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Media francophones/ Sélection de presse du 12-VII-2004   Lista de mensajes  
Responder | Reenviar Mensaje #2728 de 6679 |
S O M M A I R E

1. ESPAGNE-FRANCE-MAROC-ALGÉRIE-SAHARA-COMPLOT
- LIBERTÉ: Vision
- LIBERTÉ: Sahara Occidental: Pressions sur Alger
- LIBERTÉ: Décolonisation du Sahara occidental. Une position constante
- LIBERTÉ: L’ambassadeur de la RASD à Alger l’a déclaré hier à Liberté: “Il ne
reste à l’Espagne et à la France que le chemin de la légalité”
- LE JEUNE INDÉPENDANT: Estimant que le référendum sur le Sahara occidental
devrait être suivi de "solution politique". Moratinos expose la vision espagnole
sur le Maghreb
- AFP: Sahara occidental: Nécessité d'un "dialogue direct" entre l'Algérie et le
Maroc (Barnier)
- LE QUOTIDIEN D'ORAN: Michel Barnier, ministre français des Affaires
étrangères, au Quotidien d’Oran
- LA NOUVELLE RÉPUBLIQUE: L'Espagne, la France et l'énigme maghrébine
- AFP: Maghreb : Madrid pour une concertation avec Paris

2. USA-FRANCE-MAGHREB
- EL WATAN: LA RIVALITE ENTRE WASHINGTON ET PARIS POUR L'ALGERIE SE PRECISE
Les Américains s’invitent à Alger
- EL WATAN: LA RIVALITÉ ENTRE WASHINGTON ET PARIS SE PRÉCISE / Le rush des
ministres français à Alger
- EL WATAN: Les Américains s’invitent à Alger
- LA NOUVELLE RÉPUBLIQUE: Paris - Washington. Guerre d’intérêts en Algérie
- LA TRIBUNE: Michel Barnier en Algérie pour de nouvelles étapes d’un
«partenariat d’exception» Le chef de la diplomatie française en visite
aujourd’hui à Alger

3. MAROC-ARABIE SAOUDITE-SAHARA
- TEL QUEL (No. 135): Enquête : Nos amis les saoudiens

4. SAHARA-FEMMES
- TEL QUEL (No. 135): Femmes sahraouies: L’avant-garde de l’émancipation

5. USA-MAROC-SAHARA
- APS: Sahara occidental: politiques et ONG américaines se mobilisent
- AUJOURD'HUI LE MAROC: Le Polisario piqué au vif

6. RASD-UNION AFRICAINE-MAROC
- TEL QUEL (No. 135): L’Union africaine s’éloigne

7. ESPAGNE-MAROC
- LE MATIN (maroc): Maroc-Espagne : Examen des moyens de dynamiser
l'accord-cadre relatif à la main-d'œuvre

8. OTAN-MAROC
- AUJOURD'HUI LE MAROC: Manœuvres au large de Tan Tan
- L'ÉCONOMISTE: Manoeuvres de l’Otan au large de Tan Tan


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1. ESPAGNE-FRANCE-MAROC-ALGÉRIE-SAHARA-COMPLOT
http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=26326

Vision

Par Abdelkamel K.

L’objectif recherché à travers cette campagne est de pousser le président
algérien à céder sur cette affaire, dans laquelle Alger a de tout temps refusé
d’être considérée comme partie prenante.
L’axe Paris-Madrid-Washington s’active, depuis quelques jours, à accélérer le
processus de règlement de la question du Sahara Occidental. Un véritable ballet
diplomatique a été mis en place dans la perspective de forcer la main à Alger,
dont la position invariable depuis 29 ans, a bloqué toute initiative visant à
résoudre ce conflit hors du cadre des Nations unies. Abdelaziz Bouteflika est
acculé de partout pour apporter son concours à une sortie de crise. Il est
clair, que la visite en Algérie du chef de la diplomatie française, aujourd’hui,
et celle du Premier ministre espagnol, mercredi, entrent dans ce cadre. C’est à
un pressing constant qu’est soumis le président algérien dans l’espoir de
l’amener à opter pour la “solution négociée” préconisée par la France et
l’Espagne avec le soutien des États-Unis. Il faut admettre, que les changements
constatés sur la scène internationale, avec la mise en place des grands
ensembles, nécessitent un règlement du dossier sahraoui dans l’intérêt des pays
de la région. Cette épineuse affaire a empêché toute avancée dans la
concrétisation de l’Union du Maghreb arabe, qu’Américains et Européens veulent
avoir comme interlocuteurs à la place des cinq pays maghrébins actuellement. La
solution à la question sahraouie est perçue, de l’autre côté de la Méditerranée,
comme “un projet de modernité”, qui permettra l’unification du Maghreb.
L’objectif recherché à travers cette campagne est de pousser le président
algérien à céder sur cette affaire, dans laquelle Alger a de tout temps refusé
d’être considérée comme partie prenante. C’est dire la position inconfortable
dans laquelle se retrouve Bouteflika. Combien de temps résistera-t-il encore aux
assauts de la diplomatie occidentale apparemment déterminée à voler au secours
de Rabat, un de ses plus sûrs alliés. Reste à savoir maintenant, si l’Algérie,
intraitable depuis 1975, est disposée à reconsidérer sa vision des choses.

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http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=26324

Sahara Occidental
Pressions sur Alger

Par Samia Lokmane

La visite aujourd’hui à Alger du locataire du Quai d’Orsay, Michel Barnier,
intervient 48 heures avant celle qu’effectuera le nouveau Chef du gouvernement
espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero. Ces déplacements presque simultanés
sont-ils le fruit d’un simple hasard du calendrier ou émanent-ils d’une action
diplomatique concertée entre Paris et Madrid ?
Dans une interview du ministre ibérique des Affaires étrangères, Miguel Angel
Moratinos, parue hier dans le quotidien El Mundo, préfigure une convergence de
vue des deux pays dans leurs relations avec l’Algérie. “Le rapprochement (de
l’Espagne) vers la France est aussi un rapprochement pour esquisser
conjointement une stratégie à l’égard de l’Afrique du Nord et que le message
reçu à Alger, Rabat et Tunis soit le même, qu’il vienne de Paris ou de Madrid”,
a préconisé le chef de la diplomatie espagnole. Le but étant selon lui
“d’impulser un projet de modernité de l’autre côté de la Méditerranée” et
contribuer à la construction d’un espace communautaire. Néanmoins, Moratinos
pose une condition. À ses yeux, la réalisation d’une unité maghrébine dépend
essentiellement de la solution du conflit du Sahara occidental. Le mot est lâché
! L’ancienne colonie de Sakia El-Hamra et Rio de Oro constitue un problème pour
Madrid. Le contentieux y référant hypothèque ses ambitions de partenariat avec
le Maghreb. Quelle est donc la solution ? Longtemps, le royaume espagnol s’est
montré solidaire avec la cause de sa province séculaire en appuyant le plan de
règlement onusien sur la base d’un référendum. Mais force est de constater que
cette position a subi quelques réajustements depuis l’avènement des socialistes
au pouvoir, au printemps dernier. En se rendant en avril à Rabat — un mois à
peine après sa nomination à la tête du gouvernement -, José Luis Zapatero a fait
preuve d’un empressement singulier. Il s’est attelé, durant son séjour, à faire
oublier l’incartade de son prédécesseur, qui, en 2002, avait provoqué une
brouille diplomatique à propos “d’un petit caillou”, du nom de Persil, cette île
minuscule dont les deux voisins se disputent la propriété. Le Premier ministre
espagnol fera mieux que de normaliser les relations avec le Maroc. En guise de
présent, il offrira à ses hôtes une concession de taille. Si Madrid tient
toujours à ce que les Nations unies fassent valoir leur rôle dans le règlement
du problème du Sahara Occidental, elle prône surtout une solution négociée entre
ceux qu’elle considère comme les parties prenantes, à savoir, l’Algérie et le
Maroc et ce, afin d’instaurer une stabilité durable en Afrique du Nord. Inédit,
le discours des autorités ibériques rejoint celui défendu par la France. À cette
différence près, que l’Hexagone a toujours milité pour cette façon de faire.
Désormais, elle n’est plus seule. Paris a trouvé en Madrid un allié. Pour sa
part, Rabat peut compter sur ces deux soutiens afin de plaider sa cause dans le
concert des nations, mais surtout pour infléchir la position de l’Algérie, l’un
de ses adversaires les plus farouches sur la question du Sahara. Nonobstant le
resserrement des liens bilatéraux, les visites de Barnier et de Zapatero à Alger
s’inscrivent assurément dans cette optique. Ce forcing diplomatique aura-t-il la
chance d’aboutir ? Officiellement, la France évite de se prononcer sur le sujet.
Au cours de ses derniers déplacements à Alger, le président Chirac a démenti
avoir entrepris une quelconque médiation entre Alger et Rabat. De telles
déclarations de foi n’excluent pas le travail en coulisse et les pressions
constantes, d’autant plus qu’un troisième partenaire et non des moindres, en
l’occurrence Washington, s’est mis de la partie. En recevant son homologue
marocain, le roi Mohamed VI, la semaine dernière, le président Bush l’a exhorté
à “travailler en rapprochement avec le voisin, l’Algérie, afin de créer un
environnement favorable au règlement de la question du Sahara Occidental”. Pour
autant, le locataire de la Maison-Blanche s’est dit attaché à l’application du
plan Baker. Reste-t-il réellement quelque chose de ce plan alors que son
concepteur a claqué la porte le 13 juin dernier ? Dans les semaines qui ont
suivi cette démission, le souverain alaouite a entamé une tournée en Afrique
dans l’objectif de réintégrer l’union continentale dont il est exclu en raison
de l’affaire sahraouie. Certains chefs d’État, à l’instar du président du
Sénégal, ont appelé à son retour au sein de l’UE. En fin de compte, ce ne sont
pas les Sahraouis qui posent problème pour Rabat, mais les Algériens. Motivés
par l’instauration de la paix en Méditerranée, aux prises avec la menace
terroriste, et ce, grâce à une parfaite entente maghrébine, les démarcheurs du
royaume alaouite entendent pousser Alger à sacrifier le Polisario. Son retour
sur la scène internationale et les avantages économiques qui en découlent,
seraient les tributs de cette concession. Bouteflika cédera-t-il ?

S. L.

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http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=26322

Décolonisation du Sahara occidental
Une position constante

Par Hafida Ameyar

L’Algérie s’est toujours prononcée en faveur du droit des peuples à
l’autodétermination et à l’indépendance.
Sa position, pourtant constante, a connu des replis, lorsque le réflexe tactique
a pris le dessus sur celui du stratégique. Cela a été le cas après la mort du
président Houari Boumediene. Cette position tactique a souvent été justifiée,
par les autorités nationales, par la situation interne et externe difficile ou
par le poids des pressions exercées sur l’Algérie, en particulier par la France
officielle.
On retiendra néanmoins que l’Algérie, dans les moments les plus critiques de son
histoire récente, n’a pas tourné le dos ni au droit des Sahraouis de choisir
librement leur destin ni à la légalité internationale. Pays d’accueil des
réfugiés sahraouis, l’Algérie n’a pas fléchi, même lorsque le “Qui tue qui ?”
battait son plein ou quand les islamistes terroristes algériens trouvaient
refuge sur le sol marocain.
L’arrivée, en 1999, du président Bouteflika à la magistrature suprême, laissait
entrevoir des perspectives prometteuses pour le Maghreb. Elle coïncidait, d’une
part, avec l’entrée en scène, depuis déjà deux ans, de l’Américain James Baker
en tant qu’envoyé personnel de l’ONU au Sahara occidental et, d’autre part, avec
le décès du roi Hassan II, promoteur de l’agression du territoire sahraoui en
1975, qui laissait sa place à son fils aîné, Mohamed VI. À l’époque, la presse
parlait de “médiations” de certains pays arabes et de tentatives de
“rapprochement” des points de vue entre Alger et Rabat, sur la question de
l’ancienne colonie espagnole. Hélas, les déclarations du jeune souverain sur
“l’intégrité territoriale” du Maroc et le rejet des engagements pris par son
pays devant la communauté internationale, ont vite fait de maintenir le statu
quo.
C’est ainsi qu’en 2000, l’année de la publication de la liste des 86 000
personnes sahraouies habilitées à prendre part au référendum
d’autodétermination, les organes décisionnels des Nations unies (secrétariat
général et Conseil de sécurité) ont changé de cap, acceptant cette fois
l’éventualité de rechercher d’autres voies, avec le consentement des deux
parties en conflit, le Maroc et le Polisario. C’est ainsi également que ce
dernier et l’Algérie, en sa qualité d’observateur officiel du processus de paix
au Sahara occidental, ont rejeté l’accord-cadre, qui prévoyait une autonomie du
“territoire non autonome”, sous la souveraineté marocaine. Une autre
proposition, avancée par Baker, portait sur le partage du territoire sahraoui :
elle a été refusée par la partie marocaine. Cette situation a poussé le
diplomate américain à rechercher une solution médiane, en élaborant un plan
différent, qu’il a intitulé “plan de paix pour un référendum au Sahara
occidental”. Celui-ci, connu sous le nom de “plan Baker II” fixait une autonomie
du territoire sahraoui sous l’autorité marocaine pendant une durée de quatre à
cinq années, ainsi que la participation de 170 000 Marocains à la consultation
référendaire en plus des 86 000 Sahraouis.
Mais il laissait une petite chance aux Sahraouis, en leur accordant un scrutin
attendu depuis les années 1970. À la fin juillet 2003, le plan Baker II a été
adopté à l’unanimité par le Conseil de sécurité. Mais, une fois passé au stade
d’application, il a rencontré un niet catégorique de la part du Maroc. Une année
plus tard, James Baker démissionnait de son poste de l’ONU, devant la
complaisance de certains membres influents du Conseil de sécurité vis-à-vis de
Rabat. L’Algérie, devenue membre non permanent de ce même Conseil, a déploré son
départ. Elle est à présent courtisée par les grands de ce monde. Mais à quelles
fins ?

