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Spécial Coup d'État (franco-marocain ?) en Mauritanie (4-VIII-2005   Lista de mensajes  
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*****STOP AU SAUVAGE MAKHZEN
*****Campagne internationale pour la libération de Aminatou Haidar et de tous
les prisonniers politiques sahraouis
http://www.arso.org/aminatoucamp.htm

*****INTIFADA SAHRAOUI*****
http://www.arso.org/intifada2005.htm

*****ACTION: LETTRE AU PRÉSIDENT ESPAGNOL********
http://www.umdraiga.com/acciones/cartazpintifada_particular.asp
http://www.umdraiga.com/acciones/cartazpintifada_organizacion.asp




S O M M A I R E

1. COUP D'ÉTAT EN MAURITANIE

1.1. PRESSE MAURITANIENNE
- AMI: Le président du Conseil Militaire pour la Justice et la Démocratie reçoit
un émissaire marocain [NOTE: IL S'AGIT DU MANSOURI, LE PATRON DU SERVICE SÉCRET
DGED, AMI DE MOHAMED VI ET PERSONNE EN CHARGE DU DOSSIER DU SAHARA]
- AMI: Le Président du Conseil Militaire pour la Justice et la Démocratie reçoit
certains ambassadeurs accrédités dans notre pays [ALGÉRIA, TUNISIE, LYBIE. NOTE:
PAYS NON QUALIFIÉS COMME DES "AMIS"]
- AMI: Le Président du CMJD reçoit certains ambassadeurs de pays amis [USA,
FRANCE, RUSSIE, CHINE, SÉNEGAL, GAMBIE]
- AMI: Le Conseil Militaire pour la Justice et la Démocratie publie un
communiqué (COMPOSITION DE LA JUNTA)

1.2. PRESSE ALGÉRIENNE
- EL MOUDJAHID: Le Président Mouaouya Ould Sid Ahmed Taya renversé / Situation
calme à Nouakchott / L’ONU, l’UA et l’UE condamnent
- EL WATAN: Le jeu trouble des services secrets
- EL WATAN: Plus de couverture islamiste
- EL WATAN: Le règne de l’instabilité
- EL WATAN: Fin de règne ?
- EL WATAN: Un pays au bord du gouffre
- EL WATAN: Un conseil militaire et deux ans de transition
- EL WATAN: Coup d’état militaire réussi en mauritanie
- EL WATAN: Condamnation et inquiétude à travers le monde
- L'EXPRESSION: Inquiétude dans les capitales maghrébines
- L'EXPRESSION: Un scénario à la soudanaise?
- L'EXPRESSION: L’instabilité permanente
- L'EXPRESSION: COUP D’ÉTAT EN MAURITANIE. CONSTRUCTION DE L’UMA. Le coup de
grâce
- L'EXPRESSION: COUP D’ÉTAT EN MAURITANIE. Des conflits ethniques récurrents
- L'EXPRESSION: COUP D’ÉTAT EN MAURITANIE. L’Afrique prisonnière de la culture
du putsch
- LE QUOTIDIEN D'ORAN: La Mauritanie dans la tourmente
- LE QUOTIDIEN D'ORAN: coup d’état en mauritanie. Le Mossad, le GSPC et Ould
Taya
- LE QUOTIDIEN D'ORAN: En «guerre» contre les islamistes. Ould Taya est tombé
par ses colonels
- LE QUOTIDIEN D'ORAN: Le mercredi mauritanien
- LA TRIBUNE: Alors que l’UA, l’UE et l’ONU condamnent le coup d’état
en Mauritanie. Un conseil militaire dépose le président Ould Taya
- LA TRIBUNE: L’UA, l’UE et l’ONU condamnent la «prise de pouvoir par la force»
- LA TRIBUNE: Le mode d'alternance au pouvoir en question
- LA TRIBUNE: La longévité et la légitimité d’Ould Taya ne sont pas synonymes de
stabilité
- LA TRIBUNE: Situation sécuritaire en Mauritanie. Terrorisme et banditisme
s'enracinent
- LA TRIBUNE: Economie mauritanienne : 46,3% de la population en dessous du
seuil de pauvreté
- LE JEUNE INDÉPENDANT: Coup d’Etat militaire aux portes de l’Algérie
- LE JEUNE INDÉPENDANT: Une «démoctature» de moins
- LE JEUNE INDÉPENDANT: Joie dans les rues de Nouakchott
- HORIZONS: Coup d’état en Mauritanie. Ould Taya renversé
- LA NOUVELLE RÉPUBLIQUE: Coup d'Etat militaire en Mauritanie. Ould Taya en
séjour préventif au Niger
- LIBERTÉ: Coup d’état en mauritanie. Les militaires renversent Ould T


===========================================================
SÁHARA-INFO EN FRANÇAIS ET EN ESPAGNOL:
http://es.groups.yahoo.com/group/sahara-info/

SAHARA-INFO SEULEMENT EN FRANÇAIS:
http://fr.groups.yahoo.com/group/revue-de-presse-sahara-occidental/

SAHARA-INFO SÓLO EN ESPAÑOL:
http://es.groups.yahoo.com/group/revista-de-prensa-sahara-occidental/
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1. COUP D'ÉTAT EN MAURITANIE

1.1. PRESSE MAURITANIENNE
http://www.ami.mr/fr/Archives2005/aout/4/32.htm

Le président du Conseil Militaire pour la Justice et la Démocratie reçoit un
émissaire marocain

Nouakchott, 4 août (AMI) - Le colonel Ely Ould Mohamed Vall, président du
Conseil Militaire pour la Justice et la Démocratie a reçu en audience jeudi au
Palais présidentiel, M. Yassine Mansouri, conseiller spécial du roi du Maroc et
envoyé spécial de sa majesté le roi Mohamed VI.

L'audience s'est déroulée en présence de Sem Abderrahmane Ben Omar, ambassadeur
du Maroc à Nouakchott.

AMI

------------->
http://www.ami.mr/fr/Archives2005/aout/4/33.htm

Le Président du Conseil Militaire pour la Justice et la Démocratie reçoit
certains ambassadeurs accrédités dans notre pays

Nouakchott, 4 août (AMI) - Le colonel Ely Ould Mohamed Vall, président du
Conseil Militaire pour la Justice et la Démocratie a reçu en audience
successivement ce jeudi après-midi leurs excellences MM. Kayid Chekib,
ambassadeur d'Algérie à Nouakchott, El Bechir Saaidy, chargé d'affaires de
l'ambassade de Tunisie et Ali Moussa Tabass, chargé d'affaires du bureau de
fraternité libyenne à Nouakchott.

AMI

--------->
http://www.ami.mr/fr/Archives2005/aout/4/28.htm

Le Président du CMJD reçoit certains ambassadeurs de pays amis

Nouakchott, 4 août (AMI) - Le président du Conseil Militaire pour la Justice et
la Démocratie le colonel Ely Ould Mohamed Vall a reçu cet après-midi plusieurs
ambassadeurs de pays amis accrédités à Nouakchott.

C'est ainsi qu'il a reçu les ambassadeurs des États-Unis d'Amérique, M. Joseph
Lebaron, de France, M. Patrick Nicholoso, de la République fédérale d'Allemagne
M. Ernest Joachim Doring, de la République populaire de Chine M. Li Guo Xu, de
la Fédération de Russie M. Leonid Rogov, d'Israël M. Moaz Besmety, de la
République du Sénégal M. Mahmoud Cheikh Kane, de la République du Mali M. Moussa
Coulibaly et de Gambie, M. Mamadou Badie.

AMI

----------->
http://www.ami.mr/fr/Archives2005/aout/3/13.htm

Le Conseil Militaire pour la Justice et la Démocratie publie un communiqué

Nouakchott, 3 août (AMI) - Le Conseil Militaire pour la Justice et la Démocratie
a rendu public le communiqué suivant:

"Le Conseil Militaire pour la Justice et la Démocratie est constitué comme
suit:

Président: Colonel Ely Ould Mohamed Vall;

Membres:

Colonel Abderrahmane Ould Boubacar;
Colonel Mohamed Abdel Aziz;
Colonel Mohamed Ould Cheikh Mohamed Ahmed;
Colonel Ahmed Ould Bekrine;
Colonel Sogho Alassane;
Médecin colonel Ghoulam Ould Mohamed;
Colonel Sidi Mohamed Ould Cheikh El Alem;
Colonel Negri Felix;
Colonel Mohamed Ould Meguett;
Colonel Mohamed Ould Mohamed Znagui;
Médecin colonel Kane Hamedine;
Colonel Mohamed Ould Abdi;
Colonel Ahmed Ould Ameine;
Colonel Taleb Moustapha Ould Cheikh;
Colonel Mohamed Cheikh Ould Mohamed Lemine;
Capitaine de vaisseau Isselkou Ould Cheikh El Wely".


AMI

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1.2. PRESSE ALGÉRIENNE
http://www.elmoudjahid.com/stories.php?story=05/08/03/0344749

Le Président Mouaouya Ould Sid Ahmed Taya renversé
Par : EL MOUDJAHID Le : mercredi 03 août 2005

Un conseil militaire “pour la justice et la démocratie” prend le pouvoir
Des militaires ont annoncé la constitution d’un "conseil militaire pour la
justice et la démocratie" après avoir renversé, hier, le président mauritanien,
Mouaouya Ould Sid Ahmed Taya, indique un communiqué diffusé par l’Agence
mauritanienne d’information (AMI). Ce conseil a pris "le pouvoir en Mauritanie
pour une durée n’excédant pas deux ans" a précisé la même source. Les
putschistes "s’engagent à créer les conditions favorables d’un jeu démocratique
ouvert et transparent sur lequel la société civile et les acteurs politiques
auront à se prononcer librement", ajoute le communiqué en soulignant que ce
conseil s’engage "à respecter tous les traités et conventions internationaux
ratifiés par la Mauritanie".
La situation était particulièrement confuse dans la capitale mauritanienne,
Nouakchott, dès les premières heures de la matinée d’hier durant lesquelles les
agences de presse avaient rapporté qu’une tentative de coup d’Etat s’y
déroulait. Le siège de l’état-major, de la radio et de la télévision nationales
été ainsi occupé par des militaires, qui ont également interdit l’accès à la
présidence et aux ministères.
Des véhicules équipés d’armes lourdes et des batteries anti-aériennes étaient en
outre stationnés autour des sites stratégiques de la ville. L’aéroport de
Nouakchott a également été fermé au trafic civil, selon les mêmes sources. Au
cours d’une communication téléphonique, hier après-midi à 17 heures (heure
algérienne) avec une source algérienne dans la capitale mauritanienne, L’APS a
appris que "les échanges de tirs autour du palais présidentiel ont totalement
cessé" et que "la situation dans les autres grandes villes du pays comme
Nouadhibou est également calme". La même source a indiqué, selon les premières
informations obtenues, que le chef d’état- major de l’armée, le commandant de la
gendarmerie et le chef de la garde nationale "auraient été arrêtés à l’aube",
avant les premiers mouvements pour le contrôle du palais présidentiel, de la
radio et de la télévision mauritaniennes.
Face à cette situation, l’Union africaine a rapidement fait connaître sa
position, dès la confirmation du coup d’Etat. Le président de la Commission de
l’Union africaine (UA), Alpha Oumar Konaré, a ainsi exprimé sa condamnation de
"toute prise de pouvoir ou toute tentative de prise de pouvoir par la force".
Il a également souligné dans un communiqué "le rejet total par l’UA de tout
changement anticonstitutionnel de gouvernement et son attachement au respect de
l’ordre constitutionnel" et indiqué qu’il suivait "avec préoccupation les
informations en provenance de Nouakchott".
Au courant des quinze derniers mois, trois tentatives avortées de coup d’Etat
(juin 2003, août et septembre 2004), ont caractérisé la scène politique
mauritanienne, rappelle-t-on. Le président Ould Taya, au pouvoir depuis le 12
décembre 1984, s’étaut rendu, lundi, à Ryadh pour assister, mardi, aux
funérailles du Roi Fahd. Il se trouve actuellement à Niamey, la capitale du
Niger, après son retour d’Arabie Saoudite.

..................

Situation calme à Nouakchott
La situation était calme, hier après-midi, à Nouakchott après l’annonce de la
prise du pouvoir par un "comité militaire pour la justice et la démocratie". Au
cours d’une communication téléphonique, hier après-midi à 17 heures (heure
algérienne), avec une source algérienne dans la capitale mauritanienne, il
s’avère que "les échanges de tirs autour du palais présidentiel ont totalement
cessé" et que "la situation dans les autres grandes villes du pays comme
Nouadhibou est également calme".
La même source a indiqué à l’APS, selon les premières informations obtenues, que
le chef d’état-major de l’armée, le commandant de la gendarmerie et le chef de
la garde nationale "auraient été arrêtés à l’aube" avant les premiers mouvements
pour le contrôle du palais présidentiel, de la radio et de la télévisions
mauritaniennes."
On ne sait cependant rien des conséquences des échanges de tirs, parfois à
l’arme lourde, notamment si ceux-ci avaient provoqué des victimes. La radio et
la télévision ont seulement diffusé le communiqué annonçant la mise en place du
"comité militaire" et énonçant un certain nombre de griefs sur "la gestion du
pays" par le président Mouaouya Ould Sid Ahmed Taya. On ajoute que "les
initiateurs semblent être des proches du cercle présidentiel" bien qu’aucun
communiqué n’ait pour l’instant fourni la composante exacte du "comité
militaire".

.................

L’ONU, l’UA et l’UE condamnent
Les Nations Unies et l’Union européenne (UE) ont condamné hier le coup d’Etat
militaire en Mauritanie, perpétré dans la matinée en l’absence du président
Mouaouiya Ould Sid-Ahmed Taya.
Le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, qui s’est déclaré "profondément
troublé" par cet acte, "condamne toute tentative de changement inconstitutionnel
de gouvernement qui surviendrait dans quelque pays que ce soit". "Les différends
de nature politique devraient être réglés de manière pacifique à travers le
processus démocratique", a estimé M. Annan, cité par son porte-parole. Déplorant
"la prise du pouvoir par la force", le commissaire européen au Développement et
à l’Aide humanitaire, Louis Michel, a appelé pour sa part au "respect de la
démocratie et du cadre institutionnel légal", indique un communiqué de l’UE.
La Commission européenne "continuera à suivre très attentivement l’évolution des
événements et, le moment venu, appréciera la situation en fonction des
dispositions applicables de l’accord de Cotonou dont la Mauritanie est
signataire", poursuit le texte.
De son côté, l’Union africaine (UA) a condamné "fermement toute prise de pouvoir
ou toute tentative de prise de pouvoir par la force" et "suit avec préoccupation
les informations en provenance de Nouakchott", la capitale mauritanienne,
affirme un communiqué de l’organisation panafricaine diffusé au siège de l’UA à
Addis-Abeba.
Le président de la Commission de l’UA, Alpha Oumar Konaré, "réaffirme le rejet
total par l’UA de tout changement anticonstitutionnel de gouvernement et son
attachement au respect de l’ordre constitutionnel", souligne la même source.
En Espagne, le gouvernement a exprimé "sa préoccupation pour ces faits qui
surviennent dans un pays ami, voisin et avec lequel nous unissent des liens
historiques et de futur".
Le ministère français des Affaires étrangères a indiqué pour sa part qu’il
suivait "avec attention" l’évolution de la situation en Mauritanie".

................

Les Algériens en Mauritanie n’ont pas été touchés “dans leur personne et leurs
biens”
Les membres de la communauté algérienne installée en Mauritanie n’ont pas été
touchés "dans leur personne et leurs biens" par la situation actuelle en
Mauritanie, a-t-on appris hier auprès des services consulaires du ministère des
Affaires étrangères. L’ambassade d’Algérie à Nouakchott qui est en
contact permanent avec les ressortissants algériens en Mauritanie tient à
rassurer les familles concernées, précise la même source.
Ces familles peuvent, en cas de besoin se rapprocher de la permanence du
ministère des Affaires étrangères au numéro 021 50 43 58 pour toute requête
spécifique, ajoute-t-on.

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http://www.elwatan.com/2005-08-04/2005-08-04-24157

Le jeu trouble des services secrets

Un pays si fragilisé politiquement et sécuritairement, comme la Mauritanie, ne
pouvait échapper à une forte emprise des services secrets étrangers.

Avec une succession de tentatives de coups d’Etat, Maaouiya Ould Sid’Ahmed Taya,
le Président mauritanien, s’est retrouvé inévitablement devant une situation de
confusion. Ne pas trop se fier aux structures de renseignements qu’il est censé
contrôler, mais avec toute la propension de tomber dans le jeu trouble des
services étrangers.

