*****NÉGOCIATIONS FRONT POLISARIO/MAROC***
http://www.arso.org/UNnegociations160308.htm
****INTIFADA SAHRAOUI*****
http://www.arso.org/intifada2005.htm
*****WESTERN SAHARA RESOURCE WATCH******
http://www.wsrw.org/?dl=fr
S O M M A I R E
1. "DEMOCRATIE A LA MAROCAINE"
1.1. UNE MONARCHIE ABSOLUTE ET DESPOTIQUE
- LE JOURNAL HEBDOMADAIRE (No. 398): Avion. Etrange transaction
- LE JOURNAL HEBDOMADAIRE (No. 398): Limogeage. Inexpérimenté ou effronté ?
- L'EXPRESSION (4-VI-2009): MOHAMMED VI, LE GRAND MALENTENDU. Un royaume en
déclin
- L'EXPRESSION (4-VI-2009): La plume du journaliste contre le glaive du roi
- L'EXPRESSION (4-VI-2009): LA CHUTE DU GRAND VIZIR
- L'EXPRESSION (4-VI-2009): LE SYNDROME DU SULTAN
- L'EXPRESSION (4-VI-2009): L'HYPERMONARCHIE
- L'EXPRESSION (4-VI-2009): L'ÉMIR IMAGINAIRE
1.2. ÉLECTIONS COMMUNALES: NOUVELLE FARCE ÉLECTORALE
- AL BAYANE (19-VI-2009): Présidence de communes : à la suite d'un article d'«Al
Ahdath Al Maghribya»: L'Intérieur demande une enquête judiciaire sur l'achat des
voix
- MAP (18-VI-2009): Le ministre de l'Intérieur demande une enquête sur les
allégations d'un journal sur l'achat de voix (source autorisée)
- LIBÉRATION-MA (11-VI-2009): Haro sur l'achat de voix et le détournement des
bulletins de vote dans la capitale de la Chaouia. Omar El Khayraoui met en garde
contre les irrégularités
- BELLACIAO (16-VI-2009): La monarchie marocaine craint la démocratie
- BELLACIAO (14-VI-2009): Maroc : Tel père, tel fils
- LE JOURNAL HEBDOMADAIRE (No. 399): L'Etat, c'est eux
- LE JOURNAL HEBDOMADAIRE (No. 400): Communales Les Marocains votent
l'indifférence
1.3. CORRUPTION ADMINISTRATIVE
- AL BAYANE (18-VI-2009): Après les graves accusations portées par un
parlementaire PPS contre des agents d'autorité : Le ministère de l'Intérieur
enquête à Safi
- AL BAYANE (18-VI-2009): Communiqué du ministère de l'Intérieur sur les
accusations du parlementaire du PPS
1.4. 1.4. UNE MONARCHIE RICHE, UN PEUPLE PAUVRE
- LIBERTÉ (21-VI-200): Il contrôle une fortune estimée à 2,5 milliards de
Dollars. Mohammed VI, septième plus riche roi au monde
1.5. LE GACHIS DES "RÉFORMES"
- LE JOURNAL HEBDOMADAIRE (No. 401): 10 ans de réflexion
2. MAROC-DROITS HUMAINS
- LE JOURNAL HEBDOMADAIRE (No. 401): Rapport sur le trafic humain du département
d'Etat américain: Maroc sur la sellette
- LE SOIR (25-VI-2009): Un écart flagrant et cruel
- LE SOIR (25-VI-2009): L'AMDH pointe les violations de 2008
- L'ÉCONOMISTE (26-VI-2009): Droits de l'Homme. L'AMDH présente son rapport 2008
- COURRIER INTERNATIONAL (25-VI-2009): Maroc-Droits de l'homme en 2008: Un bilan
mitigé!
- LA TRIBUNE (25-VI-2009): Droits de l'Homme au Maroc: écart entre discours
officiel et pratique
- LE JOURNAL HEBDOMADAIRE (No. 398): Droits de l'homme. Un autre rapport qui
accable
- LE REPORTER (9-VI-2009): Amnesty accuse, le Maroc récuse
2.1. RACISME
- LE JOURNAL HEBDOMADAIRE (No. 398): Abdelhamid Amine, Vice-président de
l'Association marocaine des droits humains (AMDH): «Le racisme anti-noir est de
retour dans notre pays»
2.2. TORTURE
- LE JOURNAL HEBDOMADAIRE (No. 397): Torture et transhumance
- LE JOURNAL HEBDOMADAIRE (No. 398): La police de la nouvelle ère
- LE JOURNAL HEBDOMADAIRE (No. 398): L'espérance brisée
2.3. LIBERTÉ D'EXPRESSION-CINISME DU MAKHZEN
- MAP (25-VI-2009): Les publications éditées à l'étranger <portant atteinte> aux
<constantes> de la nation peuvent être interdites d'entrée au Maroc
- MAP (3-VI-2009): Le Maroc a toujours oeuvré à <prémunir> le droit à la liberté
d'expression de l'<instrumentalisation> (diplomate)
- MAROC HEBDO (No. 841): LE LIVRE DE ALI AMAR MOHAMMED VI, LE GRAND
MALENTENDU,INTROUVABLE AU MAROC: Auto-censure de l'éditeur?
- COURRIER INTERNATIONALE (22-VI-2009): Le journalisme d'investigation en voie
de disparition
- LE SOIR (25-VI-2009): Mourad Bourja, directeur de l'agence AIC Press molesté
par la police
2.4. PRISONNIERS POLITIQUES
- LE SOIR (25-VI-2009): Annahj proteste à Paris
3. ESCROQUERIES DU MAKHZEN
- LE JOURNAL HEBDOMADAIRE (No. 401): Plan Azur-Saïdia: Le grand bluff
- L'ÉCONOMISTE (18-VI-2009): Saïdia: Addoha et Fadesa rassurent
- LE MATIN (17-VI-2009): Il regarde le doigt et occulte la lune
- AUJOURD'HUI LE MAROC (23-VI-2009): Un documentaire d'une chaîne de télévision
française, une <caricature> de journalisme d'investigation
4. MAROC-NARCO ÉTAT-CINISME DU MAKHZEN
- LE JOUR D'ALGÉRIE (25-VI-2009): Le Maroc, source et danger
- LE SOIR (26-VI-2009): 3 ans de prison pour El Khiyari, militant rifain est
connu par ses critiques très virulentes contre les trafiquants de drogue opérant
à Nador
- MAP/EL MATIN (25-VI-2009): Al Khayari condamné à 3 ans de prison ferme
- YABILADI (25-VI-2009): Maroc: 3 ans de prison ferme pour le militant Chakib Al
Khayari
- LE JOURNAL HEBDOMADAIRE (No. 400): Q&R - Lahbib Hajji, avocat de Chakib Al
Khiyari, président de l'Association du Rif des droits de l'homme: «Le procureur
a outrepassé son rôle»
- LE JOURNAL HEBDOMADAIRE (No. 398): Khiyari: le verdict
- TEL QUEL (No. 377): Procès Khyari. Couacs et dérapages
- MAROC HEBDO (No. 840): Ouverture du Procès de l'activiste rifain. El Khiary
risque gros
5. CORRUPTION
- LE REPORTER (15-VI-2009): Azzeddine Akesbi,Secrétaire Général adjoint de
Transparency Maroc: « Il y a un écart flagrant entre le discours et la pratique
»
- LE REPORTER (15-VI-2009): Le Maroc change, la corruption demeure…
6. IFNI-LES PROMESSES DU MAKHZEN-LE MIRAGE PROMIS AUX SAHARAOUIS
- BELLACIAO (30-VI-2009): Sidi Ifni, 40 ans après le départ des espagnols
- TEL QUEL (No. 377): Sidi Ifni. Un an après
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SÁHARA-INFO EN FRANÇAIS ET EN ESPAGNOL/EN FRANCÉS Y EN ESPAÑOL:
http://es.groups.yahoo.com/group/sahara-info/
SAHARA-INFO SEULEMENT EN FRANÇAIS:
http://fr.groups.yahoo.com/group/revue-de-presse-sahara-occidental/
SAHARA-INFO SÓLO EN ESPAÑOL:
http://es.groups.yahoo.com/group/revista-de-prensa-sahara-occidental/
NEW!!! SAHARA-INFO ARABE
http://groups.google.ae/group/sahra_info_arabi
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1. "DEMOCRATIE A LA MAROCAINE"
1.1. UNE MONARCHIE ABSOLUTE ET DESPOTIQUE
http://www.lejournal-press.com/periscopes.php?numero_j=398
Avion
Etrange transaction
Mohammed VI pourra bientôt effectuer ses déplacements à bord d'un nouvel engin.
Un avion Gulfstream G-550 a été acheté par l'Armée de l'air marocaine aux
Américains pour la somme de 142 millions de dollars. Ce que l'histoire ne dit
pas, c'est que le prix réel de cet avion varie normalement de 42 à 60 millions
de dollars, en fonction des options choisies. Ce type d'avion peut avoir
plusieurs usages. Que cache réellement le Maroc derrière cette transaction ?
------------->
http://www.lejournal-press.com/periscopes.php?numero_j=398
Limogeage
Inexpérimenté ou effronté ?
Le directeur du Théâtre Mohammed V de Rabat Abdellatif Nassib Mesnaoui a été
limogé pour cause de «flagrant manque d'expérience dans le domaine», selon le
ministère de la Culture. Mais dans les salons de la capitale, on se gausse de
son insolence : avoir mal accompagné les organisateurs du festival Mawâzine
dont le Théâtre était partenaire, et surtout mal accueilli des membres de la
famille royale qui se sont déplacés pour le festival. Un manque d'expérience ?
Assurément.
--------------->
http://www.lexpressiondz.com/article/2/2009-06-04/64364.html
MOHAMMED VI, LE GRAND MALENTENDU
Un royaume en déclin
04 Juin 2009 - Page : 3
Ancien journaliste et cofondateur d'un journal au ton libre et original au
Maroc, Ali Amar a commis un brûlot sur les malentendus entourant les dix ans de
règne du jeune roi Mohammed VI.
L'auteur Ali Amar, est un journaliste marocain, cofondateur avec Aboubakr Jamaï
de l'hebdomadaire Le Journal. Iconoclaste, Ali Amar, dans son ouvrage Mohammed
VI, le grand malentendu - sorti en avril dernier aux Editions Calmann-Lévy -
remet quelque peu les choses à l'endroit et démystifie l'aura qui entoure un roi
«jeune, moderne, modéré et ouvert», complaisamment propagée, notamment par les
médias occidentaux accueillis avec faste à Marrakech.
Si la jeunesse du roi est un fait patent, la modernité, l'ouverture et la
modération, il n'en a, assure Ali Amar, que «le vernis». Le grand malentendu est
un portrait au scanner d'un monarque qui, s'il a su se vêtir des oripeaux de la
modernité, ne s'est pas départi, selon l'analyste, des traditions et du syndrome
du sultanat, fait remarquer l'auteur de l'ouvrage qui écrit: «Derrière les
apparences, se cache pourtant une monarchie affairiste, engoncée dans les
pesanteurs de son apparat et de son faste (...)».
De fait, d'emblée, Ali Amar se pose la question: «Qui connaît vraiment Mohammed
VI?» et d'enchaîner «L'héritier de Hassan II monté sur le trône du Royaume
chérifien il y a déjà dix ans projette en Occident l'image d'un jeune monarque
moderne, modéré et ouvert, qui souhaite plus que tout sortir son pays de la
misère et l'amarrer à cette Europe proche. Son régime est perçu comme un modèle
de transition dans un monde arabe en déliquescence, où l'écrasante majorité des
Etats, monarchies et Républiques confondues, sont soit cadenassés sous la férule
de potentats, soit en proie à une instabilité chronique.
Pourtant, l'illusion de ce Royaume en mouvement est née d'une légende bien
tenace, entretenue par une communication efficace mais trompeuse: le "Printemps
marocain" n'a pas subitement bourgeonné, comme on le croit trop souvent, au
lendemain du 23 juillet 1999, date de la disparition de Hassan II».
Ali Amar s'inscrit donc en faux contre cette image d'Epinal par trop policée et
convenue pour réellement être en phase avec la dure réalité d'un Royaume
autrement plus complexe. Le livre est plein d'anecdotes sur le parcours plus ou
moins cahoteux du futur monarque chérifien, une sorte de tête brûlée que
passionnaient les bolides et les voitures de luxe, à la limite du fétichisme.
«Alors qu'il n'avait que 22 ans, le 19 septembre 1985, le jeune Sidi Mohammed,
raconte Ali Amar, roule à tombeau ouvert en direction d'un complexe touristique
qu'il doit inaugurer. Il est seul au volant de sa Mercedes 190, et il est très
en retard. Dans un virage, sa voiture dérape, heurte un pylône électrique et
verse dans une ravine. Le prince s'en sort avec une épaule cassée. (...)»
Insouciante jeunesse!
Cet accident de l'héritier du trône, qui ébranla Hassan II, lui fera dire -
quelques années plus tard dans un entretien au quotidien français Le Figaro -
rapporte Ali Amar, que «chez nous, dans la société marocaine, Freud, nous ne
connaissons pas. On manipule ses enfants directement, même si ça fait mal à une
jointure (...) Je voyais vingt années d'éducation, de formation complètement
anéanties».
Hassan II sollicita alors Michel Jobert, ancien ambassadeur et ancien ministre
français des Affaires étrangères: «Expliquez-lui qu'il est le futur roi, qu'il
ne s'appartient pas et n'a pas le droit de mettre sa vie en danger», lui demanda
le souverain chérifien.
Le roi Hassan II voyait ainsi toute l'architecture qu'il a patiemment construite
qui risquait de s'effondrer sous lui du fait de l'insouciance d'un rejeton par
trop gâté. Etre roi est un métier, plus, un sacerdoce, auquel il faut se
préparer. Ce que le jeune Sidi Mohammed ne semble pas avoir immédiatement saisi,
puisqu'il ne semblait pas avoir retenu les dures leçons que lui prodigua son
père ni prêt à assumer ses responsabilités. Il s'est assagi par la suite, mais
l'espoir qu'il suscita parmi les Marocains s'est effiloché au fil des promesses
non tenues alors qu'une élite dorée s'enrichissait outrageusement au moment où
le peuple marocain s'appauvrissait de plus en plus. Ce décalage du jeune roi par
rapport à la population est raconté par Ali Amar dans une anecdote, lorsque
Mohammed VI, manipulé par des arrivistes et les nouveaux riches se voyait dans
la peau d'un richissime émir pétrolier du Golfe, allant jusqu'à annoncer
lui-même une improbable découverte de pétrole dans un lieu perdu du Royaume
chérifien. Un vaste canular qui ridiculisa le jeune Mohammed VI. L'apprentissage
de la sagesse est une somme d'expériences que le jeune roi a expérimenté à ses
dépens. En fait, dans Mohammed VI, le grand malentendu, Ali Amar ne révèle rien
de fondamental sur la gouvernance, la politique et autres faits économiques et
sociaux du Maroc, se limitant le plus souvent à des anecdotes qui, si elles ont
savoureuses, n'apprennent au final, aux lecteurs, rien qu'ils ne sachent déjà et
souvent secret de Polichinelle. Une fois refermé, le livre nous laisse malgré
tout sur une certaine faim, du fait que le mystère Mohammed VI demeure entier.
