****LISTE des PRISONNIERS et CONDAMNES au cours de l'INTIFADA 2005****
http://www.arso.org/intifadalistpris.htm
*****INTIFADA SAHRAOUI*****
http://www.arso.org/intifada2005.htm
*****STOP AU SAUVAGE MAKHZEN*******************
*****Campagne internationale pour la libération de Aminatou Haidar et de tous
les prisonniers politiques sahraouis
http://www.arso.org/aminatoucamp.htm
*****NOUVEAU: LE MUR DE LA HONTE: LE SITE WEB ESSENTIEL********
http://www.murominassahara.8m.com/
S O M M A I R E
1. SAHARA-MAROC-SCANDALE DU PRÉTENDU "RAPPORT" DE L'ESISC
1.1. LES TEXTES QUI ONT DÉRANGÉ LE MAKHZEN
- LE JOURNAL HEBDOMADAIRE: Un rapport sur commande
- LE JOURNAL HEBDOMADAIRE: « Un document pour plaire »
- LE JOURNAL HEBDOMADAIRE: Les mauvais arguments d'un rapport « téléguidé » par
Rabat. Le Polisario est-il fini ?
1.2. LE PROCÈS POLITIQUE S'ACTIVE
- LE JOURNAL HEBDOMADAIRE: Les ressorts d'un procès politique... « un rapport
suscité par des Marocains »... Un rapport qui plaît aux médias officiels
- LE JOURNAL HEBDOMADAIRE: « Peu m'importe que "Le Journ al" ferme ! »... La
plainte quand même
1.3. LA MAUVAISE FOI DE L'ESISC
- LE JOURNAL HEBDOMADAIRE: Précision. Moniquet et nous
- MAROC HEBDO (No. 679): L’Esisc donne une conférence de presse pour
répondre au Journal Hebdomadaire: “Le Maroc n’a pas commandé le rapport”
["Ce sont, a-t-il dit, des cadres d’origine marocaine parfaitement intégrés dans
les différents pays européens qui ont suscité le rapport de l’Esisc"]
- ARSO: L'ESISC DIFFAME ET DÉNIE LE DROIT DE RÉPONSE AU FRONT POLISARIO. Texte,
en anglais, de la réponse du Front Polisario dont l'ESISC réfuse la
publication.
1.3. FARSE JUDICIAIRE ET CONDAMNATION
- LE JOURNAL HEBDOMADAIRE: Le dernier procès du « Journal »: un procès à voix
unique, Par Abderrahim Berrada, Avocat au barreau de Casablanca
- LE JOURNAL HEBDOMADAIRE: La parole confisquée, PAR Aboubakr Jamaï
- AFP: RSF "sous le choc" après une lourde amende contre un journal marocain
- AFP (16-II-2006): Le Journal Hebdomadaire condamné à verser 270.000 euros pour
diffamation
- AL BAYANE: Une très lourde condamnation du «Journal Hebdomadaire». Trois
millions DH de dommages et intérêts à l¹ESISC
- AUJOURD'HUI LE MAROC: Le "Journal Hebdomadaire" condamné dans l’affaire de
l'ESISC
- MAP/AUJOURD'HUI LE MAROC (16-II-2006): Le "Journal Hebdomadaire" condamné à
payer trois millions dhs de dommages et intérêts à l'ESISC
1.4. LE NOEUD DE LA QUESTION: QUI A-T-IL DERRIÈRE LE "RAPPORT" DE L'ESISC
- ARSO: Qui a-t-il derrière le rapport de l'ESISC ?, par Khatry Beirouk
- ARSO/GEES: Sahraouis solidaires avec « Le Journal » contre les vaisseaux
fantômes de la désinformation, PAR Ali Omar Yara
- ARSO: Quand les officines de sécurité s'intéressent au Polisario !, Baba Sayed
===========================================================
SÁHARA-INFO EN FRANÇAIS ET EN ESPAGNOL:
http://es.groups.yahoo.com/group/sahara-info/
SAHARA-INFO SEULEMENT EN FRANÇAIS:
http://fr.groups.yahoo.com/group/revue-de-presse-sahara-occidental/
SAHARA-INFO SÓLO EN ESPAÑOL:
http://es.groups.yahoo.com/group/revista-de-prensa-sahara-occidental/
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1. SAHARA-MAROC-SCANDALE DU PRÉTENDU "RAPPORT" DE L'ESISC
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1.1. LES TEXTES QUI ONT DÉRANGÉ LE MAKHZEN
http://fr.groups.yahoo.com/group/revue-de-presse-sahara-occidental/message/783
http://www.lejournal-hebdo.com/article.php3?id_article=6226
Un rapport sur commande
Créé en mai 2002, le Centre Européen de la Sécurité et de l'Intelligence
Stratégique (ESISC), basé à Bruxelles, publie divers rapports et études
traitant des questions de terrorisme, de contre-terrorisme ou encore de
conflits ethniques et religieux.
Certains des travaux de recherches menés par le centre sont même payants.
L'ESISC ne s'en cache d'ailleurs pas. Sur son site Internet, on peut clairement
lire :
« L'ESISC se finance sur la base de contrats de recherche et de missions ainsi
que par des donations ».
Et ces contrats de recherche peuvent être conclus avec des sociétés privées.
Ainsi ce ne serait pas étonnant que le Royaume ait pu faire appel à une
quelconque société privée (d'un de ses nombreux lobbyistes) pour commander le
récent rapport sur le Front Polisario intitulé « Le Front Polisario. Partenaire
crédible de négociations ou séquelle de la guerre froide et obstacle à une
solution politique au Sahara Occidental ? ». Une hypothèse renforcée par la
méthodologie du travail d'analyse mené dans le cadre de cette étude. Les
sources d'informations sont acquises à la cause marocaine. Outre certaines
publications nationales, le rapport se base surtout sur des déclarations
d'ex-responsables du Polisario ralliés au Maroc. Si leurs témoignages sont
certes, d'un apport non négligeable, l'avis de sympathisants du Polisario ou
encore de responsables du Front toujours basés à Tindouf aurait été une
démonstration de neutralité. Même pour les instances les plus crédibles citées
par le rapport, comme Human Rights Watch ou encore le State Department, les
analystes de ESISC se contenteront de n'en retenir que des passages bien
ciblés. Parfois des passages où ces instances s'inspirent elles-mêmes des
médias marocains officiels.
Exemple avec un extrait d'un rapport du State Department censé illustrer le fait
(bien établi par ailleurs) que les réfugiés de Tindouf vivent un calvaire. «
Durant l'année 2004, Amnesty international et des articles de presse de medias
marocains ont souligné la détérioration de la situation dans les camps du
Polisario proches de Tindouf ».
Mieux, pour le traitement des événements de Mai dernier à El Aaiun, le rapport
s'inspire exclusivement de la version marocaine. Or, les chercheurs de ESISC
auraient pu reprendre des communiqués de la RASD comme ils l'ont fait (page n°
66 du rapport) quand il s'agissait d'illustrer son absence patente de volonté
de
dialogue ».
Contradiction
Le parti pris pour le Maroc est encore plus visible à la lecture des
recommandations fournies dans ce rapport.
Le travail du Centre se voulait, selon leurs propres termes, comme une simple «
radiographie d'une organisation » et non pas « une étude sur la question du
Sahara occidental ».
Pourtant des recommandations sont émises aussi bien concernant le statut du
Sahara occidental que concernant le Front Polisario.
Et pas des moindres.
- « La communauté internationale et l'ONU devraient avoir le courage et la
lucidité de reconnaître que la solution de l'indépendance n'est pas viable »,
ou encore
- « le Front Polisario devrait accepter le fait que toute solution ne peut être
que politique et négociée. Il devrait par conséquent, renoncer définitivement à
la lutte armée et désarmer et démanteler ses troupes », peut-on lire ici et là.
La position des analystes de l'ESISC au sujet d'un Front Polisario handicapant
et menaçant est flagrante. Elle est d'autant renforcée par un argumentaire d'un
front en décomposition qui risque les dérives islamistes, terroristes et même
une gangrène du crime organisé. Un argumentaire simpliste car se basant sur les
frayeurs du monde d'aujourd'hui.
Peu étonnant d'ailleurs de la part d'un centre qui collabore étroitement avec la
« Foundation for the Defense of Democraties et l'Investigative Project », à
Washington, une fondation connue pour être le fer de lance des idéologies
néo-conservatrices.
En définitive, la prose de l'ESISC bien que parfois éloquente au sujet des
'réalités' du Polisario (détournement, exactions au niveau des droits de
l'homme)
manque de crédibilité car dénuée de neutralité. De toute façon, ce n'est pas un
rapport, vraisemblablement payant, qui risquerait de changer la donne auprès
d'une communauté internationale avisée. Encore moins, convaincre des marocains
attachés à la 'marocanité' du Sahara.
--------->
http://fr.groups.yahoo.com/group/revue-de-presse-sahara-occidental/message/783
http://www.lejournal-hebdo.com/article.php3?id_article=6228
« Un document pour plaire »
Bernabé Lopez-Garcia (1)
« Un document pour plaire »
C'est un document fait pour plaire (donner du plaisir) aux autorités marocaines.
Pauvre du point de vue documentation (quelques pages web d'organisations
internationales ou non-gouvernementales, quelques livres choisis exprès ou avec
des citations ciblées, ignorance de toute la production culturelle espagnole,
surtout des livres classiques écrits dans les années 50, comme celui de Julio
Caro Baroja, la seule radiographie précise du territoire, entretiens avec
sahraouis installés à Rabat seulement), basé sur des prejugés clairs et nets,
et partant d'une position inadmissible : celle de prétendre que le Polisario
renoncera à la revendication de l'indépendance.
Le rapport pratique la propagande en exagérant les cas de détournement des aides
internationales et de corruption, et les risques que le mouvement puisse devenir
un mouvement terroriste ou islamiste radical.
Ceci dit, il est vrai que le rapport dit des vérités, en parlant de manque de
démocratie au sein du Polisario, de pratique de la torture, de la longévité des
dirigeants, etc.
Mais le rapport prétend aussi décrédibiliser le Polisario en tant
qu'interlocuteur, ce qui est à mon avis, le contraire justement de ce qu'on
devrait faire : une vraie politique d'ouverture à l'intérieur du Sahara
Occidental, une mise en place immédiate d'une vraie autonomie qui ouvrirait des
espoirs à la population du territoire et des camps, une invitation collective au
retour et une offre de négociation avec des garanties aux dirigeants du
Polisario, pour les soustraire à l'Algérie, minimisant ainsi, de plus en plus,
le rôle que, sans aucune doute, ce pays voisin joue actuellement. Bref, ce sont
mes idées sur la question et l'issue du problème, sans doute un peu naïves. Mais
en ce qui concerne le rapport, c'est très frustrant.
Sans parler de l'ignorance totale des origines du Polisario, ses racines dans la
gauche marocaine, ses noyaux à l'intérieur du territoire.
(1) Spécialiste du Sahara, Université Autonome de Madrid
--------->
http://fr.groups.yahoo.com/group/revue-de-presse-sahara-occidental/message/783
http://www.lejournal-hebdo.com/article.php3?id_article=6224
Les mauvais arguments d'un rapport « téléguidé » par Rabat
Le Polisario est-il fini ?
Le Front Polisario est-il moribond comme le laisse entendre une radioscopie d'un
centre d'analyses stratégiques européen dont les thèses sont calquées sur celles
du Maroc ? Peut-être, mais les arguments et les conclusions de cette étude «
dirigée » sont très limités et donc peu productifs.
Le rapport récemment publié par le centre européen de la sécurité et de
l'intelligence stratégique sur le Front Polisario est d'une grande utilité. Il
a les faiblesses de n'importe quel travail de commande. Ainsi, le lecteur
connaisseur de la presse marocaine serait étonné de voir cité comme source
unique des publications dont les obédiences sécuritaires marocaines sont de
notoriété publique. On fait dire par exemple au département d'Etat américain ce
que celui-ci a repris d'une publication liée au Pouvoir... etc.
Proche des thèses du régime marocain jusqu'à la caricature, il a la vertu
d'exposer les arguments censés convaincre la communauté internationale du
bien-fondé de la position de l'Etat marocain.
Deux lignes de défense majeures sont soutenues.
Mauvaise approche
Le Polisario est une organisation dictatoriale, quasi-terroriste, semi-mafieuse
et finalement en voie de décrépitude. Et puis, un Etat établi au Sahara
Occidental ne serait pas viable. Si tant est qu'elle reflète l'argumentation
officielle marocaine, cette stratégie a de quoi inquiéter. Elle permet de
mesurer la stérilité intellectuelle d'une diplomatie décrédibilisée au service
d'un régime qui piétine sérieusement.
La décrédibilsation de l'adversaire est de bonne guerre mais l'approche choisie
pèche d'abord par ce manque de nuances qui finit par disqualifier le propos.
