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Spécial/ Manoeuvre de diversion/ Memorandum du Maroc adressé à l'   Lista de mensajes  
Responder Mensaje #2928 de 6732 |
*******ACTION URGENTE********
*******POUR LA DEFENSE DES DEFENSEURS SAHRAHOUIS DES DROITS DE L'HOMME*****
*******http://www.birdhso.org/appel0904.html
Envoyez vos appels à: Ms. Hina JILANI Représentante spéciale du Secrétaire
Général de l'ONU pour Les Défenseurs des droits humains
Haut Commissariat aux Droits de l'Homme ,
Palais des Nations - 1211 GENEVE 10. SUISSE
E-mail: bmajekodunmi@...


S O M M A I R E

1. MEMORANDUM DU MAROC-PRESSE ET RÉACTIONS ALGERIENNES
- AFP (28-IX-2004): Sahara occidental: "Le mémorandum à l'Onu n'apporte aucun
élément nouveau" (ministre algérien)
- LA TRIBUNE (28-IX-2004): Mohamed VI a demandé à rencontrer les représentants
de la RASD
- EL WATAN (28-IX-2004): GRAVES ACCUSATIONS DE RABAT A L'ENCONTRE DE L'ALGERIE /
Sèches répliques d’Alger
- EL WATAN (28-IX-2004): A. Belkhadem : «Baker a démissionné en raison de
l’attitude du Maroc» [INTERVIEW AVEC LE MINISTRE BELKHADEM]
- EL WATAN (28-IX-2004): La provocation marocaine
- EL WATAN (28-IX-2004): Une folie des grandeurs mal placée
- LE QUOTIDIEN D'ORAN: Rabat envoie un mémorandum à l’ONU. Le Maroc ré-exhume
«le complot algérien»
- LE JEUNE INDÉPENDANT (28-IX-2004): Sahara occidental : Rabat nous nomme
«tuteurs» des Sahraouis : Rabat perd l’équilibre
- LA TRIBUNE (28-IX-2004): Le Maroc dans le désarroi
- L'EXPRESSION (28-IX-2004): DANS UN MÉMORANDUM ADRESSÉ À L’ONU. Le Maroc
«avoue» son échec
- L'EXPRESSION (28-IX-2004): Rabat perd pied
- LIBERTÉ (28-IX-2004): L’Afrique du sud bouscule les espoirs du Maroc
échec au roi
- LIBERTÉ (28-IX-2004): Le palais, la classe politique, les médias. Maroc : tirs
groupés sur l’Algérie
- LIBERTÉ (28-IX-2004): L’enfer, c’est les autres


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SÁHARA-INFO EN FRANÇAIS ET EN ESPAGNOL:
http://es.groups.yahoo.com/group/sahara-info/

SAHARA-INFO SEULEMENT EN FRANÇAIS:
http://fr.groups.yahoo.com/group/revue-de-presse-sahara-occidental/

SAHARA-INFO SÓLO EN ESPAÑOL:
http://es.groups.yahoo.com/group/revista-de-prensa-sahara-occidental/
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1. MEMORANDUM DU MAROC-PRESSE ET RÉACTION ALGERIENNE
http://www.algeria-interface.com/new/rubriques/french/depecheafp.php?doc=0409281\
01549.edw2y8xw.xml


Sahara occidental: "Le mémorandum à l'Onu n'apporte aucun élément nouveau"
(ministre algérien)

ALGER, 28 sept (AFP)
Le mémorandum à l'Onu rendu public dimanche à Rabat, dans lequel le Maroc a
dénoncé "l'implication directe" de l'Algérie dans le conflit du Sahara
occidental, "n'apporte aucun élément nouveau à ce dossier", a affirmé mardi le
ministre algérien des Affaires étrangères Abdelaziz Belkhadem.
"Le mémorandum (...) n'apporte aucun élément nouveau au dossier du Sahara
occidental. C'est un argument rendu déjà obsolète par l'évolution de (cette)
question et la reconnaissance par la communauté internationale du caractère
illégal de l'occupation de ce territoire (...)", a souligné M. Belkhadem dans un
entretien publié par le quotidien El Watan.
Selon ce texte, l'Algérie, qui "abrite sur son sol (et) soutient le front
Polisario", exerce une "tutelle" sur ce mouvement armé qui revendique
l'indépendance du Sahara occidental - une ancienne colonie espagnole annexée par
le Maroc en 1975.
Dans ce mémorandum, le Maroc rejette catégoriquement le qualificatif de
"puissance occupante" du Sahara utilisé par l'Algérie, un terme jugé "totalement
erroné et déplacé".
La position de l'Algérie "ne souffre aucune ambiguïté", a ajouté M. Belkhadem,
précisant que son pays " considère la question du Sahara (occidental) comme un
problème de décolonisation que les Nations unies ont pris en charge en tant que
tel".
M. Belkhadem a également accusé le Maroc d'être à l'origine du "blocage" du
plan de paix de l'ancien envoyé spécial de l'Onu au Sahara occidental, James
Baker.
"M. Baker (...) a démissionné en raison de l'attitude du Maroc", a-t-il
affirmé.
L'ONU a réaffirmé en avril 2004 son soutien au plan Baker, qui préconise une
période d'autonomie de 5 ans au Sahara occidental avant un référendum
d'autodétermination sur le sort de ce territoire.
Rabat a rejeté la perspective d'un référendum, considéré comme "obsolète" et
"inapplicable", et proposé une "large autonomie définitive" dans le cadre de la
souveraineté marocaine - jugée "non négociable".
M. Belkhadem a estimé que "les derniers développements de la question,
notamment la reconnaissance de la RASD par l'Afrique du Sud et l'isoleme nt
diplomatique du Maroc sur cette question pourraient expliquer" les accusations
de Rabat à l'encontre de l'Algérie.
Le 15 septembre, Pretoria avait décidé d'établir des relations diplomatiques
avec la République arabe Saharaouie démocratiqueautoproclamée en 1976 par le
Polisario).

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http://www.latribune-online.com/2809/p0101.htm

