*****NÉGOCIATIONS FRONT POLISARIO/MAROC***
http://www.arso.org/UNnegociations160308.htm
****INTIFADA SAHRAOUI*****
http://www.arso.org/intifada2005.htm
*****WESTERN SAHARA RESOURCE WATCH******
http://www.wsrw.org/?dl=fr
S O M M A I R E
1. MAROC-DROITS HUMAINS
1.1. LA LIBERTÉ D'ASSOCIATION, FICTIVE AU MAROC
- LE TEMPS D'ALGÉRIE (7-X-2009): Entraves à la liberté d'association. Human
Rights Watch fustige le gouvernement marocain
- LE JOURNAL HEBDOMADAIRE (No. 412): Liberté d'association: « Nous sommes face à
une nouvelle forme de répression allégée » (Eric Goldstein, directeur de
recherche de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord de Human Rights Watch)
- TEL QUEL (No. 393): Interview. "L'Etat ne nous reçoit plus" (Eric Goldstein,
directeur de recherche de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord de Human
Rights Watch)
1.2. LIBERTÉ D'EXPRESSION-COMPARAISON MAROC/ALGÉRIE
- LE MONDE (8-X-2009): Internet inquiète les pouvoirs au Maghreb
- L'EXPRESS (31-X-2009): Maghreb: sale temps pour la liberté de la presse
1.3. LIBERTÉ D'EXPRESSION-CINISME DU MAKHZEN
1.3.1. VIOLATION SYSTEMATIQUE DE LA LIBERTÉ D'EXPRESSION
- LE JOURNAL HEBDOMADAIRE (No. 412): Ça presse pour le makhzen
- RSF (30-X-2009): Lettre ouverte à Hillary Clinton
- AFP (30-X-2009): RSF alerte Mme Clinton sur le sort "inquiétant" de la presse
au Maroc
- LIBÉRATION-FR (28-X-2009): Au Maroc, tour de vis sur la presse
- L'EXPRESSION (28-X-2009): Mohammed VI impose des lignes rouges à la presse
- YABILADI (28-X-2009): 2009 : Année noire pour la presse au Maroc
- RSF (27-X-2009): Conférence de presse de Reporters sans frontières à
Casablanca en solidarité avec la presse marocaine
- AFP (27-X-2009): RSF: "dégradation de la liberté de la presse au Maroc",
Clinton saisie
- RFI (26-X-2009): Procès en série contre la presse
- EL WATAN (25-X-2009): Atteinte à la liberté de la presse au Maroc. Plusieurs
organisations internationales condamnent
- EL KHABAR (26-X-2009): Des organisations internationales appellent le Maroc à
"cesser" sa campagne contre la liberté de la presse
- LE MONDE (22/23-X-2009): Au Maroc, plusieurs journaux sont victimes d'une
reprise en main par le pouvoir
- RSF (22-X-2009): Rassemblement devant l'ambassade du Maroc à Paris pour la
liberté de la presse
- BAKCHICH.INFO (19-X-2009): La liberté de la presse bafouée au Maroc
- TEL QUEL (No. 392): Ce n'est pas une guerre, c'est un massacre
1.3.1.1. PROHIBITION DES CARICATURES
- TEL QUEL (No. 396): Entrée interdite
- AFP/YABILADI (26-X-2009): Maroc: Après Le Monde, interdiction du journal El
Pais
- L'EXPRESSION (24-X-2009): Le Monde censuré au Maroc
- LE POINT (23-X-2009): Une série de caricatures du Monde irrite le Maroc
- AFP/LE MONDE (23-X-2009): "Le Monde" interdit de distribution au Maroc
- YABILADI (23-X-2009): Nouvelle interdiction du journal Le Monde au Maroc
- 7s7 (23-X-2009): Le Monde interdit au Maroc les 22 et 23 octobre
- LE JOURNAL HEBDOMADAIRE (No. 412): Analyse - Un communiqué qui ignore la
séparation des pouvoirs
- LE MATIN-DZ (31-X-2009): Maroc: fermeture définitive d'un quotidien par la
justice
- RSF (30-X-2009): Taoufiq Bouachrine et Khalid Gueddar condamnés à de la prison
avec sursis
- BAKCHICH.INFO (30-X-2009): Que se passe-t-il au Maroc ? par Taoufik Bouachrine
- AFP/LE MONDE (26-X-2009): Maroc/monarchie: verdict le 30/10 dans le procès de
deux journalistes
- RSF (12-X-2009): Ouverture du procès contre Akhbar Al-Youm pour une caricature
- RUE 89 (21-X-2009): Un dessinateur de Bakchich menacé de prison pour une
caricature
- BELLACIAO (16-X-2009): La dernière caricature de Khalid
- TEL QUEL (No. 393): Akhbar Al Youm. Le prince attaque
- AP (14-X-2009): Maroc: la demande de lever la fermeture du siège du quotidien
"Akhbar Al Youm" rejetée par la justice
