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Spécial Intifada Sahraoui (5/7-I-2007)   Lista de mensajes  
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*****INTIFADA SAHRAOUI*****
http://www.arso.org/intifada2005.htm

****LISTE des PRISONNIERS et CONDAMNES au cours de l'INTIFADA 2005****
http://www.arso.org/intifadalistpris.htm

*****NOUVEAU: LE MUR DE LA HONTE: LE SITE WEB ESSENTIEL********
http://www.murominassahara.8m.com/



S O M M A I R E

1. SAHARA OCCIDENTAL-TERRITOIRES OCCUPES-INTIFADA-STRATÉGIE
- SPS (5-I-2007): L’Intifada est la meilleure voie pour les Sahraouis pour
briser le black out politique, affirme Mohamed Abdelaziz

2. SAHARA OCCIDENTAL-TERRITOIRES OCCUPES-INTIFADA-RÉSISTANCE
- SPS (7-I-2007): Manifestation de solidarité et de soutien au défenseur des
droits humains, Asfari Ennaama, à la ville de Smara

3. SAHARA OCCIDENTAL-TERRITOIRES OCCUPES-INTIFADA-RÉPRESSION
- ASVDH (5-I-2007): Arrestation de Ennaama ASFARI à Smara
- ASVDH (5-I-2007): La répression continue à El-Ayoune

4. SAHARA OCCIDENTAL-TERRITOIRES OCCUPES-INTIFADA-L'ANNALYSE DU MAKHZEN
- MAROC HEBDO (No. 725): Les révoltés de El Aaiun


===========================================================
SÁHARA-INFO EN FRANÇAIS ET EN ESPAGNOL/ EN FRANCÉS Y EN ESPAÑOL:
http://es.groups.yahoo.com/group/sahara-info/

SAHARA-INFO SEULEMENT EN FRANÇAIS:
http://fr.groups.yahoo.com/group/revue-de-presse-sahara-occidental/

SAHARA-INFO SÓLO EN ESPAÑOL:
http://es.groups.yahoo.com/group/revista-de-prensa-sahara-occidental/

NEW!!! SAHARA-INFO ARABE
http://groups.google.ae/group/sahra_info_arabi
===========================================================


1. SAHARA OCCIDENTAL-TERRITOIRES OCCUPES-INTIFADA-STRATÉGIE
http://www.spsrasd.info/fr/infos/2007/01/sps-050107-5.html

L’Intifada est la meilleure voie pour les Sahraouis pour briser le black out
politique, affirme Mohamed Abdelaziz


Ecole du 27 février (camps de réfugiés sahraouis), 05/01/2007 (SPS) Le Président
de la République, Mohamed Abdelaziz a affirmé vendredi au cours d’une allocution
devant la conférence annuelle des relations extérieures tenue au centre "Chahida
Naaja", que l’Intifada pacifique que mènent les sahraouis dans les territoires
occupés du Sahara Occidental est "une voie nationale sahraouie pour briser le
black out politique qui existe et une nouvelle phase du combat du peuple
sahraoui pour imposer ses revendications nationales".

Le Président de la République a souligné que cette conférence a une importance
particulière, notamment qu’elle se tient après la 7ème session ordinaire du
Secrétariat national du Front Polisario, la session hivernale du Parlement
sahraoui et les conférences politiques pour le renouvellement des responsables
des dairas et municipalités.

Elle est aussi "le début des grands efforts nationaux durant l’année 2007 et la
préparation pour le soulèvement des nouveaux défis", a-t-il ajouté.

M. Abdelaziz a également déploré la politique d’intransigeance du Gouvernement
marocain visant à se dérober de ses engagements devant la communauté
internationale, appelant les Sahraouis à poursuivre l’Intifada pacifique pour
amener le Maroc à permettre au peuple sahraoui de choisir son futur en toute
liberté.