La presse marocaine prend pour cible l’Algérie et son Président

Mohamed VI a demandé à rencontrer les représentants de la RASD

Mardi 28 septembre 2004

Par Younes Hamidouche

Les revirements de la diplomatie marocaine et, surtout, sa déroute à la suite de
la récente reconnaissance de la République sahraouie (RASD) par la première
puissance du continent africain, l’Afrique du Sud, ont pris une allure étonnante
avec l’accusation portée par les dirigeants du royaume marocain contre
l’Algérie, dans un mémorandum adressé au secrétaire général de l’Organisation
des Nations unies (ONU), d’être «responsable» et «impliquée» quant à la
situation au Sahara occidental. L’acharnement du Maroc, au travers de son
mémorandum, un texte envoyé à l’ONU, explique pour le moins un climat
d’incertitude chez la diplomatie marocaine. Les tentatives de la partie
marocaine, opposée dans ce conflit à la RASD et à son représentant le Front
Polisario, d’intégrer et de mettre l’Algérie dans la peau de «partie concernée»
dans ce dossier du Sahara occidental, territoire que le royaume marocain a
annexé au milieu de la décennie 1970 en remplacement de la première puissance
coloniale, l’Espagne en l’occurrence, persévèrent vainement à l’heure où, à
force qu’approche la date butoir concernant le mandat de la Minurso, augmente le
climat de panique au sein de la diplomatie marocaine. La «souveraineté» que
revendique le Maroc sur le Sahara occidental signifie-t-elle que le royaume
n’avait point de souveraineté durant la phase allant entre son indépendance en
1961 et l’année de l’annexion du Sahara occidental ? Soucieuse du droit
inaliénable des peuples à leur autodétermination, la communauté internationale
(à travers l’Organisation des Nations unies, et des nations qui connaissent
parfaitement ce que signifie être spolié de ses droits, comme en témoigne le
combat sud-africain pour sa liberté sous la conduite de Nelson Mandela et de son
successeur à la présidence Thabo M’beki, pays qui vient de reconnaître
officiellement la République sahraouie) s’inscrit en droite ligne d’une légalité
internationale au sujet de laquelle l’Algérie ne peut aller à contre-courant. Et
en sa qualité de pays observateur, l’Algérie a martelé à chaque fois son rejet
de la politique du fait accompli que veut imposer le Maroc quant à un dossier
qui relève d’une problématique de décolonisation. La plus récente déclaration
officielle est celle du président de la République Abdelaziz Bouteflika faite
lors de la session des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Assemblée générale
de l’ONU, la semaine dernière à New York, dans laquelle l’Algérie a réitéré que
ce conflit, qui «oppose depuis près de trente ans le Front Polisario au royaume
du Maroc, reste un problème de décolonisation inachevée». Sur ce plan, l’Algérie
continuera d’apporter son soutien au Plan de paix des Nations unies et de
manifester sa pleine disponibilité à contribuer à sa mise en œuvre dans le souci
de renforcer la stabilité de la région et la solidarité entre ses peuples.
«Toute tentative d’inscrire la question du Sahara occidental dans un contexte
autre que celui du parachèvement d’un processus de décolonisation relevant de la
responsabilité des Nations unies ne peut que conduire à un échec et retarder un
règlement définitif», a signifié le président algérien. Concernant la
construction maghrébine, précise le chef de l’Etat, «l’Algérie ne ménagerait pas
sa contribution à la réalisation de ce projet qui cristallise les aspirations et
les ambitions des peuples du Grand Maghreb», en relevant que «de notre point de
vue, cette édification devrait représenter un objectif suffisamment élevé pour
dépasser les malentendus ou les différends qui peuvent se présenter entre les
pays de la région» afin de construire «un espace commun de paix, de stabilité,
de sécurité et de prospérité».Englué dans divers problèmes internes que résument
les coups durs portés à son économie et à sa stabilité par le phénomène du
terrorisme, notamment après les attentats de Casablanca et ceux de Madrid, à
propos desquels le ministre marocain de l’Intérieur souligne –dans un entretien
publié hier par le quotidien espagnol El Pais- qu’«en tant que Marocain, je ne
peux que déplorer que certains de mes compatriotes aient pris part à cette
barbarie», le Maroc tente-t-il de trouver des «ennemis extérieurs» même au prix
de sacrifier ses voisins ? En visite, à la mi-septembre, chez les deux parties
directement concernées par le conflit sahraoui, le Maroc et la RASD en
l’occurrence, Alvaro de Soto, le nouvel envoyé personnel du secrétaire général
de l’ONU, Kofi Annan, a eu à replacer le contexte de cette question de
décolonisation datant de près d’un quart de siècle et figurant parmi les
derniers dossiers de décolonisation attendant d’être réglés dans le cadre de la
légalité internationale et du droit des peuples à l’autodétermination. Les
attaques marocaines contre l’Algérie interviennent, donc, au moment où l’ONU a
décidé de relancer le dossier du Sahara Occidental, notamment après le blocage
induit par la démission de l’ancien secrétaire d’Etat américain James Baker,
remplacé depuis par le Péruvien Alvaro De Soto. Les efforts de ce dernier en vue
de débloquer la situation et de relancer le processus de paix risquent de
déboucher sur un autre report du mandat de la MINURSO expirant le 31 octobre
prochain. Du fait de manœuvres et de spéculations durables dans le royaume du
Maroc, comme le confirme ce mémorandum qui vise à mettre l’Algérie à l’index en
la rendant «responsable» d’une situation alors qu’elle ne fait que défendre un
principe universel connu : la décolonisation et le droit des peuples colonisés à
l’autodétermination. La rencontre que devait abriter l’Afrique du Sud, avec la
bénédiction onusienne, -l’Afrique du Sud n’œuvrant que dans le cadre de la
légalité internationale- et qui devait réunir les responsables de la RASD,
dirigée par le Président Mohamed Abdelaziz, et le royaume du Maroc administré
par le roi Mohamed VI, n’a finalement pas débouché sur un résultat positif.
Mais, le fait est là : c’est la partie marocaine qui a demandé à rencontrer les
responsables de la RASD et c’est toujours elle qui a fait échouer cette réunion,
ce qui explique la décision sud-africaine de recourir à la reconnaissance
officielle de l’Etat sahraoui et l’établissement de relations diplomatiques avec
lui. Alger et Nouakchott ne sont que des observateurs dans ce conflit opposant
le Maroc et le Sahara Occidental. Selon le texte onusien annonçant la visite de
De Soto dans la région du Maghreb, le voyage du diplomate péruvien «constituera
ses premières consultations avec les parties et avec les pays voisins depuis
l’élargissement de ses responsabilités, à la suite de la démission de James
Baker». Les «parties» étant connues et les «pays voisins» aussi. Est-il utile de
rappeler que l’intitulé du mandat onusien en question est clair comme de l’eau
de roche n’étant simplement que «le mandat de la Mission des Nations unies pour
l’organisation d’un référendum au Sahara Occidental (MINURSO)» ? Le secrétaire
général des Nations unies, M. Kofi Annan, présentera, à l’issue du mandat de la
MINURSO, un rapport au Conseil de sécurité sur la situation au Sahara
Occidental. James Baker, en charge du dossier du Sahara Occidental de 1997 à
mi-2004 à l’ONU, a, en démissionnant, accusé le Maroc de tergiverser et de
retarder le Plan de paix et de fouler des accords que ce pays a signé au même
titre que le Front Polisario, comme c’est le cas des textes de Houston. Le Front
Polisario, représentant du peuple du Sahara Occidental, a indiqué avant de
recevoir, en ce mois de septembre 2004, M. Alvaro De Soto, représentant de
l’ONU, que la partie sahraouie ne peut sortir du «cadre défini par les
résolutions 1495 et 1541 du Conseil de sécurité». Le Front Polisario souligne
que lesdites résolutions «appellent pour la mise en application du Plan de paix
de M. Baker en tant que solution politique optimale du conflit du Sahara
Occidental». Le président de la République sahraouie Mohamed Abdelaziz a
également rappelé que les données du problème sont claires et les
responsabilités du blocage bien établies, ce pourquoi le Front Polisario
«appelle la communauté des nations à défendre la légalité internationale au
Sahara Occidental et exiger la tenue d’un référendum d’autodétermination libre,
juste et régulier du peuple sahraoui».

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http://www.elwatan.com/journal/html/2004/09/28/cad_evenement.htm

GRAVES ACCUSATIONS DE RABAT A L'ENCONTRE DE L'ALGERIE / Sèches répliques d’Alger

La question des relations algéro-marocaines et le conflit du Sahara-Occidental
revenaient avec une certaine régularité durant tout l’été. Et même avant, comme
s’il s’agissait de répondre par avance à certaines interrogations qui sont
autant de sollicitations, et d’anticiper sur des démarches, une hypothèse qui
s’est avérée fondée.