La France n’était plus en bons termes avec Ould Taya, notamment avec l’affaire
du capitaine Ely Ould Dah. En juin 1999, cet officier des renseignements suivait
un stage de perfectionnement dans le sud de la France lorsqu’il est arrêté,
accusé de tortures contre des Mauritaniens. Nouakchott réagira en gelant la
coopération militaire avec Paris et en imposant le visa aux Français désireux de
se rendre en Mauritanie. Ancienne puissance coloniale, la France s’est vue
vraiment bousculée, ces six dernières années, par les Etats-Unis.

Washington n’étant en fait « ni avec ni contre Ould Taya », mais ses services
secrets ont toujours acculé le président déchu. Cela en propulsant toutes les
formes d’opposition sur le devant de la scène mauritanienne. L’ambassade
américaine se trouve mitoyenne de la Présidence de la République !

Dans cette équation à plusieurs inconnues, Israël se positionne en véritable
outsider dans ce pays. Depuis justement 1999, les relations diplomatiques ont
été hissées au niveau des ambassades. Ce qui a donné à Tel-Aviv une grande marge
de manœuvre. Israël était du côté d’Ould Taya « tant que ça marchait bien »,
mais savait très bien qu’il était gravement fragilisé.

Quant au Maroc, un grand effort de rapprochement a été accompli, ces trois
dernières années, avec Ould Taya. Rabat avait pris comme choix stratégique de «
peser de tout son poids » pour avoir un allié dans la région, notamment
vis-à-vis de l’Algérie.

Celle-ci, bien que depuis longtemps très proche de la Mauritanie, a pourtant
pris ses distances depuis deux années. L’intérêt pour ce pays voisin demeure
incontestablement présent surtout avec la destitution de Maaouiya Ould Sid’Ahmed
Taya.

S. E. Belabès

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http://www.elwatan.com/2005-08-04/2005-08-04-24153

Plus de couverture islamiste

Régnant sur la Mauritanie depuis plus de 20 ans, le régime d’Ould Taya, lui-même
arrivé au pouvoir à la suite d’un coup d’Etat militaire, a été destitué de
force, hier matin, par un groupe de militaires.

Le coup d’Etat, après plusieurs tentatives avortées, a été cette fois-ci réussi.
Le pouvoir est entre les mains des putschistes et le président déchu ne pourra
tirer ni la carte des islamistes ni celle du GSPC pour couvrir le vent de
révolte qui minait depuis longtemps son régime.
En effet, les trois tentatives avortées de coup d’Etat en juin 2003, août et
septembre 2004, ont été à chaque fois expliquées par Nouakchott comme étant soit
des complots fomentés par la Libye, soit par les mouvements islamistes,
présentés souvent comme principale source de tension en Mauritanie.

Pourtant hier, les putschistes, des membres de la garde présidentielle, ont
annoncé dans un communiqué signé le « Conseil militaire pour la justice » que
les « Forces armées et de sécurité ont unanimement décidé de mettre fin aux
pratiques totalitaires du régime dont notre peuple a tant souffert ces dernières
années ». Les auteurs du coup d’Etat semblent être ceux qui étaient les plus
proches d’Ould Taya puisque parmi sa garde présidentielle.

La carte du terrorisme islamiste avec laquelle il s’est toujours défendu ne lui
sera pas cette fois bénéfique comme cela a été le cas, début juin, après
l’attaque de la caserne de Lemghity, au nord de la Mauritanie. En effet, le
porte-parole de l’état-major militaire mauritanien avait annoncé, moins de
vingt-quatre heures après l’attaque avoir identifié le groupe de Mokhtar
Belmokhtar comme étant l’auteur de l’opération terroriste, en avançant des
arguments qui n’ont convaincu ni les spécialistes des questions du terrorisme ni
certaines capitales occidentales. L’organisation, les moyens utilisés et la
stratégie de repli des assaillants, après avoir mis la main sur une importante
quantité d’armement, laissent croire que le groupe qui a pris d’assaut la
caserne de Lemghity a bel et bien bénéficié d’une complicité agissante auprès
des militaires. Le coup était trop bien organisé dans une région où il est très
difficile pour des étrangers de circuler ou de se cacher sans être repérés. Ce
qui a poussé les spécialistes à retenir, plutôt, la thèse d’un groupe
mauritanien d’opposition (à l’image de celui appelé « les Cavaliers du
changement » par exemple) bénéficiant d’un soutien au sein d’une fraction de
l’armée.

Pourtant, les officiels mauritaniens ne pointent le doigt que vers le GSPC pour
atteindre deux buts en même temps : brandir la menace islamiste, présentée comme
principale source de tension, d’une part pour bénéficier de l’aide de l’Occident
et, d’autre part, pour réprimer tout mouvement de révolte contre le régime, avec
le consentement de l’opinion internationale, engagée dans la lutte contre le
terrorisme islamiste.
C’est dans cette optique qu’une vaste opération de chasse aux Algériens a
d’ailleurs été engagée, avant même l’attaque de la caserne de Lemghity et bien
après pour les présenter à l’opinion publique interne et externe comme étant «
des membres de réseaux de soutien » aux groupes terroristes qui « veulent
déstabiliser l’Etat mauritanien ». Certains de nos ressortissants ont été
affreusement torturés, séquestrés et maintenus dans des lieux de détention
secrets sans aucune preuve de leur implication dans des activités quelconques.
Le même sort a été réservé aux opposants mauritaniens soumis à une répression
des plus féroces.
Ainsi, le coup d’Etat d’hier contre le régime d’Ould Taya a montré au moins que
ceux qui ont recouru à la violence sont ceux-là mêmes qui ont aidé Ould Taya, il
y a 20 ans, à accéder au pouvoir par un putsch.

Salima Tlemçani

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http://www.elwatan.com/2005-08-04/2005-08-04-24155

Le règne de l’instabilité

La Mauritanie est sur le point de battre, si ce n’est déjà fait, un record dont
elle se passerait sans le moindre remords. C’est connu, elle figure déjà sur la
liste des pays les plus sous-développés de la planète, mais ce qui aggrave cette
situation, c’est l’instabilité chronique qui la caractérise.

C’est la valse des coups d’Etat, ou plus simplement les incessantes luttes pour
le pouvoir. D’ailleurs, les accusations après l’attaque contre une caserne au
nord-est de la Mauritanie, le 4 juin dernier, avaient laissé perplexe. A
l’inverse, un message au demeurant anodin d’une puissance occidentale avait semé
le doute. Ou encore, il était sentencieux. Ce qui n’a pas empêché outre mesure
les autorités mauritaniennes de maintenir leurs premières accusations. Il reste
que le doute se fonde sur une réalité, marquée par une totale précarité, et le
président Mouaouiyya Ould Sid Ahmed Taya le savait, lui qui fait face depuis son
accession au pouvoir en 1984 aux pressions de ses anciens compagnons qui avaient
participé comme lui au putsch de 1978 contre l’ancien président Mokhtar Ould
Daddah.

Deux colonels se sont succédé alors au pouvoir, l’un d’entre eux, Ould Salek,
disparaîtra avec son avion au-dessus de l’Atlantique, et l’autre Khouna Ould
Haidallah sera chassé du pouvoir, mais il n’y renoncera jamais. Et le prix en
sera une forte instabilité.

Quant à l’opinion mauritanienne, elle a déjà compris que les bons attribués de
l’extérieur ne servaient pas la Mauritanie. Parce que dans ce pays marqué par
une extrême pauvreté, on ne compte plus les crises même celles qui sont
attribuées au pouvoir pour se maintenir. La dernière bataille connue, celle
qu’on croyait peut-être trop naïvement qu’elle a été réglée par la voie des
urnes, a justement fait sortir de l’ombre avant qu’il ne soit contraint d’y
retourner, l’ancien président Ould Haidallah. Et pourtant, ce dernier a démenti
toutes les accusations portées contre lui, parlant de machination. Et l’on
disait alors que les Mauritaniens faisaient les frais de vieilles querelles
personnelles, puisque Ould Haidallah avait été chassé du pouvoir en 1984 par
Mouaouiyya Ould Sid Ahmed Taya.

Et ce qui s’est passé hier avec les batailles de rues ressemble en tous points à
une autre tentative avortée celle-là, menée par une partie de l’armée en juin
2003. Cette année également, les mêmes bâtiments avaient été investis. Et le
sang a coulé avec au moins quinze tués.
L’année suivante sera marquée par deux autres tentatives. La première en août et
la seconde le mois de septembre suivant. Ce qui est excessif pour un pays qui a
soif de stabilité. Mais c’est la nature du pouvoir, ou encore les éléments qui y
concourent qui sont aujourd’hui en cause. Plus clairement, Ould Sid Ahmed Taya
est accusé d’exercer un pouvoir répressif, même si on lui reconnaît le fait
d’avoir mené son pays vers le pluralisme et la démocratie. Il en est aujourd’hui
à son troisième mandat pour avoir été élu à cette charge en 1992, 1997 et 2003.
Mais à chaque fois, le pouvoir crie au complot extérieur (réel ou supposé) pour
se renforcer et traquer ses adversaires. Et là tout le monde y passe, des
islamistes aux bâathistes, c’est-à-dire ceux-là mêmes qui avaient manifesté leur
opposition à la normalisation des relations avec Israël en 1995, suivie en 1999
de l’établissement de relations diplomatiques. A l’inverse d’autres pays
africains qui affirment eux-mêmes avoir la démocratie et la pauvreté, la
Mauritanie fait figure de cas particulier où les contradictions liées à
l’exercice du pouvoir semblent évidentes. Il n’est pour cela que d’identifier
les auteurs de putschs ou supposés comme tels.

T. Hocine

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http://www.elwatan.com/2005-08-04/2005-08-04-24137

Fin de règne ?
La situation demeurait confuse hier à Nouakchott après le coup d’Etat perpétré
par des éléments de la Garde présidentielle.

Ce petit pays de moins de trois millions d’habitants est en passe de battre tous
les records d’instabilité enregistrant trois tentatives de coup d’Etat en moins
de 15 mois. Le président mauritanien Maaouiya Ould Taya, qui a dirigé le pays
d’une main de fer pendant un quart de siècle, a été cette fois-ci trahi de
l’intérieur même du système par sa Garde présidentielle censée constituer son
bras séculier.

La rébellion n’est pas venue des officiers impliqués dans de précédentes
tentatives de coup d’Etat.

Pas plus qu’elle n’est venue des islamistes qui donnent aussi bien des soucis au
régime en place.

Le coup d’Etat qui vient de secouer le régime du président Maaouiya est d’autant
inquiétant pour la survie du système que tout laisse croire que le ver est
désormais dans le fruit. En attendant de voir plus clair dans ce mouvement de
sédition qui s’amplifie et gagne les cercles les plus proches du Président
mauritanien, il apparaît, selon toute vraisemblance, que les jours du règne de
Maaouiya sont désormais comptés. Le Président mauritanien qui se trouvait en
Arabie Saoudite pour assister aux funérailles du roi Fahd suit les événements à
partir de Niamey d’où il espérait pouvoir rétablir la situation. La partie ne
semble pas aisée pour lui cette fois-ci dans la mesure où les forces armées et
de sécurité qui lui sont restées loyalistes lors des tentatives de putsch
successives ont basculé avec armes et bagages dans le camp des putschistes. Un
comité militaire chargé de diriger le pays pendant une période n’excédant pas
deux ans avant de remettre le pouvoir aux civils a été mis sur pied hier. Le
communiqué du comité militaire rédigé au nom des forces armées et de sécurité
justifiant le coup d’Etat par la volonté de mettre fin « aux pratiques
totalitaires » du Président renversé indique bien que Maaouiya a perdu la
confiance y compris des siens : de l’armée dont il est issu et qui l’a servi
plus ou moins loyalement pendant un quart de siècle avant de se retourner contre
lui. Il reste à savoir comment ce coup d’Etat sera apprécié par la communauté
internationale et principalement par l’Union africaine. Les coups d’Etat sont
aujourd’hui passés de mode et bannis dans les relations internationales.
Maaouiya rejoint le lot des chefs d’Etat africains vissés à leurs fauteuils
qu’ils n’ont quittés que contraints et forcés, soit par un coup d’Etat, soit
affaiblis par la maladie ou suite à un décès.

Bensalem Sofiane

------------->
http://www.elwatan.com/2005-08-04/2005-08-04-24150

Un pays au bord du gouffre

La crise économique accentue la paupérisation des populations

D’une surface globale de 1 030 000 km2, dont plus de 677 000 km2 de désert, et
d’une population qui avoisine 2,8 millions d’habitants, la Mauritanie est un
pays économiquement déstructuré et extrêmement démuni.

Il a été classé parmi 18 pays - dont 14 africains - les plus pauvres de la
planète, ayant bénéficié de l’annulation de leur dette le 11 juin 2005 par le
G8. Défavorisée par des conditions naturelles difficiles, l’économie
mauritanienne est peu diversifiée et repose aujourd’hui sur trois secteurs, dont
deux (fer, pêche) représentent la quasi-totalité des exportations. Le troisième,
l’élevage, reste une source d’emplois très importante (46% des actifs). Près de
la moitié de la population vit en dessous du seuil de pauvreté avec un revenu
annuel de 400 dollars. La pauvreté affecte particulièrement les zones rurales.
Les surfaces cultivées ne représentent plus maintenant que 0,5% du territoire
national. Elles se limitent en une étroite bande au sud du pays, longeant la
basse vallée du fleuve Sénégal et la frontière du Mali. La Mauritanie est
engagée, depuis 1986, dans des réformes économiques et sociales avec le soutien
de la Banque mondiale (BM) et du Fonds monétaire international. Selon les
autorités, l’économie du pays a enregistré, en 2004, un taux de croissance de
6,9%, le plus important depuis 1992. L’objectif des autorités est de ramener la
pauvreté à 17% en 2015 contre 46% en 2000 dans le cadre d’un programme sur 15
ans, adopté début 2001 par le gouvernement avec l’accord des bailleurs de fonds.
Le 16 mars 2000, la Mauritanie a été le premier pays à bénéficier d’un
traitement de sa dette au Club de Paris dans le cadre de l’initiative pour la
réduction de la dette des pays pauvres très endettés (PPTE). L’année 2004 a
cependant vu les rapports de la Mauritanie avec les institutions de Bretton
Woods, jusqu’ici considérées exemplaires, se dégrader. En Mauritanie, le secteur
rural contribue pour 20% au produit intérieur brut et à 60% de l’emploi, selon
les autorités. Les mines (fer, cuivre, phosphates) constituent un secteur
important de l’économie.


La libération de l’économie

Le secteur de la pêche assure plus de 50% de ses recettes d’exportation.
Représentant aujourd’hui 6% du PIB, la pêche est une source majeure de revenus
en Mauritanie. Sa production atteint 640 000 t par an dont 570 000 t d’espèces
pélagiques (sardinelles, chinchards, anchois, maquereaux, etc.). Les eaux
territoriales mauritaniennes sont considérées comme les plus poissonneuses au
monde. Le pays compte de nombreux artisans pêcheurs, dotés de pirogues à moteur
ou pêchant à la senne (en particulier les Imraguen de la côte atlantique, entre
Nouakchott et Nouâdhibou). La Mauritanie s’est dotée d’une flottille nationale
de pêche industrielle constituée d’une centaine de chalutiers, d’un dock
flottant et d’ateliers pour le carénage et la réparation et dispose
d’installations frigorifiées. La libération de l’économie encouragée par les
pouvoirs publics offre d’importantes possibilités d’investissement dans ce
secteur aux promoteurs nationaux et étrangers. Cependant, l’arrivée en nombre de
flottilles ultra-modernes à haute productivité risque, à terme, de réduire à
néant les ressources halieutiques du pays. Aussi, le pays a pris les mesures qui
s’imposent avant de renouveler ses accords de pêche avec les pays de l’Union
européenne. Il a pour objectif de régénérer son stock de poissons et de poulpes,
en attendant de se doter d’une flotte moderne.

S’agissant du secteur minier, il n’emploie guère plus de 5% de la population
active, mais il représente la deuxième grande activité économique du pays (30%
du PIB en 1998 et environ 40% des recettes d’exportation). Depuis 1963, la
Mauritanie exploite le minerai de fer de la Kediet ej Jill (réserves estimées de
5 à 6 milliards de tonnes).

Il convient de signaler enfin que la découverte de pétrole en quantité
exploitable, dès fin 2005, représente aujourd’hui un espoir important pour ce
pays.