Elle est contreproductive puisque dans le cadre d'une solution dite politique,
le Polisario sera selon toute vraisemblance le vis-à-vis. Le Maroc n'a-t-il pas
déjà entamé par le passé des contacts directs avec les dirigeants du Polisario ?
On peut douter de la pertinence d'une telle approche lorsque l'on sait que l'une
des « nouveautés » du nouveau règne est l'émergence d'un indépendantisme
militant dans les territoires sous administration marocaine. Un indépendantisme
de plus en plus autonome de la direction du Polisario basée à Tindouf.
En d'autres termes, détruire l'image du Polisario seul, ne suffit plus car il
n'est plus le seul vecteur des revendications d'indépendance.
Pour ce qui est de la viabilité d'un Etat Sahraoui, on s'aventure là dans une
zone potentiellement dangereuse. Un raisonnement à contrario permet de mesurer
le risque d'une telle approche. Et si un Etat est viable dans cette région,
cela
justifie-t-il son existence ? Il existe des Etats-nations qui tiennent dans une
ville et qui se débrouillent mieux que nombre de géographiquement vastes
Etats-nations.
Le Maroc ferait mieux d'avancer deux éléments de défense de la
'marocanité' du Sahara, l'un est historique, l'autre est celui d'un pari sur
l'avenir. L'histoire 'témoigne' de la 'fusion de destin' entre le sud saharien
du Maroc et son nord. On devrait le dire avec plus de force. Mais le Maroc doit
surtout offrir l'image d'un pays qui se construit un avenir respectueux des
droits et de la dignité de ses citoyens. Cela impose un projet de
démocratisation, un vrai. C'est à ce prix que le Maroc aura une chance de clore
cette crise en 'préservant' son 'intégrité territoriale'.
Par Fahd Iraqi
<-------------------------------->
1.2. LE PROCÈS POLITIQUE S'ACTIVE
http://www.lejournal-hebdo.com/article.php3?id_article=7180
Les ressorts d'un procès politique...
« un rapport suscité par des Marocains »...
Un rapport qui plaît aux médias officiels
Novembre 2005 sort un rapport intitulé « Le Front Polisario : partenaire
crédible de négociations ou séquelle de la guerre froide et obstacle à une
solution politique au Sahara occidental ? ». Il est publié par l'European
Strategic Intelligence and Security Center (ESISC) de Bruxelles, un obscur
centre européen de recherche, d'analyse et de conseils en matière stratégique
créé et présidé par le journaliste Claude Moniquet qui se présente comme expert
en contre-terrorisme. Il attire très vite l'attention des médias officiels
marocains. La MAP en fait un large écho et « Aujourd'hui le Maroc » lui
consacre sa une. Dès mi-novembre, on peut le lire sur le site d'« Aujourd'hui
le Maroc ». Quelques jours plus tard, « Le Journal hebdomadaire » en présente
une lecture critique dans le décryptage du n°235 et titre à la une : « Le
Polisario est-il fini ? Les mauvais arguments d'un rapport « téléguidé » par
Rabat ».
Un travail de commande… selon Ziane
Deux semaines plus tard, le 20 décembre, Mohamed Ziane, président du Parti
Marocain Libéral et avocat de Moniquet, organise une conférence de presse
visant à répondre au « Journal ». Lors de cette conférence, largement couverte
par la presse, notamment 2M (qui n'a pas contacté « Le Journal » pour connaître
sa position), Claude Moniquet affirme que le terme « téléguidé » « porte
atteinte à notre image et à notre respectabilité », prétend que « Le Journal »
n'a jamais donné suite à ses demandes de droit de réponse alors qu'il ne l'a,
en réalité, jamais transmis. Il dit envisager une poursuite judiciaire en
diffamation. « Nous tenons à un dédommagement, même symbolique », déclare-t-il
à « Aujourd'hui le Maroc » le 21 décembre. Mohamed Ziane, quant à lui, place le
débat sur le thème de l'<intégrité territoriale> du Maroc et accuse « Le Journal
» de saper le travail de lobbying entrepris par des Marocains résidents en
Europe : « Ce sont des cadres d'origine marocaine, parfaitement intégrés dans
les différents pays européens, qui ont suscité (c'est nous qui soulignons) le
rapport de l'ESISC », déclare-t-il à « Maroc Hebdo International » (23-29
décembre). Une déclaration qui accrédite la notion de rapport de commande.
Un « dédommagement symbolique »… de 5 millions de dirhams
Après la conférence de presse, alors que « Le Journal », Ziane et Moniquet
prennent contact pour une mise au point dans le cadre d'un droit de réponse -
ce qui n'a pu être fait plus tôt pour des raisons de déplacements et de
bouclage - certains médias comme « Sawt Annass » et « Aujourd'hui le Maroc »
annoncent qu'une plainte va être déposée et avancent même le montant des
dommages et intérêts : 5 millions de dirhams.
------------->
http://www.lejournal-hebdo.com/article.php3?id_article=7181
« Peu m'importe que "Le Journal" ferme ! »...
La plainte quand même
Ziane, en contact avec « Le Journal », dément la réalité d'une plainte et fixe
rendez-vous au 30 décembre pour négocier le droit de réponse. Or il annule le
rendez-vous la veille et envoie un fax où il demande la reproduction de la
réponse de l'ESISC - qu'il ne transmet pas. De plus, il demande « de dévoiler
la source de cette désinformation pour mieux cerner les objectifs de la
manipulation », laissant entendre que « Le Journal » a été manipulé. Le jour
même, il dépose plainte au Tribunal de première instance de Rabat, ce qui ne
l'empêche pas de déclarer dans « Sawt Annass » du 30 décembre : « Claude
Moniquet m'a contacté et a fixé le montant des dommages et intérêts à 10
millions de dirhams, ce que j'ai refusé catégoriquement, et à cette date, il
n'y a pas eu d'accord sur la somme et je n'ai pas encore reçu d'instructions du
Centre pour engager des poursuites judiciaires ».
Des demandes outrageantes
« Le Journal » prend connaissance de la plainte. La traduction du dossier
incriminé s'avère tendancieuse. Ziane multiplie les déclarations à la presse. «
Peu m'importe que "Le Journal" ferme ! », affirme-t-il à « Al Ayam » le 15
janvier. « L'essentiel est de ne pas toucher à la cause nationale ! ». Ainsi,
ce n'est plus la réputation de l'ESISC qui est en cause, mais la <marocanité>
du Sahara. « Le Journal » saisit ses avocats et demande à Ziane pourquoi il a
rompu les négociations pour déposer plainte. Ce dernier répond par fax : « Je
me permets de vous confirmer que je prends sur moi, sans consulter mon client,
de retirer la plainte si vous acceptez de publier un éditorial signé de votre
part, reconnaissant l'erreur commise à son égard ». Et d'ajouter que « la
réplique sera consacrée à la rencontre du ministre des droits de l'Homme (ndlr
lui-même à l'époque) avec Abdelaziz <Marrakchi> au cours du dernier trimestre
de l'année 1995 ».
Un procès politique
Le 26 janvier, première audience au tribunal. Les avocats demandent
l'application de l'article 73 du Code de la Presse pour faire comparaître deux
témoins. Le juge Alaoui, connu pour avoir condamné Ali Lmrabet à de la prison
ferme et à l'interdiction d'exercer le métier de journaliste, refuse et ajourne
le procès au 2 février. Les avocats de la défense n'hésiteront pas à qualifier
de « scandaleuse » la motivation du refus. Lors de la seconde audience, « Le
Journal » se retire du procès où son droit à la défense lui est dénié. Verdict
le 16 février.
<------------------------------>
1.3. LA MAUVAISE FOI DE L'ESISC
http://www.lejournal-hebdo.com/article.php3?id_article=7182
Précision. Moniquet et nous
M. Moniquet a tenté de faire croire qu'il nous a poursuivis en justice parce que
nous avons refusé de publier sa réponse dans le dossier du Journal. C'est faux.
Nous n'avons jamais reçu de droit de réponse de la part de M. Moniquet. Le
mardi 27 décembre 2005, nous avions convenu avec son avocat d'une rencontre
dans nos locaux le vendredi 30 du même mois. A notre surprise, celui-ci
annulait le rendez-vous la veille de la date convenue. Nous apprendrons plus
tard qu'il avait déposé sa plainte en diffamation le même jour. Ayant
conscience de la forte partialité de la justice contre la presse, nous avions
tenté de trouver un arrangement avec M. Moniquet. La nature de ses demandes
nous ont paru outrageantes. Nous ne pouvions écrire sous notre signature, comme
il nous le demandait, que le rapport rédigé sur le Polisario était un travail
sérieux. Nous persistons à dire que ce rapport est d'une qualité scientifique
plus que douteuse. Nous persistons à croire que ce travail ressemble bien à un
travail de commande. Et nous basons notre jugement sur le manque de rigueur des
arguments de l'ESISC qui reprennent aveuglément les thèses éculées de ceux qui,
au sein du régime marocain, ont si mal géré ce dossier. Des thèses, qui loin
d'aider le Maroc sur ce dossier, l'ont plombé.
La rédaction
----------->
http://www.maroc-hebdo.press.ma/MHinternet/Archives_679/html_679/lemaroc.html
L’Esisc donne une conférence de presse pour répondre au Journal Hebdomadaire
“Le Maroc n’a pas commandé le rapport”
Abdallah Rajy
Claude Moniquet, directeur du Centre européen pour l’information stratégique et
la sécurité (Esisc) et Me Mohamed Ziane, coordinateur national du Parti
marocain libéral, ont tenu, mardi 20 décembre 2005, une conférence de presse
pour réagir à la couverture consacrée par Le Journal hebdomadaire au rapport
réalisé par l’Esisc sur le Polisario. Dans son dossier publié le 9 décembre
2005, le Journal avait qualifié ce rapport de «téléguidé» qui ne fait que
reprendre les thèses officielles du Maroc. «C'est un document fait pour plaire
(donner du plaisir) aux autorités marocaines», peut-on notamment lire dans le
dossier du Journal.
Pour lever tout équivoque, M. Moniquet a d’emblée affirmé que «l’État marocain
n’est pas client de l’Esisc» et n’a pas «commandé» ledit rapport. C’est bel et
bien la très probable dérive terroriste d’un Polisario aux abois qui a motivé
le rapport.
Selon M. Moniquet, le Journal hebdomadaire n’a pas respecté la règle de base du
journalisme, à savoir de contacter une personne avant d’écrire sur elle,
surtout que l’Esisc est facilement accessible sur Internet.
En plus, affirme-t-il, le directeur de cette publication, Aboubakr Jamaï, n’a
pas daigné répondre à ses nombreux appels après la parution du dossier du
Journal, alors qu’il tentait de lui faire publier une mise au point. Enfin,
devant le manque de répondant de la part du Journal hebdomadaire, le directeur
de l’Esisc dit se réserver le droit de donner les suites légales à la
diffamation commise à l’égard de son institution.
Si M. Moniquet ne s’est pas départi du calme qui sied à l’analyste qu’il est, Me
Mohamed Ziane n’a pas mâché ses mots. Pour lui, le dossier du Journal réduit à
néant les efforts de sensibilisation à la cause de l’intégrité territoriale
entrepris par des Marocains résidents en Europe.
*********
Ce sont, a-t-il dit, des cadres d’origine marocaine parfaitement intégrés dans
les différents pays européens qui ont suscité le rapport de l’Esisc. Ils visent
par cela à mettre un terme définitif à ce problème artificiel. Ils sont lassés
de voir le Maroc qualifié de pays colonisateur par la grâce de la propagande du
Polisario et de ses relais, de bonne ou de mauvaise foi, de l’étranger.
************
---------->
http://www.arso.org/esiscfp.htm
L'ESISC DIFFAME ET DÉNIE LE DROIT DE RÉPONSE AU FRONT POLISARIO.
Texte, en anglais, de la réponse du Front Polisario dont l'ESISC réfuse la
publication
Dear Mr Moniquet,
We were astonished to read your report, "THE POLISARIO FRONT, CREDIBLE
NEGOCIATIONS PARTNER OR AFTER-EFFECT OF THE COLF WAR AND OBSTACLE TO A
POLITICAL SOLUTION IN WESTERN SAHARA ? " that was released in November 2005.
The purpose of the report, it seems, was to damage the reputation of the
POLISARIO Front and the Saharawi people at this crucial time as far as the
decolonisation conflict in Western Sahara is concerned. What marks this time
obviously is Morocco's disregard for international legality, its obstruction of
the peaceful settlement of the Western Sahara conflict through the holding of a
self-determination referendum and its rejection of the Security Council
resolution 1495 as well as its constant and systematic violations of human
rights in Western Sahara. The abuses involve pratices of brutal repression,
abduction, detention and assassination that have been targeting the Saharawi
peaceful demonstrations in the Territory in which the demonstrators have been
demanding the settlement of the conflict through the democratic way, namely the
self-determination referendum. These repressive practices were condemned by all
international human rights organisations, the latest of which was Human Rights
Watch in its letter addressed to the Moroccan King on 9 December 2005, in
addition to the successive reports released by Amnesty international.