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http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=26323

L’ambassadeur de la RASD à Alger l’a déclaré hier à Liberté
“Il ne reste à l’Espagne et à la France que le chemin de la légalité”

Par Hafida Ameyar

Les visites de trois ministres français dans la capitale algérienne, en ce mois
de juillet, sont accueillies favorablement par la diplomatie sahraouie. “Le
renforcement des relations algéro-françaises vont apporter un équilibre dans la
position de Paris”, nous a confié, hier, l’ambassadeur de la République arabe
sahraouie et démocratique (RASD) à Alger, Mohamed Beïssat Islem. Selon lui, “le
seul obstacle” pour un règlement juste du conflit du Sahara Occidental reste “la
position française”. “Il y a un problème entre le passionnel et le rationnel
dans la politique maghrébine de Paris”, a également soutenu M. Beïssat Islem, en
notant que celle-ci devrait écouter les autres sons de cloche. “Dans la
politique maghrébine, l’Algérie a son mot à dire, le Maroc a aussi son mot à
dire et les Sahraouis, même s’ils possèdent un petit pays, ont leur mot à dire…
La politique maghrébine ne veut pas dire la seule voix du Maroc”, a-t-il dit.
À propos du “ballet diplomatique” qui s’ouvre aujourd’hui à Alger, avec
l’arrivée du chef de la diplomatie française, et qui se poursuivra au cours de
ce mois avec le déplacement des ministres de la Défense et de l’Économie et des
Finances de l’Hexagone, et du chef du gouvernement espagnol, il a estimé que
“l’intérêt de la communauté internationale pour la recherche d’une solution
rapide” est une très bonne chose. “Je n’ai pas d’appréhension, pour la simple
raison que la France a déjà essayé d’intervenir militairement dans le conflit
maroco-sahraoui dans les années 1970. Elle a aussi lancé une campagne
diplomatique contre le Sahara Occidental, en Afrique et au niveau du Conseil de
sécurité, dans les années 1980, 1990 et même 2000. Les Sahraouis sont une
réalité irréversible. Ils ont prouvé leur capacité de résistance et leur
attachement à leurs droits. Personne, pas même la France, ne peut nier cela”, a
déclaré le diplomate sahraoui. Quant à l’Espagne, il n’a pas caché que les
accords qu’elle a signés secrètement avec le Maroc et la Mauritanie, le 14
novembre 1975, “n’étaient pas conformes à la légalité internationale et n’ont
apporté ni la paix, ni la stabilité, ni le développement”. “L’Espagne a déjà
fait le pire, elle ne peut pas faire plus que cela. Elle a initié les accords
tripartites de Madrid, signé des accords stratégiques avec le Maroc, vendu des
armes et aidé financièrement ce pays. Toutes les mauvaises voies ont été
explorées par l’Espagne et la France. Il ne reste à l’Espagne et à la France que
le chemin de la légalité”, a encore révélé notre interlocuteur.
Interrogé sur l’après-démission de James Baker, l’ambassadeur de la RASD a
reconnu que son départ “a créé un vide qui est occupé à présent par les autres
partenaires concernés par la stabilité du Maghreb”, en se référant à la France,
l’Espagne et les États-Unis. Selon lui, le département d’État américain s’est
positionné par rapport au dossier sahraoui, le 9 juillet, en invitant le Maroc à
un règlement du conflit “dans le cadre du plan Baker et le cadre de l’ONU”.
“Nous espérons que la France et l’Espagne, en tant que partenaires les plus
proches, adhèreront à la même position et encourageront le Maroc à coopérer avec
les Nations unies, pour l’application de la résolution 1495 portant sur le plan
Baker”, a-t-il conclu.

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http://www.jeune-independant.com/display.php?articleId=8549

Estimant que le référendum sur le Sahara occidental devrait être suivi de
solution politique

Moratinos expose la vision espagnole sur le Maghreb

par Mohamed Tayeb

La visite qu’entreprend à Alger le 14 juillet le chef du nouveau gouvernement
socialiste espagnol, M. Zapatero, est précédée par de nombreuses montées au
créneau médiatique de hauts responsables espagnols comme pour préparer le
terrain à quelques initiatives déterminantes pour l’avenir de la région du
Maghreb, avec comme toile de fond la question du Sahara occidental.

Ce sujet, qui figurera à coup sûr au menu des entretiens prévus entre Zapatero
et Bouteflika, a été évoqué de manière prolixe ces derniers temps, aussi bien
par Bernardino León, le secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, que par
Moratinos, ministre des Affaires étrangères.

Le premier, rappelle-t-on, avait réitéré la volonté de son pays de contribuer à
la résolution de cette question «loin du jeu des alliances conjoncturelles», en
entretenant notamment des relations solides avec les pays du Maghreb. Il a
également indiqué qu’une résolution constituerait un pas qui favorisera
l’intégration du Maghreb, surtout si, selon lui, le Maroc et l’Algérie
décidaient de rouvrir leur frontière commune.

Quant au second, il vient encore une fois confirmer la détermination de son
gouvernement à faire le lien entre la réalisation nécessaire et stratégique du
Maghreb et le règlement de la question du Sahara occidental. Dans ce sens, il a
soutenu qu’en ce moment, un référendum sans solution politique (rapprochement et
entente entre les deux pays maghrébins ?) serait générateur, selon des
déclarations faites à la presse de son pays, de crise généralisée en Afrique du
Nord, sans dire que par «crise», il faut entendre «embrasement», Moratinos s’est
étalé inutilement sur des questions d’ordre interne au Royaume, reconnaissant
implicitement l’instabilité qui guette ce pays sur lequel règne un jeune roi,
dont le pouvoir pourrait être remis en cause par les militaires au cas où un
référendum serait organisé coûte que coûte au Sahara occidental.

Voilà ce qui explique un tant soit peu les efforts entamés par le nouveau
gouvernement socialiste en Espagne pour régler la question à travers un
processus ou une formule qui ne prévoirait pas un référendum comme axe
structurant central.

La tâche ne semble pas de tout repos pour Zapatero, qui entend convaincre Alger
et, par extension, les Sahraouis de la viabilité de son plan. Les Sahraouis, par
le biais de leur ambassadeur en Algérie, ont, d’une certaine manière, donné de
la voix à ce sujet.

Mohamed Yeslem Bissat a affirmé que si le gouvernement espagnol a souligné son
attachement à la légalité internationale, il n’en a pas moins appelé les
autorités espagnoles à annuler, en guise de bonne volonté, l’accord de Madrid
qui, dans la pratique, n’a plus aucune signification.

Pour revenir à la vision d’ensemble que développe le nouveau gouvernement
socialiste espagnol pour l’Afrique du Nord, celle-ci ne saurait se concevoir,
selon le MAE espagnol, en-dehors d’une démarche commune avec la France. En
effet, Moratinos a affirmé à ce niveau de la question que le rapprochement de
son pays d’avec la France est aussi un rapprochement pour esquisser
conjointement une stratégie à l’égard de cette région, parler de la voix et
tenir le même discours.

Ce faisant, il a annoncé que pour ce qui concerne son pays, «il y aura dans les
mois et années à venir un pari stratégique fort pour tenter d’impulser un projet
de modernité de l’autre côté de la Méditerranée». Pour autant, ces déclarations
s’inscrivent en droite ligne avec celles faites à Alger en mai 2004.

A l’occasion de sa visite en Algérie, le MAE espagnol avait tenu à peu près le
même langage, en indiquant que la politique qu’entend mener le gouvernement
espagnol avec les pays du Maghreb sera «complémentaire avec celle de la France
et sera basée sur le partenariat».

D’une manière générale, estime-t-on, Zapatero tend à refonder les relations de
l’Espagne avec les partenaires de la rive sud dans le sens d’un renforcement de
sa position, tant envers l’Algérie et le Maroc par un rééquilibrage des
relations avec les deux pays, qu’envers la France à travers une alliance tacite
qui participe d’une volonté de freiner et d’atténuer l’offensive des Etats-Unis
dans cette partie du monde, traditionnellement zone d’influence française.

Reste à savoir quelle réponse donnera l’Algérie à cette vision des choses, et
jusqu’où pourra-t-elle aller en termes de concessions en tenant compte de ses
intérêts suprêmes et sans renoncer à ses principes, encore moins abandonner la
cause sahraouie.

------------>
Sahara occidental: Nécessité d'un "dialogue direct" entre l'Algérie et le Maroc
(Barnier)

ALGER, 12 juil (AFP) - Le ministre français des Affaires étrangères, Michel
Barnier, a estimé qu'un "dialogue direct entre l'Algérie et le Maroc" était
nécessaire, indépendamment d'une solution dans le cadre des Nations unies, pour
trouver une issue au conflit du Sahara occidental qui dure depuis 1994.

"La France pense qu'une solution politique réaliste doit être recherchée entre
les parties au conflit du Sahara occidental, dans le cadre des Nations unies
(...) mais nous disons aussi qu'un dialogue direct entre l'Algérie et le Maroc
est nécessaire", a estimé M. Barnier dans un entretien lundi au journal algérien
Le Quotidien d'Oran.

Ce dialogue direct devrait "favoriser l'émergence de cette solution, en prenant
en compte les impératifs de la stabilité régionale et les intérêts des deux pays
et des populations concernées", a-t-il précisé, estimant qu'"il y a un travail
d'imagination et d'audace à faire pour dépasser les blocages hérités du passé".

L'Algérie, qui soutient le mouvement indépendantiste du Polisario, considère que
le conflit du Sahara occidental est un problème de décolonisation relevant des
compétences exclusives de l'ONU.

Elle est opposée à tout dialogue direct avec le Maroc qui exclurait le
Polisario, se réservant uniquement un rôle d'"observateur" dans le cadre de
négociations entre Rabat et ce mouvement.

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http://www.quotidien-oran.com/quot2898/even.htm

Michel Barnier, ministre français des Affaires étrangères, au Quotidien d’Oran

«Une rivalité franco-américaine sur l’Algérie est aussi tenace qu’erronée»

Entretien Réalisé Par Mounir Boudjemaâ

Le Quotidien d’Oran: Deux mois après votre installation, vous vous rendez à
Alger pour la première fois. Quel sentiment avez-vous pour votre premier
déplacement en tant que ministre français des Affaires étrangères en Algérie
alors que les observateurs assimilent la multiplication des visites françaises
de haut rang à un forcing, au regard de la concurrence stratégique américaine?

Michel Barnier: Nous assistons, depuis 1999-2000, à une formidable relance des
relations franco-algériennes. L’an dernier, à quelques semaines d’intervalle, le
Président Bouteflika effectuait une visite officielle en France puis le
Président Chirac se rendait à Alger, en visite d’Etat. Il y a eu aussi ce très
grand succès de l’Année de l’Algérie en France. Ces derniers mois, les visites
ministérielles en Algérie se sont succédé presque mensuellement.
Cette relation, renouvelée avec beaucoup d’enthousiasme, d’idées, de volonté de
travailler ensemble, s’inscrit dans un cadre euro-méditerranéen et profitera à
tous. L’idée selon laquelle il y aurait une «rivalité franco-américaine» sur
l’Algérie est aussi tenace qu’erronée. La refondation de notre relation
correspond, tout simplement, à l’attente profonde de nos deux peuples.
Je vais en évoquer, avec mes interlocuteurs algériens, les prochaines étapes
dans le prolongement du déplacement à Alger du président de la République
française, le 15 avril dernier: poursuite de la mise en oeuvre de la Déclaration
d’Alger du 2 mars 2003 et ouverture de nouveaux champs de coopération, visites
ministérielles, préparation d’un grand traité d’amitié. L’enjeu fondamental,
c’est de construire un cadre rénové pour l’ensemble de nos relations qui les
porte à un niveau d’excellence pour les prochaines décennies, car ce que font
ensemble l’Algérie et la France doit être à la mesure de cette relation si
singulière.


Q.O.: Croyez-vous que les relations algéro-françaises peuvent s’accommoder de la
position française sur le dossier du Sahara Occidental et le parti-pris de Paris
aux côtés du Maroc, notamment dans les instances internationales, que ce soit à
l’ONU ou à l’UE. Ceci, alors que les deux pays, semblent défendre des positions
similaires, notamment sur le Moyen-Orient et l’Irak?

M.B.: Je ne suis pas de ceux qui se résignent au blocage de l’intégration
maghrébine. D’une part, parce que le mouvement d’intégration régionale est
général sur tous les continents. Ce n’est pas par hasard; il y des
complémentarités à mettre en valeur, des intérêts communs, des solidarités
naturelles.
Ensuite, il y a cette nécessité, dans le monde actuel, de s’unir pour être
mieux entendu: les grands ensembles régionaux sont et seront, de plus en plus,
les acteurs du monde multipolaire. Enfin, l’Europe a besoin d’un Maghreb uni
dans le cadre de la relation si importante que nous entretenons à travers le
processus de Barcelone. Dans ce contexte d’intégration, la France pense qu’une
solution politique réaliste doit être recherchée entre les parties au conflit du
Sahara Occidental, dans le cadre des Nations unies, et que rien ne doit leur
être imposé. Mais nous disons aussi qu’un dialogue direct entre l’Algérie et le
Maroc est nécessaire pour favoriser l’émergence de cette solution, en prenant en
compte les impératifs de la stabilité régionale et les intérêts des deux pays et
des populations concernées. Il y a un travail d’imagination et d’audace à faire
pour dépasser les blocages hérités du passé.
La coopération franco-algérienne va continuer à se développer en Afrique, en
particulier sur des enjeux majeurs comme celui que représente le NEPAD. Nous
allons approfondir notre dialogue en vue de la stabilité et du développement du
continent africain, avec un intérêt particulier pour la zone sahélienne.
Plus généralement, je voudrais souligner cette concertation permanente qui
s’est établie entre nos deux chefs d’Etat sur les grandes questions régionales
et internationales, par exemple sur l’Iraq ou le Proche-Orient. Nos vues sont
d’ailleurs très proches comme on l’a constaté lors du Sommet du G8 à Sea Island.