R. E.

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http://www.elwatan.com/2005-08-04/2005-08-04-24152

Un conseil militaire et deux ans de transition

Les auteurs du coup d’Etat d’hier renversant le régime, qualifié de «
totalitaire », du désormais ex-Président mauritanien Maaouiya Ould Sid’Ahmed
Taya ont rendu public, dans la journée, un communiqué dans lequel ils ont
expliqué les réelles motivations de leur entreprise.

Il est précisé dans ce communiqué, diffusé par l’Agence mauritanienne
d’information (AMI), que les putschistes se sont constitués en un « Conseil
militaire pour la justice et la démocratie ». Celui-ci a pris le pouvoir, est-il
encore indiqué, « pour une durée n’excédant pas deux ans ». Les putschistes se
sont, aussi, engagés à créer les conditions favorables d’un « jeu démocratique
ouvert et transparent sur lequel la société civile et les acteurs politiques
auront à se prononcer librement ». Autrement dit, le conseil militaire assurera
la transition démocratique qui permettra la tenue d’élections libres et
transparentes d’ici à deux ans. Il s’est, en outre, porté garant du respect de «
tous les traités et conventions internationaux ratifiés par la Mauritanie ».

Mokrane Ait Ouarabi

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http://www.elwatan.com/2005-08-04/2005-08-04-24154

Coup d’état militaire réussi en mauritanie

Les putschistes restent dans l’ombre

Un Conseil militaire pour la justice et la démocratie dirigera le pays durant
deux ans.
Le président déchu Maaouiya Ould Sid Ahmed Taya se réfugie au Niger.

Alors qu’il était de retour d’Arabie Saoudite où il avait assisté aux
funérailles du roi Fahd, le Président mauritanien a été destitué du pouvoir.
L’avion à bord duquel se trouvait Maaouiya Ould Sid Ahmed Taya a voulu atterrir
à l’aéroport de Nouakchott vers 4h, heure locale (GMT). Seulement, les
putschistes lui ont fait savoir qu’il lui était interdit de regagner le pays,
affirment des sources mauritaniennes. Des contacts seront établis pour voir quel
pays pourrait éventuellement l’accueillir. Ces mêmes sources ne précisent pas
ces pays-là. Finalement, Maaouiya arrivera à 12h20 (GMT) à l’aéroport de Niamey
(Niger) pour être ensuite installé dans une villa proche de la Présidence,
rapporte l’AFP. Ce qui explique la prise de contrôle, dès 5h, du siège de
l’état-major, de la radio et de la télévision nationales. Mais aussi et surtout
la fermeture à partir de 10 h de l’aéroport de Nouakchott au trafic civil. Dans
ce coup d’Etat réussi, le chef d’état-major de l’armée, le commandant de la
gendarmerie et le chef de la garde nationale « auraient été arrêtés à l’aube »
avant les premiers mouvements pour le contrôle du palais présidentiel, de la
radio et de la télévision mauritaniennes, rapporte l’APS. Les putschistes sont
pour la plupart des membres de la garde nationale, indiquent les agences de
presse. Ce n’est que l’après-midi à un moment où la situation était confuse que
la confirmation de la réussite du coup d’Etat est tombée. Un communiqué de
l’Agence mauritanienne d’information (AMI) annonce la création d’un « Conseil
militaire pour la justice et la démocratie » qui dirigera le pays pour une durée
n’excédant pas deux ans. Selon des source citées par l’APS, les auteurs de ce
coup d’Etat « semblent être des proches du cercle présidentiel », alors que la
radio et la télévision mauritaniennes ont déjà commencé à critiquer « la gestion
du pays » par le président déchu. Ce changement auquel s’attendaient beaucoup de
citoyens mauritaniens ne stabilise pas pour autant un pays fragilisé par un
certain nombre de contradictions. Les grandes disparités sociales, les clivages
ethniques, la distribution des ressources naturelles et l’absence d’une
identification à la notion d’Etat. Ceci sans oublier l’interférence de
puissances étrangères dans l’orientation future du pays dans un contexte
régional et international très délicat. Le règne de Maaouiya sera achevé donc
grâce à l’intervention des forces armées et de sécurité après 21 ans d’exercice
du pouvoir. Les scènes de joie dans les rues de Nouakchott où les populations
étaient sorties pour exprimer leur soulagement témoignent de ce consensus qui
s’était établi depuis ces derniers mois. Un consensus de changement dicté par
des exigences internes au pays, mais aussi et surtout de pressions externes.
Reste toutefois à savoir comment sera dirigé le pays durant le règne de ce
comité militaire qui risque de ressembler à celui par lequel Ould Taya était
monté au pouvoir en 1984.

S. E. Belabès

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http://www.elwatan.com/2005-08-04/2005-08-04-24156

Condamnation et inquiétude à travers le monde

L’Espagne est le premier pays à avoir exprimé son « inquiétude » face au coup
d’Etat perpétré dès l’aube hier en Mauritanie par des militaires, principalement
des membres de la garde présidentielle en l’absence du président Maaouiya Ould
Taya, en déplacement à Riyad pour les obsèques du roi Fahd.

Madrid « suit de très près les informations sur les événements en Mauritanie et
exprime son inquiétude face à ces faits qui se déroulent dans un pays ami,
voisin et avec lequel nous avons des liens historiques et d’avenir », selon un
communiqué du ministère espagnol des Affaires étrangères, repris par l’AFP.

Le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Alpha Oumar Konaré, a
exprimé sa ferme condamnation de « toute prise de pouvoir » ou « toute tentative
de prise de pouvoir par la force » et « suit avec préoccupation les informations
en provenance de Nouakchott », la capitale mauritanienne, affirme un communiqué,
repris par l’AFP. Il a également réaffirmé « le rejet total par l’UA de tout
changement anticonstitutionnel de gouvernement et son attachement au respect de
l’ordre constitutionnel », ajoute la même source.

De son côté, la Commission européenne a dénoncé la « prise du pouvoir par la
force » en Mauritanie. Le commissaire européen au Développement et à l’Aide
humanitaire, Louis Michel, a « déploré la prise du pouvoir par la force et
appelé au respect de la démocratie et du cadre institutionnel légal ». « La
Commission continuera à suivre très attentivement l’évolution des événements et,
le moment venu, appréciera la situation en fonction des dispositions applicables
de l’accord de Cotonou dont la Mauritanie est signataire », poursuit-elle.

Autre condamnation de ce putsch, celle du secrétaire général de l’ONU, Kofi
Annan. M. Annan s’est déclaré « profondément troublé » par ce coup de force, a
indiqué son porte-parole Stéphane Dujarric. Le secrétaire général de l’ONU a
exprimé sa condamnation de « toute tentative de changement inconstitutionnel de
gouvernement qui surviendrait dans quelque pays que ce soit », a ajouté le
porte-parole. « Les différends de nature politique devraient être réglés de
manière pacifique à travers le processus démocratique », a estimé M. Annan.

De son côté, le ministère français des Affaires étrangères a indiqué juste qu’il
suivait « avec attention » l’évolution de la situation en Mauritanie. « Comme
dans toute situation analogue, nous suivons la situation avec attention en
liaison étroite avec nos partenaires africains et occidentaux », a déclaré le
porte-parole du Quai d’Orsay, Cécile Pozzo di Borgo.

L’Organisation internationale de la francophonie (OIF) n’est pas, elle aussi,
restée à l’écart en exprimant sa condamnation de « la prise du pouvoir par la
force » en Mauritanie. « Soucieux des événements survenus hier en Mauritanie, le
secrétaire général de l’OIF, Abdou Diouf, tient à rappeler les engagements pris
par les Etats membres au titre de la déclaration de Bamako, aux termes desquels
la Francophonie condamne avec fermeté toute prise de pouvoir par la violence,
les armes ou quelque autre moyen illégal », selon un communiqué de cette
organisation transmis à l’AFP.

Rabah Beldjenna

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http://www.lexpressiondz.com/T20050804/ZA4-0.htm

Inquiétude dans les capitales maghrébines

04 août 2005 - Page : 3

Des éléments de la Garde républicaine ont fomenté hier un putsch dans une
tentative de renverser le président Ould Sid Ahmed Taya.

Un conseil militaire «a pris le pouvoir en Mauritanie» ont annoncé hier en fin
de journée les auteurs du coup de force à Nouakchott. Jusqu’à cette annonce, il
a été impossible de savoir ce qui se passait hier dans la capitale
mauritanienne. Dans leur communiqué, diffusé par l’agence officielle
mauritanienne (AMI), les auteurs du putsch -en cours à Nouakchott depuis hier-
ont annoncé qu’un conseil militaire avait pris le pouvoir en Mauritanie. Dans
leur déclaration les putschistes indiquaient que «les Forces armées et de
sécurité ont unanimement décidé de mettre fin aux pratiques totalitaires du
régime dont notre peuple a tant souffert ces dernières années». «Ces pratiques
ont engendré une dérive dangereuse pour l’avenir du pays. A cet effet, les
forces armées et de sécurité ont décidé la mise en place d’un Conseil militaire
pour la justice et la démocratie», déclarent les auteurs du communiqué. Ces
derniers s’engagent à «créer les conditions favorables d’un jeu démocratique
ouvert et transparent sur lequel la société civile et les acteurs politiques
auront à se prononcer librement».
Ce communiqué émanant d’un groupe qui s’intitule «Conseil militaire pour la
justice et la démocratie» éclaire certes sur la nouvelle donne à Nouakchott,
mais n’indique pas, en revanche, si le coup de force a réussi. Or, selon des
témoins, on se battait toujours, -plusieurs heures après le début du putsch, à 5
heures du matin (même heure GMT)- à l’arme lourde dans les parages de la
présidence. Selon les premières indications, la Garde républicaine serait
derrière la tentative de coup d’Etat en vue de renverser le président Mouawiya
Ould Sid Ahmed Taya. La radio et la télévision de même que les principales
places stratégiques de la capitale étaient hier aux mains des insurgés selon des
témoins sur place.
Ce coup de force intervient au moment où le président Ould Sid Ahmed Taya est
absent de Mauritanie. M.Ould Sid Ahmed Taya se trouvait depuis lundi en Arabie
Saoudite où il assiste aux funérailles du roi Fahd Ben Abdelaziz. A l’exception
du communiqué cité plus haut, tombé sur les fils des agences en fin de journée
d’hier, peu d’informations étaient disponibles sur les tenants de cette nouvelle
tentative de renverser le pouvoir en place.

Tentative qui vient après celle de juin 2003 qui échoua, après 36 heures de
combats, grâce à la résistance des militaires restés loyaux au président. Cette
tentative avait été suivie par de nombreux limogeages et changements au sein du
pouvoir, le président réorganisant en profondeur l’administration et l’armée,
révoquant les uns déplaçant les autres. Cette lobotomie exercée dans les
services (renseignements) dans la police et dans l’armée est restée sans effet
puisque quelque quatorze mois plus tard un nouveau coup est tenté en août 2004.

Cette tentative, comme celle de 2003 a été vaine, les auteurs du putsch essuyant
un nouveau revers sont mis en échec par les forces demeurées loyales à Ould Sid
Ahmed Taya.

Cette récurrence des coups de force militaires met en exergue la fragilité d’un
pouvoir en déficit de popularité qui tente, depuis quelques années, de s’assurer
une légitimité et de se donner une façade démocratique. Mouawiya Ould Sid Ahmed
Taya, -arrivé à la tête de l’Etat à la suite d’un coup d’Etat en décembre 1984
qui déposa le président Khouna Ould Haidallah-, règne sans partage depuis 20 ans
sur le pays. Il a été contraint, toutefois, ces dernières années à jeter du lest
notamment face à la montée en puissance des mouvements islamistes et de
l’opposition démocratique et de la société civile. Des forces avec lesquelles le
président mauritanien devait compter même si, parallèlement, une répression
féroce et des arrestations massives dans les milieux islamistes et de
l’opposition sont opérées cycliquement. Les nombreux procès organisés à
Nouakchott depuis deux ans en témoignent largement. De fait, la crise était
latente et la Mauritanie était mûre pour d’autres coups de force. Le troisième
putsch en deux ans, celui d’hier, serait-il le bon ? Il est cependant trop tôt
pour dire ce qu’il en est d’autant plus que les informations restent
parcimonieuses et peu d’indications sont parvenues de Nouakchott au moment où
nous rédigeons ces lignes. Aucun autre communiqué -des putschistes, ou du
gouvernement de Nouakchott-, n’est venu éclairer sur les tenants de ce nouveau
coup de force, et la profession de foi du «Conseil militaire» qui «aurait» pris
le pouvoir à Nouakchott est par trop convenue et n’apporte aucune réponse au
pourquoi de cette tentative de coup d’Etat. De fait, tous les putschs ont eu
pour finalité «d’améliorer» le sort des peuples avec la suite que l’on sait.
C’est exactement ce que disait le colonel Ould Sid Ahmed Taya quand il chassa du
pouvoir en décembre 1984 Khouna Ould Haidallah qui lui-même déposa en 1980 le
président Mokhtar Ould Daddah. Selon des informations en provenance de Niamey,
le président mauritanien Mouawiya Ould Sid Ahmed Taya est arrivé hier dans la
capitale nigérienne, au moment où une tentative de coup d’Etat était en cours à
Nouakchott a indiqué un proche collaborateur du président nigérien Mamadou
Tandja. Selon ces sources, le président Tandja a mis à la disposition du
président Ould Sid Ahmed Taya une villa proche de la présidence.
Dans le contexte des événements qui se déroulent à Nouakchott, il y a comme un
arrière-fond d’inquiétude dans les capitales maghrébines qui observaient hier un
éloquent mutisme sur cet énième coup de force en Mauritanie. Si aucun
commentaire n’a été fait tant à Alger, Tunis, Rabat qu’à Tripoli, l’on suit en
revanche avec attention la suite que réserve à la région cette tentative de
prise de pouvoir par la force.

Karim MOHSEN

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http://www.lexpressiondz.com/T20050804/ZA4-1.htm

Un scénario à la soudanaise?

04 août 2005 - Page : 2

Les 20 ans de règne sans partage de Mouawiya Ould Sid-Ahmed Taya ont bouleversé
les donnes.

Les islamistes mauritaniens sont très puissants et peu flexibles, mais ce sont
les officiers de l’armée qui dirigent les coups d’Etat. La tradition en
Mauritanie veut que les islamistes soient en majorité réformistes non
djihadistes, c’est-à-dire plus proches de l’école badissienne que de
l’organisation Al Qaîda.
Seulement voilà, les vingt ans de règne sans partage du colonel Mouawiya Ould
Sid-Ahmed Taya ont complètement bouleversé les donnes, créant de nouvelles
hostilités, des animosités tribales et surtout une opposition armée farouche et
déterminée, constituée d’une collusion contre-nature entre les officiers de
l’armée mis out par l’état-major et les islamistes tentés par la radicalisation.
Cette collusion se fait appeler «les Cavaliers du changement», et ses chefs
emblématiques donnent de rares entretiens aux chaînes satellitaires arabes Al
Jazeera et Al Arabiya. Certains d’entre eux croupissent dans les sombres prisons
du désert mauritanien, mais la plupart des «Cavaliers» attendent le moindre
signe de changement...

A partir de 2003 et l’affaire du putsch militaire manqué, des rapports
confidentiels de la Dgse française, très active dans la région, commencent à
parler des «Cavaliers du changement». Le président-colonel Ould Sid-Ahmed Taya
préfère parler de mercenaires à la solde de Tripoli et de Ouagadougou.
Accrochages entre des islamistes et l’armée mauritanienne

La tentative manquée du putsch de 2003 est attribuée par les autorités à Khouna
Ould Haïdallah, qui avait lui-même été destitué par un coup d’Etat mené par le
colonel Ould Sid-Ahmed Taya, lequel trouve là une nouvelle occasion de le
remettre au fond d’une prison où il croupit à ce jour. Les islamistes
mauritaniens, de nature pacifique et disciplinée, trouvent matière à réflexion.
Désormais, c’est la stratégie d’Al Qaîda qui est privilégiée: il faut faire peur
aux autres pour se débarrasser de sa propre peur. La présence du Gspc algérien
dans la bande sahélo-saharienne établit vite un nouveau contact.

