du Roi du Maroc,
du chef exécutif et de l'assemblée législative de l'autorité autonome",
précise le texte. Ce dernier stipule, par ailleurs que «dès la date
d'entrée en vigueur du plan, tous les prisonniers politiques et les
prisonniers de guerre seront libérés, chaque partie étant tenue de
s'acquitter de cette obligation, quel que soit le comportement de
l'autre partie».
Un énième plan, alors, qui, pour la énième fois, n’a pas eu l’accord des
«trois parties» concernées par le conflit au Sahara. Une solution
politique globale à ce problème, vieux de 28 ans, n’est donc pas
prévisible, du moins pas pour le 31 juillet prochain.
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http://www.maroc-hebdo.press.ma/MHinternet/Archives_567/html_567/lemaroc.html
L’affaire du Sahara marocain devant le Conseil de sécurité
Le Maroc dit “non”
Abdellatif Mansour
La question du Sahara marocain n’en finit pas de resurgir devant le
conseil de sécurité. Elle est une fois de plus revenue à l’ordre du
jour, le vendredi 11 et le mercredi 17 juillet 2003. Sur la table des
discussions, les réponses des parties concernées et intéressées, à la
toute dernière mouture du “Plan Baker”. Même s’il ne s’agit que de deux
énièmes épisodes d'un feuilleton de plus d’un quart de siècle, ces deux
réunions avaient une importance particulière. Elles devaient préparer la
session spéciale du 31 juillet courant. Une session où devrait être
prise la décision définitive sur la validation ou non du “Plan Baker” et
la date de son éventuelle mise en œuvre. Lors de la deuxième réunion,
celle du 17 juillet 2003, le Conseil de sécurité a privilégié la
poursuite des négociations en vue de dégager une solution acceptable
pour tous.
Tout indique donc que l’on s’achemine vers une phase terminale. Reste à
savoir comment et à quel prix? Et puis, qu’est ce que ce “nouveau plan"
apporte-t-il de nouveau? Qu’en est-il du “projet d’accord-cadre sur le
statut du Sahara”? A -t-il été remanié de fond en comble, avant d’être
enterré sans autres formalités diplomatiques ?
Dans son économie générale, le plan Baker reprend quasiment mot pour mot
les dispositions de “l’accord-cadre” (voir article de Taïeb Chadi page
8). Particulièrement au niveau de l’encadrement réglementaire de
“l’autorité du Sahara occidental”, des délimitations des espaces de
prérogatives pendant la période transitoire de cinq ans, et du corps
électoral constitué des résidents de nos provinces du sud, jusqu’au 30
décembre 1999; et des séquestrés dans les camps de Tindouf, jusqu’au 3
octobre 2000. jusqu’ici tout baigne ou presque, à part une institution
judiciaire jouissant d’une autonomie par rapport aux instances
juridictionnelles nationales. Une incongruité qu'il faudra bien
négocier.
Là où la nouvelle formulation du plan Baker prend le large, c’est au
niveau du projet de référendum. On croyait que “l’accord-cadre” avait
définitivement dépassé le passage par un référendum; voilà donc qu’il
est réinstallé. On était dans une configuration de règlement pacifique
et durable, sur la base de la politique de régionalisation adoptée par
le Maroc, avec toutes les garanties législatives d’une réelle autonomie
régionale. En définitive, l’on se retrouve avec une consultation
référendaire grande ouverte sur tous les dérapages imaginables et toutes
les aventures possibles.
Le moins que l’on puisse dire est qu’il ne s’agit pas d’une avancée vers
le bout d’un très long tunnel, mais d’une régression, d’un saut-arrière
de plus de vingt ans.
Soyons clairs, le Maroc n’a pas peur du référendum. Non seulement parce
qu'au Sahara, il est dans ses territoires légitimes et légaux, mais
aussi parce qu'il ne doute pas un instant du patriotisme des citoyens
marocains ayant la qualité de votants dans un éventuel référendum.
