S O M M A I R E
1. SAHARA-UNION AFRICAINE
- APS: L'UA réitère son appui au plan de paix pour l'autodétermination
du peuple du Sahara occidental
2. SAHARA-ONU-ÉCHANGE DE VISITES FAMILIALLES
- MAP: Nouvel échange de visites familiales entre les camps de Tindouf
et la "province" de El Aaiun
3. "DÉMOCRATIE À LA MAROCAINE"-TORTURES-CINISME DU MAKHZEN
- APS: L'AMDH inquiète de la hausse des suicides dans les prisons
marocaines
- MAP: Bouzoubaâ dément l'existence de centres de détention secrets au
Maroc
4. MAROC-MAURITANIE-SÉNEGAL
- MAP: Le Maroc, le Sénégal et la Mauritanie décident la création d'un
"Conseil de concertation des pays africains du nord atlantique"
5. LOBBY PRO MAROCAIN EN ESPAGNE (Hernando de Larramendi)
- CYBERSCOPIE: Espagne-Maroc : les relations bilatérales à l'aube d'un
nouveau jour? Propos recueillis par Catherine Graciet [AVEC NOTES]
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SÁHARA-INFO EN FRANÇAIS ET EN ESPAGNOL:
http://es.groups.yahoo.com/group/sahara-info/
SAHARA-INFO SEULEMENT EN FRANÇAIS:
http://fr.groups.yahoo.com/group/revue-de-presse-sahara-occidental/
SAHARA-INFO SÓLO EN ESPAÑOL:
http://es.groups.yahoo.com/group/revista-de-prensa-sahara-occidental/
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1. SAHARA-UNION AFRICAINE
http://www.aps.dz/fr/pageview.asp?ID=66238
http://80.88.0.236/stories.php?story=04/07/02/2495070
L'UA réitère son appui au plan de paix pour l'autodétermination du
peuple du Sahara occidental
[Aps 2/7/04] Addis Abeba - Le conseil exécutif de l'Union africaine
(UA) a adopté le rapport présenté par le président de la commission de
l'Union africaine sur la question du Sahara occidental, lors de sa
présente session (30 juin/03 juillet).Le rapport, qui rappelle tout
d'abord l'évolution de la question du Sahara occidental depuis la
dernière session du conseil
exécutif, relève à ce sujet qu'aucune évolution positive n'a été
enregistrée dans le processus de paix au Sahara occidental en raison du
rejet par le Maroc du plan de paix et déplore une telle attitude alors
que le Front Polisario l'a accepté et que l'Algérie, en tant que pays
voisin concerné par la question, apporte son appui au plan.
Le rapport souligne aussi que le conseil de sécurité des Nations-Unies a
unanimement approuvé le plan Baker pour l'autodétermination du peuple du
Sahara occidental.
Le rapport réaffirme enfin le soutien de l'Union africaine au plan de
paix et appelle les parties concernées à le mettre en œuvre,
conformément aux résolutions 1495 et 1541 du conseil de sécurité.
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2. SAHARA-ONU-ÉCHANGE DE VISITES FAMILIALLES
http://www.map.co.ma/mapfr/depeches_2004/laayoune_echanges_onu_02.htm
Nouvel échange de visites familiales entre les camps de Tindouf et la
"province" de El Aaiun
El Aaiun, 02/07/04 - L'opération d'échange de visites familiales entre
les "séquestrés" des camps de Tindouf, au Sud de l'Algérie, et les
membres de leurs familles dans les "provinces du Sud" du Maroc s'est
poursuivie vendredi par l'organisation du premier voyage, effectué dans
le cadre de la deuxième phase concernant la "province" de El Aaiun.
Six familles totalisant 19 citoyens "marocains" originaires de la
"province" de El Aaiun ont embarqué, vendredi vers 7H00, à l'aéroport de
El Aaiun, à destination des camps de Tindouf. Six familles, comptant 18
"séquestrés", en provenance des camps de Lahmada devaient débarquer,
vers 11H15, à l'aéroport de El Aaiun, indique un communiqué du Bureau de
la Coordination Marocaine avec la MINURSO parvenu à la MAP.
Depuis le début de cette opération, entamée le 05 mars 2004, 17 échanges
se sont opérés, à ce jour, entre les camps de Tindouf et les "provinces
du Sud", au profit de 863 personnes, précise la même source.
Tout en se félicitant de la poursuite de cette opération,
fondamentalement humanitaire, le Bureau de la Coordination Marocaine
avec la MINURSO réitère de nouveau son appel au HCR afin que soient
garanties aussi bien la protection des citoyens "marocains", séjournant
dans les camps de Tindouf, dans le cadre de cette opération, que la
liberté de leur déplacement au sein et entre les camps en question, et
ce, conformément au mandat de cet organisme et aux arrangements conclus
en la matière.