(...)

-------->
http://www.lanouvellerepublique.com/actualite/lire.php?ida=13959&idc=4&PHPSESSID\
=c7541533306e5f488873d55838078000


L'Espagne, la France et l'énigme maghrébine

Après les Etats-Unis d’Amérique qui sont en train de redéfinir leur stratégie
globale en direction du Moyen-Orient et du Maghreb, c’est au tour de l’Espagne
de venir concurrencer la France sur son territoire de prédilection: l’Afrique du
Nord. Le signal à consonance très politique est venu de l’Espagne, à travers son
ministre des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, qui interpelle la
France sur la nécessité d’abandonner en quelque sorte la singularité dans
laquelle la placent ses relations avec les pays du Maghreb, pour façonner, en
association avec l’Espagne, une stratégie commune dans cette partie de
l’Afrique. Tout en évoquant ce mode d’approche franco-espagnol de l’espace
maghrébin, M. Moratinos, n’en a pas moins fait état «d’un pari stratégique
fort», de la part de l’Espagne dans les mois et les années à venir, «pour tenter
d’impulser un projet de modernité de l’autre côté de la Méditerranée». Cette
dernière révélation a pour effet de suggérer que la stratégie que l’Espagne
appelle aujourd’hui à mettre en œuvre en tandem avec la France sera de toutes
les façons menée, à défaut d’un accord entre les deux pays européens, par
l’Espagne. Une manière pour le gouvernement de gauche espagnol de signifier à la
France gaulliste de Chirac qu’«à défaut d’être des alliés stratégiques en vue du
Maghreb, nous y ferions cavalier seul et serions des adversaires».
Ce que Madrid attend aujourd’hui de Paris, ce n’est rien d’autre qu’une
reformulation des politiques maghrébines de la France et de l’Espagne de manière
à n’en faire qu’une sur la base de laquelle se fonderait une nouvelle stratégie
et une nouvelle communication communes à l’Espagne et à la France vis-à-vis
d’Alger, Rabat et Tunis. Les termes sont clairs : «Le rapprochement (de
l’Espagne) vers la France est (…) un rapprochement pour esquisser conjointement
une stratégie à l’égard de l’Afrique du Nord, et que le message reçu à Alger, à
Rabat et à Tunis soit le même, qu’il vienne de Madrid ou de Paris.»

A ce titre, l’un des dossiers, pour ne pas dire le dossier, qui divise cette
entité maghrébine et qui suscite également des divergences de positionnement
entre les partenaires des pays maghrébins, c’est l’affaire du Sahara occidental.
Sur ce chapitre, Paris et Madrid ne sont pas près de se mettre d’accord, La
France penchant du côté du Maroc, et l’Espagne étant connue pour soutenir
mordicus la RASD. Est-ce uniquement sur ce dossier que la France et l’Espagne
doivent aligner leurs politiques respectives ? Si effectivement la question du
Sahara reste le nœud insoluble d’une crise qui a grevé toute possibilité d’essor
du Maghreb et par la même une politique sud-européenne commune en direction de
cette région, il reste que les positions géographiques, le poids des communautés
maghrébines à l’étranger, le volume des échanges et les enjeux d’une coopération
sécuritaire dans la cadre de l’immigration de transit et de la lutte
antiterroriste, sans oublier le rôle de l’histoire et donc aussi des liens
culturels font qu’aujourd’hui la proposition espagnole en direction de la France
est légitime et justifie un dialogue nord-nord entre ces deux pays, en vue
d’initier une stratégie maghrébine commune.
Mais si une politique franco-espagnole envers le Maghreb semble conforter ces
deux pays européens qui s’intègrent de toutes les manières dans une politique
unioniste qui infléchit, dans une large mesure, leurs politiques de coopération
bilatérales avec le reste du monde, en quoi cette nouvelle approche
profiterait-elle aux pays maghrébins ? Autre question : s’agit-il d’une
politique commune envers les pays du Maghreb réunis, ou s’agit-il d’une
politique commune envers des entités nationales séparées ?
Une chose est sûre, l’Espagne de Zapatero n’est pas l’Espagne d’Aznar. Cette
dernière ayant oublié qu’elle appartient à un ensemble méditerranéen au destin
commun, la première semble tenter de redresser la barre, et le fait que ce
gouvernement, élu dans des circonstances assez tragiques, ait réitéré à maintes
reprises sa volonté de faire du monde arabe et des pays méditerranéens une des
priorités de sa politique extérieure, montre assez bien une réorientation de la
politique régionale de l’Espagne. En tout cas, les visites attendues très
prochainement dans les capitales algérienne et tunisienne du Premier ministre
espagnol, et qui devraient achever son périple maghrébin, révéleront bien
quelques éléments de ce que M. Moratinos a qualifié de «stratégie forte» de
l’Espagne.

12-07-2004
Madjid Bekkouche

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Maghreb : Madrid pour une concertation avec Paris

Le ministre espagnol des Affaires étrangères Miguel Angel Moratinos a estimé que
son pays et la France devaient définir une stratégie commune au Maghreb, dans
une interview publiée dimanche par le journal El Mundo.

«Le rapprochement (de l'Espagne) vers la France est aussi un rapprochement pour
esquisser conjointement une stratégie à l'égard de l'Afrique du Nord, et que le
message reçu à Alger, Rabat et Tunis soit le même, qu'il vienne de Madrid ou
Paris», affirme le chef de la diplomatie espagnole.
De la part de l'Espagne, "il y aura dans les mois et les années à venir un pari
stratégique fort pour tenter d'impulser un projet de modernité de l'autre côté
de la Méditerranée", assure en outre M. Moratinos. Toutefois, estime-t-il, "pour
que l'unité du Maghreb se fasse, il faut résoudre la problème du Sahara"
occidental, ancienne colonie espagnole annexée par le Maroc et revendiquée par
le front polisario, soutenu par l'Algérie. "En ce moment, un referendum sans
solution politique pourraient nous mener à une crise généralisée en Afrique du
Nord", juge-t-il.
Selon M. Moratinos, la conséquence immédiate serait: "on ne saurait pas comment
répondrait la monarchie marocaine. Et les forces armées marocaines
accepteraient-elles la défaite lors d'un referendum ? Deuxième option: le Maroc
gagne le référendum et alors ?".
Le chef du gouvernement José Luis Rodriguez Zapatero, qui s'est rendu au Maroc
en avril dernier, ira le 14 juillet à Alger où il s'entretiendra avec le
président Abdelaziz Bouteflika. Une visite prochaine à Tunis est également
prévue, selon M. Moratinos. Le gouvernement socialiste espagnol élu en mars
dernier, juste après les attentats islamistes de Madrid qui ont tué 191
personnes, a réitéré à plusieurs reprises que le monde arabe et les pays
méditerranéens constituaient une des priorités de sa politique extérieure.
Le chef de la diplomatie espagnole annonce également dans son interview qu'il a
l'intention de s'entretenir lundi à Bruxelles avec le ministre britannique des
Affaires étrangères Jack Straw pour "essayer de récupérer le dialogue" sur
Gibraltar, colonie britannique revendiquée par Madrid. La récente visite d'Anne
d'Angleterre à Gibraltar, puis l'arrivée controversée au Rocher du sous-marin
nucléaire britannique Tireless, malgré les requêtes d'annulation de cette visite
formulées par Madrid, ont contribué à tendre l'atmosphère entre les deux
capitales européennes.

Par : AFP

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2. USA-FRANCE-MAGHREB
http://www.elwatan.com/journal/html/2004/07/12/laune.htm

LA RIVALITE ENTRE WASHINGTON ET PARIS POUR L'ALGERIE SE PRECISE
Les Américains s’invitent à Alger

C'est sur le dossier «des propositions relatives à la promotion de
l'alphabétisation en Algérie» que s'entretiendra l'Américaine Alina Romanowski
avec des responsables du ministère de l'Education nationale. Des propositions
que la délégation algérienne, ayant accompagné le président Bouteflika, avait
évoquées lors du dernier sommet du G8 tenu récemment à Sea Island (Etats-Unis).
Occupant le poste de déléguée du secrétaire d'Etat adjointe pour le
Proche-Orient, chargée de l'Initiative de partenariat au Moyen-Orient (MEPI),
Mme Romanowski sera en visite à Alger du 14 au 16 juillet. Un séjour qui fait,
en réalité, partie d'une tournée qui la conduira également au Maroc et en
Tunisie. C'est pourquoi elle ne manquera pas de s'entretenir avec le chef de
l'Etat et d'autres responsables algériens sur les dossiers chauds de l'actualité
régionale et internationale aux côtés des sujets qui intéressent exclusivement
l'Algérie et les Etats-Unis. D'ailleurs, elle saisira l'opportunité de son
séjour à Alger pour assister à la rencontre sur le sujet de la «Relation entre
les femmes politiques et la société civile» qu'organise à partir d'aujourd'hui
et ce jusqu'au 16 du mois en cours à l'hôtel El Riadh, l'ONG américaine,
National Democratic Institute (NDI). Il est utile de signaler que le déplacement
d’Alina Romanowski coïncidera avec celui de José Luis Zapatero, Premier ministre
espagnol, qui arrivera le même jour en Algérie.

Par Salah Eddine Belabes

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http://www.elwatan.com/journal/html/2004/07/12/actualite.htm#LA%20RIVALITÉ%20ENT\
RE%20WASHINGTON%20ET%20PARIS%20SE%20PRÉCISE%20/%20Le%20rush%20des%20ministres%20\
français%20à%20Alger
LA RIVALITÉ ENTRE WASHINGTON ET PARIS SE PRÉCISE / Le rush des ministres
français à Alger

Le successeur de M. Dominique de Villepin à la tête du ministère français des
Affaires étrangères, M. Michel Barnier, entame aujourd'hui sa première visite en
Algérie. Connu surtout pour être un grand connaisseur des dossiers européens, M.
Michel Barnier ralliera Alger, en fin d'après-midi, à partir de Bruxelles où il
doit d'abord prendre part à une rencontre des ministres des Affaires étrangères
des pays de l'Union européenne (UE) membres de l'Organisation internationale de
la francophonie (OIF).

Suivie d'une réunion avec le Conseil des affaires générales de l'UE, cette
rencontre devrait permettre à M. Barnier de se mettre dans le bain africain
avant son arrivée à Alger puisqu'il rencontrera à Bruxelles M. Abdou Diouf, le
secrétaire général de l'OIF. Ayant inauguré son baptême du feu en tant que chef
de la diplomatie française avec une visite au royaume du Maroc, il y a trois
semaines, M. Michel Barnier vient officiellement à Alger avec pour mission
d'approfondir le partenariat entre l'Algérie et la France. Il s'agit également
pour lui d'explorer avec les autorités algériennes la poursuite du dialogue sur
les questions régionales (Sahara-Occidental et intégration maghrébine) et
internationales. La visite à Alger de M. Michel Barnier «permettra de définir
les prochaines étapes de notre relation bilatérale, selon les axes fixés par la
Déclaration d'Alger du 2 mars 2003, et de nourrir notre dialogue sur les
questions régionales et internationales», a déclaré, à ce propos, le
porte-parole du Quai d'Orsay lors d'un point de presse animé vendredi dernier.
Et d'ajouter que celle-ci (la visite) «s'inscrit dans le prolongement de la
visite que le président Chirac a effectuée le 2 mars 2003 et son déplacement du
15 avril dernier». Plus qu'une simple prise de contact, le séjour de deux jours
de M. Michel Barnier à Alger constituera donc une étape importante dans la
finalisation du dossier des relations algéro-françaises. Et à ce titre, la
partie algérienne doit, à l'heure actuelle, se montrer impatiente de connaître
la position de l'Elysée concernant la proposition de Bouteflika plaidant pour la
mise en place, parallèlement à la signature d'un traité d'amitié entre les deux
pays, d'un partenariat global entre Alger et Paris, faite à l'occasion de la
visite de M. Nicolas Sarkozy en juin dernier. Puisque la langue du business
semble être devenue, depuis quelque temps, un des canaux préférés des Français
et des Algériens, M. Michel Barnier, qui a dû se consacrer, ces derniers jours,
à «potasser» à fond le dossier Algérie, aura aussi l'occasion d'apprécier les
effets laissés à Alger par la dernière visite de M. Nicolas Sarkozy. Arrivé sur
le tarmac de l'aéroport d'Alger avec une brochette d'importants hommes
d'affaires, M. Sarkozy avait confirmé la volonté de Paris de se replacer
durablement sur le marché algérien. Outre l'objectif de rafler de nouveaux
grands marchés, il est apparu que le principal souci de Paris était notamment de
veiller à la pérennité de ses approvisionnements en énergie. Pérennité
aujourd'hui menacée par la domination exercée sur le secteur par les compagnies
pétrolières américaines, chinoises, japonaises, espagnoles et italiennes. Reçu
en grande pompe, M. Nicolas Sarkozy a, selon certaines sources, quelque peu déçu
les attentes d’Alger qui attendait beaucoup de sa visite. Selon des dires,
confirmés par des membres de sa délégation, l'offre faite par le ministre
français de l'Economie concernant par exemple le dossier de la reconversion de
la dette, aurait suscité un désappointement parmi ses interlocuteurs algériens,
tant celle-ci est apparue «insignifiante» au regard des ambitions et des
attentes des deux pays. En ce sens, nombreux sont les observateurs qui ont jugé
inexplicable que la France consacre plus d'investissements directs colossaux à
des pays «infréquentables» et se contente toujours de son statut de fournisseur
lorsqu'il est question de l'Algérie. Certainement informé de la situation, il
est donc à prévoir que M. Michel Barnier mette à profit son séjour pour mettre
plus d'ordre dans les dossiers économiques intéressant les deux pays. Au-delà du
problème crucial du pétrole et du gaz, la France a surtout un motif pour
s'inquiéter de la présence américaine en Algérie. Décidés à faire du Maghreb un
partenaire stratégique, les Etats-Unis ont engagé depuis quelques années une
coopération militaire avec les pays de la région, qui commence à susciter des
cauchemars aux stratèges français. Les visites régulières d'experts militaires
américains dans la région et l'installation récemment d'une base américaine au
Mali confirment l'idée que Washington n'exclut pas, à terme, l'éventualité
d'intégrer le Maghreb dans son dispositif de défense. Cette hypothèse serait une
catastrophe pour Paris, qui considère la région comme sa chasse gardée. Déjà
talonnée de près par les Américains dans de nombreux pays africains, tels que le
Sénégal et le Mali, réputés être ses fidèles alliés, la France paraît résolue,
dans le cas du Maghreb, à défendre ses «acquis», quitte à sacrifier sa chasteté
traditionnellement exprimée à l'égard de la coopération militaire avec
l'Algérie. C'est ce qui expliquerait, d'ailleurs, le rush des ministres français
en Algérie. Car juste après la visite de M. Michel Barnier, est attendu le
retour de M. Nicolas Sarkozy et surtout l'arrivée de la ministre française de la
Défense, Mme Michelle Alliot-Marie. Une première dans les relations
algéro-françaises. En attendant les résultats de cette offensive diplomatique,
Washington ne donne pas, pour le moment, l'impression d'être sur le point de
réviser ses ambitions. L'envoi le 14 juillet prochain à Alger de sa déléguée
pour l'Initiative de partenariat au Moyent-Orient (MEPI), Alina Romanowsky,
prouve au contraire une volonté de sa part de gâcher la fête.