- LIBÉRATION-MA (30-IX-2009): Après la publication d'une caricature relative au
mariage du Prince Moulay Ismaïl : Les locaux d'Akhbar Al Yaoum fermés…sans
décision de justice
1.3.1.2. PROHIBITION D'ENQUÊTER SUR LA SANTE DU TYRAN
- LE JOURNAL HEBDOMADAIRE (No. 413): Terreur sur la presse
- TEL QUEL (No. 395): Procès. Al Michaâl, encore
- AFP/YABILADI (26-X-2009): Maroc: 2 journalistes condamnés à de la prison avec
sursis
- L'EXPRESSION (17-X-2009): La fête gâchée de Mohammed VI: trois journalistes
condamnés à des peines de prison ferme
- LE MATIN-DZ (16-X-2009): Très graves atteintes à la liberté de la presse au
Maroc, trois journalistes condamnés à la prison ferme
- TEL QUEL (No. 394): Affaire Rotavirus. Un journaliste en prison
- AP (16-X-2009): Maroc: un journaliste emprisonné pour avoir évoqué la santé du
roi
- RSF/YABILADI (15-X-2009): Santé du roi: les journalistes d'Al-Michaal Hebdo
condamnés à de la prison ferme
- MAROC HEBDO (No. 852): Al Jarida al Oula, Al Michaal et Al Ayyam DEVANT LA
JUSTICE SUITE À DES ARTICLES SUR LA SANTÉ DU ROI. La presse partisane fustige
les dérapages
1.3.2. CINISME
- MAP (31-X-2009): Le processus <démocratique> au Maroc connaît une "forte
dynamique" sous le règne de <SM> le Roi (M. Mansouri)
- MAP/LE MATIN (29-X-2009): Le Maroc parmi les pays <les plus démocratiques> et
<les plus ouverts> de la région (Naciri)
- MAP/LE MATIN (1/2-X-2009): Le gouvernement n'a fait qu'appliquer <les lois en
vigueur> dans l'affaire du quotidien "Akhbar Al Yaoum" (M. Naciri)
- AUJOURD'HUI LE MAROC (1-X-2009): Raidissement de l'état dans les affaires de
presse
- MAP (14-X-2009): La FMEJ appelle au <respect> de la déontologie et rejette
toutes les <dérives éthiques> dans l'exercice de la profession
1.3.3. COMPLICITÉ DE LA FRANCE AVEC LE MAKHZEN
- AFP/LE MONDE (28-X-2009): Liberté de la presse: la France garde sa confiance
au Maroc
1.4. TORTURES ET PRISONNIERS POLITIQUES
1.5. LA LIBERTÉ RELIGIEUSE, BAFOUÉE
- TEL QUEL (No. 395): MALI, encore
- LIBERTÉ (20-X-2009): Rencontre-débat sur la liberté de conscience et de culte
en France. Deux Marocaines interdites de sortie
- YABILADI (16-X-2009): Les Dé-jeûneurs du MALI interdits de sortir du
territoire
- TEL QUEL (No. 394): No pasara !
- BELLACIAO (2-X-2009): Au nom du complot étranger
- TEL QUEL (No. 391): Enquête. Ils l'ont fait !
- MAROC HEBDO (No. 853): Les "mangeurs du Ramadan" font de la <provoc>
2. LES AFFAIRES TROUBLES DE MOHAMED VI
- LE MONDE (31-X-2009): La martingale hasardeuse du roi du Maroc à Macao
- TEL QUEL (No. 396): Casino. Macao, c'est fini !
- AUJOURD'HUI LE MAROC (31-X-2009): Rebondissement médiatique suspect d'un
investissement asiatique
- L'ÉCONOMISTE (29-X-2009): Siger retiré depuis un an de Macau
- YABILADI (28-X-2009): Siger victime d'un mauvais investissement à Macao ?
3. LE "VALEUR" DE LA PAROLE DE MOHAMED VI
- LE JOURNAL HEBDOMADAIRE (No. 411): Le roi à Anfgou : un an et demi après
- LE JOURNAL HEBDOMADAIRE (No. 411): Inaugurations - Les limites d'une stratégie
royale
4. LA FARCE DU "MODERNISME" ET DES "RÉFORMES
4.1. LE MAKHZEN ISLAMISE LE MAROC
- LE JOURNAL HEBDOMADAIRE (No. 410): Q&R - Michèle Zirari, Professeur en droit
privé à l'Université Mohammed V de Rabat: «En 1964, les cafés et les restaurants
étaient toujours ouverts. Et les Marocains allaient normalement dans les
restaurants»
4.2. LA FARCE DE LA "RÉFORME" DU CODE DE FAMILLE
- LE JOURNAL HEBDOMADAIRE (No. 412): Les oubliés du Maroc profond
5. RÉPRESSION À SIDI IFNI-LE "PARADIS" PROMIS AUX SAHRAOUIS
- LE SOIR (30-IX-2009): Sidi Ifni: reprise du procès des 22
6. MAROC-MAKZENERIES
- EL PAIS/DIASPORA SAHARAUI/BELLACIAO (2-X-2009): Mohamed VI exclut son cousin
de la photo de la famille royale marocaine
- LE JOURNAL HEBDOMADAIRE (No. 412): Et s'ils se réconciliaient ?