Le Président de la République a en outre indiqué que les tentatives que mènent
certains pays en utilisant l’aide humanitaire comme moyen de pression contre
les Sahraouis "seront vouées à l’échec et ne pourront pas nous détourner de nos
revendications nationales pour la liberté et l’indépendance". (SPS)


080/090/TRD 051015 JAN 07 SPS

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2. SAHARA OCCIDENTAL-TERRITOIRES OCCUPES-INTIFADA-RÉSISTANCE
http://www.spsrasd.info/fr/infos/2007/01/sps-070107.html

Manifestation de solidarité et de soutien au défenseur des droits humains,
Asfari Ennaama, à la ville de Smara


Smara (territoires occupés), 07/01/2007 (SPS) Des dizaines de citoyens sahraouis
à la ville de Smara occupées sont sortis samedi dans des manifestations
pacifiques pour dénoncer l’arrestation vendredi par la police marocaine du
défenseur des droits humains, Asfari Ennaama, alors qu’il rentrait de la France
en compagnie de sa femme et de ses beaux parents, a rapporté une source proche
du ministère sahraoui des territoires occupés et de la communauté.

Les manifestant ont arboré les drapeaux de la RASD et ont scandé des slogans
réclamant le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et à
l’indépendance.

Les forces de répression sont intervenus sauvagement pour disperser les
manifestant et ont blessé grièvement au moins une femme, Metou Lakhdar, a
ajouté la même source.

D’autre part, deux ex prisonniers politiques sahraouis, Othman Tanakha et Dedi
Hmada ont été arrêtés vendredi à leur rentrée de la ville de Smara en
provenance de la périphérie de cette ville occupée du Sahara Occidental.

Les deux victimes ont été torturés à l’intérieur d’une voiture d’intervention
rapide avant d’être abandonnés dans la localité de Lekoueïz à l’Est de la ville
de Smara dans un "état lamentable", ont indiqué des sources proches de leur
famille.

Parallèlement à El Aaiun les forces de répression marocaines ont dévasté le
domicile d’une famille sahraouie, procédant à l’arrestation de cinq jeunes et
les ont conduits au centre de la police judiciaire de la ville occupée d’El
Aaiun.

Il s’agit de : Messoud Boushab Laroussi, Mohamed Barka Bembara, Faraji Othman
Driss Deich, Ahmed Baba Abdelaziz Mohamed et Ali Salem Boujemaa Saadani qui ont
été soumis aux différentes forme de tortures et d’interrogations, selon leur
proche. (SPS)


020/090/110 071400 JAN 07 SPS

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3. SAHARA OCCIDENTAL-TERRITOIRES OCCUPES-INTIFADA-RÉPRESSION
http://www.asvdh.net/2007/01/05/arrestation-de-ennaama-asfari-a-smara/

Arrestation de Ennaama ASFARI à Smara


Édité par asvdh janvier 5th, 2007 dans Lettre d'information
Lettre d’information

El-Ayoune – Sahara Occidental
Vendredi 05 janvier 2007


Le citoyen sahraoui, résident en France, et défenseur des droits humains,
co-président du CORELSO, Mr. ASFARI Ennaama, a été arrêté aujourd’hui vendredi
05 janvier 2007, à Smara, Sahara Occidental, vers 16h GMT, alors qu’il visitait
la ville en compagnie de ses beaux-parents.

Mr. ASFARI était en visite familiale au Sahara Occidental, en compagnie de sa
Femme et ses beaux-parents. Mr. Avait, auparavant, fait objet de nombreuses
intimidations et arrestations lors de ses visites à la région.

Mr. ASFARI est encore détenu au commissariat de la police marocaine à Smara

---------->
http://www.asvdh.net/2007/01/05/la-repression-continue-a-el-ayoune/

La répression continue à El-Ayoune

Édité par asvdh janvier 5th, 2007 dans Lettre d'information


El-Ayoune – Sahara Occidental
Mercredi 04 Janvier 2007


Les forces de répression marocaine continuent de faire de plus en plus de
victimes dans les rangs des citoyens sahraouis. Ainsi, le citoyen sahraoui,
Laaroussi Ahmed Mouloud LAMHIDI, voir les photos ici, et le citoyen sahraoui,
Mahfoud Najem Elwali MAYA, ont été arrêté le 29 décembre 2006, par les membres
de ces forces répressives, en civil, et les ont torturé et soumis à des
interrogatoires violents. Ces deux citoyens sahraouis ont été également menacé
de mort et d’être enterrés vivants.

Par ailleurs, le citoyens sahraoui, Sidi ELFAKROUI, voir les photos ici, a été
lui aussi victime d’une agression sauvage par des agents de la police marocaine
en civil, le mardi 3 janvier 2007. Sidi ELFAKRAOUI souffre encore de retombées
de l’agression dont il a été victime en 2005 quand il a été jeté d’un immeuble
par les forces du GUS.