Cette alliance s’est vérifiée au lendemain de l’attaque, en juin 2005, contre la
base militaire de Lemgheity, à 400 km de Zouérate, au nord-est de la Mauritanie.
L’attaque lancée par les islamistes algériens, et revendiquée sur leur site
Internet, s’est soldée par la mort de dix-huit militaires mauritaniens. Mais
tout le monde aura compris que, sans l’aide de militaires mauritaniens,
l’attaque aurait été impossible à mener. Les complicités, les collusions et les
affinités entre officiers de l’armée et islamistes s’affichent au grand jour,
même si les autorités accourent pour condamner cet «acte ignoble» et
«improvisent» une marche populaire dès le lendemain de l’attaque. La
revendication faite par le Gspc sur son site Internet finit de convaincre les
plus réticents sur l’existence de liens ténus entre les islamistes de la région
et l’organisation Al Qaîda, pour le moins sur le plan de l’idéologie et des
objectifs. D’ailleurs, coïncidence bizarre, le même jour de l’attaque lancée
contre la base militaire de Lemgheity, débutait le «Plan Flintlock»
(verrouillage, Ndlr), nom de code donné à un vaste programme militaire destiné à
sécuriser la région du Sahel, considérée par les experts militaires américains
comme éventuelle rampe de lancement des djihadistes sahélo-sahariens affiliés à
Al Qaîda.

Qui est-ce qui pousse les islamistes mauritaniens au djihad? Qui est-ce qui
pousse les communautés non arabo-mauritaniennes, notamment les minorités
négro-africaines, à la rébellion? Pourquoi les militaires fomentent sédition sur
sédition?

Les réponses peuvent se trouver, paradoxalement, chez le colonel-président Ould
Sid-Ahmed Taya lui-même. Président issu d’un coup d’Etat militaire, le 12
décembre 1984, il prend le pouvoir, s’habille du pouvoir, abuse du pouvoir
pendant vingt ans. Il règne sans partage, et grâce à ses ambiguës positions
concernant le Sahara occidental, ses voisins le ménagent. Au plan extérieur, il
soutient l’invasion du Koweït par l’Irak et essaye de prendre langue avec les
capitales arabes. Ses échecs se succèdent, et il se tourne alors vers les
Etats-Unis et Israël, détériorant par là même ses excellentes relations avec la
France et soulevant une levée de boucliers générale à Nouakchott. Au plan
interne, les politiques qu’il improvise lui coûtent cher. La pauvreté gagne du
terrain, et de larges couches sociales se tiennent à la périphérie immédiate de
la misère, de l’indigence et de la précarité. Il n’a jamais recherché le
compromis et la négociation, ni avec les réformistes ni avec les islamistes, les
deux forces sociales du pays, et ses relations avec les militaires restent
lâches. Toutes les composantes de l’opposition politique, la presse privée, les
ONG et les mouvements de réforme sont muselés par un verrouillage policier et
militaire outrancier. La violence de masse contre les communautés
négro-africaines a été flagrante. 100.000 personnes ont été déportées et des
centaines d’exécutions extra-judiciaires, d’assassinats et de disparitions
forcées ont été dénoncés par les rapports des ONG internationales, qu’on peut
encore consulter. Une connexion militaires-islamistes prélude d’un scénario «à
la soudanaise», aux portes de l’Algérie, avec toutes les conséquences que cela
introduit dans la région sahélo-sarahienne et maghrébine. Les militaires, qui
ont perpétré le putsch, s’appuient largement sur les islamistes. Les deux sont -
et avaient été - pour le changement du régime Ould Sid-Ahmed Taya. Mais comme
pour les dirigeants de Khartoum, qui avaient flirté longtemps, avant de se
séparer, les convergences s’arrêtent là. Demain, entre putschistes et islamistes
se profileront de nouveaux complots...

Fayçal OUKACI

«De violents» accrochages entre des «islamistes armés» et une patrouille de
l’armée mauritanienne dans le désert malien (nord-ouest) ont fait plusieurs
blessés la semaine dernière
«Il y a eu de violents accrochages avec des armes lourdes entre des islamistes
armés et une patrouille de l’armée mauritanienne dans le grand désert malien en
début de semaine dernière», a déclaré à l’AFP, sous le couvert de l’anonymat,
l’une des sources contactées.
«Ce sont les salafistes algériens qui se sont battus contre des éléments de
l’armée mauritanienne. Je ne sais pas s’il y a eu des morts», a précisé cette
source, également sous le couvert de l’anonymat.

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http://www.lexpressiondz.com/T20050804/ZA2-21.htm

L’instabilité permanente

L´ÉDITORIAL DU 04/08/2005
L’instabilité permanente
04 août 2005 - Page : 3

La capitale mauritanienne vit une situation de grande confusion en rapport avec
un coup de force militaire. Les habitants de Nouakchott ont, sans doute, fini
par s’habituer à ce genre de scénario pour l’avoir vécu à maintes reprises.
C’est donc ainsi que vont les choses en Mauritanie. L’alternance au pouvoir se
négocie au bout du fusil, dans un pays, pourtant membre de l’Union du Maghreb
arabe et de l’Union africaine. Les décideurs semblent ne pas faire grand cas des
discours de leurs pairs africains qui n’ont eu de cesse de marteler leurs
«convictions démocratiques». Ainsi, les militaires mauritaniens viennent, en
principe, de mettre leur pays en marge de la communauté internationale. L’on
s’attend, en effet, à ce que le nouveau gouvernement, issu du putsch, ne soit
pas reconnu. Cela dit, il y a lieu de noter que plusieurs heures après que «les
armes aient parlé» en Mauritanie, les capitales de l’UMA se sont distingués par
un mutisme qui cache mal une profonde inquiétude quant à un avenir incertain
pour tout le Maghreb. Frontalière avec l’Algérie et le Sahara occidental, en
butte à un islamisme armé très actif, une Mauritanie déstabilisée ou pactisant
avec les intégristes radicaux serait un terreau idéal pour les terroristes
islamistes, pour lesquels le Sahel est une région d’implantation stratégique.
L’opération américano-africaine dans cette zone désertique s’en trouve
justifiée, si l’on tient désormais compte du caractère fortement instable d’un
pays maghrébin. Cela au plan géostratégique. Pour ce qui concerne l’aspect
politique de la chose, force est de constater que quelle que soit la réaction
des pays de l’UA et de l’UMA, il y a lieu de signaler que la «thérapie
démocratique» et autres initiatives que le Nepad a prises depuis quelques
années, n’ont pas pris sur le «corps politique» malade d’un continent qui
n’arrive vraisemblablement pas à trouver ses marques dans un monde où la bonne
gouvernance passe nécessairement par un comportement politique respectant
l’alternance pacifique au pouvoir. Le coup d’Etat de Mauritanie est une fausse
note dans les «rêves de modernité» des citoyens du Maghreb et d’Afrique. Mais
c’est surtout un autre coup de poignard dans le dos des deux millions de
Mauritaniens qui, eux, voudraient sortir de la spirale des violences d’Etat. En
tout état de cause, il est clair que personne ne sort grandi de ce putsch.

Saïd BOUCETTA

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http://www.lexpressiondz.com/T20050804/ZA4-2.htm

COUP D’ÉTAT EN MAURITANIE. CONSTRUCTION DE L’UMA. Le coup de
grâce

04 août 2005 - Page : 3

Des situations conflictuelles se sont toujours greffées au projet de l’UMA.

L’accession de la junte militaire au pouvoir en Mauritanie après le putsch
perpétré hier, contre le président Mouawiya Ould Taya, aura l’effet d’un coup de
grâce sur le projet inachevé de la construction de l’Union du Maghreb arabe
(UMA). L’épisode mauritanien vient ainsi compromettre l’idée d’un ensemble
géostratégique vieux de dix-sept ans. Car, théoriquement les quatre autres pays
du Maghreb, en voie de démocratisation, ne peuvent composer avec un pouvoir issu
d’un coup d’Etat militaire pour la construction de leur regroupement régional.
Mais la donne mauritanienne n’est qu’un élément qui aggrave la situation déjà
moribonde de l’UMA à laquelle se sont toujours greffés des conflits, des
contentieux et des tensions régionales.
A commencer par le plus vieux contentieux de décolonisation dans le continent
africain en l’occurrence le Sahara occidental occupé par les forces royales
marocaines. Un conflit, qui a débordé sur les relations entre l’Algérie et le
Maroc. Rabat n’a pas apprécié la position de principe défendue par Alger à
savoir le droit des peuples à l’autodétermination. Prise en charge par l’ONU et
perçue comme une question de décolonisation par Alger, cette question a toujours
été brandie par le Maroc comme entrave à la construction de l’UMA.
Unilatéralement, le Royaume chérifien a décidé d’ailleurs, en 1994, de geler sa
participation aux travaux de l’UMA et les répercussions ont été graves pour les
rapports intra-maghrébins. Il y a également le conflit larvé depuis 1967 entre
la Libye et la Tunisie en raison du contentieux relatif à la plate-forme
continentale du golfe de Gabès. Bien que la tension s’est apaisée, chacun des
deux pays perçoit l’autre comme une menace politique et militaire. Aux tensions
et aux conflits frontaliers entre les pays du Maghreb il faut ajouter la nature
autoritaire des régimes en place. Ces derniers, concernés par leur propre survie
et le maintien du statu quo, ont fini par induire la méfiance des uns à l’égard
des autres. Simultanément, les conflits du Proche-Orient ont influé sur le
Maghreb, notamment avec l’émergence des courants islamistes radicaux et
l’apparition des organisations terroristes très actives au Maghreb. Ainsi
l’argument «des legs de la colonisation» avancé pour justifier l’incapacité des
pays maghrébins à s’entendre et à s’ouvrir les uns aux autres n’est pas l’unique
explication. Cette union, qui devait regrouper l’Algérie, la Libye, le Maroc, la
Mauritanie et la Tunisie, a été lancée par les chefs d’Etat de ces cinq pays,
réunis à Zéralda (Alger) le 10 juin 1988, n’a jamais pu sortir de son cadre
théorique. L’apaisement observé entre 1988-90 au Maghreb en particulier et qui a
conduit à la création de l’UMA n’a pas fait tache d’huile. Le putsch qui vient
d’avoir lieu en Mauritanie a-t-il alors sonné son glas?

B. TAKHEROUBT

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http://www.lexpressiondz.com/T20050804/ZA4-24.htm

COUP D’ÉTAT EN MAURITANIE. Des conflits ethniques récurrents

04 août 2005 - Page : 2

Bien qu’aboli officiellement depuis 1981, l’esclavage reste largement pratiqué
en Mauritanie et la ségrégation raciale est l’un des facteurs les plus
importants de l’instabilité politique chronique que connaît le pays, dont on dit
qu’il est l’un des 18 pays les plus pauvres de la planète, ce qui a justifié
l’annulation de sa dette extérieure le 11 juin 2005 par le G8. Vaste pays de
1030.000 km² dont plus de 677.000 occupés par le désert, la carte géographique
et humaine de la Mauritanie a été dessinée en 1904 par l’Espagne et la France,
au mépris de l’implantation territoriale des populations, d’où les conflits
ethniques qui ne cessent d’émailler périodiquement la vie des Mauritaniens. Des
violences avaient fait en 1989 des centaines de morts dans la communauté
négro-africaine.
Sur les 2,8 millions d’habitants (dont près d’un million vivent à Nouakchott la
capitale de la République) que compte le pays, on dénombre 30% de métis
(haratine anciens esclaves), 30% de Maures et 30% de noirs. Mais selon les
statistiques officielles, le pays compterait 80% de Maures (majoritaires) et
seulement 18% de négro-africains. L’islam est la religion dominante à plus de
99%.

Sur le plan social, c’est surtout le chômage qui reste la donnée dominante du
paysage mauritanien, bien que les structures sociales traditionnelles permettent
à un seul travailleur de prendre en charge les nombreux membres de toute une
famille (au sens tribal du terme), selon le principe. «Un actif peut nourrir
toute une famille» On dit qu’au contraire des autres pays du Sahel, la
Mauritanie n’est pas un pays où les gens meurent de faim. Tant mieux.

Malgré cette pauvreté devenue structurelle, il ne fait aucun doute que la
Mauritanie a des richesses indéniables. L’agriculture fait vivre bon an mal an
une grande partie de la société rurale traditionnelle, contribuant pour 20% au
produit intérieur brut et à 60% de l’emploi, alors même que la pêche, grâce à
une large côte poissonneuse qui donne sur l’océan Atlantique, procure des
ressources en devises pour le pays, par la vente de droits de pêche au Japon et
à l’Union européenne depuis les années 1990. C’est-à-dire que ces pays qui
pratiquent la pêche intensive réduisent les richesses halieutiques de la
Mauritanie et rognent d’autant sur la pêche traditionnelle vivrière.L’autre
richesse économique de la Mauritanie est constituée par les mines de fer de
Kedia d’Ijil, pour une exploitation avoisinant les 11 millions de tonnes
annuellement.
Enfin, on ne terminera pas ce volet sans signaler les découvertes récentes de
pétrole et de gaz qui permettront à la Mauritanie de s’autosatisfaire et et
éventuellement d’envisager de devenir un pays exportateur d’hydrocarbures.

Tarik RAMZI

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http://www.lexpressiondz.com/T20050804/ZA4-25.htm

COUP D’ÉTAT EN MAURITANIE. L’Afrique prisonnière de la culture
du putsch

04 août 2005 - Page : 2

Nouakchott sera exclue du sommet d’Adis Abeba.

Le coup d’Etat perpétré, hier contre le président mauritanien Mouaouya Ould Sid
Ahmed Taya, relance le débat sur la notion de gouvernance dans le continent
africain. Même si le régime du président déchu ne cadre pas avec l’idéal
démocratique, il reste que sa destitution par la force est une méthode bannie
par 42 chefs d’Etat du continent africain, à l’occasion du sommet de l’OUA, tenu
à Alger en juillet 1999. Dans un communiqué rendu public, hier le président de
la commission africaine, Alpha Omar Konaré a réaffirmé «le rejet total par l’UA
de tout changement anticonstitutionnel de gouvernement et son attachement au
respect de l’ordre constitutionnel». Ainsi, Nouakchott qui est de fait exclue de
tout sommet de l’Union africaine, dont un sommet extraordinaire est prévu
aujourd’hui dans la capitale éthiopienne, serait conformément au code de
conduite de l’organisation panafricaine, évincée de ce rendez-vous. Or, depuis
cette date, plusieurs pays du continent, au moins cinq ont connu des coups
d’Etat, à l’image du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Congo... et du Rwanda
secoués par des coups d’Etat sanglants. Une pratique générée, non seulement par
la nature des moeurs politiques de ces pays, qui depuis des décennies sont
gouvernés par des régimes militaires, mais surtout de manipulations extérieures.
Selon des sources concordantes ces «putschs» sont fomentés avec la complicité de
certaines capitales africaines. Et là, le journal ivoirien Le Temps n’a pas
hésité dans l’une de ses précédentes éditions à imputer la responsabilité des
coups d’Etat perpétrés en Côte d’Ivoire, au Congo, au Burkina Faso, à l’actuel
président gabonais Omar Bongo. Citant une «source de la présidence gabonaise» le
tabloïd évoque le rôle «déterminant» du président gabonais à «faire descendre
son homologue ivoirien comme il l’a fait avec succès, au Burkina Faso, au Congo,
au Rwanda et en Côte d’Ivoire depuis décembre 1999 jusqu’à la rébellion armée du
19 septembre 2002.»
Pis, le président Bongo -et cela est à prendre avec des pincettes- est présenté
comme le «missionnaire mandaté de la France dans le continent africain». Il
convient de rappeler que l’exemple le plus concret impliquant le président
gabonais dans un coup d’Etat, c’est la prise du pouvoir au Congo Brazzaville par
Denis Sassou N’Guesso, beau-frère d’Omar Bongo. Et ce, après avoir été aidé par
Lissouba qui a demandé à son ethnie de voter pour Omar Bongo au Gabon. Il est
clair que le continent africain riche par ses potentialités minières et
énergétiques attire des convoitises tous azimuts de la part de l’étranger, qui à
travers la mise en place du régime démocratique, ne cherchent en réalité qu’à
faire main basse sur ces richesses. Il est même question de pots-de-vin que
percevrait le président Gabonais de la part de ses «parrains». Par ailleurs,
l’actuel président burkinabé, Blaise Compaoré, qui est venu à bout de son
prédécesseur, Thomas Sankara il y a une dizaine d’années, a été présenté comme
le relais d’Omar Bongo en Afrique de l’Ouest. Cependant, le cas Bongo n’est pas
unique sur le continent, puisque plusieurs autres chefs d’Etat ont été accusés,
à l’image du dirigeant libyen, d’être derrière plusieurs tentatives de coups
d’Etat. Kadhafi a en effet été accusé par le président mauritanien déchu d’être
derrière ces tentatives de putschs, notamment d’avoir soutenu les auteurs de ces
tentatives. En somme, même si une conspiration n’est pas à écarter dans les
coups d’Etat successifs, il reste que le continent africain est prisonnier d’une
situation sociale et politique des plus désastreuses. Rappelons enfin que le
continent en a connu une vingtaine depuis 1993, dont sept depuis 2003.

