S O M M A I R E
1. USA-SAHARA-MAROC
- LE JEUNE INDÉPENDANT: Washington, le Maroc et le Sahara occidental : Quand la
communication fait défaut…
- SPS: La RASD satisfaite du soutien américain au plan de paix pour
l'autodétermination du peuple sahraoui
- SPS: L'USA aperçoit la solution du conflit sahraoui "dans le cadre du plan
Baker", déclare Richard Boucher
- SPS: Des congressmen américains souhaitent que l'alliance de leur pays avec le
Maroc ne soit pas au détriment du peuple sahraoui
- LE QUOTIDIEN D'ORAN: LE SAHARA OCCIDENTAL EVOQUE LORS DU SEJOUR DE MOHAMMED VI
AUX USA. Bush et des congressmen soutiennent le plan Baker
- L'EXPRESSION: SAHARA OCCIDENTAL. Les américains font pression sur Bush
- APS: Washington pour le règlement de la question du Sahara occidental
conformément au plan Baker et dans le cadre de l'ONU
- EL MOUDJAHID: USA : Hommes politiques et ONG américaines se mobilisent
2. SAHARA-MAROC-ESPAGNE-USA-FRANCE-ONU-COMPLOT
- MAP: Moratinos: Un référendum sans solution politique pourrait provoquer une
"crise généralisée en Afrique du Nord"
- LE MATIN (maroc): Madrid et Paris doivent définir une stratégie commune au
Maghreb. Déclaration du ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel
Moratinos
- LES DÉBATS (No. 137): Les raisons de la démission de James Baker. Jeux
troubles à Paris et Madrid
- ARSO: A propos de l'appel des nationalistes sahraoui(e)s: Frustration,
inquiétudes ou manipulations? PAR Hafida Ameyar, Journaliste
3. SAHARA-ESPAGNE
- LA NOUVELLE RÉPUBLIQUE: Une députée basque s’exprime sur la question du Sahara
occidental: «L’Espagne doit corriger et non pas répéter ses erreurs historiques»
- LA NOUVELLE RÉPUBLIQUE: Gurutze Iriza ou Fatimatou, une Espagnole, témoigne
«Un parcours marqué d'évènements tragiques… et d'amour»
- LIBERTÉ: Les partis espagnols réclament un règlement dans le cadre de l'ONU
4. ESPAGNE-ALGÉRIE-SAHARA
- L'EXPRESSION: Zapatero mercredi à Alger. La question sahraouie sera sans aucun
doute évoquée
- LE MATIN (algérie): Le Premier ministre espagnol attendu à Alger ce mercredi
5. RASD-ALGÉRIE
- EL MOUDJAHID: Visite de M. Mohamed Yeslem Beissat, ambassadeur de la RASD, à
El Moudjahid: «Les résolutions de l’ONU sont claires»
6. USA-FRANCE-MAGHREB
- LE JEUNE INDÉPENDANT: L’«activisme» américain au Maghreb. Paris ne croit pas
au scénario de la concurrence
- LE QUOTIDIEN D'ORAN: Vers un accord de défense entre Alger et Paris.
L’offensive de charme des militaires français
- LIBERTÉ: Coopération Algéro-Française. Qu’est-ce qui fait courir Paris ?
7. ESPAGNE-ALGÉRIE-MAROC
- LE JEUNE INDÉPENDANT: Normalisation des relations algéro-marocaines. ’Espagne
souhaite jouer un rôle
8. ALGÉRIE-MAROC
- L'EXPRESSION: Les «désirs» de Driss Djettou
===========================================================
SÁHARA-INFO EN FRANÇAIS ET EN ESPAGNOL:
http://es.groups.yahoo.com/group/sahara-info/
SAHARA-INFO SEULEMENT EN FRANÇAIS:
http://fr.groups.yahoo.com/group/revue-de-presse-sahara-occidental/
SAHARA-INFO SÓLO EN ESPAÑOL:
http://es.groups.yahoo.com/group/revista-de-prensa-sahara-occidental/
===========================================================
1. USA-SAHARA-MAROC
http://www.jeune-independant.com/display.php?articleId=8522
Washington, le Maroc et le Sahara occidental : Quand la communication fait
défaut…
par Mohamed Tayeb
La troublante omission commise jeudi dernier par la Maison-Blanche pour rendre
compte des entretiens entre Bush et Mohamed VI au sujet de la question du Sahara
occidental a été «diplomatiquement» corrigée par le département d’Etat, qui a
pris sur lui de recentrer la position des Etats-Unis sur ce sujet et donc faire
taire toutes les supputations.
Pour rappel, le communiqué de la Maison-Blanche, rendu public à l’issue des
entretiens, indique que les «deux dirigeants ont convenu de la nécessité de
résoudre le problème du Sahara occidental le plus tôt possible et d’une manière
qui renforce au mieux la sécurité et la prospérité des peuples marocain,
algérien et mauritanien».
S’est-il agi d’un choix délibéré et calculé d’éléments de langage de la part des
services de la Maison-Blanche pour éviter de froisser la susceptibilité de
l’allié marocain ou bien d’un réel dysfonctionnement de la communication entre
deux institutions du gouvernement américain ? On ne sait au juste, bien que l’on
soit tenté d’opter pour l’une et l’autre des hypothèses au regard de la manière
dont le porte-parole du département d’Etat a saisi la balle au vol pour remettre
les choses dans leur contexte propre.
Quitte pour cela à déjuger son collègue de la Maison-Blanche. Bizarre démarche !
En effet, Richard Boucher a commencé d’abord par préciser que le communiqué
rédigé par Scott Mc Clelaw «ne reprend pas intégralement tout ce qui a été
discuté» entre Bush et son hôte chérifien.
Il sait très bien de quoi il parle puisque son patron direct, Colin Powell,
était présent dans le bureau ovale. Mieux, le secrétaire d’Etat qui gère
directement le dossier a exhorté le roi du Maroc à travailler en se rapprochant
de l’Algérie, à créer un environnement favorable au règlement de cette question.
Pour clore définitivement le malentendu, Boucher a tenu à souligner que son
patron a réaffirmé son engagement à travailler de concert avec l’ONU, le Maroc
et le Polisario ainsi qu’avec l’Algérie et la Mauritanie (en tant que pays
observateurs) en droite ligne avec le plan de règlement de James Baker.
Voilà qui ramène le débat à de justes proportions. La question qui s’impose donc
est comment Powell aurait-il pu faire autrement alors que les Etats-Unis ont
toujours soutenu le plan Baker, même si la position traditionnelle américaine
est désormais entachée d’un élément nouveau, celui qui consiste à encourager un
rapprochement sur la question entre Rabat et Alger.
Et comment aurait-il pu agir autrement quand deux sénateurs, Joseph Pitts et
Donald Payne se font depuis maintenant des années un point d’honneur
d’interpeller occasionnellement l’exécutif américain sur la situation du peuple
sahraoui en lutte pour son indépendance.
Alors même que Bush recevait Mohamed VI à la Maison-Blanche, les deux
congressmen ont exprimé publiquement leur souhait que l’alliance de leur pays
avec le Maroc ne se fasse pas au détriment des droits légitimes des Sahraouis,
demandant par la même au président américain d’aller au-delà de la courtoisie
diplomatique et d’évoquer franchement avec son hôte la question du Sahara
occidental pour l’amener à se conformer à la légalité internationale.
«Lorsque le congrès aura à étudier l’accord de libre-échange entre les
Etats-Unis et le Maroc, ont-ils averti, il aura à l’esprit de se demander en
quoi un tel accord peut-il aider le Maroc dans ses tentatives d’exploiter une
région sur laquelle il n’a aucun droit.» Auparavant, c’était à l’organisation
américaine des droits de l’homme Human Rights Watch d’attirer l’attention de
l’exécutif sur la situation des droits de l’homme au Maroc.
HRW a, en effet, saisi l’occasion de la visite du monarque chérifien à
Washington pour demander à Bush de dire «clairement» à son invité que la
législation antiterroriste du Maroc «constitue un obstacle aux droits de
l’homme, qui ne sauraient ainsi être sacrifiés sur l’autel de la lutte contre le
terrorisme».
----------->
http://www.spsrasd.info/sps-100704.html
La RASD satisfaite du soutien américain au plan de paix pour l'autodétermination
du peuple sahraoui
Chahid El Hafed, 10/07/04 (SPS) Le Ministre de l'information, Sid Ahmed Batal, a
déclaré samedi à SPS que "son Gouvernement est satisfait du soutien américain au
plan de paix pour l'autodétermination du peuple sahraoui", assurant que cette
position est "une nouvelle défaite" pour le Maroc qui cherche par tous les
moyens à déformer la nature du conflit "qui reste un problème de
décolonisation".
Réagissant à la dernière déclaration du porte parole du Département d'Etat
américain, Richard Boucher, rendu publique vendredi, M. Batal a assuré que " le
Gouvernement sahraoui est satisfait du soutien américain au plan de paix pour
l'autodétermination du peuple sahraoui, et tient à salut par la même,
l'engagement américain pour la solution du conflit dans le cadre de l'ONU".
"Cette position a une fois de plus prouvé au Gouvernement marocain que la
légalité international reste l'unique cadre dans lequel le conflit du Sahara
occidental peut trouver solution, et constitue une nouvelle défaite au Maroc,
qui essaye depuis le début de contourné le consensus international et de déformé
la nature du conflit, qui reste un problème de décolonisation", a t il souligné.
D'autre part, le ministre a tenu "à saluer toutes les personnalités et ONG
américaines qui ont été une fois de plus présent pour défendre les droits
légitimes de notre peuple, et qui se sont prononcé en faveur de notre cause par
tous les moyens", en référence aux lettres et appelles adressés par des ONG et
des Congressmen au Président Bush, dans lesquelles ils ont condamné
l'intransigeance et l'occupation marocaine illégale du Sahara occidental,
appelant leur pays à soutenir le droit du peuple Sahraoui à l'indépendance.
Il est à rappeler que le porte parole du Département d'Etat américain, Richard
Boucher, avait déclaré vendredi dans son point de presse quotidien que son
Gouvernement maintien "son engagement de travailler avec les Nations Unies et
les parties concernées par le conflit: Le Maroc, Le front Polisario, l'Algérie
et la Mauritanie, dans le cadre du plan de paix présenté par James Baker". (SPS)
060/090/100 102043 juil 04 SPS
----------->
http://www.spsrasd.info/sps-100704.html#2
L'USA aperçoit la solution du conflit sahraoui "dans le cadre du plan Baker",
déclare Richard Boucher
Washington D.C. 10/07/04 (SPS) Le porte parole du département d'Etat américain,
Richard Boucher, a déclaré vendredi que son pays a exhorté le Roi du Maroc, en
visite à Washington, à un règlement du conflit qui l'oppose au front Polisario
"dans le cadre du plan de paix présenté par James Baker", affirmant que la
récente déclaration de son département sur cette visite, "n'a pas rapporté tous
ce qui a été discuté" dans le sujet du Sahara occidental.
Répondant à une question, si le Président Bush avait ou non exhorté le Roi du
Maroc à résoudre le problème sahraoui dans le cadre onusien, Richard Boucher a
déclaré dans son briefing quotidien à la presse que la question "a été discuter
hier (jeudi) pendant la réunion", qui a rassemblé le Président Bush à son
homologue marocain, Mohamed VI, précisant que "la déclaration rendu publique par
la Maison Blanche "n'avait pas rapporté tous ce qui a été discuté".
Le Gouvernement Bush, à travers le Secrétaire d'Etats aux Affaires étrangères,
Colin Powell, "a manifesté son engagement de travailler avec les Nations Unies
et les parties concernées par le conflit: Le Maroc, Le front Polisario,
l'Algérie et la Mauritanie, dans le cadre du plan de paix présenté par James
Baker", a précisé Boucher.
"Les deux Chefs d'Etats se sont mis d'accord sur la nécessité de résoudre le
problème du Sahara occidental dans les meilleurs délais", avait déclaré la
Maison Blanche jeudi sans donner plus de détails, ce qui a été mal interprété
par les Medias marocains dans leurs tentatives de désinformation
traditionnelles. (SPS)
060/090/000 101328 juil 04 SPS
--------->
http://www.spsrasd.info/sps-100704.html#3
Des congressmen américains souhaitent que l'alliance de leur pays avec le Maroc
ne soit pas au détriment du peuple sahraoui
Washington, 10/07/04 (SPS) Les Congressmen, Joseph R. Pitts et Donald M. Payne,
ont souhaité vendredi, que l'alliance de leur pays avec le Maroc ne soit pas au
détriment des droits légitimes du peuple sahraoui, critiquant l'intransigeance
marocaine face aux résolutions onusiennes et considérant que la stabilité de la
région du Maghreb dépend de la tenue d'un referendum libre, juste et transparent
pour les sahraouis".
Dans un article publié vendredi, par le quotidien américain, 'The Washington
Times', sous le titre "Beyond diplomatic niceties" (au delà de la courtoisie
diplomatique), les deux congressmen ont appelé leur Gouvernement a discuter
franchement du problème du Sahara occidental avec le Roi du Maroc, qui est en
visite à Washington, pour l'amener à se conformé avec la légalité
internationale.