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4. SAHARA OCCIDENTAL-TERRITOIRES OCCUPES-INTIFADA-L'ANNALYSE DU MAKHZEN
http://www.maroc-hebdo.press.ma/MHinternet/Archives_725/html_725/revoltes.html

Les révoltés de El Aaiun


Pourquoi la jeunesse sahraouie est-elle plus frondeuse que 'les autres jeunes
Marocains' ? Est-elle vraiment indépendantiste, ou ne fait-elle qu’exprimer
un 'malaise social'?


Par Mouna Izddine



Dimanche 10 décembre 2006. Smara, El Aaiun. Ce qui, aux yeux de l'Agence de
Presse Sahraouie (APS), porte-parole officieux du Polisario, n'était «qu'une
manifestation pacifique» à l'occasion de la célébration du 58ème anniversaire
de la Déclaration universelle des droits de l'Homme, se transforme en
chasse-poursuite. Dans la foulée, le fils du disparu El Makhlouf Haoudi est
arrêté, en même temps qu'une douzaine de manifestants, à Smara. Parmi les
dizaines de blessés de El Aaiun, figure également Jiml El Ghalia, activiste et
ex-prisonnière politique. Leur revendication? «L'organisation d'un référendum
d'autodétermination au Sahara occidental, des nouvelles des 500 disparus
sahraouis et des 151 prisonniers de guerre».

Un événement qui s'ajoute aux émeutes de 2005, largement médiatisées, et qui
avaient incité SM Mohammed VI à créer le Conseil Royal Consultatif pour les
Affaires Sahariennes, avec à sa tête Khalli Henna Ould Errchid, chargé de
proposer un 'projet' d'<autonomie élargie>.

Mais, au-delà des discours populistes, des récupérations politiques, des flashs
des JT et des clichés folkloriques des reportages télévisés, que sait-on au
juste de cette jeunesse, majoritairement meneuse de ces mouvements
contestataires? Qui s'y est jamais véritablement intéressé? De Smara à El
Aaiun, en passant par Bu Craâ et Bir Gandus, que savons-nous de ses attentes,
de ses espérances comme de ses angoisses et ses désillusions?
En tout cas, ce qui est sûr, c'est que, avec sa gestion purement sécuritaire du
problème, l'Etat marocain ne fait que remuer le couteau dans une plaie déjà
bien purulente. En quoi la réprimande, les coups de matraque et les
arrestations massives changeront-ils la situation de ces jeunes?
Et ce n'est pas l'interdiction de sites pro-indépendantistes qui empêchera cette
jeunesse de crier son mal-être. Ainsi, sur www.thomasdsm.canalblog.com, un jeune
indépendantiste fournit ainsi la liste de sites séparatistes et les moyens de
contourner la censure des autorités marocaines. En effet, aussi efficace
soit-il, face à l'immensité et à la réactivité d'un réseau virtuel qui ne
connaît aucune contrainte d'espace ou de temps, le quadrillage des autorités a
ses limites.

Mais qui sont ces jeunes, sont-ils tous des défenseurs acharnés de la République
arabe sahraouie et démocratique? Pourquoi sont-ils énigmatiquement plus engagés
que 'les autres jeunes Marocains', dont le dédain pour la chose politique n'est
plus à démontrer?

Si l'on s'en tient à l'unique lecture des chiffres officiels (notamment ceux du
recensement général de la population de 2004 du Haut Commissariat au Plan), 50%
des habitants des 'provinces du Sud' ont moins de 18 ans et plus de 40% moins de
30 ans. 30% des jeunes diplômés sont au chômage et 70% de la population est
citadine. A Guelmim-Smara, seuls 44,8% des jeunes de 20-24 ans et 54,7% des
25-29 ans sont actifs. Le taux d'analphabétisme dépasse les 20% chez les 15-24
ans et grimpe à près de 40% chez les 25-34 ans.
De nombreux jeunes n'ont pas la chance de poursuivre leurs études… ou de
bénéficier, comme 8.000 autres El Aaiunis depuis 1975, d'un poste à l'Entraide
nationale. A titre d'exemple, dans la région de Guelmim-Smara, seuls 4% environ
des jeunes scolarisés (âgés de 10 ans et plus) sont parvenus au cursus
supérieur, alors que 27,9% des élèves ont décroché au primaire et 15,5% au
collège. Le décrochage précoce du système scolaire, en pleine adolescence,
ouvre alors la brèche à tous les excès, dont la consommation de drogue, quand
les jeunes ne pensent pas à embarquer dans une patera pour tenter leur chance
de l'autre côté de la Méditerranée, via les îles Canaries.