Pressions
Le problème, du point de vue marocain, est tout simple: cette
consultation combien problématique s’est avérée impossible à organiser
durant pas moins de deux décennies. Comment pourrait-elle l’être dans
cinq ans? Ce n’est pas une projection pessimiste dans un avenir proche,
mais une prise en compte réaliste des tentatives répétées et inlassables
de la mission des Nations-Unies (Minurso) pour mettre sur rails un
processus référendaire irréalisable. C'est exactement l'esprit de la
lettre adressée par Mohamed Benaïssa au secrétaire général de l'ONU.
Qu'en est-il précisément de la position de l'Algérie à propos d'un plan
Baker revu et mal corrigé? Alger a dit “oui", “va pour cette nouvelle
proposition”. Et, comme chacun sait, lorsque les gouvernants d'Alger
disent “oui", le Polisario, systématiquement, et immanquablement dit
“oui" aussi. Et voilà que la partie intéressée et son faire-valoir sous
forme de “partie concernée", se rejoignent sans s'être jamais quittée,
dans la même tranchée, tout naturellement, pour un nouveau blocage et
pour une pérennisation de l'enlisement dans le plus vieux conflit du
continent africain. Or, c'est absolument ce que cherchent le tandem
Alger-Polisario. Kofi Annan, James Baker et les membres permanents et
non permanents du Conseil de sécurité, se laisseront-ils prendre dans
cette stratégie d'obstruction méthodique et de sur-place planifié?
Au vu des dispositions régressives de la dernière fournée d'une longue
série de “plans onusiens”, fournée signée Baker, il semble,
malheureusement, qu'on est bien parti pour un nouveau bail sans horizon.
Autrement dit, comment expliquer que l'ONU –certes, de guerre lasse,
mais ce n'est pas un argument suffisant- veuille, aujourd'hui, imposer
–et le mot n'est pas trop fort- une solution qui n'a pas l'assentiment
du principal pays concerné, le Maroc, pour ne pas le citer?
Que propose-t-il, le Maroc, justement? Il propose une prorogation de six
mois, pour que le 31 juillet 2003 ne soit plus la date butoir où tout
peut basculer vers on ne sait où. Il semble que ce soit chose acquise,
depuis le 17 juillet 2003. Cette proposition n'empêche pas d'aménager
une belle sortie à James Baker, en même temps qu'une belle fin de
carrière pour lui. Une manière aussi pour George W. Bush de récompenser
symboliquement l'homme qui l'a beaucoup aidé dans une campagne
présidentielle plutôt laborieuse. Mais que l'on se rassure, la question
du Sahara aura usé plus d'un président des États-Unis et plus d'un
secrétaire général de l'ONU. Le feuilleton continue.
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http://www.maroc-hebdo.press.ma/MHinternet/Archives_567/html_567/eclairage.html
Sahara: Non au “Diktat”!
Mustapha Sehimi
Voici donc une nouvelle “feuille de route” – pour le Sahara cette fois -
qui ressemble à un “Diktat”. Nous étions dans un schéma de solution
politique depuis des années : il n’y avait en effet pratiquement pas
d’autre formule que celle-ci parce que le Plan de règlement des années
90 s’était révélé inapplicable. Cette option était donc alternative :
sur le papier, elle permettait l’autodétermination des populations
sahraouies sur la base et dans le cadre du respect de la souveraineté
nationale et de l’intégrité territoriale du Royaume. Il s’en est suivi
le plan Baker connu sous le vocable de “troisième voie”, tel que ce
représentant spécial de Kofi Annan l’a présenté en juin 2001. Mais ces
propositions ont été rejetées par l’Algérie et le “Polisario”…
Le plan Baker donna alors lieu à une nouvelle mouture en janvier 2003
jugée inacceptable par le Maroc. Pourquoi? Parce qu’il ne s’agissait
pour l’essentiel que d’un habillage de l’ancien Plan de règlement. De
plus, elle écarte de fait les quelque 130.000 recours présentés par des
citoyens d’origine sahraouie. Le risque était là: une consultation aussi
démocratique qu’un référendum allait donner le droit de vote à une
minorité dûment identifiée jusqu’à présent dans des conditions
contestables! Plus encore, l’articulation institutionnelle projetée ne
se bornait pas à une décentralisation dans le cadre d’un Etat unitaire;
bien au contraire, elle ne pouvait que générer des logiques politiques à
caractère nettement “indépendantiste” à terme.