La partie marocaine appelle, également, le HCR à procéder au
renforcement de sa présence dans les camps de Tindouf et permettre aux
populations de ces derniers de bénéficier équitablement des visites
devant être effectuées dans l'ensemble des "provinces du Sud", dans le
cadre de la deuxième phase de l'opération d'échange de visites
familiales, ajoute la même source.
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3. "DÉMOCRATIE À LA MAROCAINE"-TORTURES-CINISME DU MAKHZEN
http://www.aps.dz/fr/pageview.asp?ID=66221
L'AMDH inquiète de la hausse des suicides dans les prisons marocaines
[Aps 2/7/04] Rabat - L’association marocaine des droits de l’homme
(AMDH) a fait endosser l’entière responsabilité du suicide, lundi
dernier, d’un détenu à la prison de Sidi Moussa (El Jadida) à
l’administration pénitentiaire et au ministère de la justice. La section
locale de l’AMDH estime, dans un communiqué, que l’administration de la
prison, l’administration pénitentiaire et le ministère de la justice
sont responsables de la mort par pendaison du jeune Safouane El Omari
qui purgeait une peine d’emprisonnement de 4 ans.
L’AMDH relève que ce suicide est le résultat des dures conditions
carcérales au Maroc, précisant que le manque de dignité humaine,
l’absence des droits et les mauvaises conditions dans les prisons
marocaines conduiront à d’autres suicides.
Un autre détenu à la prison de Meknes s’est également suicidé, lundi
dernier, augmentant le nombre des détenus morts dans les prisons
marocaines.
Dans un récent rapport rendu public, en mai dernier, le secrétaire
général de l’observatoire marocain des prisons, Abderrahmane Jamai,
avait dénoncé "le manque de respect de la dignité humaine dans les
prisons marocaines où des vieillards de plus de 97 ans sont toujours
emprisonnés alors que beaucoup de détenus couchent à même le sol ou dans
les toilettes.
Le dernier rapport du conseil consultatif marocain des droits de l’homme
(CCDH) met en relief les dures conditions carcérales dans les prisons
marocaines qui compteraient plus de 77.831 détenus, selon des
statistiques réalisées, en 2002, par l’administration pénitentiaire
------------->
http://www.map.co.ma/mapfr/depeches_2004/bouzoubaa_centre_deten_secret.htm
Bouzoubaâ dément l'existence de centres de détention secrets au Maroc
Rabat, 02/07/04 - Le ministre de la Justice, M. Mohamed Bouzoubâa, a
démenti l'existence de centres de détention secrets au Maroc, indiquant
que le centre de détention cité dans le rapport d'Amnesty international,
publié récemment, est un centre "'légal' relevant de la Sûreté
nationale".
"Il n'existe aucun centre de détention secret au Maroc, car l'ère des
centres de détention secrets est révolue avec la démolition de celui de
Tazmammart", a déclaré M. Bouzoubaâ, vendredi à la presse, en marge de
la cérémonie de sortie de deux nouvelles promotions des attachés de
justice.
Le ministère de la justice, a-t-il dit, se penche actuellement sur
l'examen du rapport d'Amnesty international.
"Nous répondrons aux cas de dépassements présumés" contenus dans le
rapport, a ajouté le ministre, qualifiant de "rares et isolés" les cas
de dépassement dans le rapport "soit cinq cas" et ce, au regard du
nombre de personnes arrêtées dans le cadre des mesures prises dans le
cadre de la lutte contre le terrorisme, à savoir 2000 personnes.
Il a, à cet égard, rappelé que son département avait précédemment
apporté des réponses concernant nombre d'observations formulées à ce
sujet par certaines associations des droits de l'Homme au Maroc.
La vie publique au Maroc, a-t-il affirmé, est régie par des lois et par
la Constitution et les autorités veillent au respect de ces lois et à la
bonne application de toutes les dispositions du code de procédure
pénale, afin de garantir les libertés individuelles, des procès
équitables et les droits de la défense.
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4. MAROC-MAURITANIE-SÉNEGAL
http://www.map.co.ma/mapfr/depeches_2004/maroc_mauritanie_senegal.htm
Le Maroc, le Sénégal et la Mauritanie décident la création d'un "Conseil
de concertation des pays africains du nord atlantique"
Dakar, 02/07/04- Le Sénégal, le Maroc et la Mauritanie ont décidé la
création d'un "Conseil de concertation des pays africains du nord
atlantique", a annoncé le président sénégalais, Me Abdoulaye Wade.