L'alliance des Etats Unis d'Amérique avec d'autres nations "ne doit pas être une
raison pour ignorer son engagement international ni de priver un peuple
pacifique et démocrate, le Peuple sahraoui, de son droit fondamental à
l'autodétermination", on t-ils souligné.
"Lors de sa rencontre avec le Roi, Mohamed VI, cette semaine, Le Président Bush
ne doit pas fermer l'oeil à l'opposition de sa Majesté à la démocratie dans le
Sahara occidental", ont ils averti, précisant que l'USA "doit au peuple
démocrate du Sahara occidental au moins le soutien que nous avons fournis à
d'autres nations dans leur lutte pour l'indépendance et le droit de choisir
librement leur futur", ont- ils ajouté.
Le Maroc qui "occupe illégalement" le Sahara occidental et qui jouit du soutien
"d'amis puissant en Europe et à Washington", doit être placé devant ses
responsabilités et respecter ses engagements vis à vis de la communauté
internationale, à travers l’application des résolutions et décisions onusiennes
pertinentes.
"Lorsque le Congrès aura à étudier l'accord de libre échange entre le Maroc et
les USA, il doit aussi garder en esprit comment cela peut aider Sa Majesté dans
ses tentatives d'exploiter une région sur laquelle, il n'a aucun droit
légitime", ce qui fait que tout développement des relations entre Washington et
Rabat ne doit en aucun cas "ignorer le Sahara occidental" ni reporter la tenue
"du référendum" tant attendu, ont-ils conclu. (SPS)
060/090/100 101136 juil 04 SPS
----------->
http://www.quotidien-oran.com/quot2897/even.htm
LE SAHARA OCCIDENTAL EVOQUE
LORS DU SEJOUR DE MOHAMMED VI AUX USA
Bush et des congressmen soutiennent le plan Baker
Le président américain George Bush et Mohammed VI se sont accordés sur la
nécessité de trouver une solution rapide à la crise sahraouie.
Du point de vue marocain, cette divergence des opinions a été vite prise pour
une caution à sa politique expansionniste et sa persistance à défier la
communauté internationale.
Cela a été d’autant plus possible que dans son point de presse, après les
entretiens entre les deux responsables, Scott Mac Clellan, parlant au nom de la
Maison Blanche, n’a, à aucun moment, évoqué la question sahraouie. Il aura fallu
un rectificatif de Richard Boucher, lors du briefing quotidien, pour rétablir la
vérité des faits. En effet, interrogé par un journaliste sur l’absence du sujet,
qui voudrait dire que le plan Baker est abandonné, M. Boucher a précisé que le
président et le roi ont discuté des relations bilatérales, du partenariat ainsi
que « de la situation au Sahara occidental ». « Sur le Sahara occidental, le
président et le secrétaire (d’Etat) ont insisté auprès du roi pour qu’il se
rapproche du voisin algérien comme moyen de créer un environnement propice à la
solution.
Le secrétaire d’Etat a insisté sur la nécessité pour le comité de travailler
avec les Nations Unies et les parties concernées par le conflit : Maroc,
Algérie, le Front Polisario et la Mauritanie sur les grandes lignes du plan de
paix de James Baker ». Cette mise au point de Boucher vaut un éclaircissement du
pragmatisme américain qui se défend de mélanger les relations bilatérales avec
les questions stratégiques qui dépassent le cadre du « partenariat privilégié ».
La veille de la visite du roi aux USA, son ministre des Affaires étrangères est
revenu sur la question des prisonniers détenus par le front Polisario qui
seraient au nombre de 400, dont il réclame la libération « inconditionnelle » et
au Polisario de cesser ces libérations « plaisanterie » qui font fi, selon lui,
des principes humanitaires. Ce qui n’est pas l’avis de MM Joseph R. Pitts et
Donald R Payne, deux membres du congrès US qui ont appelé le roi du Maroc,
Mohammed VI, à « soutenir et mettre en oeuvre les accords auxquels le Maroc a
souscrit pour le règlement du conflit au Sahara occidental ». Les deux membres
de la chambre basse ont, par ailleurs, appelé le roi à apporter son soutien à la
résolution 1541 du conseil de sécurité », estimant qu’un tel geste est un
hommage à Baker qui a contribué « à la promotion de la légalité et la justice au
plan international en répondant aux réels intérêts du Maroc et du Polisario ».
Ils ont par ailleurs salué l’initiative (mesure de détente) du Polisario de
libérer depuis juillet 2003, 643 prisonniers de guerre marocains en regrettant
la non réciprocité de la part du Maroc.
Cela dit, la position américaine, quand bien même les Etats-Unis sont à la
recherche d’alliés notamment pour constituer la force internationale de maintien
de l’ordre en Irak, refusée par Mohammed VI, demeure constante sur la question
même si l’administration Bush se contente jusque-là d’une sorte de rappel à
l’ordre du Maroc et de l’invitation des parties à travailler ensemble pour
trouver une solution qui cadre avec les résolutions onusiennes.
Cette visite a été l’occasion, pour le front Polisario, de marquer sa présence
à travers une déclaration de l’ambassadeur de la RASD, à Alger, qui a, par
ailleurs, profité de l’occasion pour répondre à Benaissa. « Seule une solution
démocratique du conflit à travers l’exercice par le peuple sahraoui de son droit
légitime à décider librement de son destin partant du respect de la légalité
internationale est à même de garantir la sécurité et la paix dans la région », a
écrit M. Yeslem Bïssat. Il a considéré par ailleurs que les sorties de Benaissa
sont maladroites et empreintes d’arrogance. Et de lui rappeler que la solution
est entre «Bir Lahlou et Rabat » par le biais de l’ONU. Il réclame enfin des
renseignements sur les prisonniers, détenus et disparus sahraouis depuis le
début du conflit. Le Maroc, contrairement à toutes les mesures de détentes
humanitaires entreprises par le Polisario n’a, jusqu’à présent, donné aucune
indication sur les lieux de détention ou le sort des centaines de Sahraouis. Et
ce ne sont pas « les déclarations incendiaires » du ministre qui détourneraient
les regards et la détermination des Sahraouis sur le respect des résolutions du
conseil de sécurité et le règlement de la question, a conclu M. Bïssat.
Djilali B.
---------->
http://www.lexpressiondz.com/T20040711/ZA4-2.htm
SAHARA OCCIDENTAL
Les américains font pression sur Bush
11 juillet 2004 - Page : 4
«Si les Etats-Unis usaient de leur influence vis-à-vis du Maroc, un référendum
libre et juste pourrait se tenir.»
La classe politique américaine toute tendances confondues se mobilise pour
amener l’administration Bush à faire pression sur le Maroc pour l’application du
plan Baker sur le Sahara occidental. Au lendemain de la petite phrase du
président US qui a exhorté le roi Mohammed VI à «travailler au rapprochement
avec l’Algérie, de façon à créer un environnement favorable au règlement» du
dossier sahraoui, une flopée de réactions a été enregistrée au sein des
institutions américaines. Il y eut d’abord un éditorial publié avant-hier par le
quotidien The Washington Times. Signé par des congressistes sous le titre
«Au-delà des subtilités diplomatiques», l’écrit, tout on ne remettant pas en
question le fait que le Maroc soit «un allié de longue date» des Etats-Unis,
n’en écorche pas moins le royaume chérifien en soulignant que ce statut «ne
devrait pas servir de paravent derrière lequel on se cacherait pour passer outre
les engagements internationaux auxquels l’on a souscrit et pour nier à un peuple
pacifique et démocratique l’exercice du droit humain fondamental à
l’autodétermination». Par ailleurs, un bulletin d’information du Congrès a
publié un appel, cosigné par des congressistes républicains et démocrates, qui
estiment que le conflit du Sahara occidental «ne manquera pas de menacer les
intérêts des Etats-Unis dans la région du Maghreb». Cet intérêt grandissant de
la part des politiques américains pour la question sahraouie se traduit
également dans les débats au sein du Congrès où l’on note l’interpellation d’un
député qui s’est interrogé, si l’accord de libre-échange signé en juin dernier
entre les Etats-Unis et le Maroc, incluait les territoires occupés par le
royaume.
La société civile américaine n’est pas en reste dans cette mobilisation. La
fondation US-Western Sahara a, de son côté saisi par lettre George W.Bush à la
veille de la dernière visite du roi du Maroc à Washington. «Si les Etats-Unis
usaient de leur influence vis-à-vis du Maroc, un référendum libre et juste
pourrait se tenir», lit-on dans cette missive. Cette effervescence politique
s’est manifestée autour du problème du Sahara occidental, au moment où le Maroc,
est engagé dans une vaste offensive diplomatique aux fins de rendre caduc le
plan Baker.
Rédha LIZIG
----------->
http://www.aps.dz/fr/pageview.asp?ID=66695
Washington pour le règlement de la question du Sahara occidental conformément au
plan Baker et dans le cadre de l'ONU
[Aps 10/7/04] Washington - Les Etats-Unis sont pour le règlement de la question
du Sahara occidental dans le cadre de l'ONU et le plan Baker, a indiqué vendredi
le porte-parole du département d'état, M. Richard Boucher, au cours d'une
conférence de presse. Interrogé par l'APS sur la position du président Georges
Bush à l'égard de la question de la république sahraouie qui a été au menu des
entretiens entre le président américain et le roi du Maroc lors de sa visite à
Washington jeudi dernier, M. Boucher a tenu à préciser tout d'abord que le
communiqué publié jeudi par la Maison-Blanche à l'issue des entretiens entre les
deux chefs d'états ne reprend pas intégralement tout ce qui a été discuté entre
eux.
A cet effet, le porte-parole du département d'état a donné, dans sa réponse,
plus de détails et de précisions sur le contenu de cette rencontre sur la
question sahraouie. Dans ce sens, il a affirmé à l'APS que le président Bush et
le secrétaire d'état, M. Colin Powell, ont exhorté le roi du Maroc Mohammed VI
de "travailler en rapprochement avec le voisin, l'Algérie, de façon à créer un
environnement favorable au règlement de la question" du Sahara occidental.
En outre, a-t-il ajouté, M. Powell, au cours de ces entretiens, "a exprimé son
engagement de travailler avec l'ONU, le Maroc, le Polisario, l'Algérie et la
Mauritanie, et ce en droite ligne avec le plan de paix de James Baker".
--------->
http://80.88.0.236/stories.php?story=04/07/10/2411742
USA : Hommes politiques et ONG américaines se mobilisent
Par : EL MOUDJAHID Le : samedi 10 juillet 2004
La question du Sahara occidental sensibilise de plus en plus la classe politique
américaine et les ONG dont les appels au président Georges Bush se font de plus
en plus pressants pour lui demander d’user de son influence pour un règlement
rapide et juste pour le peuple sahraoui. Dans un éditorial publié vendredi dans
le Washington Times et signé par des congressistes sous le titre ‘’au-delà des
subtilités diplomatiques’’ (entre les Etats-unis et le Maroc), les auteurs
soulignent que ‘’le Maroc est un allié de longue date’’. Mais, notent-ils,
‘’être allié avec une nation puissante ne devrait pas servir de paravent
derrière lequel on se cacherait pour passer outre les engagements internationaux
auxquels l’on a souscrit et pour nier à un peuple pacifique et démocratique
l’exercice du droit humain fondamental à l’autodétermination’’.
Dans ce sens, l’éditorial de ce quotidien de la capitale fédérale rappelle que
‘’la propagation de la liberté est un élément central de la mission des
Etats-unis’’ ajoutant que ‘’cela est d’autant plus important que
l’administration Bush œuvre à la propagation de la démocratie dans les pays
musulmans’’. Intitulé ‘’n’abandonnez pas le plan Baker’’, un bulletin
d’information du congress a été également publié récemment dans lequel des
congressistes des partis républicain et démocrate appellent le président Bush à
renouveler son engagement à l’égard du plan Baker en faveur d’un référendum au
Sahara occidental.
Pour eux, ce conflit ne manquera pas de menacer les intérêts des Etats-unis dans
la région du Maghreb. Par ailleurs, la fondation US Western Sahara, ONG
américaine dirigée par Suzanne Scholte, a adressé également une lettre au
président Bush à la veille de la dernière visite du roi du Maroc, Mohammed VI à
Washington.
Dans son message, us western Sahara souligne qu’au moment où des centaines
d’américains meurent en Irak, où les Etats-unis dépensent des milliards de
dollars pour l’instauration de la liberté et la démocratie, ‘’le Maroc dépense
des millions de dollars par jour pour occuper le Sahara occidental,
compromettant la démocratie et la stabilité’’. Cette ONG rapporte dans sa lettre
adressée à la Maison-blanche que diplomates et militaires de la mission
onusienne au Sahara occidental (Minurso), lui ont souvent confié que ‘’si les
Etats-unis usaient de leur influence vis-à-vis du Maroc, un référendum libre et
juste pourrait se tenir’’.