C’est d’abord la sèche réplique de Abdelaziz Belkhadem qui a déclaré avec
beaucoup de solennité que l’Algérie n’était pas le tuteur du peuple sahraoui. Ce
qui est clairement adressé à tous ceux qui voulaient contourner l’obstacle du
plan de paix onusien et sacrifier les droits de ce peuple par le biais d’une
solution. Fin de l’été, et comme si cela ne suffisait pas, le ministre algérien
rappelle cette position de principe en présence de l’envoyé spécial de l’ONU
qu’il venait de recevoir. Belkhadem, en fait, ne rejetait pas des sollicitations
ou à tout le moins des suggestions espagnoles ou autres en vue de trouver cette
fameuse solution, mais exprimait devant Alvaro de Soto l’exaspération et le
refus de l’Algérie de poursuivre cette quête alors même qu’il existe un plan de
paix accepté par le Maroc et le Front Polisario, les deux parties en conflit,
endossé par la communauté internationale. En termes très diplomatiques, Alger
avait fait part de son mécontentement alors même que cette même ONU avait
identifié le Maroc comme étant la source du blocage. L’autre volet intimement
lié au premier à cause justement du Maroc, qui a voulu à tout prix conditionner
l’un par l’acceptation de l’autre, est celui des relations bilatérales dont
l’assainissement a été confié en décembre 1994 à des groupes de travail. On sait
aujourd’hui que ces commissions n’ont jamais siégé en raison de l’opposition du
Maroc qui a fait du règlement du conflit du Sahara-Occidental, «dans le cadre de
sa souveraineté et de son intégrité territoriale» la condition de la
normalisation de ses relations avec l’Algérie. Plus clairement, il veut qu’Alger
cesse de soutenir le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et accepte
le fait accompli marocain au Sahara-Occidental. Son ministre des Affaires
étrangères, Mohamed Benaïssa, en avait même fait la condition de la relance des
activités de l’UMA (Union du Maghreb arabe) à Alger même, mais il avait alors
suscité l’exaspération de ses pairs pour qui la question des frontières du Maroc
telles que reconnues internationalement n’a jamais été soulevée. Une manière de
dire au ministre marocain d’énoncer clairement les choses, ce qu’il se garda de
faire. Mais cette fois, l’Algérie a décidé de rendre coup pour coup et de ne
plus faire le dos rond quand elle est attaquée. A la surenchère marocaine et aux
sollicitations extérieures pour l’amener à renoncer à un principe qu’elle n’est
pas seule à défendre, elle réplique de manière claire et sans équivoque. Ses
relations avec le Maroc, fait-elle savoir, doivent être «débarrassées de toute
action unilatérale, et principalement ne plus être tributaires de préalables
inacceptables, comme la consécration du fait accompli au Sahara-Occidental et le
mépris de la légalité internationale». L’instauration du visa et sa levée par
Rabat constituent une action unilatérale, et Alger, rappelle-t-on, avait refusé
d’appliquer quand le Maroc est revenu sur la mesure qu’il avait imposée il y a
dix années. Il y a un contentieux, rappelle-t-on de ce côté de la frontière, et
dernièrement le ministre algérien de l’Intérieur en avait rappelé la consistance
souvent liée à une seule sécurité prise dans son sens le plus large. Une manière
de dire que la réouverture des frontières est encore loin et qu’il n’est plus
question pour les spécialistes de financer l’économie marocaine avec des
transferts vers le Maroc évalués annuellement à des milliards de dollars. Ceci
étant, l’Algérie va encore plus loin dans sa réplique au Maroc en rappelant que
le conflit du Sahara-Occidental relève de la décolonisation et que l’application
de tous les accords conclus dans ce sens par les parties en conflit est «remise
en cause par la seule partie marocaine qui persiste à ignorer la légalité
internationale et à préconiser des solutions en dehors de cette légalité». Plus
clairement encore, Alger renvoie Rabat à ses engagements internationaux et
rejette toute politique du fait accompli.
Ce qui signifie, a-t-elle fait valoir, qu’il n’y aura pas de normalisation des
relations avec le Maroc tant que cette question n’aura pas été réglée
conformément aux résolutions des Nations unies et «dans le cadre d’un référendum
libre et régulier». La précision n’est pas fortuite là aussi, comme pour dire
que la consultation électorale ne saurait être une fin en soi et qu’elle doit
bénéficier de toutes les conditions d’équité, de transparence, de probité et
d’impartialité. L’Algérie pose ainsi ses conditions avec un minimum sans lequel
rien ne pourrait être possible. C’est sa réponse à la surenchère du Maroc qui
croyait certainement qu’il pouvait sans risque placer la barre très haut. C’est
ce qui s’appelle une erreur fondamentale.

Par T. Hocine

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http://www.elwatan.com/journal/html/2004/09/28/cad_evenement.htm

A. Belkhadem : «Baker a démissionné en raison de l’attitude du Maroc»

Quel commentaire vous inspirent les accusations marocaines ?
Le mémorandum que le Maroc vient d’adresser au secrétaire général des Nations
unies n’apporte aucun élément nouveau au dossier du Sahara-Occidental. C’est un
argumentaire rendu déjà obsolète par l’évolution de la question du Sahara aux
Nations unies et la reconnaissance par la communauté internationale du caractère
illégal de l’occupation de ce territoire dont d’ailleurs les Nations unies
restent saisies au titre de la quatrième commission comme territoire non
autonome relevant de la résolution 1514 et du droit des peuples à disposer
d’eux-mêmes.

N’est-ce pas là une réponse, même indirecte, aux positions de l’Algérie à
l’égard de la question du Sahara-Occidental et des relations avec le Maroc
réaffirmées avec force durant tout l’été ?
La position algérienne, vous la connaissez. Elle a été rappelée, en dernière
date, par la lettre adressée par le président de la République le 17 août 2004
au secrétaire général des Nations unies et plus récemment encore lorsqu’il s’est
adressé à la 59e session de l’Assemblée générale des Nations unies. Elle ne
souffre aucune ambiguïté. L’Algérie considère la question du Sahara comme un
problème de décolonisation que les Nations unies ont pris en charge en tant que
tel. Un plan de règlement a été adopté par les Nations unies, endossé par le
Conseil de sécurité et accepté par les deux parties en conflit, le Maroc et le
Polisario. Ce plan prévoyait l’organisation d’un référendum au plus tard en
février 1991. Les tergiversations et autres manœuvres d’obstruction de la part
du Maroc avaient amené Kofi Annan à désigner James Baker comme envoyé personnel
pour le Sahara-Occidental avec pour mission d’aplanir les difficultés qui
entravaient l’organisation du référendum d’autodétermination du peuple du
Sahara-Occidental. M. Baker a déployé de grands efforts en vue de relancer le
processus de règlement. Il a réussi en faisant signer, à l’issue de négociations
directes entre le Front Polisario et le royaume du Maroc, les accords de Houston
qui ont réglé les principales questions litigieuses. Après plusieurs mois de
blocage du fait de l’attitude du Maroc, M. Baker a présenté un plan de paix pour
l’autodétermination du peuple du Sahara-Occidental. Ce plan, qui a été endossé
unanimement par le Conseil de sécurité par sa résolution 1495 (2003) a ouvert un
nouvel espoir pour le règlement de cette question. Mais malheureusement le Maroc
a repris ses manœuvres de blocage du processus. Cela a été le constat aussi bien
du secrétaire général que de M. Baker qui, comme vous le savez, a démissionné en
raison de l’attitude du Maroc.

Tout compte fait, la question n’est plus bilatéralisée comme l’aurait voulu le
Maroc. Pourquoi, selon vous ?
La question n’a jamais été bilatérale. Cette bilatéralisation, comme vous dites,
fait partie des manœuvres visant à bloquer le processus de règlement de cette
question pris en charge par les Nations unies. Cela dit, sur le plan bilatéral,
l’Algérie est disposée à développer, à élargir et à diversifier ses relations si
nos frères marocains manifestent la même disponibilité.

Pourquoi, d’après vous, de telles accusations et en ce moment précis ?
Les derniers développements de la question, notamment la reconnaissance de la
RASD par l’Afrique du Sud et l’isolement diplomatique du Maroc sur cette
question, pourraient être une explication.

N’est-ce pas une manière de faire pression sur l’Algérie pour qu’elle accepte ce
qu’on appelle un «règlement politique» ?
Je me suis déjà exprimé sur ce que la presse appelle des pressions sur
l’Algérie. Pour nous, le plan de paix n’est pas négociable, ni sujet à une
seconde lecture comme l’a affirmé M. Baker lui-même. Toute solution qui tente de
s’écarter du plan de paix est vouée à l’échec.

N’est-ce pas aussi une manière pour les régimes en difficulté de crier au
complot extérieur ?
Le statut de pays voisin est la preuve que l’Algérie n’est pas considérée, tout
comme la Mauritanie, comme partie au conflit et, partant, la bilatéralisation
que vous avez évoquée est bien sans fondement. Aussi, toute la propagande
marocaine n’y pourra rien.

Par T. Hocine

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http://www.elwatan.com/journal/html/2004/09/28/cad_evenement.htm

La provocation marocaine

Encore une fois, le Palais royal marocain brandit l’épouvantail du danger venant
de l’extérieur pour détourner l’attention de l’opinion publique nationale des
partis et de l’opposition d’une manière générale sur la situation interne et les
problèmes intérieurs auxquels est confrontée la population.