Mohammed VI, le grand malentendu de Ali Amar
Editions Calmann-Lévy-Paris-Avril 2009
Othmane SIDDIK
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http://www.lexpressiondz.com/article/2/2009-06-04/64394.html
La plume du journaliste contre le glaive du roi
04 Juin 2009 - Page : 3
Nom: Ali. Prénom: Amar. C'est un journaliste marocain âgé de quarante-deux ans
qui ne fait pas du tout plaisir à son roi. C'est lui qui a écrit ce livre au
vitriol que Mohammed VI s'est vu offrir pour le dixième anniversaire de son
règne. Un brûlot qui est en passe de devenir un best-seller en France mais
interdit au Maroc. M.Amar a été en 1997 l'un des fondateurs du Journal, premier
titre indépendant du Maroc qui a subi, à répétition, les foudres du régime. Ses
démêlés avec le Royaume ne datent pas d'aujourd'hui. Ils ont commencé au début
des années 2000. Déjà en 2002, il a été dans le collimateur de la police
marocaine quand il a publié une interview sulfureuse de Moulay Zine Zahidi, un
ancien ministre de Hassan II et ex-patron du Crédit immobilier et hôtelier (CIH)
en cavale. L'interview de Moulay Zine Zahidi contient des révélations concernant
les scandales financiers qui ont entouré la gestion du Crédit immobilier et
hôtelier, impliquant plusieurs anciens responsables et personnalités politiques
du Royaume. Ali Amar continue de subir les tracas du roi avec la publication de
ce livre. Le quotidien français Le Monde rapporte une partie de ce que subit ce
journaliste marocain. «Jamais je n'ai pensé que l'on me ferait ce que l'on me
fait en me jetant dans la fosse aux lions. Jamais! Je n'ai pas lâché les sources
qui nous avaient révélé des informations. Je témoigne de choses que j'ai vécues
personnellement.» La vie professionnelle de Ali Ammar s'est confondue avec la
répression du régime marocain. Son Journal fut en quelque sorte le symbole de
l'ouverture démocratique de Mohammed VI. Mais la répression s'étant abattue au
point de le contraindre à changer de nom (le Journal hebdomadaire) et de lieu
d'impression (en France). A ce propos, l'auteur du Grand malentendu répond: «On
faisait souvent la comparaison avec la movida, en Espagne, et des journaux comme
El Païs. Nous avons plus de dix ans d'existence et, au final, on a peut-être
servi d'alibi au régime. A chaque fois que le régime était critiqué, les gens
disaient: il y a une presse libre.» Mais à quel prix! Des interdictions, des
condamnations, un boycott publicitaire féroce. «Mais cette expérience permet de
déterminer la réalité de ce Royaume aujourd'hui. L'alibi, c'est bien pour la
communication mais pas pour l'histoire.» Dans son livre, Ali Ammar énumère des
confidences et les dessous du Royaume jusque-là cachés au grand public: les
week-ends du président français Nicolas Sarkozy en compagnie de sa femme Carla
Bruni. Mohammed VI avait mis à la disposition de son ami Sarkozy son «petit
palais de Jnane Lakbir» de Marrakech. Comment l'ancien ministre de l'Intérieur
Driss Basri a été renvoyé, les dessous de l'assassinat du maître-chanteur Hicham
Mandari, l'affaire de Talsint...Ali Amar agrémente son brûlot par des détails
sur les innombrables dérives dans l'entourage immédiat du roi et il a réservé de
bons passages à l'épouse du roi Lalla Selma.
R.N
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http://www.lexpressiondz.com/article/2/2009-06-04/64365.html
LA CHUTE DU GRAND VIZIR
04 Juin 2009 - Page : 2
(....) Chassé du pouvoir depuis cinq ans, Basri, ex-vizir de Hassan II,
super-flic du Royaume, s'est transformé depuis son exil français en pourfendeur
du régime qui l'a fabriqué. Il y observa avec mépris et jusqu'à sa mort en 2007
la scène politique marocaine et les vicissitudes du nouveau règne. (...) 23
juillet 1999. Il est 16 h 30. Â l'hôpital Avicenne de Rabat, Hassan II vient de
rendre l'âme. Les plus intimes du monarque sont à son chevet. Parmi eux, se
tenant en retrait dans l'embrasure de la porte de la salle de réanimation,
Basri, son inamovible ministre de l'Intérieur, s'effondre en larmes. Il sera le
premier à prêter serment à Mohammed VI, dans un corridor de l'hôpital. Le soir
même, la télévision retransmet la cérémonie d'allégeance au nouveau roi. En
burnous immaculés, les hauts dignitaires se succèdent pour embrasser la main du
monarque et parapher l'acte qui fait d'eux ses sujets. Basri s'avance, la mine
défaite, et s'incline. Il sait déjà que, Hassan II mort, ses jours au pouvoir
sont comptés: il vient de perdre son maître qui a fait de lui, en vingt-cinq ans
d'une carrière ascensionnelle, l'homme le plus craint du Royaume, l'un des
piliers de son régime de fer, mais aussi, et surtout, l'exécuteur de ses basses
oeuvres. Pire, ses rapports personnels avec le nouveau roi sont exécrables.
L'antipathie de Mohammed VI à l'égard du puissant ministre était de notoriété
publique. La rumeur disait que Hassan II avait chargé Basri de surveiller le
prince héritier et de lui rapporter ses moindres faits et gestes. Il se
chuchotait que Basri ne cachait pas sa préférence pour Moulay Rachid, le frère
cadet du roi, pour succéder à Hassan II. Mohammed VI le tenait pour cela en
suspicion. «Je le retrouve partout», se plaignait le jeune roi à son entourage.
Souci de rompre avec le régime incarné par son défunt père ou volonté de se
débarrasser au plus vite d'un vizir encombrant, toujours est-il que Mohammed VI
a tôt fait d'indiquer à Basri que son omnipotence était révolue. Trois jours
plus tard, lors des obsèques de Hassan II, Basri tentera encore une fois de
baiser la main de son successeur, mais cette fois-ci Mohammed VI ne pourra
réprimer un mouvement de recul et une moue peu avenante. Un signe avant-coureur
de sa chute, retransmis en direct à la télévision. «Il n'est pas moi et je ne
suis pas lui», disait souvent Hassan II de son fils aîné aux journalistes qui
l'interrogeaient sur sa succession. Pour asseoir un règne au long cours émaillé
de complots, il avait fini par juger qu'il ne pouvait se passer de Basri.
N'a-t-il pas, fin 1995, préféré renoncer à l'alternance, politique, plutôt que
de céder à ceux qui, à l'époque, n'imaginaient pas entrer dans un cabinet où
siégerait son homme de confiance? Hassan II s'était dit prêt à céder tous les
ministères sauf celui, sacré, de l'Intérieur. Cent jours après son accession au
trône, Mohammed VI signifiera clairement sa volonté de régner autrement.
C'est-à-dire sans Basri. (...) La répression violente d'émeutes au Sahara
occidental, alors que Basri gardait la haute main sur ce dossier très sensible,
des archives du ministère de l'Intérieur partant en fumée et les propos prêtés
au ministre sur le retour au pays de l'ancien prisonnier politique Abraham
Serfaty l'ont convaincu qu'il n'était plus possible d'attendre...Moins d'un mois
après l'intronisation du nouveau roi, Basri dépêche à Alger son chef de cabinet,
Othman Bouabid, pour apaiser avec Abdelaziz Bouteflika les relations tendues
entre les deux pays depuis que des islamistes armés ont trouvé refuge sur le
territoire marocain. Mohammed VI n'apprécie pas que son ministre empiète ainsi
sur un de ses domaines réservés et le lui fait savoir. «Il faut que chacun fasse
son travail, dans les limites de son secteur», commente-t-on alors au Palais.
Basri, qui a pris l'habitude de s'occuper de tout, (...) perdra à cette occasion
le contrôle direct des services de renseignements. Sans la DST, Basri devient
sourd et aveugle. (....) En arrivant à Marrakech où il avait été convoqué par
Mohammed VI, au matin du 9 novembre 1999, le numéro 2 du régime ne savait pas
que son ministère était encerclé par l'armée et que ses plus proches
collaborateurs avaient l'interdiction d'y pénétrer. Une bien singulière
passation de pouvoirs. (...) L'homme le plus redouté du Royaume n'aura donc pas
survécu aux premiers mois de règne de Mohammed VI. C'est à cet instant que le
jeune roi a véritablement pris le pouvoir. En destituant le plus fidèle des
serviteurs de son père. (...)
R.N
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http://www.lexpressiondz.com/article/2/2009-06-04/64366.html
LE SYNDROME DU SULTAN
04 Juin 2009 - Page : 2
(...) Passionné de grosses cylindrées, de sport et surtout très soucieux de ne
pas bousculer les traditions séculaires de sa dynastie. «Mon père avait
l'habitude de dire: "Tu auras à prendre des décisions qui ne feront plaisir ni à
toi ni aux gens. Mais ce sera pour le bien du pays"», affirma-t-il. (....)
Deuxième et fils aîné d'une fratrie de cinq enfants, Sidi Mohammed est né le 21
août 1963. Toute son éducation n'a eu qu'un seul but: le préparer à régner. Un
apprentissage souvent douloureux avec un Hassan II qui n'admettait ni écart ni
contestation. Il n'a que trois ans lorsque le monarque l'emmène pour la première
fois en voyage officiel aux États-Unis, six ans lorsqu'on lui fait lire, à
l'occasion d'une cérémonie officielle, son premier discours. Il n'est qu'un
enfant lorsqu'il représente son père aux obsèques de Georges Pompidou en 1974,
aux côtés de Michel Jobert, sous la nef de la cathédrale Notre-Dame de Paris.
Hassan II surveille personnellement l'instruction de l'héritier du Trône. Son
éducation politique et religieuse est réglée comme du papier à musique par une
nuée de précepteurs. Une tâche conçue comme un sacerdoce pour l'avenir de la
monarchie. (...). A l'époque, ce traitement sévère interdisait à Mohammed VI de
s'exprimer publiquement sur les affaires de l'État, ou sur quoi que ce soit,
d'ailleurs. Ses rares discours, assez abscons, étaient rédigés par les
collaborateurs du roi, souvent par André Azoulay. Il apprenait son métier en
silence, recevait le fouet à chaque incartade, et vivait reclus au Palais avec
ses quelques condisciples triés sur le volet, ceux-là mêmes qui allaient dès son
intronisation constituer l'armature de son cabinet. «Il suffit dans ce domaine
que je lui inculque deux choses importantes. Être patriote jusqu'au sacrifice
suprême et tenir le coup, quoi qu'il arrive.» D'après son cousin Moulay Hicham,
Hassan II avait obligé le jeune prince héritier alors âgé de 8 ans à assister à
l'exécution des officiers putschistes de 1971. C'est ainsi que Hassan II
justifiera son rigorisme à l'égard de son fils (...)
R.N
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http://www.lexpressiondz.com/article/2/2009-06-04/64396.html
L'HYPERMONARCHIE
04 Juin 2009 - Page : 2
Qui connaît vraiment Mohammed VI? L'héritier de Hassan II, monté sur le trône du
Royaume chérifien il y a déjà dix ans, projette en Occident l'image d'un jeune
monarque moderne, modéré et ouvert, qui souhaite plus que tout sortir son pays
de la misère et l'amarrer à cette Europe si proche. Son régime est perçu comme
un modèle de transition dans un monde arabe en déliquescence, où l'écrasante
majorité des États, monarchies et Républiques confondues, sont soit cadenassés
sous la férule de potentats, soit en proie à une instabilité chronique.
Pourtant, l'illusion de ce Royaume en mouvement est née d'une légende bien
tenace, entretenue par une communication efficace mais trompeuse: le «Printemps
marocain» n'a pas subitement bourgeonné, comme on le croit trop souvent, au
lendemain du 23 juillet 1999, date de la disparition de Hassan II. Au début des
années 90, contraint par la pression de l'opinion publique internationale et par
un nouvel ordre mondial moins propice à l'impunité des dictateurs, Hassan II
tente d'adoucir aux yeux de ses contempteurs la face implacable de son régime en
vidant ses cachots de tous ses opposants. Il desserre prudemment son étau
despotique pour garantir, sans heurts, le passage de témoin à son fils. Le
monarque, vieillissant mais fin stratège, appelle en bonne place au gouvernement
ceux qui ont fourbi leurs armes contre lui durant quatre décennies
d'interminables complots. Les voix se libèrent, comme en témoigne à cette
période la floraison de titres avant-gardistes dans les kiosques du Royaume. Né
au soir du règne de Hassan II, Le Journal a été le premier d'entre eux. Cet
hebdomadaire au ton iconoclaste, dont j'ai été le cofondateur avec le
journaliste Aboubakr Jamaï aujourd'hui contraint à l'exil aux États-Unis, a été
le marqueur incontestable de cette époque exaltante. Il est coutume de dire que
nous sommes les «enfants de l'alternance»: le premier numéro du journal, paru en
novembre 1997, célébrait avec enthousiasme l'arrivée au gouvernement des anciens
opposants de Hassan II. Persuadés que la nouvelle ère était annonciatrice de
délivrance, de démocratie et de renouveau, nous étions aussi considérés comme
l'incarnation de cet enthousiasme, au point d'être assimilés à cette génération
prometteuse qui allait bientôt prendre le pouvoir avec Mohammed VI. (...).
R.N
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http://www.lexpressiondz.com/article/2/2009-06-04/64397.html
L'ÉMIR IMAGINAIRE
04 Juin 2009 - Page : 2
«Nous nous réjouissons...,de t'annoncer, cher peuple, la bonne nouvelle de la
découverte de pétrole et de gaz, de bonne qualité et en quantités abondantes,
dans la région de Talsint dans les provinces de l'Oriental qui nous sont si
chères.» 20 août 2000, Mohammed VI vient à peine de boucler sa première année de
règne. L'annonce faite dans son discours marquant l'anniversaire de la
«révolution du roi et du peuple» a l'effet d'une bombe. Pour le peuple médusé
devant son petit écran, c'en est bien fini de la misère qui l'accable: le jeune
roi a la «baraka» des émirs du Golfe, et le Royaume s'apprête à se muer en
pétromonarchie (...) Talsint. Le nom hier inconnu de cette petite bourgade aux
confins de la frontière avec l'Algérie s'étale à la une de la presse. Dans la
rue, sur les terrasses des cafés, à l'usine, dans les administrations, dans les
salons des maisons bourgeoises comme dans les taudis, on ne parlera que de la
«bonne nouvelle» pendant des mois. Le 23 août, le roi, flanqué de ses frères et
soeurs et suivi d'un aréopage d'officiels, se déplace en grande pompe à Talsint
pour inaugurer officiellement le premier forage. (...) C'est l'euphorie, le
délire. Les médias rivaliseront de superlatifs pour décrire ce que sera
Casablanca, la capitale économique du pays, dans quelques années: la Dubaï du
Maghreb. Devant une forêt de micros, Youssef Tahiri, le ministre de l'Énergie,
annonce des chiffres à donner le tournis aux plus sceptiques: pour ce seul
gisement, les réserves d'hydrocarbures sont estimées à 100 millions de barils,
et plus d'une quinzaine de puits sont envisagés, portant l'estimation à 2
milliards de barils, de quoi offrir trente ans d'autosuffisance énergétique au
Maroc. (...) Mais le rêve de voir le Royaume se transformer en monarchie
pétrolière va pourtant tourner court. Que s'est-il réellement passé? A-t-on
touché une nappe de pétrole inexploitable pour des raisons aussi obscures
qu'improbables? Était-ce tout simplement un coup de bluff de quelques
aventuriers texans qui ont berné une poignée d'apprentis businessmen gravitant
autour du pouvoir? L'histoire pathétique du pétrole de Talsint ressemble en
réalité à un mauvais polar politico-financier aux héros interlopes, une histoire
qui n'a pu se nouer que dans le contexte particulier de l'accession au trône
alaouite d'un jeune monarque porteur de tous les espoirs d'un peuple après près
de quarante ans de règne absolu de Hassan II.
Mais aussi d'un jeune roi inexpérimenté, entouré d'une nouvelle cour vorace qui
a trop vite cru en sa bonne étoile, et surtout très mal conseillé, au point
d'annoncer lui-même à la télévision ce qui se révélera le plus gros canular que
le Maroc ait connu (...)
R.N
>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>
1.2. ÉLECTIONS COMMUNALES: NOUVELLE FARCE ÉLECTORALE
http://www.albayane.ma/def.asp?codelangue=23&id_info=152940&date_ar=2009-6-20%20\
16:20:00
Présidence de communes : à la suite d'un article d'«Al Ahdath Al Maghribya» :
L'Intérieur demande une enquête judiciaire sur l'achat des voix
Au lendemain du communiqué du ministère de l'Intérieur sur les accusations
portées, devant la Chambre des conseillers, par un parlementaire du PPS sur une
tentative de chantage que deux agents et un auxiliaire d'autorité de Safi
auraient exercé sur lui, Chakib Benmoussa a demandé l'ouverture d'une enquête
judiciaire.
Selon la MAP qui cite «une source autorisée», le ministre de l'Intérieur a
demandé au ministre de la Justice «de prendre les mesures nécessaires pour
l'ouverture d'une enquête à la suite de la publication par le quotidien "Al
Ahdath Al Maghribya" en date du mercredi 17 juin, d'un article faisant état de
l'utilisation de l'argent pour l'achat de voix des conseillers communaux à
l'occasion de l'élection des conseils communaux.
Dans sa missive, Chakib Benmoussa affirme à Abdelouaahed Radi «que la
publication de telles allégations dénuées de fondements constitue non seulement
un manquement aux règles déontologiques régissant la profession de journaliste,
mais également un facteur de propagation de rumeurs infondées que l'opinion
publique pourrait prendre pour des cas avérées».
La même source de l'agence MAP estime que «ces allégations sont de nature à
créer dans l'esprit des citoyens une image négative et générer un climat de
méfiance et de suspicion à l'égard des efforts considérables que déploient le
gouvernement et les instances politiques pour la moralisation de la vie
publique».
La démarche du ministère de l'Intérieur prêche par une méthodologie qui inverse
l'ordre des interventions. Les citoyens, la presse, des partis politiques
rapportent des faits, vrais ou faux. Les services du ministère sont les mieux
informés sur tout ce qui se trame, lors des tractations électorales, y compris
dans les deux Chambres du Parlement à l'occasion de la formation des groupes
parlementaires. Des rapports sont souvent demandés à ceux qui ont en charge de
veiller sur la moralité des élections.