Par Zine Cherfaoui

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http://www.elwatan.com/journal/html/2004/07/12/actualite.htm#LA%20RIVALITÉ%20ENT\
RE%20WASHINGTON%20ET%20PARIS%20SE%20PRÉCISE%20/%20Le%20rush%20des%20ministres%20\
français%20à%20Alger
Les Américains s’invitent à Alger

C'est sur le dossier «des propositions relatives à la promotion de
l'alphabétisation en Algérie» que s'entretiendra l'Américaine Alina Romanowski
avec des responsables du ministère de l'Education nationale. Des propositions
que la délégation algérienne, ayant accompagné le président Bouteflika, avait
évoquées lors du dernier sommet du G8 tenu récemment à Sea Island (Etats-Unis).

Occupant le poste de déléguée du secrétaire d'Etat adjointe pour le
Proche-Orient, chargée de l'Initiative de partenariat au Moyen-Orient (MEPI),
Mme Romanowski sera en visite à Alger du 14 au 16 juillet. Un séjour qui fait,
en réalité, partie d'une tournée qui la conduira également au Maroc et en
Tunisie. C'est pourquoi elle ne manquera pas de s'entretenir avec le chef de
l'Etat et d'autres responsables algériens sur les dossiers chauds de l'actualité
régionale et internationale aux côtés des sujets qui intéressent exclusivement
l'Algérie et les Etats-Unis. D'ailleurs, elle saisira l'opportunité de son
séjour à Alger pour assister à la rencontre sur le sujet de la «Relation entre
les femmes politiques et la société civile» qu'organise à partir d'aujourd'hui
et ce jusqu'au 16 du mois en cours à l'hôtel El Riadh, l'ONG américaine,
National Democratic Institute (NDI). Il est utile de signaler que le déplacement
d’Alina Romanowski coïncidera avec celui de José Luis Zapatero, Premier ministre
espagnol, qui arrivera le même jour en Algérie. A rapprocher également avec
celui de Michel Barnier, ministre français de l'intérieur qui sera dès
aujourd'hui à Alger. Ce ballet diplomatique renseigne sur l'intérêt grandissant
que ne cessent de manifester Washington, Paris, Madrid et d'autres capitales
occidentales à l'égard des autorités algériennes. Une sorte de challenge semble
être engagé entre ces capitales ces derniers temps, et ce, en lien avec «les
bonnes dispositions» qu'affiche aujourd'hui Alger pour intéresser les
investisseurs étrangers. D'ailleurs, Philo L. Dibble, secrétaire d'Etat adjoint
pour le Proche-Orient en séjour chez nous, il y a une vingtaine de jours,
s'était particulièrement exprimé, face à la presse algérienne, sur son souci de
«faire comprendre aux Etats-Unis la complexité et les progrès réalisés par la
nouvelle Algérie après dix années de terrorisme».

Par Salah Eddine Belabes

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http://www.lanouvellerepublique.com/actualite/lire.php?ida=13960&idc=4&PHPSESSID\
=c7541533306e5f488873d55838078000


Paris - Washington
Guerre d’intérêts en Algérie

«Les Etats-unis soutiennent l’Algérie dans son effort d’adhésion à
l’Organisation mondiale du commerce», a déclaré récemment l’ambassadeur
américain à Alger. Ce dernier réagissait à des écrits de presse disant que
Washington entravait le processus de négociations pour l’accession de notre pays
à l’OMC. Lors d’une conférence de presse qu’il a animée à la fin des travaux du
conseil national du RND, Ahmed Ouyahia, chef du gouvernement, en réponse à une
question, réfutera tout blocage avec l’OMC et annoncera le début des accords
bilatéraux à partir d’octobre prochain. Entre temps, les observateurs assistent
à un véritable ballet diplomatique depuis le début de ce mois.
Paris semble mener un véritable forcing. Trois grosses pointure du gouvernement
Raffarin vont se relayer à Alger à partir du 14 juillet. Michel Barnier,
ministre des Affaires étrangères, sera la première à fouler le tarmac de
l’aéroport d’Alger. Lui succédera, quelques jours plus tard, Mme Michelle
Alliot-Marie, ministre de la Défense. Enfin, Nicolas Sarkozy, ministre des
Finances, bouclera la boucle en effectuant sa deuxième visite dans notre pays en
l’espace de deux mois. Plus discrets, les Etats-Unis ne sont pourtant pas à la
traîne. Du 14 au 16 juillet, Alina Romanovski, déléguée du secrétaire d’Etat
adjointe pour le Proche-Orient, chargée de l’initiative de partenariat au
Moyen-Orient est attendue à Alger. Tandis que, les 20 et 21 juillet, le conseil
algéro-américain sur le commerce et l’investissement ( Tifa ) se réunira à
Washington.

Qu’est-ce qui fait peur à Paris ?

Après la récente conclusion d’un accord de libre-échange entre les Etats-Unis et
le Maroc, Paris s’est rendu compte que Washington compte bel est bien renforccer
sa présence économique, politique et militaire au Maghreb. Quelques semaine
après l’accord conclu avec Rabat, les Etats-Unis finalisent avec Alger un
accord sur le commerce et l’investissement dit Tifa. La volonté affichée par le
gouvernement de George Bush de renforcer sa présence en Afrique du Nord a
coïncidé avec le retards mis dans le paraphement par les parlements des pays
composant l’Union européenne et de l’Algérie de l’accord d’association. Et la
déclaration faite à Dublin par Abdelaziz Belkhadem, ministre des Affaires
étrangères, disant que l’Algérie n’est pas pressée pour parapher cet accord a
fini par semer le doute sur les intentions de Bouteflika. Ce n’est qu’avant-hier
que le représentant de l’Union européenne à Alger montera au créneau pour
rassurer et promettre que les parlements des vingt-cinq pays adopteront
l’accord d’association avant la fin 2004.
Pourtant seul le langage des chiffres permettra de mesurer les enjeux.
L’Algérie est le premier et de loin le plus important partenaire commercial de
la France en Afrique du Nord. En 2003, les échanges commerciaux entre les deux
pays se sont élevés à 5,83 milliards de dollars. Avec la France, la balance
commerciale est en défaveur de l’Algérie qui a accusé l’année passée un déficit
dépassant les 400 millions de dollars. Avec les Etats-Unis, les échanges ont
avoisiné les cinq milliards de dollars. Et contrairement avec la France, la
balance est largement excédentaire au profit de l’Algérie avec plus de 3,5
milliards de dollars en 2003. Et c’est ce déséquilibre commercial que Washington
veut faire diminuer. Tandis que Paris n’aspire qu’à maintenir sa place
privilégiée dans le commerce avec Alger. Mais si la France domine aussi le
commerce avec le Maroc et la Tunisie, il reste que le poids des Etats-Unis dans
ces deux pays maghrébins reste minime. En 2003, les échanges commerciaux entre
le Maroc et les Etats-Unis n’ont pas dépassé les 900 millions de dollars. Alors
qu’avec la Tunisie, la barre des 300 millions de dollars n’avait même pas été
atteinte. En clair, le plus grand enjeu économique pour Washington reste
l’Algérie. Et c’est pour cette raison que les Etats-Unis comptent bel et bien
faire accélérer le processus de négociations avec l’OMC pour voir le marché
algérien s’ouvrir de plus en plus à ses produits et réduire ainsi son lourd
déficit commercial. Evidemment, toute avancée commerciale américaine en Algérie
se fera au détriment des intérêts français en particulier et européens en
général. D’autres pays membres de l’Union européenne que sont l’Italie,
l’Espagne, l’Allemagne, le Portugal, la Belgique et la Grande- Bretagne vont se
retrouver dans la même position concurrentielle que les Etats-Unis. Et la
différence se fera suivant l’importance des investissements et des
délocalisations que mèneront à l’avenir les entreprises des pays européens et
américains en Algérie. Les positions acquises sur le marché algériens par
certains pays risqueraient fort d’être remises en cause après l’adhésion à
l’OMC.

12-07-2004
M. Chermat

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http://www.latribune-online.com/1207/p03.htm

Michel Barnier en Algérie pour de nouvelles étapes d’un «partenariat
d’exception»

Le chef de la diplomatie française en visite aujourd’hui à Alger

Lundi 12 juillet 2004

Par Younes Hamidouche

Le ministre français des Affaires étrangères, Michel Barnier, effectue
aujourd’hui et demain une visite officielle en Algérie. Cette visite s’inscrit
dans le prolongement de celles du président de la République française, Jacques
Chirac, effectuées respectivement le 15 avril dernier et les 2, 3 et 4 mars 2003
à Alger et Oran. Approfondissement des relations bilatérales et des points de
vue sur les questions régionales et internationales figure au centre de cette
visite du chef de la diplomatie française à Alger. La Déclaration d’Alger et le
«partenariat d’exception» qu’elle suggère constituent à ce propos l’assise de la
refondation des relations entre les deux pays depuis notamment 1999 comme le
rappelle le ministère français des Affaires étrangères dans une récente
déclaration. C’est donc à partir de cette assise-là qu’est attendue la
définition des «prochaines étapes» dans les relations bilatérales
algéro-françaises. A Alger, le nouveau patron du Quai d’Orsay, membre de droit
du bureau politique de l’UMP, sera notamment reçu en audience par le président
Abdelaziz Bouteflika et aura un entretien avec son homologue Abdelaziz
Belkhadem. Aussi, le Quai d’Orsay précise que «des contacts avec des
personnalités de la société civile et des ONG ayant pris part aux secours mis en
place après le séisme du 21 mai 2003 dans la région d’Alger» sont prévus dans
l’agenda de Michel Barnier. Au sujet de la question de «l’intégration
maghrébine», préalablement soulevée comme cela avait été le cas lors de la
visite de M. Barnier au Maroc, la France relève que «c’est un continuum» et que
c’est de cette intégration souhaitée que dépend l’avenir de l’espace
euro-méditerranéen. Cette escale algéroise de M. Barnier pourrait aussi donner
un aperçu un peu plus clair de la nouvelle vision des relations
algéro-françaises à laquelle font souvent référence les dirigeants et les hommes
d’affaires des deux pays.

Du côté français, on semble conscient de l’offensive américaine, de plus en plus
large et diverse, dans le pays d’origine de Zidane, ce qui n’a pas l’air de
plaire à Paris. Mais, dans ce jeu à qui séduira le mieux entre Paris et
Washington, l’Algérie entend tirer profit maintenant que se dissipe le
brouillard des années d’isolement et de souffrances induites essentiellement par
le terrorisme et la crise économique.

Sur d’autres volets relatifs à la construction maghrébine -tardant à se
concrétiser-, Paris et Washington voient aussi Madrid, et à un degré moindre
Rome, Londres, Pékin, Moscou ou Berlin, pointer le nez comme c’est le cas, par
exemple, du dossier sahraoui en suspens entre Rabat et le Front Polisario.

Le diplomate français qui se veut défenseur d’une Europe devant passer du statut
de «puissance du monde» à celui de «puissance mondiale» apte à ne pas se laisser
distancer par la superpuissance américaine, a récemment inscrit, parmi les
«priorités» de la diplomatie de son pays durant les années à venir, la mise sur
pied de ce qu’il a appelé «la communauté euro-méditerranéenne». Persévérant dans
la revendication d’un «monde multipolaire», la France n’hésite guère à
développer, par la voie de son actuel ministre -un diplômé de l’Ecole supérieure
de commerce à Paris-, sa vision de soutien à d’autres «puissances mondiales»,
comme c’est le cas par exemple de la Chine, membre permanent du Conseil de
sécurité où siège présentement l’Algérie. Michel Barnier souhaite même que les
pays émergents (Inde, Brésil, Afrique du Sud…) puissent bénéficier de
consolidation sur la scène internationale dictée par la «nécessité de plusieurs
pôles» dans le monde. C’est ce même ministre qui, évoquant les Américains et les
Français en les qualifiant de «définitivement amis et alliés», estime que
«l’alliance n’est pas une allégeance», défendant ainsi sa réputation d’acharné
défenseur de «l’européanisme». Ancien commissaire européen chargé de la
politique régionale, M. Barnier, gaulliste dès son jeune âge, ne manque aucune
occasion d’étaler cette vision européenne qu’a la France chiraquienne qui s’est
récemment résumée à travers l’aboutissement du projet de Constitution
européenne. Lors de l’élaboration de ce texte de Constitution, M. Barnier s’est
vu confier la présidence du groupe de travail sur la défense européenne.