A la dernière tentative d'émigration clandestine vers l'Espagne, plus de 30
Sahraouis ont ainsi trouvé la mort. Une tragédie aussitôt exploitée par
l'ASVDH, une association pro-Polisario: «Depuis mai 2005, plusieurs jeunes
Sahraouis, victimes de la répression marocaine, ont affirmé avoir été menacés
de torture par des responsables sécuritaires marocains, et qu'ils ont été
encouragés à quitter le territoire, avec la garantie de ne pas être interceptés
par la marine royale marocaine (…)».

Les cités du 'Sud marocain' souffrent également d'une insuffisance patente
d'infrastructures socio-culturelles et sportives. Les 'efforts' de
'communication' de l'Agence pour la promotion et le 'développement' des
'Provinces du Sud' ne seront jamais en mesure de contrecarrer la simplicité
d'un constat, aberrant, dont l'Agence se fait «involontairement» l'écho sur son
site. Une unique maison de la culture (un musée des arts sahariens, un
conservatoire de musique et une salle polyvalente) pour toute la région de El
Aaiun-Bojador-Saguia El Hamra (29% de la population des 'provinces du Sud')
inaugurée le 11 janvier 2001 à El Aaiun. Encore mieux «lotie», la vaste région
de Rio de Oro-La Güera est dotée en tout et pour tout d'un foyer féminin, d'une
maison de jeunes et de trois établissements de formation professionnelle, tous
localisés à Dakhla-Villa Cisneros. Une misère culturelle qui n'étonne pas grand
monde dans des régions où plus de 30% de la population citadine s'éclaire encore
à la bougie et où près de 70% des habitants des villes ne disposent pas de salle
de bain moderne ou de douche dans leur résidence.

Côté économique, les investisseurs, les notables et les riches des régions
concernées préfèrent placer leur argent par prudence dans le nord du Maroc ou à
l'étranger, bien que le 'Sud' regorge de richesses naturelles (128.000 tonnes de
poissons débarquées à El Aaiun pour le premier semestre 2006) et d'autres
atouts, notamment touristiques. Mais qui parierait sur une économie balbutiante
et aléatoire?

La vie sociale est réduite, elle aussi, à peau de chagrin, au grand dam d'une
jeunesse assoiffée de mouvement et de connaissances. Une jeunesse qu'on
n'évoque, et encore indirectement, que lors des commémorations d'événements
historiques. Inutile de se voiler la face, les jeunes Sahraouis n'ont aucune
visibilité quant à leur avenir et même pire, toute leur région natale (quelque
416.474 Km2, soit 58% de la superficie du Maroc et plus de 817.929 habitants
pour les trois 'provinces' du 'Grand Sud': Guelmim-Smara, El
Aaiun-Bojador-Saguia-El Hamra et Rio de Oro-La Güera) navigue dans le flou,
sans statut juridique précis, tiraillée entre deux frères ennemis -le Maroc et
l’Algérie- qui se mènent une guerre larvée, dans l'attente d'un référendum
devenu 'chimère'.

Sur les mappemondes, leur «territoire» est grisé et, lors d'études statistiques
universelles, les données concernant les 'provinces du sud marocain' sont
souvent «non disponibles». 30 ans de statu quo… Le dossier du Sahara dans son
ensemble, ballotté d'une instance internationale à l'autre, n'intéresse
apparemment plus une communauté mondiale trop occupée à fouetter d'autres
chats.

