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*****INTIFADA SAHRAOUI*****
http://www.arso.org/intifada2005.htm

*****STOP AU SAUVAGE MAKHZEN*******************
*****Campagne internationale pour la libération de tous les prisonniers
politiques sahraouis
http://www.arso.org/aminatoucamp.htm

*****NOUVEAU: LE MUR DE LA HONTE: LE SITE WEB ESSENTIEL********
http://www.murominassahara.8m.com/



S O M M A I R E

1. MAROC-GUERRE CIVILE DU MAKHZEN-MOHAMED VI S'ATTAQUE À BENSLIMANE

1.1. PRESSE FRANÇAISE
- LE MONDE: Le roi Mohammed VI du Maroc limoge le chef de la police
- LE FIGARO: Mohammed VI purge l'appareil sécuritaire marocain
- LIBÉRATION.FR: Le souverain marocain a limogé Hamidou Laânigri, figure de la
vieille garde. Mohammed VI dynamite ses services de sécurité

1.2. PRESSE MAROCAINE
- LE JOURNAL HEBDOMADAIRE: M. Tobji : « Israël nous a approvisionnés en
munitions d'artillerie. On a utilisé ce matériel sans même effacer les
caractères hébreux » [INTERVIEW]
- LE JOURNAL HEBDOMADAIRE: Les chefs militaires marocains [EXTRAITS DU LIVRE]
- LE JOURNAL HEBDOMADAIRE: Le droit d'être sceptique. La lutte contre le
terrorisme est instrumentalisée pour anesthésier le débat
- LE JOURNAL HEBDOMADAIRE: Si j'étais dans un état de droit…
- LE JOURNAL HEBDOMADAIRE: Un gradé secoue l'armée
- LE JOURNAL HEBDOMADAIRE: Portrait : Commandant Mahjoub Tobji, un officier
rebelle

- LE JOURNAL HEBDOMADAIRE: Menace terroriste : Que cache l'Etat ?
- LE JOURNAL HEBDOMADAIRE: Profils : Qui sont les « complices » de Hassan
Khattab ?
- LE JOURNAL HEBDOMADAIRE: Opacité : Des questions en suspens

- TEL QUEL (No. 238): Sale été pour l’armée

- MAROC HEBDO (No. 711): Effervescence

- L'ÉCONOMISTE: Messages
- L'ÉCONOMISTE: Mouvements dans la sécurité. Les dessous de l’éviction
- L'ÉCONOMISTE: Mouvements dans la sécurité. Punition publique pour Laânigri?
- L'ÉCONOMISTE: Mouvements dans la sécurité. Charki Draiss, le nouveau patron de
la police

- AUJOURD'HUI LE MAROC: Nouvelle approche du fait sécuritaire
- AUJOURD'HUI LE MAROC: La DGSN passe au plan B
- AUJOURD'HUI LE MAROC: Cadrage : un nouveau tournant
- AUJOURD'HUI LE MAROC: Retour d’un civil à la tête de la police
- AUJOURD'HUI LE MAROC: L’assainissement au pas de charge

1.3. PRESSE ALGÉRIENNE
- L'EXPRESSION (14-IX-2006): MAROC. Le Royaume étale ses dossiers noirs

1.4. AGENCES DE PRESSE
- AFP (13-IX-2006): Maroc : nomination d'un nouveau patron de la police

1.5. BLOGS
- OBITER DICTA (14-IX-2006): Laanigri devient merda

===========================================================
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SAHARA-INFO SEULEMENT EN FRANÇAIS:
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SAHARA-INFO SÓLO EN ESPAÑOL:
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http://fr.groups.yahoo.com/group/sahara-info-english/

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1. MAROC-GUERRE CIVILE DU MAKHZEN-MOHAMED VI S'ATTAQUE À BENSLIMANE

1.1. PRESSE FRANÇAISE

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3212,36-812931@51-813035,0.html

Le roi Mohammed VI du Maroc limoge le chef de la police

LE MONDE | 14.09.06 | 16h17 • Mis à jour le 14.09.06 | 16h17


L'homme fort de la sécurité marocaine, le général Hamidou Lâanigri, vient d'être
brutalement écarté du pouvoir par le roi Mohammed VI. Un communiqué officiel,
publié mercredi 13 septembre à Rabat, annonce l'arrivée d'un civil, un haut
fonctionnaire du ministère de l'intérieur, Charki Draïss, à la tête de la
direction générale de la sûreté nationale (DGSN). Il remplace donc le général
Lâanigri, nommé inspecteur général des Forces auxiliaires, un poste de second
rang.

En l'absence de toute explication officielle sur la disgrâce brutale de celui
qui apparaissait jusqu'à présent comme le M. Sécurité du royaume et, un temps,
le numéro deux de la monarchie, les spéculations vont bon train.

Le général est probablement victime de deux affaires. La première concerne
l'annonce, fin août, du démantèlement d'une cellule terroriste au sein des
Forces armées royales (FAR), le pilier de la monarchie. Cinq militaires, trois
gendarmes et un officier de police figuraient parmi les 56 personnes arrêtées.
Le ministre de l'intérieur, Chakib Benmoussa, avait parlé d'"un réseau très
bien organisé, avec une idéologie salafiste extrémiste", qui avait pour cible
des sites touristiques et l'assassinat de personnalités marocaines et
étrangères.


TRAFIC DE HASCHISCH

Depuis, même si une partie de la presse locale a sérieusement mis en doute la
réalité du "complot" (les armes volées dans une caserne se résumaient à des
couteaux et des téléphones portables, et les militaires incriminés n'avaient
aucune responsabilité), des têtes sont tombées. Notamment celles du patron du
renseignement militaire, le général Mohammed Belbachir, un militaire réputé
proche du général Lâanigri.

Tout aussi médiatisée dans le royaume, la seconde affaire est liée au trafic du
haschisch, dont le royaume est - de loin - le premier producteur mondial. Elle
a éclaté fin août lorsqu'un narcotrafiquant notoire, Mohammed Kharraz, maintes
fois condamné par la justice du royaume sans être pour autant inquiété - il
faisait la navette entre la Costa del Sol espagnole et le nord du Maroc - a été
finalement interpellé dans un petit village du Rif.

L'homme a tout raconté et donné les noms de tous ceux dont il s'était assuré la
protection au fil des années. Depuis les sanctions pleuvent. Elles touchent une
bonne partie de la hiérarchie policière et de la gendarmerie dans le nord-ouest
du Maroc : le patron de la DST à Tanger ; le lieutenant-colonel qui avait la
haute main sur les patrouilles de gendarmerie dans la région ; le capitaine des
Forces auxiliaires en charge des postes de surveillance maritimes. Au total, 12
responsables de la police et de la gendarmerie sont sanctionnés.

La surprise principale est venue de l'annonce de la suspension de ses fonctions
du directeur de la sécurité des palais royaux, Abdelaziz Izzou. Entre 1996 et
2003, M. Izzou avait eu la haute main sur l'appareil sécuritaire à Tanger avant
de revenir dans la capitale.

M. Izzou devait tout au général Lâanigri. Sa disgrâce a sans doute contribué à
la chute de son protecteur. D'autant que ce dernier était affaibli depuis les
attentats de Casablanca, en mai 2003, qu'il n'avait pas su prévenir alors qu'il
dirigeait la DST.


Jean-Pierre Tuquoi
Article paru dans l'édition du 15.09.06

--------->
http://www.africatime.com/maroc/nouvelle.asp?no_nouvelle=280049&no_categorie=
http://www.lobservateur.ma/detail_article.asp?ref=4538

Mohammed VI purge l'appareil sécuritaire marocain

(Le Figaro 15/09/2006)


Après le démantèlement d'un réseau terroriste mettant en cause des militaires,
une affaire de drogue éclabousse la police et la gendarmerie.
LA CHUTE d'un baron rifain de la drogue vient d'entraîner dans son sillage celle
d'un haut responsable de l'appareil sécuritaire marocain et d'une dizaine de
gradés de la police et de la gendarmerie. Ex-préfet de police de Tanger et
surtout actuel directeur de la sécurité des palais royaux, Abdelaziz Izzou a
été relevé de ses fonctions sur instructions de Mohammed VI, selon un
communiqué officiel diffusé lundi soir. Il est soupçonné d'avoir couvert les
activités du trafiquant Mohammed Kharraz. Les commandants en charge de la
surveillance maritime du détroit de Gibraltar et des fonctionnaires de
l'administration territoriale ont également été sanctionnés.

Le coup de torchon intervient peu de temps après le limogeage du général
Mohammed Belbachir, le chef du renseignement militaire cloué au pilori pour ne
pas avoir su prévenir un début d'infiltration terroriste de l'armée à
l'occasion d'un complot déjoué en juillet. Fortement médiatisées, les deux
affaires s'inscrivent dans une vaste opération de nettoyage et de reprise en
main des services de sécurité marocains par la garde rapprochée du roi.


Grenier à cannabis

Tout commence cette fois par l'arrestation le 25 août à la terrasse d'un café
d'un village du Rif de Mohammed Kharraz alias Cherif bin Louidane. L'homme est
aussi connu que respecté dans les milieux interlopes de Tanger, la ville de
tous les trafics. Dans le nord du Maroc, grenier à cannabis de l'Europe,
Kharraz est considéré comme un intouchable en dépit d'un lourd fardeau
judiciaire. Le gros bonnet est depuis des lustres sous le coup de plusieurs
condamnations à des peines de prison ferme. Son nom apparaît pour la première
fois en 1996 lors de la campagne d'assainissement lancée par Driss Basri,
l'ex-homme fort du régime de Hassan II. Kharraz écope de dix ans
d'emprisonnement, mais il reste en liberté comme la plupart des
narcotrafiquants de la région. On reparle de lui quelques années plus tard lors
du procès d'un de ses pairs. Puis il est l'objet d'un mandat d'arrêt
international lancé par un juge espagnol dans le cadre d'un dossier de
blanchiment d'argent de la drogue à Marbella.

Durant cette période, Kharraz vaque à ses occupations sans être inquiété.
Puissant promoteur immobilier, il achète des terrains, gère ses immeubles et
ses commerces. Selon Aujourd'hui Le Maroc, un quotidien proche du palais royal,
il va même jusqu'à contribuer au financement de la rénovation du commissariat
central de Tanger et offrir à l'administration un lot de terrains bien situé
pour être transformé en espace vert.

Kharraz aurait mis en cause Abdelaziz Izzou, le responsable de la sécurité des
palais royaux, lors de son interrogatoire. À en croire Libération, le journal
du Parti socialiste, les affaires à sensation qui éclatent dans le pays
marquent l'ouverture par l'État du «chantier de la moralisation de la vie
publique». «Le roi n'hésite pas à balayer devant sa porte. Ce faisant, il
délivre le message que la belle époque de l'impunité est révolue», écrit le
quotidien. Mais le scandale de Tanger soulève de nombreuses interrogations :
pourquoi avoir toléré aussi longtemps la vraie-fausse cavale de Kharraz ?
Pourquoi d'autres narcotrafiquants au profil similaire ne sont pas inquiétés ?


Des attaques contre des symboles du pouvoir

«Les dossiers du réseau terroriste appelé Ansar al-Mahdi et le coup de torchon
de Tanger ont en commun de déboucher sur l'éloignement de protégés du général
Laânigri, le patron de la police. Dans les deux cas nous assistons à une
instrumentalisation dans le cadre de manoeuvres souterraines», analyse le
politologue Mohammed Darif.

En clair, le pouvoir, d'ordinaire peu prolixe sur les errements de responsables
de secteurs sensibles, jouerait la transparence pour réorganiser son pôle
sécuritaire. La vieille garde déjà en place sous le règne de Hassan II serait
dans le collimateur du tandem constitué par Fouad Ali Himma, l'homme de
confiance de Mohammed VI et du ministre de l'Intérieur Chakib Benmoussa.

La large et inhabituelle publicité qui a accompagné le démantèlement des
cellules djihadistes liées au salafiste Hassan Khattab a, en tout cas, permis
de mettre en lumière le danger constitué par des soldats et des gendarmes
taraudés par un passage à l'action violente. Selon les autorités, Hassan
Khattab et ses complices préparaient des attaques d'envergures contre des
symboles du pouvoir, des casernes et envisageaient d'enlever des personnalités
marocaines et des diplomates. La menace n'est pas nouvelle : au lendemain des
attentats kamikazes perpétrés à Casablanca le 13 mai 2003, des militaires
considérés comme islamistes avaient vu leurs contrats résiliés. Et en décembre
2003, une cellule terroriste comprenant des soldats à l'origine d'un vol
d'armes avait déjà été mise hors état de nuire.

Soucieux de prévention, les autorités marocaines ont annoncé le 31 août la
suppression définitive du service militaire obligatoire. Dictée avant tout par
de nouvelles options stratégiques, la décision était prise de longue date.
Reste que son application immédiate va permettre aussi d'éviter d'initier au
maniement des armes et au frais de l'État de jeunes recrues rêvant à la guerre
sainte.


Thierry Oberlé

-------->
http://www.liberation.fr/actualite/monde/204604.FR.php

Le souverain marocain a limogé Hamidou Laânigri, figure de la vieille garde.
Mohammed VI dynamite ses services de sécurité


Par José GARÇON
QUOTIDIEN : Vendredi 15 septembre 2006 - 06:00

Inefficacité dans la lutte antiterroriste menée depuis les attentats sanglants
de Casablanca en 2003 et complicité dans le trafic de drogue... Le roi Mohammed
VI, qui semble vouloir prendre ces deux problèmes à bras le corps, s'est lancé
dans un sérieux ménage au sein des appareils sécuritaires. Si, dès fin août, le
chef des services de renseignements militaires, le général Belbachir, était
démis de ses fonctions, c'est le limogeage, mercredi, du général Hamidou
Laânigri qui a eu l'effet d'un coup de tonnerre. A 63 ans, le directeur général
du DGSN (Direction générale de la sécurité nationale) était considéré comme le
Monsieur Sécurité du royaume. Et comme un bon connaisseur des affaires
extérieures pour avoir été, pendant des années, le numéro 2 de la DGED, le
service d'espionnage marocain. Sa nomination à un poste de second rang ­
inspecteur général des Forces auxiliaires ­ne laisse aucun doute quant à la
volonté du roi de l'écarter. Si des ONG marocaines l'ont souvent accusé de
«dérives sécuritaires», ce n'est pas là qu'il faut chercher les raisons de son
étoile qui pâlissait depuis déjà quelques mois.


Infiltration.

Les ratés de la lutte antiterroriste y ont en revanche largement contribué. Le
démantèlement fin août d'une cellule terroriste de 56 membres nommée Ansar
el-Mehdi ­ qui projetait de multiplier les attentats contre des installations
de l'Etat et différentes personnalités au Maroc ­ a créé de sérieux remous. Car
ce réseau avait recruté neuf membres au moins de la police et de l'armée. Accusé
de n'avoir su empêcher l'infiltration des rangs de l'armée par les islamistes,
le général Belbachir a été remplacé par le colonel Maaiche, qui a été chargé de
réorganiser les services de renseignements militaires démantelés dans la foulée.
C'était un mauvais point pour le général Laânigri : Belbachir et un commissaire
des Renseignements généraux, lui aussi limogé, comptaient parmi ses proches.

La chute d'un baron de la drogue, Mohammed Kharraz, arrêté dans un village du
Rif le 25 août et qui s'est vite «mis à table», semble avoir fait le reste. Ses
confidences après son arrestation-événement ­il était un intouchable parmi les
gros bonnets de la drogue dans un Maroc principal producteur de haschisch à
destination de l'Europe ­ont sans doute enfoncé un peu plus le général
Laânigri. Car, là aussi, un des douze responsables marocains ­ officiers de
gendarmerie, de la police et du ministère de l'Intérieur ­mis en cause par
Kharraz dans des trafics de drogue à Tanger et à Casablanca était l'un des
proches du patron de la DGSN : Abdelaziz Izzou, ex-chef de la police judiciaire
de Tanger de 1996 à 2003 et directeur actuel de la... sécurité des palais
royaux, qui a été immédiatement démis par Mohammed VI.


Fourmilière.

Si l'existence de réseaux salafistes au Maroc est aussi patente que les
complicités haut placées dans le trafic de drogue, la surprise réside à la fois
dans la volonté de Mohammed VI de donner un coup de pied dans la fourmilière et
dans la publicité qui accompagne cette «moralisation de la vie publique».
«Pourquoi cacher que des petites cellules salafistes tentent d'agir chez nous
comme dans les autres pays de la région, ou que le Maroc ne veut pas devenir la
Colombie», avance un responsable marocain. La réalité est sans doute moins
angélique. Si Rabat prend un (mini) risque en médiatisant des informations
susceptibles de jeter un froid dans un pays touristique, celles-ci permettent
aussi de légitimer la prise de mesures de sécurité drastiques et de mettre
indirectement en garde les Marocains de ne pas succomber aux sirènes islamistes
à quelques mois des législatives.
Mais, au-delà, tout se passe comme si le roi prenait le pouvoir six ans après la
mort de Hassan II en réorganisant les appareils sécuritaires. Ainsi, ce sont des
civils et des hommes de sa génération ou à peine plus âgés, souvent même ses
très proches ­ à l'instar de Fouad Ali Himma, son homme de confiance, ou du
nouveau patron de la DGED connu pour son intégrité, Yacine Mansouri ­, qui sont
nommés à la tête des services de sécurité. Comme pour réduire l'influence de
l'armée dans ces questions sensibles pour un pays qui a connu plusieurs
tentatives de coups d'Etat. C'est aussi l'ex-gouverneur de El Aaiun, principale
ville du Sahara occidental, Charki Draiss, 51 ans, qui succède au général
Laânigri.