Et le conflit sur le Sahara-Occidental est un parfait dérivatif pour Rabat face
au risque d’explosion sociale latent... Au plan socioéconomique, l’état des
lieux est plus que préoccupant de l’avis même des autorités marocaines. Des
chiffres, pourtant tout ce qu’il y a de plus officiels, font ressortir que dans
les prochaines années près de la moitié de la population estimée actuellement à
près de 30 millions de personnes vivra sous le seuil de la pauvreté ou aux
alentours. D’ores et déjà, le déficit en logements sociaux en milieu urbain est
de l’ordre de 1,2 million d’unités, cela sans compter les besoins en la matière
dans les campagnes. Aujourd’hui, les grands centres urbains comme ceux de
Casablanca, Fès, Agadir et autres sont entourés d’une véritable ceinture de
misère que sont les milliers de bidonvilles où règnent des conditions de vie
plus que précaires. De l’avis des observateurs, ce sont autant de viviers pour
l’implantation de l’intégrisme qui représente aujourd’hui une menace pour la
monarchie. Le terrorisme intégriste a jusqu’à présent porté des coups sérieux à
l’économie et à la sécurité du royaume tant et si bien que le gouvernement de
Driss Jettou éprouve du mal à boucler la loi de finances pour 2005. Les
perspectives s’annoncent en effet encore plus difficiles au plan énergétique
avec un prix de référence du baril estimé à 35 dollars en moyenne. Le Maroc
devra reconduire, dans la perspective la plus optimiste, les déficits de l’année
dernière. Les investissements extérieurs directs ont chuté de plus de 76% après
les attentats de Casablanca de mai 2003 ! C’est dire combien les investisseurs
étrangers estiment peu sûr le royaume depuis les opérations-suicides menées par
les islamistes intégristes marocains. Les institutions monétaires
internationales ont de nouveau placé l’économie du Maroc sous surveillance et
prévenu les autorités de Rabat qu’elles devraient tabler sur un taux de
croissance autour de 7% par an pour espérer résorber les déficits structurels
actuels. Ce qui a priori semble difficile à réaliser puisque les autorités n’ont
pu retenir qu’un taux de croissance de 3% à peine. Quant aux recettes
d’exportation, notamment dans l’agroalimentaire, elles risquent, elles aussi, de
connaître comme l’an dernier une stagnation. L’accord d’association avec l’Union
européenne (UE) ne semble pas donc avoir eu les effets escomptés lors de sa
signature. La situation est donc des plus dramatiques pour la population rurale
qui vit de l’agriculture et des exportations agricoles. Une situation que vient
aggraver l’accord de libre-échange avec les Etats-Unis puisque plusieurs
associations des droits de l’homme et de la société civile marocaine ont dénoncé
sa conclusion et craignent que les effets induits se traduiront par une plus
grande paupérisation des couches les plus défavorisées de la population. Les
légumes secs et les médicaments génériques, par exemple, qui seront importés des
Etats-Unis pourraient être vendus beaucoup moins cher que ceux produits
localement à la faveur de cet accord. A l’instar de l’accord sur le riz conclu
avec d’autres pays producteurs et dont l’une des conséquences négatives est que
dès 2005 le prix du riz importé, notamment d’Egypte, sera moins cher que le riz
produit localement par les Marocains. Une bonne partie des fellahs du royaume,
qui produit environ 250 000 quintaux environ par an, ont de quoi être inquiets.
C’est pour cela que des voix s’élèvent pour demander la renégociation de ces
accords avec la participation des parties intéressées, notamment les producteurs
locaux. Les Marocains pourraient connaître dans les prochains mois des jours
difficiles d’autant que les ressources extérieures sont appelées, dans le
meilleur des cas, à stagner. Et ce d’autant que la bouffée d’oxygène que pouvait
représenter l’ouverture des frontières avec l’Algérie pour le royaume tout
entier n’aura pas lieu. Alger ayant marqué une fin de non-recevoir à
l’initiative de Rabat.

Par Réda Bekkat

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http://www.elwatan.com/journal/html/2004/09/28/cad_evenement.htm

Une folie des grandeurs mal placée

Doit-on prendre au sérieux le Maroc, conclure des accords avec lui, le
considérer comme un partenaire honnête, lui faire confiance ? Il se prend pour
ce qu’il n’est pas : une puissance qui veut dicter sa loi au monde. C’est ainsi
qu’il a décidé unilatéralement qu'un référendum d’autodétermination au
Sahara-Occidental est «obsolète» et «inapplicable».

A quel titre peut-il prononcer cette sentence ? Ce sont les Nations unies qui
ont décidé depuis 1966 l’application au Sahara-Occidental de la résolution 1514
sur le droit des peuples sous domination coloniale à l’autodétermination et à
l’indépendance. Le régime de Rabat de l’époque avait soutenu totalement la
démarche. Les trois pays voisins du territoire finiront même par conjuguer leurs
efforts afin que le peuple sahraoui puisse recouvrer ses droits. Mais chassez le
naturel et il revient au galop. Le Maroc rétrograde et expansionniste et qui à
la fin du XXe siècle rêvait encore d’empire, de «droits historiques» sur ses
voisins. Il a suffi que les Forces armées royales (FAR ) tentent deux coups
d’Etat en 1973 et 1974 pour que le Trône prenne peur. Il lui fallait trouver une
diversion et un «ennemi extérieur» pour ressouder l’«union sacrée» autour du
roi. A la même époque, l’Espagne, puissance occupante, annonçait sa décision de
se retirer du Sahara-Occidental. C’est l’occasion que va saisir le roi Hassan
II. Il se mettra alors à revendiquer la «marocanité» du territoire. Mais en
octobre 1975, nouvelle volte-face. Il décide de le partager avec la Mauritanie
dès le retrait espagnol en février 1976. Bien entendu, les Sahraouis ne se
laisseront pas faire. Ils avaient déjà déclenché leur guerre de libération en
mai 1973 contre l’Espagne sous la bannière du Front Polisario et n’entendent pas
s’arrêter d’autant que le nouveau colonisateur est un «frère». Leur résistance
fait plier le maillon le plus faible, la Mauritanie. Celle-ci décide de se
retirer de la partie qu’elle occupe après un accord conclu en juillet 1978 avec
la direction sahraouie. Nouveau revirement de Rabat. Ses troupes occupent la
partie évacuée par les Mauritaniens au nom de la construction d’un mythique
«grand Maroc qui ira jusqu’au fleuve Sénégal et avalera une bonne partie de
l’Algérie». Mais ce rêve impérial va se briser face à la guerre de libération
menée avec succès par l’ALPS. Ces «mercenaires à la solde d’Alger» deviennent
brusquement incontournables. Le roi Hassan II se déplace en 1981 à Nairobi où il
annonce solennellement devant le Sommet de l’OUA son accord pour l’organisation
du référendum d’autodétermination tant réclamé par les instances
internationales. Poussant plus loin cette logique, il ira jusqu’à rencontrer à
Rabat, quelques années plus tard, une délégation du Front Polisario. Il engagera
des négociations avec ce dernier, notamment à Lisbonne et à Bamako. On commence
à croire en la paix dans la région. Sous les auspices des Nations unies, un
cessez-le-feu est conclu entre les deux parties en septembre 1991. Un plan de
paix, mis au point par l’OUA, est repris à son compte par l’ONU, qui décide de
créer la Minurso et l’envoi de casques bleus pour préparer le terrain à
l’organisation du référendum. Le secrétaire général de l’ONU nommera quelques
années plus tard son représentant personnel pour mener à bien la mission. Il
choisit un ancien secrétaire d’Etat américain, James Baker, connu pour être un
«faiseur de paix» pour avoir réuni Arabes et Israéliens à la même table à
Madrid. Il se met au travail et réussit à convaincre Marocains et Sahraouis
rassemblés à Houston d’accepter un plan pour régler définitivement la crise. Les
deux parties se mettent à la table. La réussite semble proche. Mais encore une
fois, Rabat renie ses derniers engagements. Le roi Hassan II ne veut plus
entendre de référendum. Il propose tout juste une politique de régionalisation
qui touchera le Sahara-Occidental. En clair, il exige la reddition des Sahraouis
et veut que la communauté internationale soutienne cette forfaiture. Il a sans
doute pris exemple sur Israël. Le Maroc n’est-il pas devenu le second pays au
monde, après l’Etat hébreu, à violer les résolutions des Nations unies ?
Mohammed VI en fera de même en faisant preuve d’agressivité à l’égard de
l’Algérie. Il se croit assez puissant pour croire qu’il imposera son diktat.
Pourtant, il suffit que les Sahraouis reprennent les armes pour lui faire
baisser le caquet. Et c’est une éventualité à ne pas écarter.

Par T. B.

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http://www.quotidien-oran.com/quot2965/even.htm

Rabat envoie un mémorandum à l’ONU

Le Maroc ré-exhume «le complot algérien»

Alors que le Secrétaire général de l’ONU attend toujours une réponse marocaine
sur la mise en oeuvre du plan Baker, il a retrouvé, sur son bureau, un
mémorandum de Rabat dans lequel elle accuse l’Algérie «d’implication directe»
dans le conflit du Sahara Occidental.