Given that the ESISC is based in Brussels, the European Capital where the
traditions of impartiality and promotion of democracy as well as the defence of
the rights of all men and women reign, it cannot thus flout the ethics and the
minimum tenets of academic research in this way without being criticised in
proportion to the professional and ethical mistake that it has committed.
Since your report is fraught with misrepresentations, lies and propaganda that
aim at discrediting the struggle of the Saharawi people and their sole and
legitimate representative, the POLISARIO Front, it needs therefore to be
thoroughly examined. However, for methodological reasons and to avoid any
engagement with the far-fetched claims and assumptions that bear no relation to
reality and contradict historical facts, I would like to respond to some of
those misrepresentations included in the report. In doing so, I will deal with
them at two levels:
I. the Methodology and Form
Those familiar with research methodologies and methodical research will readily
be able to realise that the intention to harm the reputation of the POLISARIO
Front and the Saharawi people has led your centre to violate the basic rules of
academic research in terms of:
Exclusion of classical references on the conflict in terms of history, law and
sociology such as: Le conflit du Sahara occidental, written by Barbier Maurice,
L'Harmattan, Paris, 1982; The Roots of a Desert War, written by Hodges Tony,
Lawrence Hill & Co, 1983; Estudios saharianos, Caro Baroja Julio, Ed. Jucar,
Madrid, 1990; Historia del Sahara Español: La verdad de una traición, Diego
Aguirre José Ramon, Kaydeda Ed., Madrid, 1988; Front Polisario, l'âme du
peuple, written by Miske Ahmed Baba, Rupture, Paris, 1978; and Sahara
Occidental: La confiance perdue L'impartialité de l'ONU à l'épreuve, de
Froberville Martine, L'Harmattan, Paris, 1996 (to name but a few sources). In
addition to this, one also can notice partial, selective and decontextualised
use of some of those references (Tony Hodges, p.13)
Selective use of Internet, which is a source of limited utility when it comes to
presenting a rigorous academic study, with a view to serving the main purpose of
the study, namely discrediting the POLISARIO Front at any cost.
Absence of any rules of impartiality and detachment in relation to the human
sources, where the Moroccan viewpoint was presented without bothering to
conduct interviews with the leadership, cadres and activists of the POLISARIO
Front that is the liberation movement under discussion. As for the claim of
having conducted interviews with people interested in the conflict, the span of
interest seems to shrink drastically and becomes focused exclusively on Rabat
and some limited quarters within the French academe.
Committing errors characteristic of novices when it comes to dates of
significant events of the conflict such as distorting history by resurrecting
Che Guevara and making him create the POLISARIO Front in 1973, despite the fact
that he had already died in 1967.
II. Substance and Content
1. Origin of the conflict
Your keen interest in damaging the reputation of the POLISARIO Front and the
struggle of the Saharawi people has led you to make up a new context for the
conflict in Western Sahara and take an absurd approach to its origin. Thus, the
conflict is described as an ideological dispute dating back to the Cold War
(p.19), and sometimes it is presented as a regional conflict (p.19) or simply
as a result of a personal attempt of a foreign leader to take revenge on
Morocco (p.20). The fact that you have futilely tried to deny has already been
established by history and the clarity of the aspects of the conflict in
Western Sahara since 1966 when the UN General Assembly issued its resolution
(21/2229) to the latest resolution passed by the Fourth Commission on
Decolonisation regarding Western Sahara (October 2005). The conflict is about
the decolonisation of a Non-Self-Governing Territory that must be conducted
through "the free and genuine expression by the inhabitants of the territory of
their wishes through a self-determination referendum, under the supervision of
the United Nations" in accordance with international resolutions, in particular
resolution 1514 (December 1960), regarding the Granting of Independence to
Colonial Countries and Peoples.
The POLISARIO Front, which was created on 10 May 1973 to fight against Spain,
the former colonial power, and for the holding of a self-determination
referendum, has been leading the struggle of the Saharawi people for the same
objective, since October 1975, against Morocco, the new colonial power. Thirty
years have passed since its inception, and despite the vicissitudes that it has
gone through, its position has remained unchanged, namely the attachment to the
implementation of international legality and law and to enabling the Saharawi
people to have their say in choosing freely their future. It also remains
committed to the respect for that choice even if it were the integration with
Morocco, unlike the latter whose position, since the seventies, has been
fraught with contradictions, reneging on its commitments and viewing the demand
of a peaceful, just and strategic peace as a tactical outlet of an overwhelming
desire for expansionism and plunging the region into conflict, chauvinism and
enmity.
The whole world still recalls the statement made by the King of Morocco, Hassan
II, in his press conference conducted in Rabat on 30 July 1970 when he said, "I
will put forth a precise demand, that is the organisation of a plebiscite in the
territory for expelling the Europeans and enabling the people of Western Sahara
to choose between living under the Moroccan rule, their own rule, or any other
rule". Two years later, in June 1972, the Moroccan capital hosted the African
ministerial meeting, in its 15th session, where the resolution 15/272 was
adopted calling for "enabling the Saharawi people to exercise their right to
self-determination and independence."
The whole world still recalls also that, until 1973, Morocco used to approve all
UN resolutions calling for the holding of a self-determination referendum in
Western Sahara. When the Spanish administration declared, in its letter
addressed to the UN Secretary-General on 20 August 1974, that it was planning
to organise the referendum in the first half of 1975, Morocco turned its back
on its previous commitments and, by the end of 1974, it surprisingly began to
lay historical claims over Western Sahara, while requesting the UN General
Assembly to refer the issue to the International Court of Justice in The Hague.
In its resolution 29/3292, the General Assembly decided to (a) request an
advisory opinion from the International Court of Justice relating to the
Moroccan and Mauritanian territorial claims over Western Sahara and the bearing
of this on self-determination, and (b) to send a UN fact-finding mission to
Western Sahara and the neighbouring countries.
The way you presented the ruling of the International Court of Justice clearly
reveals the main objective of the report, namely to discredit the POLISARIO
Front, whilst radically embracing the Moroccan viewpoint and presenting it as
that of the ESISC. The omission in the report of the UN fact-finding mission is
very indicative of the willingness of your centre to sacrifice the tenets of
impartial academic research and ethics for serving a parochial political
objective. The advisory opinion of The Hague, which was issued on 16 October
1975, stipulates in paragraph 162 of its conclusions that, "the Court's
conclusion is that the materials and information presented to it do not
establish any tie of territorial sovereignty between the territory of Western
Sahara and the Kingdom of Morocco or the Mauritanian entity. Thus the Court has
not found legal ties of such a nature as might affect the application of General
Assembly resolution 1514 (XV) in the decolonization of Western Sahara and, in
particular, of the principle of self-determination through the free and genuine
expression of the will of the peoples of the Territory". It is this right that
was violated by Morocco, on 31 October 1975, at which point the Security
Council issued its resolutions 1975/379 and 380 that called for the withdrawal
of the Green March from the Territory, whereas the General Assembly issued its
resolution 3458 (xxx) of 10 December 1975, calling on Spain, as the
administering power of the Territory, to assume its responsibility regarding
the holding of the self-determination referendum. These resolutions are crystal
clear, but you (who are keen to serve the Moroccan viewpoint) have chosen to
omit them from the ESISC report, as you have done with a host of other
international resolutions and documents.
Another important document relating to the Western Sahara conflict as far as its
origin is concerned is the report of the UN fact-finding mission that was issued
on 11 October 1975, five days prior to the aforementioned ruling of the
International Court of Justice. Because of your partiality and selectivity,
this document was omitted from your report. Elaborated by a mission that was
authorised by the United Nations and included personalities from different
nationalities who visited the Territory and the neighbouring countries, the
report affirms in is conclusions that "[the mission] noticed that the
inhabitants of the Sahara or at least the overwhelming majority of the people
it interviewed had unequivocally expressed their wish for independence and
their opposition to the Moroccan and Mauritanian territorial claims, and that
they supporting the objectives of the POLISARIO Front calling for the
independence of the territory " para. (420).
This overwhelming popular will that was noted at the time, which has become a
self-evident fact, has been the raison d'être and asset whereby the POLISARIO
Front has been able to endure for thirty years despite the superiority of the
enemy in terms of numbers and weaponry. It is also the source of strength
whereby the Saharawi liberation movement has been able to carry on, boost its
capabilities and expand the scope of sympathy with it in the context of major
international changes. That is the truth that the ESISC has tried futilely to
eclipse by making up new contexts such as the Cold War or regional conflicts or
even personal settling of accounts when it refers to the history of the
emergence and persistence of the POLISARIO Front. In fact, the POLISARIO Front,
as a national liberation movement internationally recognised for more than 30
years, does not need a distorted birth certificate from a centre that was born
only three years ago.
Therefore, in contrast to the claims whereby the report has tried to mislead the
international public opinion, the Western Sahara conflict is a decolonisation
issue on the annual agenda of the Fourth Commission of the General Assembly and
is dealt with by the General Assembly every year. It is also dealt with
regularly by the Security Council in the context of reviewing the UN settlement
efforts and the work of the UN Mission for the Referendum in Western Sahara
(MINURSO). The legal status of the Territory, a gross omission in your report,
is very clear in the sense that it is a Non-Self-Governing Territory to be
decolonised through the holding of a self-determination referendum. Morocco
does not have any sovereignty whatsoever over Western Sahara, since Spain did
not transfer to it sovereignty (see the statement of Spanish Foreign Minister
made in September 2005) and thus it is not even the administering power of the
Territory (see the letter of the Under-Secretary-General for Legal Affairs, the
Legal Counsel, Mr. Hans Corell dated 29 January 2002, S/2002/161)
As the sole and legitimate representative of the Saharawi people, the POLISARIO
Front is waging a legitimate liberation struggle sanctioned expressly by the
United Nations (34/37/1979). Since its inception in 1973, its objective has
always been the same, namely enabling the Saharawi people to exercise their
inalienable right to self-determination through a free, democratic, just and a
UN-supervised referendum. Therefore, it remains committed, before the Saharawi
people and the whole world, to respecting and accepting the outcome of the
referendum, whatever it may be. The violation by Morocco of this right in 1975
is the context and the only cause for the eruption of the conflict in the first
place and for its continuation until now
2. The future of the self-determination referendum in Western Sahara
>From the very outset, the ESISC report tried to present the Moroccan position
of
rejecting the referendum as if it were given and an accomplished fact that
should be accepted as such. Your blunder here involves not only the violation
of the tenets of academic work but also the ethics and the minimum rules of
common sense. How is it possible that such a prominent European centre,
operating within the ambit of the European Union where values of democracy,
justice and human rights reign, can oppose the referendum which represents (a)
the position of the United Nations and international legality as well as a
right the exercise of which has led to the freedom of dozens of peoples around
the world, and (b) a very significant human right, namely the right to exist.
It is also a basic democratic right, as it makes the ballot boxes the arbiter
to solve a conflict that has lasted so long due to Morocco's insistence in
sidelining the opinion of the Saharawis and suppressing their voices
What credibility is left for a European centre that connives, in broad daylight,
to deny a people the chance to exercise a democratic right
After all, to ensure a balanced reading of the Moroccan position of rejecting
the referendum, why did not you bother to answer a self-evident question: Why
does Morocco reject the referendum? Did not Morocco say through its propaganda,
which was fully reproduced in your report, that the Saharawis in the refugee
camps, administered by the POLISARIO Front, were sequestered against their
will, (p.52 and above), and that the Saharawis in the territories under
Moroccan occupation were Moroccan citizens as other Moroccans. Why does it fear
the holding of the referendum? Why is it afraid of giving the Saharawis the
chance to choose their future, to reaffirm their Moroccanity, for instance?
With regard to Morocco's position as to the conflict in Western Sahara, why does
the ESISC overlook the series of contradictions and reneging on commitments that
have marked Morocco's conduct regarding the UN plan for the referendum in
Western Sahara? Despite the calls made by the United Nations in the end of
1975, Morocco insisted on the idea of a "closed dossier" and that there would
never be a referendum. This led the Saharawis to go through 6 years of war
until Morocco, represented by the King Hassan II, accepted the referendum in
the summit held in Nairobi in 1981. This position was further reaffirmed in a
statement made by him during the 37th session of the General Assembly, held on
27 September 1983, when he said, "Morocco tells you that it wants the
referendum to be held in the Sahara territory, and that it is ready for it to
be held tomorrow, if you want. Morocco is ready to facilitate the entry of
observers to monitor the cease-fire and hold a free and fair referendum, and
Morocco holds you witnesses to its commitments to respect its results". The
same position was later reiterated by the King and his senior ministers in
official statements that went to the extent of affirming "Morocco's readiness
to open the first embassy in Western Sahara if the Saharawis would choose
independence" (Idriss Bassri, September 1997).