"Il s'agit d'un conseil de concertation dans lequel vont se retrouver
les trois pays deux fois par an pour parler de leur coopération", a
affirmé le président Wade qui rencontrait vendredi en début d'après-midi
la presse étrangère accréditée à Dakar, dont la MAP.
"Voilà une entité qui est en train de se dessiner au nord de
l'Atlantique et en Afrique de l'Ouest et qui va renforcer la coopération
entre le Sénégal, le Maroc et la Mauritanie dans les domaines politique,
économique et culturel", a-t-il précisé.
Me Wade a révélé également que le Sénégal, le Maroc et la Mauritanie ont
décidé la création d'une ligne maritime Tanger-Casablanca-Nouadhibou-
Nouakchott-Dakar.
"Nous croyons que ce sera un succès aussi grand qu'Air Sénégal
International", a-t-il affirmé.
Air Sénégal International, née il y a trois années d'un partenariat
entre la Royal Air Maroc et l'Etat sénégalais, est devenue la première
compagnie aérienne en Afrique de l'Ouest.
Le chef de l'Etat sénégalais a souligné que cette liaison maritime va
assurer le frêt et le transport des voyageurs, précisant que "le
ministre marocain en charge des transports va inviter prochainement ses
homologues sénégalais et mauritanien pour créer cette société en faisant
appel au secteur privé".
"Si le secteur privé veut prendre en charge ce projet, a-t-il ajouté,
nous sommes prêts à le soutenir sinon nous serons obligés de le faire
nous-mêmes comme c'était le cas pour Air Sénégal International".
Me Wade avait informé jeudi le Conseil des ministres de la décision
prise par le Sénégal, le Maroc et la Mauritanie d'instaurer "une
concertation tripartite permanente pour renforcer la coopération déjà
excellente entre nos trois pays".
Le président sénégalais a rappelé, s'agissant toujours des projets
d'intégration entre les trois pays, la route transsaharienne devant
relier Tanger et Dakar, à travers la Mauritanie.
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5. LOBBY PRO MAROCAIN EN ESPAGNE (Hernando de Larramendi)
http://www.cyberscopie.info/pages/art_entre/art33_entre.html
Espagne-Maroc : les relations bilatérales à l'aube d'un nouveau jour ?
Juillet 2004 - Propos recueillis par Catherine Graciet
L'agenda bilatéral entre l'Espagne et le Maroc recèle de "vieux"
dossiers tels que le Sahara occidental ou Ceuta et Melilla que sont
venus compliquer de nouveaux problèmes comme l'immigration illégale et
le trafic de drogue. Conséquence : depuis la fin des années 90, les
relations entre les deux pays vont de tensions en crises. Avec l'arrivée
du socialiste José Luis Rodriguez Zapatero au pouvoir en Espagne, au
lendemain des attentats sanglants du 11 mars, un climat plus propice à
des relations de bon voisinage semble s'installer. Miguel Hernando de
Larramendi est spécialiste du monde arabe et des relations
hispano-maghrébines. Il est professeur à l'université de Castilla La
Mancha et chercheur à l'Atelier d'Etudes Internationales
Méditerranéennes (Taller de estudios internacionales Méditerraneos) de
l'université Autonoma de Madrid. Pour Cyberscopie, il décrypte un
quinquennat agité de relations hispano-marocaines.
- Cyberscopie - L'arrivée au pouvoir de José Luis Rodriguez Zapatero a
été bien accueillie par Rabat. De son côté, le nouveau premier ministre
espagnol a affirmé que les bonnes relations avec le Maroc seraient une
des priorités de sa politique étrangère. S'agit-il de déclarations de
bonnes intentions ou les deux pays souhaitent-ils réellement améliorer
leurs relations bilatérales ?
- Miguel Hernando de Larramendi - « Ces déclarations reflètent un
nouveau climat qui permettra de consolider le processus de normalisation
des relations bilatérales entamé en janvier 2003 avec le retour à Madrid
et à Rabat des ambassadeurs respectifs des deux pays. La rapidité avec
laquelle José Luis Rodriguez Zapatero s'est plié à la tradition [NOTE:
"TRADITION"? UNE PRATIQUE QUI N'EXISTA AVANT FELIPE GONZÁLEZ?] voulant
que la première visite officielle du chef du gouvernement se fasse au
Maroc montre la priorité qu'il accorde aux relations avec ce pays. Il
s'y est rendu une semaine à peine après son investiture comme président
du gouvernement. Toutefois, l'amélioration des relations bilatérales ne
peut se limiter à l'échange de déclarations de bonnes intentions. Elle
nécessite une refonte des relations et doit faire fi d'expressions comme
" l'Espagne et le Maroc sont condamnés à s'entendre ". Elle doit aussi
miser sur la construction de relations de bon voisinage. »
- José Luis Rodriguez Zapatero a succédé en mars à José Maria Aznar,
chef du gouvernement espagnol de 1996 à 2004. Comment définissez-vous la
politique marocaine de l'Espagne de ces huit dernières années ?