Dans les deux cas incriminés par l'Intérieur, on a mis la charrue devant les
bœufs. On a qualifié les affirmations du parlementaire du PPS d'«allégations»,
tout en décidant une enquête ministérielle à Safi et une autre, judiciaire, à
Casablanca, ville où siège le quotidien Al Ahdath.
Car, de deux choses l'une : ou bien le ministère estime qu'il s'agit
d'accusations infondées et donc il y a matière à diffamation, ou bien il
considère qu'il n'a pas d'informations objectives, surtout si des autorités
locales sont impliquées, et dans ce cas là il entame une enquête menée par
l'Administration centrale, avant de prendre les mesures qui s'imposent par
l'application de la loi, dans un sens comme dans l'autre.
Car à moins d'une semaine après les élections du 12 juin, les ONG impliquées
dans l'observation ont déjà commencé à rendre les rapports, à l'image du Forum
civil démocratique marocain (FCDM) qui affirme que de nombreuses irrégularités
ont été commises avant, comme durant, le scrutin et que «les réseaux des
notables et des personnes influentes locales» ont pesé négativement sur
l'établissement d'une carte politique transparente.
M.A.
19/6/2009
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http://www.map.ma/fr/sections/accueil/m._benmoussa_demande/view
Le ministre de l'Intérieur demande une enquête sur les allégations d'un journal
sur l'achat de voix (source autorisée)
Rabat - Le ministre de l'Intérieur, M. Chakib Benmoussa, a demandé au ministre
de la Justice, M. Abdelwahed Radi, de prendre les mesures nécessaires pour
l'ouverture d'une enquête à la suite de la publication par le quotidien "Al
Ahdath Al Maghribya" en date du mercredi 17 juin, d'un article faisant état de
l'utilisation de l'argent pour l'achat de voix des conseillers communaux à
l'occasion de l'élection des conseils communaux, a-t-on appris jeudi de source
autorisée.
Dernière modification 18/06/2009 17:11
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http://www.libe.ma/Haro-sur-l-achat-de-voix-et-le-detournement-des-bulletins-de-\
vote-dans-la-capitale-de-la-Chaouia_a3416.html
Haro sur l'achat de voix et le détournement des bulletins de vote dans la
capitale de la Chaouia
Omar El Khayraoui met en garde contre les irrégularités
Il ne faut pas trop se leurrer. Le déroulement de l'actuelle campagne électorale
communale démontre encore une fois l'omniprésence des pratiques déloyales et des
irrégularités qui portent gravement atteinte à la démocratie et justifient les
déficits qui caractérisent l'action communale.
«Nous menons une campagne propre, basée sur le dialogue avec les électeurs
autour de notre programme électoral. Malheureusement, l'utilisation de l'argent
sale et la drogue pèsent toujours sur le libre choix des gens et falsifient le
jeu démocratique». C'est en ces termes qu'Omar El Khayraoui exprime sa colère
quant au déroulement de la campagne électorale communale qui prendra fin jeudi à
minuit.
Tête de liste de l'Union socialiste des forces populaires (USFP) à Settat, Omar
El Khayraoui nous a signalé par téléphone : « Nous avons peur
des falsifications qui risquent de se produire lors de ces élections. Il paraît
que le président en exercice distribue l'argent aux gens sans avoir la certitude
d'être réélu. On craint, par conséquent des comportements et des attitudes
contraires à la loi. Nous savons aussi que des feuilles de vote sortent des
bureaux pour être remplies hors de ces mêmes bureaux et données à des électeurs
en cachette. En mettant illégalement à leur disposition le papier vierge, ces
électeurs mettent, la feuille qu'ils ont reçue auparavant, ce qui faussera la
compétition démocratique et le vote régulier». Cela dit, cette tête de liste est
convaincue que cette irrégularité ne serait pas spécifique à Settat. Les
candidats du parti n'ont pas manqué de relever des irrégularités similaires en
plus de l'intimidation orchestrée par les candidats d'autres partis politiques
et ce ne sont pas les militants de la ville de Fès qui diront le contraire.
Aujourd'hui, estime le même militant usfpéiste, il est temps que les électeurs
assument leur responsabilité. Certes, une certaine forme de pessimisme s'est
emparée, particulièrement, des jeunes, mais c'est à eux qu'incombe la
responsabilité d'améliorer les conditions de la gestion de la chose locale. La
tête de liste de l'USFP à Settat demeure convaincue, d'après ses premières
estimations, que le taux de participation à cette échéance électorale sera plus
élevé que celui enregistré lors des élections législatives de septembre 2007.
Tout dépend, toutefois, de l'implication des gens, de la capacité de tous les
partis à mobiliser les électeurs et à les convaincre de l'intérêt d'une
participation massive aux élections de ce vendredi 12 juin 2009. Une chose est,
toutefois, évidente: l'abstention ne favorisera que les marchands des élections
et permettra aux commerçants des voix de siéger aux conseils communaux et
municipaux. En d'autres termes, l'abstention laissera libre place aux
responsables de la mauvaise gestion des villes et communes, aggravera les
conditions de vie des citoyens et pérennisera les déficits en infrastructures et
équipements de base.
En dépit de ce contexte peu rassurant, c'est aux électeurs de dessiner l'avenir
de leurs enfants pendant les 5 ou 6 ans à venir. De ce fait « 
rester à la maison sera un coup dur pour la démocratie. Si le choix ne porte pas
sur des gens intègres et crédibles, ce sont les falsificateurs et les marchands
de voix qui siégeront aux conseils communaux, municipaux et de villes »,
avertit Omar El Khayraoui.
A noter que la circonscription électorale de Settat compte près de 60.000
inscrits. Ces élections opposent 18 listes même si 3 seulement, d'entre elles,
présentent des candidats qui disposent d'un niveau bac et plus. Du coup, il est
légitime de s'interroger sur la capacité des élus peu instruits à gérer les
affaires d'un conseil communal, municipal ou de ville.
Certes, on nous dit que les pouvoirs publics ont mis sur pied un solide arsenal
juridique qui sanctionne l'illégalité. Il est certain que les réseaux de
corruption se sont encore mieux structurés pour neutraliser toute tentative
d'infiltration en mesure de confirmer le flagrant délit. Mais cela ne justifie
nullement la passivité de l'autorité publique. A cet égard, on comprend le
reproche de l'USFP à l'égard de l'autorité locale qui s'est cantonnée dans une
neutralité trop négative ou n'a pas voulu voir les irrégularités manifestes, les
circuits et les opérateurs des achats de voix qui agissent en toute impunité.
Jeudi 11 Juin 2009
Marwane Naboulssi
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http://bellaciao.org/fr/spip.php?article87570
La monarchie marocaine craint la démocratie
mardi 16 juin 2009 (12h06)
La fraude des dernières élections montre le blocage politique d'un règne
incapable de se réformer.
Dans son discours au Caire, le 4 juin, Barack Obama a dénoncé les leaders qui
plaident pour la démocratie au Moyen Orient et la violent une fois arrivés au
pouvoir, mais il n'a pas osé mentionner ceux du Maghreb, une région qui n'a pas
connu la stabilité depuis plus de 50 ans à cause des croisades expansionnistes
marocaines. La dernière d'elles, l'invasion barbare du Sahara Occidental et la
tentative d'extermination de ce petit peuple qui aspire à s'exprimer librement
sur son avenir. Le président Obama a oublié de parler de ce régime sanguinaire
bâti sur les cadavres des deux peuples marocain et sahraoui. Le peuple marocain
aspire au changement. Les Marocains pensaient qu'avec le décès de Hassan II et
l'image d'un monarque réformateur comme Mohamed VI, le pays se dirigeait vers la
démocratie. Hélas, les dix as de pouvoir de ce jeune monarque n'ont rien changé.
La persistance de la répression, la violation des droits de l'homme, la
restriction des libertés de la presse, la fraude électorale…sont des signes de
la nature du système. Le Maroc n'est pas une monarchie absolue, c'est une
oligarchie, dont les membres, pour défendre leurs intérêts, craignent les
changements.
Le roi du Maroc et ses acolytes ne veulent pas partager le pouvoir avec les
partis politiques. Après avoir reçu d'interminables demandes de réformes, les
autorités de Rabat organisèrent les élections législatives de 2007 dont les
résultats étaient un fiasco pour le régime. Le PJD, le parti islamiste les a
remportées. Ces élections étaient un pas important pour certains, une réforme
cosmétique, pour d'autres. Il a fallu inventer un nouveau parti présidé par un
intime du roi pour faire un coup d'état aux islamistes et reprendre l'initiative
sur le terrain.
Pour cela, il n'y a rien de mieux que les élections communales du 12 juin pour
présenter un nouveau faux visage de la société marocaine. Pendant la campagne
électorale, les services de sécurité dans toutes les villes marocaines ont reçu
des directives pour serrer la surveillance des discours du vendredi dans les
mosquées et informer des Imams qui font de ce discours une tribune pour la
promotion d'un des candidats islamistes.
Les agents d'autorité ont pris la peine d'inscrire des personnes, à leur insu,
dans les listes électorales. Or, le taux d'inscription à ces listes est présenté
par l'Etat comme un indicateur de l'engagement des Marocains. Le peuple marocain
qui a remis son habit de deuil face à la dérive totalitaire qui se produit sous
ses yeux, n'a pas jugé utile de se joindre à cette mascarade d'élection destinée
à promouvoir un ancien tortionnaire du Ministère de l'Intérieur et un guignol
d'origine sahraouie dressé pour être un fidèle chien de garde. Cérémonie
considérée à juste titre comme un non-événement. Un gâchis politique marqué par
l'obscurantisme aveuglant et le refus de composer avec l'adversaire politique,
surtout l'adversaire sahraoui, auquel on a voulu mépriser aux yeux du peuple
marocain pour justifier la violence et la politique du fait accompli au Sahara
Occidental.
Les dernières élections communales ont été un échec politique pour un roi qui
n'a pas su établir un mécanisme de contrôle de la concentration des pouvoirs et
des violations des libertés individuelles et publiques. Bref, tout ce que
caractérisait le régime précédent est toujours palpable au Maroc: Esprit
d'intolérance et d'exclusion, absence de ligne politique claire, restauration du
culte de la personnalité, l'utilisation des fonds de l'Etat pour faire des
"dons" au peuple sous le recours à des subterfuges pour masquer ses objectifs
principaux, notamment : tailler le cadre institutionnel du pays à son profit et
positionner en ordre utile ses lieutenants en vue de truquer les élections, etc…
La pire crainte du régime marocain est l'opinion du peuple marocain sur le
conflit du Sahara Occidental. Sous la couverture de "l'intégrité territoriale",
la loi punit toute opinion en faveur de laisser tomber le Sahara ou se prononcer
en faveur de l'autodétermination de la population sahraouie. Toute liberté
d'opinion risque de cultiver une opinion contraire à l'occupation militaire de
cette ancienne colonie espagnole. Le seul moyen de maintenir cette fausse
"unanimité" ou "consensus national" est la fraude électorale et la main forte.
Ces pratiques contribueront fortement à la montée de la tendance islamiste dans
le Maroc de Mohamed VI.
http://diasporasaharaui.blogspot.com
De : Diaspora Sahraouie
mardi 16 juin 2009
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http://bellaciao.org/fr/spip.php?article87458
Maroc : Tel père, tel fils
dimanche 14 juin 2009 (11h04)
L'histoire des partis politiques marocains, depuis l'indépendance est jalonnée
de partis créés par des proches du makhzen, puis minés par les dissensions et
les rivalités -y compris celles entre différents décideurs, car rien ne serait
plus erroné que de présenter le makhzen comme un centre de pouvoir monocolore et
monolithique, car rien ne dérange tant la monarchie que le risque d'être
confronté à des blocs politiques homogènes, fussent-ils proches d'elle.
Dans les élections communales de 2009, l'histoire se répète, puisque le PAM,
parti créé autour de la personne d'un ami d'enfance de Mohammed VI et ancien
élève du collège royal, s'est ainsi allié au RNI, créé en 1977 par le beau-frère
(Ahmed Osman, époux de Lalla Nezha) du Roi d'alors, feu Hassan II, lequel Osman
était également ancien élève du collège royal, le FDIC, de Réda Guédira, ami
d'enfance et conseiller de Hassan II en 1963. Sans oublier le MP, dont sa
création fut facilitée par Mohamed V en 1959 pour contrer l'Istiqlal, etc…
Après dix ans de règne quasi-absolu du roi Mohamed VI, l'histoire se répète. Si
Hassan II craignait les coups d'Etat militaires, Mohamed VI a sorti le moyen
d'écraser les islamistes et les écarter du débat politique qui lui permettra de
recadrer le débat public et verrouiller le système politique marocain. Les naïfs
qui s'attendaient à une transition démocratique vont devoir patienter encore
quelques années.
La victoire électorale du PAM est un coup que l'on peut considérer comme un chef
d'œuvre en matière de fraude et de manipulation de la scène politique au Maroc.
En effet, personne n'a oublié les défections, appelées "transhumance" par
l'administration, les fusions, les scissions, départs en fanfare, défaites
électorales faisant suite à des triomphes, polémiques médiatisées avec le
Makhzen, etc. Un coup de théâtre on ne peut plus grossier, mais El Himma a
démontré que seul le roi existe en tant qu'acteur politique à part entière dans
ce pays, seuls ceux qui se rangeront sous sa bannière pourront avoir un espace
d'action relatif, toujours à l'ombre du roi. Les élites opportunistes sont
agglutinées autour de lui, comme des mouches autour du nouveau pot de confiture,
qu'ils trouvent plus alléchant que les pots habituels.
Tous les ingrédients d'une mascarade flagrante et le folklore qui va avec se
sont réunis dans cette ascension fulgurante du PAM et de son leader le plus
abracadabrant. Sa montée, son modus operandi et surtout sa dynamique très
agressive et méthodique présageaient qu'il y a derrière ce parti un projet : Un
remake du passé pur et simple. El Himma, un apprenti Driss Basri, mais
"légitime" cette fois car "élu démocratiquement."
La tendance générale, qui commençait à être relayée par la presse allait tout
droit vers l'unique réforme fondamentale qui changerait la donne politique au
Maroc : Revoir le statut constitutionnel du roi. Aussitôt compris aussitôt
contrattaqué. Le PAM est là pour écraser tous ceux qui osent parler de limiter
les compétences de la monarchie.
La boucle est bouclée, le système est verrouillé pour au mois 10-15 ans.
Entre-temps, on calmera la foule avec une parodie de réforme constitutionnelle
qui survolera le fond, on alimentera le débat public par des polémiques futiles
à titre de diversion, en attendant l'issue du problème du Sahara Occidental.
C'est l'occasion idéale pour que les démocraties hypocrites de l'Union
européenne saluent encore les "progrès réalisés par le roi en matière de
démocratie, droits de l'homme et transparence" et ainsi continuer à spolier les
richesses naturelles de la population sahraouie.
http://diasporasaharaui.blogspot.com
De : Diaspora Sahraouie
dimanche 14 juin 2009
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http://www.lejournal-press.com/articles_plus.php?id=897
L'Etat, c'est eux
Le basculement inattendu du PAM (Parti authenticité et modernité) dans
l'opposition, sa décision de ne plus soutenir la majorité actuelle fragilisent
indéniablement le gouvernement. Et en dépit du soutien royal depuis Paris, Abbas
El Fassi ne cesse de s'affaiblir. En même temps, les partis politiques font
preuve de prudence et préfèrent attendre l'après-12 juin. Certains de leurs
dirigeants déclarent, sous le couvert de l'anonymat, qu'ils ne sont pas dupes et
que tout cela ne signifie aucunement une remise en cause de la proximité entre
le roi et son ami.
Par : Omar Brouksy
C'est dans un grand hôtel à Rabat que le PAM a choisi de lire le communiqué
annonçant le retrait de son soutien au gouvernement, le vendredi 29 mai. Le même
communiqué ajoute que le PAM bascule désormais dans l'opposition parlementaire
et qu'il entend l'exercer pendant une durée indéterminée. Le principal motif
serait le «comportement de légèreté et de désintérêt à l'égard des initiatives
prises par le parti pour contenir la crise politique avant de recourir à la
justice qui a tranché».
Tout a commencé, en effet, lorsque le ministère de l'Intérieur a refusé la
candidature de certains députés du PAM, conformément à l'article 5 de la loi sur
les partis politiques qui interdit aux députés de se présenter au nom d'un autre
parti que celui sous la bannière duquel il est présenté pour la législature en
cours. C'est tout le problème de ceux que l'on appelle les «transhumants».