La sensibilisation et la prise de conscience sur la question du Sahara
occidental dans la classe politique américaine s’est même manifestée lors des
débats actuels à la chambre des représentants sur l’accord de libre-échange
signé en juin dernier entre les Etats-unis et le Maroc. Lors de l’audition
devant la commission de commerce de cette instance parlementaire, auquel cet
accord sera soumis au vote, le congressman démocrate de l’Etat de Washington,
Jim McDermott, a soulevé la question du champ d’application de cet accord et si
ce dernier incluait le Sahara occidental.
Pris de cours par cette question, l’assistant du représentant américain au
commerce extérieur a répondu, après hésitation, que l’accord en question ne
concernait pas la zone en conflit. Ce à quoi le congressman a alors suggéré
d’ajouter une ‘’clause claire’’ à cet accord pour préciser sa ‘’zone de
couverture géographique’’. Il est à rappeler que le président Georges Bush et le
secrétaire d’Etat, Colin Powell, ont exhorté, jeudi dernier, le roi du Maroc
Mohammed VI de ‘’travailler au rapprochement avec l’Algérie, de façon à créer un
environnement favorable au règlement de la question’’ du Sahara occidental,
selon le département d’Etat.
De son côté, M. Powell a exprimé l’engagement de travailler avec l’ONU,
l’Algérie, le Maroc, le Front Polisario et la Mauritanie, et ce, en droite ligne
avec le plan de paix de James Baker.
<--------------------------------------------->
2. SAHARA-MAROC-ESPAGNE-USA-FRANCE-ONU-COMPLOT
http://www.map.co.ma/mapfr/depeches_2004/moratinos_sahara_espagne.htm
Moratinos: Un référendum sans solution politique pourrait provoquer une "crise
généralisée en Afrique du Nord"
Madrid, 11/07/04 - Le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel
Moratinos a averti que l'organisation, en ce moment, d'un référendum au Sahara
sans une solution politique au problème pourrait provoquer "une crise
généralisée en Afrique du Nord", appelant les parties à trouver une solution
politique qui garantit leurs droits respectifs dans le cadre de l'ONU.
"En ces moments, un référendum (au Sahara) sans une solution politique pourrait
nous conduire vers une situation de crise généralisée en Afrique du Nord", a
affirmé le chef de la diplomatie espagnole dans un entretien au journal
madrilène "El Mundo", publié dimanche.
Soulignant qu'"il n'y a pas de solution technique sans solution politique", M.
Moratinos a estimé que "la solution politique est celle qui devrait stabiliser
l'Afrique du Nord et, par conséquent, résoudre" le problème du Sahara. Il a
estimé que "le moment historique est venu pour que les parties fassent un effort
pour trouver une solution satisfaisante".
Quand au rôle de l'Espagne dans la contribution aux efforts visant à trouver
cette solution, le chef de la diplomatie espagnole a déclaré que son pays a deux
options devant lui : "Se tourner vers l'ONU et se cacher comme nous l'avons fait
jusqu'ici ou retrousser les manches et se mettre à l'oeuvre". "Peu importe, je
suis prêt à payer le prix si au bout du compte nous pourrions les aider à
trouver une solution", a-t-il tranché.
Il a indiqué que la politique de son pays concernant la question du Sahara va
changer pour passer d'une "neutralité quelque peu hypocrite" menée par tous les
précédents gouvernements espagnols à "un engagement actif" qui aiderait à
trouver une "solution définitive".
Concernant une précédente déclaration du nouveau Premier ministre espagnol José
Luis Rodriguez Zapatero qui avait affirmé qu'il aura une solution au problème du
Sahara dans six mois, M. Moratinos a souligné que cette déclaration n'a pas été
correctement interprétée.
M. Zapatero voulait dire que "le conseil de sécurité a approuvé une résolution
(sur le Sahara) et qu'il adoptera une nouvelle résolution en octobre prochain.
Ce sont les six mois auxquels faisait référence le président du gouvernement, a
expliqué le chef de la diplomatie espagnole.
"Certainement nous aimerions bien résoudre en six mois cette question qui dure
depuis 30 ans, mais nous n'avons pas cette ingénuité", a-t-il ajouté.
"Si nous sommes vraiment un pays engagé dans une nouvelle relation avec
l'Afrique du Nord, nous devons faire tous les efforts pour aider à sortir de
cette crise", a dit M. Moratinos qui a plaidé pour une "stratégie conjointe"
hispano-française envers l'Afrique du Nord.
"Le rapprochement (de l'Espagne) avec la France est aussi un rapprochement pour
concevoir conjointement une stratégie à l'égard de l'Afrique du Nord, afin que
le message reçu à Alger, Rabat et Tunis soit le même, qu'il émane de Madrid ou
de Paris", a expliqué M. Moratinos.
Le chef de la diplomatie espagnole s'est dit satisfait de la relation
privilégiée entre l'Union européenne (UE) et les pays de l'Afrique du Nord,
estimant que le Maroc et l'Espagne devraient résoudre d'une façon bilatérale"
les problèmes vraiment importants" dans leurs relations.
Il a, à cet égard, rappelé la visite réussie du Premier ministre espagnol le 24
mai dernier au Maroc, soulignant l'importance du voyage de M. Zapatero la
semaine prochaine en Algérie et la visite qu'il entreprendra prochainement en
Tunisie.
----------->
http://www.lematin.ma/journal/printarticle.asp?id=36273
Madrid et Paris doivent définir une stratégie commune au Maghreb
11.07.2004 | 15h46
Déclaration du ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos
Le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, a estimé
que son pays et la France devaient définir une stratégie commune au Maghreb,
dans une interview publiée hier par le journal El Mundo.
"Le rapprochement (de l'Espagne) vers la France est aussi un rapprochement pour
esquisser conjointement une stratégie à l'égard de l'Afrique du Nord, et que le
message reçu à Alger, Rabat et Tunis soit le même, qu'il vienne de Madrid ou
Paris", affirme le chef de la diplomatie espagnole.
De la part de l'Espagne, "il y aura dans les mois et les années à venir un pari
stratégique fort pour tenter d'impulser un projet de modernité de l'autre côté
de la Méditerranée", assure en outre M. Moratinos.
Toutefois, estime-t-il, "pour que l'unité du Maghreb se fasse, il faut résoudre
la problème du Sahara" occidental, ancienne colonie espagnole annexée par le
Maroc et revendiquée par le Front Polisario, soutenu par l'Algérie.
"En ce moment, un referendum sans solution politique pourraient nous mener à une
crise généralisée en Afrique du nord", juge-t-il.
Selon M. Moratinos, la conséquence immédiate serait : "on ne saurait pas comment
répondrait la Monarchie marocaine. Et les Forces armées marocaines
accepteraient-elles la défaite lors d'un referendum ? Deuxième option: le Maroc
gagne le referendum et alors ?".
Le chef du gouvernement, José Luis Rodriguez Zapatero, qui s'est rendu au Maroc
en avril dernier, ira le 14 juillet à Alger où il s'entretiendra avec le
Président Abdelaziz Bouteflika. Une visite prochaine à Tunis est également
prévue, selon M. Moratinos.
Le gouvernement socialiste espagnol élu en mars dernier, juste après les
attentats islamistes de Madrid qui ont tué 191 personnes, a réitéré à plusieurs
reprises que le monde arabe et les pays méditerranéens constituaient une des
priorités de sa politique extérieure.
Le chef de la diplomatie espagnole annonce également dans son interview qu'il a
l'intention de s'entretenir ajourd'hui à Bruxelles avec le ministre britannique
des Affaires étrangères Jack Straw pour "essayer de récupérer le dialogue" sur
Gibraltar, colonie britannique revendiquée par Madrid.
La récente visite d'Anne d'Angleterre à Gibraltar, puis l'arrivée controversée
au Rocher du sous-marin nucléaire britannique Tireless, malgré les requêtes
d'annulation de cette visite formulées par Madrid, ont contribué à tendre
l'atmosphère entre les deux capitales européennes.
----------->
http://www.lesdebats.com/pdf/16.pdf
http://www.lesdebats.com/pdf/17.pdf
Les raisons de la démission de James Baker
Jeux troubles à Paris et Madrid
A la fin du mois d’avril dernier, le Conseil de sécurité des Nations unies a
décidé d’une prorogation du mandat de la Mission de l’ONU pour un référendum au
Sahara occidental (Minurso). Le Maroc, rejetant le « plan de paix pour
l’autodétermination du peuple du Sahara occidental », connu sous le nom de plan
Baker, et conforté par la position de l’organe décisionnel onusien, a ainsi
bénéficié d’un énième délai. Cette fois jusqu’au 31 octobre 2004 !
Moins de deux mois après, soit le 11 juin, les services de l’ONU ont annoncé la
démission du diplomate américain, James Baker, de son poste d’envoyé personnel
du secrétaire général des Nations unies au Sahara occidental.
Baker devait partir. Parce qu’il avait donné ce qu’il pouvait donner,
c’est-à-dire, une solution favorable au royaume chérifien, en concédant à ce
dernier une base électorale de 170.000 Marocains qui devraient prendre part au
référendum, et près de cinq ans d’autonomie du territoire sahraoui. Mais, il
avait néanmoins accordé au Front Polisario la possibilité du scrutin
référendaire, lequel devrait trancher sur le statut définitif du Sahara
occidental.
James Baker devait démissionner, car à l’âge de 78 ans, l’initiateur de la
Fondation Baker, voulait entrer dans l’histoire des Etats-Unis. Il n’était pas
question que sa réputation d’homme intègre soit entachée, d’autant qu’il
saisissait parfaitement qu’il gênait le couple France-Espagne. Après les
résultats des élections législatives en Espagne, qui ont porté les socialistes
au gouvernement, ces derniers proches des thèses françaises (et marocaines), se
sont en effet lancés avec les autorités de Paris, dans la recherche d’une
solution hors ONU, une solution autre que celle de James Baker.
Des similitude avec un certain juillet 1975
Ces éléments ci-dessus, pris dans un contexte particulier, marqué notamment par
la tenue prochaine des élections présidentielles aux Etats-Unis et l’attachement
de l’ex-secrétaire d’Etat américain à la famille Bush et au consortium
pétrolier, ont vite montré à Baker qu’une solution du dossier sahraoui, en
dehors du cadre onusien, risquerait de porter atteinte à sa moralité. Cela,
d’autant que le Conseil de sécurité avait fait preuve auparavant de
complaisance, refusant d’inclure l’affaire dans le chapitre 7, qui aurait alors
forcé les deux parties en conflit, le Maroc et le Polisario, à appliquer
intégralement le plan de paix.
Le royaume chérifien, égal à lui-même, a réagi favorablement à cette démission,
allant jusqu’à redéployer sa machine propagandiste, afin de discréditer le
Polisario et pour faire admettre, une fois de plus, que le dossier du Sahara
occidental est « artificiel », qu’il pourrait trouver règlement dans des
négociations algéro-marocaines. Les Marocains ne veulent pas entendre parler du
Polisario, ce représentant unique et légitime du peuple sahraoui. Ceux parmi les
plus rusés qui s’aventurent sur cette voie, parce qu’ils ont compris toute la
grossièreté du parallèle entre l’organisation terroriste d’Al Qaïda et le
mouvement de libération de la Saguia El Hamra et Rio de Oro, laissent alors
entendre que celui-ci n’est pas le « seul » représentant des Sahraouis.
De leurs côtés, les dirigeants sahraouis tardent à être plus explicites dans
leurs déclarations, à dénoncer « ce complot » qui se préparent contre le peuple
sahraoui. C’est de l’autre côté du « mur », érigé par les forces d’occupation
marocaine, que la réaction s’est faite. A Tan-Tan (sud marocain)
particulièrement, qui accueille une forte communauté sahraouie, une action très
symbolique a été initié : distribution de tracts défendant le principe
d’indépendance totale du Sahara occidental et exposition des drapeaux de la
République sahraouie (RASD). Cette initiative a d’ailleurs déclenché des
perquisitions et l’arrestation d’un groupe de Sahraouis qui, après des heures
d’interrogatoire, a finalement été relâché.
Les responsables du Polisario et les autorités de la RASD ont préféré jouer la
carte des prisonniers de guerre marocains, en libérant une centaine d’entre eux,
dans le cadre « humanitaire ». Cette démarche tactique, qui met Rabat dans
l’embarras, vise cependant à rappeler à qui de droit qu’une guerre a été menée
entre les forces de l’armée royale (FAR) et l’armée de libération populaire
sahraouie (ALPS), pour l’indépendance du territoire du Sahara occidental et à
inviter essentiellement le Maroc à cesser d’entretenir le doute, concernant la
représentativité du Front Polisario, comme l’autre partie du conflit.
Il n’empêche, de nombreux militants du Polisario, que nous avons contactés, sont
persuadés que la situation actuelle ressemble à celle de juillet 1975. A cette
époque, le mouvement indépendantiste sahraoui était en négociation avec
l’Espagne, en tant que puissance coloniale du territoire, autour de l’avenir du
Sahara occidental et du référendum d’autodétermination du peuple sahraoui.
Alger et Rabat dans la balance des grands
Mais, Madrid tenait, en parallèle, des rencontres secrètes avec le défunt roi
Hassan II, parti disait-on chasser. Ces réunions secrètes, et le temps le
montrera, ont servi à préparer les accords tripartites, qui ont été signés par
l’Espagne, le Maroc et la Mauritanie, en novembre 1975, prévoyant le partage du
territoire sahraoui et des « compensations » avantageuses pour Madrid.