- Miguel Hernando de Larramendi - « Les huit années passées au pouvoir
par José Maria Aznar peuvent se diviser en deux époques qui coïncident à
peu près avec les législatures où le Parti Populaire (PP) a gouverné.
Lors de la première législature - le PP n'a pas obtenu la majorité
absolue - une certaine continuité de la politique extérieure envers le
Maroc et le monde arabe a dominé. Les attentats du 11 septembre 2001 ont
contribué à ce que José Maria Aznar accorde une attention personnelle
accrue aux questions de politique extérieure lors de son second mandat.
Ces attentats ont renforcé l'orientation atlantiste de la politique
extérieure espagnole.
Les relations avec le Maroc se sont détériorées à partir d'avril 2001
lorsque ce dernier n'a pas renouvelé l'accord de pêche signé avec
l'Union Européenne dont avaient besoin les pêcheurs espagnols [NOTE:
LARRAMENDI "OUBLIE" ICI QUE LE MAROC A FAIT AVANT DES DÉCLARATIONS
INAMICALES ENVERS L'ESPAGNE CONCERNANT CEUTA ET MELILLA ET QUE LA CRISE
FUT DÉCLENCHÉ PAR LE MAROC QUI RETIRA SON AMBASSADEUR EN OCTOBRE 2001
APRÈS QUE L'ESPAGNE S'OPPOSSA À CHANGER SA POSITION SUR LE SAHARA. C'EST
"ÉTRANGE" QUE M. LARRAMENDI OUBLIE CES DONNÉES DANS CE MOMENT DE
L'INTERVIEW]. Le gouvernement espagnol a interprété cela comme un geste
clair de mauvaise volonté. A partir de ce moment, les relations sont
entrées dans une spirale négative, auto-alimentée par des reproches
mutuels portant sur le contrôle de l'immigration illégale ou l'attitude
espagnole dans le dossier du Sahara occidental. Les tensions entre les
deux pays ont atteint leur paroxysme avec la crise de l'îlot du Persil
en juillet 2002 (cf. encadré). La vision qu'a José Maria Aznar des
relations avec le Maroc, partagée par de nombreux Espagnols, apparaît
dans ses déclarations au Forum de Fomentor. Il affirme alors que si le
Maroc est important pour l'Espagne, l'Espagne est plus importante encore
pour le Maroc, sous-entendant que ce dernier a le plus à perdre de la
crise bilatérale de l'époque. »
- Quel était le rôle de la politique marocaine de José Maria Aznar dans
le jeu géopolitique de l'Espagne au Maghreb ?
- Miguel Hernando de Larramendi - « Alors que la Méditerrannée est
restée une priorité des échanges multilatéraux, le gouvernement de José
Maria Aznar a cessé de privilégier le Maroc sur le plan bilateral,
renouant avec certains "tics africanistes" du passé qui exploitent les
différences entre pays maghrébins. [NOTE: ON VOIT ICI UN PROPOS DÉLIBERÉ
DE DISCRÉDITER LE GOUVERNEMENT D'AZNAR SANS JAMAIS COULPABILISER LE
MAROC; ET ON VOIT AUSSI L'IDÉOLOGIE DU LOBBY PRO MAROCAIN QUI SOUTIEN
QUE L'ESPAGNE NE DOIT AVOIR DES RELATIONS AUSSI PRIVILÉGIÉS AVEC
L'ALGÉRIE, LA MAURITANIE ET ... BIEN SÛR LES SAHRAOUIS!] En se
rapprochant de l'Algérie, l'Espagne pouvait à la fois pénaliser le Maroc
et montrer à ses dirigeants que les priorités bilatérales pouvaient être
redéfinies. C'est dans ce contexte que les réticences espagnoles envers
l'Algérie, qui prévalaient depuis le coup d'état de 1991 et la guerre
civile, ont été levées. L'Algérie a été élevée au rang de partenaire
stratégique par le gouvernement de José Maria Aznar au moment de la
crise avec le Maroc. C'est dans ce cadre que s'inscrit la signature d'un
traité d'amitié et de bon voisinage avec ce pays, similaire à celui
signé en 1991 avec le Maroc et en 1995 avec la Tunisie.