Quoi qu'il en soit, juste après cette annonce, les questions des journalistes
ont commencé à fuser. Qu'en sera-t-il, par exemple, d'Ahmed Akhchichine, qui est
à la fois ministre de l'Education nationale et membre du PAM ? Celui-ci
exercera-t-il désormais l'opposition contre un gouvernement qui compte, parmi
ses ministres, un dirigeant du parti d'El Himma ? Et puis, quelle est l'utilité
d'une telle décision alors que la justice administrative avait déjà débouté le
ministère de l'Intérieur et donné raison aux députés fraîchement apparentés au
PAM ? A toutes ces questions, Biadillah se contentait de répondre laconiquement
: «Toute décision concernant notre ministre revient à Sa Majesté…» La conférence
de presse a finalement duré 20 minutes, sans plus.
Le lendemain, depuis Paris où il effectue un long séjour privé, le chef de
l'Etat réagit via «une communication royale» pour «renouveler sa confiance» au
gouvernement Abbas El Fassi. Le jeu des réactions et des contre-réactions ne
s'arrête pas là. S'estimant conforté par la position du roi, le Premier
ministre, à son tour, se permet une critique à l'encontre du PAM. Il considère
ainsi la décision d'El Himma comme un acte visant à «perturber» la campagne
électorale, mais dans son élan il commet une bourde politique en déclarant à
propos du PAM : «Voilà un parti qui a été acquitté par la justice, ainsi que par
le gouvernement ; le ministre de l'Intérieur l'a également acquitté en lui
accordant le droit de ne pas appliquer l'article 5 de la loi sur les partis, ce
qui a permis aux députés qui ont rejoint ce parti de se porter candidats aux
communales… Et même si toutes les autres formations voulaient l'application
stricte de cet article 5, la satisfaction a été accordée à ce parti…»
Le temps d'un week-end
Après cette déclaration qui considère les décisions de la justice comme un moyen
pour satisfaire le PAM, observateurs, hommes politiques et simples militants
sont restés perplexes. «…Que signifie, par exemple, le fait que le ministre de
l'Intérieur l'a acquitté en lui accordant le droit de ne pas appliquer l'article
5 ? Est-ce que le fait de ne pas appliquer une disposition de la loi est devenu
un droit ?», s'emporte un membre dirigeant du Mouvement populaire.
Après cette fin de semaine mouvementée, une atmosphère de prudence règne sur les
états-majors des partis. Mais la plupart des hommes politiques ne se font pas
d'illusion. Certains sont persuadés qu'il ne s'agit pas d'une remise en cause du
soutien, bien connu, dont bénéficie le fondateur du PAM auprès du roi Mohammed
VI. L'enjeu est bien plus complexe car la projection dans l'après-12 juin est
très présente dans la décision d'El Himma de mettre un terme à son lien avec le
gouvernement actuel. D'un côté, il coupe l'herbe sous le pied de l'USFP au cas
où elle serait, encore une fois, tentée par le retrait du gouvernement. Le
patron du PAM sait que la seule chance qu'a l'USFP de réaliser un sursaut
politique et électoral –même très relatif- serait de prendre ses distances par
rapport à l'un des Premiers ministres les moins populaires de l'Histoire du
Maroc. Le PAM l'a compris et, pour donner un sens à ses ambitions politiques et
électorales, il s'est écarté de l'actuel chef de gouvernement. En même temps,
Fouad Ali El Himma sait que le premier secrétaire de l'USFP, Abdelouahed Radi,
est lié par un pacte implicite avec le roi : réformer la justice. Se retirer
d'une telle «mission» (même si rien de concret n'a été jusqu'à présent réalisé
par l'actuel ministre de la Justice) serait perçu comme un pied-de-nez au
monarque.
D'un autre côté, le PAM ne tient pas à laisser l'exercice de l'opposition entre
les -seules-mains du PJD (Parti justice et développement, islamiste représenté
au parlement). «Nous avons déjà commencé à flirter avec les islamistes», a même
confié un dirigeant du PAM au Journal hebdomadaire. Une rencontre a eu lieu, au
cours de la dernière semaine de mai, entre Fouad Ali El Himma et Abdelilalh
Benkirane (secrétaire général du PJD), dans le domicile de celui-ci à Salé.
Mais en dépit de ces «revirements», les responsables du parti islamiste restent
sceptiques et surtout très méfiants: «Pourquoi maintenant ? Pourquoi cette
décision a-t-elle eu lieu dans le tumulte de la campagne électorale? Quel est le
sens de ce timing ? Il ne faut pas oublier que pendant qu'ils tiennent ce
discours conciliant avec nous, les gens du PAM bénéficient d'un soutien massif
de la part de l'administration lors de cette campagne…», affirme Saâd Eddine
Othmani, membre du secrétariat général du PJD.
Personne n'est dupe
C'est sans doute pour toutes ces raisons que la plupart des hommes politiques
marocains ne considèrent pas ce scénario -entre le roi et son ami- comme une
rupture positive dans les rapports entre la monarchie et son entourage d'une
part, et les partis politiques d'autre part. «Personne n'est dupe. La proximité
entre le roi et son ami ne peut pas changer du jour au lendemain, même si nous
savons qu'il y a des luttes d'influence dans l'entourage du chef de l'Etat»,
reconnaît un cadre du Mouvement populaire.
Certains sont persuadés que le phénomène Fouad Ali El Himma s'inscrit dans une
continuité qui a commencé à la veille des dernières élections législatives et
qu'elle changera la face de tout le paysage politique et partisan marocain :
«Nous avions attiré l'attention de tout le monde sur ce phénomène dès septembre
2007 en le considérant comme une menace pour la démocratie. Nous avons estimé
que le Maroc était entré dans un tunnel de régressions par rapport à la
transition démocratique. Ce qui se passe aujourd'hui conforte tout ce que nous
avions prédit et il n'y a qu'une seule issue possible : une réforme
constitutionnelle», déclare Driss Lachguer, membre du Bureau politique de
l'USFP. D'autres enfin, comme Abdelkrim Benatiq, secrétaire général du Parti
travailliste, se plaignent du manque de clarté dans les rapports politiques au
Maroc : «Tant que le jeu politique n'est pas clair, cela se reflètera sur les
processus démocratiques, notamment les élections. On est en 2009 et tout à l'air
si instable…»
Au-delà de la position des uns et des autres, nombre d'observateurs estiment que
la décision de Fouad Ali El Himma s'inscrit aussi dans le cadre d'une importante
stratégie de communication politique. Selon une source interne, un membre
dirigeant du PAM a même déclaré lors d'une réunion restreinte que ce qui compte,
entre autres, c'est «l'effet d'annonce» que cette décision produira.
Ceci dit, le parti de Fouad Ali El Himma continue son chemin électoral, avec des
moyens politiques et financiers considérables : 16 448 candidats aux communales
font qu'il est, aujourd'hui, le parti politique qui présente le plus de
postulants aux mandats électoraux locaux. «Cela va de soi, souligne un haut
responsable du PAM. Pour réussir le pari législatif de 2012, il faut d'abord
s'implanter sur le plan local. Tout se prépare à l'avance, et à petits pas». En
d'autres termes, la conquête de la Primature commence d'abord par la conquête
d'une commune.
Les 4 mousquetaires du PAM
Mohammed Cheikh Biadillah, l'apparatchik Depuis son élection à la tête du parti,
cet ancien ministre de la Santé, d'origine sahraouie, joue un rôle à la fois
politique et électoral. Il conduit les meetings et assure la médiation entre le
PAM et d'autres acteurs politiques. Ahmed Akhchichine, l'influent Il est l'un
des hommes les plus proches de Fouad Ali El Himma, notamment en matière de
communication. Ce rôle, il l'avait également joué du temps de Driss Basri,
lorsque celui-ci était au faîte de sa puissance. Salah El Ouadie, le figurant Il
fait partie des ex-gauchos qui tournaient autour de Driss Benzekri. Il a
aujourd'hui le titre de porte-parole du PAM. Après son échec lors des dernières
élections partielles à Safi, il fait de la figuration. Hassan Benaadi, le
fardeau Depuis qu'il a été écarté des instances dirigeantes par les notables du
parti, cet ancien syndicaliste, sans charisme et sans envergure politique, tente
de rester, difficilement, sous les lumières.
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http://www.lejournal-press.com/articles_plus.php?id=960
Communales Les Marocains votent l'indifférence
la campagne électorale s'est achevée sur fond de dépression générale. malgré
l'effort entrepris par les autorités pour crédibiliser l'opération et donner
bonne impression, les communales de 2009 rappellent la crise dont souffre tout
un système politique. analyse.
Par : Aziz El Yaakoubi et Saâd Kadiri
«L'Histoire ne pardonnera à personne». Après sa convocation par le préfet de la
police de la ville de Rabat et après avoir subi plus de trois heures
d'interrogatoire dans un commissariat de la ville, Abdellah El Harrif,
secrétaire général du parti d'Annahj Addimocrati (voie démocratique),
perfectionne dans le choix de ses mots. Après la publication des tracts appelant
au boycott des élections, les membres du parti ont attiré les foudres de Chakib
Benmoussa, ministre de l'Intérieur. Interdit déjà dans les médias publics,
l'appel a valu aux camarades d'El Harrif l'interdiction de plus de huit sit-in
organisés dans plusieurs villes du Maroc afin d'expliquer «aux citoyens les
raisons qui ont poussé le parti à prendre une telle décision», selon le
secrétaire général d'Annahj Addimocrati. Certaines manifestations ont été
violemment réprimées par les forces de l'ordre, faisant plusieurs blessés dont
certains dans un état grave. «Nous appellerons toujours au boycott des élections
tant que la Constitution du pays continuera d'institutionnaliser la dictature
makhzenienne et de placer un pouvoir absolu dans les mains de la monarchie
alaouite», explique Abdellah El Harrif. Il faut dire que pour exposer les maux
du système politique marocain, les cadors d'Annahj n'ont pas besoin d'aller les
quérir bien loin. Certains sont considérés comme «flagrants». Après la
Constitution qui sacralise la monarchie, ce parti d'extrême-gauche pointe du
doigt des textes dans le droit marocain qui vont à l'encontre de la Déclaration
universelle des droits de l'homme. A cela, il faut ajouter l'impunité dont
bénéficient les tortionnaires et les coupables de violations des droits humains.
Mort clinique de la vie partisane
Annahj Addimocrate qualifie aussi la décision du Parti authenticité et modernité
(PAM) de rejoindre l'opposition d'acte désespéré pour réanimer un système
politique «entré depuis des années en état de mort clinique». Du côté des
officiels et du reste des partis politiques, on essaye tant bien que de mal de
donner bonne impression. Le ministère de l'Intérieur a organisé, le mercredi 10
juin 2009, une rencontre avec la presse nationale pour présenter une première
échographie de la campagne électorale. Selon les chiffres officiels présentés
par le département de Chakib Benmoussa, plus de 900 plaintes ont été déposées
par des candidats de différents partis contre d'autres candidats pour dénoncer
des pratiques frauduleuses constatées lors des campagnes électorales. Ainsi, les
accusations vont dans tous les sens et du coup, aucun parti n'est épargné.
L'Istiqlal vient en tête de liste des mécontents en déposant 118 plaintes dans
les différentes circonscriptions du pays.
Le Parti authenticité et modernité de Fouad Ali El Himma arrive en deuxième
position avec 112 plaintes, l'Union socialiste des forces populaires (USFP) en
troisième position avec quelques 72 autres. 900 dénonciations pour plus de 130
000 candidats et près de 27 795 sièges brigués dans les 1503 communes du pays.
Les cadres du ministère ont aussi précisé qu'une cellule centrale a été mise en
place par l'Intérieur pour surveiller le déroulement de la campagne électorale.
Une autre a vu le jour au sein du département de la Justice pour coordonner avec
son homologue de l'Intérieur. Du côté des politiques, on se félicite mais on
temporise aussi. Selon Fathallah Oualalou, membre du bureau politique et
candidat dans la circonscription de Hay Riad à Rabat, la campagne électorale a
été «excellente». «Le climat général de la campagne a été caractérisé par la
présence de deux cultures, explique le membre du parti de la rose, celle de la
crédibilité et celle des autres méthodes». L'ex-ministre des Finances et de
l'Economie insiste sur l'absence des preuves et des personnes qui pourront
dénoncer ces pratiques devant un juge. Il enchaîne aussi, avec le discours
classique des partis politiques marocains, pour dire que les Marocains
redécouvrent la politique à travers les communales et que ces élections
constituent une chance pour la mise à niveau du champ politique national. Même
son de cloche chez les membres du PJD (Parti de justice et de développement).
Abdelilah Benkirane, le secrétaire général du parti, avance que la campagne
s'est passée dans des conditions «idéales». Le deuxième cador du parti de la
lampe Lahcen Daoudi reste sur l'optimisme affiché par Abdelilah Benkirane tout
en gardant une connotation sceptique. «Partout où l'on organise des rencontres,
les populations nous reçoivent avec un accueil exceptionnel, lance-t-il, mais la
plupart nous disent que l'on ne permettra jamais la victoire du PJD».
Violence électorale
Et pour ne pas déroger aux vieilles habitudes, le recours à la violence était
encore au rendez-vous. Dans différentes régions, plusieurs affrontements
violents ont eu lieu entre des supporters de différents candidats. A El Aaiun ou
à Ben Slimane, dans les grandes villes ou les petits patelins, plusieurs blessés
ont été enregistrés après des affrontements entre des groupes soutenant des
candidats politiques différents. Selon le politologue Mohammed Darif, ce
phénomène reflète la faiblesse et le déficit qui caractérise la culture
électorale au Maroc. La violence vient aussi pour démentir un discours officiel
qui prône le début d'une nouvelle ère. «Les médias publics s'entêtent en
continuant de parler de transition démocratique», décortique-t-il. Selon lui,
cela montre aussi la faiblesse de l'engagement politique partisan. Le nombre des
partis politiques présents dans l'arène politique complique la tâche aux
citoyens et les statistiques annoncent que moins de 2% des Marocains adhèrent à
des partis politiques. Du coup, ces derniers engagent des mercenaires pour
couvrir tout le territoire national. Dans les campagnes, les candidats emploient
des jeunes dénués de toute culture politique. «Dans les sociétés
traditionnelles, le seul moyen pour éliminer son adversaire est la violence»,
justifie le politologue. Et pour exclur tout risque, l'abstention complètera le
tableau des communales de 2009. Les politiques tablent sur un taux de
participation qui serait entre 40 et 50%. «Ce qui est déjà très faible pour les
élections communales», prévient Lahcen Daoudi. «Pour ceux qui votent, ils le
font pour des raisons traditionnelles aussi. Certains votent pour des
considérations religieuses, d'autres pour des considérations tribales», conclut
Mohammed Darif.
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1.3. CORRUPTION ADMINISTRATIVE
http://www.albayane.ma/def.asp?codelangue=23&id_info=152910&date_ar=2009-6-19%20\
15:58:00
Après les graves accusations portées par un parlementaire PPS contre des agents
d'autorité : Le ministère de l'Intérieur enquête à Safi
A la suite de la prestation télévisée de mardi au cours de laquelle Mustapha El
Kanouni, parlementaire PPS à la Chambre des Conseillers, a dénoncé deux agents
d'autorité et un auxiliaire (cheikh) de lui avoir demandé 10 millions chacun
pour lui assurer la présidence de sa commune, le Ministère de l'Intérieur a
réagit hier en ordonnant une enquête. A Safi, les autorités locales déclarent
qu'il s'agit d' «allégations»…
Le communiqué du Ministère de l'Intérieur affirme «qu'après les investigations
préliminaires menées par l'Administration territoriale, il s'est avéré que le
concerné n'a déposé aucune plainte à ce sujet devant une quelconque partie», et
que «les autorités administratives lui ont affirmé qu'elles ne disposent d'aucun
élément qui corrobore cette allégation qui viserait de porter atteinte à la
crédibilité et à la neutralité de l'autorité locale et créer un climat de
suspicion et de doute qui lui permettrait de parvenir à la présidence du conseil
communal».
Juge et partie?
Deux remarques s'imposent à ce niveau.
D'abord, il faut insister sur le fait que les « investigations préliminaires »
émanent d'une autorité dont ses éléments ont été accusés et ne peuvent
constituer qu'une version des faits, qui doivent tenir du «réflexe
d'auto-défense du corps». Ensuite, la thèse des autorités administratives
locales, selon laquelle le parlementaire du PPS viserait la présidence du
conseil communal de Sidi Tiji est une contre-vérité flagrante. Car les autorités
centrales ne peuvent ignorer que le PPS n'a décroché qu'un seul siège sur un
total de 25 (PI : 8 - PAM : 8 – PSD : 4 – UC : 3 et USFP : 1) et, de ce fait,
cette affirmation est dénudée de tout fondement.
C'est bien la preuve qu'une partie accusée ne peut être juge en même temps.
C'est pourquoi l'enquête de l'autorité centrale est la bienvenue pour démêler
les fils de cette affaire.
Car, selon des sources locales, c'est le secrétaire général de la wilaya qui
aurait mené «l'enquête» locale.