Depuis une bonne semaine, ce “plan Baker” est débattu au niveau du
Conseil de Sécurité de l’ONU. Un projet de résolution présenté par les
Etats-Unis vise pratiquement à l’imposer aux parties concernées, sans
autre forme de procès : ce serait alors, à leurs yeux, la solution
définitive de ce dossier. Pareille procédure frappe par son
unilatéralisme: elle n’est pas conforme aux dispositions de la Charte de
l’ONU; pas davantage, elle ne peut se prévaloir de l’esprit de celle-ci.
Elle crée donc un précédent que le Maroc se devait de relever et de
dénoncer – ce qui a été fait par les voix les plus autorisées du
Royaume.
Par-delà ce remue-ménage, ou plutôt cette volte-face qu’y-a-t-il? Qui
veut réellement quoi ? Les interrogations de principe ne manquent pas.
En premier lieu, comment ne pas relever que l’Espagne préside ce mois-ci
le Conseil de sécurité et que sa part de responsabilité, à un titre ou à
un autre, ne saurait être évacuée. Comment ne pas noter, en second lieu,
par ailleurs, l’“activisme” américain pour faire adopter la résolution
discutée aujourd’hui et qui est de surcroît de leur initiative?
Tout un discours officiel de Washington répète à l’envi que nos deux
pays sont liés par un “partenariat stratégique". Or, nous en voyons
aujourd’hui la réelle portée… N’y-a-t-il pas là de quoi s’alarmer à
propos de cette attitude alors que le Maroc, sous l’égide et l’impulsion
de SM Mohammed VI, a tant investi pour élargir et conforter ce type de
relations – au Moyen-Orient, lors de la guerre en Irak, ou encore son
engagement dans la lutte anti-terroriste après le 11 septembre 2001. Le
projet de création d’une zone de libre-échange prévue en 2004 - et qui
fait toujours l’objet de “rounds” de négociations continues – participe
également de cette démarche ; mais reste-t-il encore plaidable dans les
circonstances actuelles? Et ne risque-t-il pas de présenter, pour
l’opinion publique marocaine en tout cas, un caractère quelque peu
surréaliste ?
Est-on en face d’une nouvelle vision de “remodelage” de la perception et
de la politique américaine, dans notre région ? Les déclarations faites,
le 13 juillet, à Washington, par Richard Armitage, sous-secrétaire
d’État américain, à l’occasion de la cérémonie de prestation de
l’ambassadeur Richard Erdman sur “la position imprenable de l’Algérie
pour jouer un rôle de leadership au XXIème siècle" sont significatives
de ce nouvel état d’esprit. Le projet d’une visite au Congrès américain
du président de la “RASD", Mohamed Abdelaziz, témoigne clairement, lui
aussi, de cette politique.
Alors, non au “Diktat"! Et que cette ferme volonté populaire et
nationale de toujours, du Maroc de feu Hassan II comme de celui de SM
Mohammed VI, s’exprime ardemment et de manière conséquente dans la
mobilisation, sous des formes appropriées, pour le renforcement du front
intérieur!.
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2. ESPAGNE-MAROC-SAHARA-NOUVELLE VIOLATION DE LA LÉGALITÉ
INTERNATIONALE!!!!
http://www.lematin.ma/journal/printarticle.asp?id=25048
Maroc-Espagne : prochaine délimitation des espaces maritimes
atlantiques
26.07.2003 | 19h34
Le groupe de travail maroco-espagnol sur la délimitation des espaces
maritimes sur la façade atlantique tiendra sa prochaine réunion avant le
15 octobre à Rabat, a indiqué vendredi le ministère espagnol des
Affaires extérieures.