L'intensification des relations et des échanges avec l'Algérie ont en
outre été favorisées par les bonnes relations personnelles que José
Maria Aznar entretenait avec le président algérien, Abdelaziz
Boutefflika, qui aspirait à réhabiliter son pays sur la scène
internationale après "l'embargo moral" auquel il a été soumis dans les
années 90. Au cours de la présidence espagnole de l'Union Européenne, en
avril 2002, José Maria Aznar s'est rendu à Valence pour assister
personnellement à la signature de l'accord d'association entre l'Algérie
et l'Union Européenne, conclu en marge de la conférence
Euro-Méditerrannée. La priorité accordée aux relations avec l'Algérie -
un pays clé pour garantir l'approvisionnement énergétique espagnol-
s'est accompagnée du lancement de grands projets d'infrastructure comme
la construction d'un second gazoduc qui, à la différence du gazoduc
Maghreb Europe, reliera les gisements algériens avec le réseau espagnol
de gaz naturel sans passer par le Maroc. »
- A l'inverse, quelle a été la politique espagnole du Maroc durant les
années Aznar ?
- Miguel Hernando de Larramendi - «Au Maroc, la politique extérieure - à
l'instar de la justice, des affaires religieuses et du ministère de
l'Intérieur - est un domaine réservé de la monarchie qui désigne
directement le ministre des Affaires Etrangères et les ambassadeurs.
Cette réalité contribue à renforcer l'opacité entourant les prises de
décision qui échappent à un contrôle parlementaire et même
gouvernemental. Le retrait de l'ambassadeur du Maroc en Espagne, en
octobre 2001, ou la prise de l'îlot du Persil en juillet 2002 ont été
décidé par Mohamed VI et son groupe restreint de conseillers sans que la
majorité des ministres du "gouvernement d'alternance" dirigé par
Abderrahman Youssoufi n'en soient avertis. Cela injecte une certaine
imprévisibilité dans les relations avec l'Espagne, perçues par une
partie de l'élite politique marocaine francophone comme moins
importantes que celles avec la France. Toutefois, au cours de ces
dernières années, l'image de l'Espagne s'est considérablement améliorée
auprès de la classe politique et économique marocaine. Le succès
économique espagnol et la transition politique ont contribué à faire
naître un intérêt plus grand. Surtout que depuis que l'Espagne a intégré
la Communauté Européenne, elle s'est faite, comme la France, l'avocat
des efforts déployés par le Maroc pour renforcer ses liens avec
Bruxelles, jugés vitaux par Rabat. La crise hispano-marocaine de
2001-2003 a dégradé cette nouvelle vision de l'Espagne et alimenté des
réactions nationalistes qui ont poussé les relations dans une spirale
négative. »
- Comment expliquez-vous qu'en dépit des relations déplorables entre le
Maroc et l'Espagne, celle-ci soit devenue le 2ème partenaire économique
du royaume chérifien ?
- Miguel Hernando de Larramendi - « L'essor des relations commerciales
est sans aucun doute l'une des pricipales réussites du "matelas
d'intérêts communs" érigé comme outil de prévention dans les années 90
au vu des tensions récurrentes entre les deux pays. Leur autonomie par
rapport aux Etats explique l'absence d'impacts négatifs. Toutefois,
l'embellie économique n'a pas permis d'endiguer une crise durable qui
n'a été canalisée qu'après la médiation américaine dans l'affaire de
l'îlot du Persil. A ce moment, l'administration Bush préparait
l'invasion de l'Irak et ne voyait pas d'un bon oeil l'enlisement d'un
conflit entre deux de ses alliés en Méditerrannée occidentale. Par
contre, le reste des relations ont rapidemment été affectées. Ainsi, la
coopération en matière d'immigration, la coopération universitaire ou le
lancement de nouveaux programmes d'aide au développement économique ont
été gelés tout comme les échanges entre les sociétés civiles qui
dépendaient des financements publics des deux pays. »
- L'épisode le plus mouvementé des relations hispano-marocaines de ces
dernières années reste la crise de l'îlot du Persil/Leila en juillet
2002. A posteriori, quel regard portez-vous sur celle-ci ?
- Miguel Hernando de Larramendi - « Le "matelas d'intérêts communs"
s'est révélé insuffisant pour amortir et désamorcer une crise
initialement liée à la pêche mais qui a contaminé toutes les relations
hispano-marocaines. Et culminé avec le recours à la politique du fait
accompli de la part du Maroc et l'usage de la force par l'Espagne lors
de la dispute du Persil [NOTE: ON VOIT ICI UNE AUTRE FOIS QUE M.