On imagine dès lors les sentiments de cette jeunesse désoeuvrée. Quelle autre
occupation s'offre à elle que de siroter, des heures durant, journaux sous la
main, son thé à la terrasse d'un café en refaisant le monde avec ses compagnons
d'infortune? Face au désintérêt des partis politiques marocains et même d'une
grande partie de la société civile de son sort, la jeunesse sahraouie, à défaut
d'un idéal socio-politique fort, s'identifie à ceux qui lui accordent un
semblant d'attention, peu importe que cela soit un simulacre ou une stratégie
démagogique. La nature ayant horreur du vide, pas étonnant que certains parmi
ces jeunes adoptent les thèses 'séparatistes' du Front Polisario. Le dicton
«l'oisiveté est mère de tous les vices» semble s'appliquer parfaitement à cette
jeunesse en mal de vivre.
«Pour les garçons, c'est la délinquance. Pour les filles, celles qui, diplômées,
ne se retrouvent pas serveuses dans un café ou ouvrières temporaires dans des
unités de conservation de poissons, sont contraintes parfois à se prostituer.
Beaucoup de filles de joie du Nord viennent à leur tour s'adonner à leur
profession dans les 'provinces du Sud', où elles pensent être plus tranquilles.
L'émigration clandestine, l'embrigadement par des mafias de contrebande touchent
de plus en plus les jeunes.
Les attentes de la jeunesse sahraouie sont celles de la jeunesse du 'Nord', de
réelles opportunités de participation au développement dans la clarté, la
transparence, la démocratie et la citoyenneté. Les 'séparatistes' par principe
et convaincus sont 'rares', mais réussissent à recruter les 'fauteurs' de
'troubles' parmi cette jeunesse en difficulté sociale. D'autant plus que, à
partir de Tindouf, le Polisario, soutenu militairement, diplomatiquement et
financièrement par l'Algérie, ne manque pas de moyens pour convaincre cette
frange de la population bien vulnérable», témoigne Mohamed, 28 ans, résident à
Smara.. Et alors, en quoi ces jeunes sont-ils plus négligés et malheureux que
leurs congénères dans le reste du pays?
Il est vrai qu'une manifestation de jeunes à El Aaiun, Dakhla-Villa Cisneros ou
Smara titillera toujours davantage le gouvernement et l'opinion publique qu'une
protestation juvénile à Meknès ou Marrakech.

Pensez donc! Une gigantesque Marche verte pour la 'récupération' des territoires
du Sahara occidental des mains de l'occupant espagnol en 1975, événement érigé
même en symbole suprême de l'unité nationale. Des milliards de dirhams
'consentis' par la Défense nationale et le ministère l'Intérieur pour la
'cause' du Sahara 'marocain', à travers la mobilisation de l'armée et des
Forces auxiliaires pour le conflit (le cessez-le-feu a été décidé en novembre
1991), mais aussi, et surtout, pour la surveillance des frontières avec la
Mauritanie (est et sud) et l'Algérie (nord-est) et pour la sécurité interne des
territoires.
Des villes entières surgies d'un immense désert qui ne gardait jusqu'alors pour
seule empreinte humaine que les traces de passage de tribus touaregs
dispersées. Des investissements lourds dans des infrastructures de base
auparavant presque inexistantes, dont le port de El Aaiun, de Tan-Tan ou de
Dakhla-Villa Cisneros n'est qu'une infime illustration.

Ajouté à tout cela les moult petits avantages accordés aux citoyens des
'provinces' pour les fidéliser à la 'mère-patrie': subventions aux produits de
première nécessité supérieures à la moyenne nationale, octroi de cartes de
réduction pour les transports publics ou encore majoration de 50% sur le
salaire de base pour les fonctionnaires mutés dans les territoires…

Sur le plan diplomatique, la question du Sahara en a également fait voir de
toutes les couleurs au Maroc, allant jusqu'à bloquer dans l'œuf la construction
de l'Union du Maghreb Arabe et hypothéquer pendant plus de 30 ans les relations
maroco-algériennes et aussi, dans une moindre mesure, les liens avec le voisin
espagnol. Sans compter le départ du Maroc, en 1985, de l'Organisation de
l'Unité africaine après la reconnaissance par cette dernière de la RASD. Pour
couronner le tout, le Polisario se fend de plus en plus souvent de sorties
médiatiques tonitruantes, cherchant à décrédibiliser «le Maroc des droits de
l'Homme».