7. CORRUPTION
- LE JOURNAL HEBDOMADAIRE (No. 412): Corruption. L'immobilier en première ligne
===========================================================
SÁHARA-INFO EN FRANÇAIS ET EN ESPAGNOL/EN FRANCÉS Y EN ESPAÑOL:
http://es.groups.yahoo.com/group/sahara-info/
SAHARA-INFO SEULEMENT EN FRANÇAIS:
http://fr.groups.yahoo.com/group/revue-de-presse-sahara-occidental/
SAHARA-INFO SÓLO EN ESPAÑOL:
http://es.groups.yahoo.com/group/revista-de-prensa-sahara-occidental/
NEW!!! SAHARA-INFO ARABE
http://groups.google.ae/group/sahra_info_arabi
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1. MAROC-DROITS HUMAINS
1.1. LA LIBERTÉ D'ASSOCIATION, FICTIVE AU MAROC
http://www.letempsdz.com//index.php?option=com_content&task=view&id=24862&Itemid\
=145
Entraves à la liberté d'association
Human Rights Watch fustige le gouvernement marocain
07-10-2009
En dépit du caractère progressiste de quelques-unes de ses lois, le gouvernement
marocain se montre peu favorable à leur application. En témoigne le refus
systématique par l'administration d'agréer les associations dont les objectifs
dérangent les certitudes de la monarchie.
Le Maroc devrait mettre fin aux «manœuvres bureaucratiques généralisées qui
minent la liberté d'association» et «exiger des fonctionnaires locaux qu'ils
remplissent les obligations que leur impose la loi marocaine», estime Human
Rights Watch (HRW).
Dans un rapport publié hier, l'ONG américaine de défense des droits de l'homme
affirme que «les représentants locaux du ministère de l'Intérieur refusent
souvent la déclaration d'enregistrement d'une association lorsque ses objectifs
ou ses membres déplaisent aux autorités».
Pourtant, souligne HRW, la loi marocaine stipule que les nouvelles associations
doivent simplement déclarer leur existence aux autorités locales, sans avoir
besoin d'obtenir une autorisation préalable. «La loi oblige les fonctionnaires à
accepter les déclarations déposées par les associations», insiste l'ONG. «Il en
va de la liberté d'association comme de beaucoup d'autres questions liées aux
droits humains.
Le Maroc adopte des lois progressistes mais ensuite l'administration fait ce qui
lui plaît», observe Sarah Leah Whitson, directrice de la division
Moyen-Orient/Afrique du Nord de l'ONG, citée dans ce rapport.
HRW passe en revue une dizaine de cas d'associations qui se sont vu refuser le
«récépissé» officiel attestant de leur enregistrement. Faute de ce document,
elles ne peuvent exercer leurs activités, recevoir des subventions, organiser
des manifestations, louer des locaux publics ou ouvrir des comptes bancaires.
Parmi elles, figurent des associations luttant contre la corruption, qui
défendent les droits des diplômés universitaires au chômage, de la population
amazighe (berbère), des Sahraouis et des migrants sub-sahariens, selon HRW.
«L'administration a également entravé les activités de multiples associations
caritatives et éducatives, apparemment parce que leurs dirigeants comptaient
dans leurs rangs des membres de Justice et Spiritualité, l'un des mouvements
islamistes les plus actifs du Maroc», note le rapport.
En conclusion, HRW «recommande vivement» au gouvernement de «revoir la loi sur
les associations de façon à restreindre les critères en vertu desquels une
association peut être interdite».
La formulation actuelle autorisant les fonctionnaires à refuser des associations
«qui portent atteinte à la religion islamique, au régime monarchique ou à
l'intégrité territoriale du Maroc (...) est trop générale et invite à la
répression pour des motifs politiques».
Agences / R. N.
------------->
http://www.lejournal-press.com/entretien.php?numero_j=412&categorie=Entretien
Liberté d'association:
« Nous sommes face à une nouvelle forme de répression allégée »
(Eric Goldstein, directeur de recherche de la division Moyen-Orient et Afrique
du Nord de Human Rights Watch)
L'ONG américaine Human Rights Watch vient de publier un rapport qui reproche à
l'administration marocaine d'entraver la liberté d'association. Entretien avec
Eric Goldstein, directeur de recherche de la division Moyen-Orient et Afrique du
Nord de Human Rights Watch.
Par : Laetitia Dechanet
Selon le rapport récemment publié par Human Rights Watch*, la liberté
d'association est fréquemment bafouée au Maroc. Comment l'avez-vous constaté ?
Selon la loi marocaine, une association peut se constituer simplement en se
déclarant auprès des représentants locaux du ministère de l'Intérieur, sans
besoin d'aucune autorisation préalable. En théorie, les fonctionnaires sont
obligés d'accepter les déclarations déposées par les associations, mais dans la
pratique ils font ce qu'ils veulent. Nous en avons eu l'écho par de nombreuses
associations marocaines, qui n'ont jamais réussi à obtenir le récépissé officiel
prouvant leur enregistrement. Il s'agit, entre autres, d'associations oeuvrant
dans le domaine de la défense des droits de l'homme, de la lutte contre la
corruption, de la promotion de la culture amazighe ou encore d'associations de
Sahraouis, de diplômés-chômeurs. D'autres associations, caritatives ou
éducatives, se sont également vues mettre des bâtons dans les roues parce que
leurs dirigeants étaient membres du mouvement islamiste Justice et Bienfaisance.