LARRAMENDI MET LA RESPONSABILITÉ SUR L'ESPAGNE ALORS QUE L'ÎLOT NE FUT
ENVAHI PAR DES "TOURISTES" MAROCAINS MAIS PAR SES FORCES ARMÉES, QUI FUT
ALORS LE PREMIER A USER DE LA FORCE?]. Cette crise gloable a montré la
fragilité des relations entre les sociétés civiles des deux pays et
l'échec des mécanismes de dialogue politique prévus par le Traité
d'amitié et de bon voisinage de 1991. La présence de sujets tabous,
comme les revendications territoriales marocaines, au sein de l'agenda
bilatéral favorise en outre leur possible instrumentalisation par le
Maroc comme élément de pression en cas de crise, introduisant une
instabilité potentielle dans les relations bilatérales. L'occupation
marocaine de l'îlot du Persil l'a prouvé.
La crise du Persil a en outre accru la méfiance envers la France comme
partenaire dans la région et encouragé un rapprochement avec l'Algérie,
pour pénaliser le Maroc. Certains ont voulu voir dans la génèse de la
crise hispano-marrocaine la "main noire" de Paris. Ce point de vue a été
conforté par le blocage français d'un communiqué européen de soutien à
l'Espagne en pleine crise du Persil. Les défenseurs du virage atlantiste
du gouvernement de José Maria Aznar se sont saisis de cet argument et de
la médiation de Colin Powell dans l'affaire du Persil pour montrer qu'en
cas de conflit avec le Maroc, la défense des intérêts espagnols en
Afrique du Nord passe par un rapprochement avec les Etats-Unis. Et ce au
moment même où les Américains signent leur grand retour au Maghreb. Ils
aspirent à créer une zone de libre-échange avec leur projet de Grand
Moyen-Orient. »
- Plus récemment, les relations entre l'Espagne et le Maroc ont été
marquées par les attentats du 11 mars 2004 à Madrid. Quel impact ont-ils
eu sur les relations bilatérales ?
- Miguel Hernando de Larramendi - « Ils ont introduit la lutte
anti-terroriste et la coopération en matière de sécurité au coeur de
l'agenda bilatéral pour lutter contre ce qui est perçu comme une menace
partagée. Ils prouvent aussi l'étendue de la méfiance qui règnait entre
les services de sécurité et d'intelligence des deux pays après la crise
de l'îlot du Persil. Le fait que l'une des cibles des attentats du 16
mai 2003 (1) de Casablanca soit la "Casa de Espana" (Maison de
l'Espagne) n'a même pas donné lieu à un échange d'information et à une
collaboration efficace. L'enquête a aussi montré le lien entre les
auteurs des attentats et le trafic de drogue en provenance du nord du
Maroc. Suite à la visite officielle de José Luis Rodriguez Zapatero au
Maroc, les efforts pour une meilleure collaboration et coordination se
font sentir avec la visite du ministre marocain de l'intérieur, Mustapha
Sahel, en Espagne ou avec celle au Maroc du ministre espagnol de la
Justice, Juan Fernando Lopez Aguilar.»
- Depuis les attentats du 11 mars à Madrid, comment le Maroc et les
Marocains sont-ils perçus en Espagne ?
- Miguel Hernando de Larramendi - « L'image du Maroc et des Marrocains
n'est pas bonne, comme le montre les sondages régulièrement réalisés par
le Centre d'Investigations Sociologiques ou l'Institut Elcano (Centre
d'études internationales et stratégiques). Les attentats du 11 mars,
dans lesquels semblent impliqués un nombre important de citoyens
marocains apparemment liés au Groupe Islamique Combattant Marocain
(GICM), ont détérioré cette image, alimentant des préjugés [NOTE:
"PRÉ-JUGÉS" OU POST-JUGÉS? C'EST UN "PRE-JUGÉ" QUE LE MAROC A VIOLÉ SA
PAROLE DANS LES ACCORDS INTERNATIONAUX AVEC L'ESPAGNE?: PÉCHE -DANS LES
ACCORDS DE 1969 ET 1975- INMIGRATION -1992- ...] et des clichés [NOTE:
"CLICHÉS"?] profondément ancrés dans les mentalités. Ceux-ci tendent à
voir le "marocain musulman" comme l'adversaire ancestral de
l'"espagnol-chrétien" [NOTE: MAIS, SANS "PRÉJUGÉS", OBJECTIVEMENT, ÇA
C'EST VRAI OU FAUX?]. Jusqu'ici, il n'y a pas eu de violences xénophobes
comme celles d'El Ejido il y a trois ans, mais on ne peut pas exclure
qu'elles se produisent. Les attentats ont aussi contribué à ce que
l'image qu'ont les Espagnols des Marocains se construise sur la religion
et le débat sur le contrôle de la religion musulmane, majoritairement
prêchée par des immigrants venus du Maroc. Certains milieux
conservateurs espagnols se servent de ces attentats pour dire que la
politique d'immigration espagnole doit privilégier les latino-américains
et les européens de l'Est, jugés plus facilement "intégrables". Les
chiffres du recensement de décembre 2003 révèlent d'ailleurs que la
communauté équatorienne a supplanté la communauté marocaine en nombre. »
- Trois jours après les attentats du 11 mars, José Luis Rodriguez
Zapatero arrive au pouvoir en Espagne. A ce moment, comment se portent
les relations entre l'Espagne et le Maroc ?