<-------------------->
1.2. PRESSE MAROCAINE
http://www.lejournal-hebdo.com/article.php3?id_article=9129

M. Tobji : « Israël nous a approvisionnés en munitions d'artillerie. On a
utilisé ce matériel sans même effacer les caractères hébreux »


Dans cette interview, Mahjoub Tobji revient sur des questions particulières
comme la guerre au Sahara. Il porte également un regard critique sur le Maroc
sécuritaire d'aujourd'hui et plus particulièrement la relation supposée tendue
entre Housni Benslimane et Hamidou Laânigri.

- Pourquoi avez-vous attendu tant d'années avant de publier votre témoignage ?
- Mahjoub Tobji : Je voulais que mes enfants soient à l'abri, qu'ils aient fini
leurs études et quitté le Maroc.

- En 1980, Ahmed Dlimi vous appelle à ses côtés comme aide de camp. Pourquoi
avoir accepté alors que vous veniez de refuser l'une de ses offres ?
- On ne pouvait pas résister indéfiniment à Dlimi et je l'aurais retrouvé en
permanence sur mon chemin. Je crois qu'il m'a choisi pour me contrôler car
j'étais devenu gênant au Sahara occidental. Je donnais de l'espoir aux soldats,
ce qui contrariait son projet d'instrumentaliser la guerre pour mettre la main
sur l'armée. À ses débuts, elle lui échappait car il était policier et non
militaire. Cela explique sans doute que la guerre au Sahara ait été menée en
dépit du bon sens. Plusieurs fois, Dlimi a essayé de me mouiller dans des coups
tordus et je pense que s'il n'avait pas été tué, il m'aurait éliminé.

- Pendant trois ans, vous avez côtoyé Dlimi au quotidien. Quelles relations
entretenait-il avec Hassan II ?
- Il lui faisait le baise-main en public et lui rentrait dedans en privé. A la
fin de sa vie, Dlimi a dépassé les bornes et péché par excès de confiance. En
décembre, un mois avant sa mort, il a haussé le ton avec Hassan II sur un
terrain de golf. Il refusait aussi de prendre le roi au téléphone. Je pense que
ce dernier ne lui a pas pardonné ce comportement. Je me demande aussi s'il n'y
avait pas un problème avec les Américains.

- Lequel ?
- Américains et Marocains s'étaient associés à l'hiver 1982 pour retourner un
colonel russe de l'ambassade de Russie à Rabat qui coiffait les services de son
pays en Afrique. A l'insu des Marocains, les Américains ont kidnappé le colonel
et l'ont emmené en Espagne. C'était facile car ils avaient en permanence un
avion à l'aéroport de Rabat-Salé qu'ils utilisaient pour se faire soigner en
Europe. Puis, après avoir debriefé le colonel, ils ont envoyé un petit dossier
aux Marocains ne concernant que le… Maroc. Dlimi était furieux et a commencé à
dire du mal des Américains.

- Pour vous, avant cet incident, Dlimi était leur homme. Avez-vous observé des
faits étayant cette thèse ?
- Je sais que les Américains laissaient Dlimi gérer les problèmes africains. Il
traitait sans trop d'égards notamment le président angolais Savimbi qu'il
faisait attendre jusqu'à 48 heures à la Mamounia avant de le recevoir. Pour la
Guinée-équatoriale, Dlimi faisait livrer chaque semaine de la nourriture par
avion C-130. Son président nous a envoyé un bateau chargé de bois de teck pour
nous remercier !

- Quelles relations entretenait Dlimi avec Israël ?
- Des relations essentiellement militaires. Pendant la guerre au Sahara, Israël
nous a approvisionnés en munitions d'artillerie. On a utilisé ce matériel sans
même effacer les caractères hébreux et on l'a payé avec des oranges livrées à
Marseille. Par contre, entre 1980 et 1983, Dlimi n'est jamais allé en Israël.
Les Israéliens venaient au Maroc en passant par l'Espagne, comme ce
parachutiste, patron de la célèbre brigade "Golani", qui m'a été présenté en
1982 comme un général canadien.

- Et avec l'Algérie ? Vous écrivez que Dlimi gérait la guerre au Sahara avec les
Algériens…
- En 1981 ou 1982, nous étions avec Dlimi et l'ambassadeur du Maroc en Suisse
dans une discothèque de Genève. A la table d'à côté, Dlimi a reconnu le général
algérien Slimane Hofman et l'a rejoint. Ils se connaissaient très bien ! Autre
détail : en pleine guerre du Sahara, Dlimi disposait d'un émetteur-récepteur de
mille watts que j'ai découvert par hasard dans le grenier de sa ferme, près de
Sidi Kacem. Pour communiquer au Maroc, on n'a pas besoin de ce type de matériel
qui sert pour les communications internationales. J'en déduis qu'il l'utilisait
pour parler avec les Algériens

- Comment Dlimi se comportait-il au quotidien ?
- C'était un homme d'un cynisme inouï, un "Richelieu matiné d'un Machiavel". Par
contre, quand un homme lui était fidèle, il le défendait bec et ongles. C'était
aussi un fonceur. Lorsque nous allions à New York, il aimait enfiler un jean et
des espadrilles et se balader dans les quartiers chauds du Bronx et de Harlem.
Cela embêtait les Américains qui assuraient discrètement sa protection. Il
avait une mémoire prodigieuse et je ne l'ai jamais vu prendre de notes. Mais il
n'oubliait pas ce qu'il disait ou entendait. C'était aussi un fêtard invétéré.
Ce n'était pas un intellectuel -ses lectures se limitaient à des romans
policiers- mais un homme doté d'une intelligence rare. Il n'aimait pas parler
en français et s'adressait toujours à moi en arabe. Autour de lui, les gens le
craignaient. Il les tenait tous d'une manière ou d'une autre et a acheté les
gens qui gravitaient autour de Hassan II. Il n'était pas chiche…

- Avant de servir Dlimi, vous étiez en poste au Sahara Occidental où vous
dirigiez un commando de Sahraouis, le 4ème CMV. Dans votre livre, vous dites en
fournissant un luxe de détail, que cette guerre a été menée au mépris des vies
des soldats marocains. Combien sont tombés ?
- Je connais le nombre de nos blessés : 2 300. Pour les morts, ce sont des
milliers. Il faut demander le chiffre exact au général Bennani car, lui, le
sait très bien.

- Vous expliquez aussi que le Maroc a introduit la corruption au Sahara…
- Ouvrons les yeux ! Les Sahraouis ne nous aimaient pas. Ils nous appelaient les
"petits chleuhs de Dieu". La majorité de ceux qui étaient à nos côtés ont été
achetés par le Maroc suivant des tarifs qui variaient selon leur position dans
les tribus. C'était le ministère de l'Intérieur qui gérait cela. Tout était
magouille au Sahara. Les produits vendus hors taxes dans le <Sud> étaient
revendus avec taxes au Nord. L'essence, le sucre, le thé, la farine, l'huile…
Tout y passait et cela continue aujourd'hui. Autre anecdote révélatrice : en
1980, j'ai vu une magnifique Peugeot 505 qu'un colonel avait offerte comme
cadeau de fin d'année à un haut gradé qui est aujourd'hui un des piliers de
l'armée. Ce haut gradé rêvait d'être commerçant et faisait partie avec Abdelhak
Kadiri de ce groupe de Fassis que l'Istiqlal a contraints à une carrière
militaire pour avoir des hommes dans l'institution.

- Quelles relations Hosni Benslimane avait-il avec Dlimi ?
- Des relations d'exécutant à patron. Il avait peur de Dlimi et l'appelait pour
valider des dossiers. Je le sais car c'est moi qui décrochait le téléphone pour
Dlimi.

- Vous affirmez que Benslimane devait être au courant des préparatifs du coup
d'Etat de 1972. Avez-vous des preuves ?
- A l'époque, Oufkir avait nommé Benslimane gouverneur de Kénitra. Un ancien de
Tazmamart qui était à la base de Kénitra m'a confirmé qu'avant l'attaque du
Boeing royal, Oufkir se rendait deux fois par semaine pour rencontrer les
pilotes. A chaque fois, Benslimane était avec lui. Comment aurait-il pu ne pas
être au courant ? Juste après le coup, il a été muté à Tanger comme gouverneur.
Pour moi, cet éloignement de Rabat était une punition.

- Etiez-vous au courant pour Tazmamart ?
- Je l'ai su incidemment en 1975. Le général Sefrioui me téléphone pour me dire
que le frère de Abdelaziz Allabouche était parti à Tazmamart avec un médecin
militaire français. Ils voulaient visiter une Casbah figurant sur une carte
touristique et ont été arrêtés par des gendarmes. J'ai demandé à Sefrioui
pourquoi et il m'a dit que les pilotes du coup d'Etat étaient là. Le frère
d'Allabouche étant à la Garde royale avec moi, j'ai dû témoigner pour le
dédouaner. Mais je n'ai jamais imaginé ce qu'était réellement Tazmamart.

- Que vous inspire Hamidou Laânigri ? Vous le qualifiez d'homme de main de
Benslimane…
- La rumeur voulant que les deux hommes ne s'entendent pas est fausse.
Benslimane est un homme de l'ombre qui a toujours utilisé un faire-valoir comme
Basri ou un bouc-émissaire comme Laânigri aujourd'hui. Benslimane contrôle
l'Intérieur par l'intermédiaire de Laânigri qui a placé des hommes à lui à la
tête de la DAG, de la DST et qui dirige la DGSN. Quand on contrôle tous les
services, on contrôle l'Intérieur. Pour moi, Benslimane a vidé l'Intérieur au
profit de Laânigri.

- Fouad Ali El Himma, ministre délégué à l'Intérieur et proche du roi, ne
sert-il pas de contre-pouvoir ?
- El Himma est passé par le cabinet de Basri. Il sait qui détient le pouvoir au
Maroc… Laânigri a les dents longues et je le crois tactiquement plus
intelligent que Benslimane. Il sait qu'il fait office de bouc-émissaire
aujourd'hui mais que grâce à Benslimane il contrôle indirectement les services.
Il se méfie de Benslimane S'il peut prendre la place de son mentor, il le fera.
Et je pense qu'il le fer.

----------->
http://www.lejournal-hebdo.com/article.php3?id_article=9127

Les chefs militaires marocains


Ma guerre en Syrie

J'ai appris beaucoup plus tard que le président syrien Hafez al-Assad avait
regretté l'accord qu'il avait conclu avec Hassan II et qu'il se serait
finalement volontiers dispensé de la présence d'unités marocaines. Hassan II
fut donc obligé d'expédier d'urgence un Boeing bourré de soldats pour le placer
devant le fait accompli. De son côté, Mou'amar al-Qadhafi, chef de l'Etat
libyen, déjà très remonté contre le Maroc, dépensait des millions de dollars en
propagande pour dire que notre présence n'avait rien à voir avec une éventuelle
guerre contre Israël, qu'elle n'était rien d'autre qu'une aide de « l'Alaouite
» Hassan II à « l'Alaouite » Assad. Ce qui, soit dit en passant, n'a
historiquement aucun sens.(…) Le 17 septembre 1973, après avoir assisté en sa
compagnie au baptême d'une promotion de pilotes de l'Ecole de formation de
Homs, entre Damas et Alep, le général Sefrioui (Mahjoub Tobji est alors l'aide
de camp du général Sefrioui) eut un aparté assez bref avec le général Naji
Jamil. A sa sortie, son visage s'était transformé et, comme je le connaissais
bien, cela ne m'échappa pas. Sur la route du retour, il fit arrêter la voiture
en rase campagne et nous nous mîmes à marcher sur le bas côté. Puis, grave,
après quelques moments de silence, il prit la parole :
C'est pour le 6 octobre.
Quoi, mon général ?
Je te répète que c'est pour le 6 octobre. On aurait dit que le général ne
voulait pas prononcer la phrase en entier, de peur d'être entendu par de «
grandes oreilles » embusquées quelque part dans l'espace environnant. Le poids
du secret était énorme et j'avais bien conscience de faire partie de l'infime
minorité au courant du déclenchement de la guerre d'0ctobre, une vingtaine de
jours avant son déclenchement. Quelle responsabilité ! (…) Hassan II en a
toujours voulu au général de ne pas l'avoir mis, lui, dans le secret. Lorsque,
le 15 novembre 1973, nous avons rapatrié au Maroc les blessés marocains, le roi
a dit au général Sefrioui (Mahjoub Tobji était à ses côtés et tenait dans les
mains le cadeau que le général avait rapporté de Damas au roi)« C'est toi ou
les Syriens qui n'ont pas eu confiance en moi ? » Le général venait de lui dire
qu'il ne pouvait se fier aux moyens de transmission et qu'il n'avait pas voulu
prendre le risque de compromettre une opération que l'état-major syro-égyptien
avait mis des mois à préparer. Hassan II lui rétorqua alors qu'il aurait dû
prendre l'avion pour venir lui rendre compte. Il lui rappela qu'il était le
chef des armées et que, à ce titre, il aurait dû être informé de l'entrée en
guerre de ses troupes. (…) Le 14 octobre, nous reçûmes la visite du colonel
Ahmed Dlimi, envoyé par Hassan II pour réconforter les soldats marocains.
C'était sa seconde visite en Syrie. La première avait eu lieu au début de
septembre. Il ne resta jamais plus de quelques heures et n'a jamais passé la
nuit sur place. Pour l'anecdote, en septembre, il avait amené avec lui trois
officiers de la DGED. Tout ce petit monde était en civil. L'un des officiers,
qui voulait jouer à l'espion, s'est présenté sous un faux nom. Il avait oublié
que c'était moi qui l'avais choisi trois ans auparavant pour intégrer ce
service naissant. (…) Outre Dlimi -mais ce dernier était dans son rôle- une des
rares personnalités marocaines à avoir visité le contingent marocain a été le
docteur Abdelkrim El Khatib. Arrivé à la mi-octobre alors que le vent tournait
en défaveur des Arabes, il est resté au moins deux semaines. Très proche du
Palais, ce chirurgien, aussi brillant qu'ambigu, n'a pas rechigné et a bien
travaillé dans la discrétion, sans manifester d'exigence particulière. Un
comportement qui fut apprécié ! (…) Je ne suis pas prêt non plus d'oublier
notre arrivée au Maroc, dans le port de Tanger. Le choc fut cruel. Des
gendarmes, armes au poing, occupaient un quai vide de toute présence civile. En
quelque sorte, les pestiférés étaient de retour ! Peut-être poussés par Dlimi,
Hassan II et son entourage craignaient sans doute que nous ayons été séduits
par l'idéologie du parti Ba'ath. Ils se trompaient car, jamais, les cloches de
cette formation panarabe n'ont sonné à nos oreilles. Sans doute le roi
craignait-il aussi qu'on ne fit de nous des héros…


Sous les ordres de Dlimi

(…) Dlimi était un personnage hors du commun, un Machiavel capable des pires
cruautés. Je ne l'ai jamais vu prendre note de quoi que ce soit. On aurait dit
qu'il avait été programmé pour le métier d'homme de l'ombre. Il ne laissait
jamais de traces. (…) Cependant, contrairement à Oufkir, que l'argent
n'obsédait pas, Dlimi a amassé en très peu de temps une fortune colossale. Avec
le pouvoir et l'argent, il ne lui manquait plus rien sauf la couronne, dont il
n'avait que faire puisqu'il détenait dans les faits le véritable pouvoir. (…)


Ma guerre au Sahara Premiers soucis

Je rappelle que le Polisario a capturé plus de 2 300 soldats marocains et que,
de notre côté, nos prises se sont limitées à une petite vingtaine de
combattants sahraouis. (…) Notre hiérarchie, elle, n'avait rien trouvé de mieux
que d'amener dans ces lieux l'alcool, la corruption et la prostitution. Par
rejet d'un tel Maroc, de nombreux Sahraouis étaient favorables au Polisario.