Arezki LOUNI

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http://www.lequotidien-oran.com/quot3226/analyse.htm

La Mauritanie dans la tourmente

Par Kharroubi Habib

La situation est confuse dans la capitale mauritanienne Nouakchott où, en
l’absence du président de la République Mouyaouia Sid Ahmed Ould Taya, en
déplacement à Riyad (Arabie Saoudite), des éléments de la garde présidentielle
se sont emparés du siège de l’état-major de l’armée, des locaux de la radio et
de la télévision nationales et d’autres bâtiments officiels. Des combats
auraient opposé mutins et forces loyalistes autour du palais présidentiel mais,
à en croire un communiqué diffusé à Nouakchott, il semble que le coup d’Etat est
désormais assumé par l’ensemble de l’armée mauritanienne dont les rédacteurs du
texte affirment qu’elle fait unanimement bloc derrière les auteurs du
soulèvement. Un conseil militaire assumerait désormais le pouvoir en Mauritanie
dont les membres démentent par avance la nature islamisante du coup de force,
qu’ils définissent comme mettant fin au pouvoir totalitaire du président déchu
et à son régime antidémocratique. Ils promettent d’instaurer rapidement en
Mauritanie les conditions à l’expression par le peuple de sa volonté souveraine.

Le président déchu a, pour sa part, quitté Riyad pour se rendre non pas à
Nouakchott mais à Niamey, capitale du Niger, d’où il suit les développements des
événements intervenus en son absence dans son pays.

Ce n’est pas la première fois que le régime de Mouyaouia Ould Sid Ahmed Taya a
été confronté à la sédition de ses forces armées. Le président Taya est parvenu
à chaque fois à circonscrire le danger en s’appuyant essentiellement sur le
corps de la garde présidentielle qui, cette fois, semble avoir fait défection et
pris la tête de la rébellion.

Ould Sid Ahmed Taya imputait systématiquement aux tentatives précédentes
avortées contre son régime, d’être l’oeuvre de noyaux islamistes opposés à sa
politique moderniste et à ses efforts de rapprochement avec l’Occident et
Israël.

Les auteurs présumés du coup d’Etat intervenu hier, se défendent d’une telle
coloration idéologique et se qualifient de défenseurs de la démocratie et des
droits et libertés de leurs compatriotes.

Quelles que soient les motivations qui ont poussé au coup d’Etat en Mauritanie,
il est évident qu’il faut condamner l’action militaire qui a abouti au
renversement du président légal du pays. Ce que ne manqueront pas de faire les
Etats africains, tenus qu’ils sont par l’engagement pris par eux au sommet de
l’OUA à Alger en 1999, de ne plus reconnaître la prise de pouvoir par la force.
Ce que manifestement les autorités nigériennes ont décidé de respecter en
accueillant ostensiblement le président mauritanien renversé.

La situation risque de déraper en Mauritanie que l’on sait ciblée par les
irrédentistes fondamentalistes qui ont fait du nord du Sahel africain une base
d’action. Raison pour laquelle Alger suit avec attention et inquiétude ces
développements aptes à créer un danger sécuritaire à sa frontière avec ce pays.

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http://www.lequotidien-oran.com/quot3226/even.htm

coup d’état en mauritanie. Le Mossad, le GSPC et Ould Taya

Personne ne sait où se trouvent les bureaux du Mossad israélien à Nouakchott.
Les services secrets israéliens étaient censés protéger, physiquement, le
président mauritanien Ould Taya, conformément à des accords secrets avec Tel
Aviv. Or, à trop vouloir ignorer la pénétration islamiste au sein de l’armée,
Ould Taya s’est fait réellement piéger par le coup d’Etat d’hier.

Les putschistes du 3 août se revendiquent du Conseil militaire pour la justice
et la démocratie (CMJD). Certainement un euphémisme pour désigner le caractère
islamiste de ce putsch tant les forces armées mauritaniennes sont travaillées
par le courant salafiste. Malgré les nombreux avertissements (Coups d’Etat de
juin 2003, septembre et octobre 2004), le président Ould Taya a négligé la
capacité de noyautage des institutions militaires mauritaniennes par des
éléments islamistes, au point que c’est sa propre garde présidentielle qui est à
la tête de ce nouveau coup d’Etat.

Etant membre de la Ligue arabe et ayant des relations diplomatiques normalisées
avec Israël, Ould Taya pouvait se targuer d’avoir été soutenu par les grandes
puissances occidentales (Etats-Unis et France) du fait de son volontarisme
affiché pour entretenir des liens actifs avec les Israéliens. Ayant trouvé un
allié de choix dans la région du Maghreb/Sahel, les Israéliens n’ont pas fait
les choses à moitié pour protéger le président mauritanien. Les Israéliens ont
délégué leurs propres hommes, une trentaine, pour encadrer, dès 2002, la garde
présidentielle, second cercle d’élite, après la protection rapprochée de Ould
Taya, qui se trouvait en sa compagnie en Arabie Saoudite.

Le Mossad israélien avait demandé à Nouakchott de pouvoir disposer de locaux en
Mauritanie avec d’importants moyens technologiques pour protéger Ould Taya. Le
journal libanais El Nahar avait rapporté en 2001 que les services secrets
israéliens fournissaient au président mauritanien l’essentiel des transcriptions
téléphoniques des officiers de l’armée mauritanienne, notamment les éléments
soupçonnés de complot, qui lui permettaient d’effectuer des purges au sein des
forces armées.

Le journal israélien Haareetz avait rapporté, pour sa part, que l’antenne du
Mossad en Mauritanie comportait pas moins de 100 agents chargés d’encadrer le
président mauritanien. Ces éléments ont été renforcés après l’impression
produite lors du coup d’Etat de juin 2003, lorsqu’une frange de l’armée avait
tenté de déloger Ould Taya sans y parvenir, alors que ce dernier a gardé,
intacte, sa capacité à communiquer avec l’extérieur.

La dernière visite du ministre israélien des Affaires étrangères, Silvyan
Shalom, a indéniablement induit un processus de maturation dans ce coup d’Etat.
Les observateurs avaient déjà noté que malgré le déploiement militaire
mauritanien, supervisé par les agents israéliens qui craignaient un attentat
spectaculaire contre leur MAE, les manifestants qui protestaient contre cette
visite, durant trois jours, avaient pu exploiter des failles inhabituelles dans
le dispositif.

Des murs proches du palais présidentiel ont été tagués par des inscriptions
anti-israéliennes, et rien ne dit que la garde présidentielle qui avait ordre
d’intervenir en cas de coup dur, n’a pas eu de ressentiment à l’égard d’un
président qui a eu pour obsession ces derniers mois à faire la chasse, au Niger,
Mali et Sénégal, à tous les membres des «Cavaliers du changement». Reste à
savoir si les putschistes se réclament de ce mouvement.

La seconde erreur de Ould Taya est d’avoir focalisé sur les salafistes algériens
pour accréditer la thèse d’un complot extérieur. En juin 2003, il n’avait pas
hésité d’accuser le Burkinabé Blaise Compaore et le Libyen Muammar Al Kadhafi,
d’avoir financé et aidé les putschistes à tenter de le renverser.

Depuis, la vague de répression qui s’est abattue sur les militaires putschistes,
des opposants politiques et des membre d’ONG, Ould Taya a trouvé dans le GSPC la
parfaite diversion au niveau international pour susciter une aide militaire et
financière dans le cadre de la lutte antiterroriste, mais également élaguer le
débat sur l’infiltration islamiste au sein de son armée.

L’attaque de la base de Lemghity en est d’ailleurs l’illustration la plus
troublante. Trois mois après cette attaque, plusieurs détails démontrent que
Nouakchott a voulu exagérer la menace salafiste algérienne au détriment de celle
des «Cavaliers du changement» (mouvement militaro-islamiste) et occulter
d’autres détails. Le ministère mauritanien de la Défense n’a, jusqu’à ce coup
d’Etat, pas pipé mot des prisonniers qui auraient été enlevés par les
assaillants de Lemghity.

La disparition simultanée d’officiers et hommes de troupes, que les autorités
mauritaniennes supposent prisonniers, accrédite la thèse d’une complicité
élaborée à l’intérieur de la caserne. Au-delà du fait que les témoins
indiquaient tous que les terroristes parlaient assania ou l’ajimi tourague et
non l’arabe, Nouakchott avait, lors des faits, oublié de préciser que cette
attaque ressemblait fort à une opération de simulation qui servait
d’entraînement, quasiment, aux forces mauritaniennes dissidentes.

En minimisant cette infiltration et tentant d’exploiter médiatiquement cette
attaque, Ould taya a donné des idées aux putschistes qui étaient en première
ligne pour observer les lacunes et cafouillage du clan présidentiel.

Le complot était prêt depuis un certain moment et sa rapidité d’exécution saute
aux yeux. Comment les putschistes ont-ils réussi à prendre Nouakchott aussi
rapidement, notamment les centres névralgiques, alors que Ould Taya n’était
absent du pays que depuis 36 heures ? Cela suppose une préparation
exceptionnelle et une projection de professionnels de l’armée du fait que les
putschistes n’avaient pas de timing. La mort du roi Fahd n’étant pas
programmable.

Les putschistes ont certainement tiré des enseignements du ratage du coup d’Etat
de juin 2003. Grâce à l’apport des forces spéciales marocaines, notamment des
unités de blindés mobiles et des parachutistes, et l’encadrement israélien,
relayés par les moyens d’écoutes, de télécommunication et de localisation
américaines, Ould Taya a réussi à protéger sa vie et sauvegarder son pouvoir. Le
coup d’Etat du 3 août intervient alors que Ould Taya se trouvait à l’étranger,
ce qui évite aux putschistes une effusion de sang et une condamnation unanime et
rapide de la communauté internationale.

En évitant la mort à Ould Taya, atterri à Niamey au Niger, les putschistes
voulaient également éviter une opération militaire internationale du type de
juin 2003 qui les forcerait à des combats fratricides avec des forces mieux
équipées qu’eux. Un calcul judicieux qui mettrait sur la touche Ould Taya et
permettrait de ne pas se mettre à dos la communauté internationale. Exactement
ce qu’a fait Ould Taya en 1984.

Mounir B.

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http://www.lequotidien-oran.com/quot3226/even.htm

En «guerre» contre les islamistes. Ould Taya est tombé par ses colonels

Dans sa halte forcée dans une villa au Niger, Mouaouiya Ould Taya doit regretter
d’avoir baissé la garde dans sa paranoïa du coup d’Etat en allant en Arabie
Saoudite présenter ses condoléances à la suite de la mort du Roi Fahd.

Ironie de l’histoire, cet homme arrivé au pouvoir par un coup d’Etat le perd de
la même manière, 20 ans plus tard. La hantise du coup d’Etat, en corrélation
directe avec la montée d’oppositions brutalement réprimées, est devenue ces
dernières années une compagne du président mauritanien.

Le coup est venu non de ces islamistes, placés, comme l’air du temps le permet,
dans le statut d’ennemis commodes, mais de la garde présidentielle, les
protecteurs directs du président. Les nouveaux dirigeants du pays qui ont
installé un «Conseil militaire pour la justice et la démocratie» se donnent deux
ans pour créer les «conditions favorables d’un jeu démocratique ouvert et
transparent sur lequel la société civile et les acteurs politiques auront à se
prononcer librement».

En clair, c’est en réformateurs et en rassembleurs que les auteurs du coup
d’Etat s’installent en se fondant sur un bilan très négatif du président déchu
dans le domaine des libertés. «Les forces armées et de sécurité ont unanimement
décidé de mettre fin aux pratiques oppressives du régime dont notre peuple a
tant souffert ces dernières années», indique le communiqué n°1.

L’avenir pétrolier de la Mauritanie qui s’esquisse combiné à l’agitation de la
menace islamiste servaient d’atouts majeurs pour Ould Taya pour s’attirer sinon
les soutiens, du moins les accommodements des Etats occidentaux. L’établissement
de relations diplomatiques avec Israël que ne justifie ni proximité, ni intérêts
évidents, entrait exclusivement dans ce souci de bien paraître aux yeux des
Etats occidentaux. L’établissement de relations avec Israël n’a pas apporté -
contrairement à ce qu’il semble avoir escompté - des gains mais il a largement
choqué et indigné des pans entiers de la société mauritanienne.

Le régime de Ould Taya a été, ces dernières années, constamment en guerre contre
les opposants qui, tous, à un moment ou un autre, ont été accusés de velléités
putschistes. Pour être à la mode, le régime a tout fait pour présenter
l’opposition comme liée directement au terrorisme. La parano du président ne
s’est d’ailleurs pas limitée aux opposants, elle s’est même étendue à des
responsables de son propre parti. Le climat au sein même du régime devenait
détestable. Ce n’est sans doute pas un hasard que ce soit des hommes dans la
proximité immédiate de Ould Taya qui ont décidé que sa présence à la tête de la
Mauritanie a trop duré.

Contrairement aux précédentes tentatives de coup d’Etat qui ont été initiées à
des niveaux subalternes, le coup d’Etat d’hier - et c’est sans doute la raison
de son succès - a été le fait d’hommes très haut placés dans la hiérarchie. Il
s’agit du colonel Ali Mohamed Fal, directeur général de la sûreté nationale, du
colonel Mohamed Ould Abdelaziz, chef de la garde républicaine, du colonel
Ghazouani, chef des renseignements militaires, et du colonel Ould Boubaker,
adjoint du chef de l’état-major de l’armée.

L’opposition mauritanienne - qui avait mis en doute la véracité de l’implication
du GSPC algérien dans l’attaque du 3 juin dernier contre un cantonnement mobile
de l’armée mauritanienne et l’accusait de mener une politique d’amalgame entre
opposition et terrorisme - ne va pas pleurer Ould Taya. Sur un site de
l’opposition, on le disait clairement: «L’ennemi principal de la Mauritanie est
intérieur, voici un constat qui n’a pas besoin de preuves spécifiques: il s’agit
du chef de l’Etat, de sa parentèle et de leur entourage de tortionnaires. Ils
incarnent la source primitive de notre faillite. La continuité de ce règne
concentre la seule menace structurelle à la paix et à la stabilité, dans notre
pays et sur ses frontières. Les neutraliser, définitivement, représente, plus
que jamais, la nécessité vitale du moment». Les premières réactions des
opposants mauritaniens sont plutôt favorables, du fait de l’engagement pris de
rétablir le jeu démocratique dans un délai maximum de deux ans. Mais rien ne dit
qu’ils seront respectés. Les revenus pétroliers qui doivent commencer à partir
de 2006 pourraient changer les agendas du «nouveau régime» et aussi susciter
plus d’ingérences étrangères.

Outre l’acteur traditionnel qu’est la France, les Etats-Unis ont désormais une
présence à travers l’initiative Pan-Sahel mais également les voisins algériens
et marocains. Dans l’immédiat, le nouveau régime doit se faire reconnaître au
niveau régional et international. Les réactions sont pour l’heure absentes ou
très prudentes. Madrid a ainsi exprimé sa «préoccupation», les Etats maghrébins
n’avaient encore rien dit en fin d’après-midi.

On se rappelle que l’Union africaine a décidé de ne plus admettre les pouvoirs
issus de coup d’Etat mais Ould Taya, qui est venu de la même manière, ne doit
décidément pas compter sur ce principe africain tardif.

M.Saadoune

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http://www.lequotidien-oran.com/quot3226/even.htm

Le mercredi mauritanien

Les auteurs de la tentative de coup d’Etat à Nouakchott, mercredi matin, ont
annoncé qu’un conseil militaire avait pris le pouvoir en Mauritanie, selon un
communiqué diffusé par l’Agence mauritanienne d’information (AMI), et signé du
«Conseil militaire pour la justice et la démocratie». «Les forces armées et de
sécurité ont unanimement décidé de mettre fin aux pratiques totalitaires du
régime dont notre peuple a tant souffert ces dernières années», indique le
communiqué. «Ces pratiques ont engendré une dérive dangereuse pour l’avenir du
pays. A cet effet, les forces armées et de sécurité ont décidé la mise en place
d’un Conseil militaire pour la justice et la démocratie», indiquent les
putschistes. Ces derniers s’engagent à «créer les conditions favorables d’un jeu
démocratique ouvert et transparent sur lequel la société civile et les acteurs
politiques auront à se prononcer librement».