Après avoir mal digéré la reconnaissance de la RASD par l’Afrique du Sud, Rabat
a dévoilé une autre facette de sa diplomatie de fuite en avant, en adressant un
mémorandum, le 24 septembre au Secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan dans
lequel elle fustige Alger: «l’implication de l’Algérie dans la question du
Sahara a pris des formes multiples et variées: engagement militaire, appuis
financier et logistique, mobilisation et encadrement diplomatiques», écrivent
les Marocains. Rabat qui présente paradoxalement ce mémorandum comme «un
document officiel du Conseil de sécurité», alors qu’Alger siége dans ce même
conseil, accuse notamment l’Algérie d’abriter sur son sol le Front Polisario et
d’exercer une tutelle sur les Sahraouis. Elle refuse, notamment, le terme de
«puissance coloniale» en argumentant que: «le Sahara fait partie intégrante du
royaume depuis des temps immémoriaux», évacuant ainsi le débat du droit
international.

Pour l’ambassadeur de la RASD à Alger, Mohamed Bessat, ce mémorandum est une
preuve que: «la mentalité du complot, des menaces extérieures, qu’on croyait
dépassée, est malheureusement encore utilisée par le Maroc». Le diplomate
sahraoui soulignera même avec une pointe de complainte à l’égard de l’attitude
marocaine que: «avec Mohamed VI beaucoup ont cru qu’il y aurait une mentalité
nouvelle au sein du royaume chérifien. C’est de la diplomatie antique».

Etant plus constructif que les Marocains, le diplomate sahraoui préfère
s’attarder sur la position du gouvernement espagnol, dont le ministre des
Affaires étrangères, José Moratinos a rencontré le MAE sahraoui, Mohamed Salem
Ould Salem à New York en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, dans une sorte
de tentative espagnole de médiation qui semblait faire les affaires de Rabat:
«nous avons dit que l’Espagne, dans la mesure de sa responsabilité historique et
morale dans ce conflit, doit s’impliquer davantage. Nous n’avons pas besoin de
médiateur mais du respect du droit international. Au Sahara Occidental, il y a
une victime et un agresseur. Ce n’est pas Darfour. L’Espagne se doit de réagir
au-delà de son principe de neutralité active et ne pas rester indifférente. Le
gouvernement Zapatero doit être au diapason de ce que veulent les Espagnols sur
ce dossier».

Pour revenir au mémorandum, la presse marocaine a lâché son venin habituel pour
porter en triomphe sa diplomatie boitillante. Pour le journal «Al-Bayane»: «les
manoeuvres algériennes durant plus de trente ans, pour ériger une entité
fantoche à la dévotion d’Alger, au sud du Maroc, ont toutes échoué et le peuple
marocain unanime est prêt à tous les sacrifices pour sauvegarder son intégrité
territoriale». Cette menace larvée n’est rien en comparaison avec «Aujourd’hui
le Maroc» qui cite les accusations: «sur le plan militaire, l’Algérie n’a pas
hésité à engager illégalement des unités de son armée régulière au Sahara.

En effet, à deux reprises, en janvier et février 1976, les Forces Armées Royales
marocaines se sont trouvées, dans la localité d’Amgala, face à des unités de
l’armée régulière algérienne, chargées, d’après l’agence de presse officielle
algérienne, d’assurer le ravitaillement des Sahariens en vivres et médicaments.
Ces unités étaient, en fait, armées de pièces d’artillerie et de missiles SAM 6
et SAM 7». Une version qui revient sur les affrontements militaires
algéro-marocains, sur la bande frontalière après une agression des FAR marocains
qui a coûté la vie à plusieurs soldats algériens.

Ainsi, Rabat jette ses dernières forces dans ce mémorandum après avoir rejeté
l’idée du référendum contenue dans le plan Baker,le qualifiant d’«inapplicable
(...) d’obsolète». En s’adressant à l’ONU, elle omet juste de mentionner dans ce
mémorandum que le plan Baker a été soutenu par l’ONU, en avril 2004 et qu’il a
été entériné par le Conseil de sécurité. Une attitude pathétique.

Mounir B.

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http://www.jeune-independant.com/display.php?articleId=10530

Sahara occidental : Rabat nous nomme «tuteurs» des Sahraouis : Rabat perd
l’équilibre

par Mohamed Zaâf

Le trône marocain s’emmêle encore les pédales et désigne une fois de plus
l’Algérie comme la source de ses déboires au Sahara occidental, ancienne colonie
espagnole qu’il a envahie et qu’il colonise par la force des armes depuis 1975.

Et la réaction du peuple sahraoui a été celle de tous les peuples dignes
d’occuper une place dans le concert des nations. Il s’est opposé et s’oppose
toujours à l’occupation. Bien plus, le peuple sahraoui est le seul peuple à ne
pas recourir au terrorisme dans sa guerre de libération.

Dans un mémorandum adressé le week-end dernier à l’ONU, Rabat parle
d’«implication directe» de l’Algérie dans le conflit qui l’oppose au Front
Polisario. Rabat affirme dans son texte que l’Algérie exerce une «tutelle» sur
le mouvement sahraoui dont la création remonte à 1973.

Une affirmation contredite par la réalité du terrain : l’Algérie, n’a-t-elle pas
rejeté, il n y a pas tellement longtemps, l’idée d’une rencontre à quatre
(Alger, Paris, Rabat et Madrid) sur le Sahara occidental ? Ne justifiait-elle
pas son rejet en faisant valoir justement qu’elle ne pouvait se substituer aux
Sahraouis ? Qu’Alger «ne peut pas et ne veut pas» être leur tuteur ? Faut-il
aussi rappeler les propos limpides de l’un des piliers de la direction
sahraouie, M. Mohamed Lamine, pour se convaincre de l’impossibilité d’une
tutelle sur le peuple sahraoui ? «Si l’Algérie devait avoir la même convoitise
que le Maroc sur notre terre, nous la combattrons», disait-il, admirable, dans
une récente émission de la chaîne qatariote El-Djazira.

Quant à donner une forme accusatrice à la solidarité des Algériens avec le
peuple sahraoui face à la tragédie qui lui est imposée depuis bientôt trois
décennies, cela ne peut en aucun cas s’avérer constructif. L’Algérie, qui n’a
pas à rougir de cette solidarité, bien au contraire, ne se contente pas
d’accueillir seulement les «séquestrés de Tindouf», elle abrite aussi dans sa
capitale l’ambassade de la RASD (République arabe sahraouie démocratique), un
Etat reconnu par des dizaines de pays et qui se trouve être membre fondateur de
l’Union africaine.

Un regroupement continental qui ne reconnaît que les frontières héritées du
colonialisme et qui traite, depuis le début des années 1960 jusqu’à nos jours,
l’affaire du Sahara occidental comme une question de décolonisation. Quant au
Maroc dont personne ne s’est hasardé à reconnaître la prétendue souveraineté sur
cette terre, il a bel et bien fait la guerre à un Etat, car la RASD a été
proclamée en temps opportun, ne laissant aucun vide juridique au moment de
l’abandon territorial par l’Espagne et son Tercio.

Ses fils qui ont eu l’honneur par le passé de dominer un large pan du monde
arabe occidental, y compris le Maroc et l’Andalousie, vont-ils s’amuser à
réclamer aujourd’hui ces territoires au nom de l’histoire ? Et même si cela
était, peut-on remettre aujourd’hui en cause les frontières héritées de la
période coloniale et créer ainsi un précédent qui risque d’embraser tout un
continent ? L’autodétermination qu’on a accepté pour notre propre cas comme
passage à l’indépendance est un droit reconnu, imprescriptible pour tous les
peuples.

La région gagnerait à voir ce droit rapidement appliqué à l’un de ses peuples.
La région doit savoir que c’est là la seule manière de fermer ce dossier pour
ouvrir celui, plus exaltant, de l’union et de la construction. En tout cas, les
peuples de la région ont jusque-là appelé chacun par son nom et n’ont jamais
confondu le Maroc avec la «Saguia El-Hamra oua Ouadi Edhahab».

Il savent probablement aussi que le vénérable Maë El-Aïnine n’a jamais figuré
dans l’état civil marocain.