Deux ennemis : le Polisario et nos chefs

Pour nous, sur le terrain, les temps étaient difficiles. Nous avions affaire à
deux ennemis : l'officiel, le Polisario, et ceux qui nous commandaient. Pendant
que ces derniers se remplissaient les poches, les officiers sur le terrain
exécutaient leur mission avec des bouts de chandelle. (…) Au passage, je dois
préciser que, de tout temps, le Polisario est resté le maître de manœuvre
choisissant l'heure et l'endroit pour attaquer à sa guise, tandis que nous nous
contentions de réagir. Les autres unités étant clouées au sol, les miennes
étaient les seules habilitées à la poursuite. Poursuites, qui, au demeurant,
n'étaient jamais déclenchées à temps mais avec plusieurs heures de retard, ce
qui permettait à l'ennemi d'assurer tranquillement son repli. Je ne pouvais
hélas agir que sur ordre.


Black-out autour de Hassan II

En tant que monarque et, à ce titre, commandant en chef des Forces armées,
Hassan II disposait d'un poste de commandement avancé (PCA) comprenant
d'importants moyens de transmission qui le suivaient partout et lui
permettaient, chaque fois qu'il le souhaitait, de se brancher sur le réseau des
unités engagées et de suivre ainsi les opérations. Or, dès 1979, le général
Zarieb, inspecteur des Transmissions, fit installer, sur ordre de Dlimi, des
brouilleurs et des débrouilleurs sur tous les postes radio des unités en
opération en zone 'Sud'. Et quand le roi s'inquiétait de ne pouvoir écouter nos
conversations - il l'a confié à plusieurs de mes camarades officiers ayant servi
au PCA qui me l'ont rapporté -- on lui répondait que c'était l'ennemi qui
altérait le réseau… Dlimi en personne montait au créneau : « Majesté, c'est
l'ennemi qui brouille les transmissions ! »(…) Par ailleurs, les chefs
militaires marocains, à commencer par Dlimi, ainsi que les autorités civiles
n'ont eu de cesse que de recourir à des méthodes de basse police pour tenter
d'acheter les populations sahraouies. Cette politique basée sur l'achat des
hommes et des âmes est sans doute parvenue à pervertir un certain nombre de
Sahraouis. Mais, si j'en crois le rejet que suscite aujourd'hui le régime
marocain, ce peuple fier a su limiter les dégâts. (…)


L'appât du gain

Au Sahara, nous avons payé chèrement les dérapages et les dérives de la plupart
des responsables militaires dont le premier souci était l'appât du gain. Ils
ont consacré toute leur ingéniosité, tout leur savoir à ramasser des fortunes
en trafiquant avec les îles Canaries, en rognant sur tout ce qu'ils pouvaient,
et en particulier sur ce qui devait en principe revenir à leurs subordonnés :
nourriture, services, etc. On a vu, par exemple, des chefs de corps, comme le
colonel Ouya, vendre des beignets à leurs soldats ou multiplier par deux le
prix des limonades écoulées dans leurs cantines (…) A ma connaissance, outre
les 2300 prisonniers, le bilan de cette triste période a été la mort de
milliers de soldats (NOTE : seul, le patron au Sahara jusqu'en 2004, le général
Aziz Bennani et quelques-uns de ses proches connaissent les vrais chiffres), ce
qui a engendré des dizaines de milliers d'orphelins, à quoi s'ajoutent les
milliers de veuves qui se sont retrouvées du jour au lendemain à la rue et sans
le sou.


Sans respect pour nos morts

J'ai également très mal vécu le comportement de la hiérarchie militaire à
l'égard de nos soldats morts au combat.(…). Je défie ainsi quiconque de
m'indiquer un seul cimetière consacré aux sépultures de nos morts dans cette
sale guerre. (…). Pour moi, tous ces squelettes oubliés dans le désert sont
doublement des martyrs ; martyrs d'une nation, victimes de chefs ingrats. (…)
Le jour où les généraux Aziz Bennani, Zouhri et Reda rendront compte pour de
bon des dessous de cette guerre, les Marocains et le reste du monde
découvriront que le Maroc, ses soldats et le peuple sahraoui ont été les
victimes d'une farce macabre. Aujourd'hui généraux, Reda et Zouhri, qui ont
travaillé près de 30 ans sous les ordres de Bennani, ont tenu les registres des
morts et des blessés et ont toujours été au courant des secrets de Bennani.
Pourquoi tout cela ? Parce que Dlimi s'est servi de ce conflit pour prendre le
contrôle de l'ensemble de l'armée et parce que Bennani et Benslimane ont
continué après sa mort dans cette voie, jusqu'en 1991. (…) Résumons la
situation à la fin des années soixante-dix. Une grande partie de l'élite
sahraouie, qui a été torturée et incarcérée, est passée dans le camp ennemi. De
nombreuses familles, terrorisées, ont été poussées à l'exil. (…) Il n'en fallait
pas plus à mes yeux pour, prolonger la guerre, sinon la perdre. Je suis
convaincu que c'est exactement cela qu'avait prévu le général Dlimi,
homme-orchestre de toute cette affaire. Au départ, les opérations dans le Sud
lui permirent de mettre la main sur l'armée. Une longue guerre lui donna
ensuite l'occasion de garder le roi sous pression et de mettre au pas tous les
partis d'opposition. (…)


Dlimi et la scène internationale

Ainsi, un jour, « John », second du bureau de la CIA, me demanda pourquoi nous
laissions traîner plusieurs jours à Rabat les renseignements que nous
fournissait l'U-2 (NOTE : célèbre avion espion américain) au lieu de les
utiliser. Devant mon étonnement, John me montra quelques exemplaires où l'on
voyait nettement des colonnes de jeeps et de camions du Polisario. Il
m'expliqua que, pour nous aider d'une manière discrète mais efficace, les
Etats-Unis nous faisaient profiter de renseignements sur des convois ennemis
partis de Tindouf et que, malheureusement, ces clichés circulaient pendant des
jours entre les différents bureaux de l'état-major et ceux de la DGED, au lieu
d'être immédiatement exploités. Parti du nord de l'Angleterre, l'avion espion
U-2 survolait le Sahara occidental et nous fournissait quelques heures plus
tard des renseignements qui n'avaient pas de prix : forces en présence,
coordonnées etc... Ces objectifs ne pouvaient être traités que par l'aviation
et si nous avions exploité ces renseignements de source américaine, nous
aurions pu mettre fin à la suprématie du Polisario sur une grande partie du
territoire. Mais, comme je l'ai déjà dit, le but recherché n'était pas de
gagner la guerre mais de la faire durer. Je me demande bien sûr pourquoi les
Américains n'en ont pas parlé à Hassan II. A moins qu'ils l'aient fait par
courrier et que ce dernier ait été intercepté par Dlimi ? Peut-être. En tout
cas, ils cessèrent de nous fournir des informations.


Les corrompus

Il est difficile de parler du conflit au Sahara sans évoquer le fameux mur
commencé en 1980 sous le règne de Dlimi et parachevé en 1984.(…) Beaucoup de
bêtises ont été écrites sur ce mur qui n'a rien à voir avec le mur de Berlin ni
même avec celui, honteux, que construisent depuis de nombreux mois les
Israéliens sous prétexte de réduire le terrorisme. Le "mur" au Sahara est en
fait un remblai relativement facile à franchir avec un poste marocain tous les
vingt ou trente kilomètres. Des barbelés et quelques champs de mines étaient
disposés ça et là, mais croire que ce mur avait un effet dissuasif est une
plaisanterie. J'ai vu à plusieurs reprises des cassettes de journalistes
espagnols sur lesquelles on voyait des soldats du Polisario franchir le mur où
et quand ils le voulaient. (…) Pour assurer la paix dans le secteur, rien ne
valait un bon accord entre généraux algériens et marocains. Ces derniers
trouvaient d'ailleurs moyen de mettre le mur à profit. Quand je servais dans le
'Sud' et au cours des années qui suivirent, un chameau coûtait environ 500 euros
en Mauritanie. Dès qu'on pénétrait au Sahara ou qu'on franchissait le mur, ce
fameux mur, le prix triplait. Or, un camion militaire ne pouvait franchir le
mur sans l'accord du colonel responsable du secteur. Quand Aziz Bennani ne
touchait pas son dû, le colonel « négligent » était mis à l'écart, relevé de
ses fonctions et renvoyé dans ses foyers. Le trafic de chameaux était placé
sous le contrôle direct de l'état-major de Bennani, qui donnait les bons
d'importation. (…) Vers la fin des années soixante-dix, en décembre 1979,
précisément, toute la zone 'sud' attendit avec impatience l'arrivée de Ouhoud
(NOTE : Du nom d'une des grandes batailles menées par le prophète Mohammed.
Cette unité fut mise en place par Dlimi en 1979 et il l'installa en 1980 à Zag,
sous l'appellation « 7ème brigade », en la confiant au colonel el-Haïk, lequel
serait arrêté en même temps que moi en 1983), une imposante unité de douze
mille hommes très bien armés et équipés de matériel sophistiqué. Certains de
ceux-ci, comme les appareils de vision nocturne, les gilets pare-balles ou les
combinaisons ignifugées, venaient directement d'Israël, pays avec lequel Dlimi
entretenait les meilleures relations du monde. Pour les appareils de vision, la
hiérarchie marocaine ne prenait même pas la peine de faire disparaître les
références en caractères hébreux. En revanche, sur les combinaisons ignifugées,
Israël figurait en lettres latines. Des hélicoptères assuraient en permanence le
ravitaillement de cette clique de ripoux ou d'incapables à partir d'Agadir.
Beaucoup d'officiers reconnurent devant moi n'avoir jamais manqué de glaçons !
C'était aussi la première fois que l'armée marocaine allait utiliser du
personnel féminin directement dans des unités de combat : une cinquantaine,
dont un certain nombre servirent à dissiper l'ennui et à assurer le repos de
nos « valeureux guerriers ». Cependant, malgré tout le tapage qui
l'accompagnait, Ouhoud n'aura fait en tout et pour tout qu'une balade le long
de la côte atlantique jusqu'à Dakhla-Villa Cisneros à l'extrême sud de la
'province'. Mouvement que ne justifiait aucune nécessité tactique, les combats
véritables se déroulant plus au nord et à l'est, où se trouvaient les bases
avancées du Polisario, notamment du côté de Toukat, à l'est de Smara.
Etrangement, toutes les grandes opérations menées par nos troupes à la demande
de Hassan II n'ont jamais concerné ces régions-là. A cette époque, le roi
pouvait encore suivre les opérations à la radio. Exaspéré par ce qu'il
entendait, il poussait l'état-major à monter d'amples opérations aussi vaines
qu'inutiles car elles revenaient à lancer un troupeau de pachydermes à l'assaut
d'une bande de macaques. Alors, selon l'humeur du moment, on les affublait de
noms comme « essuie-glace », allusion à ceux qui cherchaient à se débarrasser
des moucherons collés à leur pare-brise-autrement dit une opération totalement
dérisoire ! (…) Durant le passage de Ouhoud à El-Ayoune, la garnison de Bir
Inzar, au nord-est de Dakhla-Villa Cisneros, subit une grande défaite, l'ennemi
ayant pénétré dans les lieux en faisant plus de quatre-vingt prisonniers et en
récupérant autant d'armes et de matériel qu'il pouvait en transporter.
Pourtant, cet événement fut présenté par les organes d'information marocains
comme une grande victoire. Plusieurs villes et places du royaume portent
d'ailleurs le nom de cette localité, glorifiant ainsi ladite « bataille » ! (…)
Pendant la nuit, je fus réveillé par des appels radio du capitaine me demandant
de le rejoindre. Je lui répondis que je n'en voyais pas la nécessité, qu'il
devait tenir sa position et attendre le lever du jour. Quelques minutes plus
tard, mes fidèles Sahraouis (…) m'apprirent que des hommes de la compagnie
quittaient leur position. Je dus tirer en l'air pour leur faire rebrousser
chemin. Pour sa part, le capitaine Lyoussi n'était plus joignable. Silence
radio total. Intrigué par cette situation, je rendis compte au commandement en
lui demandant l'appui de l'aviation pour le lendemain. Ce qui fut fait, mais
sur nos têtes !…Et qu'on ne vienne pas me dire qu'il s'agissait d'une erreur
des pilotes. C'était absolument impossible, le terrain étant bien marqué. Les
pilotes disposaient en outre d'instruments modernes de navigation. Si j'avais
eu une liaison sol-air rien ne se serait passé car je connaissais
personnellement plusieurs de ces pilotes. Mais le commandement savait que je
n'en avais pas et il en joua. Ce n'est pas pour rien que nombre de mes
camarades m'appellent encore aujourd'hui « le miraculé ». Malheureusement, les
dégâts collatéraux furent importants et de nombreux jeunes soldats trouvèrent
la mort. (…)
La farce continue Comme si l'incompétence et/ou la malhonnêteté de beaucoup de
cadres de l'armée ne suffisait pas, nous devions aussi supporter les
aberrations de l'administration qui sapaient un peu plus le moral des troupes.
Par exemple, les familles des militaires faits prisonniers par l'ennemi
continuaient -et continuent- à percevoir les soldes de leur époux, alors que
celles des tués se retrouvaient sans rien dès la disparition du leur et ce,
pendant des mois et des mois, délais nécessaires à l'obtention d'une pension. A
partir de là, aucune combativité n'est plus possible, le soldat préférant rester
en vie pour laisser sa famille à l'abri du besoin plutôt que de combattre et de
mourir pour une misérable pension. Le geste est simple : il suffit de lever les
bras et se rendre à l'ennemi. Ceci explique en partie le nombre très élevé de
prisonniers marocains chez le Polisario : plus de 2300 hommes ! (…)


Les hommes de Dlimi

La mort de Dlimi Le 22 janvier 1983, alors que nous étions à Marrakech, Dlimi
m'annonce que nous allons rentrer à Rabat pour la nuit. (…). A Rabat, le
général me demande de le retrouver le lendemain à neuf heures pour repartir sur
Marrakech. Cependant, le jour suivant, au moment où je m'apprête à poser le pied
sur la première marche de l'escalier permettant d'accéder à la carlingue de
l'avion, Dlimi se tourne vers moi et me demande de rester à Rabat pour
compléter un dossier d'amodiation de chasse qu'il avait choisie dans la région
de Fès. Il précise qu'il remontera le lendemain sur Rabat en compagnie du roi
et du président François Mitterrand. C'est ainsi que Dlimi, bien
involontairement, me sauva la vie. Il ne fait en effet aucun doute que j'aurais
été à bord dans sa voiture au moment de sa disparition. Radio France
Internationale (RFI) a d'ailleurs annoncé ma mort en même temps que celle du
général. (…) Or, dans la soirée du 23, alors que je me trouvais encore à Rabat,
un communiqué assez laconique retransmis par la télévision annonce
officiellement la mort de Ahmed Dlimi par suite d'un accident de la
circulation. Je me précipite au domicile de Dlimi afin de voir si son épouse,
Zahra, souhaite m'accompagner à Marrakech. Mais elle était déjà partie. Je
contacte alors au Palais royal l'officier qui s'occupait du pool d'avions que
nous utilisons habituellement et lui demande de me fournir un moyen aérien pour
rejoindre Marrakech. Après une discussion interminable, je peux obtenir un
appareil. Un des frères de Dlimi, qui se trouvait à Rabat, m'accompagne. Arrivé
sur le lieu de l'accident vers deux heures du matin, je découvre avec surprise
les sapeurs pompiers, sous les ordres du gouverneur Mustapha Tarek en personne,
en train de nettoyer l'endroit à grands jets d'eau. Les corps et les véhicules
avaient déjà été enlevés. Tout cela me parut bizarre. Habituellement, dans de
telles circonstances, on délimite les lieux de l'accident afin de pouvoir, au
lever du jour, procéder à de plus amples recherches. Plus tard, à la villa du
général, le colonel Bernichi m'assura avoir reconnu le bras de Dlimi, détaché
du reste du corps, lequel gisait sous le camion, grâce à un bracelet en poils
d'éléphant que Dlimi portait constamment au poignet. Ce détail était exact. (…)
Le soir (nous sommes le 25 janvier), à 19 heures, après avoir raccompagné le
président Mitterrand au palais de hôtes, Hassan II est venu en personne au
domicile de Dlimi à Rabat. C'était la première fois dans l'histoire du Maroc
qu'un souverain alaouite venait en personne présenter ses condoléances à une
famille endeuillée. A sa veuve à côté de laquelle je me trouvais, il déclara
qu'il prendrait la famille sous sa protection. Effectivement, le roi tint
parole et contrairement à ce qui s'est passé avec la famille Oufkir, Zahra
Dlimi et ses enfants n'ont jamais été inquiétés, ni leurs biens touchés. Il
fallait avant tout conforter la thèse de l'accident et Hassan II le fit…
royalement. (…)


Driss Basri, la créature de Dlimi

Depuis toujours Driss Basri passe pour avoir été le « tout-puissant » ministre
de l'Intérieur de Hassan II. Il a sans doute joué un rôle important sous le
règne de ce dernier mais l'on sait moins qu'il a surtout été la créature de
Dlimi qu'il a servi jusqu'à la mort de ce dernier avec zèle et servilité. En
mars 2005 (NOTE : Interview à Jeune Afrique, l'Intelligent) il a d'ailleurs une
nouvelle fois rendu hommage à son ancien maître estimant que Dlimi, avec Oufkir,
Guédira et…lui-même, avait été l'un des « quatre grands serviteurs » du
souverain disparu. Dans la même interview, il a aussi vigoureusement défendu sa
mémoire : « Tout ce que je puis dire, c'est que Dlimi ne fut pas un traître,
absolument pas. C'était un patriote. Un patriote jusqu'au bout ».