Ce qui signifie que les associations qui gênent les autorités marocaines se
heurtent à un refus.
Quelles sont les conséquences pour les associations ?
Sans récépissé officiel, les associations n'ont pas le droit d'organiser de
manifestations sur la voie publique. Elles ne peuvent pas non plus louer de
salles publiques, car la commune exige pour cela qu'on lui présente ce fameux
récépissé. Ouvrir un compte bancaire leur est également impossible. De même,
sans existence officielle, les associations ne sont pas habilitées à percevoir
des cotisations et ne peuvent pas recevoir de subvention de l'étranger. S'ajoute
le fait que leurs membres potentiels auront peur de s'y engager. Ces
associations se retrouvent donc très fragilisées. Il ne s'agit pas d'une
répression aveugle, mais tout de même d'une forme de répression allégée.
Quelle est l'ampleur du phénomène ?
Nous avons étudié des rapports déjà publiés par d'autres associations et nous
nous sommes basés sur plusieurs échantillons, ce qui nous a permis de prouver
que le phénomène existe à travers tout le pays. Le problème n'est pas limité
géographiquement, ce n'est pas le fait d'une poignée de fonctionnaires isolés
qui feraient de l'excès de zèle. De plus, nous sommes persuadés que les
associations victimes sont bien plus nombreuses que ce que nous en savons. Lors
de la conférence de presse qui présentait le rapport, d'autres cas que nous
ignorions nous ont encore été signalés. Il s'agit bel et bien d'une pratique
généralisée, et qui suppose donc l'aval des plus hautes autorités.
Si les autorités sont complices, comment alors endiguer ce fléau ?
Les associations peuvent se faire accompagner dans leurs démarches par un
huissier, qui confirmera qu'elles ont bien effectué leur déclaration dans les
règles. Elles ont aussi la possibilité de saisir le tribunal administratif, mais
dans les faits cela s'avère inefficace. C'est pour cela que nous interpellons
directement le pouvoir. Le problème doit être identifié à ce niveau, car ce
qu'il manque, c'est la volonté politique de mettre fin à ces pratiques. Or, le
seul moyen d'y parvenir consiste à exiger des fonctionnaires qu'ils appliquent
strictement la loi. Le Maroc n'a de cesse de mettre en avant toutes les réformes
qui ont été conduites, mais en réalité certaine de ces avancées n'existent que
sur le papier. Cette situation correspond à une conjoncture plus générale, ainsi
qu'on peut le constater dans la presse : suite à la caricature de Moulay Ismaïl
parue dans Akhbar Al Youm, les locaux du journal ont été mis sous scellés et les
comptes bancaires de la société éditrice ont été gelés, illégalement. Il existe
des lois, mais la façon dont les choses sont gérées ne correspond pas à la loi.
Le Maroc étant particulièrement caractérisé par un grand dynamisme associatif,
c'est tout de même surprenant de découvrir que la liberté d'association y
demeure relative …
Effectivement, la société civile marocaine est très active et le fait que des
milliers d'associations puissent exister est très positif. Mais le vrai test en
matière de démocratie c'est d'observer comment les associations les plus
controversées sont traitées. Encore une fois, c'est comme pour la presse : peu
importe le nombre de quotidiens qui sont publiés, ce qui compte pour juger les
marges de liberté d'un pays, c'est la possibilité qu'aura un journal indépendant
de s'exprimer comme il l'entend.
Quelles sont vos préconisations à l'issue de ce rapport ?
Comme je l'ai évoqué, commencer par obéir à la loi sur les associations serait
déjà un premier pas. Il est néanmoins indispensable de la réviser en partie pour
atténuer son côté répressif et la rendre conforme aux normes internationales de
liberté d'association et d'expression. Actuellement, la loi permet en effet
d'interdire une association considérée comme portant atteinte à la religion
islamique, au régime monarchique ou à l'intégrité territoriale. Ce genre de
critère politique est par exemple utilisé contre les associations sahraouies.
Par ailleurs, il faut garantir la transparence des procédures. Nous suggérons
pour cela la création d'un site web spécifiquement dédié, sur lequel les
démarches des associations apparaîtraient étape par étape : la date de
déclaration, la date de remise du récépissé, et, en cas de refus, l'exposition
des motifs ayant mené à cette décision.
* Rapport Freedom to create associations : declarative
regime in name only (Liberté de créer des associations : un régime déclaratif
seulement sur le papier), 45 pages, octobre 2009. Consultable sur www.hrw.org
BIO
Jusqu'en 2004 : Enseigne les droits de l'homme aux universités américaines. 2004
: Directeur du Moyen-Orient-Afrique du Nord à Human Rights Watch. 2007 : Il
effectue une mission d'enquête au Sahara occidental sur la situation des droits
de l'homme.