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http://www.latribune-online.com/2809/chroniques.htm

Le Maroc dans le désarroi

Mardi 28 septembre 2004

Par Abdelkrim Ghezali

La presse marocaine, dans le sillage du palais royal et conformément au contenu
du mémorandum que l’Etat marocain a adressé au secrétaire général de l’ONU, s’en
prend avec une virulence et une bassesse inégalées à l’Algérie.Ce mémorandum,
qui a déclenché de façon parallèle la haine d’une presse aveuglée par son
chauvinisme sectaire pour voir les contradictions de la thèse marocaine, qui se
réfère à la définition de «puissance d’occupation», l’interprétant à sa manière,
fait fi des implications politiques sur les positions mêmes du Maroc vis-à-vis
de la question palestinienne car les arguments du Maroc sont les mêmes que ceux
d’Israël et ceux du régime de l’apartheid et même de la France lorsqu’elle a
occupé l’Algérie.Pour le Maroc, le Sahara occidental n’est pas occupé parce
qu’il n’y a pas d’Etat dans ces territoires et qu’il n’y a pas de guerre avec un
Etat. Selon cette logique même, Israël n’occupe pas la Palestine parce que, en
1948, il n’y avait d’Etat dans ces territoires et que les fondateurs de l’Etat
hébreu n’avaient pas engagé une guerre contre un Etat mais contre des nomades.
Cette même logique, le Maroc aurait dû l’appliquer au Koweït lorsqu’il a été
envahi par le régime de Saddam puisque l’Etat du Koweït n’a existé que par la
grâce de la Grande-Bretagne en 1961 et que Saddam ne faisait que revendiquer une
pseudo souveraineté sur des territoires qui ont toujours été le prolongement
naturel de la Mésopotamie. Mieux encore, la logique expansionniste du Maroc a
déjà tracé les frontières oniriques du Royaume alaouite qui vont au Sud jusqu’au
fleuve Sénégal et à l’Ouest jusqu’à une bonne partie de l’Oranie, de la Saoura
et du Mouggar que le sang des Algériens avait irrigué tout au long de
l’occupation coloniale. Mais le palais royal oublie hypocritement Seuta et
Mélila, situées au cœur du royaume et occupées par une puissance étrangère. Ce
qui explique d’ailleurs les tentations de Zapatero et son ministre des Affaires
étrangères de se défaire des positions de l’Espagne sur le Sahara occidental et
dont elle reconnaît pourtant le droit à l’autodétermination. L’autre ineptie
contenue dans le mémorandum réside dans la concession faite par le Maroc à la
Mauritanie lorsque le Royaume alaouite avait accepté en 1974 de partager «ses
territoires» dont il revendique aujourd’hui «la marocanité depuis des
millénaires», avec le régime de Mokhtar Ould Dada. Enfin, le Maroc crie à qui
veut l’entendre qu’il est favorable à une solution pour le Sahara occidental
même «consensuelle». Avec qui un consensus doit s’établir sur le Sahara
occidental ? Avec le Polisario ? Avec l’Algérie ? Avec l’ONU ou avec ces trois
parties ? Les arguments fallacieux du Maroc voilent mal son désarroi face à une
dynamique d’autodétermination inéluctable qu’il sait inévitable. La lecture des
termes du mémorandum qui n’apporte aucun élément nouveau à un dossier connu
révèle en fait un désappointement manifeste des autorités et de la presse
marocaines par le retour de l’Algérie sur la scène internationale et son
redéploiement diplomatique en faveur des causes justes, qu’elles soient au
Maghreb, en Afrique centrale, au Moyen-Orient, au Sud-Est asiatique ou en
Amérique latine. Il n’est un secret pour personne que l’Algérie soutient le
Polisario, reconnaît la RASD et ne changera pas sa position de principe
aujourd’hui alors qu’elle n’a pas cédé d’un iota devant la pression marocaine à
travers ses manipulations des terroristes algériens durant les années où l’Etat
algérien s’était affaibli. Le Maroc, qui reste un pays important dans la région
et qui reste l’un des piliers du Maghreb, doit comprendre toutefois que
l’Algérie, son Etat et ses principes sont forgés par cent trente ans de
résistance à l’occupation, par sept ans et demi de sacrifices humains et par
cinquante ans d’engagement en faveur du droit des peuples à l’autodétermination.
C’est le Maroc qui a organisé une «marche verte» pour «peupler la partie intra
muros du Sahara occidental» en prévision d’un référendum qui lui serait
favorable. Aujourd’hui il reproche au représentant du peuple sahraoui de déjouer
ses plans expansionnistes. Qui est le bouffon du roi, la presse marocaine ou la
communauté internationale ?

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http://www.lexpressiondz.com/T20040928/ZA4-0.htm

DANS UN MÉMORANDUM ADRESSÉ À L’ONU
Le Maroc «avoue» son échec
28 septembre 2004 - Page : 3

Nouveau revirement du royaume chérifien en ce qui concerne le Sahara occidental.


Après avoir soutenu durant des années que le règlement du conflit est
exclusivement du ressort de l’Algérie et du Maroc, voilà que Sa Majesté le roi
Mohammed VI adresse une «missive» à l’ONU pour dénoncer ce qu’il appelle
«l’implication directe d’Alger dans le conflit du Sahara occidental».
L’Algérie a beau expliquer à son voisin marocain, par le biais notamment du
ministre des Affaires étrangères, M.Abdelaziz Belkhadem, que le conflit du
Sahara occidental relève de la responsabilité de l’ONU, Rabat n’en démord pas et
revient à chaque fois à la charge en accusant Alger d’être derrière le Front
Polisario. Pourtant, le président de la République, M.Abdelaziz Bouteflika, a
été très clair là-dessus lors de son discours à l’ONU à l’occasion de la
dernière assemblée des Nations unies.
«L’ONU a, depuis longtemps, clairement établi que le Sahara occidental était un
territoire non autonome relevant de la résolution 1514. Le plan de paix
unanimement accepté par le Conseil de sécurité prévoit un cadre de règlement
juste et définitif à travers le libre exercice par le peuple sahraoui de son
droit inaliénable à l’autodétermination». La mise au point du chef de l’Etat
face aux élucubrations cycliques du roi du Maroc était on ne peut plus claire.
Moins d’une semaine après la déclaration du président Bouteflika, le Maroc
récidive. Dans un «mémorandum» adressé à l’ONU et rendu public, dimanche à
Rabat, Mohammed VI élargit davantage le fossé entre les deux voisins affirmant
dans le document transmis à Kofi Annan que «l’implication de l’Algérie dans la
question du Sahara a pris des formes multiples et variées allant de l’engagement
militaire aux manquements au droit international humanitaire en passant par
l’appui financier et logistique et la mobilisation et l’encadrement
diplomatiques». D’après ce rapport adressé au secrétaire général de l’ONU, daté
du 24 septembre et largement diffusé par l’agence marocaine de presse MAP, «le
Front Polisario est une invention de l’Algérie qui exerce sur ce mouvement armé
une tutelle revendiquant l’indépendance du Sahara occidental». Encore une fois,
Mohammed VI n’a pas raté l’occasion de jeter l’anathème sur l’Algérie qui
pourtant n’a de cesse d’appeler depuis 1974 son voisin de l’Ouest d’appliquer
les résolutions de l’ONU et de juste se conformer aux accords passés avec la
communauté internationale, notamment celui de Houston en 1990. Pourtant, lors de
la visite du représentant spécial de Kofi Annan, Alvaro de Soto au Maroc, après
la spectaculaire démission de James Baker, le souverain marocain, le roi
Mohammed VI, a pour la première fois laissé entendre en filigrane que la
question du Sahara n’est pas «interne» au royaume, suggérant ainsi un règlement
du conflit dans le cadre des Nations unies. Il ne fut pourtant rien, le Maroc
s’acharne contre l’Algérie puisque le mémorandum n’est ni plus ni moins qu’un
véritable réquisitoire dressé contre notre pays. «L’Algérie s’est attachée
depuis 1973 à contrarier systématiquement le parachèvement de l’intégrité
territoriale du royaume. Et comme le ridicule ne tue pas, les rédacteurs du
document adressé à M. Annan, se sont même permis des leçons d’histoire qui
attestent que le Sahara fait partie intégrante du royaume depuis des temps
immémoriaux».
Ainsi, d’après le long exposé de Rabat, le «statut du Maroc vis-à-vis du Sahara
occidental n’est pas celui d’un Etat étranger ou d’une puissance occupante.
C’est juste une récupération de l’ensemble de son territoire national après le
recouvrement de son indépendance en 1956». Il est clair, maintenant, que le
Maroc continuera à narguer la communauté internationale.
Ses positions versatiles au sujet du Sahara occidental ne risquent pas de
changer malgré les pressions internationales et la reconnaissance du Front
Polisario par presque toute la planète.
Mohammed VI devrait doublement réfléchir et revoir sa «stratégie» qui consiste
jusqu’ici à dire une chose et faire son contraire.
Le royaume devrait plutôt s’occuper des graves problèmes économiques que
traverse le Maroc, au lieu d’orchestrer systématiquement des campagnes de
dénigrement et de calomnies contre son voisin Alger. Car, peut-on rester
indéfiniment en marge de la communauté internationale à l’ère de la
mondialisation?
En se conformant enfin aux résolutions de l’ONU s’agissant du droit à
l’autodétermination du peuple sahraoui, le roi ne sera que plus respecté par
toutes les nations, en mettant ainsi fin à un conflit qui n’a que trop duré.