La tentative de coup d’Etat a été perpétrée mercredi à Nouakchott par des
militaires mauritaniens, pour la plupart des membres de la Garde présidentielle,
qui ont pris le contrôle du siège de l’état-major, de la radio et de la
télévision nationales en l’absence du chef de l’Etat Maaouyia Ould Taya. Le
président était parti lundi à Ryad pour assister aux funérailles du roi Fahd. Le
chef de l’Etat, qui a quitté l’Arabie Saoudite, tôt mercredi matin, est arrivé à
Niamey, au moment où la tentative de coup d’Etat était en cours dans la capitale
mauritanienne, a indiqué à l’AFP un proche collaborateur du président nigérien
Mamadou Tandja. «Le président Taya est arrivé (mercredi) à 12h20 à l’aéroport de
Niamey, où il s’est entretenu avec M. Tandja», a indiqué à l’AFP cette source
sous couvert d’anonymat. «Après environ 40 minutes d’entretien, le président
Taya a été installé dans une villa proche de la présidence», a ajouté cette
source. Dans la matinée, des véhicules équipés d’armes lourdes et des batteries
antiaériennes ont été positionnés en plusieurs points stratégiques de la
capitale Nouakchott par les putschistes, dont le nombre n’est pas connu, qui ont
aussi bloqué l’accès à la présidence de la République et aux ministères,
toujours selon la même source. L’entrée sud de la ville est également contrôlée
par la Garde présidentielle, a constaté le journaliste de l’AFP.

Plusieurs pick-up équipés de mitrailleuses étaient disposés autour de la
présidence et certaines rues menant au bâtiment présidentiel étaient fermées. Il
était impossible en milieu de journée de savoir si la tentative de coup d’Etat,
qui a commencé vers 5 h, a fait des victimes.

Vers midi, la situation restait d’autant plus confuse qu’aucun communiqué
n’avait été diffusé, sept heures après le début du déploiement des militaires
dans Nouakchott. La radio mauritanienne était totalement muette et la télévision
n’émettait plus depuis plusieurs heures. Les bâtiments administratifs étaient
désertés et l’activité était faible en fin de matinée, avec seulement quelques
piétons et véhicules dans les rues, a-t-on également précisé. Quant à l’aéroport
de Nouakchott, il a été fermé au trafic civil à partir de 10 h GMT, selon des
sources militaires et diplomatiques.

Aucun blindé n’était cependant visible à proximité, selon le journaliste de
l’AFP. Selon des sources militaires, «plusieurs officiers supérieurs» auraient
par ailleurs été arrêtés, mais on ignorait en milieu de journée s’il s’agit de
militaires loyalistes ou au contraire de putschistes. De nouveaux coups de feu
ont été entendus à 13 h locales aux abords de la présidence à Nouakchott.
Plusieurs rafales de mitrailleuse ont détonné pendant moins d’une minute, a
constaté le journaliste.

Par ailleurs, des centaines de Mauritaniens sont spontanément descendus mercredi
après-midi dans les rues de Nouakchott pour manifester leur joie suite au coup
d’Etat. Plusieurs défilés ont sillonné dans l’après-midi les principales artères
de la capitale mauritanienne, scandant des slogans favorables aux nouveaux
dirigeants de la Mauritanie, qui n’ont pas dévoilé leurs identités. Plusieurs
groupes de manifestants, venus pour la plupart des quartiers pauvres, sont
passés devant le bâtiment de la présidence mauritanienne et ont salué les
militaires de la garde présidentielle postés devant les locaux de la présidence.
Les réactions au coup d’Etat ne se sont pas fait attendre. Ainsi le Président de
la Commission de l’Union africaine (UA), Alpha Oumar Konaré, «condamne fermement
toute prise de pouvoir ou toute tentative de prise de pouvoir par la force» et
«suit avec préoccupation les informations en provenance de Nouakchott», la
capitale mauritanienne, affirme le communiqué. «Le Président de la Commission
(...) réaffirme le rejet total par l’UA de tout changement anticonstitutionnel
de gouvernement et son attachement au respect de l’ordre constitutionnel»,
ajoute la même source.

Le secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan, a lui aussi condamné, hier, le coup
d’Etat. Annan s’est déclaré «profondément troublé» par ce coup de force, a
indiqué son porte-parole Stéphane Dujarric. Le secrétaire général «condamne
toute tentative de changement inconstitutionnel de gouvernement qui surviendrait
dans quelque pays que ce soit», a ajouté le porte-parole. «Les différends de
nature politique devraient être réglés de manière pacifique à travers le
processus démocratique», a estimé M. Annan. La Commission européenne a dénoncé
mercredi la «prise du pouvoir par la force» en Mauritanie à la suite du coup
d’Etat. Le commissaire européen au Développement et à l’Aide humanitaire, Louis
Michel, a «déploré la prise du pouvoir par la force et appelé au respect de la
démocratie et du cadre institutionnel légal». «La Commission continuera à suivre
très attentivement l’évolution des événements et, le moment venu, appréciera la
situation en fonction des dispositions applicables de l’accord de Cotonou dont
la Mauritanie est signataire», poursuit-t-elle dans un communiqué. Le ministère
français des Affaires étrangères a indiqué pour sa part qu’il suivait «avec
attention» l’évolution de la situation en Mauritanie, dans une première réaction
prudente au coup d’Etat survenu plus tôt dans la journée. «Comme dans toute
situation analogue, nous suivons la situation avec attention, en liaison étroite
avec nos partenaires africains et occidentaux», a déclaré la porte-parole du
Quai d’Orsay, Cécile Pozzo di Borgo. Elle s’est refusée à tout autre commentaire
«à ce stade».

Synthèse: M. Mazari

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http://www.latribune-online.com/0408/p0101.htm

Alors que l’UA, l’UE et l’ONU condamnent le coup d’état en Mauritanie. Un
conseil militaire dépose le président Ould Taya

Jeudi 4 août 2005

Par Faouzia Ababsa

Pendant que le président mauritanien assistait aux funérailles du roi Fahd, les
militaires de la garde républicaine et présidentielle mauritaniens ont procédé
très tôt hier à un coup d’Etat contre le pouvoir en place. Il faut dire que,
jusqu’à une heure assez avancée de la journée dans la capitale mauritanienne,
tous, y compris les confrères mauritaniens que nous avons contactés, étaient
dans l’impossibilité de savoir ce qui se passait exactement tant le désordre
était total.
«Tout ce que je sais, nous dira via le courrier électronique Mohamed B. de
l’agence de presse mauritanienne, c’est que des militaires ont occupé la radio,
la télévision publique et fermé l’aéroport à tout trafic. Nous ne savons pas
s’il s’agit des fidèles d’Ould Taya qui défendent la présidence ou d’un
véritable coup d’Etat.» C’est en fait en milieu d’après-midi que l’information
était devenue officielle.
Des militaires ont donc opéré le coup d’Etat au moment où le Président
mauritanien se posait à Niamey, au Niger. Notre confrère mauritanien n’a pas pu
nous dire si les autorités nigériennes lui ont accordé ou non l’asile politique.
Tout ce que l’on sait, c’est ce qui est rapporté par l’Agence France presse,
selon laquelle Ould Taya a atterri à Niamey au lieu de Nouakchott, l’information
de troubles lui ayant été donnée par ses fidèles par téléphone. C’est vers 6h00
du matin que les putschistes ont pris en main la radio et la télévision. Cette
dernière a vu son programme interrompu pour une durée illimitée, du moins
jusqu’à ce que les nouveaux maîtres diffusent un communiqué indiquant qu’un
conseil militaire a été mis en place, «pour la justice et la démocratie», et
promettent de ne pas monopoliser le pouvoir. Ce conseil militaire a informé
qu’il allait organiser des élections d’ici à deux ans et qu’il restait fidèle à
toutes les conventions et traités internationaux signés par la Mauritanie. Mais
pendant que les militaires prenaient le pouvoir, les rues de la capitale se
vidaient au fil des heures, les citoyens fuyant les coups de feu et les tirs
d’artillerie des chars postés autour de la Présidence et des points névralgiques
de la capitale. Une fois le calme revenu (aucune information sur d’éventuelles
victimes lors des affrontements entre loyalistes et auteurs du coup d’Etat), les
putschistes ayant totalement contrôlé la situation, des manifestations émanant
notamment des quartiers populaires et pauvres ont éclaté.
Des groupes de personnes sillonnaient la ville dans de véritables scènes de
liesse, exprimant leur joie après la destitution du président qui avait lui-même
pris le pouvoir par la force à l’issue d’un coup d’Etat militaire en 1984. Il
échappera à deux tentatives de coup d’Etat, dont la dernière en date a eu lieu
en juin 2003. Des centaines d’arrestations ont été opérées, notamment dans les
milieux de l’armée et des changements ont été faits à la tête de l’état-major.
Mais il semble que cela n’a pas servi à grand-chose puisque les opposants à Ould
Taya ont bien préparé leur coup. Ils sont passés à l’action à la faveur de son
déplacement en Arabie saoudite pour assister aux funérailles du roi Fahd.
D’autre part, l’Union africaine a fermement condamné ce coup d’Etat et appelé au
respect de la légalité constitutionnelle. L’UA avait pris une résolution en 1999
dans laquelle elle déclare ne reconnaître aucune autorité qui prendrait le
pouvoir par la force. Par ailleurs, aucune information n’a filtré sur le sort de
la famille du président qui, selon les informations rapportées par les
journalistes sur place, a été chassée du palais présidentiel.

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http://www.latribune-online.com/0408/p06

L’UA, l’UE et l’ONU condamnent la «prise de pouvoir par la force»

Jeudi 4 août 2005

Par la Rédaction nationale

Suite de l’annonce par des militaires du renversement du régime du président
mauritanien Maaouya Ould Sid Ahmed Taya et la constitution d’un «conseil
militaire pour la justice et la démocratie» pour gouverner le pays, l’Union
africaine (UA) a «fermement» condamné hier «la prise de pouvoir par la force» en
Mauritanie, indique un communiqué de l’organisation panafricaine. Le président
de la Commission de l’UA, Alpha Oumar Konaré, «condamne fermement toute prise de
pouvoir ou toute tentative de prise de pouvoir par la force» et «suit avec
préoccupation les informations en provenance de Nouakchott», la capitale
mauritanienne, affirme le communiqué diffusé au siège de l’UA à Addis-Abeba. M.
Konaré «réaffirme le rejet total par l’UA de tout changement anticonstitutionnel
de gouvernement et son attachement au respect de l’ordre constitutionnel»,
souligne la même source.
De son côté, la Commission européenne a dénoncé la «prise du pouvoir par la
force» en Mauritanie, à la suite du coup d’Etat perpétré dans la matinée en
l’absence du président Maaouya Ould Taya. Le commissaire européen au
développement et à l’aide humanitaire, Louis Michel, a «déploré la prise du
pouvoir par la force et appelé au respect de la démocratie et du cadre
institutionnel légal».
«La Commission continuera à suivre très attentivement l’évolution des événements
et, le moment venu, appréciera la situation en fonction des dispositions
applicables de l’accord de Cotonou dont la Mauritanie est signataire»,
poursuit-elle dans un communiqué. Les 25 pays de l’Union européenne et leurs
partenaires du groupe Afrique-Caraïbes-Pacifique (ACP) ont signé en juin la
version révisée de l’accord de partenariat de Cotonou (Bénin) qui les lie depuis
2000.
Pour sa part, le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan a condamné le coup
d’Etat perpétré par des militaires en Mauritanie.
M. Annan s’est déclaré «profondément troublé» par ce coup de force, a indiqué
son porte-parole Stéphane Dujarric. Le secrétaire général «condamne toute
tentative de changement inconstitutionnel de gouvernement qui surviendrait dans
quelque pays que ce soit», a ajouté le porte-parole. «Les différends de nature
politique devraient être réglés de manière pacifique à travers le processus
démocratique», a estimé M. Annan. En outre, le gouvernement espagnol a exprimé
son «inquiétude» face aux événements qui se déroulent en Mauritanie. Madrid
«suit de très près les informations sur les événements en Mauritanie et exprime
son inquiétude face à ces faits qui se déroulent dans un pays ami, voisin»,
selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères. La France, par la voix
du ministère français des Affaires étrangères, a indiqué qu’il suivait «avec
attention» l’évolution de la situation en Mauritanie, dans une première réaction
prudente au coup d’Etat survenu plus tôt dans la journée.

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http://www.latribune-online.com/0408/chroniques.htm

Le mode d'alternance au pouvoir en question

Jeudi 4 août 2005

Par Abdelkrim Tazaroute

L’Afrique est de nouveau le théâtre d’un coup d’Etat. Il a eu lieu hier en
Mauritanie comme cela aurait pu se passer ailleurs dans d’autres pays du
continent où l’alternance au pouvoir, à de très rares exceptions près, ne
s’impose que par la force, un coup d’Etat. Un coup d’Etat en Mauritanie, ce
n’est vraisemblablement pas une information qui va surprendre les observateurs
au regard de l’instabilité politique qui singularise ce pays en butte notamment
ces dernières années avec plusieurs tentatives de prise de pouvoir par des
putschs. Cependant, l’acte est condamnable et rien ne peut justifier une prise
de pouvoir par la force et la violence. L’Union africaine a pourtant pris la
résolution de proscrire cette option. Les chefs d’Etat et de gouvernement de
l’Union africaine avaient, à cet effet, décidé d’exclure des sommets de cette
organisation tout gouvernement qui accède au pouvoir à la faveur d’un coup
d’Etat. Cette résolution, prise lors du sommet d’Alger en 1999, a suscité
l’espoir mais n’a malheureusement pas empêché le recours à la violence pour
accéder au pouvoir en dépit de la menace d’exclusion. Le coup d’Etat perpétré
hier en Mauritanie, en l’absence du président Ould Taya, en déplacement à Riyad
pour assister aux funérailles du roi Fahd d’Arabie saoudite, explique d’une
certaine manière la réussite cette fois-ci du putsch après l’échec de trois
tentatives, et révèle à la fois la fragilité du pouvoir. Les manifestations de
joie dans les rues de Nouakchott après la réussite du coup d’Etat constatées par
les journalistes des agences de presse peuvent aussi interpeller la communauté
internationale tout comme elles sont en mesure d’illustrer un ras-le-bol du
peuple mauritanien et l’espoir qu’il porte à tout changement même si, dans ce
registre, rien n’est acquis. Les forces qui accaparent le pouvoir promettent
tous des changements radicaux, s’engagent à créer des conditions favorables à
l’exercice de la démocratie mais finissent à reconduire le même mode de
gouvernance où la démocratie n’a pas droit de cité. Le mode de gouvernance en
Afrique pose réellement problème. Et l’espoir de mettre fin aux pratiques
totalitaires des régimes est chaque fois brisé par la réalité de l’exercice du
pouvoir en Afrique.
Comment alors parler d’une alternance au pouvoir par les urnes quand les
libertés sont bafouées, lorsque l’opposition subit toutes les pressions et quand
toute contestation du pouvoir est violemment réprimée ? Cela étant, un coup
d’Etat reste une pratique à bannir, un acte condamnable.