-------------->
http://www.telquel-online.com/393/actu_maroc5_393.shtml
Interview
"L'Etat ne nous reçoit plus"
(Eric Goldstein, directeur de recherche de la division Moyen-Orient et Afrique
du Nord de Human Rights Watch)
Le 7 octobre, à Rabat, le directeur de recherche de Human Rights Watch pour
l'Afrique du Nord a présenté un rapport sur la liberté d'association au Maroc.
Un droit moins évident qu'il n'y paraît.
La loi marocaine protège t-elle la liberté d'association ?
La création d'une association est soumise au régime "déclaratif", autrement dit,
les fonctionnaires sont obligés d'accepter les dossiers déposés. Le problème,
c'est que cette loi progressiste n'est pas appliquée. Les caïds ou les pachas
refusent souvent de recevoir les demandes, dans d'autres cas, ils ne délivrent
pas de récépissés. Et même quand ils daignent le faire, ils peuvent par la suite
s'opposer à la création de l'association en transmettant le dossier au Parquet,
invoquant des motifs légaux trop larges comme "l'outrage aux bonnes mœurs".
Quels sont les types d'associations qui souffrent le plus de ces pratiques ?
Les plus touchées sont les associations sahraouies et amazighes. Mais on
constate que beaucoup d'autres thèmes coincent, comme quand il s'agit
d'anti-racisme ou de diplômés chômeurs. Aussi, une association de blogueurs
attend son récépissé depuis mars et plusieurs associations éducatives ou
caritatives sont bloquées. Leur point commun : avoir été créées par un membre
d'Al Adl Wal Ihsane.
Avez-vous eu des interlocuteurs au sein de l'Etat pour l'élaboration de ce
rapport ?
C'est le silence radio. Nos lettres au gouvernement et nos demandes de
rendez-vous restent sans réponse. En fait, depuis le rapport sur les droits
humains au Sahara, nous n'avons plus été reçus. Nous avons toujours une grande
liberté de mouvement, mais après notre départ du Sahara, les militants qui nous
ont reçus ont souvent été convoqués et intimidés par la police. Propos
recueillis par Zoé Deback
>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>
1.2. LIBERTÉ D'EXPRESSION-COMPARAISON MAROC/ALGÉRIE
http://www.lematindz.net/news/2801-blogs-reacuteseaux-sociaux-forums-de-discussi\
on.html
Internet inquiète les pouvoirs au Maghreb
le 08 Octobre, 2009
Blogs, réseaux sociaux, forums de discussion... Dans les pays du Maghreb, ces
outils de communication, qui ont surgi ces dernières années dans le sillage
d'Internet et du téléphone mobile, inquiètent les pouvoirs.
Synonymes à leurs yeux d'une menace diffuse, impalpable et donc difficile à
contrôler, ils font figure de suspects. Ne sont-ils pas porteurs à l'occasion
d'une contestation radicale ? Grâce à la création quasi instantanée de réseaux
informels, ne vont-ils pas prospérer et occuper la place des partis politiques
traditionnels à l'agonie de Tunis à Rabat en passant par Alger ? La riposte est
à la mesure de la perception de la menace. Au Maroc, où les cybercafés sont
légion et l'usage du téléphone portable banal, un jeune a été condamné par la
justice à de la prison pour avoir "emprunté" sur Facebook l'identité du frère du
roi Mohammed VI - lequel devait par la suite gracier le "premier prisonnier
politique de Facebook". Toujours dans le royaume, lors du dernier ramadan, une
période de jeûne pour les musulmans, des utilisateurs de Facebook, au nom de la
liberté individuelle, projetaient de croquer des sandwichs à l'écart de tout,
dans une forêt à mi-chemin entre Rabat et Casablanca. Le jour prévu, au lieu de
rendez-vous, les policiers étaient plus nombreux que les "dé-jeûneurs" qui
furent embastillés sur-le-champ.
Les pays voisins ne sont pas mieux disposés. En Tunisie, où dès 2001 un
cyber-résistant se mettait à dos la police et la justice en créant un magazine
en ligne (TuUNeZine), Internet est sous haute surveillance. Nombre de sites sont
inaccessibles, tout comme les blogs d'opposants en exil.Le cas de l'Algérie est
un peu différent. Internet et téléphone mobile sont moins développés qu'en
Tunisie et au Maroc. Et les connexions à Internet plus coûteuses qu'ailleurs.
D'où sans doute l'absence de contrôle de l'Etat sur les contenus. L'internaute
algérien a accès à tous les sites sans exception. S'il est blogueur, il peut
écrire ce qu'il veut, critiquer le président Bouteflika pour avoir modifié la
Constitution pour conserver le pouvoir ou se plaindre d'un service militaire
trop long, sans redouter les foudres du pouvoir.
Mais jusqu'à quand ? Une loi est en cours de discussion au Parlement qui prévoit
la création d'une "cyber-police". Il lui reviendra de surveiller les activités
"subversives" et celles qui portent atteinte à la "sécurité nationale". Les
termes en sont suffisamment vagues pour faire craindre une interprétation
extensive. Surtout, l'Algérie risque de donner des idées à ses voisins à l'heure
où, dans le monde arabo-musulman, les lois pour contrôler Internet commencent à
fleurir. Les Emirats en ont voté une en 2006. L'Arabie saoudite a suivi. L'Irak
s'apprête à faire de même. Les cyber-résistants vont-ils se mobiliser ?