Aujourd’hui, comme en 1975, nous assistons à l’intransigeance des autorités de
Rabat, qui avaient refusé à l’époque de reconnaître les résultats de la Mission
de visite de l’ONU et les conclusions de la Cour de la Haye, tous deux
favorables à l’autodétermination du peuple sahraoui, et qui, à présent,
s’opposent au plan de paix de James Baker.
Aussi, ne nous égarons pas trop. Le dernier voyage africain du souverain
marocain, Mohamed VI, comporte un double objectif : mener campagne pour le
retrait de reconnaissance de la RASD (membre à part entière de l’OUA, puis de
l’Union africaine) et contrecarrer la dimension algérienne au Sahel. Il faut
néanmoins reconnaître que l’Algérie a de quoi déranger. Ce grand territoire, qui
possède des frontières avec le Maroc, le Sahara occidental, la Mauritanie, le
Mali, la Libye et la Tunisie, détient malgré lui une profondeur africaine. Sa
position géographique et une partie de son histoire la rapprochent de l’Europe.
L’Algérie renferme aussi un potentiel énergétique important et des réserves
d’uranium. Elle se présente, à la fois, comme un pays indépendantiste et, malgré
certaines défaillances, comme un système républicain. Pour résumer, nous dirons
que l’Algérie apparaît comme un pays qui a un avenir, sur les plans économique,
géopolitique et stratégique.
En face, vient se placer le Maroc, gouverné par le Makhzen le gouvernement et
les zaouïas, qui comptabilise une montée de l’islamisme, en raison du recul du
travail des confréries religieuses. Sur le plan économico-stratégique, ce pays
ne constitue pas à proprement parler « un poids lourd » dans la région. Il
bénéficie pourtant de la bienveillance, voire du soutien de la France et des
Etats-Unis. Seulement, le phénomène du fondamentalisme religieux procure au
royaume du Maroc un caractère dangereux, pour le Maghreb et l’Europe. Les USA,
qui ont des intérêts énergétiques et stratégiques dans la région du Sahel, ne
veulent plus rééditer l’expérience afghane et saoudienne. Le mieux pour eux
serait de travailler pour un rapprochement tactique avec le Maroc, en étant
présents dans le royaume chérifien, en contenant le danger islamiste, pour
l’utiliser, très probablement, comme une carte de pression contre l’Europe. Il
n’est pas à exclure, aussi, l’entretien par les Américains (comme l’ont fait et
continuent de le faire les Français ) de la rivalité entre Rabat et Alger, avec
l’arrière-pensée de contrecarrer l’émergence d’une force régionale qui, dans les
conditions et contexte actuels, serait l’Algérie.
Ce sont là des éléments qui peuvent expliquer le choix tactique porté par les
USA sur le Maroc, la recherche d’un partenariat maroco-américain, la
reconnaissance d’un statu d’allié majeur, etc. Et la ténacité, non plus
seulement de la France, mais également des Etats-Unis, qui savent tous deux
toute l’importance que suggère un pays comme l’Algérie, dans une telle région.
Le Polisario se déterminerait prochainement…
Revenons maintenant au Sahara occidental. Dans l’approche américaine, ce
territoire pourrait avoir une importance à leurs yeux, si celui-ci, possédant
des potentialités économiques considérables et une fois devenu un « petit Etat »
indépendant, serait gérable sans problème et deviendrait un système politique
sous la coupe des USA. Dans cette vision, les Etats-Unis voudraient faire du
Maghreb un prolongement du Moyen-Orient, pour détenir le monopole des
hydrocarbures, mais après une structuration politique de l’espace maghrébin.
C’est-à-dire, après s’être assurés en particulier que l’Algérie, force régionale
détenant une expérience dans la lutte antiterroriste, défendrait les intérêts
américains. La question est de savoir encore ce qu’attendent exactement les
Américains des dirigeants d’Alger. Mais, cela dit en passant, les Etats-Unis,
comme toute autre puissance néocoloniale, ne s’opposent pas à « l’éclatement »
de l’Algérie ou, pour être plus précis, ne sont pas contre « l’autonomie »
surtout du Sahara ( algérien).
Dans l’approche américaine, le Sahara occidental pourrait ne représenter aucun
enjeu, si l’importance est donnée au seul couple Maroc-Algérie, et donc, si les
Sahraouis (et leurs alliés) demeurent encore sur la défensive et si l’Algérie
décide de faire passer ses intérêts immédiats, en piétinant sur ses autres
intérêts stratégiques, ainsi que sur les droits légitimes du peuple sahraoui, ce
est loin d’être le cas. Ceci nous ramène à dire que si les autorités sahraouies
acceptent, ne serait-ce que l’idée de propositions émanant de l’Espagne et/ou de
la France, la question du Sahara occidental risquerait d’entrer dans le
labyrinthe palestinien. Pour la simple raison que, dans un tel cas de figure,
les rivalités entre les USA et l’Union européenne seraient exacerbées et
bloqueraient le processus de paix.
Comme nous le voyons, la prochaine réunion du Conseil de sécurité des Nations
unies, qui se tiendra à la fin octobre 2004, sera décisive. Soit, il appellera à
la poursuite du plan Baker, en faisant preuve cette fois de plus de fermeté par
rapport à la partie marocaine et en bloquant toute initiative hors ONU. Soit, la
proposition franco-espagnole, qui consiste à rechercher une solution dans un
nouveau cadre, trouvera écho au Conseil et c’est alors la voie vers l’inconnu,
vers l’option « palestinienne ». A moins, bien sûr, que l’Espagne décide de
respecter ses responsabilités historiques et agisse de la même manière que le
Portugal au Timor de l’Est. Si tel est le cas, Madrid sera tenue, au préalable,
de dénoncer clairement et publiquement les accords tripartites de novembre 1975.
Cela ouvrira, alors, de nouvelles perspectives, prometteuses pour les peuples
sahraoui et marocain et, pour l’avenir de la coexistence pacifique.
Le Front Polisario, comme l’appellent de tous leurs vœux bon nombre de
militants, aura assurément à se positionner davantage, dans les jours à venir,
avant l’implication plus grande des socialistes espagnols. Le mouvement sahraoui
a apparemment pesé les pour et les contre, puisqu’il est conscient d’être devant
deux grands choix : appeler à la poursuite du processus référendaire ou
reprendre la lutte armée pour l’indépendance nationale. Il semblerait que le
Polisario a déjà porté son choix, en privilégiant d’abord la voie pacifique.
D’après les informations qui nous parvenues récemment, un mémorandum relatif à
la gestion du dossier de décolonisation au Sahara occidental est sur le point
d’être élaboré, qui sera soumis avant octobre 2004 au Conseil de sécurité.
Affaire à suivre…
Z’hor Chérief
****
Repères
1997 : Le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, nomme James Baker en tant
qu’envoyé personnel pour le Sahara occidental. Relance du processus de paix,
interrompu en 1995/1996 à cause de la question d’identification du corps
électoral. Le Maroc et le Front Polisario signent en septembre des accords
(accords de Houston), qui s’appuient sur le compromis de Boutros Ghali :
identification de 150.000 Marocains présentés par Rabat et de membres de groupes
tribaux (65.000 personnes) ne figurant pas dans le recensement espagnol de 1974.
Le référendum est prévu pour décembre 1998.
1998 : Kofi Annan soumet un paquet de propositions aux deux parties, pour «
avancer de manière décisive sur la voie de l’organisation du référendum ». Il
identifie, pour la première fois, le Maroc comme la partie qui bloque le
processus de paix.
1999 : En juillet, le roi du Maroc, Hassan II, décède. Kofi Annan annonce à la
fin de l’année le report du référendum pour 2002, voire au-delà de cette date.
2000 : Publication de la liste des personnes retenues comme électeurs potentiels
: plus de 86.000. Le Maroc réagit et inonde la commission d’identification par
quelque 130.000 recours. Le Conseil de sécurité, qui avait rejeté l’idée
d’opération d’identification-bis, transgresse le plan de paix et demande aux
deux parties d’explorer de nouvelles voies et de nouveaux moyens, pour le
dépassement du « différend ». James Baker propose un projet d’accord-cadre, qui
consiste en une autonomie élargie du territoire sahraoui, sous la souveraineté
du Maroc. Ce dernier accepte l’accord-cadre, mais le Front Polisario le
rejettera.
2002 : Le secrétaire général de l’ONU propose quatre options : maintenir le plan
de règlement de 1991, œuvrer pour l’application de l’accord-cadre, prévoir le
partage du territoire entre les deux parties en conflit ou retirer la Minurso,
en mettant fin à l’implication de l’ONU dans la recherche d’une solution. Le
Maroc et le Polisario réitèreront leur attachement au plan de règlement.
Janvier 2003 : James Baker présente un « plan de paix pour l’autodétermination
du peuple du Sahara occidental », connu sous le nom de Plan Baker II. Ce plan
propose que le Sahara occidental devienne une autonomie sous la "souveraineté"
marocaine, durant une période de quatre à cinq ans, au bout de laquelle un
référendum serait organisé, pour trancher sur le statut du territoire.
Juillet 2003 : le Conseil de sécurité de l’ONU adopte la résolution 1495 dans
laquelle il exprime son soutien au plan Baker II et appelle les parties à
l’accepter et proroge le mandat de la Minurso jusqu’au 31 janvier 2004.
Janvier 2004 : Prorogation du mandat de la Minurso jusqu’au 30 avril 2004. Le
Maroc obtient un délai supplémentaire pour, selon le secrétaire général de
l’ONU, donner sa réponse au plan de paix de Baker.
Avril 2004 : le Maroc refuse toute solution qui ne "respecte" pas la
"souveraineté" du royaume sur le Sahara "marocain". Le Conseil de sécurité
décide, comme seule réponse, de prolonger le mandat de la Minurso jusqu’au 31
octobre 2004.
Juin 2004 : Dans la première semaine du mois, des officiels espagnols (les
Socialistes sont arrivés au pouvoir) rendent visite aux réfugiés sahraouis et
rencontrent les responsables de la RASD et du Front Polisario. Ils proposent
leur médiation pour trouver une solution conforme au plan des Nations unies. Les
Espagnols sont entrés en scène, après la sortie de la France qui avait proposé
une rencontre à quatre, regroupant Madrid, Alger, Rabat et Paris, pour débattre
de la question sahraouie, dans un cadre régional, sans les premiers concernés.
L’Algérie s’était alors opposée à une telle mascarade, refusant de jouer le rôle
de tuteur du Polisario et du peuple sahraoui. Le 11 juin, l’ONU annonce la
démission de James Baker de son poste d’envoyé personnel de Kofi Annan.
Z. C
----------->
http://sahara_opinions.site.voila.fr/FPHA.htm
A propos de l'appel des nationalistes sahraoui(e)s
Frustration, inquiétudes ou manipulations ?
Hafida Ameyar, Journaliste
Je n'ai pas été très surprise, par l'appel provenant de " nationalistes
sahraoui(e)s ", parce que comme celui-ci le signale " la situation est
dramatique " pour les citoyens sahraouis. Et " le statu quo ", qui dure depuis
plus de dix années, ainsi que le jeu pernicieux interprété d'abord par
l'ancienne puissance administrante, l'Espagne, puis par des personnalités et des
Etats, membres des organes décisionnels de l'organisation des Nations unies, ont
surtout profité à l'agresseur marocain. Ils ont de quoi provoquer mille et une
interrogations, et de la méfiance, chez les victimes, celles-là même qui sont
privées de leur droit à l'autodétermination et à l'indépendance, nettement
stipulé par la déclaration du 14 décembre 1960 des Nations unies.
Ces quatre ou cinq dernières années, lors de mes déplacements dans les
campements de réfugiés sahraouis de Tindouf ( dans le sud algérien) et dans les
territoires libérés de la RASD (République Arabe Sahraouie et Démocratique), il
m'est souvent arrivé de discuter avec des militants du Front Polisario et de
citoyens sahraouis, sur leurs conditions de vie très difficiles (en réalité, je
voyais tout cela de mes propres yeux) et l'évolution du dossier du Sahara
occidental.
Mes interlocuteurs, femmes et hommes, m'ont confié leurs grandes frustrations
devant la recherche de solutions " politiques " qui risqueraient, selon eux, de
piétiner sur leurs droits nationaux. Ils m'ont avoué leur manque de confiance
vis-à-vis de l'ONU qui, répétaient-ils, n'a pas respecté ses engagements, pour
ce qui est de mener à bien et rapidement la décolonisation de leur territoire.
Certains d'entre eux m'ont clairement affirmé leur opposition aux différentes
propositions avancées par les secrétaires généraux de l'ONU, y compris le fameux
" plan Baker II ", croyant dur comme fer que l'organisation onusienne est
incapable d'appliquer ses résolutions et de faire face fermement à un Maroc
toujours plus intransigeant et plus tyrannique dans un territoire qu'il a violé
par la force.