Housni Benslimane :

le disciple prend la succession. De fait, quand on interroge les victimes
marocaines de ces violations, son nom revient périodiquement. De 1973 à 1990,
il s'est rendu à plusieurs reprises dans le tristement célèbre bagne de
Tazmamart, dans le sud-est du Maroc. Cela n'a rien de surprenant dans la mesure
où plusieurs de ses proches collaborateurs, ont supervisé le transfèrement des
mutins vers le bagne. (…)


Mohamed Médiouri,

une autre créature de Dlimi Parce que Hassan II ignorait à peu près tout des
liens privilégiés de Dlimi avec Médiouri, la carrière de ce dernier a été tout
à fait remarquable. Dix ans seulement après sa nomination, il avait atteint le
plus haut grade de la police, administration à laquelle il a d'ailleurs
toujours été rattaché. Parallèlement ou simultanément, il a amassé une énorme
fortune.. (…) Mais Machiavel/Dlimi avait toujours besoin d'"assurer".

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http://www.lejournal-hebdo.com/article.php3?id_article=9130

Le droit d'être sceptique. La lutte contre le terrorisme est instrumentalisée
pour anesthésier le débat


C'est d'un ton martial que notre ministre de l'Intérieur a mis en garde tous
ceux qui douteraient de la validité des assertions des enquêteurs dans
l'affaire du groupe dit "Ansar Al Mahdi". Pourquoi les rodomontades de Chakib
Benmoussa, notre cher ministre de l'Intérieur, rappellent-elles furieusement la
rhétorique des Bush, Cheney et autres Rumsfeld ? Parce que les arguments sont
les mêmes. En fait, c'est le classique "Vous êtes avec nous ou contre nous", le
"contre nous" vous mettant dans la catégorie des alliés du terrorisme. Les
événements internationaux nous démontrent chaque jour la nocivité de la
philosophie bushienne. En l'occurrence, ce qui est nocif pour le monde l'est
pour le Maroc. Il ne fait aucun doute que la lutte contre le terrorisme a
permis aux Etats-Unis un transfert de pouvoirs, dans les faits, en faveur de
l'exécutif. Au Maroc, l'exécutif étant déjà richement doté en la matière, la
lutte contre le terrorisme est instrumentalisée pour anesthésier le débat et
soumettre une dissidence intellectuelle essentielle à la construction
démocratique. C'est dans ce cadre qu'il faut analyser les propos du ministre de
l'Intérieur. Hélas, l'Etat ne s'est pas contenté d'avertissements puisque les
avocats d'individus appréhendés dans le cadre de l'enquête sont aujourd'hui
menacés de poursuites judiciaires pour avoir douté des affirmations de la
police. L'affaire est d'autant plus scandaleuse que la crédibilité n'a pas
toujours été du côté de l'Etat dans ce genre de situation.

On se rappelle de l'affaire de la supposée cellule d'Al Qaïda en 2002. Alors que
la police et le Parquet avaient affirmé que les trois Saoudiens étaient liés à
l'organisation terroriste de Ben Laden, la justice marocaine finira par ne pas
retenir contre les prévenus les chefs d'accusation qui les incriminaient de
terrorisme.

Que dire aussi du scandale Moul sebbat. Arrêté après les aveux d'un des
kamikazes du 16 mai, il fut très vraisemblablement tué sous la torture.

L'affaire Guerbouzi ne manque pas de sel non plus. Selon les autorités, cet
émigré marocain en Grande Bretagne aurait participé aux attentats du 16 mai. En
conséquence, ils ont demandé son extradition aux autorités britanniques. En
vain. Difficile de croire q'un pays victime du terrorisme comme la Grande
Bretagne refuse de livrer un tel criminel, à moins qu'il ne soit pas convaincu
de sa culpabilité.

Dans l'affaire d'Ansar Al Mahdi, et comme c'est souvent le cas pour pareille
affaire, l'opinion publique marocaine est ce qu'on appelle en jargon
journalistique mono-source. Les services de police sont les seuls fournisseurs
d'informations. Juger de la vraisemblance de ces informations, avoir donc une
attitude sceptique est primordial. Si le combat contre le terrorisme est
nécessaire et si l'Etat joue un rôle important dans cette lutte, il reste que
le scepticisme doit être de mise. L'Etat ne peut gagner seul ce combat, en tous
les cas pas en aliénant la société. Lorsque les services de l'Etat, déjà peu
comptables de leurs actes, demandent en plus l'immunité de tout examen
critique, ils provoquent la défiance de la société. Une défiance justifiée par
l'accumulation des injustices qui a marqué la lutte contre le terrorisme. On
dit que la guerre est une chose trop importante pour être laissée entre les
mains des militaires. De même, la lutte anti-terroriste est une chose trop
grave pour être laissée entre les seules mains des services de l'Etat.


Par Aboubakr Jamai

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http://www.lejournal-hebdo.com/article.php3?id_article=9139

Si j'étais dans un état de droit…


Si j'étais dans un véritable Etat de droit, les principes de la présomption
d'innocence, du secret de l'instruction, du respect des droits juridiques et
humains des accusés seraient strictement observés.

Si j'étais dans un véritable Etat de droit, je pourrais remettre en question, et
en toute quiétude, les déclarations des dirigeants de mon pays, quels que soient
les postes qu'ils occupent, sans pour autant être accusé de quoi que ce soit. Je
le ferais d'autant plus que, par le passé, la lutte contre le terrorisme a connu
tant de dérapages, tant d'abus. Que l'on se rappelle de ce Koweitien qui a subi
les pires tortures et qui s'est révélé innocent de tout ce dont on l'accusait.
Que l'on se rappelle les péripéties ubuesques de « la cellule dite dormante »
d'Al Qaïda. Que l'on se rappelle les rafles opérées au lendemain des attentats
du 16 mai et des procès iniques, pour la plupart, qui s'en- suivirent.

Si j'étais dans un véritable Etat de droit, la séparation des pouvoirs serait
effective. Si j'étais dans un véritable Etat de droit, la justice serait
indépendante des autres pouvoirs et principalement de l'Exécutif.

Si j'étais dans un véritable Etat de droit, les principes de la présomption
d'innocence, du secret de l'instruction, du respect des droits juridiques et
humains des accusés seraient strictement observés.

Si j'étais dans un véritable Etat de droit, quiconque violerait ces principes
serait poursuivi devant la justice et condamné.

Si j'étais dans un véritable Etat de droit, celui-ci veillerait à faire
respecter l'ordre public conformément aux dispositions des lois et des
réglementations en vigueur, lutterait contre la criminalité et les criminels,
tout en garantissant aux individus leurs droits fondamentaux, nonobstant les
faits qui leur sont reprochés, y compris des actes de nature terroriste.

Si j'étais dans un Etat de droit, celui-ci ne violerait pas les lois pour faire
respecter la Loi.

Si j'étais dans un Etat de droit, l'accusateur plaiderait ses accusations par
tous les moyens que la loi met à sa disposition.

Si j'étais dans un Etat de droit, tout accusé aurait la possibilité de se
défendre par tous les moyens que lui garantit le droit national et
international pour récuser les accusations portées contre lui. Un accusé
pourrait ainsi déclarer avoir été enlevé, séquestré, torturé, violé, sa
signature falsifiée. De même pourrait-il dénoncer avoir été victime d'une
dossier fabriqué de toutes pièces. Et l'accusateur ne pourrait en aucun cas lui
interdire ou lui reprocher, d'avoir recouru à tel moyen de défense. C'est ce que
la Cour Européenne des Droits de l'Homme et le droit international appellent
l'égalité des armes.

Si j'étais dans un Etat de droit, ni les accusations formulées par l'accusateur,
ni les moyens de défense avancés par l'accusé ne seraient considérés comme des
vérités révélées.

Si j'étais dans un Etat de droit, c'est à un tribunal composé de juges, aussi
intègres qu'indépendants, qu'il échoira de décider de la véracité des arguments
et de la recevabilité des preuves des deux parties.

Si j'étais dans un véritable Etat de droit, les procès verbaux établis par la
police judiciaire ne constitueraient pas des preuves irréfutables et il n'y
aurait d'aveux qu'en présence du juge.

Si j'étais dans un véritable Etat de droit, « les révélations et accusations »
énoncés par les ministres de l'Intérieur, concernant l'affaire dite "de la
cellule des Ansar El Mahdi" ne constitueraient-ils pas une violation du
principe du secret de l'instruction ?

Si j'étais dans un Etat de droit, accepterions-nous des agissements de nature à
influencer le cours de la justice, pour ne pas parler de pressions et
d'intimidations ?

Si j'étais dans un Etat de droit, ces « révélations et accusations » ne
seraient-elles pas une atteinte flagrante au principe de la présomption
d'innocence ?

Si j'étais dans un Etat de droit, tout avocat ne bénéficierait-il pas de
l'immunité garantie par la loi dans le cadre de l'exercice de sa fonction et
des droits que lui assure la loi sur la presse et celle régissant la liberté
d'expression ?

Si j'étais dans un Etat de droit, un avocat ne pourrait être poursuivi ni
accusé, pendant l'exercice de ses activités professionnelles, pour ses écrits,
ses déclarations ou plaidoiries. Rappelons que les avocats qui , pendant les
terribles années de plomb, ont dénoncé la torture et la mort de Saïda El
Mnebhi, de Zerroual, de Chbada, de Douridi et de bien d'autres, ont été certes
menacés mais jamais on n'a été les chercher chez eux pour les soumettre à des
interrogatoires, comme ce fut le cas pour Zhrache , un des défenseurs des cités
dans l'affaire de la cellule dite des "Ansar El Mahdi" . Ainsi, après les
"Années de plomb", voilà qu'arrivent les années de "l'Age d'or" !


Khalid Jamai

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Un gradé secoue l'armée


L'armée marocaine n'est plus la grande muette. Pour la première fois, un
officier rompt le silence dans un livre. Cet officier est le commandant Mahjoub
Tobji, ancien aide de camp d'Ahmed Dlimi et aujourd'hui retraité. Son ouvrage,
qui sort cette semaine en France aux éditions Fayard, s'intitule « Les
officiers de Sa Majesté, les dérives des généraux marocains ». Présenté comme
un témoignage, il fourmille d'anecdotes révélatrices sur les maux qui rongent
l'armée depuis que Hassan II a déclaré, au lendemain des deux coups d'Etat,
devant de jeunes militaires : « Si j'ai un bon conseil à vous donner, c'est
dorénavant de faire de l'argent et de vous éloigner de la politique ».
Participation du Maroc aux côtés des Syriens dans la guerre israélo-arabe de
1973, guerre bâclée contre le Polisario, corruption à tous les étages, Dlimi
intime, ses méthodes, Tazmamart… Mahjoub Tobji déballe tout ce qu'il a lu, vu,
entendu et son ouvrage constitue un précieux témoignage sur l'histoire du
royaume. Il livre en prime son analyse personnelle sur le pouvoir de l'armée
aujourd'hui. Et c'est là que le bât blesse.

Tobji charge lourdement, peut êtretrop lourdement, l'homme qui a ruiné sa
carrière militaire : Hosni Benslimane. Entre le juge français Ramaël qui veut
l'interroger sur l'affaire Ben Barka et l'AMDH qui l'inscrit sur sa liste noire
des personnalités ayant violé les droits de l'Homme, Benslimane n'est pas un
saint. Mais est-il pour autant l'âme damnée du makhzen et régent du royaume
comme semble l'indiquer Tobji ?

Tobji estime en effet que le Maroc a toujours été dirigé par des militaires :
Oufkir, Dlimi, Benslimane et demain Laânigri. Même si, à part les intéressés,
personne n'est capable de positionner avec certitude le curseur entre les
militaires et la monarchie.

Pour Laânigri, des indices montrent que « tirer sur lui revient à tirer sur une
ambulance », pour reprendre les termes de proches du Pouvoir. Le fait que le
patron de la DGSN, qui coiffe théoriquement la DST, ne dispose même plus d'un
homme à lui à la Surveillance du territoire est un indice révélateur. Le
limogeage du général Belbachir, un de ses alliés les plus proches est une autre
indication de ses déboires. Mais, bien sûr, il peut revenir sur le devant de la
scène.

Pour Benslimane, les choses se corsent tant le surnom de « poisson savonné » lui
sied. Une chose est sûre, il est puissant et certains, dans les services
étrangers, voient en lui une roue de secours si le Maroc part en vrille. La
force de Benslimane est surtout d'avoir su nouer des alliances au Maroc.
D'abord familiales au cœur du Makhzen et bien sûr militaires, amicales et
financières avec Abdelaziz Bennani lorsque celui-ci officiait dans la zone
'Sud'. À eux deux, ils tiennent l'armée.

Pratique pour signaler les lignes rouges au Palais. Ben Barka et Tazmamart en
font partie. N'était-ce pas Hassan II, père de Mohammed VI, qui donnait les
ordres ? Entre ces généraux et la monarchie, nous serions plutôt, pour
reprendre l'expression du journaliste Khalid Jamaï, dans « une guerre des
cadavres dans les placards » parvenue à l'équilibre. Mais le Palais dispose
d'un atout de taille : le roi est jeune. Pourquoi ouvrir les hostilités avec
les caciques de son père qui se soucient d'abord de conserver leurs privilèges
? À défaut de pouvoir se séparer de Benslimane, surtout lorsqu'il menace de
prendre sa retraite, traitant au passage les proches du roi de clowns, Mohammed
VI sait qu'il tient la corde. Par contre, pour Dlimi et le Sahara, Tobji semble
coller à la réalité lorsqu'il montre, preuves à l'appui, que le Maroc et
l'Algérie coopéraient sur les lignes rouges à ne pas franchir. Même si Dlimi,
soutenu par les services français et britanniques, était très puissant, on
regrette que Tobji dédouane Hassan II de cette réalité. Le monarque exploitait
les relations algériennes de Dlimi qui, à la fin des années 70, rencontrait à
Genève en compagnie de Réda Guédira, le ministre algérien des Affaires
étrangères pour préparer une rencontre entre Hassan II et Boumediene.

C'est cela aussi qui manque au livre de Tobji : des révélations sur Hassan II.
En tant qu'ancien aide de camp de Dlimi, il en sait forcément plus que ce qu'il
écrit.


Par Catherine Graciet

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Portrait : Commandant Mahjoub Tobji, un officier rebelle


C'est un homme qui accueille, d'une poignée de main énergique, ses visiteurs à
l'aéroport de Pau, une ville du sud-ouest de la France où il vit depuis 2002
dans un modeste deux pièces. À quelques jours de la sortie de son livre dans
l'Hexagone, Mahjoub Tobji, jeune retraité des FAR, est serein et jubile. Sa
récente altercation verbale avec un élément de la DGED et le fait qu'un volet
de son domicile ait été fracturé ne le troublent pas. "C'est minable, j'en ai
vu d'autres". C'est le cas de le dire. Lorsqu'il parvient à gagner la France le
9 septembre 1984, Mahjoub Tobji revient de loin. Comme il le raconte dans son
livre, il a creusé à l'aide d'un tournevis un trou dans une cellule où il était
"au secret" depuis vingt mois. Selon lui, deux éléments ont déclenché son
infortune. D'abord, le fait que peu de temps après la mort de Dlimi, dont il
était l'aide de camp, il ait demandé à l'Etat-major de se rendre en France pour
soigner son œil blessé lors d'une partie de chasse. "Réflexion faite, je pense
aujourd'hui que les


La Syrie, le Sahara occidental, Dlimi…

On imagine aisément que parmi les rares militaires ayant fait défection au
régime de Hassan II, le cas de Tobji posait problème. D'abord, le commandant
est une tête-brûlée qui n'a pas peur de se mettre en danger, y compris
physiquement. Sa carrière ensuite. Il a occupé des postes qui lui ont permis
d'apprécier le mode de fonctionnement de l'armée, du pouvoir et le petit jeu
des courtisans et autres pique-assiettes. Comme son père, Mahjoub Tobji choisit
l'armée et se forme à l'académie militaire de Meknès où il se lie d'amitié avec
le général Séfrioui. Sa carrière décolle lorsque celui-ci le choisit comme aide
de camp et l'embarque aux côtés des Syriens faire le coup de feu contre les
Israéliens pendant la guerre d'octobre 1973. Tobji se porte ensuite volontaire
pour officier au Sahara occidental. De 1978 à 1980, il y dirige un commando
composé de Sahraouis. Choqué tant par la manière dont cette guerre est menée
sa propre unité a été bombardée par l'aviation marocaine !-que par la corruption
ambiante, il manifeste le souhait d'être muté. Ahmed Dlimi lui force alors la
main en l'embauchant comme aide de camp. Pendant trois ans, il partagera le
quotidien du général : l'alcool et les femmes, les parties de chasse ou de
pêche, les allers-retours incessants en France, les venues de militaires
Israéliens, les rencontres avec la Sécurité militaire algérienne, ses méthodes
expéditives, son affairisme effréné, ses intrigues de Palais, les tractations
financières collatérales. Et on en passe. Tobji observe aussi le comportement
des hommes qui grenouillent autour de Dlimi : Driss Basri, Mohamed Médouiri,
Hosni Benslimane, Abdelaziz Bennani, Hamidou Laânigri… Sa proximité -poste
d'aide de camp oblige- avec "l'homme le mieux renseigné du Maroc" allait
forcément attiser la curiosité malsaine de ceux que Dlimi tenait sous sa coupe.