Mais, ce que beaucoup semblent ignorer, c'est que l'engouement croissant de ces
jeunes pour une cause «révolutionnaire» est avant tout l'expression d'un
ras-le-bol. Les remèdes apportés par le gouvernement aux maux de la jeunesse
sahraouie ne semblent, en tous cas, pas satisfaire grand monde: «Les solutions
apportées par l'Agence de 'Développement' et de Promotion des 'Provinces du
Sud' sont insuffisantes. La lenteur administrative, l'exigence de garanties et
d'avals constituent un obstacle pour les porteurs de projets. Des jeunes
diplômés continuent de se faire exploiter dans des stages de 6 à 12 mois, le
recrutement se fait parfois même en dessous du SMIG, à 1.000 dhs par mois dans
certains hôtels, sans aucune protection sociale. Le Corcas n'a encore rien
entrepris en faveur des jeunes, la politique l'a emporté sur ces problèmes,
pourtant plus vitaux à nos yeux que l'autonomie élargie. Le Maroc est en train
de perdre une formidable et jeune énergie. Si rien n'est fait, son sort
s'aggravera et le Maroc ne pourra plus faire face au séparatisme et au
terrorisme qui gangrène cette région. Dans un meeting politique auquel j'ai
récemment assisté, des jeunes ont menacé clairement les dirigeants de partis de
s'attaquer à des points vitaux de l'économie sahraouie par des explosifs si
leurs problèmes ne sont pas résolus», rapporte Hamid, 30 ans, chômeur licencié
à El Aaiun.
Face à ces cris de révolte aux allures de bombes à retardement, les canaux
publics et les administrations ont l'air bien hermétiques. Jusqu'à quand? Et à
quel sera le prix à payer?


Chronologie des manifestations

Septembre 1999 :
Ces émeutes à caractère «social» marquent le début d'une longue série. 24 jeunes
Sahraouis sont arrêtés et 15 parmi eux condamnés à des peines de prison d'un
mois à 15 ans.
Pour certains observateurs, le Maroc du jeune Roi Mohammed VI paie le tribut de
son ouverture démocratique. Les voix dissidentes se font de moins en moins
clandestines quelques semaines après la mort de Hassan II. L'avènement
d'Internet, canal de 'propagande' privilégié du Polisario, est aussi pour
quelque chose dans ce revirement indépendantiste des sahraouis, essentiellement
des jeunes.

17 novembre 2001 :
Les forces de l'ordre marocaines dispersent des participants à un sit-in
organisé devant le siège de la Wilaya de Smara, réclamant notamment des emplois
et des aides au transport. Des casseurs mettent le feu au siège de
l'arrondissement de Smara.
27 manifestants sont blessés. Une soixantaine de personnes sont arrêtées et 14
traduites en justice et condamnées à des peines allant de six mois à deux ans
d'emprisonnement.

21-25 mai 2005 :
Un sit-in est organisé par des membres de la famille de Haddi Hamed Mahmoud Ben
Mohamed Ben Ali, arrêté en 2003 notamment pour 'ivresse publique', transport et
trafic de 'drogue', pour empêcher son transfert de la prison de El Aaiun à celle
d'Aït Melloul, Agadir, à 400 km au nord. Ould Haddi avait montré en prison un
soudain penchant 'séparatiste' et avait demandé à être déchu de sa nationalité
marocaine. Au fil des jours, les revendications des « sympathisants » d'El
Kinnane (l'homme qui mord, en dialecte hassani) prennent un ton plus politique,
les manifestations s'étendant également à Smara et Dakhla-Villa Cisneros. Une
trentaine de personnes sont interpellées par les forces de l'ordre marocaines
et une cinquantaine sont blessées lors de ces heurts. En juin de la même année,
trois personnes sont condamnées à des peines de prison de 15 à 20 ans pour avoir
brûlé le drapeau marocain lors de ces mêmes manifestations.

30 octobre 2005 :
Hamdi Lambarki Salek Mahyoub, jeune employé de l'Entraide nationale, battu par
des agents du Groupe urbain de sécurité (GUS) lors d'un défilé qui 'dégénère en
manifestation', décède quelques heures plus tard à l'hôpital de Belmehdi.
Le Polisario l'érige en martyr et baptise une école de Tindouf en son nom.

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Lun, 8 de Ene, 2007 1:55 am

ruizmi2004
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Carlos Ruiz Miguel
ruizmi2004
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8 de Ene, 2007
2:12 am
Avanzado

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