Il y a quelques mois, des Sahraouis, parmi eux des cadres du Polisario, m'ont
fait part de leurs reproches vis-à-vis de certains membres de leur direction
nationale. Ils estimaient que ces derniers, en acceptant l'idée de nouveaux
plans, autres que le plan de règlement de 1990/1991, maintenaient le cap sur "
la démarche tactique ", alors que les autorités marocaines étaient revenues à
leur stratégie initiale : celle de renier l'autre partie du conflit (le Front
Polisario) et les engagements pris devant la communauté internationale, quant à
l'organisation d'un référendum d'autodétermination. Selon eux, le Polisario
avait toutes les raisons et tout le droit avec lui, pour reprendre la lutte
armée et libérer le territoire du Sahara occidental ou/et renverser l'actuel
rapport de forces, aux fins de briser le mur de l'illégalité internationale. Ces
mêmes Sahraouis m'ont néanmoins prévenue de certaines contraintes, en
m'expliquant que les décisions de la direction nationale du Polisario avaient
l'aval de la majorité des participants aux congrès.
Il est clair que la démission récente de James Baker de son poste d'envoyé
personnel du secrétaire général de l'ONU -déjà pressentie par des analystes-, a
déçu beaucoup de Sahraouis. Elle a peut-être fait péter les plombs à certains,
surtout qu'elle intervient dans un contexte de crise alimentaire relative et de
campagne médiatique de dénigrement, orchestrée par les Marocains, contre le
Polisario et ses dirigeants. A la veille de la dernière réunion de l'Union
africaine, la diplomatie marocaine a lancé une grande offensive, en particulier
vers les pays d'Afrique. L'objectif était triple. Tenter d'exploiter les
événements du 11 septembre au profit du Maroc, en faisant croire que le
Polisario est un mouvement terroriste, lié à l'organisation Al Qaïda et que, par
conséquent, des Sahraouis seraient impliqués dans l'attaque terroriste de Madrid
du 11 mars dernier. Pousser les pays ayant reconnu la RASD de revenir sur leur
position. Et faire de l'ombre à la dimension algérienne dans le Sahel.
Le départ de James Baker comporte plusieurs interprétations. Mais, il signifie
avant tout que l'administration Bush ne veut pas contrarier le Maroc, le poulain
préféré de la France. Ainsi, même si les Etats-Unis cultivent une rivalité avec
la France, ils ne souhaitent pas, du moins pas pour l'instant, l'avoir sur la
liste des adversaires. Ils cherchent, par conséquent, à renouer avec elle,
quitte à sacrifier le Sahara occidental et le peuple sahraoui sur l'autel des
relations franco-américaines et américano-marocaines. Baker n'est pas sans
savoir toutes ces tentatives émanant de Paris, Washington et Madrid, en vue de
régler le problème du Sahara occidental, aux dépens du peuple sahraoui et en
dehors du cadre onusien... Outre les considérations liées à la prochaine
élection présidentielle aux USA (pression du lobby juif proche du royaume
marocain), au bourbier irakien et aux questions pétrolières, l'ancien secrétaire
d'Etat américain a compris que sans l'appui de l'administration Bush et sans la
volonté de la France de faire pression sur le Maroc, pour l'amener à accepter
son plan, sa mission serait compromise. M. Baker ne pouvait se permettre un
quelconque échec à 78 ans, d'autant qu'il a lui-même déclaré un certain 22 avril
1997 : " Je ferai tout mon possible pour réussir la mission et je crois posséder
l'expérience nécessaire pour contribuer au règlement du problème ".
Nul besoin de revenir sur les pressions qui sont exercées régulièrement de
l'intérieur et de l'extérieur sur l'Algérie, pays d'accueil des réfugiés
sahraouis et pays observateur du processus de paix au Sahara occidental. Même si
la position de l'Algérie demeure constante (respect de la légalité
internationale et du droit du peuple sahraoui à l'autodétermination et à
l'indépendance), l'incapacité des dirigeants algériens de faire prévaloir leur
point de vue sur le sujet sahraoui est difficile à comprendre. N'y a-t-il plus
de volonté réelle de la part des gouvernants actuels algériens de défendre le
dossier de décolonisation comme cela se faisait auparavant ? Est-il possible que
les nouveaux dirigeants cherchent à abandonner le chemin suivi jusque-là, en
repoussant des " lignes rouges " ? Le poids des pressions serait-il vraiment à
l'origine du " relâchement " diplomatique ?
Il y a des mots et des phrases, mais encore des démarches, qui prêtent à
confusion et soulèvent maintes interrogations, pas seulement chez les Sahraouis,
mais aussi chez les Algériens, si les explications tardent à éclaircir les
horizons. C'est le cas de ce général algérien à la retraite, ayant occupé le
poste de ministre de la Défense nationale, qui se lance dans l'assaut de la
prose et déclare que " l'Algérie n'a pas besoin d'un Etat à ses frontières ", en
remettant en cause ses propres écrits. C'est aussi le cas des révélations du
président Bouteflika qui, à la veille de sa réélection (en avril 2004), promet
qu'aucune goutte de sang ne coulera pour le Sahara occidental. C'est d'ailleurs
le même Chef de l'Etat qui, auparavant, indiquait qu'il ne pouvait être plus
Marocain que les Marocains et plus Sahraoui que les Sahraouis. C'est enfin le
même président algérien qui plaide pour une réconciliation nationale, sans
préciser clairement les lignes de démarcation entre les agresseurs et les
victimes…
Oui, les autorités algériennes et sahraouies, après avoir accepté " avec des
réserves " le plan de paix pour l'autodétermination du peuple du Sahara
occidental (plan Baker II), ont fini par ne plus parler de ces réserves. Je dis
cela, parce que la démission de James Baker, même prévisible, ne devait pas
s'opérer aussi " froidement ", sans protestation ni contestation…
Oui, les dirigeants algériens et sahraouis donnent l'impression de camper sur
des positions défensives et tactiques. Je ne dis pas que la situation est simple
pour eux, mais il faut convenir que dans un contexte de partialité flagrante de
l'ONU dans une affaire de décolonisation, c'est bien l'Algérie qui dispose de
moyens adéquats, médiatiques, diplomatiques et autres, capables de concurrencer
le Maroc. Et non les Sahraouis. Dans cette conjoncture de " surenchères
diplomatiques et de luttes d'intérêts internationaux " au détriment des droits
du peuple sahraoui, il arrive aussi à l'Algérie d'exercer des pressions sur les
Sahraouis, lorsque ces derniers, dirigeants et citoyens, envisagent de mettre
fin à un cessez-le-feu, qui ne sert en fin de compte qu'à pérenniser les
positions et les gains de l'occupant du territoire non autonome du Sahara
occidental.
Voilà les raisons pour lesquelles j'ai écrit plus haut que je ne suis pas été
très surprise de lire un tel appel, même si je déplore l'absence de signatures
des initiateurs de l'appel aux " nationalistes " sahraouis.
Mais, de là à mettre le Maroc et la direction du Front Polisario sur le même
pied d'égalité, en les qualifiant tous deux d'" ennemis " sans aucune
distinction, c'est pousser le bouchon trop loin. Etant des " nationalistes " et
ayant dans leurs rangs des " cadres fondateurs du Front Polisario ", ces
derniers devraient savoir que l'objectif numéro un du Maroc a toujours été
d'abattre le Polisario, en tant que mouvement de libération nationale et
représentant unique et légitime du peuple sahraoui, un mouvement qui est reconnu
par l'UA (ex-OUA) et l'ONU. Aussi, exiger dans les conditions présentes, " une
démission collective " de la direction du Polisario, c'est offrir sur un joli
plateau la tête du mouvement indépendantiste sahraoui, au Maroc et à ses alliés.
Ce n'est pas la première fois que le Polisario est confronté à de telles
situations. Pourtant, l'appel daté du 4 juillet dernier mérite une réaction,
ferme, efficace et transparente, des dirigeants sahraouis. Ces derniers
devraient prendre au sérieux cette affaire, en admettant que les instigateurs de
cette initiative ont de bonnes intentions, qu'ils risqueraient d'être manipulés
par les services de renseignements étrangers, marocains spécialement, s'ils ne
sont pas pris en charge à temps par le Front Polisario. Les responsables
sahraouis devraient également réagir pour dénoncer ces instigateurs, dans le cas
où ces derniers et leurs objectifs sont déjà connus. Les ignorer ou les
sous-estimer aujourd'hui pourrait s'avérer plus dangereux que de les démasquer
et/ou d'ouvrir un débat démocratique. Les ignorer pourrait aussi semer le doute
dans l'esprit d'autres Sahraouis sincères, mais frustrés par cette situation de
" ni guerre ni paix ", qui pourraient alors se joindre à leur initiative. Dans
un tel cas de figure, ce serait le début d'une hémorragie dans les rangs des
Sahraouis, un saignement qui profiterait aux thèses marocaines, relatives à la
fin du mouvement sahraoui d'indépendance et du référendum d'autodétermination.
L'Algérie, de son côté, devrait se remettre sérieusement au travail, pour
empêcher le Maroc de tirer profit de la conjoncture actuelle, protéger davantage
nos intérêts nationaux et défendre le droit des Sahraouis à choisir librement
leur destin.
Alger, le 09 juillet 2004.
<---------------->
3. SAHARA-ESPAGNE
http://www.lanouvellerepublique.com/actualite/lire.php?idc=39&ida=13932
Une députée basque s’exprime sur la question du Sahara occidental
«L’Espagne doit corriger et non pas répéter ses erreurs historiques»
- La Nouvelle République : Craignez-vous un éventuel changement ou revirement de
la position de principe de l’Etat espagnol quant au règlement de la question du
Sahara Occidental ?
- Mme Nekane Alcelay : On ne sait pas quels changements verra la question du
Sahara occidental. Mais selon ma perception, tout laisse croire que ces
changements vont aller vers le pire. On sait déjà que les réunions, les
rencontres ainsi que le ballet diplomatique entre le Maroc et l’Espagne
penchent vers de meilleures relations entre ces deux pays mais le conflit entre
le Sahara occidental et le Maroc a été au cœur de ces rapprochements.
Et en conséquence, l’amélioration des relations entre l’Espagne et le Maroc ne
peut être perçue comme bénéfique pour la cause du peuple sahraoui d’où mes
craintes vers des changements qui ne refléteront pas le respect des résolutions
de l’ONU donc de la légalité internationale et des aspirations légitimes d’un
peuple pour se libérer du colonialisme.
C’est pourquoi j’espère qu’on œuvrera pour que la position de l’Espagne soit
semblable à celle du Portugal dans le conflit du Timor. Le dossier du Sahara
occidental est une préoccupation permanente en tant qu’ancien administrateur des
territoires du Sahara occidental (l’Espagne). Mais malheureusement, j’ai des
craintes quant au devenir de ce dossier.
- Pensez-vous que l’Espagne trahira pour la seconde fois le Sahara occidental
comme ce fut le cas lors des accords de Madrid en 1975 ? L’histoire se
répétera-t-elle, selon vous ?
- Je ne peux entrevoir une éventuelle seconde trahison de la part de l’Etat
espagnol vis-à-vis de la cause sahraouie et du peuple sahraoui, sachant que la
trahison de l’Espagne en tant qu’Etat a été répétitive et constante au fil des
années et des événements.
Je dirais aussi qu’à chaque fois qu’il y a eu un nouveau gouvernement
espagnol, soit-il socialiste ou du Parti populaire, les lendemains enregistrent
des ballets diplomatiques, à savoir des voyages au Maroc qui sont des indices
révélateurs. Ces mouvements ne sont pas innocents si ce n’est répondant à des
visions et des intérêts opposés à ce que doit être le règlement de la question
sahraouie.
Par ailleurs, il y a lieu de signaler que le rétablissement normal des
relations entre le Maroc et l’Espagne s’il arrive à se concrétiser sans le
règlement définitif du conflit par un référendum libre, juste et transparent,
celui-ci se fera en détriment d’un peuple et au prix fort, à savoir la
neutralisation d’une solution à la cause sahraouie et c’est inadmissible.
- Que pensez-vous du discours et de la propagande associant le Polisario aux
terroristes ?
- Ce n’est pas seulement après les attentats du 11 mars à Madrid, mais bien
avant, à savoir ceux du 11 septembre, qu’un discours et une propagande au niveau
international associent tout musulman à un terroriste. Chez nous, en Espagne,
on n’a jamais associé les Sahraouis à des terroristes car on connaît la réalité
du terrain. D’ailleurs, à voir les arrestations après les attentats de Madrid du
11 mars dernier, celles-ci ont mis à nu cette propagande. Et en tant que
parlementaires, notre mission est de chercher les meilleurs moyens et les voies
pour rétablir la réalité et de ce fait, repositionner une vérité, la vérité de
la situation sahraouie à laquelle nous devons soutien et solidarité.
- Quels appels lancez-vous à vos homologues, les députés français, concernant
le conflit du Sahara occidental, sachant que la France encourage l’occupant
marocain à se maintenir sur les territoires occupés ?
- Il faudrait que les députés français prennent conscience qu’ils représentent
la volonté et les aspirations du peuple français. C’est un peuple souverain qui
décide de son destin, de son devenir et de son futur, alors pourquoi en priver
un autre peuple de faire de même.