De retour au Maroc après avoir rencontré Hassan II

Alors qu'il soit réfugié en France depuis 15 mois, Tobji rentre de son plein gré
au Maroc où sa famille est restée. C'est visiblement une rencontre avec Hassan
II à l'hôtel Crillon qui l'a décidé. Selon le témoignage de Tobji, celle-ci
s'est déroulée dans des conditions rocambolesques. IlIl demandera audience au
roi de passage à Paris par l'intermédiaire du général Kaidir avec qui, il était
en contact. Ne voyant rien venir, le commandant et des cousins se postèrent
devant l'hôtel de Hassan II et déployé une banderole explicite : "Le commandant
Tobji veut voir son roi". Hassan II finira par recevoir l'indélicat quelques
heures plus tard en présence de Kadiri et de Mohammed Médiouri. Il aurait alors
signifié au général Kadiri de prendre soin du commandant avant de jeter à Tobji
: "Si on te demande où tu étais pendant tout ce temps, tu diras que tu as été
malade et que je t'ai envoyé à l'étranger pour te faire soigner". Deux jours
plus tard, le commandant Tobji était de retour au Maroc. Commence alors un
harcèlement en bonne et due forme où les coups bas pleuvent. On retient ces
deux-là, si typiques des bonnes mœurs "sécuritaires" : annonce du faux décès de
son fils en 1992 aujourd'hui (le gamin se porte comme un charme) et violente
rencontre avec une jeep militaire, version soft du camion militaire, au coin
d'une rue à Rabat en 1989. En 2002, lasse de ne se voir confier "la moindre
responsabilité" par l'armée, le commandant Tobji décide, après 40 ans de
service, de "se désengager des servitudes militaires". Accord qu'il obtient
ainsi que son passeport après quelques interventions avant de s'installer en
France.

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http://www.lejournal-hebdo.com/article.php3?id_article=9118

Menace terroriste : Que cache l'Etat ?


Un général limogé, un terroriste libéré, des militaires coincés, des femmes de
pilotes démasquées, une autre mêlée à Al Qaïda, des avocats menacés, des
services de sécurité à réformer, etc. Malgré son buissonnement, le scénario ne
convainc pas. Preuve en est cet officier de la DGED qui le remet sérieusement
en question… Récit.

La décision de l'Inspection générale des forces armées royales (FAR) d'annuler
la participation de toutes les grandes armes à la parade militaire, organisée
le 14 mai dernier à Rabat et célébrant le cinquantième anniversaire des FAR, a
remis sur le tapis l'hypothèse des risques sécuritaires. Si le spectre du
putsch manqué perpétré par le général Oufkir contre Hassan II en 1972 doit
toujours hanter la monarchie, un danger d'une autre nature semble guetter
aujourd'hui la grande muette.


Péril vert

Si l'on en croit les rapports des services de renseignement marocains, le «
péril vert » est en train d'infiltrer le corps de l'armée. A l'image de la
société marocaine, les FAR auraient été, elles aussi, « contaminées » par ce
phénomène. L'arrestation et la suspension de plusieurs militaires soupçonnés
d'appartenir au mouvement islamiste Al Adl Wal Ihssane, peu de temps après le
16 mai, conforte cette thèse. La décision de présenter un défilé militaire à «
visage humain » a-t-elle été prise suite à la découverte d'un projet terroriste
islamiste impliquant l'armée, comme le suggère certains observateurs ? Les
premiers éléments de réponse à cette question ont commencé à filtrer fin
juillet dernier.
Vendredi 28 juillet 2006, Abdelhak Mrini, directeur du Protocole royal, prend
attache avec le colonel major Mohamed Maïche, commandant du secteur d'Agadir à
la gendarmerie royale et l'invite à se présenter illico au palais royal de
Rabat. En présence du général Housni Benslimane, son chef direct et un des
hommes forts du régime, le colonel Maïche est reçu en audience, le même jour,
par le roi qui le nomme à la tête du 5ème bureau, celui de la sécurité
militaire. La première mission du colonel Maïche est de ramener cette structure
du renseignement militaire à sa taille et ses fonctions initiales. Dans la
foulée, le général Benslimane contactera le général Mohamed Belbachir et
l'informera de la décision royale. Le soir même, cette information fera le tour
de Rabat et de Casablanca alimentant les surenchères les plus folles.

Trois versions de la chute du général trois étoiles reviennent depuis avec
insistance.
La première version lie le limogeage de Belbachir et le démantèlement par la
direction par la surveillance territoriale (DST) d'une cellule terroriste qui
aurait subtilisé des armes à 1ère BAFRA (Base aérienne des forces royales air
de Salé).
La deuxième version évoque un sombre règlement de compte au sein des appareils
sécuritaires. « Housni Benslimane a décidé de se débarrasser de Mohamed
Belbachir car il a commencé à lui faire sérieusement de l'ombre à tel point que
le nom de Belbachir a commencé à circuler pour remplacer Benslimane à la tête de
la gendarmerie. D'ailleurs, Benslimane doit être fatigué et on dit qu'il a
lui-même émis le souhait de partir », nous confie un ex-colonel des FAR à la
retraite.
La troisième version privilégie la thèse de la découverte d'un trou financier
dans les comptes du 5ème bureau de l'ordre de 210 millions de dirhams.

Que croire face à ce magma de conjectures ? Une chose est sûre, dimanche 30
juillet, jour du 7ème anniversaire de son accession au trône, le roi a donné
ses instructions pour la suppression de la direction centrale de la sécurité
militaire. Désormais, c'est officiel, le général Mohamed Belbachir est écarté.
Il n'aura même pas le privilège d'être reçu par le souverain. Au contraire, on
lui signifiera de ne pas quitter son domicile. Aucun communiqué n'expliquera
les raisons de son éviction. On raconte même que son meilleur ami, le général
Hamidou Laânigri, n'a pas été mis au parfum de cette décision « suscitée »,
selon l'analyse d'un haut gradé, par le général Benslimane. L'opacité qui a
entouré le limogeage d'un militaire de ce rang et qui occupait, de surcroît, un
poste aussi sensible que celui de patron des renseignements militaires, a donné
lieu aux rumeurs les plus extravagantes. Et ce n'est pas le communiqué du
procureur général du roi près la Cour d'appel de Rabat, diffusé lundi 7 août
par la MAP, qui clarifiera les choses. Au contraire, le texte du Parquet va
plutôt créditer, dans un premier temps, la thèse de l'infiltration de l'armée
par des éléments salafistes, et par ricochet, justifier le licenciement du
général Belbachir, censé protéger les différents corps de l'armée contre toute
tentative de déstabilisation. « Les premiers éléments de ce groupe ont été
arrêtés il y a déjà quelques mois. Bien avant le défilé militaire », nous
confie un officier à la Direction Générale des Etudes et de la Documentation
(DGED). Le communiqué du procureur indique que des éléments de la sécurité ont
réussi à démanteler une cellule terroriste baptisée « Ansar Al Mahdi » et qui
projetait de proclamer le Jihad en vue d'instituer le califat au Maroc. Le même
texte souligne que le dénommé Hassan Khattab qui, après avoir purgé une peine de
deux ans d'emprisonnement en raison de son implication dans les attentats du 16
mai, a fait appel à un groupe d'individus répartis sur plusieurs cellules à
Salé, Sidi Yahya Gharb, Sidi Slimane, Youssoufia et Casablanca. Le procureur
général du Roi près la Cour d'appel de Rabat assure dans sa communication
écrite que Hassan Khattab a également constitué une branche armée comprenant
des militaires qui appartenaient aux Forces Armées Royales. Ces derniers
s'apprêtaient à monter des camps d'entraînement et mener des attaques depuis
les villes de Nador et Ouezzane. Et ce n'est pas tout. Le parquet de Rabat
révélera que Hassan El Khattab a ouvert des locaux commerciaux à Salé dans
l'objectif de financer son projet terroriste. Il aurait projeté, avec la
complicité de 32 personnes appartenant à son groupe, de mener plusieurs
opérations de braquage d' agences bancaires, de bureaux de poste et de
convoyeurs de fonds. Un vaste projet terroriste digne des grandes opérations
d'Al Qaïda. Début août, la presse quotidienne reprendra le communiqué du
procureur général de Rabat. Citant exclusivement des sources policières, la
presse relatera jour après jour, à coup de manchettes, les détails les plus
fous relatifs aux projets terroristes avortés d'Ansar Al Mahdi. Comme le
titrera Al Ittihad Al Ichtiraki, organe de l'USFP, ce groupe préparait
carrément un coup d'Etat. D'autres journaux ont été même jusqu'à parler de
l'intention du groupe de Hassan Khattab de s'attaquer à la base militaire de
Kénitra, l'une des plus importantes bases du royaume ! Aujourd'hui le Maroc,
lui, rapportera en une que « le Maroc a évité le pire ». C'est dans cette
ambiance électrisée que la brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) a
déféré devant la justice, vendredi 11 août, neuf personnes, dont cinq
militaires appartenant au groupe Ansar Al Mahdi.


Propagande

Une semaine après, on a eu droit, et pour la première fois depuis le
déclenchement de l'affaire, à un son de cloche dissonnant. Le quotidien Annahar
Al Maghribia publie dans son édition du 19 août une interview de Taoufik
Moussaif, avocat de Badr Bouziki un des accusés dans cette affaire, sous un
titre surprenant « ce dossier est fabriqué ».

Dimanche 20 août, jour de la fête de la jeunesse, Abdelfattah Zahrach, avocat
qui plaide également dans cette affaire, enfonce le clou. Invité par Al Jazeera
à s'exprimer dans le cadre de l'émission « Ma Wara'a Al Khabar » (Au-delà de
l'information), Me Zahrach déclare que le dossier d'Ansar Al Mahdi était «
monté de toutes pièces ». Les déclarations de ces deux avocats qui ont remis
totalement en cause la thèse officielle de l'Etat n'ont pas été pour plaire aux
gardiens du temple. La réaction ne s'est pas fait attendre. Le 23 août, la MAP
diffuse une dépêche faisant état de la convocation de Taoufik Moussaif et
Abdelfattah Zahrach par le parquet de Rabat. Or légalement, « rien n'accorde au
procureur le droit de convoquer la défense et de l'interroger sur des
déclarations faites à la presse », estime Me Moussaif et d'ajouter : « L'Etat
essaie de faire pression sur nous par tous les moyens. Or, nous n'accomplissons
que notre devoir dans le respect total de la loi et nous n'allons pas céder à la
terreur ». Pourquoi essaie-t-on alors de faire taire les avocats des accusés ?
En quoi leurs déclarations peuvent-elles nuire à l'instruction judiciaire ?
Pourquoi le bâtonnier de Rabat les presse-t-il de jouer le jeu du parquet ? Que
veut-on cacher au juste en sommant les avocats de se taire ?

Saâdeddine El Othmani, le secrétaire général du parti de la Justice et du
développement (PJD) déclare, le même jour à la MAP, que son parti « rejette
tout acte visant à porter atteinte à l'ordre public, à la stabilité du pays et
aux institutions du Royaume ». Mustapha Ramid, lui, s'est, en revanche, refusé
à tout commentaire au sujet de cette affaire. Se sentant vraisemblablement
visés, les islamistes du PJD se sont montrés très prudents et ont adopté un
profil bas, en attendant peut-être des jours meilleurs. Les dirigeants du PJD
ont toujours en mémoire la campagne orchestrée contre leur parti après le 16
mai et veulent l'éviter.
L'USFP qui ne pouvait pas espérer une meilleure occasion pour « affaiblir » le
PJD, son ennemi juré, et compromettre ainsi ses chances de rafler les élections
de 2007 qu'un sondage récent crédite encore des meilleures intentions de vote.
Ainsi, sur invitation de Driss Lachgar, chef du groupe de l'USFP à la Chambre
des représentants, le ministre de l'Intérieur se présentera, jeudi 24 août,
devant la commission de l'Intérieur, des infrastructures et de la
décentralisation. L'ordre du jour de cette réunion devait se limiter aux
élections partielles de la deuxième Chambre prévues le 8 septembre. Chakib
Benmoussa, qui se « produit » pour la première fois en tant que ministre devant
cette commission, sera accompagné, et à la surprise générale, de Fouad Ali El
Himma, « officiellement » ministre délégué à l'Intérieur. Ce dernier, qui n'a
pas mis le pied au Parlement depuis plus de sept ans, a été accueilli comme une
star. Tous les députés présents, élus pour contrôler l'appareil exécutif, ont
plutôt choisi de faire les yeux doux à ce super-ministre qui a l'oreille du
roi. Devant une salle comble, Chakib Benmoussa a réitéré, comme prévu, la
volonté du gouvernement d'assurer des élections libres et transparentes et a
promis de combattre toutes les formes de corruption... Après un débat somme
toute banal sur les échéances du 8 septembre, le ministre de l'Intérieur a fait
un long exposé sur ce qui est désormais considéré comme une affaire d'Etat : le
dossier Ansar Al Mahdi. « Cette organisation, a affirmé Chakib Benmoussa,
comptait annoncer le djihad dans les montagnes du nord marocain, attaquer des
cibles sensibles, des intérêts étrangers et des personnalités marocaines ».

Bref, des cibles très ambitieuses par rapport aux profils et à la logistique de
cette organisation dont certains membres sont, certes, des militaires, mais qui
n'ont aucune formation ni expertise dans le domaine de la fabrication des
bombes ou la planification et la mise en œuvre de grandes opérations d'assaut.
Nombre d'observateurs sont restés incrédules devant des « jihadistes » qui
affirment vouloir attaquer la base militaire de Kénitra et qui ratent un simple
hold up d'une agence de Western Union à Salé en octobre 2005 ? M. Benmoussa, qui
lisait aux élus un rapport préparé par les services de sécurité, parlera
longuement de la menace constituée par l'organisation Ansar Al Mahdi.


Soutien

La gravité de la menace résiderait, selon lui, dans la tentative d'Ansar Al
Mahdi d'exploiter les positions de ses éléments, leur formation militaire ou de
les amener à se procurer les armes ou encore à se livrer à de l'espionnage en
leur fournissant des informations qui les aideraient à exécuter leurs actes de
sabotage sans éveiller de soupçons. Au terme de l'intervention du ministre de
l'Intérieur, les membres de cette commission ont pris tour à tour la parole,
non pas pour poser des questions, mais pour affirmer d'une seule voix « nous
sommes tous pour la sécurité de l'Etat ». Aucun député n'osera exercer ses
prérogatives de contrôle en interpellant notamment El Himma, coordinateur en
chef de cette grande opération sécuritaire, à propos des lourds soupçons de
violations des droits les plus élémentaires des accusés ou sur ses aspects les
plus opaques. A défaut, El Himma fera un grand discours, une fois n'est pas
coutume, pour faire l'éloge de « la période d'or que connaît le Maroc
aujourd'hui ». Fort du soutien des partis politiques, PJD compris, la machine
sécuritaire a les coudées franches. Ainsi, une grande réunion sera tenue lundi
28 août au siège du ministère de l'Intérieur. Autour de la même table se sont
retrouvés pas moins de 13 hauts responsables civils et militaires. Etaient
présents outre Benmoussa, El Himma, Benslimane et Laânigri, le général
Abdelaziz Bennani, Inspecteur général des FAR, Mohamed Yassine Mansouri,
Directeur général de la DGED, Abdellatif Hammouchi, patron de la DST. Ont
assisté également à cette rencontre Karim Ghellab, ministre des Transports, ,
Abdelhanine Benallou, Directeur général de l'Office National des Aéroports,
Abdellatif Zaghnoun, Directeur général de l'Administration des Douanes et
Impôts Indirects, Abdelouahab Yaâlaoui, Directeur de l'Aéronautique civile au
ministère des Transports et Driss Benhima, Pdg de la RAM. Cette réunion a été
notamment consacrée à l'évaluation du dispositif de sécurité mis en place au
niveau des aéroports du royaume. Il faut dire que l'objet de cette réunion ne
laissait pas d'intriguer. La sécurité à bord des vols de la compagnie aérienne
nationale serait-elle compromise ? La réponse à cette question ne tardera pas à
arriver. Le département de Chakib Benmoussa révèle, le lendemain dans un
communiqué de presse, "l'implication avérée de trois femmes marocaines -dont
deux sont mariées à des pilotes de ligne de la RAM- dans l'entreprise
terroriste". Le communiqué indique également que ces femmes ont apporté une
assistance financière à Hassan Khattab et aux autres membres de sa cellule
"pour la réalisation de leurs projets terroristes". Les ramifications de cette
affaire intriguent davantage. Quels liens peuvent avoir des personnes de la
périphérie paupérisée de Salé avec d'autres des quartiers huppés de Casablanca
? Et comment une femme d'un pilote de ligne à la RAM ou la fille d'une grande
famille de notables et dont le père est un médecin réputé peuvent-elles décider
de mettre au point un plan terroriste à grande échelle avec un vendeur ambulant
né à Doukkala ? Comment se fait-il qu'une de ces trois femmes ait participé au
financement de projets terroristes avec un chèque au nom de son mari pilote ?