L’ancien député d’Albertville, président du Conseil général puis sénateur de la
Savoie (1978-1999) et ex-ministre de l’Environnement (1993-1995), puis ministre
délégué aux affaires européennes (1995-1997), Michel Barnier, l’un des plus
proches collaborateurs du président français, est un Européen convaincu qui veut
que l’UE assume pleinement son rôle et son poids même en dehors du Vieux
Continent. Faire de la sorte admettre que le retour des Etats-Unis à une
démarche multilatérale se fasse, en Irak sous impulsion onusienne, en Palestine
dans le cadre du quartette, et partout ailleurs dans le monde sous l’aiguillage
européen. Le successeur de Dominique de Villepin à la tête des affaires
étrangères françaises sait qu’Alger est un passage incontournable dans cette
optique.

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3. MAROC-ARABIE SAOUDITE-SAHARA
http://www.telquel-online.com/135/couverture_135_1.shtml

Par Karim Boukhari et Khalid Tritki
Enquête : Nos amis les saoudiens

Hassan II avait fait d'eux "nos frères". Marchant dans les pas de l'Amérique,
Mohammed VI, lui, a changé de Mecque. Chronique d'une brouille qui risque de
nous coûter cher. Au sens propre.

8 Avril 2004, le prince Abdellah d'Arabie offre un dîner en l’honneur de Moulay
Hicham. L’annonce, aux allures de poisson d’avril, donne déjà des sueurs froides
aux Marocains. Pourquoi un tel dîner ? Pourquoi l’organiser au Maroc, quand les
deux hommes, qui revenaient de séjours à l’étranger, auraient pu se
retrouver en Europe ? Dans l’entourage du prince héritier saoudien (et numéro un
effectif du pays, en l’absence du roi Fahd, malade), on dit que l’invitation
répond à un "signal fort" venu de Rabat. En langage plus courant, Mohammed VI
aurait souhaité une médiation du prince Abdellah pour régler ses différends avec
Moulay Hicham. Mais rien n’est moins sûr. Abdellah accueille Moulay Hicham à
Bouskoura, dans la luxueuse résidence du Saoudien. Les autorités marocaines, qui
surveillent tous les faits et gestes de Moulay Hicham, n’apprécient guère. Et
elles ne seront pas au bout de leurs surprises. Le dîner de Bouskoura se déroule
en présence du ministre saoudien des Affaires étrangères Saoud Fayçal et,
surtout, du patron des renseignements. Même l’agence de presse officielle et la
télévision saoudienne sont de la partie. Moulay Hicham en est le premier
surpris. Son dîner chez le "frère" Abdellah a pris, à Ryad, la dimension d’un
événement politique. Ce qui a le don d’irriter considérablement les officiels
marocains, convaincus que l’initiative du prince Abdellah avait largement
dépassé le cadre "familial" (Moulay Hicham est le cousin germain du prince Walid
Ben Talal) que le cercle diplomatique saoudien voulait bien lui prêter.
L’anecdote du dîner jette un froid sur les relations maroco-saoudiennes. Le
Maroc officiel ne bronche pas, mais a du mal à encaisser le coup. Et les
Saoudiens d’en rajouter. L’ambassadeur Abdelaziz Khoujaâ est rappelé à Ryad
quelques semaines après le fameux dîner, auquel il avait d’ailleurs pris part.
Ryad ne désigne personne pour le remplacer à Rabat, se contentant de gérer les
affaires courantes par un "délégué" de la diplomatie saoudienne. Valeur
aujourd’hui, l’Arabie saoudite n’a pas d’ambassadeur à Rabat, une situation qui
fait tâche dans le ciel bleu censé envelopper les relations maroco-saoudiennes.
La riposte du Maroc ne s’est pas fait attendre. En juin 2004, le royaume a porté
le Turc Ikmal Eddine Ihsan Ogali à la tête de l’OCI (organisation de la
conférence islamique), là où les Saoudiens, principaux bailleurs de fonds de
l’organisation, menaient campagne pour son adversaire direct, le Bengali
Salauddin Quader Chowdhury. Pour la première fois depuis la création de l’OCI en
1969, Rabat et Ryad se sont ouvertement opposés. Les Saoudiens, perdants dans
cette affaire, ont mal encaissé le coup. D’autant que le représentant marocain,
Abdelouahed Belkziz, ancien S.G de l’OCI, a adressé des critiques acerbes à
l’organisation islamique. Du jamais vu.
Ce n’est pas pour rien que la presse saoudienne, y compris la version
internationale d’"Acharq Al-Awsat", a depuis quelque temps oublié son ton
traditionnellement fraternel envers le Maroc, pour adopter une neutralité toute
nouvelle. Exemple : quand le prince Soltane, numéro 3 de la famille régnante,
rentre du Maroc où il était venu se faire soigner, il y a quelques semaines, les
médias saoudiens parlent d’un "retour de l’étranger", oubliant étrangement les
formules de "pays frère" habituellement réservées au Maroc. Et quand, il y a
quelques jours, une dépêche de l’agence britannique AP a ajouté au trouble en
évoquant des foyers de tension entre le Maroc et l’Arabie, ni les médias
saoudiens, ni les officiels n’ont publié le démenti de circonstance.
Dans des milieux proches de la diplomatie saoudienne, on ne nie pas l’existence
de la crise, la première de son genre, mais on en minimise la portée. "Notez
bien, nous dit ce proche de la dynastie régnante, que tant que les princes
Abdellah, Soltane et Nayef rendent régulièrement visite au Maroc, les relations
entre les deux pays sont sauves". Soltane, celui que l’on appelle le "prince
d’Agadir" par référence à son palais dans le sud marocain, a d’ailleurs
programmé de se rendre au Maroc, courant août. Sans mission officielle mais avec
l’espoir d’amorcer une "reprise" véritable avec le royaume. L’émissaire saoudien
aura fort à faire pour effacer les rancoeurs additionnées des deux côtés,
surtout du côté saoudien. Exemple : En février 2004, le séisme d’Al-Hoceima
avait provoqué un véritable élan de solidarité internationale. L’Arabie Saoudite
s’y est jointe en mettant 50 millions de dollars dans la cagnotte. Le Maroc a
oublié (ou omis) de le mentionner à l’heure des comptes, dressés par le wali de
Bank Al-Maghrib. Inutile de dire qu’à Ryad, on n’a guère apprécié cette "pudeur
excessive" des autorités marocaines. Un autre indice, encore plus significatif,
a eu lieu quelques mois auparavant, à la rentrée 2003. Le prince Abdallah se
rend alors à Casablanca, encore sous le choc du 16 mai. Le message du prince
n’est pas difficile à décrypter : "Faisons confiance au Maroc, et soutenons-le
dans sa crise". Abdallah demande, dans la foulée, "ce qu’il peut faire pour le
Maroc" et on lui conseille, dans son entourage, "d’offrir sur un plateau la
reconstruction du quartier de Sidi Moumen". Marché conclu. Deux jours avant le
départ d’Abdallah pour une visite en Russie, un coup de tonnerre secoue la
délégation saoudienne : Sylvan Shalom, le ministre des Affaires étrangères
israélien se déplace au Maroc ! Pendant que Mohammed VI reçoit l’émissaire
israélien à Tétouan, les accompagnateurs d’Abdallah se mordent les doigts : "Le
Maroc, protestent-ils en coulisse, aurait pu décaler son calendrier pour éviter
que Shalom et Abdallah soient présents, dans le même moment, sur le sol marocain
!". A Ryad, l’incident prend des allures de camouflet infligé au prince
héritier. Abdallah, sérieusement remonté, oublie ses projets marocains et quitte
Casablanca dans la précipitation.
Cet incident, comme d’autres, a réveillé une blessure née dans l’après-Hassan II
: le Maroc n’a pas véritablement d’interlocuteur à offrir aux "frères" saoudiens
(lire encadré en page 24). "Les émissaires marocains sont souvent jeunes et
francophones, ignorant beaucoup des spécificités saoudiennes", observe-t-on à
répétition à Ryad. Aussi étonnant que cela puisse paraître à ce niveau-là, un
conflit de génération existe. "Abdellah, ou Fahd, avaient l’habitude de traiter
avec Hassan II ou ses conseillers Boutaleb et Bensouda, ces gens avaient le même
âge et se connaissaient parfaitement à force de se côtoyer", explique encore cet
observateur. La méconnaissance de l’autre a fait son effet dès les obsèques de
Hassan II où le prince Khaled Ben Soltane, véritable commandant des armées
saoudiennes (et co-dirigeant de l’opération desert storm avec le général
Schwarzopf, en 1991), a longtemps attendu d’être reçu par Mohammed VI avant de
l’être par Moulay Rachid. Le prince saoudien n’a pas apprécié. Plutôt que de
provoquer un incident diplomatique, il a préféré réagir sur un plan commercial,
arrêtant l’impression du journal (Al-Hayat) qu’il dirige et dont les dividendes
restaient, jusque-là, au Maroc.
Depuis, les frustrations saoudiennes ont basculé vers un autre terrain, encore
plus sensible : le sécuritaire. Quand Rabat annonce, à l’été 2002, avoir mis la
main sur trois Saoudiens accusés de terrorisme, Ryad ne comprend plus. La
coopération sécuritaire entre les deux pays, jusque-là exemplaire, en prend un
coup. Ryad a été informé après Washington de la prise effectuée par les services
marocains. Une première concernant des ressortissants de nationalité saoudienne
! Déjà fragilisée intérieurement, mal exposée au regard de l’opinion mondiale,
Ryad n’avale pas la soudaine "real politik" adoptée par Rabat. Malgré les
efforts du Maroc pour faire avaler la pilule (verdicts cléments pour les
Saoudiens, extradés finalement vers l’Arabie saoudite en 2004), Ryad se rend à
l’évidence : sur le plan sécuritaire, l’axe Rabat-Washington a indiscutablement
relégué la "fraternité inter-arabe" au second plan.
Les désordres qui émaillent l’amitié maroco-saoudienne viennent, pourtant, après
une longue lune de miel de quarante années qui se confond avec le règne de
Hassan II.

60’s : L'alliance stratégique est née
L’organisation des services marocains, personnifiés par le CAB 1, a fait le
bonheur… des services saoudiens. Très tôt en effet, des émissaires marocains,
choisis parmi les arabisants, investissent régulièrement à Ryad pour aider à
l’organisation du renseignement et de la sécurité saoudienne, le tout sous le
parrainage des experts américains. Tous les haut-responsables marocains, de
Dlimi à Oufkir, ont rendu des visites "amicales" à Ryad, parfois après un détour
à La Mecque pour effectuer le pèlerinage du Hadj. Les CMI illustrent
parfaitement cette tendance, eux qui ont assuré une présence quasi permanente
sur le sol saoudien. L’alliance avec le lointain (géographiquement) frère
saoudien s’explique par des raisons historiques, Hassan II ayant toujours
considéré la dynastie saoudienne comme une deuxième "famille". Sur un plan plus
pragmatique, le monarque avait bien entendu mesuré la montée en puissance de
Ryad, riche de ses gisements pétroliers depuis les années 30-40. Mais, à
l’époque, les enjeux restent d’abord politiques. Les deux régimes se sont
rapidement faits un ennemi commun : la montée progressive du panarabisme,
incarné par Nasser, qui renversait les monarchies arabes l’une après l’autre.
Rabat et Riyad, appuyés de loin par Washington, ont pris conscience de cette
lame de fond. Du coup, il devenait urgent pour leur survie de constituer une
ligne de défense, passant également par Amman où le roi Hussein se débattait
entre ses opposants et la pression qu’induisait l’affaire palestinienne. Mais la
défaite de l’axe Egypte/Syrie dans la guerre de 67 a diminué l’influence du
nassérisme et a permis aux monarchies de respirer. Ce qui a ouvert la voie à une
autre forme de coopération. Le Maroc qui a avait une longueur d’avance sur le
plan de la formation des cadres, a pris sur lui d’aider l’Arabie Saoudite. Des
enseignants et des techniciens marocains ont pris la route de l’Arabie. La
formation a concerné également le domaine policier et militaire. Les bases d’une
alliance stratégique étaient définitivement jetées.