Jean-PierreTuquoi (lemonde.fr)
------------->
http://blogs.lexpress.fr/nomades-express/2009/10/maghreb-sale-temps-pour-la-lib.\
php
Maghreb: sale temps pour la liberté de la presse
le 31 octobre 2009 12h21 |
par Dominique Lagarde
Les mauvaises nouvelles continuent de s'accumuler, au Maghreb, sur le front de
la liberté de la presse. A croire que ces trois pays du Sud de la Méditerranée
avancent à reculons…
Au Maroc, l'ouverture qui avait caractérisé les premières années du règne marque
le pas. Vendredi le directeur du quotidien Akhbar Al Youm, Taoufik Bouachrine,
et le dessinateur Khalid Gueddar ont été condamnés à des peines de prison avec
sursis et à des dommages intérêts pour la très lourde somme de 270 000 euros. Le
tribunal a par ailleurs décidé la «fermeture définitive » des locaux du journal.
Autant dire son arrêt de mort.
Leur crime ? Avoir publié une caricature d'un cousin du roi, jugée
irrespectueuse pour la famille royale. Le Monde du 22 octobre avait été interdit
de distribution au Maroc pour avoir reproduit dans ses colonnes le même dessin,
le quotidien espagnol El Pais avait connu le même sort le 25 octobre.
Ce n'était pas un bon dessin, le message du caricaturiste était à peu près
incompréhensible. Mais il fallait avoir l'esprit bien mal tourné pour y voir un
affront tel qu'il ne puisse être lavé qu'en interdisant de facto un journal ! A
moins que ce soit, précisément, l'indépendance d'Akhbar Al Youm qui ait été dans
le collimateur du makhzen et des juges…
Cette affaire intervient après la mise au pilori, cet été, de l'hebdomadaire Tel
Quel« coupable » d'avoir publié un sondage – pourtant très favorable- sur le roi
à l'occasion du dixième anniversaire de son règne. Et quelques semaines après
d'autres condamnations visant des journalistes qui avaient cru pouvoir enquêter
sur la santé du souverain. Même si les « lignes rouges », au Maroc, ne sont plus
ce qu'elles étaient, il en reste une, apparemment toujours aussi infranchissable
: le monarque, personne « sacrée » selon la constitution et la famille royale.
Le royaume recule régulièrement depuis trois ans dans le rapport annuel sur la
liberté de la presse de Reporters sans frontières. Il occupe aujourd'hui la
127ème place (sur 175) et les auteurs notent que ce sont surtout les « amendes
exorbitantes infligées aux rédactions » qui pèsent sur la liberté des
journalistes.
Cette mauvaise place est cependant meilleure que celles attribuées à l'Algérie
et à la Tunisie. Car la situation est pire encore dans ces deux pays.
En Algérie, classée à la 141ème place – en recul de 20 places par rapport à
2008- les procédures contre les médias se sont multipliées ces derniers mois, la
censure est devenue monnaie courante.
La Tunisie occupe, elle, sans surprise le 154ème rang. La presse indépendante y
est bannie, des sites Internet censurés. Plusieurs journalistes ont été
récemment agressés ou molestés par la police. Zouheir Mekhlouf, correspondant du
site Internet Assabil est en prison depuis le 26 octobre. Jeudi dernier c'était
au tour de Taoufik Ben Brick, journaliste et opposant déclaré au régime, d'être
arrêté après être tombé dans un traquenard.
>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>
1.3. LIBERTÉ D'EXPRESSION-CINISME DU MAKHZEN
1.3.1. VIOLATION SYSTEMATIQUE DE LA LIBERTÉ D'EXPRESSION
http://www.lejournal-press.com/chroniques.php?numero_j=412
Ça presse pour le makhzen
Par : Khalid Jamaï
La société de distribution SAPRESS, fondée en octobre 1977 et dont le réseau
comporte 25 agences desservant 8000 points de vente, serait à vendre. C'est du
moins ce que plusieurs informations concordantes laissent supposer. Quant au
nouvel acquéreur, ce serait tout simplement le makhzen par l'intermédiaire d'une
société écran dont le tireur de ficelles ne serait autre que Mounir Majidi.
Ainsi le makhzen prendrait le contrôle de la distribution de la presse vu que
l'autre mastodonte de ce secteur n'est autre que SOCHEPRESS, Société Chérifienne
de Distribution et de Presse, dont les Nouvelles Messageries de la Presse
Parisienne viennent de racheter la totalité du capital, est déjà dans le giron
de ce même makhzen. Cette tran-saction n'est pas pour déplaire à tous ceux qui
se sont juré d'avoir la peau de la presse dite indépendante, laquelle constitue
l'un des derniers carrés de la liberté d'expression. Rappelons que SAPRESS
appartient aux partis de la Koutla à savoir le PI, l'USFP et le PPS, partis dont
les organes de presse connaissent une baisse de vente et donc d'audience
vertigineuse, d'où de très graves difficultés financières. Ces organes
accuseraient des dettes se chiffrant par centaines de millions de centimes.