Torture

Sceptique, l'Association marocaine des droits humains (AMDH) s'est plutôt
intéressée aux « graves atteintes » au droit dans cette affaire. « Ce dossier a
connu de graves atteintes, notamment l'enlèvement, la torture et le dépassement
des délais de garde à vue », a assuré le Bureau central de l'AMDH dans un
communiqué, publié ce même mardi 29 août, affirmant se baser sur « de premières
données fournies par les avocats et quelques familles de détenus ». Mercredi 30
août, une dépêche de l'AFP, citant une source policière à Rabat, rapporte que «
les membres présumés d'un réseau terroriste marocain baptisé Ansar El Mahdi
comptaient capturer deux ministres et un secrétaire d'Etat socialistes ». Le
câble du bureau local de l'agence de presse française ajoute que « les
personnalités visées étaient Mohamed Elyazghi, chef de l'Union socialiste des
forces populaires (USFP) et ministre de l'Aménagement du territoire, Fathallah
Oualalou, ministre des Finances, et Mohamed El Gahs, secrétaire d'Etat à la
Jeunesse, affiliés au même parti ». Donc, après le roi, l'armée, les services
de sécurité, la RAM, les banques, les sites touristiques, les intérêts
étrangers, c'est au tour de l'USFP… Le bénéfice pour les socialistes est
évident. Le fait d'être la cible de terroristes islamistes les met à la pointe
du modernisme et donc du combat contre les obscurantistes. La presse USFP s'en
gargarise. Jeudi 31 août, et lors d'un point de presse, Chakib Benmoussa qui se
contentera de faire son annonce sans autoriser de questions de la part des
journalistes présents, annonce qu'une quatrième femme, qui était en fuite, a
été arrêtée. « Cette dernière, avec les trois autres femmes qui avaient été
arrêtées précédemment, était en contact avec l'épouse de Karim Mejjati, ancien
membre de l'organisation Al Qaïda », a-t-il affirmé. Directement impliquée dans
cette affaire par le ministre de l'Intérieur, la veuve El Mejjati est pourtant
toujours libre de ses mouvements (lire interview). Lors de ce point de presse,
Chakib Benmoussa a expliqué que ce sont en tout 56 personnes qui ont été
interpellées dans au moins six villes du Maroc au cours d'une opération qui
aura duré un mois.


Suspicions

Un expert en terrorisme a tenu pourtant à minimiser l'ampleur de « ce coup de
filet ». Une source à la DGED nous assure qu'il y a « un excès dans la
présentation de la menace que représentaient les éléments de cette cellule sur
la sécurité du Maroc ». « Si l'affaire était aussi critique, nos interlocuteurs
étrangers nous auraient sollicités pour en savoir plus. Ce n'est pas le cas ».
Ces remises en cause poussent à se poser plusieurs questions : A qui profite
l'exagération du danger terroriste au royaume ? Quel est le message que les
appareils sécuritaires qui gèrent cette affaire veulent transmettre au roi et à
l'opinion publique nationale et internationale ? Et pourquoi prendre le risque
de créer un climat de psychose alors que le Maroc s'est engagé dans une
politique économique articulée autour du tourisme et des investissements
extérieurs ? « Sincèrement, on n'arrive pas à suivre ni à prendre au sérieux
tout ce que les autorités marocaines ont livré comme informations sur ce
dossier. Plusieurs zones d'ombre rendent cette affaire obscure », nous confie
un diplomate arabe à Rabat.


Taieb Chadi

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http://www.lejournal-hebdo.com/article.php3?id_article=9120

Profils : Qui sont les « complices » de Hassan Khattab ?


Qui sont véritablement les membres de cette présumée cellule terroriste ? quels
sont les liens qui les relient ? Toutes ces questions sont encore en suspens.
L'étau est tellement serré autour des protagonistes et de leur entourage que
toute tentative d'investigation s'avère vaine. On se contentera des quelques
éléments d'enquête distillés ça et là par les membres des forces publiques.

Quelque 52 Marocains, dont cinq militaires, trois gendarmes et un officier de
police, quatre femmes dont deux épouses de pilotes de la RAM… Premier lien : la
ville de Salé. La plupart des membres de cette présumée cellule seraient de
Salé. Une première cellule sera créée par cinq éléments de la base de Salé et
comportant, outre l'émir Toufik Oukeddi, Yassine Ouardini, Mohamed Lahbib,
Mehdi Oukhellou et Mohamed Oussaoui. Après une série de réunions dans leurs
domiciles respectifs, ils se lient avec un imam nommé Mohamed Benayyad qui,
pour sa part, les mettra en relation avec un autre imam extrémiste : le dénommé
Hammadi Khalidi. A la recherche de financement, ils auraient perpétré une
attaque contre une agence de "Western Union", le 31 octobre 2005, qui n'aboutit
pas. Badr Bouziki, bricoleur de téléphones portables à Salé recruté depuis peu,
les aurait mis en contact avec Hassan Khattab, début 2006. Ce dernier venait de
quitter la prison après avoir purgé deux ans pour son implication dans les
attentats du 16 mai 2003. Il s'est fait connaître dans le milieu carcéral par
ses discours haineux qui lui auraient valu de nombreuses séances de tortures.
L'implication des femmes dans cette affaire reste tout de même l'élément
nouveau. La plus mystérieuse est sans aucun doute Oum Saâd dont le vrai nom est
Fatim Zahra Elrhioui, qui selon les déclarations de Hassan Khattab, est devenue
partie prenante des projets de son groupe à partir de février 2006 par
l'intermédiaire d'un certain Samir. Elle lui aurait avancé la coquette somme de
150.000 dhs pour le financement d'une opération chirurgicale. Hassan Khattab
disait souffrir d'une maladie cardiaque. Concernant les autres femmes
impliquées dans cette affaire, Amina Lmseffer, Amal Serraj et Imane Bensaid et
dont deux sont mariées à des pilotes de la RAM. Elles auraient, faute de
pouvoir commettre des attentats, aidé financièrement le groupe Ansar El Mahdi,
est-il indiqué du côté du ministère de l'Intérieur. Elles auraient également
été en contact avec la veuve de Karim El Mejjati.

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http://www.lejournal-hebdo.com/article.php3?id_article=9121

Opacité : Des questions en suspens


L'armée

Le limogeage du général Belbachir L'éviction d'un général et de ses proches
collaborateurs a soulevé plusieurs points d'interrogation quant aux véritables
raisons de cette décision. Au début de l'éclatement de l'affaire Ansar Al
Mahdi, le lien a été vite établi avec le limogeage de Belbachir. Ce dernier
était interpellé du moment que certains éléments de cette cellule étaient des
militaires. Cela dit, un haut gradé de l'armée estime que « Tout cela n'est
qu'un prétexte pour opérer des changements au sein des FAR. Cette affaire
renseigne sur la guerre des clans que connaît cette institution ».


Les munitions Le vol d'armes

Dans les premiers jours qui ont suivi l'éclatement de l'affaire Ansar Al Madi,
on a parlé du vol d'une quantité importante d'armes dans la caserne militaire à
Salé. On a pensé à des kalachnikov, des bombes et d'autres armes d'assaut. Mais
après l'exposition des « armes » trouvées chez les accusés dans ce dossier, on
n'a vu que des couteaux, téléphones portables, fils électriques, produits
chimiques, etc. Mais où sont passées les armes à feu ?


L'émir Khattab, terroriste ou taupe ?

Il y a beaucoup de zones d'ombre dans le passé de Hassan Khattab, celui que les
autorités marocaines ont présenté comme l'émir d'Ansar Al Mahdi. En dehors du
fait qu'il a été jugé et condamné à 2 ans ( ?) de prison dans les attentats du
16 mai pour appartenance à une cellule terroriste dite « Assaâika », rien ne
filtre sur son itinéraire salafiste. Mais ce qui intrigue beaucoup chez cet
homme, c'est la facilité avec laquelle il a « balancé » tous ses supposés
complices. Dans la littérature des djihadistes et autres kamikazes, on ne livre
jamais son « frère » quoi qu'il arrive !


Les compétences Artificier ou musicien ?

Présentés comme de véritables artificiers, les cinq militaires accusés dans ce
dossier ne sont pas vraiment des foudres de guerre. Les militaires en question
s'occupaient en fait d'activités paramilitaires à la première base aérienne de
salé. Au sein de cette caserne, ils sont affectés au groupe musicien, à la
salle de sport ou à l'atelier mécanique pour la réparation des voitures.


Les objectifs Cibles très ambitieuses

D'après les PV de la BNPJ, les accusés dans l'affaire Ansar Al Mahdi se sont
fixé des cibles d'une grande importance. Il s'agit par exemple d'attaquer la
3ème base aérienne de Kénitra et de s'emparer des armes qui y sont déposées,
des intérêts occidentaux au Maroc, des banques, des sites touristiques, etc.
Or, vu le profil des amis de Hassan Khattab, qui étaient incapables de réussir
le hold-up qu'il ont mené contre une agence de Western Union à Salé le 31
octobre 2005, on voit mal comment ils peuvent penser à des cibles aussi
ambitieuses ?


Les solutions Quelle restructuration pour les services ?

Dans ses sorties médiatiques, Chakib Benmoussa a parlé d'un projet de
restructuration des services de sécurité. Or, un haut fonctionnaire du
ministère de l'Intérieur nous confie : « nous n'avons pas connaissance d'un
projet de ce genre. On ne sait pas de quoi parle M.Benmoussa ? ».


Le vérrouillage La suppression du service militaire

Lors d'un point de presse donné à Rabat, le 31 août à l'issue de la réunion du
Conseil de gouvernement, Nabil Benabdellah annonce que le Conseil a adopté un
projet de décret de loi en vertu duquel le service militaire obligatoire est
supprimé avec effet immédiat. Le ministre de la Communication a tenu à préciser
que cette décision n'a rien à voir avec l'affaire Ansar Al Mahdi. On aimerait
bien croire notre ex-confrère Benabdellah, mais toutes les informations dont
nous disposons confirment malheureusement le contraire. Il est clair que les
sécuritaires veulent davantage « immuniser » la grande muette contre le péril
vert si jamais des jeunes éléments, avec certaines « convictions religieuses »,
décident de l'intégrer dans le cadre justement du service militaire.

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http://www.telquel-online.com/238/edito_238.shtml

Sale été pour l’armée

Par Ahmed R. Benchemsi


Le dindon de la farce, dans tout ça, c’est l’opinion publique.


L’ été 2006 aura eu son “feuilleton”. Singulièrement, le héros, cette année,
n’est pas un personnage, mais une institution : l’armée. En un mois, la grande
muette est devenue étonnamment bavarde, limite logorrhéique…

Il y a d’abord eu l’affaire du complot terroriste déjoué. Avec effroi, les
vacanciers ont découvert que non seulement le Maroc avait échappé au pire, mais
que les terroristes avaient réussi à recruter des éléments des
Forces armées royales (FAR). Limogé avec fracas, le général Mohamed Belbachir,
chef du cinquième bureau (renseignement militaire), a immédiatement fait les
frais de cette découverte. Et les surprises ne faisaient que commencer. Alors
que la position classique des autorités consiste à minimiser les incidents
sécuritaires, une large publicité a été faite autour de celui-là. Un avocat a
même été menacé de poursuites parce qu’il avait publiquement douté de
l’authenticité du complot. Et les indiscrétions sur le noyautage de l’armée ont
irrigué les quotidiens qui n’avaient pas cessé de paraître en août. Inhabituelle
transparence…


Quelques semaines plus tard, toujours en août, une seconde bombe éclate dans le
landerneau militaire : l’éditeur français Fayard annonce la sortie prochaine
des Officiers de Sa Majesté – brûlot dévastateur signé par un commandant à la
retraite, un certain Mahjoub Tobji – et en distribue des épreuves à quelques
journalistes marocains triés sur le volet. Les FAR y sont passées à la
moulinette, et Tobji va loin, très loin. En citant des noms, des dates et des
lieux (c’est souvent troublant), il dénonce corruption, détournements de fonds,
complots, meurtres, et même… haute trahison ! Dans une charge d’une rare
violence (mais très peu étayée de faits probants), Tobji n’épargne rien au
général Housni Benslimane, commandant de la gendarmerie et patron de la
fédération de football. Mieux : il le rend responsable, en gros, de toutes les
avanies survenues au Maroc depuis l’élimination de Dlimi, en 1983.

Tobji est un personnage au passé trouble, sur les motivations duquel il est
permis de se poser des questions. Mais il est aussi permis de s’interroger sur
la soudaine audace du très officiel Matin du Sahara qui… se paie Housni
Benslimane en Une, photo géante à l’appui ! Sous prétexte du transfert
irrégulier d’un footballeur, Le Matin souligne la “faillite de la gestion” de
la fédération, et accuse même “ses responsables” (doux euphémisme, quand on
connaît la gestion hyper centralisée du général) de “ne pas daigner assumer
leurs responsabilités” ! C’est évident, Le Matin n’aurait jamais “descendu”
Benslimane de la sorte sans instructions.

Pourquoi cette concomitance troublante avec le pamphlet de Tobji ? Qui veut la
peau du général ? Le tient-on pour responsable des infiltrations terroristes
dans l’armée ? Cela ferait sens, vu que la gendarmerie, depuis les années 80, a
aussi pour fonction officieuse de “surveiller” les FAR. Voudrait-on pousser
Benslimane à la porte ? Si c’est ce qu’il veut (c’est sa liberté et son
privilège), le roi, chef suprême des armées, peut le faire en un trait de
plume. Mais ces rumeurs, ces attaques par la bande, ce “grenouillage” malsain
dans lequel l’armée a baigné cet été… tout cela était-il vraiment nécessaire ?

Le dindon de la farce, dans tout ça, c’est l’opinion publique. Et nous autres
médias, chargés de l’alimenter en informations fiables. Qu’est-ce qui est
fiable et qu’est-ce qui ne l’est pas, dans ce vaste remue-ménage de galonnés ?
Pour séparer l’info de l’intox, nous avons creusé aussi profondément que
possible (lire en pp. 20 et 40). Mais un peu rageusement, quand même. Notre
métier consiste à enquêter, pas à déjouer les embûches dressées sur notre
chemin par ceux-là mêmes qui prétendent jouer la transparence. Un peu de
maturité, messieurs...

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http://www.maroc-hebdo.press.ma/edito.html

Effervescence


Le Maroc vit. Il vit de tous ses ressorts proactifs et réactifs; de ses
problèmes; de ses contradictions; mais aussi de ses projets d'avenir et de ses
espoirs.


Pas de doute, c'est vraiment la rentrée. Le Maroc est pris d'une bougeotte tous
azimuts. Une aubaine pour les rédactions qui, d'habitude, se plaignent du
manque, voire de l'absence, d'actualité nationale. Il n'y a que l'embarras du
choix. Un rapide “tour du propriétaire” pour en prendre la mesure.
Suite à la dernière grosse affaire en date autour du trafic de drogue à partir
de la zone nord, des têtes sont tombées jusque dans la sécurité royale. Du
changement au sommet de la DGSN avec le départ impromptu du général Hamidou
Laânigri. Des réaffectations qui ressemblent à une restructuration dans les
services de renseignement.
Dans cette administration chargée de protéger le territoire national, on ne doit
pas se tourner les pouces. Pour preuve, le tout récent coup de filet dans les
milieux intégristes radicaux. La neutralisation d'une cinquantaine d'illuminés
extrémistes, hommes et femmes, appartenant au groupe dit Ansar Al Mahdi et la
mise à nue de leurs projets criminels donnent froid dans le dos. On sait à quoi
on a échappé; et on sait aussi que la menace du terrorisme islamiste pèse
toujours. Entre argent de la drogue et financement de la militance islamiste,
la connexion est vite faite, aussi vrai qu'elle existe réellement.
C'est dans ce contexte qu'un officier à la retraite, Mahjoub Tobji pour ne pas
le nommer, lance un véritable pamphlet contre la hiérarchie militaire
marocaine. On ne compte plus “les pavés dans la mare” à l'adresse du Maroc
politique personnalisé par sa monarchie, en la personne du Roi défunt et de son
successeur, ainsi que les hauts dignitaires de l'État et autres décideurs de
l'ombre. Le petit dernier, Les Officiers de Sa Majesté, fait partie de ce flot
de brûlots qui ne brûlent plus rien, tellement il n'y a plus de tabous, ni
d'espaces verrouillés, sur un quelconque sujet éditorial. Le filon “jardin
secret du Maroc monarchique”, qui faisait la joie des éditeurs parisiens, est
en train d'être sérieusement épuisé. Il faudra chercher autre chose pour vendre
le label Maroc. Du positif, par exemple.
Le positif, c'est, justement, l'autre actualité. Celle des activités royales
quasi-quotidiennes, pas sous les lambris des palais, mais sur le terrain, pour,
à titre d'exemple, l'éradication des bidonvilles; le secours social au profit
des exclus; l'exploration de nouvelles opportunités d'emplois par le lancement
d'unités industrielles et de complexes touristiques.
En somme, sur tous ses pans d'une même fresque nationale, le Maroc vit. Il vit
de tous ses ressorts proactifs et réactifs; de ses problèmes; de ses
contradictions; de ses paradoxes; mais aussi de ses projets d'avenir et de ses
espoirs.