70’s : l'âge d’or
Les débuts des années 70 ont été turbulents pour le monde arabe. En 1973, la
guerre contre Israël redessine les alliances au niveau international. La
position de l’Arabie Saoudite, qui a brandi l’arme pétrolière pour faire
pression sur les Américains, est désormais celle d'une puissance pétrolière et
financière mondiale. Côté Ouest, le Maroc entame une phase difficile. Le conflit
du Sahara pointe, alors que le cours des phosphates, la principale richesse du
pays, s’effondre. Le Maroc est dans une position d’autant plus difficile que le
Sahara, au lieu d’être une reconquête rapide, prend rapidement la dimension
d’une guerre quotidienne et extrêmement coûteuse. L’Arabie se rappelle alors au
bon souvenir de Hassan II. Les Saoudiens passent à la caisse, endossant la
totalité de la facture pétrolière du pays. Et mettent la main à la poche pour
soutenir, matériellement, le Maroc dans la guerre du Sahara. Des sources
avancent que, au plus fort de la crise financière du royaume, même les salaires
des fonctionnaires étaient versés par les Saoudiens, ajoutant que Hassan II
était le seul étranger (à la dynastie saoudienne) à avoir bénéficié d’un
pourcentage sur la manne pétrolière de Ryad. Au passage, les Saoudiens
repoussent le péril pétrolier… et républicain incarné par l’Algérie.
En 1977, les accords de Camp David mettent l’Egypte au ban du monde arabe. Cette
actualité, combinée à la guerre civile qui faisait alors rage au Liban, oblige
les Saoudiens à détourner leurs destinations de loisirs vers d’autres pays. Dont
le Maroc ami, rapidement repositionné comme destination privilégiée des émirs et
notables saoudiens. Le tourisme saoudien investit alors le pays et les premiers
signes sont apparus dans les villes de Casablanca, Rabat, Tanger et Agadir. Le
hic est que le Maroc avait officiellement décrété la fermeture des maisons
closes en 1973. Qu’à cela ne tienne, un néo phénomène voit le jour : le
transfert des plaisirs vers les villas, palaces et appartements privés. Et c’est
là que, socialement, les Marocains palpent concrètement la présence saoudienne
et son incidence, surtout urbaine, sur les mœurs du pays. Toute l’industrie du
plaisir est reconfigurée, gagnant en couleurs (orientales) et en dimensions. Il
n’y a pas encore d’investissements touristiques directs, mais l’arrivée des
hôtes de marque et leurs nouvelles installations s’accompagnent d’une
rénovation-agrandissement des principaux hôtels, ports et aéroports du royaume.
Mais en février 1979, l’éclatement de la révolution iranienne envoie une onde de
choc aux deux monarchies. Le Shah, chassé de son trône, se réfugie d’ailleurs un
moment au Maroc où il possède de nombreux biens. Le nouvel Iran, celui de
Khomeiny et des chiites, se substitue à l’ancienne menace de Nasser. Le Maroc et
l’Arabie ont de nouveau un ennemi commun, encore plus redoutable que le premier
: le modèle iranien. Contrairement au nassérisme, la révolution iranienne
s’appuie aussi sur l’Islam, avec la menace potentielle de rallier toutes les
masses. Il n’y a plus à hésiter : la menace chiite ne peut être contrée que par
une alliance sunnite. Les contours de cette alliance allaient se dessiner avec
précision dans les années 80.

80’s : Bienvenue au wahhabisme
L’onde de choc de la révolution iranienne se répand sur la capitale religieuse
de l’islam : la Mecque. A l’occasion du pèlerinage, 1.500 intégristes, surtout
des Saoudiens, brandissent les slogans de la révolution et prennent en otage les
lieux saints de l’Islam. L’Arabie Saoudite connaît les affres du terrorisme. La
vie de 15.000 personnes est en jeu. Ryad, dans l’incapacité de dénouer la crise,
fait appel à des commandos français pour la tirer d’affaire. Les Français y
arrivent tant bien que mal. Ils sont secondés… par des unités d’intervention
marocaines. Encore une preuve indéfectible de "l’amour" qui baigne les deux
monarchies.
Mais en 1981, le Maroc, qui n’en a pas fini avec ses propres troubles internes,
va plus loin. Obnubilé par la montée du chiisme iranien et son extension à
toutes les terres d’Islam, le royaume prend la décision historique de supprimer
les départements de philosophie à l’Université, et de les remplacer… par des
départements dédiés aux études islamiques. Mais il ne s’agit pas d’enseigner
n’importe quel modèle d’islam. Des instructions fermes sont ainsi données pour
que le corps enseignant au sein de ces départements soit issu du contingent des
étudiants marocains en Arabie Saoudite. L’importation du courant Wahhabite,
jusqu’alors latente, est officialisée. Elle ressemble point par point à une
politique d’Etat.
Parallèlement à cette inflexion dont on n’a pas fini, aujourd’hui encore, de
mesurer toutes les conséquences, le Maroc ouvre ses portes à de nouvelles formes
de collaboration avec l’Arabie Saoudite. La première vague des businessmen
saoudiens débarque au Maroc. Un Adnan Kashoogi, par exemple, a failli conclure
dès le début des années 80, le marché des armes avec le royaume, toujours en
guerre au Sahara. Le deal avec Kashoogi n’a pas été conclu, mais les dès étaient
jetés. D’autres hommes d’affaires ont pris le relais pour la réalisation de
projets touristiques au Maroc. C’est ainsi qu’un proche de la dynastie
saoudienne, Ferâoun, fait son entrée. Il achète l’hôtel Casablanca et le
transforme en Hayat Regency. Il initie également des projets immobiliers dans
différentes villes, surtout à Rabat, les résidences Kayss et Fath, à Agadir où
il construit un quartier résidentiel. L’argent saoudien, longtemps bloqué au
seul secteur immobilier, s’ouvre largement aux activités touristiques. Cet
argent va aussi, de plus en plus, aux symboles culturels. L’Arabie finance ainsi
la création de l’école Fahd pour la traduction à Tanger, puis la Fondation Al
Saoud à Casablanca. En 1983, le quotidien londonien Achark Al Awsat, financé par
la famille régnante en Arabie, s’installe pour de bon à Rabat, provoquant au
passage la seule authentique grève de la presse marocaine de
l’après-indépendance.
Et la menace iranienne dans tout cela ? L’Arabie Saoudite, avec la bénédiction
des Etats-Unis, a encouragé son voisin irakien, mené à l’époque par le
"prometteur" Saddam, à mener la première vraie guerre du Golfe, celle qui
l’opposera à l’Iran dès le début des années 80. Le conflit épuise la révolution
iranienne et vide les caisses de l’Etat. Le modèle de l’islam véhiculé par
Téhéran s’essouffle, malgré les manifestations répétées à chaque moussem du
Hadj. Si bien qu’à la fin de la décennie, le Maroc comme l’Arabie Saoudite
poussent un ouf de soulagement : le péril iranien n’est plus qu’un mauvais
souvenir. Mais à quel prix !

90’s : Les affaires d’abord
La décennie qui suit sera rude pour le partenaire du Maroc. La première guerre
du Golfe éclate en 1991 et oblige l’Arabie Saoudite à en payer la facture
financière, ce qui porte un coup dur à ses équilibres internes. Et affecte
lourdement les cours du pétrole. Mais l’alliance entre les deux monarchies n’en
souffre pas pour autant. Pour preuve, le Maroc décide d’envoyer un contingent
militaire au Golfe, essuyant au passage le mécontentement de la rue. Hassan II y
a mis la manière : "C’est notre amour pour nos frères saoudiens qui s’exprime à
travers cette décision" déclare-t-il à cette occasion. L’Arabie lui renvoie
l’ascenseur quand, quelques années plus tard, le pétrolier iranien Khrej déverse
sa cargaison au large des eaux marocaines. Ryad allonge 50 millions de dollars
pour parer à la catastrophe écologique qui menace le royaume. Finalement, la
catastrophe n’aura jamais lieu et le "cadeau" saoudien sera utilisé pour la
construction d’une université privée. De là est né Al-Akhawayne (ou l’université
des deux frères, par référence aux rois Hassan II et Fahd) à Ifrane en septembre
1993. Ce qui s’appelle avoir de la suite dans les idées. Toutefois, l’impact
financier de la guerre du Golfe allait réduire la capacité d’agir des Saoudiens.
La politique d’austérité adoptée dès lors par le gouvernement saoudien diminue
les aides accordées au Maroc et ralentit le train des investissements culturels,
informels de l’Arabie. Sans oublier que la fin de la guerre civile au Liban et
les retrouvailles scellées une décennie auparavant avec le grand frère égyptien,
ont rappelé les notables saoudiens à leurs plaisirs libano-égyptiens.
Au Maroc, l’apport financier de la monarchie pétrolière bascule sous forme
d’investissements de plus en plus rationalisés où la priorité revient à
l’opportunisme pur et dur des affaires. En 1992, année du cessez-le-feu au
Sahara, Hassan II propose à cheikh Salah Kamel de racheter 2 M, alors une chaîne
privée en sérieuses difficultés financières. La transaction n’aboutit pas.
L’année d’après, le projet Marinasmir dans le nord du pays tombe dans
l’escarcelle saoudienne. En 1996, le groupe saoudien Corral s’adjuge la Samir,
fraîchement privatisée. L’opération a donné lieu à beaucoup de spéculations. La
Samir, devenue aujourd’hui le premier investissement officiel de l’Arabie
Saoudite au Maroc, a été pratiquement livrée sur un plateau d’argent aux
pétrodollars de Ryad, sa privatisation n’ayant servi concrètement qu’à sa
rétrocession à Corral. En 1998, les Saoudiens raflent la mise pour l’Amphytrite
de Skhirat, obtenu après d’évidentes facilités bancaires. Pour Othmane Oumeir
et, surtout, Abderrahmane Amoudi, il est clair que pareille transaction n’aurait
jamais pu se faire sans la bienveillance du Palais.
La décennie des années 90 restera ainsi comme celle des affaires, les
investisseurs saoudiens poussant le luxe jusqu’à créer, quelque temps plus tard
(2002), un club des investisseurs arabes pour essayer de coller à l’image des
hommes d’affaires modernes et prospères. En tout cas, on est loin des décennies
60-70-80 où tous les indicateurs politiques et sécuritaires, tant à Rabat qu’à
Ryad, étaient constamment au rouge.

La difficile équation du futur
La disparition de Hassan II n’explique pas à elle seule les mutations en cours
dans les rapports entre les deux monarchies. La nouvelle donne du terrorisme
constitue un paramètre essentiel. Cette fois, le Maroc et l’Arabie Saoudite
doivent partager leur ennemi commun avec l’Amérique et le reste du monde. Plus
que jamais, les deux pays sont appelés à se positionner d’abord aux Etats-Unis.
C’est à Washington que le renseignement est centralisé, que les nouveaux
standards de démocratie et de stabilité sont définis. Le rôle de trouble-fête
joué par le protecteur américain explique-t-il toutes les frustrations
enregistrées tant à Ryad qu’à Rabat ? Certains cercles de la diplomatie,
marocaine et saoudienne, semblent bien le croire : "Rabat et Ryad restent deux
alliés naturels, l’administration américaine peut changer de titulaires et la
conjoncture mondiale peut évoluer". Au-delà des frictions entre les deux pays,
il n'est pas inutile de rappeler que les réserves exprimées par Rabat et Ryad au
sujet du projet du grand Moyen Orient convergent allègrement. Il est possible de
croire que les deux capitales ne sont plus tout à fait sur la même longueur
d'onde. Initialement, tous deux sont des Etats fondamentalistes, mais si le
Maroc tente une réforme religieuse, qui trébuche d'ailleurs, l'Arabie saoudite a
du mal à sortir de ses réflexes wahhabites, et pâtit de la situation de fin de
règne d'un Fahd croupissant. Mais il est également possible de croire qu'il y a
un déficit de communication entre les deux capitales et que, sur ce coup là, le
Maroc commet des maladresses qui risquent de lui coûter cher. On est loin de la
rupture, mais la brouille est installée.


Un interlocuteur par défaut

Depuis la mort de Hassan II, le dossier saoudien n’a pas arrêté d’être
"trimballé" d’un conseiller royal à l’autre, sans jamais trouver preneur. "Les
Marocains se tâtent, les Saoudiens s’impatientent", résume ce fin connaisseur
des relations entre les deux royaumes. Le seul interlocuteur des Saoudiens reste
Mohamed Benaïssa le ministre des A.E, ami de longue date des princes saoudiens,
et de Bandar Ben Soltane en particulier. A Ryad, on espérait plus, mieux,
traduisez : un conseiller dans l’entourage immédiat de Mohammed VI. Mais qui ?
Ahmed Bensouda et Abdelhadi Boutaleb jouaient ce rôle du temps de Hassan II.
Aujourd’hui, les candidats potentiels sont éliminés les uns après les autres.
André Azoulay et Zoulikha Nasry sont out, le premier étant juif, la deuxième…
étant une femme. Hassan Aourid, le seul à avoir le profil psychologique de la
mission, ne joue aucun rôle, hormis sa fonction de porte-parole du Palais.
Moâtassim ? Il est désormais hors du coup. Kabbaj ? Les quelques missions dont
il a été chargé à Ryad n’ont pas été des succès. Belfqih, Majidi, El Himma ?
Ryad aimerait bien accrocher un membre de ce trio magique, surtout Kabbaj,
l’homme d’affaires du Palais. Mais les vœux saoudiens ne sont pas près d’être
exaucés, tant Majidi incarne à la perfection cette "élite jeune et francophone
(et peu encline envers le protocole et les manières saoudiennes) qui entoure
Mohammed VI", tant décriée à Ryad.


Affaires et politique Le cas Dallah Al Baraka

La connexion entre politique et affaires s’illustre bien dans l’histoire de
Dallah Al Baraka au Maroc. Le prestigieux groupe saoudien a entamé ses
investissements au Maroc en force en 1989. Le groupe, spécialisé à l’époque dans
l’immobilier et la finance, décide de créer une unité de conditionnement de
poisson. L’investissement s’est réalisé à Tan Tan et a mobilisé près de 24
millions de dollars. Juste après, Dallah Al Barak place son pion dans l'Omnium
Marocain des Pêches (OMP). L’investissement est lourd : 70 millions de dollars.
L’enchaînement de deux investissements dans la pêche dans la zone sud, laisse
perplexe. Les observateurs qui ont suivi cette période, renforcent le scénario
d’une sollicitude royale. "Le Palais était intervenu dans l’affaire pour placer
les Saoudiens au moment où le partenaire lybien de l’époque s’était fait lyncher
par la justice", explique un opérateur. La pêche a été depuis le début des
années 70 un secteur réservé aux gradés de l’armée. L’impératif de sécuriser la
région a renforcé cette démarche. Dans cette logique, toute personne susceptible
d’investir dans ce domaine était soit proche de l’armée soit appuyé epar un
proche du Palais, si ce n’est par le roi lui-même. Dallah Al Baraka était et
demeure toujours de cette trempe. D’ailleurs, Mohamed VI lui-même leur a accordé
le projet d’aménagement de Taghazout. Alors que les déboires du groupes se
multipliaient, aucun membre du gouvernement et encore moins son ministre du
Tourisme n’a osé les inquiéter. Il a fallu le feu vert du Palais, une nouvelle
fois, pour leur retirer le projet. Mieux, lorsque la société Lone Star Energy
avait touché le fond, le groupe Saoudien a été sollicité pour renflouer ses
caisses. Il est actuellement majoritaire dans la société qui explore à Talsint.