Dans un précédent communiqué conjoint, la même source avait rappelé que
ce groupe avait tenu, le 16 juillet courant, sa quatrième réunion à
Madrid durant laquelle les deux parties s’étaient «engagées à œuvrer
pour aboutir à un accord bilatéral sur les arrangements provisoires
relatifs à la délimitation et les lignes potentielles de coopération
dans les espaces maritimes de la façade atlantique».
Les travaux de cette dernière réunion s’étaient déroulés dans «une
atmosphère empreinte de cordialité, de compréhension mutuelle et à la
satisfaction des deux parties», a ajouté le communiqué. La précédente
réunion avait eu lieu à Rabat le 29 avril dernier rappelle-t-on.
Il convient de rappeler, dans ce sens, que le ministre des Affaires
étrangères et de la Coopération, M. Mohamed Benaïssa, avait déclaré en
juillet dernier devant la Chambre des représentants que le Maroc et
l’Espagne œuvraient pour inaugurer une nouvelle étape dans leurs
relations basée sur la coopération, l’amitié et le respect mutuel tout
en prenant en considération leurs intérêts stratégiques communs.
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3. ALGÉRIE-USA
http://www.elmoudjahid.com/stories.php?story=03/07/26/4566330
Le nouvel ambassadeur des Etats-Unis à Alger
“L’Algérie est un partenarie-clé”
Par : EL MOUDJAHID Le : Samedi 26 juillet 2003
Le nouvel ambassadeur des Etats-Unis en Algérie M. Richard W. Erdman a
exprimé hier la disponibilité de son pays à apporter son soutien à
l’Algérie et à œuvrer à consolider cet engagement.
«A ce carrefour de son histoire, et au moment où elle se relève d’une
décennie de terrorisme, les Etats-Unis d’Amérique restent disposés à
apporter leur soutien à l’Algérie et à œuvrer à consolider cet
engagement», a déclaré M. Erdman, au sortir de l’audience que lui a
accordée le Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika.
A cet égard, il a indiqué qu’il restait «beaucoup plus de travail à
faire, de chaque côté, si nous arrivons à réaliser notre potentiel
entier de coopération».
Dans sa déclaration à la presse, M. Erdman a qualifié également
l’Algérie de «partenaire clé» dans la lutte mondiale contre le
terrorisme et de «pays musulman faisant face aux défis de la démocratie
et de la réforme économique».
L’Algérie, a-t-il ajouté, reste un «partenaire important dans la
construction d’un monde où la paix, la sécurité et la démocratie peuvent
prospérer».
L’ambassadeur américain qui a affirmé que l’Algérie est un
«interlocuteur diplomatique majeur du Moyen-Orient, d’Afrique et des
Nations unies», a indiqué qu’il œuvrerait durant sa mission à «renforcer
l’amitié» entre les deux pays, ainsi que les «fondations d’une
coopération plus forte et mutuellement bénéfique».
M. Erdman a remis au Chef de l’Etat ses lettres de créance l’accréditant
en qualité de nouvel ambassadeur des Etat-Unis en Algérie, en
remplacement de Mme Jannet Sanderson.
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4. ALGÉRIE-FRANCE
http://www.elmoudjahid.com/stories.php?story=03/07/26/3960017
41 questions de l’hebdomadaire Figaro magazine au Président de la
République
Bouteflika : “Les relations politiques avec la France sont excellentes”
Par : EL MOUDJAHID Le : Samedi 26 juillet 2003
Le Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, a accordé une
interview au Figaro-Magazine publiée dans l’édition de ce samedi.
Voici le texte intégral de l’interview :
La visite de Jacques Chirac en Algérie, l’année de l’Algérie en France,
la solidarité française à l’occasion du tremblement de terre de mai
dernier marquent-elles un tournant dans les relations entre nos deux
pays ?