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http://www.leconomiste.com/article.html?e=2305

Messages


DE hauts fonctionnaires de la police, de la gendarmerie et des agents d’autorité
sont actuellement cités devant le procureur pour des liens possibles avec des
réseaux de trafics de drogue. L’affaire est publiquement traitée, ce n’est pas
par hasard.
Outre leurs aspects judiciaires, les enquêtes engagées à l’endroit de
responsables sécuritaires constituent des messages qui méritent d’être
analysés.

D’abord, le premier message indique que le Maroc <souhaite> s’inscrire dans un
<Etat de droit>. C’est-à-dire que les règles sont les mêmes pour tous, et
s’appliquent de manière égale à tous. Ceci est indépendant de la situation
occupée ou du rôle joué dans la société et dans l’appareil de l’Etat. En effet,
la construction d’un Etat démocratique suppose d’abord un Etat de droit. Sinon
la démocratie devient synonyme de désordre où règne le plus fort. Dans le
contexte de la société marocaine très imprégnée de féodalisme, il est
politiquement courageux de vouloir installer un Etat de droit, et ce en donnant
l’exemple par le haut.

Le deuxième message, aussi important que le premier, dit ici que l’Etat signifie
clairement que les hommes qui le servent sont à son service et qu’il n’est pas
question pour lui de devenir leur instrument personnel. L’ordinaire des
systèmes autoritaires est de s’appuyer sur des hommes et des femmes à travers
qui ils exercent leurs autorités sur la société. Mais, peu à peu, ces
serviteurs finissent par incarner eux-mêmes le pouvoir, au point que le pouvoir
devient leur otage. Par exemple, dans l’affaire dite de «l’assainissement» en
1996, le Maroc a vécu la plus forte expression de cette perversion du système
politique.

Le nouveau règne <souhaite> construire un Etat <moderne> et <démocratique>, dans
lequel nul ne pourra capter à son profit la puissance de l’Etat.


Abdelmounaïm DILAMI

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http://www.leconomiste.com/article.html?a=73113

Mouvements dans la sécurité.
Les dessous de l’éviction

· Laânigri devient inspecteur général des forces auxiliaires

· Draiss, un homme de l’Intérieur, nommé directeur de la Sûreté nationale

· Le clan El Himma reprend en main un poste stratégique


LES suspicions qui entouraient la possible mise à l’écart d’un haut gradé des
services sécuritaires se sont finalement confirmées. Et c’est le général
Hamidou Laânigri qui est tombé. Certes, «le super général» a été nommé
inspecteur général des Forces auxiliaires dans les régions du Nord et du <Sud>.
Ce qui n’est pas rien, mais cela ne vaut pas la DGSN. Dans ce nouveau poste, il
pourra mettre à profit sa grande expérience des renseignement (DGED et DST).
Toujours est-il que la grosse nouvelle reste son éviction de la tête de la
Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN). La pilule a certainement été
difficile à avaler.
Laânigri avait de «grandes ambitions» pour cette direction dans laquelle il est
resté un peu plus de trois ans. Programme de communication, modernisation,
informatisation… Le général, comme l’appelaient ses collaborateurs, s’est
attaqué à plusieurs chantiers pour moderniser cette direction et rétablir un
contact serein avec les citoyens.
Il s’est également beaucoup investi dans ce poste en renforçant la coopération
dans les domaines du terrorisme et celui du trafic international des
stupéfiants, notamment avec les services de sécurité français, espagnols,
américains et saoudiens. Laânigri a même réussi à convaincre Interpol
d’organiser la 76e assemblée générale de l’organisation en 2007 à Marrakech.
Sur le plan national, le général a énergiquement soutenu l’augmentation du
budget de la Sûreté nationale afin de pouvoir lutter contre le terrorisme et le
trafic des stupéfiants. Mais c’était compter sans les derniers événements qui
ont beaucoup affaibli sa position.
Le remplacement de Laânigri par Charki Draiss, ex-wali de El Aaiun, intervient
deux jours après la suspension d’Abdelaziz Izzou, directeur de la sécurité des
palais royaux et ex- préfet de police et de plusieurs hauts responsables
sécuritaires (cf.notre édition du 13 septembre 2006: www.leconomiste.com).


· Mauvaise pioche

Ces suspensions s’expliquent par l’enquête en cours sur l’affaire «Bin Louidane»
de trafic de drogue. Et c’est le dénommé Kharraz, narcotrafiquant notoire,
arrêté fin août dernier, qui a donné les noms des responsables impliqués. Le
changement à la tête de la DGSN intervient également à quelques semaines de
l’affaire du groupuscule terroriste, Ansar Al Mahdi, qui comptait dans ses
rangs 5 militaires. Eu égard à tout cela, il est impossible de ne pas établir
le lien entre l’affaire Izzou et le limogeage de Laânigri de la DGSN. Surtout
si l’on sait que c’est sur proposition de ce dernier que SM le Roi a nommé
Izzou au poste de directeur de la sécurité des palais royaux.
Mauvaise pioche pour Laânigri, dont les services n’ont peut-être pas bien
travaillé, puisqu’ils n’avaient pas repéré les liens entre les marchés publics
et des entreprises soupçonnées de connexions avec la drogue... Si le directeur
de la Sûreté nationale qui était également ex-directeur de la DST, ne le savait
pas, qui aurait pu le savoir? Une implication du général lui-même?! Mais cette
thèse n’est pas du tout plausible, sinon, le Souverain ne l’aurait pas nommé
inspecteur général des Forces auxiliaires. «Il l’aurait tout simplement démis
de ses fonctions sans lui accorder d’autres responsabilités», indique une
source à la DGSN. Est-ce que la proposition d’Izzou était principalement
motivée par le souci de garder un oeil sur la sécurité des palais? Si oui,
Laânigri a non seulement raté son objectif, mais il a également perdu son
poste.
Dans le même ordre d’idées, «la Direction générale des études et de la
documentation (DGED) vient de proposer au Souverain de charger la Gendarmerie
royale de la sécurité des palais», confie une source à la DST. Une mission
assurée exclusivement par la DGSN depuis les années 90.


· Le clan Laânigri affaibli

De plus, et comme nous l’avons déjà annoncé dans notre édition d’hier 14
septembre 2006, rubrique de Bonnes Sources, l’enquête sur l’affaire de trafic
de drogue a été reprise des mains de la Brigade nationale de police judiciaire
(BNPJ) pour être transmise à la Gendarmerie royale, et donc un retour sur les
devants de la scène du général Hosni Benslimane.
Une cinquantaine d’enquêteurs de ce corps opèrent sous la houlette du procureur
général près la cour d’appel de Casablanca. Pour expliquer ce revirement, le
ministère public évoque la probable partialité de certains agents de la BNPJ
vis-à-vis de quelques hauts responsables de la police soupçonnés d’appartenir à
ce réseau de narcotrafiquants.

En affaiblissant le clan Laânigri, ces derniers événements, amplifiés par la
mise à l’écart du général Belbachir après l’affaire d’Ansar Al Mahdi et
l’implication de 5 militaires, ont permis la montée en puissance de la DGED et
de son directeur, Yassine Mansouri, soutenu par Fouad Ali Himma.
En effet, la dernière nomination de Draiss, un haut responsable civil de
l’Intérieur à la tête de la DGSN, va dans ce sens.
Le remplacement de Laânigri par un homme de l’Intérieur pourrait bien être
expliqué par une volonté d’El Himma de mettre la main sur la DGSN et, par
conséquent, reprendre les rênes des postes stratégiques.

Khadija MASMOUDI &
Naoufal BELGHAZI

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Avis partagés


LES avis sont partagés sur l’éviction de Hamidou Laânigri de la tête de la DGSN.
Une source à la police judiciaire estime que ce changement «peut être bénéfique
pour la DGSN». Pour illustrer ses propos, cette source évoque les dernières
affaires, à savoir le dossier d’Ansar Al Mahdi et celui du narcotrafiquant
Kharraz, «qui ont entaché l’image de la police que Laânigri représentait
jusqu’au 13 septembre». Un avis que ne partage pas une autre source à la
Direction de surveillance du territoire (DST) que le général a chapotée entre
1999 et 2003, juste avant sa nomination à la tête de la DGSN. «Lors de son
passage dans notre direction, nous avons beaucoup appris de lui surtout en
matière de terrorisme.
Il ne faut pas oublier que Laânigri a été cité par le journal français Le Figaro
comme étant un spécialiste du terrorisme», rappelle avec fierté cette source. De
plus, ajoute-t-elle, «le général traitait bien les officiers de la DST, il nous
a même accordé une augmentation de 300 DH sur nos primes».

N.Be

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http://www.leconomiste.com/article.html?a=73118

Mouvements dans la sécurité.
Punition publique pour Laânigri?


· Les GUS, une police de proximité très critiquée

· Le général a du pain sur la planche avec les Forces auxiliaires


Une police plus active, proche du citoyen et à son service. C’était le challenge
du général Hamidou Laânigri nommé à la Direction générale de la Sûreté
nationale, juste après les attentats terroristes du 16 mai 2003.
En trois ans, Laânigri a-t-il réussi à relifter l’image d’une police taxée
pendant longtemps de corrompue, violente et agressive? A-t-il réussi à
instaurer le nouveau concept de l’autorité?
Difficile de répondre. Il est vrai que des opérations d’assainissement ont eu
lieu et que la police d’aujourd’hui ne ressemble pas du tout à ce qu’elle était
il y a dix ans. Dans l’affaire Erramach et celle de Fatiha Jebliya, de hauts
gradés proches du clan Benhachem, l’ancien directeur général de la DGSN, sont
tombés. Ces opérations surmédiatisées ont permis de montrer au «public» qu’un
mouvement d’assainissement est enclenchée. Mais l’affaire Kharraz, alias Chérif
Bin Louidane, trafiquant de drogue, qui a entraîné avec lui bon nombre de hauts
responsables sécuritaires, décrédibilise tout le travail fait jusque-là.
Surtout que certains responsables cités par Kharraz étaient des subordonnés de
Laânigri. C’est d’ailleurs l’une des raisons de son remplacement à la DGSN.
Sous l’ère Laânigri, une police de proximité a vu le jour. Mais les Groupes
urbains de sécurité (GUS), bien accueillis au départ, ont vite déçu.
Pourtant au lancement des GUS en 2004, Laânigri avait promis une rupture avec le
passé: une police citoyenne et plus de sécurité. Depuis, la petite délinquance
semble avoir chuté, mais les interventions musclées des GUS ont fini par ternir
leur image. Ils sont accusés de violence et de corruption par nombre de
citoyens. Lors du défilé militaire du 14 mai de 2006, ce corps a été conspué
par l’assistance.


· «Les hommes du Souverain»

Hamidou Laânigri, natif de Meknès, a été nommé inspecteur général des Forces
auxiliaires dans les zones nord et 'sud' du pays, un corps armé relevant du
ministère de l’Intérieur. Il a du pain sur la planche. Et ce, même si les avis
divergent.
Des observateurs parlent d’une mise à l’écart des centres de pouvoir, «de
punition publique». Un mouvement qui viserait plusieurs généraux: «le sang neuf
étant de plus en plus privilégié». Les «hommes du Souverain», dit-on, oublient
que Laânigri, il n y a pas si longtemps, faisait partie des «hommes du
Souverain».
D’autres voient dans cette nomination l’amorce du changement dans le
fonctionnement des Forces auxiliaires dans le sud et le nord du pays.
Ces deux zones étant sensibles et connues pour être les plaques tournantes de
l’immigration clandestine, la contrebande et le trafic de drogue, trois
dossiers sur lesquels le Maroc s’est engagé. A cela s’ajoutent les révélations
des membres de la cellule terroriste, Ansar El Mahdi, qui comptaient se
procurer des armes auprès des trafiquants de drogue. Et donc un renforcement de
la sécurité dans le nord et le 'sud' du Royaume s’impose. Ces zones sont
désormais stratégiques: l’Etat joue son avenir sur les risques de conjonctions
entre les trafics d’hommes, d’armes, de drogue et les extrémistes.

Après une carrière à «l’international» aux Emirates arabes unis où il a mis en
place un service de sécurité et de renseignements, Laânigri est rentré au Maroc
en 1989. Il a intégré la Direction générale des études et de la documentation
(DGED) où il a travaillé en étroite collaboration avec le général Abdelhak
Kadiri, mis à la retraite pour des raisons de 'santé'.

En 1999, Laânigri est nommé directeur général de la DST. Il restructure et
réorganise cette direction. Le démantèlement de la cellule dormante d’Al Qaïda
au Maroc, une opération menée en collaboration avec ses homologues américains,
français et espagnol, le met au-devant de la scène médiatique. Par la suite, il
entame la chasse «aux islamistes», chasse qui se poursuivra après les attentats
du 16 mai 2003, y compris dans ses propres rangs: il est évident que les agents
de sécurité sont les plus surveillés en la matière. Ansar El Mahdi compte aussi
parmi ses membres un officier de police.

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Un mordu des nouvelles technologies


«C’est un bon gestionnaire, un bon communicateur et un mordu des nouvelles
technologies»… C’est en ces termes que parlent de lui certains de ses
collaborateurs. Depuis sa nomination à la DGSN, Hamidou Laânigri a tenté de
faire de la communication un des piliers de sa stratégie de «rapprochement» des
citoyens. Pour cela, il a eu recours aux conseils d’une entreprise de
communication, Boomerang. Il a également lancé la revue «Police Magazine», qui
devait familiariser la police avec la communication et le public avec le
travail des policiers.
Le général s’est également attelé à l’informatisation de cette direction et à sa
réorganisation. Des ingénieurs informatiques ont été recrutés et le système
d’information fiabilisé.
Il est également derrière la carte d’identité électronique à puce. Les premières
seront, en principe, délivrées vers la fin de l’année. La couverture de tout le
pays en termes de nouvelles cartes nécessite 1,5 milliard de dirhams. Mais l’on
compte procéder par étapes. Sur le plan technique, cette carte électronique
comportera des micro-puces intégrant un moteur de cryptage et une mémoire
capable de stocker suffisamment d’informations sur les citoyens. La fourniture
du système complet de production et de personnalisation de ces cartes
d’identité nationale a été confiée au groupe français Thales.


K. M.

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http://www.leconomiste.com/article.html?a=73112

Mouvements dans la sécurité.
Charki Draiss, le nouveau patron de la police

· Homme de terrain, il a été sur tous les fronts

· Il devra réorganiser et assainir la DGSN


La DGSN a un nouveau patron: Charki Draiss. Ce diplômé des sciences politiques
fera toute sa carrière au ministère de l’Intérieur qu’il intègre en 1977.
Administrateur-adjoint en 1979, il est nommé caïd attaché à l’administration
centrale en 1988, puis S.G. de province à l’administration centrale. La même
année, il est gouverneur de la province d’Al Haouz, puis gouverneur-directeur
des affaires générales en 1999, puis gouverneur-directeur du personnel
d’autorité en 2003. Sa désignation au poste de wali de Tétouan par intérim en
2005 donnera un coup d’accélérateur à sa carrière. En juin de la même année, il
est nommé wali de El Aaiun-Bojador-Saguia El Hamra. La charge est des plus
lourdes. Toute la zone vivait encore dans la tourmente des événements de El
Aaiun. Un mouvement de protestation sociale avait pris une tournure politique.
Instrumentalisé par le Polisario, qui célébrait son 32e anniversaire de
création, il a été <surmédiatisé>. Draiss est alors appelé aux commandes.
Etait-ce un signe de confiance? Ou un test? Le super wali avait, en tout cas,
une idée précise de son mandat. «La mission du wali consiste à donner
l’impulsion nécessaire aux services de l’Etat à travers une coordination des
actions et la mise en œuvre des politiques publiques par la proximité et la
concrétisation du nouveau concept d’autorité, basé sur l’ouverture et
l’attachement aux préoccupations des fidèles sujets de Sa Majesté le Roi et la
canalisation de leurs attentes», déclarait-il une année après ses prises de
fonctions.
La mission de Draiss était également politique, ce qui l’appelait à être sur
tous les fronts. Homme de terrain, il multipliait les rencontres avec les
acteurs économiques, politiques et sociaux, suivait l’action engagée par
l’Agence de <développement> des <provinces du Sud>, rencontrait les délégations
des ONG locales et internationales, tenait réunion après réunion avec les
responsables et émissaires de la Minurso et, surtout, maintenait le contact
avec les médias pour expliquer et rendre visibles toutes ses actions. Il est
ainsi l’un des rares responsables de l’administration territoriale qui restait
ouvert à la communication. La stature imposante, Charki Draiss a l’abord
facile. L’homme est également affable. Ce natif des Beni Amir, à proximité de
Khouribga, père de famille (deux filles et un garçon), est par ailleurs très
impliqué dans son travail. «Il a le cœur à l’ouvrage», dit-on de lui. Sa
fonction à la DGSN lui laissera très peu de répit. L’institution a besoin de
voir son image rehaussée après les récents remous. Réorganiser et assainir.
Deux fonctions essentielles qui attendent le nouveau patron de la police.