This gave the Saharawis and the international community the impression that
Morocco was serious in moving towards the referendum, and this, in turn,
created the positive conditions for the acceptance by the two parties (Morocco
and the POLISARIO Front) of the UN Settlement Plan, which was approved by the
Security Council in its resolution (690-1991), and their subsequent signing of
the additional Houston Agreements, which were approved by the Security Council
in its resolution (1133 of September 1997). However, following the publication
by the United Nations of the provisional lists in December 1999, Morocco began
to exhibit positions similar, in substance, to those expressed in 1975, the
last of which was the official statement made by the Moroccan State in a letter
addressed to the UN Secretary-General on 29 April 2004 in which it declared its
rejection of the self-determination referendum. This position led the Saharawis
and the international community to feel disappointed. This feeling of
disappointment was expressed by Mr. James Baker, the UN former mediator, in his
interview with the American TV station, PBS, broadcast in August 2004, when he
said "the closer we got to implementing the settlement plan… the more nervous I
think the Moroccans got about whether they might not win that referendum."
Bent on serving the Moroccan position at any cost, your research team sought to
pose a significant hypothetical question but only to reveal the real intentions
and objectives of the report: is the independence of the Saharawi people, which
is defended by the POLISARIO Front, the only way that can lead them to freedom?
(p.40). The context of the question is very clear, that is to make the reader
believe that, following Morocco's rejection of the referendum, the latter's
proposal regarding the "granting of an autonomy" (which was expressed by the
King Mohamed V in his speech of 6 November 2005) may be an alternative
framework in which the Saharawis can attain their freedom. The fact that was
wittingly or unwittingly overlooked by the ESISC is that the POLISARIO Front
calls for the holding of a self-determination referendum in Western Sahara, and
it is up to the Saharawis, and the Saharawis only, to choose what they want.
3. Saharawi Refugee Camps
In this section, you blatantly draw on the terminology of the Moroccan news
agency (MAP) that bears no relation to reality. For 30 years, the camps have
been open for visitors including Heads of State, Secretaries-General of the
United Nations and the African Union as well as members of the international
solidarity movement with the Saharawi people. There is an average of ten
thousand visitors that visit the camps every year including 1000 journalist
representing international media, missions of international organisations,
diplomats, NGOs, in addition to the presence of the MINURSO, and offices of
international organisations. All those people were able to acquaint themselves
with the situation of the camps where the refugees have lived and achieved, for
the first time in history, a great deal of organisation, freedom and reasonable
standards of social services and civil rights, despite the hard situation and
lack of resources. Anyway, the ESISC cannot credibly talk about those camps
because&emdash;although it has set out to report "academically" on the
POLISARIO Front-did not bother to visit them and verify its sources. Instead,
it contented itself with blindly echoing the Moroccan lies that convince
nobody, and which have been disproved by representatives of international
community in Western Sahara such as the statement of the UNHCR dated 24 April
2005, and the statement of the head of office of UN mission in the Territory
made in 2005.
By contrast, the ESISC, which claims to present an exhaustive report on the
conflict, remains silent on the peaceful demonstrations, which are going on
since 21 May 2005, in the occupied territories of Western Sahara, and some
cities in Southern Morocco and universities where Saharawi students study, in
which the demonstrators demanded the holding of the self-determination
referendum. It also remains silent on the subsequent campaigns of massive and
systematic repression of which some incidents were documented on the ground by
international TV channels including EURONEWS. This silence betrays an act of
complicity with the repression of fundamental and civil rights of the Saharawis
in the occupied cities; the unfair court trials of human rights activists; the
assassination of Saharawi citizens; the expulsion of foreign delegation, media
and observers; the imposing a military siege; the deployment of the army in the
streets of La Aiun, the capital; and lastly the sowing of discord and civil
strife between Saharawis and Moroccan settlers by deploying 20,000 Moroccan
soldiers in plain clothes throughout Saharawi cities so as to engender an
ethnic conflict.
The reading of the first pages of the report shows the intent exhibited in the
ESISC report to remain silent on this movement of protest, for the simple
reason that it does not serve the Moroccan agenda.
The report also remains silent on the abuses of human rights that were massively
and systematically committed by the Moroccan State in Western Sahara since 31
October 1975, despite the official recognition by Morocco of the existence of
mass graves of a group of Saharawi disappeared (statement of the Reconciliation
and Equity Commission, dated 8 October 2005) belonging to 500 persons who were
arrested and detained in secret detention centres by Moroccan authorities that
are sill reluctant to provide any information about them. The Moroccan
authorities also are unwilling to account for the 151 Saharawi prisoners of war
or handing them over to the Saharawi authorities, despite the release by the
POLISARIO Front, thanks to a personal intervention of President George Bush, of
404 Moroccan POWS as the last group of more than 2000 POWs who were captured by
the Saharawi army during the battles fought against Moroccan occupying forces
before the coming into effect of the cease-fire in 1991. The release was also a
gesture of good will to push forward the settlement efforts.
4. The future of the POLISARIO Front and the link with terrorism
Your centre fully reproduced the Moroccan official propaganda aimed at damaging
the credibility of the POLISARIO Front and disturbing the sympathy and massive
support that the struggle of the Saharawi people has been enjoying throughout
the world.
The fact that the Moroccan declared propaganda and the misinformation, concocted
in biased quarters such as the ESISC, cannot change is that the POLISARIO Front,
since 1973, has been waging a clean liberation war within the ambit
international legality and with great international support. (UN General
Assembly resolution 2983/1972).
During the years of military confrontation in the seventies and eighties, the
POLISARIO Front remained firmly committed to war within its legal equation (a
soldier for a soldier) and has never resorted to the use of violence against
the civilians or civil targets-this fact has earned the POLISARIO Front
admiration and support throughout the world. Since its signing of the
cease-fire as a responsible partner seeking peace as a strategic option, the
POLISARIO Front has remained attached to this principle despite Morocco's
reneging on all its commitments and disengagement from the agreements that it
had signed. Despite the ferocity and brutality of the campaign of repression
that the Moroccan authorities have been carrying out against the Saharawi
peaceful demonstrations in the occupied territories of the Territory and in
Southern Morocco, the POLISARIO Front has been attached-and will remain
attached-to legal and clean resistance.
5. Absence of the will to dialogue on the part of the POLISARIO and its absence
as a partner in the future of the settlement
An exhaustive reading of the report shows that this preconceived conclusion is
actually the underlying objective of this study that is seen at great pains to
discredit the Saharawi national liberation movement and play down its role in
order to justify the Moroccan viewpoint that is based on overriding the
inalienable right of the Saharawi people to self-determination.
Since the report shows clearly that your team did not do their "homework" well
in terms of preparation and research and the use of the proper bibliography on
the conflict, it is imperative to remind you of a number of self-evident facts
relating to the position of the POLISARIO Front since the start of the conflict
until now:
The call for direct negotiations and dialogue with Morocco is one of the
demands-pillars of the POLISARIO Front since the start of the conflict until
now. By contrast, as evidenced by the whole world and all UN, continental and
regional mediators, Morocco continues to reject the principle of dialogue and
to sit at the negotiating table with the POLISARIO Front. It is to be recalled
that it was the open negotiations between the POLISARIO Front and the
Mauritanian Government that led to the signing of a peace agreement between the
two parties in August 1979. It was also the firm belief of the POLISARIO Front
in the importance of direct negotiations that led to the sending of a
delegation to Morocco to negotiate with the King Hassan II in Marrakech in
January 1989, and another one to meet the King Mohamed V (when he was crown
prince) in Rabat in 1996.
The POLISARIO Front was not only ready for direct negotiations but has remained
committed to its commitments under all agreements, including Houston Agreements
(1997) singed under the auspices of Mr. James Baker. It is well known that it is
Morocco that was unwilling to go forward with the implementation of those
agreements (Report of UN Secretary-General S/2002/178, para.48).
The interest of the POLISARIO Front in reaching a peaceful and just solution in
accordance with the dictates of international legality and law as well as its
successive concessions have always been the driving force behind the UN efforts
in Western Sahara. A closer reading of the changes that were introduced into the
original UN-OAU plan from 1991 until the presentation of Baker Plan in 2003,
shows the magnitude of the sacrifices that the POLISARIO Front has made for the
just peace, which Morocco is now unwilling to accept. The acceptance by the
POLISARIO Front of the peace plan for self-determination of the people of
Western Sahara, which was approved by the Security Council in resolution 1495
(July 2003) is a case in point. Despite the risks involved-especially those
relating to the autonomy under Moroccan sovereignty during 4 to 5 years, the
electoral body for the self-determination referendum following the transitional
period that will include, besides the Saharawis, Moroccan settlers-this gesture
is a clear expression of the will of the POLISARIO Front to reach a just
settlement of the conflict and to spare the Saharawi and Moroccan peoples, and
the peoples of the whole region, other calamities that may result from the
intransigence and obstructionism exhibited currently by Morocco.
As the sole and legitimate representative of the Saharawi people, the POLISARIO
Front is committed to a just and lasting settlement of the conflict in Western
Sahara by implementing international law particularly as far as the
self-determination is concerned. More than ever, it remains an unavoidable
peace partner that embodies the aspirations and will of the Saharawis to attain
justice, freedom and the right to exist. If the ESISC is in doubt about this
fact, it should have visited the occupied territories of Western Sahara and the
refugee camps to be informed firsthand of the genuine wishes of the Saharawis
instead of reproducing, in a distorted from, the Moroccan official propaganda.
In conclusion, such a work produced by a centre like yours, which is based in a
capital on which peoples of the third world attach great hopes for promoting
the values of democracy, justice, human rights and tolerance, does not only
harm the peaceful and just solution to the conflict. It also makes large groups
of sympathizers with the Saharawi cause and all just causes of peoples of the
South feel very disappointed at seeing the reputation of European institutions
of research being compromised. Their feeling of bitterness may even justify the
use of all means, including legal acts, to ensure that the European institutions
are not used for biased, and gratuitous propaganda and defamation. The
compilation of all products of Moroccan official propaganda, lies and
misinformation presented against the POLISARIO front and the Saharawi struggle
for thirty years and embracing all that as ESISC work leads us to pose certain
legitimate questions: Is there actually a centre with this name? Even if it
were there, may it still have something to do with the minimum values of
objectivity, detachment and academic neutrality, given that its study that has
chosen, in each one of its paragraphs, to go against truth?
In keeping with our right to respond, I would appreciate if you would kindly
publish this letter on your website.
Please accept, Mr Moniquet, my highest and best wishes.
Malainine Ahmed
Director of Political Affairs and Information
Saharawi Ministry of Foreign Affairs
<------------------------------------>
1.4. FARSE JUDICIAIRE ET CONDAMNATION
http://www.lejournal-hebdo.com/article.php3?id_article=7179
Le dernier procès du « Journal »: un procès à voix unique
Dans l'affaire qui oppose le « Journal Hebdomadaire » à l'ESISC, le tribunal a
indubitablement, grossièrement et scandaleusement violé les droits de la
défense.
Le Journal hebdomadaire (JH) -en fait le directeur de cette publication,
Aboubakr Jamaï et un de ses journalistes, Fahd Iraqi- attend un jugement de
condamnation pour diffamation qui devrait être rendu jeudi 16 février par le
tribunal correctionnel de Rabat . Le dossier a été débattu sur une question de
procédure à l'audience du 16 janvier et sur le fond à celle du 2 février, au
terme de laquelle le juge unique composant ce tribunal, M. Alaoui, a décidé de
rendre son jugement après deux semaines de savante, profonde et, évidemment,
solitaire réflexion. On dit « délibération » dans le jargon judiciaire, mais
comme il s'agit d'un tribunal à juge unique, il méditera « seul », armé de la
farouche et traditionnelle indépendance qui caractérise la justice marocaine
depuis la nuit des temps . Devant le tribunal de la capitale, le JH a été
poursuivi sur la base d'une plainte (dite "citation directe") déposée à son
encontre par un bureau d'études belge au nom impressionnant de Centre Européen
pour le Renseignement Stratégique et la Sécurité, qui préfère signer ses
travaux sous sa dénomination anglaise European Strategic Intelligence And
Security Center (ESISC).
Ce bureau d'études a la forme juridique d'une association de droit belge,
constituée en mai 2002 à Bruxelles entre des Belges et des Français. D'après
ses statuts, cette association « se finance par les cotisations de ses membres,
la recherche de subventions ou des contrats commerciaux ». Dans le cadre de ses
activités, l'ESISC a publié en novembre 2005 un rapport au titre « le Front
Polisario », suivi de cette question, en sous-titre : « Partenaire crédible de
négociations ou séquelle de la guerre froide et obstacle à une solution
politique au Sahara occidental ? ». Le JH a réalisé un dossier sur ce rapport
dans son édition du 3 au 9 décembre. Son jugement sur ce travail est très
critique et les arguments sur lesquels il se fonde sont tellement forts qu'il
en vient à se demander (à se demander seulement) s'il n'est pas téléguidé par
Rabat, qui l'aurait payé, directement ou par l'intermédiaire d'une quelconque
société privée travaillant pour lui dans le cadre de son lobbying
international.