C'est dire si cette transaction arrangerait ces partis à plus d'un titre. Elle
leur permettrait, ainsi, de renflouer leurs finances, de permettre au makhzen et
ses officines de donner le coup de grâce à cette presse indépendante qui a
contribué, dans une large mesure, à les mettre à nu, de les tenir sous haute
surveillance, de déterrer les cadavres qu'ils avaient ensevelis dans leurs
placards, sans pour autant se salir les mains.
Quant au makhzen, la mise sous tutelle de SAPRESS lui permettrait, croit-il, en
disposant d'une telle épée de Damoclès, de finaliser son projet, celui de se
débarrasser d'une presse qui le dérange à plus d'un titre. C'est d'ailleurs dans
ce projet liberticide qu'il faut placer «cette frénésie» de procès, de ces
amendes faramineuses, en un mot de cet acharnement dont furent victimes cette
presse et ceux qui y travaillent.
Une fois encore, le makhzen croit pouvoir, en tuant le messager, occulter, voire
faire disparaître le message. Bien au contraire, cette persécution de la presse
indépendante et de la liberté d'expression ont permis de dévoiler davantage une
démocratie de façade qu'il voulait faire passer, auprès de l'opinion
internationale, pour une réelle démocratisation, et de démystifier ce que l'on a
appelé les «changements» apportés par une prétendue «nouvelle ère». Plus que
jamais, il apparaît que nous n'avons affaire qu'à une continuité dans le
changement, et non à un changement dans une continuité de la gouvernance.
D'aucuns pourront se demander, et à juste titre, pour quelle raison nous n'avons
parlé ni de gouvernance, ni de gouvernement, préférant n'utiliser que le terme
de makhzen. La réponse est très simple, il y a un gouvernement, des ministres,
de facto ceux-ci n'existent pas, car ne disposant d'aucun pouvoir décisionnel.
Et les preuves pour étayer nos dires ne manquent pas.
Ainsi, dans l'affaire du quotidien arabophone Akhbar El Youm, le Premier
ministre a déclaré qu'il n'était, tout simplement pas au courant ni de
l'interdiction de ce journal, ni de la mise sous scellés de ses locaux, encore
moins du gèle de ses comptes. Incroyable et pourtant tout ce qu'il y a de plus
véridique.
M. Abbas El Fassi, selon Al Alam, l'organe officiel de son parti, n'aurait pas
été au courant, pour la simple raison qu'il ne lit pas, tenez vous bien, cette
presse indépendante qui se serait spécialisée dans le colportage de rumeurs, les
fausses informations et le mensonge. On croit rêver ! N'est-il pas celui qui
traîne les trente mille casseroles de l'affaire d'Annajat avec les déclarations
qu'il avait faites sur la deuxième chaîne ? N'est-il pas celui qui avait
affirmait, toujours sur cette même chaîne, que rien ne c'était pas passé à Sidi
Ifni alors qu'étaient diffusées de par le monde les images de la répression
barbare dont étaient victimes les populations de cette ville ? Lorsqu'on est
sans honnêteté morale, tout devient permis !
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http://www.rsf.org/Lettre-ouverte-a-Hillary-Clinton.html
Lettre ouverte à Hillary Clinton
Publié le 30 octobre 2009
Madame Hillary Clinton
Secrétaire d'Etat
Washington DC
Etats-Unis
Paris, le 28 octobre 2009
Madame la Secrétaire d'Etat,
A la veille de votre visite officielle au Maroc les 2 et 3 novembre prochain,
Reporters sans frontières, organisation internationale de défense de la liberté
de la presse, souhaite attirer votre attention sur la dégradation très
inquiétante de la situation de la liberté de la presse dans ce pays.
Dix ans après l'accession de Mohammed VI au trône en 1999, le bilan est
contrasté. Après de réelles avancées au début de son règne, les reculs et
crispations se sont multipliés, notamment depuis juillet 2009. Ainsi, depuis
1999, les journaux marocains ont été condamnés à plus de deux millions d'euros
d'amende et les journalistes à des peines additionnées d'un total de près de
vingt-huit ans de prison.
Alors que les « lignes rouges » semblaient avoir reculé au cours des dernières
années grâce à la ténacité de la presse indépendante et à une volonté
d'assouplissement de Mohammed VI, nous assistons depuis quelques mois à leur
réaffirmation par le Palais, notamment sur la question de l'image du roi et de
personnalités de la famille royale. Multiplication des poursuites judiciaires,
amendes exorbitantes, et condamnations de journalistes à des peines de prison
ferme, la justice marocaine déploie tout un arsenal visant à intimider et à
asphyxier financièrement la presse indépendante.
Le 15 octobre 2009, à l'issue d'un procès ne respectant pas les droits de la
défense, Driss Chahtane, du journal Al-Michaal, a été condamné à un an de prison
ferme par le tribunal de Rabat pour un article sur la santé du roi. Les deux
autres journalistes accusés dans cette même affaire, Rachid Mahamid et Mustapha
Hayrane, ont écopé de trois mois de prison ferme. Tous les trois doivent payer
des dommages et intérêts de plusieurs milliers de dirhams. Le soir même, Driss
Chahtane a été arrêté et incarcéré.