Khadija RIDOUANE

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http://www.aujourdhui.ma/bonjour-details49104.html

Nouvelle approche du fait sécuritaire


Le changement opéré à la tête de la DGSN, le redéploiement du général Laânigri
et la nomination de Charki Draïss, est, selon toute vraisemblance, l’expression
d’une nouvelle approche du fait sécuritaire dans notre pays. Probablement, à
court terme, un changement de paradigme. Durant ces six longues dernières
années, dans l’exécution de la mission qui lui a été confiée par SM le Roi, le
général Hamidou Laânigri a marqué de son empreinte les services de sécurité par
sa personnalité, par ses analyses, par sa formation de base et par ses modes
opératoires. À ce niveau extrême de la responsabilité professionnelle et de
l’engagement patriotique, tout cela ne peut se concevoir que dans l’indivision.
C’est, en fait, un tout insécable.

Il est évident que si nous sommes face à une reformulation, à une reprojection
ou à une inflexion, tactique ou stratégique, d’une politique sécuritaire dans
la lutte contre le terrorisme ou contre le crime organisé, il faut que cette
étape, dans la continuité de l’action de l’Etat, soit incarnée, non pas par un
homme nouveau, mais, au moins, par un nouveau responsable. C’est une opération
courante dans la mathématique du pouvoir.


Le 15-9-2006
Par : Khalil HACHIMI IDRISSI

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http://www.aujourdhui.ma/couverture-details49097.html

La DGSN passe au plan B


Une sortie honorable pour le général Hamidou Laânigri. Ce dernier a été appelé à
d'autres missions à la tête de l'Inspection générale des Forces auxiliaires. Il
a été remplacé à la tête de la DGSN par Cherki Draiss.

Le général Hamidou Laânigri a été chargé de nouvelles missions par Sa Majesté le
Roi Mohammed VI qui l'a nommé, mercredi 13 septembre, à la tête de l'Inspection
générale des Forces auxiliaires. Le général Laânigri a été remplacé par Cherki
Draiss, qui avait été nommé en juin 2005 wali de El Aaiun-Bojador-Saguia El
Hamra, à la tête de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN). Le
général Laânigri quitte donc la DGSN après plus de trois ans de loyaux services
et une série de réalisations qui retiendront son nom dans les annales de cette
direction comme un "réformateur" qui a toujours eu le courage de ses actes et
décisions. Hamidou Laânigri, aux derniers jours du règne de Driss Basri,
s'était vu confier la DGST (la Direction générale de la surveillance du
territoire) où il avait commencé par faire de l'ordre. Avec les résistances que
l'on sait. Déjà, à cette époque-là, il suscite beaucoup d'intérêt et remporte
l'estime même de ses détracteurs. Homme des missions ardues, il est appelé à
diriger la DGSN à un moment particulièrement sensible de l'histoire du nouveau
règne : les attentats du 16 mai. L'arrivée de Hamidou Laânigri à la DGSN n'a
pas été sans susciter beaucoup de remous. Ce dernier n'aime pas les pourris et
il le leur signifie clairement. Des dizaines de responsables sont mis au
placard ou présentés devant la justice pour une série d'affaires d'accointances
avec les mafias nationales. Intransigeant quand il s'agit de la marche de la
police et surtout de la sécurité du pays, il est taxé de tous les qualificatifs
dont celui d'"éradicateur". Son approche, malgré les cascades de critiques, a
montré son efficacité et notamment pour la traque et le démantèlement des
cellules terroristes.
Tiraillé entre plusieurs fronts, la soixantaine bien assumée, il multiplie les
chantiers et les réformes : redéploiement, rajeunissement, formation, création
de nouvelles unités (avec spécialités de pointe), mise en place des GUS,
ébauche de l'ambitieux projet d'une nouvelle carte d'identité...
Son expérience sur le terrain, que ce soit au Maroc ou à l'étranger, ont fait de
lui l'homme de la rupture avec un certain mode de fonctionnement, mais aussi de
gestion.

Aujourd'hui, cet homme est appelé à d'autres missions non moins importantes et
visiblement pour la refonte d'une autre véritable "armée", la plus vieille de
l'histoire du Maroc : les Forces auxiliaires qui ne disposent pas de "vrai"
patron depuis le départ à la retraite du général Lahrizi. Normal puisque les
Forces auxiliaires sont appelées à de nouvelles et vitales missions. C'est ce
corps d'"armée", on semble l'oublier, qui était en grande partie à l'origine de
la baisse des flux d'immigrants vers l'Europe depuis que ses éléments ont été
déployés sur le littoral nord (de Tanger à Saïdia).

La nomination du général Laânigri à la tête de l'Inspection générale des F.A
pourrait-elle être assimilée à une sorte de "sanction" ? C'est une lecture que
l'on ne pourrait pas se hasarder à faire même avec la conjoncture de ces
derniers jours et le coup de balai royal dans différents services. Hamidou
Laânigri, militaire dans l'âme, a toujours répondu présent là où le devoir
l'appelle. Discipliné et adepte de la discipline, il a toujours eu un profond
respect pour la hiérarchie. Il se trouve aujourd'hui que sa hiérarchie, au plus
haut niveau, l'appelle à défricher un nouveau chemin. Il s'exécutera. Comme il
l'a toujours fait depuis qu'il a quitté l'école militaire de Meknès, sa ville
natale, en 1959. L'on notera encore cette grande nuance que, dans le communiqué
annonçant sa nomination, Sa Majesté le Roi a donné ses 'hautes' instructions
pour que le général Laânigri supervise, en même temps, la 'zone Sud' et la zone
Nord. Un 'nouveau' signe de 'confiance'.


Le 15-9-2006
Par : Mohamed Boudarham

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http://www.aujourdhui.ma/couverture-details49098.html

Cadrage : un nouveau tournant


Les récents développements dans plusieurs enquêtes montrent que plus personne
n’est au-dessus de la loi.


En procédant, mercredi, à la nomination de Charki Draiss au poste de directeur
général de la Sûreté nationale SM le Roi Mohammed VI a ouvert une nouvelle
séquence dans la mise en œuvre de l’action des services de sécurité. Cette
nomination n’aurait, probablement, fait l’objet d’aucun commentaire particulier
si elle n’intervenait pas dans un contexte marqué par une montée en puissance de
la lutte contre le terrorisme et la traque méthodique du crime organisé et,
parfois, de ses complices au sein même de l’administration.

Le général Hamidou Laânigri, quant à lui, a initié une 'nouvelle dynamique' et
introduit un 'nouveau style' à la tête de la police. Une police plus active,
moins statique, plus opérationnelle, moins paperassière. La mise à niveau de la
Sûreté nationale était plus que jamais nécessaire. Ce challenge a été relevé
pour cet homme qui aime les défis et qui doit sa réussite à sa rigueur, à sa
discipline et son savoir-faire. Il a donné à la DGSN une visibilité certaine
tout en traquant l’impunité et en livrant une lutte sans merci aux réseaux
d’intérêt qui portaient atteinte à sa crédibilité et à son fonctionnement. Il a
mené sa mission au pas de charge. GUS, police de proximité, recours à la
police scientifique, renforcement des moyens d’intervention…

Les 'récents développements' dans plusieurs enquêtes montrent que plus personne
n’est au-dessus de la loi. La loi s’appliquera à tous, de la même façon et avec
la même rigueur. Le nouveau concept de l’autorité dont Sa Majesté avait annoncé
l’émergence au début de son règne visait, justement, cela. Les multiples
initiatives royales prises depuis lors s’y inscrivent résolument. Les
initiatives royales ont, entre autres, permis de rendre transparent le
fonctionnement de certains services de l’Etat jadis soustrait au regard des
administrés. Les changements opérés à la fin des années 90 au niveau des
appareils sécuritaires, s’inscrivaient dans cette volonté de normalisation de
leur fonctionnement et de la moralisation de leurs rapports avec la société.
En définitive, le changement opéré à la tête de la DGSN atteste, surtout, nous
semble-t-il, de la volonté royale d’initier un nouveau tournant tant pour la
DGSN que pour les Forces auxiliaires qui sont appelées, comme chacun a pu le
constater, à s’engager davantage dans des missions de sauvegarde de la sécurité
publique.


Le 15-9-2006
Par : Ahmed Saaidi

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http://www.aujourdhui.ma/couverture-details49099.html

Retour d’un civil à la tête de la police


Cherki Draiss, nouveau titulaire de la DGSN, est un "produit maison" du
ministère de l'Intérieur. Il a assumé plusieurs responsabilités avant
d'atterrir à El Aaiun en juin 2005. Portrait.


Cherki Draiss, que le Souverain a nommé, mercredi 13 septembre à la tête de la
DGSN, fait partie des cadres de l'Administration territoriale qui ont fait le
plus clair de leur carrière au ministère de l'Intérieur. Sa nomination, en juin
2005, intervenait dans le cadre de changements décidés par Sa Majesté le Roi
Mohammed VI quelques semaines seulement après le lancement de l'INDH
(Initiative nationale pour le développement humain). Wali de El
Aaiun-Bojador-Saguia El Hamra, il avait remplacé Mohamed Gharrabi, appelé à
assumer les mêmes fonctions à Fès-Boulemane.

Cherki Draiss arrivait également à El Aaiun quelques semaines après les
événements du quartier Maâtallah, fruit des 'gesticulations' de Tamek et la
galaxie 'séparatiste'. Ses proches affirment qu'il a bien négocié ce premier
test pour passer à plusieurs chantiers de 'développement'.

Cherki Draiss, natif de Béni Amir (région de Béni Mellal) en 1955 est diplômé en
sciences politiques. A 22 ans, il rejoint le ministère de l'Intérieur pour son
service civil et y entame une longue et laborieuse carrière : caïd, puis
secrétaire général de province attaché à l'administration centrale. Sa première
affectation en tant que gouverneur intervient en 1998 à la province d'El Haouz.
Il réintègre de nouveau, en 1999, l'Administration centrale en tant que
directeur des affaires générales au ministère de l'Intérieur, puis au poste de
directeur du personnel d'autorité en 2003.

En 2005, il prend la relève de Mohamed M'Barki pour assurer l'intérim à la
wilaya de Tétouan ; poste qu'il n'occupera que quelques mois avant de s'envoler
vers le chef-lieu de 'nos provinces sahariennes'. Cherki Draiss, selon des
sources à El Aaiun, aura fait un parcours sans fausse note et réussi surtout à
nouer de bonnes relations avec les notables de la région et les 'représentants'
de la 'société civile'. On affirme qu'il avait également 'bien négocié'
l'épisode des 'provocations' des délégations pro-'séparatistes' qui voulaient
s'introduire sur le territoire national. Pour le moment, aucun remplaçant n'a
été désigné à la place de Cherki Draiss. Selon une source à la wilaya de El
Aaiun-Bojador-Saguia El Hamra, c'est M. Charî, le secrétaire général, qui
assurera l'intérim en attendant la désignation d'un nouveau wali. M. Draiss
aura à persévérer sur la voie tracée par son prédécesseur et mener à bien une
série de projets et de chantiers qui changeront l'image de la police et des
autres services de la DGSN


Le 15-9-2006
Par : Mohamed Boudarham

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http://www.aujourdhui.ma/couverture-details49100.html

L’assainissement au pas de charge


Jamais un directeur général de la Sûreté nationale n'a vu défiler, lors de son
mandat, autant d'affaires impliquant la police comme cela aura été le cas pour
le général Hamidou Laânigri.
C'est lui qui, une première, permettra la poursuite de hauts responsables de la
DGSN (dont un contrôleur général) en relation avec l'affaire Erramach
impliquant également des magistrats et des officiers de la Gendarmerie royale.
Avec le long procès et les verdicts que l'on sait. Quelques mois plus tard, ce
sera encore une autre affaire qui fera beaucoup de bruits et occasionnera une
nouvelle agitation médiatique : l'affaire Jebliya et la mise en accusation
d’une multitude de responsables de la DGSN. Entre-temps, le général Laânigri
s’était engagé dans une traque acharnée contre les cellules terroristes et a
couronné cette guerre sans merci par le démantèlement de "Jamaât Ansar Al
Mahdi". Auparavant, il avait donné ses instructions pour que ceux, parmi les
"siens", qui se seraient acoquinés avec le réseau de Laâroussi (procès toujours
en préparation) soient questionnés et traduits devant la justice.
Ceux qui ont eu à l'approcher ne lui dénient pas une qualité : tout élément
douteux, quelle qu'en soit la position, doit être soumis aux rigueurs de la
loi. La règle jadis en cours consistait à l'éloigner jusqu'à ce que l’affaire
où il est impliqué soit oubliée. Ce n'est donc pas pour rien que cet
"éradicateur" faisait grincer des dents au sein de la DGSN.


Le 15-9-2006
Par : Mohamed Boudarham

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1.3. PRESSE ALGÉRIENNE
http://www.lexpressiondz.com/T20060914/ZA7-1.htm

MAROC
Le Royaume étale ses dossiers noirs
14 septembre 2006 - Page : 24


Charniers, réseaux terroristes et de trafic de drogue, réouverture du dossier
des liquidations physiques.

Les services de sécurité marocains ont procédé, au cours des trois derniers
jours à l’arrestation de deux groupes d’activistes islamistes composés de 47
personnes du courant «salafiste djihadiste» dans deux villes du Royaume,
Mekhnès et Salé. L’information a été donnée par la presse marocaine qui a lié
cette opération aux enquêtes menées par ces mêmes services après le
démantèlement d’un important groupe d’«Ansar Al Mahdi», constitué de quelque 56
activistes en fin de juillet dernier dont des militaires et un officier de
police. Toujours d’après la presse locale, les personnes arrêtées étaient
prises en filature depuis plus d’une année et leurs communications mises sous
table d’écoutes. Cette alerte a provoqué un branle-bas de combat au sein des
différents corps des services de sécurité qui semblent avoir mis le paquet pour
dénouer les fils de la toile tissée par l’organisation islamiste.


Démantèlement de la toile islamiste

Le ministre de l’Intérieur, Chkib Benmoussa, avait ensuite annoncé l’arrestation
d’un groupe de quatre femmes dont deux épouses de pilotes de la Royal Air Maroc
(RAM). Des informations livrées à la presse par le ministre marocain ont fait
état de relations existantes entre ce groupe féminin et la veuve d’un membre
d’Al Qaîda, le marocain Karim Mejjati, tué en Arabie Saoudite en 2005, en plus
des fréquentations avérées avec Hassan Khattab, le chef présumé du réseau
marocain Ansar El-Mahdi dont elles finançaient les activités. Depuis cette
date, des mesures de sécurité draconiennes ont été décidées pour contrôler les
accès à l’aéroport de Casablanca.
Néanmoins, les autorités marocaines ont affirmé ne pas avoir pu déceler une
quelconque preuve d’éventuels liens entre les réseaux démantelés et les
organisations terroristes internationales. Une façon, peut-être, de calmer le
jeu pour permettre aux enquêteurs de continuer leurs recherches sans donner
l’alerte qui pourrait contraindre les réseaux islamistes à fermer toute voie de
communication entre leurs différentes cellules. Dans le même sillage, les médias
chérifiens ont annoncé le démantèlement d’un autre groupe composé de huit
activistes islamistes dans la ville de Taza ayant des relations avec le même
mouvement salafiste marocain. Ce qui montre bien que le phénomène n’est pas
isolé. Ces arrestations coïncident avec l’éclatement de scandales ayant trait à
l’institution militaire et au règne du Makhzen durant une quarantaine d’années.
En effet, la publication, cette semaine, du livre-scandale «les services de Sa
Majesté par un ancien officier des Forces armées royales (FAR), Mahmoud Tobji
accablant l’institution militaire de tous les maux du Royaume et les
révélations sur l’existence de charniers disséminés un peu partout dans le sol
marocain, placent le Maroc dans l’oei

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Vie, 15 de Sep, 2006 6:13 pm

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15 de Sep, 2006
6:29 pm
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