Pour donner à ses lecteurs la possibilité de constater par eux-mêmes les énormes
faiblesses de cette étude (très peu de sources d'information et, lorsqu'elles
existent, elles vont quasi-systématiquement dans le sens des thèses officielles
du Maroc; nombreux jugements de valeur; « recommandations » politiques calquées
sur les positions de l'Etat marocain et, de ce fait, manifestement incompatibles
avec le devoir de réserve que doit observer tout travail impartial, sinon
objectif), le JH a donné la plus grande place de son dossier à des citations du
rapport de l'ESISC. Par ailleurs, il a publié l'avis qui a été émis sur ce
travail par un chercheur espagnol de l'université autonome de Madrid,
spécialiste des questions arabes et islamiques et, en particulier, des affaires
du Sahara occidental, M. Bernabé Lopez-Garcia. Celui-ci a notamment estimé que
le rapport de l'ESISC est un « document fait pour plaire (donner du plaisir)
aux autorités marocaines. Pauvre du point de vue documentation (…), basé sur
des préjugés clairs et nets, et partant d'une position inadmissible : celle de
prétendre que le Polisario renoncera à la revendication de l'indépendance. Le
rapport pratique la propagande en exagérant les cas de détournement des aides
internationales et de corruption, et les risques que le mouvement puisse
devenir un mouvement terroriste ou islamiste radical ».
Le commentateur reproche encore à l'ESISC de chercher à « décrédibiliser le
Polisario en tant qu'interlocuteur, ce qui est à mon avis - dit-il - le
contraire justement de ce qu'on devrait faire », la bonne voie étant de le
soustraire à l'influence de l'Algérie et de le rapprocher du Maroc pour
négocier. Lopez-Garcia ne conteste nullement que le rapport de l'ESISC « dit
des vérités, en parlant du manque de démocratie au sein du Polisario, de
pratique de la torture, de la longévité des dirigeants, etc… », mais il lui
reproche son « ignorance totale des origines du Polisario, ses racines dans la
gauche marocaine, ses noyaux à l'intérieur », et il conclut qu'il est « très
frustrant ». C'est ce travail critique du JH qui lui a valu une poursuite en
diffamation. Celle-ci est définie par la loi sur la presse (dahir du 15
novembre 1958, plusieurs fois modifié depuis, la dernière étant intervenue en
octobre 2002) comme étant « toute allégation ou imputation d'un fait qui porte
atteinte à l'honneur ou à la considération des personnes ou du corps auquel le
fait est imputé ».
Pour qu'on puisse parler du délit pénal de diffamation, il faut que le fait
diffamatoire soit commis par un des moyens suivants, qui le rendent public, car
sans cette « publicité », ce délit ne peut exister : discours, cris, menaces
dans un lieu ou une réunion publique, écrit, imprimé vendu, distribué, mis en
vente en public, placard ou affiche ayant ce caractère de publicité, moyen
d'information audiovisuelle ou électronique. Lorsque la diffamation est commise
envers un particulier (autrement dit le commun des mortels, mais aussi les «
personnes morales » que sont, par exemple, les partis, les syndicats, les
sociétés commerciales, et les associations), le tribunal correctionnel peut
condamner son auteur (et son complice) à une peine d'emprisonnement située - à
son aimable et souveraine appréciation - entre un et six mois, et à une amende
située entre 10.000 et 50.000 DH, ou à l'une de ces deux peines seulement.
Lorsque l'amende est prononcée, elle va dans les caisses de l'Etat et non dans
les poches de la victime - plaignante de la diffamation. Celle-ci peut obtenir
du tribunal, en « se constituant partie civile » devant lui au moment où elle
déclenche le procès par le dépôt de sa « citation directe », une « indemnité »
censée réparer le préjudice- en principe exclusivement moral - qui lui a été
causé par l'auteur (et éventuellement son complice). Dans nombre de procès au
Maroc, la victime d'une diffamation se contente de demander un « dirham
symbolique. Les choses se passent ainsi partout dans le monde, d'ailleurs .
Dans le procès intenté par l'ESISC au JH, cette indemnité a été fixée à… cinq
millions de dirhams, outre la publication du jugement, aux frais du JH, sur
Internet, dans des journaux paraissant aux USA, en Espagne, en France et en
Belgique, deux quotidiens marocains, le tout au choix de l'ESISC, ainsi que
dans trois numéros successifs du JH . Le préjudice - moral - allégué par
l'ESISC est fondé sur son indignation d'avoir été « accusé » par le JH d'avoir
touché de l'argent de l'Etat marocain. En réalité, le lecteur pourra constater
que rien n'a été affirmé à cet égard. Le JH a simplement exprimé son étonnement
du caractère manifestement complaisant pour les thèses officielles de l'Etat
marocain et s'est demandé si ce rapport n'a pas été « téléguidé » et payé par
celui-ci . Ce que le JH a par contre fortement affirmé dans son dossier, c'est
que le rapport du plaignant contrevient aux règles de la rigueur scientifique
qu'on est en droit d'exiger d'un centre d'études qui se prétend sérieux et
s'intéresse aux questions les plus graves qui tourmentent le monde actuel,
telles que la guerre et le terrorisme international. Pour montrer au tribunal
que sa sévérité est légitime, le JH a décidé de citer devant lui comme témoins
non seulement Bernabé Lopez-Garcia, qui a déjà fait connaître son opinion sur
le rapport de l'ESISC, mais aussi une universitaire française de renom qui
enseigne tant à Paris (Sciences-Po et Sorbonne) qu'en Italie, et fait des
recherches notamment au CNRS (Centre national de la recherche scientifique) sur
les relations internationales et précisément sur la question du Sahara
occidental.
Ces deux témoins, le JH s'est engagé -il l'a déclaré à l'audience du 26 janvier-
à les faire comparaître devant le tribunal dans le délai raisonnable d'un mois
leur permettant de se libérer pour se rendre à Rabat, ce qui n'est pas une
mince affaire pour des personnes au calendrier chargé. La loi sur la presse
dispose que la personne poursuivie pour diffamation a le droit de se défendre
pour obtenir son acquittement en prouvant que « le fait diffamatoire » qu'elle
a imputé au plaignant est véridique. Exemple : « en ma qualité de journaliste,
je publie un article dans mon journal dans lequel j'impute au fonctionnaire
Larbi MOURTACHI le fait d'avoir exigé de tel chef d'entreprise une somme
d'argent pour obtenir un marché. Cette accusation de corruption vise évidemment
» un fait qui porte atteinte à l'honneur ou à la considération du dit
fonctionnaire ». Mourtachi porte plainte contre moi pour diffamation. Je
réponds devant le tribunal - dans le délai et selon les formalités exigées par
la loi - que je peux prouver que mon accusation contre lui est fondée parce que
le fait de corruption est vrai. Je précise au tribunal que j'offre de prouver
cette vérité par les moyens dont je dispose et qui peuvent être des témoins, ou
des documents écrits, ou les deux à la fois. Le tribunal est obligé d'accepter
mes preuves : entendre mes témoins, examiner mes pièces, quitte à dire que leur
« force probante » n'est pas suffisante pour établir « la vérité du fait
diffamatoire », en conséquence de quoi il est fondé à me condamner.
Or, ce qui s'est passé à l'audience du 26 janvier est absolument contraire à
cette règle, qui n'est d'ailleurs que l'application du principe élémentaire
qu'en matière pénale la preuve de tout fait est libre. Cette règle est
fondamentale car, sans elle, les droits de la défense sont inconcevables. Ces
droits sont entendus au sens large de défense, tant de la victime partie civile
que de l'accusé mais, évidemment, c'est celui-ci qui est en général visé par
cette expression, puisque c'est lui qui encourt une condamnation, qui peut être
la peine de mort, la prison pour une durée plus ou moins longue, une amende, et
une indemnité au profit de la partie civile. En matière de presse, il n'y a -
et il ne pouvait d'ailleurs y avoir - aucune dérogation à cette règle
essentielle puisque, sans elle, la justice - l'un des piliers des droits de
l'Homme - est impossible.
Pourtant, le tribunal a refusé au JH le droit de faire entendre ses témoins. Il
a, en cela, suivi la thèse défendue tant par l'avocat de la partie civile, le
bâtonnier Mohammed Ziane, que le substitut du procureur du Roi : tous les deux
ont plaidé que la loi sur la presse (l'article 73 pour les curieux) ne permet
pas qu'on prouve la vérité du fait diffamatoire uniquement par témoins ou
uniquement par des pièces écrites, mais impose qu'on dispose des deux moyens de
preuve à la fois. Or cette thèse est totalement et grossièrement contraire à la
règle de droit qui a toujours été appliquée au Maroc dans les procès en
diffamation et qui nous vient directement de la France, et plus exactement de
l'article 55 de la loi du 29 juillet 1881 « sur la liberté de la presse », dont
l'essentiel - au centre duquel se trouve la liberté de la preuve du fait
diffamatoire - a été littéralement reproduit d'abord par l'article 50 du dahir
du 27 avril 1914 « relatif à l'organisation de la presse », puis par l'article
73 du dahir du 15 novembre 1958. Cette origine française de notre loi sur la
presse n'a rien de surprenant : les Français exerçant leur protectorat sur le
Maroc avaient évidemment une presse dans ce pays et ils ne pouvaient soumettre
cette presse à un régime juridique différent de celui, mondiale-ment connu
comme étant un exemple de libéralisme, appliqué en France. D'où la promulgation
en 1914, deux ans après le début du Protectorat, du dahir sur la presse. Quant
au Maroc indépendant qui n'avait pas encore inauguré ouvertement ses années de
plomb, Mohammed V étant par nature fâché avec les conflits, chacun sait qu'il a
adopté en 1958 les trois dahirs formant ce qu'on appelle communément le « Code
des libertés publiques » (associations, rassemblements publics, presse), textes
quasiment identiques à leurs homologues français, donc « libéraux ». Ce régime
de la liberté de la preuve de la vérité du fait diffamatoire n'est d'ailleurs
pas une invention d'une prodigieuse intelligence de savants juristes mais une
banale application du simple bon sens. Qu'on en juge par deux petits exemples
portant sur un même fait et qui montrent que ce fait, selon les circonstances,
peut être prouvé soit uniquement par des pièces écrites, soit uniquement par
témoins : j'accuse tel juge de m'avoir fait perdre une affaire contre mon
adversaire qui se trouve être sa maîtresse. Le droit était en ma faveur et je
devais gagner mon procès, mais le juge a favorisé mon adversaire. Mon
accusation contre lui porte manifestement atteinte à « l'honneur et la
considération » de ce juge puisque je prétends qu'il a failli au plus
fondamental de ses devoirs qu'est le devoir d'impartialité, donc de justice. Ce
fait de partialité fondé, dans mon accusation, sur la relation amoureuse du juge
avec mon adversaire, je peux le prouver de deux manières : par témoins , si je
sais que le couple a été attrapé en pleins ébats par des policiers dans le
cadre d'un constat de flagrant délit, auquel cas je cite ces policiers pour
témoigner devant le tribunal ; par pièce écrite, en l'occurrence une copie du
jugement qui a condamné le couple pour le délit de relation sexuelle hors
mariage, évidemment s'ils ont été poursuivis en justice. Dans le premier cas,
je n'ai que des témoins et le tribunal, qui aura entendu ces témoins et estimé
que leur témoignage est tout à fait probant, m'acquittera parce que j'aurai
établi la relation amoureuse de mon juge-fripouille avec mon adversaire. Cet
acquittement n'aura donc été fondé que sur des témoignages, jugés suffisants.
Mais si, par hasard, ce couple a été jugé et condamné pour ses galipettes
illégales et que je dispose de la copie du jugement de condamnation, je produis
cette copie et le tribunal la jugera suffisante pour m'acquitter, le jugement
ayant, par la volonté de la loi, « autorité de la chose jugée », autrement dit
le fait qu'il constate doit être considéré comme vrai. Le tribunal, pour
m'acquitter du délit de diffamation pour lequel le magistrat indélicat m'a
poursuivi, n'a aucun besoin de corroborer le jugement de condamnation du couple
par des témoignages. Naturellement, dans d'autres affaires, les circonstances
peuvent faire que l'accusé dispose à la fois de témoignages et de pièces
écrites, et il produira alors pour se défendre les deux modes de preuve. Mais
s'il ne dispose que de l'un ou de l'autre de ces modes, le tribunal doit «
recevoir » sa preuve, quitte à considérer dans son jugement, après avoir
examiné cette preuve et estimé qu'elle est insuffisante pour établir la vérité
du fait diffamatoire et, en conséquence, qu'il est fondé à me condamner. Il ne
peut en aucun cas refuser cette preuve par principe, au prétendu motif que
l'article 73 de la loi sur la presse exigerait le cumul des preuves
témoins-documents. C'est pourtant ce que le tribunal de la capitale de l'Empire
fortuné a décidé le 26 janvier. Ce faisant, ce tribunal a indubitablement,
grossièrement et scandaleusement violé les droits de la défense. La défense du
JH étant devenue impossible puisque le tribunal l'a réduite au silence, les
prévenus Jamaï et Iraqi et leurs avocats ne pouvaient que se retirer de ce
procès-mascarade à voix unique . La condamnation inique du JH étant en principe
« garantie », le nouveau règne - qui prouve jour après jour qu'il n'est
nullement un nouveau régime - en assumera la lourde responsabilité.