Le tourisme attire l’argent de l’Arabie

Apartir du milieu des années 90, l’investissement saoudien est entré dans une
nouvelle phase plus sereine, plus professionnelle. Elle est marquée par le
souhait spontané de tirer profil des potentialités du pays. C’est le cas de
l’investissement de Corral dans le processus de privatisation de la Samir (400
millions de dollars). Ces investissements ont connu une poussée appréciable
depuis 1990. Malabata Corporation, appartenant au prince Turky Ben Nasser, a
investi 80 millions de dollars à Tanger. La gestion de ce complexe est du
ressort du prince Walid Ben Talal. Toujours dans le tourisme, l’homme d’affaire
Omar Al Hamid, patron de Nesco, réalise actuellement un investissement de 80
millions de dollars pour la construction de deux hôtels à Agadir et Marrakech.
Abdelmajid Abou Jadael vise l’hôtel Marhaba de Casablanca. L’investissement
prévu est de 50 millions de DH. Ali Ba Jaber et Jamal Ba Amer, le premier est
président du club des investisseurs arabes et l’autre directeur général de
Samir, lancent en août Majestic Limousine, une société de location de voitures
de luxe. L’enveloppe nécessitée est de 50 millions de DH. Globalement, les
investissements saoudiens au Maroc s’améliorent en volume et en qualité. Mais
ils restent faibles, comparées à d’autres pays arabes. L’ensemble des
investissements saoudiens est estimé à 1,8 milliards de dollars au Maroc, deux
fois moins qu’au Liban et trois fois moins qu’en Egypte. "Le Maroc peut faire
mieux s’il adopte une politique de promotion de l’investissement destinée au
pays arabes et surtout à mettre des mécanismes de suivi des investissements",
estime Ali Ba Jaber.
Les estimations chiffrées nous ont été communiquées par le club des
investisseurs arabes.

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4. SAHARA-FEMMES
http://www.telquel-online.com/135/sujet2.shtml

Par Laetitia Grotti
Femmes sahraouies : L’avant-garde de l’émancipation

Emancipées, les Sahraouies le sont depuis des lustres. Héritières d’une société
matriarcale, elles ont su conserver leurs droits bien avant la nouvelle
Moudawana. Visite guidée dans un univers profondément ancré dans le féminisme.

"Si ta femme te dit de te jeter dans un puits, espère seulement qu’il n’est pas
profond" énonce le dicton sahraoui, soulignant derechef le rôle primordial et
partant, original de la femme dans ces sociétés nomades. Certes, n’idéalisons
pas ! Il existe chez les Sahraouis une image première des femmes qui est
semblable à l’opinion dominante dans la plupart des cultures du monde, l’idée
qu’elles sont physiquement moins fortes que les hommes. A la différence
fondamentale "qu’argument est tiré de cette faiblesse pour justifier tous les
moyens et les institutions capables d’assurer le pouvoir économique et social
des femmes" explique l’ethnologue Hélène Claudot-Hawad.

Ce que confirme Elazza Likhili, de l’Union Nationale des Femmes Marocaines
(UNFM) section El Aaiun, "la femme sahraouie a toujours eu un rôle dans notre
société et dans nos familles. Elle joue le rôle de l’homme dans une société
nomade". La même souligne, "qu’historiquement, la seule activité était le
commerce, via les caravanes. Or, il fallait trois mois pour rejoindre Goulmime
qui était le premier point commercial. Du coup, il incombait à la femme la
gestion des biens et de la tente. C’est ce qui a donné sa force et son
indépendance à la femme sahraouie". Ce raisonnement conduit à une représentation
donnant au pôle féminin une nécessité vitale, image pour le moins marginale dans
la pensée du monde méditerranéen. "La femme représente le chaînon stable et
permanent de la communauté, le point fixe autour duquel évolue et s’agite le
reste du monde" précise encore Hélène Claudot-Hawad.

Pour Batoul Daoudi, de la tribu des Aït Lahcen et responsable de l’Agence de
développement social des "provinces du sud", il faut remonter dans le temps pour
comprendre cet état de fait. "N’oublions pas que jusqu’à l’arrivée des Beni
Hassan au 17ème, venant d’Arabie, les tribus sahraouies, essentiellement
senhaja, étaient régies selon le modèle matriarcal. Ce n’est qu’avec les Beni
Hassan que les tribus basculeront peu à peu vers le modèle patriarcal, tout en
gardant des caractéristiques senhajas, notamment en ce qui concerne le rôle des
femmes". Ainsi, même si la législation islamique a gagné du terrain et se trouve
adoptée partout, la construction du monde autour du principe féminin résiste
encore sur le plan idéologique.

Pour preuve, Salka Benabda, de l’association Basmat Al Amal, section El Aaiun
précise que "depuis sa naissance, la fille sahraouie est sacrée, elle est placée
au centre de l’attention familiale. D’ailleurs, insiste-t-elle, les tribus les
mieux cotées sont celles qui prennent soin de leurs filles". Ainsi, toutes sont
unanimes pour dire que de l’enfance à l’adolescence, la fille sahraouie est
choyée et qu’une fois devenue femme, son avis est primordial. Elle est
d’ailleurs consultée pour toutes les affaires du foyer comme de la tribu. Ce que
relève une fois encore notre ethnologue, "dans les assises ou les conseils, qui
réunissent hommes et femmes d’une même lignée, la voix féminine pèse autant et
même davantage que celles des hommes. Une décision ne peut être arrêtée que si
les femmes sont d’accord". Autant dire que la femme sahraouie jouit d’un
respect, tant familial que tribal, que peuvent lui envier bien des femmes du
"dakhil". C’est, à n’en pas douter, ce qui explique l’absence quasi-totale du
phénomène de la violence conjugale chez les Sahraouis, "les relations de mariage
empêchent les relations guerrières entre tribus, d’où le respect envers la
femme, car la violenter, reviendrait à infliger cette violence à toute la tribu"
détaille Batoul Daoudi. Et a contrario, c’est aussi ce qui justifie le taux si
élevé de divorces dans la région. La même souligne, "la femme sahraouie quitte
le foyer à la moindre injure qui touche sa dignité ou en cas d’adultère". Loin
de lui valoir l’infamie, le divorce est souvent l’occasion de faire la fête. "On
signifie à l’ex-mari que ce n’est pas la fin du monde, que la vie de son
ex-femme vient à peine de recommencer" explique Batoul. Pour l’anthropologue
Mohamed Naïmi, cette fête symbolise également l’acquisition d’une entière
liberté, "quand elle se marie, la femme passe de la tutelle du père à celle de
son mari. Une fois divorcée, elle devient libre. C’est précisément ce que l’on
célèbre".

Du coup, nos trois amies sourient franchement quand on leur parle de la réforme
de la Moudawana, visant à rendre effective l’égalité entres sexes, énoncée dans
la constitution. "Dans notre société, la Moudawana n’a jamais été appliquée, ce
sont les lois tribales qui prévalent" précise d’emblée Elazza Likhili. C’est
sans doute ce qui explique que les concepteurs du nouveau texte se sont
largement inspirés des propositions formulées par la section de l’UNFM des
"provinces du sud". A titre d’exemple, depuis toujours, la femme sahraouie est
consultée pour son mariage, c’est elle qui "prend époux". L’expression est
d’autant plus explicite qu’il existe, selon l’anthropologue Mohamed Naïmi, des
"tribus donatrices" de femmes. Ce qui signifie, non pas que l’on "donne" une
femme à la tribu du mari mais qu’au contraire, le mariage permet de "prendre"
l’homme à la tribu en question, renforçant ainsi le poids de celle dont est
issue la future mariée. Pour Naïmi, les "tribus donatrices" sont celles qui
dominent économiquement. Plus intimement, la tradition veut que les deux époux
se vouent une vie de respect ou une séparation à l’amiable. D’ailleurs, en cas
de divorce, la femme emporte tout : tant les biens légués par son père au moment
du mariage (c’est lui qui achète tout pour que sa progéniture n’ait rien à
devoir à son époux) que ceux que lui aura achetés son mari pendant l’union. La
tradition veut que l’homme ajoute encore des biens pour garder de bonnes
relations avec la famille de son ex-femme. Du coup, il est aisé de concevoir que
le divorce, véritable chemin de croix des Marocaines du Dakhil, n’a jamais été
vécu comme tel par nos sahraouies. D’autant qu’au sud, le moment pénible passé
devant les tribunaux de famille ne représente qu’une simple formalité. "Les
problèmes se règlent au sein de la tribu. Nous allons au tribunal juste pour le
tampon. Il est honteux pour un homme de pousser sa femme à se présenter devant
un juge pour réclamer ses droits ou ceux de ses enfants. Ces derniers sont
d’ailleurs automatiquement pris en charge par la famille" ajoute B. Daoudi.

Et la polygamie dans tout ça ? Un extra-terrestre. Le contrat de mariage des
Sahraouies comprend depuis des décennies une clause stipulant que "la sabiqa wa
la lahiqa, wa ida tamma dalika fa amrouha biyadiha", ce qui signifie
approximativement, "ni précédente, ni suivante et si cela se passe, c’est à la
femme de décider de son sort". Voilà qui est clair. Lumineuse également, la
conclusion de Mohamed Naïmi précisant que "les tribus sahraouies ont connu un
bouleversement radical avec l’arrivée de l’administration marocaine et la
sédentarisation forcée. Reste que la dimension nomade est enracinée… et non
l’inverse". Un enracinement tel, qu’il a permis le maintien d’une indéniable
construction symbolique, centrée autour de la femme, pilier de la famille, de la
tente, de la tribu, de l’univers.

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5. USA-MAROC-SAHARA
http://www.aps.dz/fr/pageview.asp?ID=66758

Sahara occidental: politiques et ONG américaines se mobilisent

[Aps 11/7/04] Washington - La question du Sahara occidental sensibilise de plus
en plus la classe politique américaine et les ONG dont les appels au président
Georges Bush se font de plus en plus pressants pour lui demander d'user de son
influence pour un règlement rapide et juste pour le peuple sahraoui. Dans un
éditorial publié vendredi dans le Washington Times et signé par des
congressistes sous le titre "au-delà des subtilités diplomatiques" (entre les
Etats-Unis et le Maroc), les auteurs soulignent que "le Maroc est un allié de
longue date". Mais, notent-ils, "être allié avec une nation puissante ne devrait
pas servir de paravent derrière lequel on se cacherait pour passer outre les
engagements internationaux auxquels l'on a souscrit et pour nier à un peuple
pacifique et démocratique l'exercice du droit humain fondamental à
l'autodétermination".

Dans ce sens, l'éditorial de ce quotidien de la capitale fédérale rappelle que
"la propagation de la liberté est un élément central de la mission des
Etats-Unis", ajoutant que "cela est d'autant plus important que l'administration
Bush œuvre à la propagation de la démocratie dans les pays musulmans".

Intitulé "N'abandonnez pas le plan Baker", un bulletin d'information du congrès
a été également publié récemment dans lequel des congressistes des partis
républicain et démocrate appellent le président Bush à renouveler son engagement
à l'égard du plan Baker en faveur d'un référendum au Sahara Occidental. Pour
eux, ce conflit ne manquera pas de menacer les intérêts des Etats-Unis dans la
région du Maghreb.

Par ailleurs, la fondation US-Western Sahara, ONG américaine dirigée par Suzanne
Scholte, a adressé également une lettre au président Bush à la veille de la
dernière visite du roi du Maroc, Mohammed VI à Washington. Dans son message,
US-Western Sahara souligne qu'au moment où des centaines d'Américains meurent en
Irak, où les Etats-Unis dépensent des milliards de dollars pour l'instauration
de la liberté et la démocratie, "le Maroc dépense des millions de dollars par
jour pour occuper le Sahara Occidental, compromettant la démocratie et la
stabilité".

Cette ONG rapporte dans sa lettre adressée à la Maison-Blanche que diplomates et
militaires de la mission onusienne au Sahara Occidental (Minurso), lui ont
souvent confié que "si les Etats-Unis usaient de leur influence vis-à-vis du
Maroc, un référendum libre et juste pourrait se tenir". La sensibilisation et la
prise de conscience sur la question du Sahara Occidental dans la classe
politique américaine s'est même manifestée lors des débats actuels à la chambre
des représentants sur l'accord de libre-échange signé en juin dernier entre les
Etats-Unis et le Maroc.

Lors de l'audition devant la commission de commerce de cette instance
parlementaire, auquel cet accord sera soumis au vote, le congressman démocrate
de l'état de Washington, Jim McDermott, a soulevé la question du champ
d'application de cet accord et si ce dernier incluait le Sahara Occidental. Pris
de cours par cette question, l'assistant du représentant américain au commerce
extérieur a répondu, après hésitation, que l'accord en question ne concernait
pas la zone en conflit. Ce a quoi le congressman a alors suggéré d'ajouter une
"clause claire" a cet accord pour préciser sa "zone de couverture géographique".

Il est à rappeler que le président Georges Bush et le secrétaire d'état Colin
Powell ont exhorté, jeudi dernier, le roi du Maroc Mohammed VI de "travailler au
rapprochement avec l'Algérie, de façon à créer un environnement favorable au
règlement de la question" du Sahara Occidental, selon le département d'état.

De son côté, M. Powell a exprimé l'engagement de travailler avec l'ONU,
l'Algérie, le Maroc, le front Polisario et la Mauritanie, et ce en droite ligne
avec le plan de paix de James Baker.

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http://www.aujourdhui.ma/details/?ref=17146

Le Polisario piqué au vif

La visite aux Etats-Unis de SM le Roi Mohammed VI jette dans la tourmente la
presse algérienne. A l’origine de son agitation, une phrase prononcée, jeudi, à
la suite de l’entretien du Souverain avec George W. Bush.
Evoquant le problème du Sahara, le porte-parole de la Maison-Blanche, Scott
McClellan, a déclaré que SM le Roi Mohammed VI et le président George W. Bush
«ont convenu de la nécessité de résoudre le problème du Sahara le plus tôt
possible d'une façon qui renforce au mieux la sécurité et la prospérité des
peuples du Maroc, de l'Algérie et de la Mauritanie». Le Polisario n’a pas été
cité par le porte-parole de la Maison-Blanche qui a mentionné les véritables
acteurs du conflit, au grand dam de la presse algérienne.