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http://www.latribune-online.com/0408/p02

La longévité et la légitimité d’Ould Taya ne sont pas synonymes de stabilité

Jeudi 4 août 2005

Par Amine Echikr

Les difficultés que connaît notre voisin du sud-ouest sont redondantes. Depuis
l’accession au pouvoir de l’actuel président de la Mauritanie, les tentatives de
coup d’Etat se sont multipliées. Le gouvernement mauritanien accusera tour à
tour Marocains, Libyens, Burkinabé ou Sénégalais. Pourtant ce pays d’un million
de kilomètres carrés n’est pas riche et sa stabilité est un gage de
développement pour la région. Les conflits avec son voisin du sud, le Sénégal,
ou alors les relations compliquées avec le Maroc ne sont pas de nature à
apporter plus de stabilité dans une région mis à mal par la question de la
décolonisation du Sahara occidental.
La Mauritanie de Ould Daddah avait occupé une parie du Sahara occidental. Ce
n’est qu’après le coup d’Etat militaire qui renversa le régime d’Ould Daddah que
le colonel Ould Mohamed Salek suspendit la Constitution et tenta aussitôt de
dégager la Mauritanie du conflit saharien. Un cessez-le-feu fut proclamé avec le
Front Polisario et la Mauritanie retrouva ses frontières de 1975.
Le renversement du régime d’Ould Daddah, la poursuite de la tension aux
frontières et l’hostilité de plus en plus marquée des dignitaires du régime à
l’égard de la communauté négro-africaine allaient ouvrir pour la Mauritanie une
longue période d’instabilité politique, marquée par une succession de coups
d’État, de putschs militaires et de révolutions de palais. Le 6 avril 1979,
après avoir écarté du pouvoir certains civils noirs, l’armée mit en place un
Comité militaire de salut national (CMSN), dirigé par le colonel Ahmed Ould
Bouceif. Celui-ci trouva la mort le 27 mai suivant dans un accident d’avion. Le
colonel Mohamed Ould Louly devint alors chef de l’État, et le colonel Ould
Haidallah, Premier ministre. Le 7 août, par un accord signé à Alger avec le
Front Polisario, la Mauritanie renonçait à toute revendication sur le Sahara
occidental ; les relations diplomatiques étaient renouées avec l’Algérie. Le 4
janvier 1980, le colonel Ould Haidallah destituait le chef de l’État et cumulait
cette fonction avec celle de Premier ministre et de président du CMSN. Un coup
d’État, apparemment appuyé par le Maroc, échoua en mars 1981. Un complot
pro-irakien fut déjoué en février 1982. Le 27 février 1984, la Mauritanie
reconnut officiellement la République arabe sahraouie démocratique (RASD). Le 17
décembre 1984, le colonel Haidallah -qui assistait au sommet franco-africain de
Brazzaville– fut renversé et remplacé par le colonel Maaouya Ould Sid Ahmed
Taya, chef d’état-major de l’armée et ancien Premier ministre.
Cette succession de putschs, allant de pair avec une arabisation croissante du
personnel politique, renforça encore la domination des Arabo-Berbères sur une
communauté négro-africaine que l’abolition de l’esclavage, proclamée le 15
juillet 1980 mais souvent inappliquée, ne suffisait pas à satisfaire. En
septembre 1987, une tentative de coup d’État dirigée par deux
officiers noirs fut déjouée de justesse ; ses principaux meneurs furent exécutés
et de nombreux dirigeants politiques des Forces de libération des Africains de
Mauritanie furent emprisonnés. Ce problème ethnique devait déboucher sur une
dégradation des rapports diplomatiques avec le Sénégal. En février 1989, un
banal incident frontalier entre gardiens de bestiaux mauritaniens et sénégalais
mit le feu aux poudres ; les 24 et 25 avril 1989, de violentes émeutes
anti-mauritaniennes éclatèrent à Dakar ; simultanément, des émeutes
anti-sénégalaises faisaient plusieurs centaines de morts à Nouakchott. Des
milliers de ressortissants sénégalais furent expulsés de Mauritanie. Près de 50
000 Noirs mauritaniens préférèrent également l’exil à l’insécurité.
M. Ould Taya mènera des réformes politiques et instaurera le multipartisme en
1991. Il organise des élections présidentielles en 1992 et bénéficiera d’une
légitimité populaire en étant élu président. Il sera réélu en 1997 lors d’un
scrutin boycotté par l’opposition. En novembre 2003, M. Ould Taya a été élu au
premier tour de l’élection présidentielle avec 67,02% des voix devant son
principal adversaire, l’ancien chef de l’Etat Ould Haidalla (18,67%). Cette
longévité d’Ould Taya et même sa légitimité ne semblent pas être suffisantes
pour la stabilité de ce pays. Une stabilité pourtant nécessaire en premier lieu
pour les Mauritaniens eux-mêmes et les pays des régions maghrébines et d’Afrique
de l’Ouest.

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http://www.latribune-online.com/0408/p01

Situation sécuritaire en Mauritanie. Terrorisme et banditisme s'enracinent

Jeudi 4 août 2005

Par Rabah Iguer

C’est un pays déjà fortement déstabilisé par le terrorisme et des bandes armées
s’adonnant à des trafics multiples qui vient de subir un coup d’Etat orchestré
par des militaires, principalement des membres de la Garde présidentielle
profitant de l’absence du président Maaouya Ould Taya, en déplacement à Riyad
pour les obsèques du roi Fahd. En deux ans, la Mauritanie avait déjà été
confrontée à trois tentatives de coup d’Etat. Mais aussi à de fréquentes
incursions terroristes sur son sol et à une attaque sanglante contre une
garnison militaire située aux confins de la frontière de la Mauritanie avec le
Mali et l’Algérie. Attentat qui avait fait officiellement quinze morts, deux
disparus et 17 blessés et qui avait été revendiqué par le Groupe salafiste pour
la prédication et le combat (GSPC). Il est établi que, grâce à l’argent de la
rançon payée par l’Allemagne à Abderzak El Para en contrepartie de la libération
des touristes européens kidnappés dans le Sud algérien, de nombreux Maliens et
Mauritaniens sont venus renforcer les rangs du GSPC. Récemment, deux Algériens
ont été placés sous mandat de dépôt à Nouakchott, parce que soupçonnés
d’«activités terroristes» et de recruter des Mauritaniens pour qu’ils commettent
des attentats sur leur sol. En avril dernier, sept islamistes affiliés au GSPC
ont été arrêtés. Une cinquantaine de personnes, dont le leader islamiste Mohamed
Elhacen Ould Dedaw, ont été également écroués en juin. A l’époque, le chef de
l’Etat déposé, Maaouya Ould Taya, n’avait pas manqué d’établir un lien entre les
putschistes et les islamistes, se demandant si les deux groupes ne se
«partageaient pas les rôles».
Devant cette menace persistante dans la région du Sahel, une réunion sur la
sécurité et la lutte contre le terrorisme en Afrique sub-saharienne a eu lieu le
12 juillet en Mauritanie. Les chefs d’état-major des armées de Mauritanie, du
Mali, du Niger et d’Algérie ont participé à cette rencontre, durant laquelle il
a été question d’élaborer un plan d’action pour faire face «aux incursions
d’extrémistes islamiques armés». «Le nomadisme qui caractérise les groupuscules
qui sévissent dans le désert est un réel problème pour les différents Etats de
la région. Ils souhaitent mettre en commun leurs moyens pour combattre ces
mouvements de plus en plus structurés», soutiennent les experts de la lutte
contre le terrorisme. Les Etats-Unis prévoient de débourser jusqu’à 60 millions
de dollars par an pour la mise en œuvre de leur nouvelle initiative de lutte
contre le terrorisme au Maghreb et dans les pays du Sahel, à laquelle l’Algérie
et la Mauritanie sont associées. Des manœuvres militaires dans la région ont
déjà été organisées sous la houlette des Américains au mois de juillet dernier.

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http://www.latribune-online.com/0408/p03

Economie mauritanienne : 46,3% de la population en dessous du seuil de pauvreté

Jeudi 4 août 2005

Par Youcef Salami

La Mauritanie est engagée depuis 1986 dans un processus de réformes économiques
et sociales soutenu par la Banque mondiale (BM) et le Fonds monétaire
international (FMI). L’économie mauritanienne a enregistré en 2004 une
croissance de 6,9%, le taux le plus important depuis 1992. Cette proportion ne
reflète cependant pas une économie en marche. Les autorités de Nouakchott font
face à l’ampleur de la pauvreté. Elles s’efforcent de la ramener à 17% en 2015
contre 46% en 2000 dans le cadre d’un programme sur 15 ans, adopté début 2001
par le gouvernement avec l’accord des bailleurs de fonds. Aujourd’hui, 46,3% de
la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Et, il est des indices au
rouge : la Mauritanie est classée 154e pays sur 175 par rapport à l’indice de
développement humain et 86e sur 94 pays pour l’indicateur de la pauvreté
humaine. La Mauritanie fait partie des 18 pays les plus pauvres de la planète,
dont 14 pays africains, ayant bénéficié de l’annulation de leur dette le 11 juin
2005 par le G8. Autre indice, la Banque mondiale estime à quatre cents dollars
le revenu par habitant, en 2003. Cette situation perdure en dépit des progrès
accomplis par la Mauritanie au plan macroéconomique, grâce aux politiques de la
Banque mondiale et du Fonds monétaire international. Les spécialistes au fait de
l’évolution de l’économie mauritanienne notent cependant que de grandes tares
plongent cette économie dans une profonde crise structurelle : développement du
secteur tertiaire au détriment des secteurs primaires et secondaires ; suite à
la libéralisation de l’économie, constitution de monopoles dont l’activité
principale est la distribution ; disparition progressive des classes moyennes ;
la croissance n’a pas eu d’effet sur les masses les plus pauvres ; les banques,
dans leur structure actuelle, sont au service de groupes oligarchiques et ne
servent ni le développement ni l’investissement. Il est des secteurs connus en
Mauritanie : le secteur rural contribue pour 20% au produit intérieur brut et à
60% de l’emploi ; les mines (fer, cuivre, phosphates) constituent un secteur
important de l’économie ; le secteur de la pêche assure plus de 50% des recettes
d’exportation ; le secteur pétrolier risque, lui, de connaître le sort de la
pêche sans retombées sur l’économie nationale. Les autorités mauritaniennes
essayent d’identifier de nouveaux secteurs porteurs et de diversifier
l’économie. Les institutions de Bretton Woods, Banque mondiale et Fonds
monétaire international continuent de dicter aux Mauritaniens toutes les
politiques économiques. Et le commerce extérieur ? Les efforts consentis par le
gouvernement, ces dernières années, dans ce secteur n’ont pas donné de résultats
intéressants. La croissance des exportations reste ainsi en deçà des
potentialités dont dispose le pays. Certains produits locaux souffrent
cruellement d’une méconnaissance au niveau international, voire national. Ainsi
en est-il de l’artisanat mauritanien et des produits de la pêche artisanale par
exemple. Le secteur tertiaire, malgré le fait qu’il est passé de 41% du PIB en
1990 à 44% en 1999, reste encore sous-exploité. Son
développement se heurte notamment à une valorisation limitée du patrimoine
national et à une absence de moyens de promotion au niveau international. Le
commerce électronique, une activité en pleine expansion dans les pays
développés, demeure une activité encore balbutiante en Mauritanie, malgré la
volonté politique de la promouvoir. Les promoteurs s’y intéressent sans en
connaître les contours. La libéralisation de l’économie mauritanienne a permis à
des compagnies étrangères, surtout celles opérant dans la distribution, de s’y
installer. Des sociétés algériennes se font aussi une place sur le marché
mauritanien. Elles activent dans les carburants, la congélation de poisson,
entre autres. Une commission mixte algéro-mauritanienne travaille sur un certain
nombre de projets.

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http://www.jeune-independant.com/display.php?articleId=17306

Coup d’Etat militaire aux portes de l’Algérie

par Zouaoui Mouloud

Ce qui semblait être le scénario d’un coup d’Etat voué à l’échec a finalement
pris une tournure inattendue hier à Nouakchott, la capitale mauritanienne. Le
président Mouâouya Ould Sid Ahmed Tayaâ a été renversé après un coup d’Etat,
apparemment sans effusion de sang, mené par le Bataillon de sécurité
présidentielle (BASEP), sa propre garde prétorienne.

La confusion des premières heures de la matinée a été dissipée en milieu de
journée après que les putschistes ont rendu public un communiqué justifiant leur
action par «les dérives totalitaires» du président déchu, réfugié depuis hier à
Niamey, au Niger.

Si l’événement était prévisible pour beaucoup, en raison de la grogne
intra-muros de l’opposition et ses relais externes, ainsi que la vague de
répression qui a ciblé la mouvance islamique ces derniers mois, ses
implications, notamment sur le plan externe, ne manqueront pas de susciter des
interrogations quant à l’avenir d’un pays plus prompt aux troubles qu’à la
stabilité depuis le putsch qui a porté Ould Tayaâ lui-même au pouvoir en 1984.

La minutie avec laquelle s’est déroulée le coup d’Etat démontre si besoin est
qu’il a bénéficié de l’adhésion de toutes les forces de sécurité du pays, y
compris des douaniers postés aux frontières du pays. Ce qui démontre qu’une
force interne et largement cautionnée a décidé de changer l’ordre établi sans
risque de se retrouver isolée.

Une donne qui devrait amener les gouvernements des Etats voisins dont l’Algérie
ainsi que les organisations internationales, à leur tête l’Union africaine (UA)
à bien mesurer l’ampleur du changement intervenu en Mauritanie. Si l’UA a déjà
condamné cette action comme pour rappeler un de ses principes démocratiques
fondateurs, celui du refus de la prise du pouvoir par la force, les autres pays
dont les Etats-Unis ont décidé d’observer les événements non sans préoccupation.

Pour rassurer l’organisation panafricaine de leur respect de ce principe, les
putschistes regroupés dans un conseil ont affirmé qu’ils s’engageaient dans un
délai maximal de deux ans «à créer les conditions favorables d’un jeu
démocratique ouvert et transparent sur lequel la société civile et les acteurs
politiques auront à se prononcer librement».

Toutefois, les pays les plus à même de suivre les développements de la situation
avec la plus grande attention sont les partenaires de la Mauritanie au sein de
l’Union du Maghreb arabe (UMA). Les nouveaux dirigeants pourraient avoir, par
leur action, donné lieu à un bouleversement des influences dans la région où la
France pèse énormément et qui, désormais, intéresse davantage les Etats-Unis
dans ce qui est présenté comme une volonté de lutte contre le terrorisme.

Les nouveaux maîtres de Nouakchott ne se sont pas prononcés sur la politique
étrangère qu’ils comptent engager, notamment s’agissant des relations avec
Israël. Une large frange de l’opposition nationaliste avait refusé d’accepter le
rapprochement de la Mauritanie en 1999 avec Israël.

La Mauritanie était devenue avec l’Egypte et la Jordanie l’un des trois seuls
Etats membres de la Ligue arabe à avoir établi des relations diplomatiques avec
l’Etat hébreu. La tentative de coup d’Etat de juin 2003 avait était perçue comme
une action visant le rejet de ce positionnement diplomatique de la Mauritanie où
la quasi-totalité de la population est musulmane.

Les prochains jours devront éclairer davantage sur les implications d’un tel
coup d’Etat dans une région du Sahel pauvre et sujette à l’instabilité. En
témoigne le conflit du Sahara occidental en attente de règlement depuis 1991.

Z. M.

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http://www.jeune-independant.com/display.php?articleId=17307

Une «démoctature» de moins

par Mohamed Zaâf

Parti assister aux funérailles du roi Fahd Ben Abdelaziz, le président
mauritanien était probablement loin de se douter qu’un coup d’Etat enterrerait
entre-temps son régime. Bien sûr l’Union africaine a condamné le coup de force,
sa charte étant claire là-dessus.

Mais au Maghreb, les diplomaties se confinent dans un silence…d’enterrement. Pas
la moindre petite condamnation officielle, officieuse ou même médiatique n’est
venue troubler l’initiative en Mauritanie du Conseil militaire pour la justice
et la démocratie.

Et «qui ne dit rien consent», serait-on tenté d’en déduire. Il est vrai que le
régime d’Ould Taya n’était pas impopulaire chez lui seulement et que les peuples
maghrébins ne pleureront certainement pas un pouvoir symbole de la «démoctature»
dans notre monde arabe martyr.

Une «démoctature» où les prisons craquent du monde opposant, où les Mauritaniens
n’ont de choix que la force - comme le proclamait tout récemment l’épouse de
l’opposant Ould Hannana, actuellement en détention-- pour imposer l’alternance,
principe directeur dans toute démocratie réelle mais qui jusqu’ici ne s’est vu
appliquer (accidentellement ?) dans notre continent qu’une fois, dans le Sénégal
d’Abdou Diouf.

En Mauritanie, trois coups d’Etat avaient été tentés en l’espace de quinze mois.
Un record qui éclaire sur la vitalité et la détermination du pays du Chinguitti,
où, à l’instar des autres peuples de la région, on rejette les attouchements
avec le sionisme.

Si dans la région, nos peuples échaudés n’ont plus de ferveur pour les coups
d’Etat, ils ne peuvent non plus agréer les fausses démocraties qui permettent à
un pouvoir putschiste de se maintenir vingt-cinq années au pouvoir en
s’enveloppant d’artifices démocratiques sous l’œil bienveillant, voire complice
d’un Occident plus cupide que jamais.

La première conclusion qu’on pourrait d’ores et déjà tirer du changement de
pouvoir en Mauritanie, c’est l’échec d’Israël, dont le rôle essentiel est
d’assurer la protection des régimes qui acceptent de vendre leur âme au diable.
S’il laisse paraître des intentions correctes dans son communiqué, le Conseil
militaire pour la justice et la démocratie sera attendu par les peuples de la
région sur le cas d’Israël.

Nouakchott mettra-t-elle fin à une relation contre nature ou maintiendra-t-elle
le concubinage avec les bourreaux de nos frères palestiniens ? Les peuples
maghrébins, partant arabes, se fixeront en fonction de la réponse que le Conseil
mauritanien apportera à cette question déterminante.

Une chose paraît acquise : le départ d’Ould Taya contient en lui-même l’espoir
de voir disparaître les tiraillements avec la Libye, raison, entre autres, des
reports des sommets maghrébins. Ould Taya sur la touche, c’est logiquement un
obstacle de moins dans la construction de l’ensemble régional.