Or d'autres sources affirment qu'il aurait des liens d'intérêt avec un sieur qui
organiserait l'élection prévue samedi pour la désignation du président de la
commune. « Cette même personne, promoteur du lotissement Zaitoun à Sebte Gzoula
(près de 500 lots de terrain) chercherait de nouveaux appuis pour faire adopter
ce projet bloqué pour non-conformité avec le plan d'aménagement).
Ce promoteur serait aussi « à l'origine de la disparition de 17 élus depuis
samedi dernier et servirait d'intermédiaire pour concocter un président docile».
Voilà un nouvel élément à ajouter au dossier et que la commission d'enquête
devra vérifier, avant l'élection du nouveau président, à côté des plaintes
déposées au sujet de la radiation d'anciens inscrits et des irrégularités
électorales.
L'enquête, pour être objective, devra aussi toucher les chioukhs et agents
d'autorité pour avoir une idée précise sur l'attitude adoptée par certains
responsables locaux.
D.A.
18/6/2009
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http://www.albayane.ma/def.asp?codelangue=23&id_info=152916
Communiqué du ministère de l'Intérieur sur les accusations du parlementaire du
PPS
Le ministère de l'Intérieur a décidé d'ouvrir une enquête concernant «les
allégations de M. Mustapha Kanouni, membre de la Chambre des Conseillers,
accusant des agents d'autorité de lui avoir demandé de l'argent pour lui assurer
la présidence du conseil communal de Sidi Tiji».
Dans un communiqué parvenu mercredi à la MAP, le ministère de l'Intérieur
rappelle que «M. Mustapha Kanouni, membre de la Chambre des Conseillers, qui
vient de remporter un siège lors du scrutin communal au nom du Parti du Progrès
et du Socialisme, à la circonscription électorale N° 20 dans la Commune de Sidi
Tiji (cercle de Abda dans la province de Safi) a fait une déclaration, mardi 16
juin, lors de la séance hebdomadaire de la Chambre des Conseillers, dans le
cadre des questions d'actualité, affirmant que le chef d'arrondissement du
Cercle de Abda et le chef du Caïdat d'El Amer, accompagnés d'un auxiliaire
d'autorité, lui ont demandé de leur donner une somme d'argent afin de lui
garantir l'élection à la présidence du conseil communal de Sidi Tiji».
Le ministère affirme qu'après «les investigations préliminaires menées par
l'Administration territoriale, il s'est avéré que le concerné n'a déposé aucune
plainte à ce sujet devant une quelconque partie», indique le communiqué.
Dans ce même cadre, le ministère précise que «les autorités administratives lui
ont affirmé qu'elles ne disposent d'aucun élément qui corrobore cette allégation
qui viserait de porter atteinte à la crédibilité et à la neutralité de
l'autorité locale et créer un climat de suspicion et de doute qui lui
permettrait de parvenir à la présidence du conseil communal», ajoute le
communiqué.
Considérant la gravité des accusations portées à l'encontre des agents
d'autorité précités et qui ont été diffusées sur les ondes de la radio et à la
télévision, le ministère de l'Intérieur a décidé d'ouvrir une enquête sur ces
allégations, l'Administration territoriale se réservant à ce sujet tous les
droits qui lui sont garantis par la loi, conclut le communiqué.
18/6/2009
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1.4. UNE MONARCHIE RICHE, UN PEUPLE PAUVRE
http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=116900&titre=Mohammed%20VI,%20septi%E\
8me%20%20plus%20riche%20roi%20au%20monde
(Dimanche 21 Juin 2009)
Il contrôle une fortune estimée à 2,5 milliards de Dollars
Mohammed VI, septième plus riche roi au monde
Par : Merzak Tigrine
Sans faire de bruit, le souverain alaouite a amassé, depuis qu'il a succédé en
1999 à son père Hassan II, une importante fortune, qui fait de lui l'un des plus
riches monarques de la planète. C'est ce que révèle le magazine spécialisé
américain Forbes, dans sa dernière édition.
Mohammed VI est à la tête d'un joli magot s'élevant à 2,5 milliards de dollars
américains et pointe à la septième place des rois les plus aisés du monde sur
une liste comprenant quinze souverains, selon un dossier publié par le magazine
spécialisé américain Forbes. Cette publication, spécialisée dans l'évaluation
des fortunes des plus grandes célébrités, précise que le monarque chérifien
occupe par ailleurs la première place du classement relatif à l'accroissement
des richesses pour l'année 2008, qui l'a vu atteindre ce montant de 2,5
milliards de dollars.
Cette augmentation importante est attribuée, par la même source, à la hausse
importante des prix du phosphate sur les marchés mondiaux de matières premières.
Il y a lieu de signaler que le Maroc, qui détient près de la moitié des réserves
mondiales, en est l'un des plus grands exportateurs. Au cours de l'année
écoulée, Rabat a extrait pas moins de 28 millions de mètres cubes de phosphate,
ce qui fait de ce pays le troisième producteur mondial après la Chine et les
États-Unis.
Cela a permis au Maroc d'enregistrer des recettes estimées à 2,8 milliards de
dollars, soit neuf fois plus que l'année précédente.
Dans l'article consacré à Mohammed VI sous le titre "Le roi de la roche", le
magazine Forbes affirme que sa fortune est appelée à s'accroître davantage
durant les prochaines années en raison de la fort probable augmentation des
revenus du Maroc issus du phosphate, qui est devenu une matière très précieuse.
Il n'en demeure pas moins que la dette extérieure publique du Maroc a enregistré
une importante augmentation de 10% par rapport à 2007 pour atteindre la somme de
134,2 milliards de dirhams (16,6 milliards de dollars ou 11,9 milliards
d'euros). Cela représente 20% du PIB et 39% des recettes courantes de la balance
des paiements.
En dépit de cela, l'accroissement des rentrées d'argent du Maroc se répercute
inévitablement de manière favorable sur la fortune personnelle de Mohammed VI.
Par ailleurs, cette source indique également que l'entretien et la maintenance
des douze palais royaux, répartis sur tout le territoire marocain, nécessitent
une dépense quotidienne évaluée à un million de dollars.
Pour revenir au classement des quinze rois les plus riches du monde, Forbes
place en première position le roi Bhumibol Adulyadej de Thaïlande, crédité de 30
milliards de dollars. Il a perdu cinq milliards de dollars par rapport à l'an
dernier. Il est suivi de près par le sultan de Brunei, Haji Hassanal Bolkiah,
avec pas moins de 20 milliards de dollars. La troisième place revient au cheikh
Khalifa ben Zayed des Émirats arabes unis avec 18 milliards de dollars, qui est
talonné par le roi Abdallah Ibn Abdelaziz d'Arabie saoudite, dont la fortune est
estimée à 17 milliards de dollars. La cinquième place est occupée par le cheikh
de Dubaï, Mohammed bin Rashid Al-Maktoum, avec 12 milliards de dollars, soit 6
milliards de moins qu'en 2008. Alors que la crise économique mondiale a eu des
répercussions généralement négatives sur les fortunes des rois, à quelques
exceptions près comme c'est le cas de Mohammed VI, qui a vu ses revenus
augmenter contrairement aux autres.
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1.5. LE GACHIS DES "RÉFORMES"
http://www.lejournal-press.com/articles_plus.php?id=999
10 ans de réflexion
Dix ans après l'avènement du roi Mohammed VI, l'historien Pierre Vermeren dresse
un bilan de ce début de règne. Transition démocratique, développement
économique, changement social, évolution culturelle : ce travail se présente
comme une étude analytique et documentée de cette première décennie.
Par : Majda Fahim
Que reste-t-il de l'espoir de changement soulevé par l'avènement du roi Mohammed
VI en 1999 ? Pour Pierre Vermeren qui nous livre avec «Le Maroc de Mohammed VI.
La transition inachevée» son dernier essai sur le Maroc, les dix premières
années du règne du roi Mohammed VI s'achèvent dans les mêmes termes selon
lesquels elles avaient commencé, même si le Maroc n'a pas perdu cette décennie.
Certes, le Maroc a connu de nombreux de changements, concède l'auteur : un vent
de liberté a soufflé sur la population dans les années 2000 et l'économie s'est
modernisée, notamment sous l'impulsion des grands projets royaux et des
investissements étrangers. Mais la transition n'est pas vraiment aboutie. «Dix
ans plus tard, force est de constater que si la transition marocaine a, sur de
nombreux points, bousculé le vieux royaume conservateur, l'empreinte, la stature
et l'autorité du roi sont restées intactes. Passées les sincères proclamations
de vertu d'un jeune souverain ayant subi, comme des millions de Marocains,
l'autoritarisme de son père, Mohammed VI et ses proches doivent réinventer un
équilibre entre la modernité idéologique et l'archaïsme des structures
politiques».
L'option d'une transition politique marocaine à l'espagnole, sur le modèle de la
movida post-franquiste, a été écartée au bout de quelques mois de règne. Pierre
Vermeren rapporte ainsi la déclaration que fait le roi au Time magazine en juin
2000 : «La démocratie en Espagne fut très bonne pour l'Espagne. Il doit y avoir
maintenant un modèle marocain spécifique à ce pays». D'après l'auteur, le
souverain préférerait à cette movida un «nouveau concept d'autorité», expression
qui témoigne de la recherche d'une nouvelle forme de gouvernance passant
notamment par la réduction de l'usage de la force par les détenteurs de
l'autorité. Puis est apparue la notion de «monarchie exécutive», un concept
encore flou lorsqu'il est évoqué pour la première fois par le souverain en 2001
«puisque le gouvernement d'alternance avait laissé au roi cinq ministères de
souveraineté», mais qui prend tout son sens au moment de la nomination du
technocrate Driss Jettou au lendemain des élections législatives de 2002.
Le bon sultan.
«Le roi considère qu'il est en charge de l'Exécutif et que le gouvernement est
la courroie de transmission de la volonté royale». In fine, considère
l'historien, «c'est le roi seul, grâce à son appareil d'État sur mesure, le
makhzen, qui décide et commande». Pour compléter le tryptique, à côté du
«nouveau concept d'autorité» et de la «monarchie exécutive», l'auteur évoque
également la notion de «monarchie citoyenne» qui finirait de compléter ce socle
théorique sur lequel serait fondé le nouveau règne. Celle-ci évoque un «objet
politique mal identifié qui emprunte pour partie au registre de l'histoire
politique française mais correspond aussi à la thématique de l'ilm sunnite du
«bon sultan», préoccupé par le bien de la foi, de l'Etat et par la justice pour
ses sujets».
Mais concrètement, pourquoi cette démocratisation, maintes et maintes fois
annoncée, n'a-t-elle pas abouti ? L'auteur se livre à une analyse fine et
détaillée des structures du pouvoir et du champ politique. La description qu'il
fait des conseillers royaux et des hommes d'influence du pays ne manque pas
d'intérêt.
D'abord, il y a le Cabinet royal, véritable «cabinet de l'ombre», composé de
technocrates, qui supervise et double l'action du gouvernement.
Puis, «au premier cercle des fidèles s'ajoutent quelques dizaines de
technocrates (deuxième cercle) dont des ingénieurs de formation française. Cette
super-élite d'une cinquantaine de cadres dirige le Maroc, sous la tutelle
directe du roi, de ses amis et conseillers. Ce gouvernement bis de Mohammed VI
est chargé de faire sortir le pays des ornières sociales, économiques et
politiques dans lesquelles il s'est enfoncé. L'enrichissement licite de ses
titulaires est la contrepartie de leur efficacité».
Mais d'autres facteurs sont évoqués comme causes possibles de l'échec de la
démocratisation, parmi lesquels figure en bonne place l'absence d'une réforme
constitutionnelle qui entérinerait une véritable séparation des pouvoirs,
octroierait une réelle indépendance à la justice et permettrait au parlement et
au gouvernement de jouer leurs rôles pleinement. Si le parlement est qualifié de
«magistère de la parole», c'est aussi bien pour des raisons institutionnelles
(il existe plusieurs moyens de contourner le parlement pour émettre des textes
réglementaires) que politiques (fragmentation de la scène politique, confusion
dans les programmes) ou sociologiques (nomadisme des parlementaires). Ainsi,
l'auteur n'impute pas la responsabilité de la faiblesse du parlement au seul
makhzen. Le gouvernement, quant à lui, est qualifié de vitrine. Depuis 2007,
remarque l'auteur, «le Conseil des ministres est devenu aléatoire».
Peur de l'islamisme.
Une autre raison du non-avènement de la démocratie est la faiblesse congénitale
des partis politiques du royaume : les formations nationalistes peinent à se
renouveler, et le PJD a adopté une attitude trop attentiste et consensuelle. En
conclusion, même si le régime a démontré une réelle volonté d'organiser des
élections régulières et libres, «des doutes persistent sur la nature et
l'orientation de la transition politique à l'œuvre depuis 1999». L'auteur note
une contradiction entre un «volontarisme modernisateur, qui prend en compte les
carences du développement, et la volonté manifeste de réserver le pouvoir à une
oligarchie sous tutelle monarchique […] Ce n'est pas la volonté de modernisation
qui est contestable, fût-ce en l'absence réelle d'alternative, mais son
articulation avec une redistribution des rôles et des pouvoirs. C'est là que la
transition marocaine est inachevée, voire bloquée».
Au-delà de ce vaste panorama politique, Pierre Vermeren établit une chronologie
détaillée de ces dix premières années de règne qu'il délimite en quatre
périodes. Une première période, qui va de 1999 à 2001, est qualifiée d' «état de
grâce». C'est l'époque où le roi pose «par petites touches les jalons de la
transition marocaine» ; une certaine libéralisation est à l'œuvre. S'ensuivent
les années 2001 (du 11 septembre) à 2003 caractérisées par de fortes pressions
islamistes et par le score fulgurant du PJD en 2002. Puis une période qui va du
16 mai 2003 à l'été 2007, qui «livre la clé du nouveau règne» et qui est marquée
par le «spectre du terrorisme». Alors qu'une chasse à l'homme s'ouvre au
lendemain des attentats, de nombreuses réformes sont entreprises, notamment dans
le domaine religieux. Mais la peur des islamistes est plus forte que jamais et
la lutte contre les journaux indépendants commence. Enfin, l'auteur dresse les
contours d'une dernière période plus calme de 2007 à 2009 et dont il retient
l'émergence de Fouad Ali El Himma sur la scène politique, événement interprété
comme une «volonté de restructurer le champ politique partisan marocain souvent
accusé par le roi de ne pas être représentatif». Ce qui frappe dans cette
chronologie c'est bien sûr la place importante accordée à l'islamisme considéré
comme un élément cristallisateur qui rythme la vie politique marocaine. Un
certain déterminisme du facteur religieux, qu'on retrouve aussi dans d'autres
parties de l'ouvrage, lorsque l'auteur aborde la société ou les questions
culturelles. Quoi qu'il en soit, cette chronologie reste assez pertinente. Les
résultats des dernières élections, avec l'essor fulgurant du PAM de F. A. El
Himma, confirment l'analyse de l'auteur selon laquelle juin 2009 serait le
moment de vérité. Ainsi, c'est peut-être à présent une période nouvelle qui
s'ouvre. Ses grandes lignes restent encore à écrire...
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2. MAROC-DROITS HUMAINS
http://www.lejournal-press.com/periscopes.php?numero_j=401
Rapport sur le trafic humain du département d'Etat américain: Maroc sur la
sellette
Le département d'Etat américain a publié un rapport sur le trafic humain où le
royaume occupe une place d'honneur. «Le Maroc est une source, une destination et
un pays de transit pour les hommes, les femmes et les enfants victimes de trafic
humain pour le travail ou l'exploitation sexuelle», peut-on lire en guise
d'introduction sur le Maroc. Le State Department d'Hillary Clinton revient sur
le travail des enfants, notamment des bonnes au Maroc et la traite des blanches
à destination de l'Europe et des pays du Moyen-Orient. La migration
subsaharienne vers le Maroc ainsi que les abus de l'Etat marocain envers cette
population sont également évoqués. «Le gouvernement marocain ne respecte pas les
standards minimums pour l'élimination du trafic humain», note le rapport.
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LE SOIR
(25-VI-2009)
Un écart flagrant et cruel
La situation des droits de l'Homme au Maroc, en 2008 n'est pas très rassurante.
C'est en tout cas, le constat de l'AMDH qui a publié, hier, son rapport annuel.