Par Abderrahim Berrada, Avocat au barreau de Casablanca
---------->
http://www.lejournal-hebdo.com/article.php3?id_article=7211
La parole confisquée
Faut-il être fou pour être journaliste dans ce pays ? Lorsque l'on se retrouve
face à un juge, on est bien tenté de le penser. Il s'agit là d'une réflexion
empreinte de nombrilisme corporatiste. La justice marocaine est en fait une
catastrophe pour tous ceux qui ne font pas partie du camp des puissants. C'est
une institution servile lorsqu'on est proche des centres de pouvoir. En fait,
être journaliste expose plus pour des raisons statistiques. On a plus
l'occasion de déplaire aux maîtres du pays que le citoyen lambda. La fidélité
aux idéaux d'un journalisme respectueux de son audience est par essence une
atteinte au pouvoir absolu d'un régime autoritaire. Déjà, lorsque Le Journal
avait été interdit deux fois en une année en 2000, les raisons véritables
étaient son engagement à ne pas compromettre son intégrité éditoriale en
s'asservissant. La probité nous commandait de remettre en question la
soi-disant découverte de pétrole à Talsint, l'hégémonisme économique des
entreprises liées à la monarchie, de dénoncer une constitution absolutiste,
d'enquêter sur des ministres bien en cour mais néanmoins corrompus, etc. Tout
cela nous était commandé par un profond respect pour l'intelligence et la
dignité des citoyens marocains. Cette règle nous a valu bien des malheurs. Les
interdictions bien sûr, mais aussi l'acharnement judiciaire et le boycott
économique.
En attendant le jugement qui sera rendu dans l'affaire qui oppose l'ESISC au
Journal (voir dossier page 32), on peut déjà affirmer que la justice marocaine
a montré son asservissement en motivant son refus d'entendre les témoignages
demandés par la défense par un raisonnement risible s'il n'était tragique. Ce
n'est au fond qu'une péripétie de plus dans la longue histoire de l'immaturité
du régime face à la presse. Dans un sens, le Pouvoir a gagné. A l'exception de
quelques hebdomadaires, qui se maintiennent, la presse écrite vit depuis
l'année 2000 une chute catastrophique de sa diffusion. Les deux premiers
quotidiens diffusaient à eux seuls plus de 200 000 exemplaires par jour il y a
six ans, aujourd'hui ils atteignent à peine les 100 000 exemplaires. Les
lecteurs perdus ne se sont rabattus sur aucune autre publication. Ils ont cessé
de lire les journaux. La qualité de ces journaux n'est pas seule en cause. Le
débat public a perdu de sa crédibilité. Cette agora, cet espace public qu'un
régime libéral élargit, notre Pouvoir a fortement contribué à la rétrécir. Il
n'est pas anodin non plus que ce sont les publications les plus acoquinées avec
le Pouvoir qui voient leur lectorat s'éroder le plus rapidement. La prédominance
dans ces journaux et à la télé, de sujets sur les activités royales dignes des
années 70, poussent les lecteurs/téléspectateurs à voter avec leurs pieds. La
répression des journaux au ton plus libre a eu pour effet de bloquer l'essor de
grands groupes médias réellement indépendants autres que ces gazettes de réclame
où la critique des annonceurs et des puissants est proscrite. Résultat : les
débats importants, donc dérangeants, ont de plus en plus de mal à trouver leur
voie vers l'opinion publique. C'est là un échec patent de ce régime. L'appel
que lance un groupe d'intellectuels marocains dans un texte qui s'élève contre
cette confiscation de la parole est plus que bienvenu. Il est impératif de
retrouver foi en notre espace commun, en nos capacités délibératives. Nous
refusons de croire que la médiocrité des concepteurs, proches du régime, de la
politique vis-à-vis de la presse, aura raison des intelligences que recèle
notre société.
Par Aboubakr Jamaï
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http://fr.news.yahoo.com/17022006/202/rsf-sous-le-choc-apres-une-lourde-amende-c\
ontre-un.html
vendredi 17 février 2006, 15h53
RSF "sous le choc" après une lourde amende contre un journal marocain
RABAT (AFP) - L'association Reporters sans frontières (RSF) a affirmé être "sous
le choc" après la condamnation jeudi à Rabat du Journal Hebdomadaire
(indépendant) à une lourde amende pour diffamation, dans un communiqué parvenu
vendredi à l'AFP.
"RSF est sous le choc de la condamnation d'Aboubakr Jamaï et de Fahd Iraki",
affirme RSF, ajoutant qu'il s'agit de "la somme la plus élevée jamais prononcée
contre des journalistes au Maroc".
Les deux journalistes, respectivement directeur de la publication et rédacteur,
ont été condamnés jeudi en première instance à verser trois millions de dirhams
(270.000 euros) de dommages et intérêts à un centre de recherche européen qui
les poursuivait en diffamation. Ils doivent également verser chacun à la
justice une amende de 50.000 dirhams (4.500 euros).
"A travers cette sentence démesurée, la justice veut faire taire l'une des
meilleures publications indépendantes du Maghreb où la presse est trop souvent
aux ordres du pouvoir", affirme RSF en accusant les autorités marocaines de
vouloir "asphyxier les journaux et les journalistes".
Le Journal Hebdomadaire avait mis en doute la probité d'une étude de l'ESISC
(Centre européen de recherche, d'analyse et de conseil en matière stratégique
(ESISC)", basé à Bruxelles, sur le Front Polisario - qui dispute au Maroc la
souveraineté sur le Sahara occidental.
L'ESISC avait notamment affirmé dans son rapport, très critique, que les cadres
du Polisario pourraient se tourner vers le terrorisme ou la criminalité
internationale.
"Les mauvais arguments d'un rapport +téléguidé+ par Rabat", avait notamment
rétorqué Le Journal Hebdomadaire au contenu du rapport, assurant qu'il y avait
des arguments plus puissants pour défendre la position marocaine sur le conflit
du Sahara.
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http://fr.news.yahoo.com/16022006/202/maroc-le-journal-hebdomadaire-condamne-ver\
ser-270-000-euros-pour.html
jeudi 16 février 2006, 15h22
Maroc: Le Journal Hebdomadaire condamné à verser 270.000 euros pour diffamation
RABAT (AFP) - Le Journal Hebdomadaire (indépendant) a été condamné jeudi en
première instance à verser trois millions de dirhams (270.000 euros) de
dommages et intérêts à un centre de recherche européen qui le poursuivait en
diffamation.
Aboubakr Jamaï, directeur de la publication et Fahd Iraki, journaliste, doivent
en outre verser chacun à la justice une amende de 50.000 dirhams (4.500 euros).
Le Journal Hebdomadaire, l'un des grands tirages de la presse marocaine
francophone, avait mis en doute dans son édition du 3 décembre la probité d'une
étude du "Centre européen de recherche, d'analyse et de conseil en matière
stratégique (ESISC)" vis-à-vis du Front Polisario - qui s'oppose au Maroc dans
le conflit du Sahara occidental.
L'ESISC, basé à Bruxelles, avait notamment affirmé dans son rapport, très
critique, que les cadres du Polisario pourraient se tourner vers le terrorisme
ou la criminalité internationale.
"Les mauvais arguments d'un rapport +téléguidé+ par Rabat", avait notamment
rétorqué Le Journal Hebdomadaire au contenu du rapport, assurant qu'il y avait
des arguments plus puissants pour défendre la position marocaine sur le conflit
du Sahara.
"Ce verdict n'est qu'un maillon dans la chaîne des décisions prises contre la
presse indépendante", a déclaré jeudi l'avocat des deux journalistes Me
Abderrahim Jamaï. "Le verdict était déjà connu lorsque le tribunal a refusé de
convoquer nos témoins", a-t-il ajouté.
Le 2 février, Me Jamaï et Me Abderrahim Berrada se sont retirés du procès. Ils
avaient protesté dans un communiqué "contre le refus du tribunal de convoquer
deux témoins à décharge".
Me Mohamed Ziane, avocat de la partie plaignante, a affirmé jeudi qu'"il est
possible que le journal n'ait pas à payer les dommages et intérêts s'il publie
un éditorial de mea culpa".
Me Ziane s'est déclaré "satisfait" par le verdict, et par le fait qu'il ne
comporte pas de peine de prison à l'égard des deux journalistes.
Plusieurs journaux marocains sont actuellement poursuivis en justice pour
diffamation ou pour avoir traité de sujets politiques sensibles.
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http://www.albayane.ma/Detail.asp?article_id=52305
Une très lourde condamnation du «Journal Hebdomadaire» (2/17/2006)
Trois millions DH de dommages et intérêts à l¹ESISC
Le tribunal de première instance de Rabat a condamné, jeudi, le «Journal
Hebdomadaire» à payer trois millions de DH de dommages et intérêts au Centre
européen de recherche, d¹analyse et de Conseils en matière stratégique (ESISC)
basé à Bruxelles.
Le directeur de la publication, Boubker Jamai, et le journaliste Fahd Iraqi, ont
été condamnés à une amende de 50.000 DH chacun. Le tribunal a exigé également la
publication du prononcé du jugement par «Maroc Hebdo», le «Journal Hebdomadaire»
et «Al Ousboua Assahafi». Le verdict a été rendu par la juridiction à la suite
d¹une plainte pour diffamation et injure déposée par l¹ESISC contre le «Journal
Hebdomadaire», après la publication dans son édition du 3 décembre 2005, d¹un
article au sujet d¹un récent rapport du centre sous le titre «Le front
Polisario partenaire crédible de négociations ou séquelles de la guerre froide
et obstacle à une solution politique au Sahara occidental?».
L¹hebdomadaire francophone avait mis en cause les méthodes de travail, l¹éthique
et l¹indépendance de l¹ESISC, avait affirmé le président du centre, M. Claude
Moniquet, qui s¹est dit choqué par «l¹attaque insultante et blessante» de la
publication.
Boubker Jamaï : «On vise l'étouffement du journal»
Boubker Jamaï, directeur du «Journal Hebdomadaire», n'a pas été surpris par la
lourde condamnation. Il estime qu'avec «ce verdict, la limite a été franchie.
Cette condamnation vise l'étouffement du journal quoique aucune peine de prison
ni de sursis n'a été prononcée».
Pour Boubker Jamaï «on essaie de nous mettre à genoux» et «un consensus en
interne et à l'international doit se dégager : la justice n'est pas
indépendante».
«Si le verdict était prononcé en France, par exemple, nous n'aurions rien à
dire», ajoute-t-il.
«Nous allons nous battre encore sur le plan juridique, en appel quoiqu'en
première instance le Tribunal a refusé la justification de l'article 73 du Code
de la presse stipulant la présentation des preuves (documents et témoins) en
interprétant faussement l'article. Car il s'agit bien de uns ou des autres. Or
la convocation des témoins a été refusée, sous le prétexte de l'impératif de la
présentation de document».
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http://www.aujourdhui.ma/instantanes-breves.html
Le "Journal Hebdomadaire" condamné dans l’affaire de l'ESISC
Le tribunal de première instance de Rabat a condamné jeudi le "Journal
Hebdomadaire" à payer trois millions DH de dommages et intérêts au Centre
européen de recherche, d'analyse et de conseils en matière stratégique (ESISC)
basé à Bruxelles.
Le directeur de la publication Boubker Jamai et le journaliste Fahd Iraqi ont
été également condamnés à une amende de 50.000 DH chacun.
Dans son verdict, le tribunal exige la publication, à deux reprises, du prononcé
du jugement par "Maroc Hebdo", "le Journal Hebdomadaire" et "Al Ousboua
Assahafi" (arabophone).
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http://www.aujourdhui.ma/nation-details43788.html
Le "Journal Hebdomadaire" condamné à payer trois millions dhs de dommages et
intérêts à l'ESISC
Le tribunal de première instance de Rabat a condamné, jeudi, le "Journal
Hebdomadaire" à payer trois millions de dhs de dommages et intérêts au Centre
Européen de recherche, d'analyse et de Conseils en matière stratégique (ESISC)
basé à Bruxelles.
Le directeur de la publication, Boubker Jamai, et le journaliste Fahd Iraqi,
ont été condamnés à une amende de 50.000 dhs chacun.
Le tribunal a exigé également la publication du prononcé du jugement par "Maroc
Hebdo", le "Journal Hebdomadaire" et "Al Ousboua Assahafi".