Le parlementaire français devrait comprendre et saisir que le peuple sahraoui
est un peuple avec son identité, son Histoire, sa culture… Et que c’est légitime
que celui-ci voudrait vivre et prospérer sur une terre qui est sienne et décider
de son destin et de son futur. Un peuple souverain comme le peuple français,
épris de justice et attaché aux principes des droits de l’Homme dans sa culture
et à travers son Histoire dont ces droits doivent se traduire par un principe, à
savoir l’attachement à la légalité internationale. C’est pourquoi il y a lieu de
faire en sorte à ce que le peuple sahraoui décide de son destin. Ses structures
étatiques existent... C’est un Etat doté de son système de représentation
législative et exécutive… Et c’est au parlementaire français de faire en sorte
comme son homologue basque pour que le peuple du Sahara Occidental puisse
disposer de son destin.
- Ne craignez-vous pas un second piétinement de la légalité internationale quant
au règlement de la question sahraouie comme ce fut le cas pour l’Irak en dépit
des appels de la communauté internationale au respect des résolutions de l’ONU ?
- La guerre déclarée contre l’Irak ignorant les appels de la communauté
internationale et piétinant les résolutions de l’ONU opposées à cette guerre a
eu des conséquences graves et celles-ci perdurent. Par ailleurs, je ne pense pas
qu’on voudrait déclencher un embrasement dans la région du Maghreb. Même si la
guerre en Irak répond à une stratégie d’intérêts économiques colossaux cela ne
peut être de même pour le Maghreb méditerranéen. C’est pourquoi concernant la
région du Maghreb, même s’il y a des intérêts économiques importants, je ne
pense pas que ce soit au même degré pour faire plonger cette région du Maghreb
dans une guerre qui ne sera d’aucune utilité si ce n’est le chaos total, et ce
n’est nullement la stratégie des puissances mondiales.
Entretien réalisé par Karima Bennour
--------->
http://www.lanouvellerepublique.com/actualite/lire.php?ida=13930&idc=39
Gurutze Iriza ou Fatimatou, une Espagnole, témoigne
«Un parcours marqué d'évènements tragiques… et d'amour»
En 1973, Fatimatou travaillait dans un hôpital aux Îles Canaries, le Sahara
occidental menait un combat pour se libérer du joug espagnol. Dans son lieu de
travail, elle fait la connaissance de deux Sahraouis qui suivaient leurs études.
Et c'est ainsi qu'elle prit connaissance de la lutte d'un peuple aspirant à
vivre dignement et librement, tel les autres peuples du monde qui menaient le
même combat en ces débuts des années 1970. Par leur biais, elle fait la
connaissance de Mohamed Salem Embarek, militant de renom du Front Polisario. En
janvier 1975, pendant une réunion de militants où Gurutze Iriza Fatimatou a pris
part, la police espagnole débarque et embarque violemment l'ensemble des
présents, nous dira-t-elle. Poursuivant son récit, elle nous précisera : «Ces
arrestations traduisent la politique de Franco en ces temps, au moment où
l'Espagne signe sa trahison à travers les accords de Madrid qui ont ouvert la
voie au Maroc d'entreprendre sa marche verte vers le Sahara occidental.» Au bout
de 15 jours d'emprisonnement et séparée de ses camarades sahraouis, dont Mohamed
Salem Embarek, Sidati… Ils ont tous été libérés. «Mes camarades sahraouis, sans
attendre, partent au front pour mener la lutte armée, cette fois-ci contre un
nouvel occupant, pis encore un voisin», dira Fatimatou. En quelques jours, elle
ne trouva de répit qu'en décidant d'aller au cœur de la bataille, la guerre.
Fatimatou ne pouvait concevoir son soutien à la lutte du peuple sahraoui qu'en
se rendant sur les lignes du front au Sahara occidental. Elle ajoute : «Je
devais partir pour apporter mon soutien à leur combat d'une façon conséquente et
de ce fait je ne me voyais qu’au cœur de cette guerre.» Elle met en application
sa décision et au bout de quelques jours de périple, elle se retrouve au centre
de cette guerre : les bombardement, les cris d'enfants, de femmes et d'hommes
marqués par des années de souffrance et ce nouvel épisode par un envahissement
d'un voisin, le Maroc. Elle ne pense à rien, «ni à ce qui m'attends de ces
bombardements au napalm à proximité de moi et qui tuaient des civils», dira
amèrement Fatimatou.
Je réagis dans le feu de l'action, tentant de secourir le blessés, d'apaiser la
détresse et la douleur, oubliant même que «je pouvais recevoir une bombe sur la
tête… L'urgence été ailleurs, les soins et le secourisme avec des moyens
inexistants, si ce n'est le génie de l'homme en ces moments de cauchemar mais
réels», renchérit-elle. A bord d'un des trois camions transportant des blessés
et pour les éloigner de l'acharnement de l'armée marocaine, certains rendaient
l'âme, surtout les plus vulnérables, les enfants. Et à cet instant, Fatimatou
aperçoit à quelques mètres Mohamed Salem Embarek. Ce dernier nous dira qu’«en la
voyant je ne savais pas s'il s'agissait réellement de Fatimatou…» Ils n’auront
qu'une fraction de seconde pour se saluer et renouer avec la réalité : les
bombardements de l'armée marocaine contre les civils. Fatimatou, face à cet
acharnement contre des civils, ne comprenait pas «comment un pays voisin et de
surcroît arabe, de religion musulmane, s'acharnait aveuglément contre un peuple
voisin, arabe et musulman. Moi qui venait d'une autre culture et confession, je
m'employais à secourir, enterrer et contenir les cris de colère et de détresse
des Sahraouis», renchérit-elle.
Après les bombardements, les conditions difficiles du refuge… Les civils
rescapés des bombardements de l'armée marocaine parcouraient des kilomètres pour
se réfugier au Sud algérien. Notre pays ne pouvait cautionner la chasse livrée à
tout un peuple, son histoire. Ce qui exigeait d'elle une position agissante, à
savoir porter secours à ce peuple. Fatimatou et les Sahraouis avançaient la nuit
pour ne pas être repérés par l'ennemi. Des morts, il y en a eu lors de cette
traversée pour atteindre le territoire algérien, Tindouf. Pendant cette «fuite»
des Sahraouis succombaient à leurs blessures, dont des enfants, et même de faim.
Lors de ce périple, Fatimatou et Mohamed Salem Embarek décidèrent de s'unir pour
la vie au moment où la mort les pourchassait. En quelques instants, la Fatiha
pour leur union est lue par le ministre actuel de la RASD, chargé des
territoires occupés, nous dira Fatimatou avec une voix nouée d'émotion… Un
silence s'ensuit.
Le récit de Fatimatou, un témoin de cette période de l'histoire du peuple
sahraoui dont elle a été partie prenante pour avoir vécu ces événements, est un
devoir pour la mémoire collective. Son dévouement et son engagement ont été sans
limite. L'installation des camps de réfugiés sahraouis était une autre étape,
aussi difficile sur le plan humain et matériel. Mais Fatimatou n'abdique pas.
Les premières semaines, elle œuvre sans relâche à la mise en place d'un centre
de soins en attendant l'acheminement des aides fournies par le pays d'accueil,
l'Algérie… Fatimatou évoque les années 1976 et 77 où le peuple connut des
conditions de vie extrêmes. «La mortalité infantile atteignait 30 décès par
jour. Les blessures, la faim, l'épuisement après les kilomètres parcourus dans
des conditions extrêmes pour arriver aux camps des réfugiés. Notre quotidien
était rythmé entre les enterrements et la détresse humaine», dira Fatimatou qui
toutefois fera un effort pour contenir ses émotions. «Assister à cette déchirure
humaine sans pouvoir apporter son aide est une situation que je ne souhaite pas
même à mon ennemi.» Une épidémie de rougeole frappa les enfants sahraouis, plus
vulnérables parce subissant une situation dramatique que Fatimatou a eu à
affronter avec les autres… Ses regards et l'intonation de sa voix ont pris le
dessus sur les mots… Un silence s'installa.
Pour Fatimatou, c'est à la fin de l'année 1978 que les conditions des camps de
réfugiés devenaient «plus supportables pour nous». L'Algérie porté secours aux
réfugiés et l'histoire retiendra, «en dépit de la propagande marocaine
qualifiant les camps de réfugiés de camps de séquestrés».
Elle enchaîne par le récit d'une situation qu'elle a eu à vivre avec un
prisonnier marocain blessé. Il s'agit, dira-t-elle, d’«un capitaine dont le nom
est gravé dans ma mémoire : Mimoun Zagaï». L'armée du Polisario en confiant ce
prisonnier marocain dont les blessures à première vue, selon notre
interlocutrice, n'auguraient pas d’un espoir de guérison, tenait (le Polisario)
à ce que celui-ci survive. Et ce fut ainsi grâce à l'acharnement de Fatimatou.
Cette dernière, après lui avoir apporté les soins nécessaires, nous dira que le
prisonnier en la voyant pensait qu’«il allait mourir car se trouvant entre les
mains d’un ange». Plus de 20 ans après et lors de l'avant-dernière libération
des prisonniers marocains par le Polisario, Fatimatou et Mimoun Zagaï se sont
revus. Dès que leurs regards se sont croisés, ni le poids des années ni la
mémoire les ont trompés… Autre évènement que Fatimatou tenait à nous faire
partager : la visite inattendue de sa mère aux camps de réfugiés en 1981. Sa
mère qui n'était au courant que du mariage de sa fille avec Mohamed Salem
Embarek, décide des années après d'aller voir la fille. «C'était extraordinaire
de revoir ma mère des années après mon départ. Et ce qui était plus
extraordinaire c'est qu'elle a fait le voyage jusqu'aux camps des réfugiés»,
dira Fatimatou.
La vie de Fatimatou dans les camps de réfugiés suivait celle assez difficile des
Sahraouis, mais elle continuait à donner le meilleur d'elle-même en tant
qu'infirmière… Elle a appris à parler arabe pour mieux communiquer. Durant
toutes ces années aux camps de Tindouf, son mari Mohamed Salem Embarek plaidait
en tant que représentant du Front Polisario la cause de son peuple auprès
d'autres Etats, dont l'Inde, où il a eu à rencontrer Gandhi qui reconnut
d'ailleurs la justesse du combat de son peuple.
Après leur premier enfant qui vit le jour dans les camps, Fatimatou s'arrangeait
toujours pour être là quand il le fallait. Au fil des jours, le poids des années
vécues «miraculeusement», Fatimatou physiquement était affaiblie. Sa deuxième
grossesse était difficile. Il faut rentrer en Espagne, lui ont signifié ses
proches sahraouis, pour des soins appropriés. Mais Fatimatou convaincue dira :
«Mon chez moi je ne pouvais le concevoir ailleurs qu'avec les miens, ma famille
sahraouie…» Mais l'urgence a pris le dessus. Elle rentre aux îles Canaries en
1989.
Après cet accouchement, elle restera en Espagne, sans se détacher de ce qui a
donné un sens à sa vie, son militantisme pour la cause du peuple sahraoui,
jusqu'à ce qu’il retrouve son indépendance. «Et là je serai encore amenée à
apporter ma modeste contribution selon les besoins…», conclut Fatimatou.
11-07-2004
K. B
----------->
http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=26260
Les partis espagnols réclament un règlement dans le cadre de l'ONU
Par Rubrique Etranger
Les groupes parlementaires du Congrès espagnol des députés a réclamé du
gouvernement Zapatero “un engagement actif” dans le conflit du Sahara occidental
en vue d'un règlement conforme aux résolutions onusiennes pertinentes,
l'exhortant à fournir plus d'assistance humanitaire aux réfugiés sahraouis. Dans
une proposition signée le 30 juin dernier et enregistrée jeudi au Congrès des
députés, reportée par Europa Press, les groupes parlementaires ont appelé le
gouvernement espagnol à s'engager activement dans la recherche d'“une solution
urgente, juste et définitive” au conflit sahraoui pour permettre au peuple
sahraoui d'exercer son “droit légitime à l'autodétermination”, conformément “à
la Charte des Nations unies et aux résolutions du Conseil de sécurité”. La
proposition a incité le gouvernement espagnol à œuvrer pour l'avènement d’“une
solution urgente, juste et définitive au conflit du Sahara occidental, dans le
cadre du Conseil de sécurité et conforme avec la légalité internationale, qui
permettrait de résoudre le drame humanitaire que vit le peuple sahraoui depuis
plus de 30 ans”. Dans ce même cadre, les signataires de la proposition ont
appelé l'Exécutif à “augmenter substantiellement l'aide humanitaire et la
coopération technique” en faveur des réfugiés sahraouis “à travers les
organisations non gouvernementales espagnoles de développement”.
<------------------------>
4. ESPAGNE-ALGÉRIE-SAHARA
http://www.lexpressiondz.com/T20040711/ZA4-20.htm
Zapatero mercredi à Alger
11 juillet 2004 - Page : 4
La question sahraouie sera sans aucun doute évoquée.