Effectivement, ce sont là autant d’éléments qui ont contribué à
accélérer la refondation des relations algéro-françaises. Ils marquent
un tournant décisif dans la coopération bilatérale en ce que les
dirigeants et les peuples des deux pays ont définitivement pris
conscience que ce qui unit la France et l’Algérie est bien plus porteur
que ce qui pourrait les séparer.
Attendez-vous des retombées politiques de ce nouvel élan dans nos
relations ?
Ce nouvel élan se traduit aujourd’hui par des relations politiques
excellentes qui sont appelées à se consolider et à se prolonger à
travers une coopération multiforme. Les deux gouvernements s’attellent
d’ores et déjà à conférer à cette coopération un contenu concret,
notamment sur les plans économique et culturel. Les nombreux accords
signés et le succès de l’année de l’Algérie en France en sont une
illustration vivante.
(...)
L’Union européenne semble prendre conscience de l’importance de la rive
sud de la Méditerranée pour la tranquillité et la prospérité du Bassin
méditerranéen autant que pour celles de l’ensemble européen et
méditerranéen. La politique mise en œuvre par l’UE vous semble-t-elle
suffisante pour relancer et développer l’économie des pays du Sud ?
Cette politique me paraît insuffisante au regard des données de
l’histoire et de la géographie, mais aussi des potentialités
inexploitées sur tous les plans. Le processus de Barcelone est en panne.
Le problème palestinien reste entier. La tendance qu’on les Européens de
regarder davantage vers l’Est que vers le Sud est évidente. Bref,
quasiment tout reste à faire entre l’Union européenne et la rive sud de
la Méditerranée.
Pour notre part, nous nous y attelons avec conviction et détermination.
(...)
Pendant presque dix ans, l’Algérie s’est battue seule contre le
terrorisme dans l’indifférence quasi générale. Les choses sont-elles
différentes aujourd’hui ?
Aujourd’hui, les Algériens sont mieux compris, mais ils reçoivent très
peu d’aide en matière de moyens spécifiques de lutte.
Sur le plan politique, le bilan, depuis le début de votre mandat, est
positif. Vous avez réussi à rassembler une classe politique éclatée. La
guerre contre le terrorisme en Algérie marque aussi des points, et même
si le nombre des victimes reste très élevé : 2200 morts en 2002, 1300 en
2001, il est très en dessous de ce qu’il était en 1997, avec plus de
1000 morts en une seule semaine. La situation sécuritaire s’améliore
donc. L’Algérie sort-elle enfin de la crise et comment en finira-t-elle
une bonne fois pour toute avec la terreur ?
L’Algérie s’achemine en effet vers le dénouement de la crise. Elle en
finira définitivement avec le terrorisme si les Algériens continuent sur
la lancée à s’accepter les uns les autres, à se rendre à l’évidence que
les réformes sont nécessaires, que l’économie de marché est
incontournable et qu’ils s’attellent à en favoriser l’aboutissement. Des
lors, beaucoup de problèmes d’ordre économique et social trouveront
leurs solutions, ce qui réduira le gisement de frustrations dont se
nourrit le terrorisme.
(...)
Quels sont vos rapports avec les Etats-Unis ?
Ils sont bons. Sur le plan politique, les USA ont une meilleure
appréhension de la situation en Algérie. Sur le plan économique, les
Etats-Unis sont l’un des principaux partenaires de l’Algérie. La
coopération bilatérale est certainement appelée à s’élargir dans
l’avenir.
Quels sont vos rapports avec le jeune Roi du Maroc ?
Mes rapports avec le Roi Mohamed VI sont excellents. Nous avons des
échanges fréquents. Il n’y a aucune raison pour que ce soit autrement.
(...)
Régulièrement, la presse internationale affirme que ce sont les
militaires qui en réalité exercent le pouvoir, et que vous dépendez
d’eux. Qu’en pensez-vous ?
Les rapports entre le Président de la République et l’institution
militaire sont régis par la Constitution. C’est dans ce cadre, et
uniquement dans ce cadre, que s’exerce le pouvoir.
(...)
____________