Zahir MEHDAOUI

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http://www.lexpressiondz.com/T20040928/ZA4-21.htm

Rabat perd pied
28 septembre 2004 - Page : 3

Perdant de plus en plus pied dans l’affaire du Sahara occidental, le Maroc a,
sans surprise, pris pour cible l’Algérie.


Dans un long mémorandum envoyé au Conseil de sécurité de l’ONU, Rabat, dans un
ultime forcing, tente de justifier son occupation du territoire du Sahara
occidental - dossier de longue date considéré comme un problème de
décolonisation par les Nations unies - en imputant à l’Algérie, pour ne pas
changer, le blocage dont est l’objet le dossier sahraoui. Ainsi, dans ce
mémorandum, Rabat affirme que «l’implication de l’Algérie dans la question du
Sahara occidental a pris des formes multiples et variées : engagement militaire,
appuis financier et logistique, mobilisation et encadrement diplomatiques». La
totale! Le soutien de l’Algérie au Front Polisario n’a jamais été clandestin et
entre dans la logique même de la diplomatie algérienne qui a fait du soutien aux
mouvements de libération en Afrique, en Asie et en Amérique latine l’un des axes
de sa politique étrangère. De fait, Alger n’a pas fait plus pour le Polisario
qu’elle n’en a fait pour d’autres pays et mouvements se trouvant dans la même
situation.
En réalité, le Maroc a été assommé par la reconnaissance de la Rasd (République
arabe sahraouie démocratique) par l’Afrique du Sud. Rabat a paniqué devant
l’effritement continu de sa position sur la question sahraouie et a perdu
quelque peu la mesure des choses sur une question relevant des instances
onusiennes depuis maintenant quarante ans. Ce dossier est, comme chacun sait,
pris en charge par le Conseil de sécurité de l’ONU depuis 1964, époque où ce
territoire était encore sous la colonisation espagnole. Dans ce mémorandum,
Rabat, déniant le qualificatif de «puissance occupante», affirme que «le concept
de la puissance coloniale, selon la convention de Genève de 1949, s’entend d’un
Etat qui occupe partiellement ou totalement le territoire d’un autre Etat (...).
Or, ce concept n’a aucune relation avec le Sahara où il n’y a eu ni guerre avec
un autre Etat, ni occupation du territoire de ce dernier».
Or, le Maroc fait une lecture à tout le moins biaisée de la Convention de Genève
et selon laquelle, en revanche, Rabat est bel et bien une puissance occupante du
territoire sahraoui qui, s’il n’était pas un Etat au moment des faits (marche
verte de 1975), avait néanmoins un peuple qui à cette même époque luttait contre
l’occupation espagnole. Le combat de ce peuple pour sa libération était déjà,
aux yeux des lois internationales, un référent suffisant de l’existence de ce
peuple et de sa différence avec la partie qui tente de l’annexer et d’annexer
son territoire comme l’a fait le Maroc en 1975. Donc, aux yeux du droit
international le Maroc est bien une puissance occupante, principe que conforte
l’avis pertinent rendu en 1964, -à la demande du Conseil de sécurité-, par la
Cour internationale de Justice de La Haye (CIJ), laquelle a pu établir qu’il n’y
avait aucun lien de souveraineté ou d’allégeance entre les peuples du territoire
du Rio de Oro et de Saguiat El Hamra (nom officiel du Sahara occidental) et le
royaume chérifien.
De fait, tout au long de ces années, Rabat a vainement essayé de convaincre la
communauté internationale que la question du Sahara occidental était un problème
bilatéral entre le Maroc et l’Algérie, s’opposant par là même à une intervention
plus appropriée des Nations unies, qui n’ont cessé, tout au long de ces années,
de recommander l’organisation d’un référendum donnant au peuple sahraoui le
droit de se prononcer dans la clarté et la transparence sur son devenir. Rabat
argue encore de «son engagement pour une solution politique qui préserve sa
souveraineté et son intégrité territoriale et qui permet aux populations de
gérer directement et démocratiquement leurs affaires locales».
Or, si solution politique il y a, elle ne peut se faire que dans le cadre de
négociations entre Rabat et le Front Polisario d’une part, la mise en oeuvre des
résolutions des Nations unies et, singulièrement, l’application de l’accord
d’Houston cosigné par les deux parties belligérantes - le Maroc et le Front
Polisario - d’autre part. En fait, le Maroc a très mal pris autant la
reconnaissance de la Rasd par Pretoria, que le fait que cette question commence
à susciter de l’intérêt parmi l’intelligentsia arabe jusque-là mal informée sur
ses tenants et aboutissants ou moins disposée à l’égard de ce dossier. En
voulant, contre toute évidence, réduire le conflit maroco-sahraoui à un
antagonisme entre Alger et Rabat, le Maroc a ainsi fait fausse route, échouant
en fait à accréditer la réalité d’un conflit algéro-marocain sur la Sahara
occidental. Rabat est encore le seul à estimer «obsolète» et «inapplicable» un
référendum au Sahara occidental. Ce qui n’est pas l’avis du Conseil de sécurité
qui a renouvelé, en avril dernier, son soutien total au plan Baker devant
justement aboutir, au bout d’une période de cinq ans, à l’organisation d’un
référendum d’autodétermination pour le peuple sahraoui, conformément à la
définition que fait l’ONU des territoires colonisés. Ce qui, à l’évidence, est
le cas du Sahara occidental.

Karim MOHSEN

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http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=29216

L’Afrique du sud bouscule les espoirs du Maroc
échec au roi

Par Hassan Moali

Faute d’arguments diplomatiques pour contrer la position de Pretoria, le royaume
fait diversion.

La “sortie” diplomatique du royaume chérifien, qui a poussé un énième coup de
gueule contre l’Algérie, largement relayée du reste par la presse de Sa Majesté,
n’est pas tout à fait surprenante. Elle dénote, cependant, d’une soudaine montée
d’adrénaline chez nos voisins de l’Ouest qui ne supportent plus l’attachement
indéfectible de l’Algérie à la légalité internationale dans le règlement du
dossier du Sahara occidental. En l’occurrence, le ton du fameux mémorandum
marocain adressé le 24 de ce mois au conseil de sécurité dégage un fort
ressentiment vis-à-vis d’Alger, coupable d’avoir appelé un chat un chat, en
estampillant expressément le conflit maroco-sahraoui de “problème de
décolonisation”.
Mais cette position déjà très connue de l’Algérie ne semble pas être le vrai
détonateur. Sans le souligner officiellement, les dirigeants du royaume semblent
terriblement affectés par la reconnaissance de la république sahraouie par
l’Afrique du Sud. Le pays de Thabo Mbeki, qui figure parmi les géants du
continent, grâce à son influence, est capable à lui seul d’entraîner dans son
sillage beaucoup de pays africains pour reconnaître au front Polisario son droit
inaliénable à l’autodétermination. Et cette réalité, le Maroc est loin de
l’ignorer compte tenu du poids géostratégique et diplomatique de l’Afrique du
Sud au sein de l’union africaine, mais aussi dans le concert des nations.
Mohammed VI et ses collaborateurs savent qu’ils venaient de subir un camouflet
diplomatique via la position du pays de Mandela. Et pour eux, les choses sont
claires : c’est Alger qui a été derrière la reconnaissance par Pretoria de la
république sahraouie. D’ailleurs, la salve de dénonciations débitée par les
médias marocains a ciblé prioritairement l’Algérie. Cette campagne haineuse lève
le voile sur la vulnérabilité du royaume qui voit ses certitudes sérieusement
bousculées devant les exigences du droit international, mais aussi des
aspirations des peuples à disposer d’eux-mêmes.
Le Maroc a plus que jamais peur devant le repli et le tarissement inexorable de
ses soutiens traditionnels. En effet, préoccupées beaucoup plus par la lutte
mondiale contre le terrorisme, les capitales occidentales, à l’image des USA et
de la France, ne semblent plus vouloir servir d’escabeau à sa Majesté dans son
entreprise visant à garder par la force le territoire sahraoui. Le retournement
de situation au sein du gouvernement espagnol est, à cet égard, significatif.
Le premier ministre, Zapatero, qui a tenté un temps de jouer dans la cour du roi
contrairement à son prédécesseur, s’est vite rendu compte qu’il ne pouvait aller
à contresens de la volonté de son peuple qui n’a jamais caché son soutien à la
cause sahraouie. Et le fameux axe Rabat-Paris-Madrid n’a duré que le temps des
visites des trois responsables en Algérie et au Maroc. Mieux encore, l’Espagne
est en passe de rallier la France à sa thèse, désormais favorable au plan
onusien de James Baker. Autant dire que la diplomatie marocaine se trouve en
très mauvaise posture dans un contexte international où le conflit sahraoui
n’emballe pas grand monde.
Et les ennuis du royaume ne s’arrêteront pas là. Les observateurs s’attendent à
une autre grosse “mauvaise” surprise en provenance de Lagos.
Le Nigeria, dit-on, est sur le point d’emboîter le pas à l’Afrique du sud dans
le cycle des reconnaissances de la république sahraouie. Et connaissant
l’influence de ce pays pétrolier au sein de l’UA, avec l’Afrique du Sud et
l’Algérie, il est loisible de deviner la position très inconfortable du Maroc.
C’est, en effet, une perspective qui effraye au plus haut point Rabat qui voit
ses thèses battues en brèche en Afrique et au sein du conseil de sécurité.
Ce pays aura du mal à défendre le bien-fondé de sa position face une prise de
conscience internationale de plus en plus accrue. Et pour dénoncer ce tableau
sombre qui pointe à l’horizon, il fallait bien trouver un bouc émissaire pour
noyer son chagrin. L’Algérie est bien sûr la cible privilégiée.