Une région qui vit de profondes mutations et de froides convoitises. Une région
qui passe pour regorger de pétrole mais qui vit aussi un conflit pouvant
dégénérer et remettre en cause la stabilité régionale s’il tarde à être réglé.

Une région où l’influence française bat de l’aile au bénéfice des Etats-Unis,
désormais présents tout prêt des lieux du coup d’Etat et du conflit. Il est vrai
que la Mauritanie et le Sahara occidental font face à l’Amérique et non à
l’Europe.

Comme il est vrai que les côtes du Nord-Ouest africain sont plus proches que les
terminaux du Moyen-Orient pour l’acheminement des hydrocarbures. A qui
profitera-t-il, finalement, le coup d’Etat en Mauritanie ?

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http://www.jeune-independant.com/display.php?articleId=17308

Joie dans les rues de Nouakchott

par AFP
Des centaines de Mauritaniens sont spontanément descendus hier après-midi dans
les rues de Nouakchott pour manifester leur joie suite au coup d’Etat perpétré
dans la matinée en l’absence du président Maaouiya Ould Taya, a constaté un
journaliste de l’AFP.

Plusieurs défilés anarchiques ont sillonné dans l’après-midi les principales
artères de la capitale mauritanienne, scandant des slogans favorables aux
nouveaux dirigeants de la Mauritanie qui n’ont pas dévoilé leur identité, a
constaté le journaliste.

Plusieurs groupes de manifestants, venus pour la plupart des quartiers pauvres,
sont passés devant le bâtiment de la présidence mauritanienne et ont salué les
militaires de la garde présidentielle postés devant les locaux de la présidence.

«Nous sommes opprimés depuis plus de 20 ans», s’est exclamé Mustapha, jeune
étudiant. «La vie est devenue chère. Seuls les corrompus et les voleurs
pouvaient vivre dans ce pays», a déclaré de son côté Amadou K.. «La dilapidation
et le détournement des deniers publics, l’enrichissement illicite d’une poignée
d’opportunistes sont les principales caractéristiques de notre vie», a lancé
Aïcha Bint Moukhtar, diplômée au chômage depuis 1995.

Les commerces étaient toujours fermés hier après-midi dans le centre-ville et
des véhicules équipés de mitrailleuses et de batteries antiaériennes étaient
toujours disposés à plusieurs points stratégiques de la capitale par les
putschistes, dont le nombre n’est pas connu, a constaté un journaliste de l’AFP.

Les quelques militants du parti au pouvoir, le PRDS (Parti républicain
démocratique et social), qui s’étaient rassemblés devant le siège de Nouakchott
se sont dispersés après avoir appris les événements. Hier, dès l’aube, des
militaires, principalement des membres de la garde présidentielle, ont profité
de l’absence du président Maaouiya Ould Taya, en déplacement à Ryad pour les
obsèques du roi Fahd, pour prendre le pouvoir.

Dans un communiqué retransmis en milieu d’après-midi par l’Agence mauritanienne
d’information (AMI), signé du «Conseil militaire pour la justice et la
démocratie», les putschistes ont fait savoir que «les forces armées et de
sécurité ont unanimement décidé de mettre fin aux pratiques totalitaires du
régime».

Le président Ould Taya, qui se trouve à Niamey où il a atterri à la mi-journée
en provenance de Riyad, n’avait toujours pas fait de déclaration mercredi dans
l’après-midi. Les partis politiques de la mouvance présidentielle et de
l’opposition en Mauritanie n’ont pas encore réagi au coup d’Etat, tandis que
l’Union africaine, par la voix du président de la Commission de l’UA, Alpha
Oumar Konaré, a condamné dans un communiqué «la prise de pouvoir» en Mauritanie.

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http://www.horizons-dz.com/rubriques/monde.htm#1

Coup d’état en Mauritanie. Ould Taya renversé

Les putschistes, dénommés "Conseil militaire pour la justice et la démocratie"
annoncent qu'un conseil militaire pour la justice et la démocratie va diriger la
Mauritanie pendant une durée n’excédant pas deux ans, période jugée
"indispensable pour la préparation et la mise en place de véritables
institutions démocratiques".

"Les Forces armées et de sécurité ont unanimement décidé de mettre fin aux
pratiques totalitaires du régime dont notre peuple a tant souffert ces dernières
années", indique le communiqué des auteurs du coup d’Etat diffusé par Ami,
l’agence de presse officielle.

Comme tous les auteurs de putsch en Afrique, ils s’engagent à "créer les
conditions favorables d'un jeu démocratique ouvert et transparent sur lequel la
société civile et les acteurs politiques auront à se prononcer librement" et à
"respecter tous les traités et conventions internationaux ratifiés par la
Mauritanie".

Des éléments de la garde présidentielle mauritanienne ont mis hier matin à
profit l’absence du président Moawiya Ould Taya, en déplacement en Arabie
Saoudite pour assister aux obsèques du roi Fahd, pour s’emparer du pouvoir.
Selon le journaliste mauritanien Mahmoudi Mohammed, cité par la chaîne qatarie
Al Jazeera, les putschistes sont le chef de la garde présidentielle, le général
Mohammed Ould Abdelaziz et le directeur de la sécurité nationale, le général
Aala ben Mohammed Fal. Selon les agences de presse présentes à Nouakchott, les
auteurs du coup d’Etat se sont emparés dès les premières heures de l’état-major,
la radio et la télévision nationales, pris le contrôle militaire des points
stratégiques de la capitale, fermé l’aéroport au trafic civil et ordonné
l’arrestation du chef d’état-major, le général Larbi Ould Jadin et du chef de la
gendarmerie nationale, le général Sidi Ould Riha. "

Toute l'armée est dans la rue. Elle bloque les routes allant à la Présidence et
les principaux accès à travers la ville", "les insurgés ont positionné des
véhicules équipés d'armes lourdes et des batteries anti-aériennes dans les
artères vidées de la capitale" et "les gardes-frontières empêchent les
habitants de quitter le pays par la frontière sud avec le Sénégal", écrit
l’agence Reuters.

Ce putsch a forcé le président mauritanien qui a quitté hier à l’aube Riyad pour
retourner à son pays à faire escale à Niamey, capitale du Niger où il a été
installé dans une villa pour une durée indéterminée. Le 8 juin 2003, une
tentative de putsch contre le président Ould Taya au pouvoir depuis 1984 après
un putsch, a été mise en échec par les forces loyalistes après 36 heures de
combats. Elle a fait 15 morts et 68 blessés selon un bilan officiel.

Cette tentative a été l’occasion pour les "Cavaliers du changement "un mouvement
d’opposition armé d’apparaître au grand jour le 2 septembre 2003 sur les écrans
de Al-Jazeera. Deux autres tentatives de coup d'Etat menées selon le régime par
les "Cavaliers" ont eu lieu le 9 août et le 25 septembre 2004.

Ould Taya, un proche de Washington et un des rares chefs d'Etat d’un pays
membre de la Ligue arabe à avoir reconnu fin 1999 l'existence d'Israël, organise
après chaque tentative déjouée des vagues d’arrestations. Dernière tentative en
date, elle remonte au 28 septembre dernier.

Pour celle-ci, le pouvoir a accusé les milieux islamistes qui planifiaient des
"actions terroristes" avec des "djihadistes" liés au Groupe salafiste pour la
prédication et le combat (GSPC) qui a revendiqué une attaque sanglante perpétrée
le 4 juin dernier contre une base militaire au nord-est de la Mauritanie, à
Lemgheity, en plein désert. Le 28 juillet dernier, dans un épais document
intitulé "Impasse politique et réflexes sécuritaires en Mauritanie : comment
fabriquer le terrorisme utile", l’opposition mauritanienne en exil accusait le
régime Ould Taya d’avoir "multiplié les provocations vis-à-vis du GSPC avec
lequel il entretenait des relations notoirement connues".

Une piste qui pourrait peut-être expliquer la triste palme des records de coups
d’Etat à Nouakchott, l’entrée dès le premier semestre 2006 de ce pays désertique
de plus d'un million de km2 et de 2,8 millions d'habitants dans le gotha des
producteurs de l’or noir.

Djamel Boukrine

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http://www.lanouvellerepublique.com/actualite/lire.php?ida=28798&idc=4&refresh=1

Coup d'Etat militaire en Mauritanie. Ould Taya en séjour préventif au Niger

La Mauritanie pourrait avoir connu, d’hier à aujourd’hui, un changement majeur à
la tête de son Etat. C’est ce qui ressort des derniers développements survenus à
Nouakchott, la capitale mauritanienne, où des mouvements inhabituels et massifs
de l’armée régulière ont été observés dans les rues de la ville, du côté de la
Présidence et de la radio-télévision.
Vraisemblablement, il s’agit d’un coup d’Etat militaire qui a été opéré par de
hauts officiers de l’armée régulière, à la faveur de l’absence du Président Ould
Sid Ahmed Taya, parti à Ryad pour assister aux obsèques de feu le Roi Fahd
d’Arabie Saoudite.
On ne sait pas, jusqu’au moment de mise sous presse, si le coup d’Etat est
réussi ou s’il a été avorté, comme ce fut le cas en 2003. Ce qui est certain, en
revanche, c’est que le Président mauritanien, prévenu de ce qui se passe à
Nouakchott, a atterri au Niger où il a été reçu par le Président Tandja Mamadou.
Ce coup d’Etat pourrait être le dernier et le bon qui se fomente contre le
président mauritanie, lui-même arrivé au pouvoir grâce à un coup d’Etat qu’il
avait ourdi contre son prédécesseur en 1984. Le dernier attentat contre le
président Taya a été mené en juin 2003, lorsque des dissidents de l’armée
régulière ont failli s’emparer du pouvoir, avant que les militaires loyaux au
président en place ne reprennent les choses en main. La présidence mauritanienne
avait, à deux reprises, annoncé avoir neutralisé pas moins de deux tentatives
de putsch. Une fréquence qui n’était pas pour rasséréner un chef d’Etat,
pourtant, très porté sur les voyages et les visites d’Etat.
La Mauritanie a été mise en quarantaine durant les années 90 par les pays
arabes, lorsque le même président Taya décide la normalisation des relations
diplomatiques avec Israël, rejoignant l’Egypte et la Jordanie. Depuis l’arrivée
au pouvoir du Président Taya et l’émergence des mouvements intégristes en
Mauritanie, la répression contre ces derniers est des plus sévères.
Des observateurs des scènes politiques et sociales mauritaniennes estiment, à ce
titre, que les militaires ont depuis longtemps noyauté l’armée de ce pays et que
les coups d’Etat suivis correspondent à une volonté de certains intellectuels
islamistes au sein de l’armée d’opérer des revirements dans la politique sociale
et législative en Mauritanie et, surtout, dans le choix diplomatique de Taya de
normaliser ses relations avec l’Etat hébreu.
Ce coup de force militaire contre le Président Taya intervient au moment où les
Etats-Unis d’Amérique opèrent des manœuvres militaires dans le Grand Sahara en
vue d’aider les armées de la région à faire face aux groupes terroristes qui
sévissent aux frontières de ces pays, dont le GSPC, qui était guidé, entre
autres, par Abderrezak «el-para».
Le président Taya avait lui-même mené sa guerre contre les opposants à son
régime en prétextant, à chaque offensive répressive de sa part, de liens
supposés à ces derniers avec les groupes salafistes pour la prédication et le
combat qui avait fait allégeance, dès après le 11 septembre 2001, au réseau
Al-Qaïda.
Les choix politiques du Président Taya, surtout ses relations diplomatiques et
sa coopération avec Israël, qui lui ont valu l’attention et le soutien
américain, pourraient, pour les mêmes raisons, être déterminants dans la suite
que pourraient avoir ces événements.

04-08-2005
Farès N.

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http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=42182

Coup d’état en mauritanie
Les militaires renversent Ould Taya

Par Abdelkamel K.


Des soldats mauritaniens ont pris possession, tôt hier matin, des sièges de la
Télévision et de la Radio nationales, alors que le président Ould Taya, de
retour d’Arabie Saoudite, a atterri à Niamey au Niger.

Mettant à profit le voyage du chef de l’État Maouyia Ould Taya en Arabie
Saoudite pour présenter ses condoléances à la suite du décès du roi Fahd, un
conseil militaire mauritanien a perpétré, hier à l’aube, un coup d’État. Les
auteurs de ce coup d'État ont annoncé, hier, vers 14 heures GMT qu'un conseil
militaire allait prendre le pouvoir en Mauritanie, selon un communiqué diffusé
par l'Agence mauritanienne d'information (AMI). “Les forces armées et de
sécurité ont unanimement décidé de mettre fin aux pratiques totalitaires du
régime dont notre peuple a tant souffert ces dernières années”, précise le
communiqué. “Ces pratiques ont engendré une dérive dangereuse pour l'avenir du
pays. À cet effet, les forces armées et de sécurité ont décidé la mise en place
d'un conseil militaire pour la justice et la démocratie”, affirment les
putshistes. Ils se sont engagés à “créer les conditions favorables d'un jeu
démocratique ouvert et transparent sur lequel la société civile et les acteurs
politiques auront à se prononcer librement”. Des véhicules équipés d'armes
lourdes et de batteries antiaériennes ont été positionnés à plusieurs points
stratégiques de la capitale par les putschistes, dont le nombre n'est pas connu,
qui ont aussi bloqué l'accès à la présidence de la République et aux ministères.
L'entrée sud de la ville était également contrôlée par la garde présidentielle,
selon les agences de presse.
Plusieurs pick-ups équipés de mitrailleuses étaient disposés autour de la
Présidence et certaines rues menant au bâtiment présidentiel étaient fermées. Le
président Maouyia Ould Taya, de retour de Riyad, a en fin de compte atterri à
Niamey, au Niger. “Le président Taya est arrivé à 12h20 locales (13h20 GMT), à
l'aéroport de Niamey où il s'est entretenu avec M. Tandja”, a indiqué une source
nigérienne à la presse. “Après environ 40 minutes d'entretien, le président Taya
a été installé dans une villa proche de la Présidence”, a ajouté la même source.
Il était impossible de savoir en milieu de journée si le coup d'État, qui a
commencé vers 5 heures a fait des victimes. Cinq tirs d'armes lourdes ont
retenti à 10h15 près du centre de la capitale mauritanienne dont les rues se
vidaient progressivement. La situation est restée confuse jusqu’à la mi-journée,
surtout qu'aucun communiqué n'avait été diffusé, 7 heures après le début du
déploiement des militaires dans Nouakchott.
De nouveaux coups de feu ont été entendus à 13 heures locales aux abords de la
Présidence à Nouakchott. Plusieurs rafales de mitrailleuses ont détonné aux
abords de la Présidence pendant moins d'une minute. L'aéroport de Nouakchott est
fermé au trafic civil. Le trafic est fermé depuis 10 heures GMT, a-t-on confirmé
de source diplomatique dans la capitale mauritanienne.
Des militaires interdisent l'entrée du terminal mais aucun véhicule blindé n'a
pris position devant les bâtiments. Une source militaire a évoqué l'arrestation
de plusieurs officiers supérieurs, sans toutefois être en mesure de préciser
s'il s'agissait de militaires loyalistes ou de putschistes.
Ceci étant, la Mauritanie a connu trois tentatives de coup d’État contre
l’actuel président, qui dirige le pays depuis vingt ans. En juin 2003, la
tentative de coup d'État avait été mise en échec par les forces loyalistes après
36 heures de combat qui avaient fait 15 morts et des blessés, selon un bilan
officiel. En août et septembre 2004, les autorités ont annoncé avoir déjoué de
nouvelles tentatives de coup d'État.

Les Algériens n'ont pas été touchés “dans leur personne et leurs biens”
Les membres de la communauté algérienne installées en Mauritanie n'ont pas été
touchés “dans leur personne et leurs biens” par la situation actuelle en
Mauritanie, a-t-on appris hier auprès des services consulaires du ministère des
Affaires étrangères. L'ambassade d'Algérie à Nouakchott, qui est en contact
permanent avec les ressortissants algériens en Mauritanie, tient à rassurer les
familles concernées, précise la même source. Ces familles peuvent, en cas de
besoin, se rapprocher de la permanence du ministère des Affaires étrangères au
numéro 021 50 43 58 pour toute requête spécifique, ajoute-t-on.

____________



Vie, 5 de Ago, 2005 1:32 am

ruizmi2004
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*****STOP AU SAUVAGE MAKHZEN *****Campagne internationale pour la libération de Aminatou Haidar et de tous les prisonniers politiques sahraouis ...
Carlos Ruiz Miguel
ruizmi2004
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5 de Ago, 2005
1:32 am
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