- Miguel Hernando de Larramendi - « Officiellement, la crise bilatérale
s'est achevée avec la célébration, en décembre 2003, à Marrakech, d'une
"réunion de haut niveau" hispano-marocaine à laquelle ont participé José
Maria Aznar et le premier ministre marocain, Driss Jettou. Le processus
de normalisation avait débuté un an plus tôt lorsque Mohamed VI a offert
aux pêcheurs galiciens affectés par la catastrophe écologique du
Prestige la possibilité de revenir sur les lieux de pêches marocains
[NOTE: VOIR LE DÉLICAT MODE DE NE PAS DIRE LES "EAUX SAHRAOUIS"]. Les
attentats de Casablanca ont contribué à accélérer le processus qui s'est
achevé à Marrakech avec l'échange de gestes de bonne volonté en termes
de contrôle de l'immigration illégale. Des différences portant sur les
thèmes à l'origine de la crise bilatérale ont néanmoins introduit une
fragilité dans ces "retrouvailles". »
- Que va changer, selon vous, le retour de la gauche et l'arrivée de
José Luis Rodriguez Zapatero au pouvoir dans les relations bilatérales ?
- Miguel Hernando de Larramendi - «A Rabat, on se souvient que José Luis
Rodriguez Zapatero s'est rendu au Maroc en décembre 2001 pour tenter de
débloquer la crise provoquée par le rappel inattendu de l'ambassadeur
marocain en Espagne deux mois plus tôt. A cette époque, le gouvernement
d'Aznar rechignait à reconnaître l'existence d'une crise alimentée tout
l'été par des prises de bec sur le contrôle de l'immigration illégale.
Ce n'est donc pas une surprise que la victoire électorale du PSOE ait
été bien accueillie par le Maroc. La publication par la MAP, l'agence de
presse officielle marocaine, de l'intégralité du télégramme de
félicitations transmis par Mohamed VI à José Luis Rodriguez Zapatero en
témoigne. La victoire inespérée de Zapatero peut donc contribuer à
rétablir la confiance perdue et créer un climat propice au travail
autour d'un agenda bilatéral où, face à d'anciens dossiers comme le
Sahara occidental ou Ceuta et Melilla [NOTE: SELON M. LARRAMENDI,
QU'EST-CE QUE C'EST LE "TRAVAIL" FACE À CEUTA ET MELILLA OU LE SAHARA?],
ont surgi des problèmes comme l'immigration illégale ou le terrorisme,
causés par le fossé économique entre les deux rives du détroit de
Gibraltar. [NOTE: VOIR QUE POUR LARRAMENDI LE FOSSÉ ÉCONOMIQUE EST UNE
CHOSE TOUT À FAIT "SPONTANÉE" ET N'A RIEN À VOIR AVEC LA CORRUPTION DU
MAKHZEN... ET QUE DANS L'ORIGINE DU TERRORISME LE MAKHZEN N'A AUCUNE
RESPONSABILITÉ PAR SA PROMOTION DU WAHABISME POUR PAYER L'APPUI DE
L'ARABIE SAOUDITE DANS L'AFFAIRE DU SAHARA] »
- La stratégie géopolitique de l'Espagne au Maghreb devrait elle aussi
s'adapter à cette nouvelle donne. Comment selon vous ?
- Miguel Hernando de Larramendi - « La priorité accordée aux relations
avec le Maroc ne doit pas se faire sur le dos des relations avec
l'Algérie. Le poids croissant des questions migratoires et de sécurité
dans un agenda bilatéral complexe où interfèrent des dossiers de
dimension maghrébine comme le Sahara occidental, doit mener à une
reflexion profonde et à une définition du Maroc sur lequel l'Espagne
veut parier. L'Espagne a besoin [NOTE: "BESOIN"?] d'un Maroc
démocratique, prospère et stable dans le cadre d'un Maghreb intégré.