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http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=29215

Le palais, la classe politique, les médias
Maroc : tirs groupés sur l’Algérie

Par Abdelkamel K.

En réaction aux positions internationales, désormais plus favorables à
l’autodétermination du peuple sahraoui, le souverain alaouite n’hésite pas à
désigner Alger comme responsable de sa faillite diplomatique.

Mohammed VI accuse directement l’Algérie d’être la principale cause de blocage
du dossier sahraoui. Sans fournir la moindre preuve concrète dans sa diatribe,
le roi du Maroc affirme dans un mémorandum adressé le 24 de ce mois au Conseil
de sécurité et diffusé, hier, par l’agence MAP, que “l’implication de l’Algérie
dans la question du Sahara occidental a pris des formes multiples et variées
allant de l’engagement militaire aux manquements au droit international
humanitaire en passant par l’appui financier et logistique et la mobilisation de
l’encadrement diplomatique”.
Rabat cherche coûte que coûte à démontrer qu’Alger est “partie prenante” dans
cette affaire du Sahara occidental. Mohammed VI estime que la contribution
apportée par la diplomatie algérienne dans la perspective d’un règlement de ce
différend dans ses nombreuses étapes montre que l’Algérie “n’agit pas comme un
simple membre des Nations unies, soucieux du respect des principes de la
charte”. Basant son argumentaire sur des passages des précédentes résolutions
onusiennes, en prenant le soin de couper les phrases là où il faut avec
l’habileté d’un censeur, le souverain chérifien fait endosser à notre pays toute
la responsabilité du non-règlement du dossier.
L’absurdité de la thèse royale ne semble pas avoir de bornes. En effet, dans ce
rapport qualifié de “document officiel au Conseil de sécurité”, le Maroc rejette
le qualificatif de “puissance occupante” utilisé par le président Abdelaziz
Bouteflika dans sa lettre à Kofi Annan en juillet dernier. Le roi s’insurge
contre l’utilisation de ce concept qu’il juge “erroné et n’ayant aucune relation
avec le Sahara” où selon lui, il “n’y a eu ni guerre avec un autre État, ni
occupation du territoire de ce dernier”. L’on se demande alors dans quelles
circonstances le Front Polisario a fait prisonniers plusieurs milliers de
soldats des forces armées royales marocaines, dont plusieurs centaines ont été
récemment libérées à l’appel de nombreuses monarchies du Golfe, notamment le
Qatar et les Émirats arabes unis.
Quant à l’histoire du Sahara occidental, le mémorandum ne laisse planer aucun
doute sur sa “marocanité”, en affirmant qu’il “fait partie intégrante du royaume
depuis des temps immémoriaux”. Le plan de paix de James Baker qui “réintroduit
l’idée de référendum” est perçu au palais de Skhirat comme une menace, car il
prévoit “une période de transition porteuse de tous les dangers pour la quiétude
des populations locales, la sécurité et la stabilité des États de la région”.
Excellant dans l’art de maintenir le flou total, le Maroc réitère son
“engagement pour une solution politique qui préserve sa souveraineté et son
intégrité territoriale et qui permet aux populations de gérer directement et
démocratiquement leurs affaires sociales”.
C’est là une manière de rappeler à la communauté internationale le refus
catégorique de Rabat d’accepter de tenir un référendum auquel le Front Polisario
appelle de tous ses vœux. Sur ce point, la position marocaine est des plus
inexplicables. En effet, alors que les Marocains transférés sur ce territoire
depuis la Marche verte annoncée le 16 octobre 1975 par le défunt roi Hassan II,
représentent plus du triple des Sahraouis recensés par la Minurso et ayant le
droit de voter, soit près de 300 000 contre 80 000, le palais royal ne veut pas
entendre parler de référendum.
Tout indique que la confiance ne règne pas entre le roi et ses “sujets”. Dans ce
genre de situation, la solution pour Rabat est dans la fuite en avant, quitte à
défendre l’indéfendable.
En tout état de cause, la monarchie alaouite demeure fidèle à ses positions
antérieures consistant à tout mettre sur le dos de l’Algérie, même quand il
s’agit de taire des contestations internes n’ayant rien à voir avec le Sahara
occidental.

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http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=29214

L’enfer, c’est les autres

Par Ghania Khelifi

En s’obstinant à cultiver le modèle colonialiste, le Maroc y perdra sa
crédibilité et les intérêts d’ordre économique ou géopolitique.

Le Maroc rame encore une fois à contre-courant de l’Histoire. Dans son
mémorandum à l’Onu, le royaume s’émeut d’être traité par l’Algérie et bien
d’autres États d’ailleurs de “puissance occupante”. Non ! s’indigne le régime de
Rabat, les Sahraouis sont des sujets consentants et heureux. Sauf que le royaume
n’explique pas la farouche détermination de ce peuple à vivre libre et souverain
ni pour quelle raison il s’est doté de moyens de lutte, pour défendre sa cause.
L’Algérie est accusée de soutenir le Polisario réduit au rang de mouvement armé
qui revendique l’indépendance du Sahara occidental. L’astuce est usée jusqu’à la
corde depuis des siècles par les envahisseurs. Le colonisé est toujours la
victime d’agitation extérieure ou de groupuscules “fellaghas”, “terroristes”,
“voisins ennemis” et bien d’autres épouvantails pratiques. De ce côté-ci de la
frontière, on sait toutes les ressources du lexique colonialiste. Pourtant, il
est surprenant que le monarque marocain que l’on présentait comme moderniste en
soit acculé à cette stratégie de diversion pour escamoter son problème
répertorié par les instances et le droit internationaux comme un dossier, certes
l’un des derniers, de décolonisation. Le discours marocain rappelle un peu celui
des Israéliens qui invoquent les “temps immémoriaux” de leur présence en
Palestine pour justifier leur répression de tout un peuple. La légitimité par la
mythologie est toujours pulvérisée, pourtant, par la percée inexorable de la
volonté populaire de liberté. En s’obstinant à cultiver le modèle colonialiste,
le Maroc y perdra sa crédibilité et les intérêts d’ordre économique ou
géopolitique.
L’état de guerre permanent permet évidemment au régime de maintenir le pays sous
pression, de contenir toutes les contestations en mobilisant les populations
face à la menace de l’ennemi extérieur, en l’occurrence l’Algérie, mais les
contextes régional et international condamnent déjà Rabat à l’essoufflement. À
ce moment, il devra se résoudre à négocier avec une certaine RASD, République
arabe sahraouie démocratique.



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Mar, 28 de Sep, 2004 12:58 pm

ruizmi2004
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Carlos Ruiz Miguel
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28 de Sep, 2004
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