Le verdict a été rendu par la juridiction à la suite d'une plainte pour
diffamation et injure déposée par l'ESISC contre le "Journal Hebdomadaire",
après la publication dans son édition du 3 décembre 2005, d'un article au sujet
d'un récent rapport du centre sous le titre "Le front Polisario partenaire
crédible de négociations ou séquelles de la guerre froide et obstacle à une
solution politique au Sahara occidental?".
L'hebdomadaire francophone avait mis en cause les méthodes de travail, l'éthique
et l'indépendance de l'ESISC, avait affirmé le président du centre, M. Claude
Moniquet, qui s'est dit choqué par "l'attaque insultante et blessante" de la
publication.
Le 16-2-2006
Par : MAP
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1.5. LE NOEUD DE LA QUESTION: QUI A-T-IL DERRIÈRE LE "RAPPORT" DE L'ESISC
http://sahara_opinions.site.voila.fr/kbESISCfr.htm
Qui a-t-il derrière le rapport de l'ESISC ?
par Khatry Beirouk
[original english - traduction ARSO]
Le Front Polisario devrait vigoureusement condamner la campagne marocaine de
diffamation et de déformation menée à travers le rapport de l'ESISC. Le Makhzen
- dans sa campagne concertée de désinformation de la communauté internationale -
était à la recherche d'une organisation humanitaire dénigrant le Front
Polisario, il a trouvé France-Libertés. Avec Erik Jensen, il a trouvé quelqu'un
prêt a vendre son âme au diable. Maintenant, le gouvernement marocain aux ordres
se fondera sur l''expertise" de l'ESISC sur la sécurité internationale pour
diffuser ses mensonges.
Jamais les médias n'ont été aussi influents sur le cours des événements dans le
conflit du Sahara Occidental que depuis le soulèvement sahraoui actuel. Le
régime marocain a déjà versé des millions de dollars dans ses campagnes de
propagande et de désinformation qui comprennent toute une gamme d'efforts :
voyages gratuits pour des personnes influentes, corruption de politiciens et
d'intellectuels ; plus important encore, financement de campagnes électorales
en Europe. Le Makhzen a un grave problème avec la vérité et a érigé le
mercenariat journalistique à la base de ses campagnes de propagande.
Ceci nous amène au rapport sur le Front Polisario récemment publié par le
European Strategic Intelligence and Security Center (ESISC) et son président,
Claude Moniquet. Avant la publication de ce rapport, le Maroc - et son
potentiel terroriste - semblait être au centre de la plupart des articles et
des présentations de Moniquet. Mais, soudainement, il y a eu changement. L'Etat
infesté par le terrorisme n'est plus présenté comme la menace qu'il était par le
passé. Pour essayer de comprendre ce changement, il est nécessaire d'éclaircir
quelques événements par ordre chronologique, qui pourraient expliquer la genèse
de ce rapport si peu convainquant de l'ESISC, et, en particulier, si l'argent,
la crainte, ou les deux à la fois en étaient la motivation ?
Au lendemain des attaques terroristes à Casablanca, en mai 2003, les experts
comme Claude Moniquet - président de l'ESISC - et le magistrat espagnol bien
connu Baltasar Garzon qui a traité des cas de terrorisme notoire, avaient
averti de la menace de cellules terroristes implantées au Maroc. Moniquet, qui
est considéré comme un chercheur spécialiste du terrorisme, a été cité dans un
article du Washington Post (le 14 octobre 2004) disant que "nous ne pouvons pas
sous-estimer la menace" et exprimant sa conviction que "la menace de terrorisme
au Maroc et dans la communauté marocaine en Europe est réelle."
En septembre 2003 Claude Moniquet a écrit un article - en français - sous le
titre "Le résultat des élections au Maroc masquent la réalité de la poussée
islamiste". Il a clairement critiqué le régime marocain et sa négation,
politique et officielle, de tout risque de terrorisme, qui a créé une confusion
qui pourrait potentiellement détourner une partie de la société du processus
démocratique et la pousser vers la violence.
Un an plus tard, Reuters a signalé que M. Moniquet a été aggressé par Rachid
Belabed, un footballeur belge d'origine marocaine. M. Belabed attendait devant
les studios d'une TV à Bruxelles la sortie de Claude Moniquet après une
émission sur le terrorisme. Selon le témoignage de Moniquet, Belabed l'a
approché déclarant qu' "il voulait lui parler [ ]". Belabed l'a frappé à la
tête et lui a donné un coup de pied quand il est tombé à terre. Moniquet a été
soigné par la suite dans une clinique pour ses blessures.
En mars 2005, M. Moniquet a écrit un article pour l'Atlantis Institute intitulé
: "Un an après [les attentats de] Madrid, la menace terroriste contre l'Europe
est plus forte que jamais". Dans cet article, il a relevé que lce qui va se
passer au Maroc aura une grande influence sur la situation en Europe. "Si le
terrorisme n'est pas éradiqué, s'il reprend vigueur, les conséquences s'en
feront sentir sur le vieux continent", a expliqué M. Moniquet, "ne serait-ce
que du fait de l'importance des communautés marocaines qui y sont installées".
En avril 2005, lors d'une audition devant la Chambre des représentants des USA,
M. Moniquet a présenté un témoignage comme directeur général de l'ESISC. Dans
ses propos fustigeant le terrorisme à l'instar des autres participants, il a
averti de la réalité de la menace terroriste et a exprimé ses inquiétudes à
propos du manque de réformes sociales et démocratiques au Maroc. "L'évolution
au Maroc dans les années à venir aura une influence majeure sur la situation en
Europe", a-t-il déclaré.
En juin 2005 Claude Moniquet devient le centre et la cible de la presse
marocaine. Il est éreinté et dénigré par la machine de propagande du Makhzen.
Il est appelé "l'expert autoproclamé en matière de terrorisme". L'hebdomadaire
Maroc-Hebdo, fer de lance de la campagne, écrit qu'"une telle iésinformation ne
peut et ne doit pas passer sans susciter de réaction", en réponse à son
témoignage devant le congrès des USA. La pression s'est interrogée sur ses
"vraies motivations".
En novembre 2005, l'ESISC publie son rapport : "Le Font POLISARIO partenaire
crédible de négociations ou séquelle de la guerre froide et obstacle à une
solution politique au Sahara Occidental ? "
Après avoir décrit les événements mentionnés ci-dessus, la crédibilité et la
synchronisation du rapport sur le Front Polisario soulève quelques questions ;
Quelles sont ses vraies motivations ? Pourquoi tant de déclarations trompeuses
et de supercheries ? Comment l'ESISC pouvait-il si facilement tomber dans le
piège du Makhzen, quels que furent les moyens utilisés, alors que d'autres
centres européens de bonne réputation l'ont évité ?
Depuis la récente visite de Claude Moniquet au Maroc, les médias contrôlés par
le gouvernement ont présenté un nouveau membre de l'ESISC, en la personne de
Mohamed Ifkiren, un Marocain, directeur-délégué du Centre. Le Maroc a grand
besoin du point de vue d'un tiers qui partage ses revendications, et avait
cherché l'aide de l'ESISC pour étayer les thèses du Makhzen. Le Maroc prépare
le terrain pour ses futures accusations contre le Polisario. Tous les signaux
indiquent que c'est la voie choisie pour discréditer le Polisario, et surtout
pour affaiblir le soulèvement civil et pacifique dans les territoires occupés
du Sahara Occidental. Le Front Polisario devrait vigoureusement condamner cette
campagne marocaine de diffamation et de déformation menée à travers le rapport
de l'ESISC. Le Makhzen - dans sa campagne concertée de désinformation de la
communauté internationale - était à la recherche d'une organisation humanitaire
dénigrant le Front Polisario, il a trouvé France-Libertés. Avec Erik Jensen, il
a trouvé quelqu'un prêt a vendre son âme au diable. Maintenant, le gouvernement
marocain aux ordres se fondera sur l''expertise" de l'ESISC sur la sécurité
internationale pour diffuser ses mensonges.
L'ESISC n'a pas réussi à avancer la moindre évidence concrète que les Sahraouis
nourrissent des ressentiments à l'encontre de l'Occident ou prônent la
violence. Aucune organisation internationale sérieuse n'a jamais soupçonné ou
considéré le Front Polisario comme une organisation terroriste. A ce jour,
après plus de trois décennies d'existence du Front Polisario, aucune des
affirmations controversées mentionnées dans le rapport ne s'est vérifiée. La
rhétorique excessive d'ESISC à propos de la menace supposée que représenterait
le Front Polisario pour le reste du monde montre le manque de crédibilité du
Centre et met sa réputation en jeu.
----------->
http://sahara_opinions.site.voila.fr/AliY080206.htm
http://www.gees.org/documentos/Documen-705.pdf
Sahraouis solidaires avec « Le Journal » contre les vaisseaux fantômes de la
désinformation
Ali Omar Yara, sociologue des conflits, Paris.
Ce texte militant est écrit en solidarité avec les deux journalistes, du «
Journal Hebdomadaire » marocain, Boubker Jamaï - directeur de la publication -
et Fahd Iraqi - secrétaire de rédaction, accusés par le « Centre européen de
recherche, d'analyse et de conseil en matière stratégique » (ESISC, Bruxelles).
Ils avaient, en effet, à raison, mis en doute, (édition du Journal daté le 3
décembre 2005), le rapport du « Centre » intitulé « Le Front Polisario :
partenaire crédible de négociation ou séquelle de la guerre froide et obstacle
à une solution politique du Sahara Occidental ? » Le journal a mis en cause les
méthodes de travail, « l'éthique et l'indépendance » de l'ESISC. Le président du
« Centre », Claude Moniquet s'est dit, par la suite, choqué par « l'attaque
insultante et blessante » de la publication.
Bien que nous ne soyons pas du même bord idéologique que ce Journal réformiste
marocain, nous avons fortement apprécié la teneur de cet article ainsi que
celle des articles précédents.
Tout d'abord, sous sommes attachés, en tant que sahraouis au principe et à
l'action pour l'indépendance totale de notre peuple qui milite pour la
décolonisation intégrale et pour que le Maghzen, force occupante, se saisisse
et revienne à l'intérieur de ses propres frontières historiques héritées du
colonialisme français et espagnol de 1956.
1° L'intérêt de cet hebdomadaire est considérable pour la société civile
marocaine
Le peu de liberté dont disposent les démocrates marocains dans leur royaume,
pays archaïque et réactionnaire, a été saisie par le Journal pour dire la
vérité sur les réalités sociales marocaines et parler du conflit du Sahara
occidental, non seulement concernant la guerre meurtrière entre l'ALPS et les
FAR, mais sur le chambardement juridique-diplomatique - 1991-2006, qui n'a
profité qu'au Maghzen.
Ainsi, Le Journal s'efforce d'expliquer, arguments à l'appui, les discours du
Makhzen et les méfaits déstructeurs de la période « post-marche verte » en
pleines années de plomb qui a sapé toute vérité sur nous, sahraouis. Il
demeure, donc parmi les rares publications régulières marocaines qui a révélé à
la société civile (y compris les universitaires) les véritables enjeux en
parlant des indépendantistes sahraouis (et non de « séparatistes, les
séquestrés de Tindouf, la main mise algérienne sur le POLISARIO etc.). Il a
pris ainsi le contre-pied des officiels marocains (El Bayane, l'Opinion, le
Matin etc.), et surtout contre la MAP, qu'un diplomate sahraoui qualifie d'«
ONG virtuel ».
Si « Le journal » défend l'idée « autonomiste » du Sahara, cela n'altère pas nos
convictions, pour nous Sahraouis, de revendiquer notre droit à indépendance
totale et ne change rien non plus à la mutation que va prendre le Maghreb de
l'axe républicain (Algérie-Sahara Occidental) qui se profile à l'horizon
géopolitique régional, qui milite justement pour éloigner la religiosité
violente héritée du despotisme oriental face au « Maghreb de l'équilibrisme
méditerranée » qui piétine depuis un demi-siècle.
2° La désinformation contre le Mouvement de libération sahraoui
C'est dans ce sens, surtout, que nous avons lu le « rapport » et que nous avons
relevé des exactions monstrueuses non pas uniquement sur sa méthode précaire,
mais sur les informations relatives au Front POLISARIO, comme l'ont souligné
les textes publiés, notamment à ARSO [(Cf. Letter from the Polisario Front to
Mr Claude Moniquet President of the European Strategic Intelligence and
Security Center, ESISC, 29.12.05) ; CARTA al director del European Strategic
Intelligence and Security Center, Claude Moniquet, European Strategic
Intelligence and Security Center, Brussels 18.01.06) ; Letter to the director
of the European Strategic Intelligence and Security Center Claude Moniquet
European Strategic Intelligence and Security Center, Brussels : Qui y a-t-il
derrière le rapport de l'ESISC ? Khatry Beirouk, traduction ARSO 01.01.06) ;
Review of the ESISC Report on the POLISARIO Front (Sidi M. Omar 22.12.05) ;
Quand les officines de sécurité s'intéressent au Polisario ! (Baba Sayed 27.
11. 05)].