C'est vers cet objectif que devrait tendre la diplomatie espagnole tant
sur le plan bilatéral que multilatéral, en reliant les intérêts
espagnols aux défis globaux de l'Europe du Sud et du reste de la
Méditerrannée. »
- Parmis les nombreux contentieux entre les deux pays -Sahara
occidental, immigration illégale, trafic de drogue, Ceuta et Mellila… -
quels sont ceux qu'il vous semble urgent de clore pour réellement
améliorer les relations entre les deux pays ?
- Miguel Hernando de Larramendi - «Déclarer que des relations de bon
voisinage sont nécessaires n'implique pas que les problèmes de fonds se
résoudront automatiquement … Ils exigent au contraire une analyse en
profondeur dossier par dossier. Je ne crois pas qu'entre deux pays qui
essaient de s'entendre les dossiers doivent interférer les uns avec les
autres. Cela a été l'erreur des relations hispano-marocaines du passé et
l'instrumentalisation de dossiers pour faire pression dans d'autres
dossiers a beaucoup compliqué les relations entre les deux pays. Je
pense que le dossier du Sahara doit être traité à part. Sinon, on risque
de tomber dans des excès comme celui d'un journal marrocain à gros
tirage et lié à un parti au gouvernement qui a demandé dans son
éditorial que l'ETA soit soutenue pour faire pression sur l'Espagne dans
le dossier du Sahara occidental.»
- Justement. En ce qui concerne le Sahara occidental, Rabat a souvent
accusé Madrid de soutenir les thèses du Front Polisario. Quelle est la
position espagnole dans ce conflit et quel rôle pourrait jouer l'Espagne
dans sa résolution ?
- Miguel Hernando de Larramendi - «La question du Sahara occidental
génère des tensions cycliques entre les deux pays depuis que l'Espagne a
cédé l'administration du territoire au Maroc et à la Mauritanie en 1975
[NOTE: LARRAMENDI "OUBLIE" QUE CETTE "CESSION" DE "L'ADMINISTRATION" FUT
DÉCLARÉE ILLEGAL PAR L'AVIS DE HANS CORRELL...]. Depuis, la politique de
tous les gouvernements espagnols est de s'abriter derrière les Nations
Unies et leur doctrine. Celle-ci affirme que le processus de
décolonisation ne sera pas achevé tant qu'un référendum
d'autodétermination n'aura pas eu lieu. La position espagnole a été
critiquée tant par le Maroc que par le Front Polisario qui aspirent tous
deux à voir l'Espagne soutenir leurs thèses et qui ont fait pression sur
Madrid dans ce sens par le passé. Une des explications avancées pour
expliquer la crise hispano-marocaine de 2001-2003 souligne que le Maroc
a tenté de provoquer par la force un alignement espagnol sur les
positions marocaines, à un moment où Rabat envisageait une issue
favorable au conflit. Aujourd'hui, le nouveau climat qui règne dans les
relations bilatérales a été consolidé par les décalarations de Zapatero
sur le Sahara et sa disponibilité à participer activement à la recherche
d'une solution politique. Toutefois, cette recherche ne pourra pas
ignorer le référendum d'autodétermination préconisé par les Nations
Unies et désirée par l'opinion publique espagnole. La diplomatie
espagnole devrait donc tendre vers un rapprochement politique entre les
parties sans pour autant soutenir ouvertement l'un ou l'autre camp. »
(1) Le 16 mai 2003, 20 personnes ont été tuées à la Casa de Espana lors
de la vague d'attentats qui a frappé Casablanca.
La crise de l'îlot du Persil/Leila
11 juillet 2002 : un groupe de gendarmes marocains prend position sur
l'îlot du Persil/Leila et y plante un drapeau marocain. La souveraineté
espagnole de cet îlot inhabité a toujours été contestée par le Maroc.
14 juillet : Dans un communiqué, la présidence danoise de l'Union
Européenne exige que Rabat "retire immédiatement ses troupes" et exprime
sa "totale solidarité avec l'Espagne".
15 juillet : L'OTAN qualifie l'occupation marocaine de "geste inamical'
et exige le retour au statu quo.
17 juillet : L'armée espagnole déloge les soldats marocains ayant pris
position sur l'îlot du Persil/Leila sans rencontrer de résistance.
20 juillet : Les Etats-Unis font office de médiateurs et obtiennent un
accord entre l'Espagne et le Maroc qui prévoit le retour au statu quo.
Propos recueillis par Catherine Graciet
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