Le premier journal qui a réagi à la visite du Roi à Washington est l’Expression.
La façon dont il a charcuté la citation du porte-parole américain prête à rire.
Ce quotidien affirme que les Etats-Unis ont fait pression sur le Maroc pour le
porter à trouver une solution au conflit du Sahara. Et n’en veut comme preuve
que la phrase du porte-parole américain reprise, bien entendu, de façon
sélective. Le dossier du Sahara «doit être résolu le plus tôt possible». Tel est
le propos que cite ce journal comme preuve de la défaite diplomatique du
Royaume. Le lendemain, il n’était plus possible de faire l’impasse sur la phrase
du porte-parole américain.

Certains journaux ont pris le taureau par les cornes. «Washington a-t-elle
volontairement oublié, jeudi, dans le communiqué publié à l’issue de l’audience
accordée par le président Bush au Roi du Maroc, de citer nommément le peuple
sahraoui, ou s’agit-il seulement d’une omission diplomatique ?», s’interroge Le
Jeune indépendant.
Il accable la «nouvelle terminologie employée par Washington, qui ne prévoit pas
d’existence, au peuple sahraoui en lutte, dans le contexte du type de solution
préconisé».

Un autre journal gamberge sur les raisons de «la troublante omission commise
jeudi dernier». Le désarroi de la presse algérienne a connu un petit répit avec
ce qu’elle a nommé le «rectificatif» de Richard Boucher, porte-parole du
département d’Etat américain. Interrogé le lendemain sur les raisons de la
non-citation du polisario par le porte-parole de la Maison-Blanche, Richard
Boucher a répondu que le communiqué rédigé par Scott McClellan «ne reprend pas
intégralement tout ce qui a été discuté» entre le président américain Bush et le
Souverain.
Il a réaffirmé la volonté de Colin Powell de travailler «avec les Nations Unies
et les parties concernées par le conflit : Maroc, Algérie, le polisario et la
Mauritanie». Ce n’est pas la première fois qu’un homme de l’équipe de Colin
Powell tempère l’importance d’une résolution prise par la Maison-Blanche. Ce
n’est pas non plus la première fois que les points de vue du président Bush ne
convergent pas sous tous les angles avec ceux du chef de la diplomatie
américaine.

Quoi qu’il en soit, on retiendra de l’entretien de SM le Roi Mohammed VI avec le
président américain que Washington reconnaît comme acteurs du dossier du Sahara
: le Maroc, l’Algérie et la Mauritanie. C’est une première qu’il convient de
saluer comme un succès de la diplomatie marocaine. On retiendra aussi les
déclarations très enthousiastes de George W. Bush à l’égard du Maroc et de son
Souverain.
Le président américain a exprimé à ce sujet le souhait de voir l’accord de
libre-échange USA-Maroc ratifié cette année. «Les pays comme le Maroc jouent un
rôle de leader dans l'avancement de la cause de la paix et de la prospérité et
méritent notre soutien total», a dit le porte-parole de la Maison-Blanche,
ajoutant que le président Bush a salué également «le leadership clairvoyant du
Souverain pour le renforcement des opportunités économiques et politiques au
profit de tous les Marocains».

Par: Aziz DAKI

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6. RASD-UNION AFRICAINE-MAROC
http://www.telquel-online.com/135/actu_135.shtml

L’Union africaine s’éloigne

Depuis que le Polisario a été élu le 6 juillet à Addis Abeba vice-président de
l’union africaine (UA), l’opportunité d’un retour du Maroc s’est sérieusement
amenuisée. Le président sénégalais, Abdulaye Wade, a beau préciser que "la
majorité des chefs d’Etat oeuvrent pour ramener le Maroc à l’Union qu’il a
quitté en 1986", il ajoute : "mais le Maroc ne veut pas aider ceux qui
l’aident". Décodé à Rabat, cela veut dire "nous n'avons rien demandé. Tant que
le Polisario y est, on ne pensera pas à l'UA". Faute de pouvoir le convaincre de
siéger aux côtés de la RASD, Dakar s’est contenté de constituer avec Rabat et
Nouakchot un axe dit "conseil de concertation des pays africains du Nord
atlantique". Appréciez le lien avec l’OTAN, ne serait-ce qu’au niveau de la
dénomination !

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7. ESPAGNE-MAROC
http://www.lematin.ma/economic/printeco.asp?id=6327

Maroc-Espagne : Examen des moyens de dynamiser l'accord-cadre relatif à la
main-d'œuvre

10.07.2004 | 17h08

Le ministre de l'Emploi et de la Formation professionnelle, Mustapha Mansouri,
s'est entretenu, à Rabat, avec la secrétaire d'Etat espagnole chargée de
l'Immigration, Consuelo Rumi Ibanez, des moyens de dynamiser l'accord-cadre
relatif à la main-d'œuvre et à la coopération bilatérale.

Ces entretiens auxquels ont pris part l'ambassadeur d'Espagne à Rabat ainsi que
les membres de la délégation accompagnant Mme Rumi, ont également porté sur les
questions de développement, du partenariat économique et de l'immigration.
M. Mansouri a, à cette occasion, souligné la nécessité de prendre en
considération la dimension humaine dans les relations entre les deux pays qui
entretiennent d'excellentes relations économiques et politiques.

La récente visite au Maroc du chef du gouvernement espagnol, Jose Luis Zapatero,
a insufflé une nouvelle dynamique aux relations bilatérales, a dit le ministre.
Il a souligné que les institutions politiques et les acteurs de la société
civile des deux pays doivent déployer plus d'efforts pour réaliser un meilleur
rapprochement, affirmant que le Maroc et l'Espagne sont à même de constituer un
véritable pont de dialogue et de rapprochement et de donner un exemple de
cohabitation et de coexistence entre deux civilisations.

Selon M. Mansouri, il existe plusieurs moyens et mécanismes d'action pour
résoudre les problématiques entre les deux pays voisins, dans le cadre d'une
vision claire.

Concernant la question de l'immigration, le ministre a affirmé qu'il incombe aux
deux parties d'organiser et de canaliser les flux migratoires à travers un
dialogue régulier, relevant que la concertation et la coordination bilatérales
feraient de l'axe Rabat-Madrid un exemple à suivre dans toute la région
méditerranéenne.
De son côté, Mme Rumi a indiqué que l'actuel gouvernement espagnol a ouvert une
nouvelle page dans ses relations avec le Maroc et œuvre pour rétablir un climat
de confiance entre les institutions marocaines et espagnoles, opérant dans le
domaine de l'immigration en vue d'organiser et de mieux maîtriser ce phénomène.

Le gouvernement espagnol œuvrera pour accroître les opportunités d'emploi au
profit des Marocains en Espagne, en tant que moyen de limiter les flux des
immigrés clandestins, a-t-elle ajouté, précisant, d'autre part, que Madrid
considère le Maroc comme un espace prioritaire en matière d'investissement.

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8. OTAN-MAROC
http://www.aujourdhui.ma/details/?ref=17147

Manœuvres au large de Tan Tan

Deux escadrons de chasse des Forces Royales Air, 750 éléments des Forces Armées
Royales et deux frégates de la Marine royale participent depuis hier à des
manœuvres militaires multinationales organisées au large des côtes marocaines
dans la région de Tan Tan.
Il s’agit de manœuvres combinées multinationales dont la direction est assurée
par une structure de commandement et de contrôle de l'OTAN sous la direction des
Forces d'intervention et de soutien (SFN) situées à Naples (Italie). Les pays
participant à ces manœuvres sont exclusivement des pays membres de l’OTAN. Il
s’agit des Etats-Unis, la France, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas, le
Portugal, l'Espagne, la Turquie et la Grande-Bretagne ainsi que des officiers
grecs qui participent en qualité d'observateurs. Baptisés "Med-Shark-Majestic
Eagle 04", ces exercices interarmées ont une grande importance puisqu’ils
permettent aux participants de développer les capacités de réaction rapide et
d’accroître l'interopérabilité des forces en matière d'opérations conjointes. Il
faut aussi signaler que la participation permet de renforcer l'esprit de
coopération et d'amitié entre les armées des pays participants. Rappelons que ce
n’est pas la première fois que les Forces Armées Royales participent à des
manœuvres conjointes organisées par l’OTAN, mais il s’agit de leur première
participation depuis que le Maroc a accédé au statut d’allié majeur non-OTAN
suite à une décision des Etats-Unis.
Les exercices comptent avec la participation d'environ 20.000 militaires à bord
de plus de 20 bâtiments, des sous-marins et plusieurs escadrons aériens de
combat et de soutien opérationnel et logistique. Les Forces navales américaines
engagent huit navires de surface à savoir deux porte-avions, deux croiseurs, un
contre-patrouilleur, un navire de commandement, un bâtiment de maintenance pour
sous-marins et un navire de soutien rapide de combat. Deux sous-marins
américains et deux appareils de patrouille maritime P-3 ORION participent
également à ces manœuvres.
S’agissant des forces aériennes, les Etats-Unis ont fourni six avions
ravitailleurs pour assurer les besoins de ravitaillement en carburant. Outre
leur participation, les Forces Armées Royales assurent aussi l'assistance
technique et la sécurité des forces déployées sur le champ de manœuvre de
"Cap-Dra".
L’Espagne, de son côté, participe par un porte-avions, une frégate, deux
patrouilleurs rapides, une équipe de contrôle aérien et 15 avions. La France
contribue avec un contre-torpilleur alors que les forces italiennes participent
avec un porte-avions et un contre-torpilleur.
De son côté, le Portugal participe avec un sous-marin, cinq avions F-16 et un
avion de patrouille maritime P-3P. La Turquie a contribué avec une frégate alors
que l'Allemagne, les Pays-Bas et le Portugal ont apporté des frégates
supplémentaires provenant des Forces navales permanentes de l'OTAN dans
l'Atlantique (SNFL), et ce en plus d'appareils Awacs de l'OTAN. La
Grande-Bretagne mettra à disposition un certain nombre d'officiers de liaison de
la Marine britannique opérant à bord d'un porte-avions dans la région centrale
de l'Atlantique, afin de renforcer la capacité de l'OTAN à coordonner les
opérations sur de grandes distances géographiques.
S’agissant de l’objectif des manœuvres, le quotidien espagnol La Razon, citant
des sources de l’OTAN, a affirmé dans son édition d’hier que les exercices ont
pour but la défense hypothétique du couloir maritime du Sahara contre
d’éventuelles attaques terroristes suicides de l’organisation terroriste Al
Qaïda.

Par : Omar DAHBI

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http://www.leconomiste.com/article.html?r=4

Manoeuvres de l’Otan au large de Tan Tan


· 20.000 militaires prennent part à l’exercice

“Medshark/Majestic Eagle 04” est le nom de code donné aux manœuvres militaires
combinées multinationales qui ont commencé, hier, au large des côtes marocaines
dans la région de Tan Tan.
Ces manoeuvres sont dirigées par une structure de commandement et de contrôle de
l’Otan, sous la direction des Forces d’intervention et de soutien (SFN)
installées à Naples (Italie). Elles dureront jusqu’au 16 juillet. Ces exercices
interarmées de grande envergure visent à développer les capacités de réaction
rapide et à accroître l’interopérabilité des forces en matière d’opérations
conjointes. En plus de la consolidation de l’esprit de coopération et d’amitié
entre les armées des pays participants.
Outre le Maroc et les Etats-Unis, participent à ces exercices la France,
l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas, le Portugal, l’Espagne, la Turquie et la
Grande-Bretagne. Des officiers grecs y prennent part aussi en qualité
d’observateurs. Ces manoeuvres rassemblent 20.000 militaires. Côté matériel,
plus de 20 bâtiments, des sous-marins et plusieurs escadrons aériens de combat
et de soutien opérationnel et logistique sont engagés. Ce sont les Etats-Unis
qui ont fourni le plus gros des troupes et aussi de bâtiments. En effet, la
marine américaine a déployé huit navires de surface: deux porte-avions, deux
croiseurs Aegis, un contre-patrouilleur Aegis, un navire de commandement, un
bâtiment de maintenance pour sous-marins et un navire de soutien rapide de
combat. Deux sous-marins américains et deux appareils de patrouille maritime
prennent également part à cet exercice. Quant à l’US Air Force, elle a fourni
six avions ravitailleurs pour assurer les besoins en carburant.
De son côté, l’Espagne participe avec un porte-avions, une frégate, deux
patrouilleurs rapides, une équipe de contrôle aérien et 15 avions. La France
contribue avec un contre-torpilleur, les forces italiennes, un porte-avions et
un contre-torpilleur, le Portugal avec un sous-marin, cinq avions F-16 et un
avion de patrouille maritime. La Turquie contribue avec une frégate alors que
l’Allemagne, les Pays-Bas et le Portugal apporteront des frégates
supplémentaires provenant des Forces navales permanentes de l’Otan dans
l’Atlantique (SNFL), et ce en plus d’appareils Awacs de l’Otan. Des officiers de
liaison de la Marine britannique assurent la coordination.


Présence marocaine

Le Maroc, qui est lié aux pays participants par une coopération de longue date
et jouit du statut d’allié majeur non Otan, engage dans l’exercice un dispositif
de plus de 750 éléments des Forces Armées Royales (FAR), deux frégates de la
Marine Royale et près de deux escadrons de chasse des Forces Royales Air. En
outre, les FAR assureront, au cours du déroulement des manœuvres, l’assistance
technique et de sécurité aux forces déployées sur le champ de manoeuvre de
“Cap-Dra”.

J. E. HERRADI

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Lun, 12 de Jul, 2004 3:58 pm

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