Abdelahamid Amine et son association dénoncent «l'écart existant entre le
discours officiel et la pratique réelle des appareils de l'Etat». Il est vrai
que ce constat est tout aussi pertinent, pour tous les secteurs, sans exception,
seulement, en matière de droits humains, cet écart est flagrant et cruel. Les
droits de l'Homme sont dévalorisés. Mais ils ont un coût. Au Maroc, comme
ailleurs, en matière de droits de l'Homme, on n'est jamais vraiment sorti de
l'auberge. L'ancrage de l'idée essentielle de la dignité humaine et des
attributs de la citoyenneté, se fait au quotidien. Inlassablement. Jusqu'à ce
que l'éducation civique et l'environnement socio-juridique, en fassent un
réflexe acquis à jamais. Malheureusement les mauvaises habitudes ont la peau
dure. La culture répressive du makhzen est tellement enracinée dans les us et
coutumes de l'Etat que la violence et la répression, souvent aveugles et
arbitraires, sont devenues un mode de gouvernance, Molester des diplômés
chômeurs, mettre en prison des étudiants grévistes ou torturer à Temara des
citoyens à cause de leur barbe est évitable, si nos responsables sécuritaires
s'étaient débarrassés de leur mentalité de tortionnaires, Et dire que l'Etat
s'est engagé à reléguer dans les oubliettes d'un passé, à jamais révolu, tous
les manquements au devoir de respect absolu de la dignité humaine ; de Tazmamart
à Derb Moulay Cherif !
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LE SOIR
(25-VI-2009)
L'AMDH pointe les violations de 2008
Dans son rapport sur la situation des droits de l'Homme au Maroc, l'AMDH a
encore une fois pointé du doigt les violations des droits humains constatées en
2008 et durant le début de cette année. «La situation des droits humains se
caractérise, en général, par le grand écart existant entre le discours officiel
d'une part et de l'autre la pratique réelle des appareils de l'Etat dont la
Justice qui constitue la cause des violations quotidiennes des droits des
citoyennes», lit-on dans le rapport de l'ONG présenté hier lors d'un point de
presse. Adelhamid Amine, vice-président de l'AMDH, assure que «la situation n'a
pas évolué en 2008.
Les violations des droits humains se sont poursuivies à Sidi Ifni, Dadès,
Marrakech, Fès, Meknès et Tan 'Tan.
Une régression qui commence dans le sillage des attentas du 16 mai 2003 avec les
grandes rafles dans les milieux islamistes».
«A l'AMDH nous considérons que la plupart des islamistes incarcérés dans le
cadre de la loi antiterroriste sont des détenus politiques et d'opinion. Certes,
il y en a parmi eux des terroristes».
L'ONG a relevé que le nombre total des détenus politiques dont les dossiers ont
été suivis par l'association en 2008 est de 182. «Ce nombre s'est réduit à 84
détenus après la relaxation des autres après qu'ils eurent purgé leur peine ou
leur libération à la suite des campagnes organisées dans ce sens à l'échelle
nationale et internationale», précise le rapport de l 'AMD H. L'année dernière a
connu également son lot d'enlèvements, l'association a suivi 26 nouveaux cas
d'enlèvement dont la durée s'étend de quelques jours à quelques mois avant la
présentation de 25 parmi eux devant la Justice. Au cours de ce point de presse,
l'AMDH a présenté un bilan des violations des droits humains durant les premiers
mois de 2009 dont l'exemple saillant est ce qui se passe à Khénifra. Dans ses
déclarations à notre journal, Amine est revenu sur le procès intenté par Kadhafi
à trois journaux marocains, le qualifiant de « scandaleux ».
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http://www.leconomiste.com/article.html?a=94136
Droits de l'Homme
L'AMDH présente son rapport 2008
· Ecart flagrant entre le discours officiel et la réalité
· Il faut activer l'application des recommandations de l'IER
A l'instar de ses rapports précédents, l'Association marocaine des droits de
l'Homme (AMDH) n'est pas satisfaite de l'évolution de la situation au Maroc
durant l'année 2008. «L'état des droits humains dans notre pays se caractérise,
en général, par le grand écart existant entre le discours officiel et la
pratique quotidienne de la part des appareils de l'Etat», souligne Khadija
Ryadi, présidente de l'organisation marocaine, lors d'une conférence de presse
tenue, mercredi à Rabat, pour la présentation du rapport de l'AMDH sur l'année
2008. Les responsables de cette dernière pointent du doigt particulièrement le
ministère de la Justice qui constitue, selon eux, la cause principale des
violations quotidiennes des droits des citoyens. Plusieurs griefs et cas de
dépassements ont été évoqués dans le rapport 2008.
Nouveaux cas d'enlèvements
Sur le volet des enlèvements, on reproche au gouvernement de ne pas appliquer
les recommandations de l'Instance équité et réconciliation (IER). «Pour le
moment, on se contente de demander aux responsables de mettre en oeuvre ces
recommandations que notre association avait critiquées auparavant pour leur
insuffisance», rappelle Abdelhamid Amine, vice- président de l'AMDH. Il s'agit,
notamment, de la non diffusion de l'information et de la suite réservée à
certains cas de disparitions et d'enlèvements. «C'est l'exemple de la liste des
742 enlevés dont l'IER dispose de vérités les concernant», avance Ryadi.
Toujours dans le même registre, l'organisation marocaine a signalé qu'elle a
suivi 26 nouveaux cas d'enlèvement en 2008 dont la durée s'étend de quelques
jours à quelques mois avant la présentation de 25 cas parmi eux à la justice.
S'agissant de la détention politique, en 2008, le nombre de cas dont les
dossiers sont suivis par l'AMDH s'élève à 182. Ce nombre s'est réduit à 84
détenus du fait de la relaxation des autres après avoir purgé leur peine ou leur
libération suite à une campagne de pression des organisations nationales ou
internationales.
En outre, une partie du rapport 2008 a dressé un état des lieux sur la torture
et les violences physiques. Sur ce volet, les amis de Ryadi ont évoqué notamment
les évènements de Sidi Ifni et le cas des étudiants de Marrakech. «La torture
continue dans les geôles des autorités, la violence de la police dans les rues
et des forces publiques contre les sit-in de protestation», lit-on dans le
rapport de l'AMDH. Ce dernier a abordé également d'autres aspects qui
caractérisent la situation des droits de l'Homme au Maroc. Il s'agit
essentiellement des conditions dans les prisons, des libertés publiques ainsi
que des droits de la femme et ceux des enfants. Profitant de cette rencontre
avec la presse, les responsables de l'AMDH ont passé en revue les événements qui
ont marqué les mois écoulés de 2009. Il a été surtout question des élections
communales organisées le 12 juin. «Une fois encore, on a raté l'occasion
d'organiser des élections crédibles pour nous permettre d'avancer sur le chemin
de l'édification de l'Etat de droit», a affirmé la présidente de l'AMDH.
Nour Eddine EL AISSI
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http://reflexionsetautresidees.blogs.courrierinternational.com/archive/2009/06/2\
4/maroc-droits-de-l-home-bilan-mitige-en-2008.html
mercredi, 24 juin 2009
Maroc-Droits de l'homme en 2008: Un bilan mitigé!
L'AMDH, Association marocaine des droits humains, ONG marocaine indépendante a
constaté dans son rapport annuel que malgré un discours officiel assez
volontariste, l'état ne donne pas le bon exemple en terme de respect des droits
des citoyens.
L'appareil judiciaire est le principal théâtre « des violations quotidiennes des
droits des citoyen(ne)s».
Le rapport est très sévère pour les autorités. L'AMDH a enregistré, « à l'instar
de l'année précédente, l'incarcération d'activistes des droits humains et leur
poursuite judiciaire (...), la rétrogradation de la situation dans l'univers
carcéral, la détérioration des droits économiques, sociaux et culturels, de
l'enfance, l'escalade des violations des droits des immigrés provenant des
régions subsahariennes et des demandeurs d'asile».
Le rapport cite notamment, les événements de Sidi Ifni survenus en juin 2008 et
signale « la torture exercée contre les habitants » et « la violence perpétrée
par les différents appareils sécuritaires ».
D'après l'AFP, le 7 juin 2008, la police avait dégagé les entrées du port de
cette localité du sud du Maroc, bloquées par de jeunes chômeurs pendant
plusieurs jours. Selon un bilan officiel, l'intervention, musclée, s'était
soldée par 48 blessés, dont 28 policiers, et 188 interpellations.
L'autre point noir, est l'état des prisons, l'AMDH « a suivi de nombreux cas de
torture et de pratiques humiliantes commises par la direction à l'encontre des
prisonniers », dont des détenus islamistes.
L'ONG marocaine, qui célèbre cette année le 30e anniversaire de sa création,
liste également les procès d'internautes, et les « nombreux procès contre la
presse et les journalistes » qui ont eu lieu en 2008.
Source: Agences de presse.
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http://www.latribune-online.com/divers/en_bref/index.1.html
Droits de l'Homme au Maroc : écart entre discours officiel et pratique
La situation des droits de l'Homme au Maroc «se caractérise par l'écart existant
entre le discours officiel et la pratique réelle des appareils de l'Etat», a
affirmé mercredi l'Association marocaine des droits humains (AMDH,
indépendante). Dans son rapport annuel consacré à 2008, l'AMDH souligne que la
justice demeure «la cause des violations quotidiennes des droits des
citoyen(ne)s». «La politique de l'Etat connaît une rétrogradation vis-à-vis des
acquis», ajoute le rapport de l'AMDH, la plus ancienne des organisations de
défense des droits de l'Homme au Maroc. «De nombreuses affaires, citées dans
notre dernier rapport, persistent en 2008 et notamment l'enlèvement, la torture
[...], les arrestations arbitraires, les procès politiques, de la presse et la
répression des libertés», ajoute le document, rendu public au cours d'une
conférence de presse à Rabat.
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http://www.lejournal-press.com/periscopes.php?numero_j=398
Droits de l'homme
Un autre rapport qui accable
«Les libertés d'expression, d'association et de réunion sont soumises à des
restrictions. Les personnes qui formulaient des critiques au sujet de la
monarchie ou des opinions contraires à la position officielle sur d'autres
sujets considérés comme politiquement sensibles font l'objet de poursuites
pénales». Le dernier rapport d'Amnesty International sur la situation des droits
de l'homme reste semblable à ceux déjà publiés. L'ONG reproche au makhzen de
faire usage d'une force excessive pour disperser des manifestations
antigouvernementales. Des partisans de l'autodétermination pour le Sahara
occidental sont harcelés et inculpés. Certaines allégations de torture n'ont
fait l'objet d'aucune enquête et les victimes d'atteintes aux droits humains
commises dans le passé n'avaient pas véritablement accès à la justice. Cette
année encore, des milliers d'étrangers ont été arrêtés, détenus et expulsés
collectivement. Mais Amnesty insiste sur le fait que la critique de la monarchie
reste le sujet tabou. «Des poursuites judiciaires ont été entamées contre les
personnes qui avaient exprimé des opinions que les autorités considéraient comme
portant atteinte au roi et à la famille royale», note le rapport.
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http://www.lereporter.ma/index.php?option=com_content&view=article&id=2276:amnes\
ty-international-accuse-le-maroc-recuse&catid=74:arret&Itemid=197
Amnesty accuse, le Maroc récuse
MARDI, 09 JUIN 2009 09:13
MOHAMED ZAINABI
Le rapport 2009 d'Amnesty International pointe du doigt le Maroc sur diverses
questions. Du côté marocain, ces accusations sont jugées non fondées.
Amnesty International a publié dernièrement son rapport 2009. Ce document
rassemble des informations sur la situation en matière de droits humains de 157
pays dont le Maroc. Le tout sur la base de certains événements majeurs survenus
en 2008.
Dans son nouveau rapport, Amnesty International reproche au Maroc notamment les
faits survenus à Sidi Ifni, l'interpellation du Blogueur Erraji et celle du
jeune auteur de l'inscription « Dieu, la patrie et le Barça », l'affaire du
mariage homosexuel de Ksar-el-Kebir, l'incarcération des étudiants de Marrakech…
Sur un autre registre, on peut lire dans le même document : « les forces de
sécurité ont fait usage d'une force excessive pour disperser des manifestations
antigouvernementales ».
Amnesty International s'en prend aussi au Maroc sur la question de
l'immigration, l'accusant d'avoir expulsé des milliers d'étrangers soupçonnés
d'être des migrants clandestins. « Ces personnes auraient dans certains cas eu
recours à une force excessive ou à d'autres formes de mauvais traitements ;
d'autres personnes ont été abandonnées dans des zones inhospitalières proches de
la frontière sud du pays, sans assez d'eau ou de nourriture », notent les
auteurs du rapport. Ils soulignent sur le même sujet que les autorités
marocaines ont annoncé qu'entre janvier et novembre, elles avaient refoulé
10.235 étrangers qui tentaient d'entrer dans le Royaume.
Autre grande accusation portée à l'encontre du Maroc, celle relative à
l'impunité. Laquelle restait, selon Amnesty International, « un élément
essentiel de la politique dans pratiquement toute la région (du Moyen-Orient et
de l'Afrique du Nord». « Le processus visant à établir la vérité sur les
disparitions forcées du règne de Hassan II semblait paralysé », précise l'ONG
pour ce qui est du Maroc.
L'une des rares avancées que comporte le document d'Amnesty International est
celle relative à l'annonce faite, en décembre 2008, par le Souverain concernant
la levée des réserves qui étaient émises par le Maroc lors de la ratification de
la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard
des femmes.
Commentant les conclusions d'Amnesty International relatives à la situation des
droits de l'Homme au Maroc, le ministre de la communication, porte-parole du
gouvernement a affirmé que l'on a besoin d'un peu plus de relativité pour porter
un jugement aussi objectif que possible, lorsqu'on est défenseur des droits
l'homme.
Khalid Naciri a donné l'exemple du cas d'un prisonnier au Sahara qui a été
présenté par la presse internationale comme « un détenu d'opinion, un prisonnier
politique qui serait à son 53ème jour de grève de la faim et qui serait dans le
coma ». « C'est ce genre d'informations totalement fausses qui sont répercutées
auprès d'un certain nombre d'ONG internationales et qui sont parfois, par manque
de vigilance, prises en défaut », a regretté le ministre, soulignant que « la
personne en question n'est pas un détenu d'opinion mais un tueur à moins que
l'on considère que le fait de tuer des policiers soit une sorte d'expression des
droits de l'homme ». Naciri a aussi précisé qu'il s'agit « d'un jeune
séparatiste qui a écopé de 15 ans de prison dans un procès ordinaire, qu'il
n'observe pas de grève de la faim et qu'il n'est pas dans le coma, contrairement
à ce qui a été rapporté par une certaine presse ». Et le ministre de conclure :
« c'est un autre Maroc, le regard porté sur le pays il y a 15 ou 20 ans n'est
plus valable aujourd'hui. Les analystes internationaux et Amnesty International
ont le devoir de réactualiser leur perception du Maroc pour ne pas donner
l'impression de rééditer de vieux clichés ».
Khalid Naciri a réagi alors qu'il n'avait pas encore pris le temps d'étudier le
rapport d'Amnesty International, comme il l'a lui-même affirmé. Que dira-t-il
alors quand ce sera fait ? Par exemple, la fameuse inscription « Dieu, la
patrie, Barça » n'a jamais existé.
>>>>>>>>>>>
2.1. RACISME
http://www.lejournal-press.com/periscopes.php?numero_j=398
Abdelhamid Amine, Vice-président de l'Association marocaine des droits humains
(AMDH):
«Le racisme anti-noir est de retour dans notre pays»
Suite aux propos antisémites prononcés le 13 mai par Mohammed Oumouloud, député
de l'Union constitutionnelle, le Parlement vient de rendre public un communiqué.
Pourquoi un tel retard à votre avis ?
Je crois que le Parlement a tardé à réagir parce qu'il n'était pas vraiment
convaincu de la gravité de la situation. Lorsque j'ai lu les journaux, je me
suis rendu compte que les responsables qui avaient assisté à la scène n'avaient
pas condamné ce qu'a dit le député. Le Parlement a attendu que les organisations
marocaines et même étrangères condamnent tout cela pour réagir. Ce n'est donc
pas une réaction naturelle d'un corps responsable, mais un communiqué de gens
qui ont voulu se rattraper.
Ne pensez-vous pas que le communiqué n'est pas assez ferme ? D'autant qu'il ne
sanctionne pas le député qui a souhaité la mort au peuple juif…
De toute façon, il ne pouvait pas être ferme. C'est le résultat d'un compromis
qui illustre admirablement ce qui se passe au Maroc. Dans les manifestations, on
observe des slogans anti-juifs alors qu'ils devraient être antisionistes. Il y a
confusion. On doit immuniser le peuple contre toutes les formes de racisme. Même
le racisme anti-noir est de retour dans notre pays. Force est de constater que
nous ne sommes pas dans un pays démocratique.
Peut-on parler d'un antisémitisme d'Etat ?
L'Etat a une position contradictoire. Il se veut proche des Etats-Unis et prône
une normalisation avec Israël. L'Etat est vigilant. En même temps, il y a
beaucoup de propos dans les manuels scolaires contre le judaïsme qu'il faut
condamner.