Pourquoi cet « establishment » fraîchement né, a porté plainte devant les
tribunaux marocains ? La réponse se trouve dans le sens de ce proverbe marocain
« Il m'a frappé, et se précipite pour me dénoncer présumant que c'est moi qui
l'ait frappé ». Une sorte de perversité gratuite.
Mais, nous ne cherchons pas ici, l'identité du commanditaire de ce « rapport
d'experts ». Sinon qui sont les commanditaires des « lettres » et autres «
rapports » sur le Sahara Occidental ? Lettres et rapports qui comportent aussi
des informations erronées, Tels : « La lettre ouverte de France-Libertés à
l'attention de Mohamed Abdelaziz, Président de la République Arabe Sahraouie
Démocratique », Paris, le 20 mai 2003 ; suivie par la lettre de : Afifa
Karmous, « De l'application du droit international humanitaire », 5 juin 2003
et enfin le rapport, produit en temps record - 11 au 25 avril 2003 -, faisant
état de la détention des prisonniers de guerre marocains par le Front
Polisario, août 2003. Par ailleurs, on peut aussi s'interroger sur ce qui est
derrière les hypothèses hasardeuses de quelques universitaires «
désinformateurs », comme Chauprade (Cf. Les Sahraouis contre la vassalité de
l'islamisme marocain et pour l'indépendance totale du SaharaOccidental, le 15
avril 2004, ARSO, Opinion).
On admet, en effet, que la désinformation, fait partie de la stratégie militaire
de tous les temps, ainsi de la méta-stratégie économico-financière des systèmes
libéraux. Sun Tse et Clausewitz ont posé des lois sur cette « chose » connue
depuis de temps politiques reculés. Donnons les exemples véhiculés par les
otanistes, durant la guerre froide, signalant que l'arsenal militaire
conventionnel et surtout nucléaire (tactique et stratégique) est
quantitativement, supérieur, en membres de têtes nucléaires, à celui des
Etats-Unis et de l'Europe de l'Ouest. De même, l'affirmation erronée que les
Etats-Unis ont mis en avant lors de la guerre du Golfe, taxant l'armée
irakienne de « quatrième armée du Monde », qu'il faut éliminer. Ou encore, « la
recherche », fortement appuyée par la centrale internationale (Conseil de
Sécurité, et l'Assemblée Générale) sur l'existence des « Armes de destruction
massive » irakienne, justifiée par la résolution 687 du Conseil de sécurité de
l'ONU imposant l'élimination de toutes ces armes de destruction massive. Suivi
par la création de la Commission spéciale des Nations unies chargée du
désarmement (l'Unscom). Conforté par un autre rapport réalisé (rendu public le
24 septembre 2002) par les services secrets britanniques, selon lequel le
régime irakien « continue de développer des armes de destruction massive » et
serait en mesure de construire une arme nucléaire à court terme.
Le « rapport des nouveaux experts de Bruxelles » adopte la même ligne de
conduite désinformatrice que les précédents. Un simple examen de ces « énoncés
» nous montre, en outre que ces présuppositions et conceptualisations sensées
êtres stratégiques, sont d'une pauvreté scientifique déconcertante :
1) Les évènements : la division du théâtre des opérations militaires n'est pas
d'une grande qualification en termes de stratégie, ni ne reflète la guerre
d'anéantissement produite dans les années de guerre (1976-1991) qui se solde
par vingt mille marocains tués sur le sol sahraoui. Il n'a pas hiérarchisé les
batailles d'ensemble en termes de « campagnes », ni souligné le fait que les
fortifications militaires, constamment désarticulées par les unités de l'ALPS
ne sont pas à imputer à la victoire des Marocains en retard d'une ou plusieurs
batailles mais obéissent à une finalité de la stratégie américaine à sa sortie
de la guerre froide (Cf. Ali Omar Yara, Processus d'insertion stratégique des
Etats-Unis dans le Monde Arabe : Application opérationnelle au Maghreb,
Rapport, GRISP/DEG, EHESS, Paris, 1991, 36 p. inédit)
2) Les cartes aussi sont erronées, notamment p. 32 mettant Ras-el-Khafra à côté
de Sidi Ifni, et les lieux de combats, fixés sur cette carte montrent que
l'auteur ne se soucie pas trop de la conception de la guerre totale (à se
référer à celle publiée par Jean Lamore, Diario del Polisario, Il Manifesto
l'Alfabeto Urbano Coplo di fulmine, Rome, 2004, p. 153).
Cette ligne de conduite nous réserve le pire et sape toute chance de paix au
Maghreb occidental. Qui nous dit, que demain le Maroc, qualifiant nos
territoires libérés (soit un tiers de l'ensemble de notre région sahraouie), de
« zone tampon inhabitée » ne va pas déclencher les hostilités médiatiques, voire
militaires pour les envahir.
Nous concluons sur deux éléments 1) le rapport des « nouveaux experts de
Bruxelles » n'est que le résultat direct de la prise de conscience de l'opinion
publique internationale et surtout en France de la profondeur des soulèvements
populaires sahraouis des territoires occupés, relatés par la presse de
l'hexagone. Du coup les Marocains, ou leurs maîtres à penser stratégiques, ont
cherché un autre lieu européen pour étayer et diffuser des informations
erronées sur le Sahara Occidental ; 2) Le Maghreb a suffisamment formé des
vrais chercheurs et des experts avisés pour être apte à analyser de lui-même
ses problèmes structuraux et ce type de rapport, n'est qu'une main-mise
idéologique sur les pays du Sud.
En solidarité avec les deux journalistes du Journal, nous exigeons donc, que :
1° La décision du tribunal marocain annoncé pour le 16 février 2006 dans le
procès « en diffamation » qui est intentée au Jourrnal par « Centre ISICS »
prononce le non-lieu.
2° Le rapport soit révisé selon la loi de la recherche scientifique et de la
transparence référentielle (plus crédible et plus admise).
3° Le Maghzen lève l'état de siège et stoppe la répression qui s'abat
quotidiennement sur les citoyens sahraouis habitant les territoires occupés par
le Maroc.
Paris, le 8 février 2006
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http://sahara_opinions.site.voila.fr/BabaSayed12.htm
Quand les officines de sécurité s'intéressent au Polisario !
Baba Sayed
Après la publication par l'European strategic intelligence and security Center
(ESISC) d'un rapport consacré au Polisario [1], M.Claude Moniquet, son
président vient de nous révéler, entre les lignes, à travers une interview
exclusive qu'il a accordée à l'Agence Maghreb Arabe de Presse (MAP) [2] -pour
ceux et celles qui ne la connaissent que de nom, c'est l'équivalente marocaine
de la défunte agence soviétique Tass- les raisons de l'intérêt subit de son
officine pour le mouvement sahraoui : la solution idéale à la question du
Sahara Occidental est celle proposée par le Royaume du Maroc, et si le
Polisario n'en veut pas, il devrait, désormais, s'attendre à ce que notre
organisation fasse tout ce qui est en son pouvoir pour lui en faire payer le
prix. Et entre autres mesures que l'ESISC compte prendre, dans le cas où le
Polisario persiste dans son refus d'accepter l' « offre » marocaine, M. Claude
Moniquet insiste notamment sur celle de lui accoler l'étiquette d'un mouvement
fondamentaliste terroriste, voire criminel, moribond mais dangereux !
La publication de ce rapport, faut-il le rappeler, par l'ESISC intervient
-calcul prémédité ou fortuite coïncidence ?- quelques jours, après le vote par
des institutions démocratiques européennes, notamment le Parlement européen, de
résolutions historiques et courageuses [3] qui rappellent toutes la nature du
conflit opposant le Royaume du Maroc au F.Polisario, un conflit de
décolonisation, et la manière appropriée de le résoudre, la mise en œuvre des
différentes résolutions des Nations unies relatives au droit imprescriptible du
peuple sahraoui à l'autodétermination et à la liberté.
Pour ceux et celles qui ont parcouru le rapport en question et dont le contenu,
faut-il y insister, n'est qu'une prise en compte, les mauvaises langues diront,
une labellisation par "l'Europe de l'ombre" des désirs et souhaits du Makhzen,
ce qui retient avant tout l'attention c'est le ton menaçant et le langage
mystificateur de la publication.
Il faut souligner, par ailleurs, que le rapport en question, que l'on voudrait
abusivement faire passer pour de l'analyse scientifique et objective, n'est en
fait, à quelques points virgules près, qu'une réminiscence, une nouvelle
version de ce discours idéologique, simpliste, rigide et arrogant, qui, pendant
les trente dernières années, a essayé, en vain, par le biais de reportages bien
sentis et bien illustrés dans des magasines parisiens à grands tirages,
d'accréditer la farfelue thèse que l'expansionniste Royaume du Maroc est un
pays démocratique et modéré, allié loyal et fidèle de l'Occident, et que le
Polisario, peint comme un dangereux mouvement communiste, n'est qu'une
dangereuse créature de l'Algérie socialiste et hégémonique, ennemie déclarée de
l'Occident et de ses valeurs!
Les responsables de l'ESISC loin de vouloir tirer profit des conséquences
catastrophiques des prophéties mensongères de leurs homologues outre atlantique
semblent décidés à faire leur le discours idéologique en vogue, depuis les
tragiques événements du 11 septembre, dans certains milieux de renseignement
américains à l'égard de ceux et celles qui veulent encore, dans différentes
contrées du tiers monde rester attachés à leurs droits. Car ne nous y méprenons
pas, la visée du rapport n'est autre que de montrer, d'une part, la
prédisposition systématique du « monde de l'ombre » européen de voler
systématiquement au secours des régimes tyranniques, pris, contrairement à
leurs peuples pour de sûrs alliés de l'Occident, et de terroriser, d'autre
part, les peuples en lutte et leurs représentants.
Il est à préciser, enfin, que le rapport qui ne souffle mot sur la nature des
multiples et graves dangers auxquels fait face la monarchie de droit divin de
Mohamed VI (absence de démocratie, analphabétisme, pauvreté, écart de plus en
plus important entre les classes, corruption, chômage…etc.,) emprunte, nous
l'avons mis en exergue, une prose et un langage, en grande partie, langues de
bois, dogmatiques, carrés et abuseurs, et n'hésite pas, en même temps, pour les
besoins d'une obscure et hypothétique « cause sacrée de la sécurité nationale »
à tordre les faits et à dénaturer les événements. Mais après tout, les
spécialistes vous le diront, c'est, somme toute, un langage habituel de ces
occultes officines de renseignement, j'allais même dire que c'est le seul
langage qu'elles confectionnent et savent manier pour faire fléchir les
(faibles) volontés, désarmer les esprits et les cœurs !
Cela dit, nous devons tout de même, par honnêteté intellectuelle et morale,
reconnaître que dans le dit rapport de l'European strategic intelligence and
security Center, il y a quand même d'importants et intéressants éléments
nouveaux que nous ne pouvons ni ignorer ni passer, sous aucun prétexte, sous
silence. Les plus importants de ces éléments sont, sans nul doute, ceux qui se
rapportant à l'incapacité structurelle du Polisario à s'adapter aux exigences
du nouvel ordre international et à favoriser un rajeunissement et un
renouvellement de ses structures, éléments qui ont été largement mis en relief
aussi bien par le rapport du centre européen stratégique de renseignement et de
sécurité que par notre ami Claude Moniquet dans le cadre de son interview avec
la MAP.
En effet aussi bien le rapport du centre européen que son président, Claude
Moniquet, ont insisté sur le fait, d'une part, que le Polisario n'a pas su
s'adapter aux nouvelles exigences de la configuration internationale de l'après
guerre froide et que, d'autre part, ce même Polisario souffre, et je cite, «
d'un déficit démocratique » réel.[4]
Sous peine de donner de nouvelles cartes à l'archaïque régime marocain dans son
combat contre eux, de condamner, de manière irrémédiable et définitive, le
Polisario à la désagrégation et à l'éclatement inévitables et les Sahraouis à
devenir irrémédiablement les nouveaux gitans du Maghreb, les dirigeants du
Polisario, doivent impérativement, tant qu'il est encore temps, tirer les
enseignements et les leçons qui s'imposent des utiles constats établis par
l'European strategic intelligence and security Center et procéder d'urgence aux
réformes indispensables de leur organisation.
27.11.05
NOTES
[1] Le Front POLISARIO - Partenaire crédible de négociatns ou séquelle de la
guerre froide et obstacle à une solution politique du Sahara Occidental ?
European Strategic Intelligence and Security Center, ESISC.
[2] Claude Moniquet : «La clé de la crise du Sahara est fondamentalement à
Alger», Le Matin.ma 24.11.05
[3] Résolution du Parlement européen sur le Sahara occidental, 26.10.05
Déclaration de l'Union européenne
Cinquième session du Conseil d'association UE-Maroc (Bruxelles, le 22 novembre
2005)
[4] Claude Moniquet : «La clé de la crise du Sahara est fondamentalement à
Alger», Le Matin.ma 24.11.05
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