Le président du gouvernement espagnol José-Luis Rodriguez Zapatero visitera
mercredi prochain Alger, à l’occasion d’une visite-éclair, au lendemain d’une
autre visite qui le conduira aux Pays-Bas. Le chef de l’Exécutif espagnol
rencontrera un groupe d’entrepreneurs espagnols et algériens en début de matinée
avant de s’entretenir avec le président Bouteflika. Il regagnera Madrid en début
d’après-midi.
Annoncé hier par le porte-parole de la présidence d’Espagne, les quelques heures
que passera Zapatero en Algérie seront placées sous le signe de la coopération
politique et économique entre les deux pays. C’est du moins la version
officielle que l’on donne, appuyée d’ailleurs par un programme de rencontres qui
pourrait signifier l’intention de Madrid d’approfondir les rapports commerciaux
et économiques avec Alger. D’autant qu’on annonce le retour prochain de la
compagnie aérienne Iberia.
Seulement, le caractère quelque peu précipité du déplacement de Zapatero en
Algérie, dont c’est la première visite depuis son arrivée au pouvoir, amène à se
poser quelques questions sur le devenir des relations algéro-espagnoles au
regard de l’arrivée des socialistes au pouvoir à Madrid, sachant la position
conciliante qu’ils développent en direction du Maroc sur le dossier du Sahara
occidental. Faut-il rappeler, à ce propos, que le premier pays visité par le
président du gouvernement espagnol au lendemain de son investiture a été le
Maroc. Aussi, la question sahraouie sera, sans aucun doute, évoquée lors des
entretiens qu’il aura avec le président de la République. Un dossier revenu à la
case départ après la démission de James Baker et l’intense activité diplomatique
du roi Mohammed VI qui vient de d’effectuer une visite aux Etats-Unis.
Les Américains, qui étaient intraitables sur la question, recommandent, au même
titre que la France et récemment l’Espagne, un dialogue algéro-marocain sur le
dossier sahraoui. Il semble que Zapatero s’est joint à ses alliés occidentaux et
tente, lui aussi, de trouver la solution au problème, en dehors de la légalité
internationale. L’Algérie, qui n’a eu de cesse de se conformer aux résolutions
de l’ONU, est donc invitée à arrondir les angles pour permettre à l’allié
traditionnel de l’Occident au Maghreb d’imposer une issue illégal au conflit qui
l’oppose à la Rasd.
Cela dit, au-delà de cet aspect diplomatique de la visite du n°1 espagnol en
Algérie, il y a lieu de souligner l’excellence des relations politiques et
économiques entre les deux pays, notamment après la visite d’Etat qu’a effectué
le président de la République à Madrid.
On en a pour preuve la relance du projet d’un deuxième gazoduc entre l’Algérie
et l’Espagne et l’intérêt particulier que suscite le marché algérien auprès des
entreprises espagnoles. L’autre sujet qui préoccupe au plus haut point les
Espagnols n’est autre que l’aspect sécuritaire. Frappé de plein fouet par un
attentat terroriste qui a fait près de 200 morts, l’Espagne a rejoint le groupe
de pays qui sont en première ligne de la lutte antiterroriste. Une coopération
avec Alger, dans le domaine de la sécurité est, en effet, l’une des priorités de
Madrid.
Mourad SID-ALI
----------->
http://www.lematin-dz.net/quotidien/lire.php?ida=21450&idc=41&taj=1&refresh=1
Le Premier ministre espagnol attendu à Alger ce mercredi
Le Premier ministre espagnol, José Luis Zapatero, est attendu le mercredi 14
juillet à Alger pour une visite éclair de quelques heures, la première du genre
dans notre pays depuis son investiture à ce poste. Au cours de cette courte
halte précédée par la visite, la veille, de Zapatero aux Pays-Bas, ce dernier
devra rencontrer un groupe d'entrepreneurs espagnols et algériens en début de
matinée avant de s'entretenir avec le Président Abdelaziz Bouteflika en début
d'après-midi. La finalité première de ce déplacement est celui de renforcer les
relations bilatérales, essentiellement économiques caractérisées, faut-il le
rappeler, par le rang privilégié qu'occupe l'Espagne s'agissant de l'importation
du gaz algérien dans la mesure où notre pays en est le premier fournisseur. Mais
il n'y a pas que cela : les dirigeants des deux pays n'ont eu de cesse de
réitérer, tout au long de ces dernières années, la nécessité d'élargir
l'éventail des échanges et des intérêts liant les deux pays. Cela, au moment où
d'autres partenaires économiques de l'Algérie ont manifesté le même intérêt à
développer la qualité de leur coopération. Il s'agit principalement de la France
et des Etats-Unis d'Amérique qui se disputent les parts du marché des
hydrocarbures de notre pays et dont les déclarations officielles prônent une
volonté de diversifier et d'enrichir la nature des relations bilatérales pour
toucher d'autres domaines d'activités. Même si le volume des échanges
commerciaux entre les deux pays est appréciable (environ 4 milliards de
dollars), il demeure néanmoins en deçà des potentialités que chacun d'eux recèle
d'autant qu'un renforcement des relations bilatérales ne serait pas pour
déplaire à la communauté algérienne établie dans cette partie de l'Europe. La
venue de Zapatero, faut-il le préciser, se présente comme une continuité de la
série de visites effectuées entre les différents responsables espagnols et
algériens. La dernière en date étant celle du ministre espagnol des Affaires
étrangères, Angel Moratinos, effectuée en mai dernier à Alger. Au cours de cette
visite, la volonté d'aller au-delà du stade actuel des relations bilatérales a
été réitérée par ce dernier qui s'adressait à ses interlocuteurs algériens au
nom du nouveau gouvernement socialiste conduit par Zapatero. La réciproque a été
tout aussi clairement manifestée par les autorités algériennes. Cette visite
avait été précédée en novembre 2003 par celle de l'ex-Premier ministre, José
Maria Aznar, la seconde qu'il a effectuée après celle de l'année 2000. Entre les
deux dates, soit en 2002, le Président Bouteflika s'était rendu à Madrid à
l'occasion des travaux du forum économique algéro-espagnol qui se sont déroulés
à Madrid et au cours desquels le dirigeant algérien avait relevé l'exemplarité
du partenariat bilatéral dans le domaine énergétique tout en plaidant son
intensification eu égard à la complémentarité des potentiels existants, de la
proximité géographique et des affinités culturelles.
Cela étant, la visite de Zapatero intervient dans un contexte marqué par les
efforts de la communauté internationale pour venir à bout du phénomène
planétaire qu'est le terrorisme, qui n'a d'ailleurs pas épargné l'Espagne
secouée par les attentats de Madrid, le 11 mars dernier. Pour autant, il serait
étonnant que Zapatero et Bouteflika fassent l'impasse, au cours de leurs
entretiens, sur cette question. Autre sujet « inévitable » dans pareille
entrevue, celui du conflit au Sahara occidental, dans lequel l'Algérie comme
l'Espagne ont un rôle déterminant.
Mekioussa Chekir
<-------------->
5. RASD-ALGÉRIE
http://80.88.0.236/stories.php?story=04/07/10/2428196
Visite de M. Mohamed Yeslem Beissat, ambassadeur de la RASD, à El Moudjahid
«Les résolutions de l’ONU sont claires»
Par : M. Termoul Le : samedi 10 juillet 2004
Mohamed Yeslem Bissat, ambassadeur de la République Arabe Sahraouie Démocratique
en Algérie, a été, hier, l’hôte du quotidien El Moudjahid.
Accueilli par le directeur général, M. Abdelmadjid Cherbal, le diplomate
sahraoui a procédé à un large tour d’horizon du dossier sahraoui à la lumière
des dernières résolutions 1495 et 1541 du conseil de sécurité, qui consacrent
clairement le plan de paix pour l’autodétermination du peuple du Sahara
occidental comme la voie la plus appropriée pour un règlement juste et durable
du conflit, ainsi que la nomination du nouvel envoyé spécial de M. Kofi Annan
dans la région. A ce sujet, le diplomate sahraoui a indiqué qu’« il est
impératif d’exercer des pressions sur le Maroc pour le ramener à ce conformer au
droit international et l’application, sans réserve, des résolutions onusiennes.
Sur le nouveau responsable du dossier sahraoui à l'ONU, M. Beissat à souligné
que celui-ci « jouit de toute notre confiance » et qu’il est un diplomate
expérimenté. Rappelons que M. Alvaro de Soto a été nommé par M. Annan après la
démission de M. James Baker. M. de Soto, qui devait rencontrer M. Baker durant
le mois en cours, avait déclaré juste après sa désignation que « le plan Baker
demeure encore la "solution optimale" pour M. Annan comme pour le conseil de
sécurité ».
Au sujet de l’avènement du nouveau gouvernement socialiste en Espagne et qui a
réaffirmé d’ailleurs son attachement à la légalité internationale pour résoudre
le conflit du Sahara occidental, M. Bissat, tout en réitérant la disponibilité
de son pays à accueillir M. Zapatero, chef du gouvernement espagnol, a tenu
également à lancer un appel aux autorités ibériques pour l’annulation de
l’accord de Madrid qui a failli sceller le sort de tout un peuple. Un accord
qui, dans la pratique, n’a plus aucune signification.
Au fil du débat, M. Beissat a souligné aussi la position de l’administration
américaine qui, a-t-il dit, « a eu un comportement juste ». Dernièrement, des
membres du congrès américain ont appelé le Maroc à soutenir la résolution 1541.
Cet appel a été tout récemment conforté par la position de l’administration Bush
qui affirme son attachement à un règlement de cette question dans le cadre de
l'ONU et du plan Baker comme souligné par M. richard Boucher, porte-parole du
département d’Etat dans une conférence de presse à l’issue de la récente visite
du roi du Maroc aux Etats-unis.
A la question de la libération de prisonniers de guerre marocains, le
représentant sahraoui a indiqué que ces opérations sont motivées par un
sentiment humanitaire démontrant par là même la volonté du Polisario à trouver
une issue pacifique à ce conflit. En effet, et malgré « l’indifférence» du
royaume chérifien, le gouvernement sahraoui a toujours honoré ses engagements
dans le plein respect de la condition humaine. Toujours dans ce chapitre, M.
Beissat nous a affirmé que le nombre de détenus marocains s’élève actuellement à
400 prisonniers de guerre « alors que nous ignorons le sort réservé aux 150
prisonniers de guerre sahraouis, 15 prisonniers politiques détenus dans les
geôles marocaines et plus de 500 disparus ».
Enfin, en évoquant l’exploitation illégale des richesses dans le territoire
sahraoui, M. Beissat a eu cette phrase lourde de sens : « Nous disons aux
différentes parties qui, de connivence avec l’occupant, pillent nos richesses,
nous leur disons qu’il ne faut jamais insulter le futur ».
<-------------------->
6. USA-FRANCE-MAGHREB
http://www.jeune-independant.com/display.php?articleId=8516
L’«activisme» américain au Maghreb. Paris ne croit pas au scénario de la
concurrence
par M.K
Paris n’est guère convaincu de l’existence d’une stratégie américaine destinée à
réduire son rôle au Maghreb. C’est, du moins, ce que pense une «source
diplomatique» française aux Etats-Unis. «Le souci d’y concurrencer l’influence
de la France ne ferait guère partie des motivations de Washington», selon cette
source citée par Patrick Jarreau, directeur du bureau du journal le Monde dans
la capitale fédérale.
Depuis plusieurs mois, des responsables américains de haut rang multiplient les
voyages vers l’Algérie, le Maroc et la Tunisie. Le roi Mohamed VI était, cette
semaine, en visite officielle à Washington. Avant lui, les présidents Bouteflika
et Ben Ali avaient rencontré George Bush, le premier à l’invitation de l’hôte du
G8 et le second dans le cadre d’une visite bilatérale.
Si pour la source diplomatique française, Washington fait bel et bien montre
d’un «activisme» en Afrique du Nord, c’est, «avant tout, par crainte de voir
l’islamisme radical marquer des points» dans la région. Pour autant, nuance le
directeur du bureau du journal le Monde, l’attitude de la Maison-Blanche et du
département d’Etat, les deux acteurs de la politique étrangère américaine, sont
loin de s’en tenir à une position désintéressée.
«On ne peut pas oublier, cependant, qu’Américains et Britanniques ont laissé les
Français dans l’ignorance des discussions menées avec la Libye, au sujet de
l’abandon de son programme nucléaire», note le journaliste. Et à Patrick Jarreau
d’ajouter : «Si la diplomatie américaine n’est pas dirigée contre les intérêts
français en Afrique du Nord, elle n’est pas non plus parfaitement amicale envers
Paris.»
----------->
http://www.quotidien-oran.com/quot2897/even.htm
Vers un accord de défense entre Alger et Paris
L’offensive de charme des militaires français
Parent pauvre des relations algéro-françaises, la coopération militaire est trop
marquée par une méfiance réciproque pour que l’accord de défense qui pourrait
être signé entre Alger et Paris, avec la visite de Michelle Alliot-Marie,
ministre français de la Défense, n’inquiètent pas les militaires américains.
Timidement, les militaires français entrouvrent les portes de la coopération
militaire mais font preuve d’une réelle frilosité. Alors que Washington réunit 8
pays du Maghreb et du Sahel dans sa base de l’US-Eucom à Stuttgart, réservant au
chef d’état-major de l’ANP, le général de Corps d’Armée Mohamed Lamari, un
accueil digne d’un allié dans la guerre contre le terrorisme, Paris n’a toujours
pas fixé de date à la visite du chef d’état-major en France, suite à
l’invitation de son homologue français.