>>>>>>>>>>>>
2.2. TORTURE
http://www.lejournal-press.com/chroniques.php?numero_j=397
Torture et transhumance
Par : Khalid Jamaï
Bahi Abdelkbir, 21 ans, a été balancé du haut du quatrième étage par un membre
des Forces auxiliaires. C'était le 18 mai 2008, lors de l'invasion de la cité
universitaire de Marrakech par les hommes de Laânigri. Une invasion haineuse
durant laquelle des portes ont été enfoncées et détruites. Bahi Abdelkbir
faisait partie du même groupe d'étudiants que Zahra Boudkour et ses autres amis
suppliciés. Touché à la colonne vertébrale, le jeune homme est aujourd'hui
handicapé à vie. Il demande réparation et refuse de devenir une charge, un
fardeau pour sa famille. Il s'est alors déplacé à Rabat pour se rendre au siège
du CCDH. Bien entendu, il connaît son agresseur. Bien entendu, aucune enquête
n'a été ouverte. Bahi Abdelkébir est décidé à se laisser mourir si justice ne
lui est pas rendue. Au début de la semaine dernière, il a été transporté en
urgence à l'hôpital.
Al Jadida El Oula du 6 mai dernier, en Une : quatre photos insupportables de la
torture subie par 20 étudiants à Fès qui souhaitaient initialement célébrer le
1er mai. Interceptés par les forces de l'ordre, ils ont subi un tabassage en
règle puis furent relâchés. Transportés dans une estafette de police, donc un
véhicule de l'Etat, dans un terrain vague, ils furent soumis à différentes
formes de torture par des éléments du CMI après qu'un de leurs officiers a hurlé
: «Sir diw dinomo, wa thalaw fih». Une fois tabassés, torturés, ils furent
soumis à des interrogatoires en plein air et «soulagés» de leur argent et de
leurs portables. Bien entendu, aucune enquête n'a été ouverte.
8 mai dernier, première page d'Al Ahdat Al Maghribia. Des citoyens marocains
subissent des tortures dans les commissariats de police à Fès. En sous-titre :
«Le préfet de la police considère ces pratiques comme des cas isolés». Un
article illustré de photos d'un supplicié montre les traces de la torture subie
par Abdelghani Al Mohdeb, 30 ans, marchand ambulant de son état. Il a été arrêté
à la suite d'une dispute puis conduit au commissariat du quartier d'Rasif à Fès.
Là-bas, il fut soumis à toutes sortes de tortures, à la suite desquelles il
s'est évanoui. Après un passage à l'hôpital, il est mené au commissariat d'El
Batha. Dans son témoignage au quotidien, il affirme que ses tortionnaires lui
auraient pris quelque 400 DH ainsi que son portable. Le préfet de Fès, interrogé
par Al Ahdat Al Maghribia, affirme de son côté qu'une enquête aurait été
ouverte…
Le 9 mai dernier, Al Jarida El Oula titre : «Les gendarmes m'ont torturé en
utilisant les techniques de l'avion, en me sodomisant à l'aide d'une bouteille».
La victime, M'barek Daoudi, est un soldat. Ces faits remontent à 1982. A
l'époque, il fut transporté à Agadir dans une caserne où il demeura onze mois.
«Une nuit, un commando du nom d'El Jamila, dont faisait partie le Général
abdelaziz Bennani, à l'époque colonel, me demanda d'être patient et de faire
preuve de patriotisme, car Hassan II et Mohammed V furent, eux aussi, arrêtés et
exilés», raconte M'barek Daoudi.
La torture n'est donc pas le privilège d'une «caste» mais touche l'ensemble des
classes sociales. Elle fait partie d'un mode de gouvernance. Pour les
responsables de ce pays, elle devient dans le meilleur des cas un mal
nécessaire. Le grand journaliste américain Mark Danner du Washington Post,
explique que la torture «réduit nos idéaux et nos lois au rang d'ornements
nationaux que l'on peut jeter par-dessus bord au premier signe de danger». Voilà
pourquoi la torture est fondamentalement un scandale politique, auquel on ne
peut mettre un terme qu'en détruisant ce qui a été fait et non les personnes qui
l'ont pratiquée. C'est cette idée de la torture qu'il faut détruire : la torture
comme insigne que l'on arbore fièrement pour se prouver que l'on est prêt à
«faire tout ce qu'il faut» pour protéger le pays. De même que la torture détruit
la justice. Ceux qui enfreignent la loi doivent être punis. Cela vaut aussi bien
pour ceux qui torturent que pour ceux qui tuent. Mais poursuivre les
tortionnaires en justice sans qu'il y ait une enquête publique au préalable ne
mettra pas un terme au scandale.
Pendant ce temps, le champ politique marocain débat de ce qui lui semble vital,
à savoir la transhumance des députés et l'article 51. On reste pantois devant
cette tempête dans un verre d'eau. A croire qu'il existe encore des partis
politiques, que les citoyens croient en eux et qu'ils vont aller voter… La
transhumance dans les pâturages politiques marocains est logique car chacun
cherche à brouter l'herbe là où elle lui semble la plus verte.
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http://www.lejournal-press.com/edito.php?numero_j=398
La police de la nouvelle ère
Par : Omar Brouksy
«C'est la rançon du militantisme», déclare-t-elle chaque fois qu'on l'interroge
sur l'épreuve qu'elle subit depuis un an dans la prison de Marrakech. Elle,
c'est Zahra Boudkour, 22 ans, militante de gauche arrêtée à cause de ses
opinions politiques, humiliée par la police de la nouvelle ère, rouée de coups
avec dix autres étudiants. Aujourd'hui, son procès vient d'être reporté pour la
énième fois. Plus d'un an en prison donc à attendre le dénouement d'une parodie
de justice. Pourquoi ? Parce qu'il y a un an, Zahra a participé avec ses
camarades à une marche de contestation, suite à une intoxication due à la
consommation d'un jus d'orange. Le jeudi 28 mai 2009, deux sœurs de Zahra ainsi
qu'une autre étudiante sont empêchées d'assister au procès. Pour elles, c'est le
comble de l'injustice. Mais… ce n'est pas fini. Elles sont à leur tour arrêtées
par la police qui obéit aux ordres d'un certain Ahmed Taoual, adjoint du préfet
de police de Marrakech. Les trois femmes sont ensuite forcées de monter dans
l'estafette de police et conduites au «fameux» commissariat de Jamâa El Fna. Et
là aussi, elles sont à leur tour humiliées, frappées et molestées. Les policiers
ont également tenté de leur arracher leurs vêtements après les avoir dûment
insultées. Ils les ont enfin relâchées.
Ainsi, la police de la nouvelle ère, dix ans après l'accession au trône du roi
Mohammed VI, est restée la même : une police de la répression et de l'injustice,
du mépris envers le citoyen marocain et des abus qui rappellent les moments
difficiles des années de plomb. Pourtant, les responsables de cette police, à
coups de marketing et de communication finalement mensongers, tentent de
«promouvoir» une institution «réformée» et de plus en plus soucieuse de son
image. Les moyens qu'ils mobilisent sont considérables mais cela ne suffit pas.
Car la dynamique de réforme doit d'abord s'opérer dans les esprits des hauts
responsables, à l'instar de cet adjoint du préfet de police de Marrakech Ahmed
Taoual. La dynamique de réforme doit ensuite émaner d'une volonté politique
transversale, prenant racine dans la philosophie du pouvoir politique et d'une
nouvelle conception de l'autorité, loin des slogans vaseux et des formules sans
lendemain. Au cœur de cette réalité qui prend la forme d'une désillusion, la
justice. Encore une fois. Cette institution qui prononce ses «fatwas» juridiques
au nom du roi. Pourquoi est-elle au cœur du problème ? Parce que si la police de
Marrakech, incarnée ce jour-là par Ahmed Taoual, respectait la justice, elle
n'aurait pas arrêté les sœurs de Zahra, ne les aurait pas emmenées au
commissariat et enfin, relâchées sans une décision préalable, écrite, du
Procureur du roi. Mais le pire dans tout cela, c'est que la manière dont les
soeurs de Zahra ont été traitées par la police de la nouvelle ère est si
courante qu'elle tend à se banaliser..
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http://www.lejournal-press.com/evenement.php?numero_j=398
L'espérance brisée
Le procès de Zahra Boudkour, plus jeune détenue d'opinion au Maroc, et de dix
jeunes étudiants, qui devait se tenir le 28 mai, a été reporté pour la troisième
fois. La police de Marrakech n'a pas failli à sa réputation en humiliant la
famille Boudkour.
Par : Hicham Bennani
L'atmosphère aux abords de la Cour d'appel de Marrakech avait des airs de déjà
vu le jeudi 28 mai. Tout un dispositif de sécurité a été mis en place pour
empêcher la famille et les proches des détenus qui devaient être jugés,
d'assister au procès. «Même les témoins n'ont pas pu entrer. Nous avions
pourtant envoyé une lettre au procureur général pour lui rappeler que le procès
ne pourrait pas avoir lieu sans la présence des familles et des témoins»,
explique Mohamed Messaoudi, avocat des onze étudiants encore derrière les
barreaux de la prison civile de Boulmharez. Moulouda Boudkour, et Lbchara
Boudkour, les sœurs de la détenue Zahra Boudkour, ont été enlevées avec une
étudiante par la police devant la Cour d'appel. Elles ont été conduites au
commissariat de Jemaâ El Fna. «Dans l'estafette, nous avons été insultées et
maltraitées», raconte Lbchara Boudkour. Une fois arrivées au commissariat, «ma
sœur et moi avons été traitées de tous les noms, violentées à coups de matraque
et traînées par les cheveux. Plusieurs de nos habits ont été retirés de force»,
ajoute-t-elle. Ahmed Taoual, adjoint du préfet de police de Marrakech, aurait
lancé : «On va vous tuer», tout en éructant les pires ignominies. Pendant près
de deux heures, la mère et la sœur ont subi un interrogatoire musclé avant
d'être relâchées. Le procès qui devait se dérouler le 26 février, puis le 19
mars a été reporté au 11 juin. En attendant, les onze étudiants resteront en
prison.
Ambiance exécrable. Ghalia Boudkour, la troisième sœur de Zahra, qui n'était pas
présente le 28 mai, rend visite à sa sœur Zahra tous les mercredis à la prison
de Boulmharez. Toutes deux ne se voient que dix à quinze minutes par semaine
dans une ambiance exécrable. «Le pire, c'est que j'attends plusieurs heures
avant de la voir. A chaque fois que je la vois, tous les prisonniers font du
bruit, il y a des vols, des hurlements, des prisonniers qui se tapent la tête
contre les murs… Cela me rend malade à chaque fois quand je vois l'environnement
où elle vit. Elle avait un portable prêté par une autre prisonnière mais les
gardiens le lui ont enlevé», raconte Ghalia Boudkour qui atteste que sa sœur n'a
pas vu le soleil pendant trois mois. «Elle était enfermée dans un petit espace
avec quarante-trois autres personnes, souvent atteintes de maladies
contagieuses. Les toilettes étaient dans un piteux état et il y avait une lampe
allumée au-dessus de sa tête 24 heures sur 24», ajoute la sœur. Zahra Boudkour
n'a tout de même subi aucune forme de violence en 2009. Ce qui n'était pas le
cas en novembre 2008 où elle déclarait au Journal Hebdomadaire : «Les premiers
jours, j'ai subi les pires traitements de la part des gardiennes et de certaines
détenues mandatées par la direction». Depuis un mois et demi, Zahra Boudkour a
été placée dans un lieu un peu plus acceptable, sans doute en prévision de son
procès. Juste avant le jour J, Zahra Boudkour avait transmis une lettre à sa
sœur pour être entendue : «Le 28 mai 2008, je serai jetée, moi et mes camarades
dans une estafette pour être jugée. Je profite de l'occasion pour lancer un
appel à tous les militants des droits de l'homme, les avocats et les avocates, à
la presse nationale et internationale, à suivre de près l'audience du procès de
la plus jeune détenue politique du Maroc». Sept étudiants sur dix-huit ont été
libérés au bout d'un an. Cela fait maintenant un an et demi que Zahra Boudkour
et les dix autres étudiants sont détenus. Pour rappel, l'étudiante Zahra
Boudkour a été arrêtée le 15 mai 2008 alors qu'elle était âgée de 21 ans, entre
la faculté de Droit et la faculté de Lettres à Marrakech. Avec dix-huit autres
étudiants de l'Université Cadi Ayad, elle a été rouée de coups, molestée et
humiliée par des policiers. Avec ses camarades, elle a été torturée pendant cinq
jours de façon continue dans un poste de police proche de la place Jamâa El Fna.
Comment expliquer un tel massacre ? Tout a commencé par un banal fait divers.
Une vingtaine d'étudiants ont consommé un jus de fruits périmé et ont été
victimes d'intoxication alimentaire. L'hôpital a réclamé environ 1000 dirhams
par étudiant, une somme trop élevée pour des familles modestes. Une marche de
3000 étudiants avait alors démarré le 14 mai. S'en est suivie une démonstration
musclée des forces de l'ordre, allant même jusqu'à jeter un étudiant du
troisième étage d'un bâtiment. Même si cette affaire semble encore loin de son
épilogue, Zahra Boudkour, qui milite pour un enseignement plus juste, ne
regrettera jamais d'avoir été arrêtée. «C'est la rançon du militantisme»,
avait-elle déclaré.
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2.3. LIBERTÉ D'EXPRESSION-CINISME DU MAKHZEN
http://www.map.ma/fr/sections/politique/les_publications_edi/view
Les publications éditées à l'étranger <portant atteinte> aux <constantes> de la
nation peuvent être interdites d'entrée au Maroc
Rabat-24/06/09- Les journaux, périodiques ou autres publications, édités à
l'étranger peuvent être interdits d'entrée au Maroc par une décision motivée au
cas où leur contenu porte atteinte aux constantes de la Nation ou à l'ordre
public, a affirmé le ministre de la communication, porte-parole du gouvernement,
M. Khalid Naciri.
M. Naciri, qui intervenait lors de la séance des questions orales, mercredi à la
Chambre des représentants, a indiqué que les publications étrangères font
l'objet d'un contrô le préalable de leur contenu par le Ministère de la
Communication, en coordination avec l'Administration des douanes et les
distributeurs, avant leur mise en vente.
Ce contrô le préalable porte notamment sur les questions en relation avec les
constantes de la Nation et les symboles religieux, a-t-il expliqué, citant à cet
égard, l'interdiction de certaines publications durant l'année en cours en
raison du fait qu'elles contenaient des articles illustrés de photos portant
atteinte aux moeurs publiques ou de caricatures attentatoires au Prophète Sidna
Mohammed (PSSL).
Cette interdiction est intervenue conformément aux orientations du gouvernement
visant à renforcer et à consacrer la liberté d'expression tout en préservant les
principes et valeurs de la société marocaine, et aux lois en vigueur dans le
domaine de l'information et de la communication, a souligné le ministre.
Dernière modification 24/06/2009 18:48
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http://www.map.ma/fr/sections/last_politique/le_maroc_a_toujours/view
Le Maroc a toujours oeuvré à <prémunir> le droit à la liberté d'expression de
l'<instrumentalisation> (diplomate)
Genève - Le Maroc a toujours été à l'avant-garde des initiatives internationales
visant à approfondir la réflexion sur l'exercice du droit à la liberté d'opinion
et d'expression afin de le <prémunir> contre son <instrumentalisation>, a
souligné, mercredi à Genève, un diplomate marocain devant le Conseil des droits
de l'homme (CDH).
Le Maroc a <toujours> été à l'<avant-garde> des initiatives internationales
visant à approfondir la réflexion sur l'exercice du droit à la liberté d'opinion
et d'expression afin de le <prémunir> contre toute <instrumentalisation>, de
nature à alimenter les sentiments, les discours ou les comportements
discriminatoires ou blasphématoires contre les religions, a souligné le
diplomate.
M. Mohamed Achgalou, membre de la Mission Permanente du Maroc auprès des Nations
Unies à Genève, intervenait lors d'un débat, dans le cadre de la 11ème session
du CDH.
Le diplomate marocain a réaffirmé à cette occasion, l'importance que le Royaume
accorde à la pleine jouissance de ce droit fondamental.
Il a néanmoins signalé que tout le monde s'accorde que ce droit n'est pas absolu
et que son exercice devrait être optimisé par le nécessaire respect des droits
et libertés des autres et de la diversité culturelle, religieuse et
civilisationnelle caractérisant le monde actuellement, ainsi que des
dispositions pertinentes du pacte sur les droits civils et politiques.
M. Achgalou a rappelé, dans ce contexte, que le Maroc a également été parmi les
pays les plus actifs dans leur soutien à la Conférence d'Examen de Durban II,
qui s'était tenue en avril dernier à Genève.
Le Royaume, a-t-il précisé, a contribué directement et de manière constructive à
la négociation des paragraphes réservés à cette thématique dans le Document
Final de la Conférence.
Il a aussi rappelé la disposition exprimée par le Maroc d'abriter, en réponse à
la proposition de la Haut Commissaire aux droits de l'homme, un séminaire pour
la région d'Afrique afin d'approfondir la réflexion sur les différents aspects
liés à la question de la liberté d'expression et l'incitation à la haine raciale
et religieuse.
Dernière modification 03/06/2009 15:45
------------->
http://www.maroc-hebdo.press.ma/MHinternet/Archives_840/PDF_840/page04et06et08.p\
df
LE LIVRE DE ALI AMAR MOHAMMED VI, LE GRAND MALENTENDU,INTROUVABLE AU MAROC
Auto-censure de l'éditeur?
Impossible de tomber au Maroc sur le livre polémique du journaliste Ali Amar,
Mohammed VI, le grand malentendu. Cet ouvrage n'est pas officiellement interdit
de vente au Maroc, mais seulement introuvable. La Librairie nationale, filiale
du groupe Hachette et premier importateur et diffuseur de livres au Maroc, ne
l'a pas commandé à sa maison édition Calmann-Lévy. Et, l'éditeur français du
livre ne peut pas être distribué au Maroc par d'autres canaux: il appartient lui
aussi au groupe Hachette, et un contrat d'exclusivité le lie à la Librairie
nationale. En France, 10.000 exemplaires ont déjà été écoulés.
-------------->
http://www.courrierinternational.com/article/2009/06/22/le-journalisme-d-investi\
gation-en-voie-de-disparition
Le journalisme d'investigation en voie de disparition
Pour l'ancien directeur du Journal hebdomadaire, le règne de Mohammed VI, qui
s'annonçait comme un printemps pour la presse, a vite déçu. Le régime a réussi à
museler ceux qui pouvaient le critiquer.
22.06.2009 | Propos recueillis par Pierre Cherruau
Ali Amar
Livre
Mohammed VI : le grand malentendu
Dix ans de règne dans l'ombre de Hassan II, dernier ouvrage d'Ali Amar.
(Editions Calmann-Lévy / Editions n°1)
Au début du règne de Mohammed VI, Le Journal hebdomadaire était un symbole de la
liberté d'expression. Comment a-t-il acquis cette réputation ?
Ali Amar* Le Journal est né en 1997, deux ans avant l'accession au trône
chérifien de Mohammed VI. Hassan II, au crépuscule d'un règne d'une durée
exceptionnelle – près de quatre décennies –, avait été contraint de desserrer
l'étau qui a caractérisé son pouvoir dictatorial. Le contexte international de
l'après-guerre froide avait fortement réduit l'indulgence du monde à son égard.
La crise économique aiguë que traversait le Maroc et la contestation intérieure
politique et sociale qui se généralisait l'avaient obligé à entamer des réformes
qui allaient profiter plus tard à son successeur, notamment sur la question des
droits de l'homme. C'est dans ce contexte unique que la prise de parole de la
société civile en faveur d'un nouveau pacte social avec la monarchie a pu être
plus audible que par le passé et surtout sans que la répression ne s'abatte
systématiquement sur les contradicteurs du régime. Le Journal a été fondé à
cette charnière historique que la presse occidentale a un peu vite qualifié de
"printemps marocain". Cela ne voulait pas dire que la liberté d'expression était
acquise, mais l'espoir d'un changement était perceptible. L'arrivée de Mohammed
VI devait conforter cette expérience, et nous avions parié sur une accélération
de la dynamique que nous croyions assurée avec un gouvernement d'ouverture. Ce
ne fut pas le cas, car la censure et les interdictions de paraître ont
rapidement repris le dessus au tournant du siècle. Le Journal, qui était perçu
comme l'étendard de ce nouveau Maroc, s'est transformé au fil des ans en
publication de combat. Il est ainsi devenu le symbole d'une liberté d'expression
que le régime n'a jamais été disposé à accepter.
Dix ans après, la presse marocaine fait-elle preuve de la même audace ?
Depuis 1999, la situation de la presse a beaucoup évolué. Le Journal a été le
défricheur de cette époque, et il en a souvent payé le prix – au point que sa
survie a constamment été menacée. Ses prises de position éditoriales
avant-gardistes, ses investigations au cœur du système politique, ses
révélations sur les scandales économiques, sur le retour aux pratiques
sécuritaires et liberticides, sur le maintien de la nature féodale et
incohérente du pouvoir royal lui ont valu d'être considéré comme le terreau
irréductible d'une opposition radicale à la place d'acteurs politiques qui ont
cédé aux sirènes de la cooptation. Ce rôle de cobaye volontaire que Le Journal a
joué a eu un avantage pour la profession, dans la mesure où il a essaimé les
germes d'un journalisme indépendant d'un genre nouveau, qui a favorisé
l'éclosion d'autres titres, notamment arabophones. On retrouve encore l'audace
de cette époque chez certains journalistes, mais la presse, même si elle s'est
nettement professionnalisée, a perdu de sa liberté. Le Maroc dégringole depuis
cette époque dans les baromètres internationaux de la liberté de la presse.
Comment expliquer qu'elle soit devenue moins courageuse ?
La presse est aujourd'hui moins entreprenante et moins courageuse parce que
l'environnement lui permet de moins en moins de s'exprimer sans contraintes. Le
Code de la presse demeure aussi terrorisant, la justice n'est pas indépendante
et se transforme volontiers en outil de représailles. Le régime, même s'il n'a
plus recours à l'emprisonnement systématique des journalistes, utilise des armes
encore plus dissuasives pour censurer : des amendes colossales, la menace de
l'interdiction d'exercer et un boycott publicitaire qui fait réfléchir à deux
fois les patrons de presse avant de lancer une enquête. Au Maroc, la presse
d'investigation est en voie de disparition. A quelques rares exceptions, c'est
le règne de la complaisance et du non-dit qui prévaut.
La presse marocaine est-elle toujours la plus indépendante du monde arabe ?
Non, je ne le crois plus. C'est une parenthèse qui se referme. La tendance est
davantage à l'autocensure, ce qui fait vivre l'idée qu'au Maroc les journalistes
demeurent les plus libres du monde arabe. En réalité, la presse indépendante est
en déclin, au profit d'une presse privée qui a fait le choix de louvoyer sur le
plan éditorial ou de céder à l'influence de lobbys politiques ou économiques
pour subsister ou pour permettre à ses promoteurs d'acquérir un statut social
non négligeable. J'en ai d'ailleurs fait l'expérience, avec la parution récente
de mon livre sur les dix ans de règne de Mohammed VI. Les passages les plus
critiques, sur lesquels j'attendais un débat de fond, ont été soigneusement
ignorés au profit d'une polémique sans intérêt sur la "liberté déconcertante"
dont j'ai été accusé, pour reprendre l'expression d'un hebdomadaire
casablancais, ou sur le caractère "insolent" d'extraits anecdotiques. Le livre
est d'ailleurs interdit au Maroc, sans que la presse s'en émeuve outre mesure.
Comme si la censure était redevenue la norme.
Mohammed VI est-il attaché à la liberté de la presse ?
Mohammed VI, qui est, selon la Constitution, un monarque de droit divin, a une
vision particulière de la liberté de la presse, qu'il a quelquefois exprimée
sans détours. Le roi, qui n'a jamais donné d'interviews ou de conférence de
presse aux médias marocains, met en avant la "responsabilité" face aux
"dérives". Dans les faits, les journalistes ne doivent en aucun cas remettre en
question ce que le Palais et son gouvernement définissent comme les "constantes
de la nation", c'est-à-dire le caractère sacré du trône – y compris ses choix de
gouvernance –, l'islam en tant que religion d'Etat, la souveraineté du Maroc sur
le Sahara-Occidental ou encore le caractère inviolable de l'appareil de
sécurité. Critiquer la politique du monarque ou de son cabinet, mettre en
lumière la prédation économique de la classe dirigeante, dénoncer la pratique de
la torture par les forces de sécurité ou fustiger la "justice d'abattage" sont
bien souvent interprétés comme des actions subversives, même si les sujets n'ont
pas forcément de caractère sensible pour la sécurité de l'Etat, comme il est
souvent avancé pour justifier un châtiment infligé à la presse.
Internet constitue-t-il une alternative pour les journalistes marocains ?
Internet n'échappe pas à la censure. Des blogueurs ont été condamnés à de la
prison ferme pour des articles considérés comme attentatoires à la monarchie.
L'accès à certains sites est régulièrement bloqué. Ceci dit, la prise de parole
y est plus déliée, notamment sur les forums, où l'anonymat et la délocalisation
le permettent. Malgré la forte pénétration d'Internet dans les foyers marocains,
le modèle économique d'une presse numérique n'est pas encore viable, la
publicité y est encore balbutiante.
* Ancien directeur du Journal hebdomadaire, il vient de publier Mohammed VI : Le
grand malentendu (éd. Calmann-Lévy).
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LE SOIR
(25-VI-2009)
Mourad Bourja, directeur de l'agence AIC Press molesté par la police
Violence. Notre confrère Mourad Bourja, directeur de l'agence AIC Press, a été
molesté, hier, par des agents de police lors des élections du maire de
Casablanca. L'incident s'est produit lorsque la police a exigé l'évacuation de
la salle par tous les journalistes présents à cette consultation. Mourad Bourja,
refusant d'obtempérer à ces ordres insensés, a été tout simplement violenté par
des agents de police. Ce genre de dépassements à Casablanca, n'est pas un cas
isolé. Dans la capitale, l'excès de zèle du secrétaire général de la Wilaya a
déjà privé les journalistes de la couverture de l'élection de Fathallah Oualalou
à la mairie de Rabat.
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2.4. PRISONNIERS POLITIQUES
LE SOIR
(25-VI-2009)
Annahj proteste à Paris
Cette fois-ci c'est au tour de l'Ambassade du Maroc à Paris de subir la pression
des militants d'Annahj Addimocrati. Et ce pour exiger la libération de tous les
prisonniers politiques au Maroc et l'arrêt immédiat des poursuites contre 7
militants et responsables du parti. Un rassemblement est donc prévu demain à 17h
devant le siège de la chancellerie marocaine en France. Cette initiative vise,
selon ses organisateurs, à protester contre la situation des droits de l'Homme:
«sous des arguments fallacieux plusieurs détenus politiques croupissent
actuellement dans les prisons marocaines », précise un communiqué d'Annahj
donnant l'exemple de l'emprisonnement de Chakib El Khiyari pour avoir dénoncé
des barrons de la drogue, des jeunes encore détenus de Sidi Ifni et les
étudiants de l'UNEM à l'université de Marrakech, Fès, Meknès ... qui ont
manifesté pour leurs droits légitimes. D'où l'appel à la communauté
internationale, qui d'après eux, devrait exiger de l'Etat marocain «le respect
des libertés publiques en procédant à la libération immédiate de tous les
détenus politiques et syndicaux, et, l'arrêt des poursuites contre les 7
militants de la Voie démocratique qui comparaîtront devant le tribunal le 26
juin 2009».
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3. ESCROQUERIES DU MAKHZEN
http://www.lejournal-press.com/articles_plus.php?id=1005
Plan Azur-Saïdia: Le grand bluff
Plan Azur. Des six stations devant être livrées au plus tard en 2010, seule
Mazagan tient ses promesses. Saïdia Mediterranea, qui devait être inaugurée par
le roi, est encore un vrai chantier.
Par : Fédoua Tounassi
Mohamed Boussaïd, ministre du Tourisme, a eu très chaud dimanche 14 juin et la
canicule qui a sévi le week-end dernier n'y étaitpour rien. C'est plutôt un
reportage de la chaîne France 5 qui est à l'origine de ce coup de chaleur. Alors
que les préparatifs des 9e Assises du Tourisme vont bon train, la chaîne
française a diffusé un reportage au vitriol sur le tourisme au Maroc. Le
reportage qui se voulait promotionnel a viré au réquisitoire. «Ministère et
opérateurs veulent faire croire à tout le monde que le Maroc n'est pas touché
par la crise internationale. En organisant des Assises grandioses et en
inaugurant la première station du Plan Azur, ils voulaient donner le change»,
confie un intervenant du secteur. Mal leur en a pris.
Grand cafouillage
Ce qui devait être le coup promotionnel de l'année vire au grand cafouillage.
Excédé par les retards pris dans la réalisation du fameux Plan Azur, Mohammed VI
en personne a donné un deadline aux autorités de tutelle pour livrer au moins
une des stations censées l'être depuis des années. L'endroit choisi pour abriter
ces assises n'est pas fortuit : Saïdia Mediterranea, la station la plus avancée
et dont le développeur aménageur n'est autre que Fadesa Maroc, filiale à 100%
d'Addoha. Le groupe d'Anas Sefrioui l'a récupérée après la faillite du promoteur
espagnol. «C'est plus un deal politique. Sefrioui, qui a largement profité des
largesses du Pouvoir, a été bien obligé de renvoyer l'ascenseur en acceptant la
reprise du chantier», confie une source. Les préparatifs allaient donc bon train
pour lancer la station Saïdia avant que France 5 ne diffuse son reportage «Maroc
: le nouvel eldorado». La chaîne s'est rendue à Marrakech et à Fès pour parler
des riads avant de se déplacer à Saïdia pour une visite guidée du site.
Après avoir interviewé un couple de retraités français, heureux propriétaires
d'un duplex à Saïdia, les journalistes ont rencontré pour un entretien le
directeur commercial du groupe Saïdia Mediterranea Zouhir Youssoufi, en charge
de la gestion et de la commercialisation de la destination. Incapable de
répondre aux questions et plutôt intimidé, Zouhir Youssoufi s'est emmêlé les
pinceaux, surtout lorsque lui fut posée une question sur le centre chargé du
traitement des eaux usées. Oubliant le micro accroché à sa cravate, le
responsable d'Addoha a passé un coup de fil à ses supérieurs les appelant au
secours : «Ils veulent visiter le centre, je les ai emmenés dans un coin leur
faisant croire que c'est là que se trouve la station, que dois-je faire ? J'en
peux plus, ils m'ont mis à bout…», explique le responsable commercial de Saïdia
à son interlocuteur, mais aussi au… micro de France 5. Une déstabilisation qui
en dit long sur le degré de préparation et d'avancement du Centre des eaux
usées, mais également sur l'état d'avancement de la station en général.
«Campagne calomnieuse» ?
S'en est suivi un branle-bas de combat au niveau du ministère de tutelle. Dès
lundi matin, Boussaïd convoquait tout le monde pour une réunion de crise. «Il
s'agit plus d'une campagne calomnieuse qui vise à détruire l'image du tourisme
au Maroc», tente de justifier Anas Sefrioui, patron du groupe Addoha. «Les avis
ont divergé sur l'attitude à prendre. Certains ont prôné l'indifférence alors
que d'autres ont proposé une conférence de presse pour mettre les choses au
point», explique une source au ministère. La réaction des autorités sera à
mi-chemin. La presse proche du makhzen sera conviée à un voyage express pour une
visite guidée des installations. Mardi soir, on voyait des reportages sur les
deux chaînes nationales avec un Anas Sefrioui, patron d'Addoha, très embarrassé,
les traits tirés, tentant tant bien que mal d'expliquer que les travaux avancent
malgré les rumeurs. Les caméras de 2M ont également montré le premier groupe de
touristes italiens à son arrivée à l'hôtel. Un autre reportage montrait un
responsable au sein de l'Office national de l'eau potable, encore plus
embarrassé, expliquant que la première tranche du centre de traitement des eaux
sera fin prête le 19 juin, date de la tenue des 9e Assises du Tourisme.
Rappelons que Mohammed VI, qui devait présider ces Assises, sera probablement à
des milliers de kilomètres de là, aux Etats-unis. Et ce ne sera pas le seul
désistement. Jacques Chirac, invité d'honneur, s'est également excusé pour cause
d'agenda surchargé. Idem pour Dominique Strauss Kahn, patron du FMI. Les majors
du tourisme international brilleront également par leur absence, hormis Sol
Kerzner, président du groupe éponyme, ou encore le patron de TUI (Touristik
Union International).
Les patrons ne seront pas les seuls absents. La presse étrangère ne sera pas de
la partie en dehors de quelques supports espagnols qui ont confirmé leur
participation.
La perle bleue
Depuis quelques jours, on ne parle que de Saïdia. Campagne médiatique, articles
de presse et reportages télé, les autorités veulent faire croire que la station
est prête à recevoir les touristes. Sur place, c'est une autre réalité qui
prévaut. «Sur la dizaine d'hôtels prévus, seuls deux ont ouvert leurs portes et
encore, le travail a été bâclé, ce qui va nuire encore plus à la destination»,
explique un voyagiste qui s'est rendu sur place en début de semaine. Or le
démarrage de la station a déjà connu un report d'un an, à juin 2008, puis à
nouveau à juin 2009. De façon globale, ce sont un ou deux hôtels, une poignée de
villas et quatre ou cinq golfs qui seront exploitables au 1er janvier 2010. Mais
déjà, les constructions en front de mer ont l'air vétustes et commencent à
perdre leurs tuiles et leurs treillis avant même d'être h
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