Ce détail éclaire, de manière significative, la difficulté des deux pays à
asseoir, ne serait-ce qu’un début de coopération. Sur le plan strictement
commercial, les rapports sont au point zéro. Si les militaires algériens se sont
ouverts sur des équipements militaires américains, sud-africains, chinois et
même indiens, au-delà du classique armement russe, la France a toujours refusé
cette question avec Alger.
L’épisode de 1994, lorsque les Français ont organisé des fuites pour
discréditer une vente d’hélicoptères à l’Algérie, en pleine crise terroriste, et
la levée de boucliers qui s’en est suivie pour ne pas les armer de missiles
d’attaque, avait scellé la discorde entre les deux états-majors. Pourtant, dans
le registre des accords militaires entre les deux pays, la liste est longue:
protocole relatif à l’assistance technique de la gendarmerie française à la
gendarmerie algérienne en juin 1963, échange de lettres sur les conditions
d’utilisation des «Diar El-Askri» à la même date, protocole relatif au
détachement d’assistance technique du génie militaire français en juillet 1967,
accord relatif à la base de Bou-Sfer, en avril 1971, échange de lettres
concernant l’assistance technique à l’armée algérienne en juillet 1973, et
dernier accord en date concernant l’indemnité forfaitaire d’enseignement allouée
aux médecins militaires français affectés à l’hôpital central de l’ANP, en
juillet 1975. En somme des accords qui sont consécutifs aux accords d’Evian et
qui ont la particularité de s’attarder sur les scories du dispositif militaire
colonial.
De cela, militaires français et algériens ont gardé peu de liens, si ce n’est
aucun. 29 ans de non-dialogue entre deux pays qui se font face et qui
représentent, l’un pour l’autre, un état stratégique dans leurs relations dans
la région, est un non-sens. Ce vide a été comblé par les militaires américains
qui font preuve d’agressivité dans leur approche et dont le pouvoir politique
traite, sans préjugés, avec l’establishment militaire algérien.
D’ailleurs, les militaires algériens observent, non sans ironie, la nouvelle
offensive de charme française en direction de l’Algérie. Les craintes françaises
ont été révélées par un article du «Canard Enchaîné» qui signale: «la présence
d’une vingtaine d’experts militaires américains, à 350 km d’Alger, dont la
mission est de préparer d’éventuelles opérations d’appareils gros-porteurs
américains, lors de missions militaires en Afrique ou au Moyen-Orient». Info ou
intox, les Français qui constatent que les Américains multiplient les accords de
coopération et de formation, et bientôt d’armement, avec les pays du Maghreb et
du Sahel, zone dont se prévaut l’influence française, veulent mettre les
bouchées double pour se relancer dans ce processus d’édification d’armées
modernes dans la région.
Pour se faire, il faudrait bien plus qu’une visite d’une frégate, «La
Motte-Picquet», dirigé par le vice-amiral de la flotte française, Paul Habert,
en mai 2000, et celle du chef d’état-major français, en 2003, pour renouer les
fils avec le MDN. A ce jeu protocolaire, les Américains sont nettement en avance
avec la visite de pas moins de 15 officiers de haut rang en l’espace de six
années et des manoeuvres communes en Méditerranée. Si l’on y ajoute les cycles
de formation des officiers de l’ANP, dans les académies américaines, le
Pentagone mène largement au point face à la Défense française.
Mounir B.
--------->
http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=26289
Coopération Algéro-Française
Qu’est-ce qui fait courir Paris ?
Par Karim Kebir
Jamais, sans doute, Alger n’aura constitué une escale privilégiée pour les hauts
responsables français que depuis quelques mois.
En effet, un ballet incessant de responsables politiques de premier plan du
gouvernement Raffarin défile dans la capitale à un rythme inattendu jusque- là.
Un ballet inauguré, faut-il sans doute le rappeler, par la visite du président
Chirac le 15 avril dernier. Après la venue du ministre des Finances, Nicolas
Sarkozy, au début du mois de juin, lequel est annoncé encore pour la fin du mois
en cours, ce sont deux grands responsables qui sont annoncés pour les prochains
jours. Il s’agit des ministres des affaires étrangères, Michel Barnier dont la
visite est annoncée pour demain et du ministre de la défense, Michèle
Alliot-Marie dont la venue est prévue pour les 17 et 18 juillet prochains. Comme
de coutume, ces visites sont placées sous le signe du renforcement de la
coopération entre les deux capitales, pour reprendre un vocable en vogue dans le
jargon diplomatique. “Elle permettra de définir les prochaines étapes de
l’approfondissement de notre relation bilatérale, selon les axes fixés par la
Déclaration d’Alger du 2 mars, et de nourrir notre dialogue politique sur les
questions régionales et internationales”, explique-t-on au Quai d’Orsay à propos
de la visite du chef de la diplomatie française. S’il va sans dire qu’au regard
de la fébrilité qui a gagné les relations franco-algériennes, un regain favorisé
autant par la conjoncture nationale avec la nette amélioration de la situation
sécuritaire et une conjoncture internationale marquée par de nouveaux rapports
de force, il y a comme une volonté commune de donner un cachet pragmatique aux
relations et d’aller à un véritable traité d’amitié à l’image de celui tissé
avec l’Allemagne, il n’en demeure pas moins que les contours du traité restent
pour le moins flous. Hormis quelques gestes (reconversion de la dette, quelques
projets…), force est de constater que les promesses d’un véritable partenariat
restent toujours au stade de simples déclarations d’intention. En dépit du
statut de la France comme premier partenaire économique de l’Algérie, on est
loin, en effet, encore du volume de la coopération attendu, du moins tel que
souhaité par les deux peuples. Bien entendu, d’aucuns y verront à l’évidence
dans ce subit intérêt des Français au marché algérien, une volonté de l’hexagone
de récupérer un “terrain” considéré à juste titre comme sa “zone naturelle
d’influence”. Et par ricochet, damer le pion aux américains qui n’ont jamais
dissimulé leur souhait de faire de l’Algérie, un pays pivot notamment, dans la
lutte contre le terrorisme mais aussi un marché pour les firmes pétrolières.
Pourtant à y regarder de près, entre américains et Français, il y a presque des
intérêts divergents. La France, de par son envergure économique, est peu portée
sur le pétrole. Elle est encore moins intéressée par “une présence militaire” en
raison des “pesanteurs historiques”, mais aussi de l’absence d’intérêts
“sécuritaires”, contrairement aux américains. Il reste, bien entendu, que
certains secteurs d’activité économique présentent toujours quelques centres
d’intérêt à certaines entreprises françaises. Mais globalement, il y a comme un
jeu d’ombre dans cette coopération. Tout se passe, en effet, comme si la France
reste “suspicieuse” à l’égard d’Alger, appréhension qui ne permet pas d’engager
une coopération stratégique et viable. D’où en définitive l’interrogation de
savoir s’il n’y a pas de relents “politiciens” dans cette coopération. Et c’est
là sans doute qu’il faut aussi chercher l’origine des discours à géométrie
variable de l’Hexagone par rapport aux questions inhérentes aux libertés et aux
droits de l’homme en Algérie.
<----------------------->
7. ESPAGNE-ALGÉRIE-MAROC
http://www.jeune-independant.com/display.php?articleId=8520
Normalisation des relations algéro-marocaines
L’Espagne souhaite jouer un rôle
par Ziad Salah
L’Espagne se déclare prête à prendre des initiatives pour faciliter un
rapprochement entre l’Algérie et le Maroc. C’est ce qu’a clairement laissé
entendre la semaine dernière Bernardino Leon, secrétaire d’Etat espagnol, lors
d’un séminaire sur «le nouvel ordre international» organisé par l’Institut royal
El Cano de l’université de Madrid.
Dans son intervention, dont de larges extraits ont été rapportés par le journal
marocain pro-gouvernemental le Matin du Sahara, le diplomate espagnol a déclaré
que son pays «travaillera pour faciliter le dialogue entre les parties».
Auparavant, il a souligné, selon toujours la même source, que la résolution de
la question du Sahara occidental «constituerait un pas qui favorisera
l’intégration du Maghreb et améliorera les relations sud-sud, surtout si le
Maroc et l’Algérie décident d’ouvrir leur frontières communes».
Le conférencier a rappelé la nouvelle conviction du nouveau gouvernement
espagnol dirigé par le socialiste Zapatero, plébiscité le 14 mars dernier.
L’Espagne reste attachée à une résolution de ce conflit dans un cadre onusien
mais, fait nouveau, elle croit que «la solution n’aura pas lieu sans un accord
entre les parties».
Autrement dit, elle accorde davantage de portée aux contacts bilatéraux,
notamment entre le Maroc et l’Algérie. C’est cette perception qui explique la
nouvelle orientation de la diplomatie espagnole vis-à-vis du Maghreb, entre
autres.
Le renoncement aux «alliances conjoncturelles» revient comme un leitmotiv de la
diplomatie ibérique dirigée par Miguel Angel Moratinos, un fin connaisseur du
monde arabe. Ces déclarations, qui ne sont au fait qu’une reprise des propos
tenus par le Premier ministre espagnol le 17 avril, lors de son discours
d’investiture, sont plus à l’adresse d’Alger que de Rabat.
La première visite de Zapatero à l’étranger, consacrée à Rabat, a été
interprétée par certains observateurs comme une réactivation de l’axe
Rabat-Madrid et qui avait abouti à l’occupation du territoire du Sahara
occidental par les troupes marocaines au milieu des années 1970.
Mais, depuis, les officiels espagnols se sont employés à dissiper tout quiproquo
dans ce domaine. Dans une interview accordée, il y a quelques semaines, à notre
confrère l’Intelligent, le chef de la diplomatie espagnole n’a pas fait dans
l’ambigu en affirmant que «le temps est venu pour que la question du Sahara
occidental soit réglée définitivement.
Cela a trop duré. Il est temps de donner aux Sahraouis une situation nouvelle.
Pour moi, les camps de réfugiés, que ce soit en Palestine ou à Tindouf,
devraient interpeller la conscience de toute société». S’exprimant sur la
nouvelle orientation qu’il envisage de mettre en œuvre, il dira : «Le droit à
l’autodétermination du peuple sahraoui doit rester un élément de base.
Mais il faut aussi encourager les efforts bilatéraux.» Abondant dans ce sens, il
estimera qu'»avec la réélection du président Bouteflika et la volonté de la
monarchie chérifienne de consolider le processus des réformes politiques et
économiques au Maroc, il me semble que les conditions n’ont jamais été aussi
favorables au règlement de ce conflit».
Donc, dans les semaines ou les mois à venir, il faut s’attendre à ce que
l’Espagne, qui fait de son retour vers la Méditerranée et le monde une des trois
priorités de sa nouvelle politique étrangère, entreprenne des initiatives visant
à aplanir les différends entre le Maroc et l’Algérie, les deux piliers de
l’ensemble maghrébin.
<--------------->
8. ALGÉRIE-MAROC
http://www.lexpressiondz.com/T20040711/ZA4-21.htm
Les «désirs» de Driss Djettou
11 juillet 2004 - Page : 24
Driss Djettou, Premier ministre marocain, a exprimé le désir du royaume
chérifien de voir «réouverte» la frontière entre l’Algérie et le Maroc. «Nous
voulons ouvrir notre frontière avec l’Algérie, entretenir de bonnes relations
économiques et commerciales avec Alger», a-t-il affirmé dans un entretien paru
jeudi dernier dans le magazine Le Point.
D’emblée, faudrait-il rappeler que la fermeture de la frontière algéro-marocaine
a été décidée par le gouvernement algérien, à sa tête M. Ahmed Ouyahia, il y a
de cela presque une dizaine d’années. En effet, durant l’été 1994, un attentant
terroriste a ciblé l’hôtel international Asni de Marrakech où deux touristes
espagnols ont été tués. Les autorités marocaines, du temps du roi Hassan II,
n’ont pas trouvé mieux que d’accuser les services de sécurité algériens d’être
les commanditaires de l’attentat sus-indiqué. Le roi Hassan II a également
enclenché une véritable opération de chasse à l’homme à l’encontre des Algériens
résidant au Maroc.
Aussi, le royaume chérifien n’a pas hésité à instaurer le visa d’entrée au Maroc
pour tous les Algériens désirant s’y rendre. Le gouvernement algérien décide
officiellement, en ce 14 août 1994, la fermeture de la frontière terrestre entre
l’Algérie et le Maroc. Cette situation, prévalant depuis 1994 à ce jour.
Le Premier ministre de ce pays, Driss Djettou, semble ignorer, dans ses
déclarations à l’hebdomadaire Le Point, que l’Algérie a, de tout temps, affiché
sa disposition à ouvrir la frontière.
Seulement, il appartient d’abord aux autorités marocaines de reconnaître leur
responsabilité dans la torture des Algériens durant l’été 1994 et de procéder,
par conséquent, à leur indemnisation.
Ameziane MOKRANE
____________