Le 18 octobre, suite à une condamnation par la Cour suprême le 30 septembre, la
rédaction du Journal Hebdomadaire, une référence dans le royaume, a été
condamnée à payer une amende de 250 000 euros de dommages et intérêts pour
"diffamation" dans le cadre d'un procès datant de 2006. Un think-tank basé à
l'étranger avait porté plainte, suite à un article sur le Sahara occidental. Le
paiement de cette somme constitue un danger pour la survie de cette publication.
Le 26 octobre, le tribunal de première instance de Rabat a condamné Ali Anouzla,
directeur du quotidien Al-Jarida Al-Oula, à un an de prison avec sursis et à 10
000 dirhams d'amende (885 euros), pour "délit de publication, avec mauvaise
intention, de fausses informations, d'allégations et de faits mensongers", suite
à la publication d'un article, le 27 août dernier, qui contredisait le bulletin
de santé officiel du roi. La journaliste Bouchra Eddou, poursuivie pour
complicité dans la même affaire, a été condamnée à trois mois de prison avec
sursis et à 5 000 dirhams (455 euros) d'amende. Les deux journalistes ont
exprimé leur intention de faire appel.
Le 30 octobre, le journal Akhbar Al-Youm sera au centre de deux procès suite à
la publication d'une caricature dans son édition du 26-27 septembre. Taoufiq
Bouachrine, directeur de publication, et Khalid Gueddar, caricaturiste, sont
poursuivis par le ministère de l'Intérieur pour "atteinte à l'emblème du
royaume". Les deux journalistes seront également jugés pour "non-respect dû à un
membre de la famille royale" suite à une plainte déposée par Moulay Ismaïl,
sujet de la caricature. Ce dernier, cousin du roi, réclame 266 000 euros de
dommages et intérêts. Les bureaux de la rédaction à Casablanca sont toujours
sous scellés et gardés par la police.
Reporters sans frontières vient de se rendre au Maroc pour rencontrer les
journalistes et les médias marocains en difficulté et apporter un soutien qui a
été exprimé publiquement au cours d'une conférence de presse, le 27 octobre, à
Casablanca.
Reporters sans frontières vous demande de saisir l'opportunité de votre visite
officielle au Maroc, les 2 et 3 novembre prochain, pour faire état des
difficultés auxquelles fait face la presse indépendante. Nous vous prions
d'évoquer, avec les autorités marocaines, cette question cruciale. Le Forum pour
l'Avenir, mis en place par l'administration américaine en 2004, a pour objectif
de promouvoir la démocratisation dans la région "Grand Moyen-Orient". La liberté
de la presse est l'une des composantes essentielles de cette démocratisation.
Je vous remercie de l'attention que vous porterez à nos remarques, et je vous
prie d'agréer, Madame la Secrétaire d'Etat, l'expression de ma très haute
considération.
Jean-François Julliard Secrétaire Général
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http://www.france24.com/fr/20091030-rsf-alerte-mme-clinton-le-sort-inqui-tant-pr\
esse-maroc
RSF alerte Mme Clinton sur le sort "inquiétant" de la presse au Maroc
30 Octobre 2009 - 16H50
Reporters sans frontières (RSF) a indiqué vendredi avoir écrit à la secrétaire
d'Etat américaine Hillary Clinton, qui sera lundi au Maroc, pour attirer
son attention "sur la dégradation très inquiétante de la situation de la
liberté de la presse dans ce pays".
Reporters sans frontières (RSF) a indiqué vendredi avoir écrit à la secrétaire
d'Etat américaine Hillary Clinton, qui sera lundi au Maroc, pour attirer son
attention "sur la dégradation très inquiétante de la situation de la liberté de
la presse dans ce pays".
AFP - Reporters sans frontières (RSF) a indiqué vendredi avoir écrit à la
secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, qui sera lundi au Maroc, pour
attirer son attention "sur la dégradation très inquiétante de la situation de la
liberté de la presse dans ce pays".
"Dix ans après l'accession de Mohammed VI au trône en 1999, le bilan est
contrasté. Après de réelles avancées au début de son règne, les reculs et
crispations se sont multipliés, notamment depuis juillet 2009", estime RSF dans
sa lettre.
"Multiplication des poursuites judiciaires, amendes exorbitantes, et
condamnations de journalistes à des peines de prison ferme, la justice marocaine
déploie tout un arsenal visant à intimider et à asphyxier financièrement la
presse indépendante", relève RSF, qui cite les cas de plusieurs journalistes
condamnés à des peines de prison.
L'organisation de défense de la presse demande à Hillary Clinton de saisir
l'opportunité de sa visite officielle au Maroc, les 2 et 3 novembre prochains
pour le Forum de l'Avenir, "pour faire état des difficultés auxquelles fait face
la presse indépendante".
"Nous vous prions d'évoquer, avec les autorités marocaines, cette question
cruciale. Le Forum pour l'Avenir, mis en place par l'administration américaine
en 2004, a pour objectif de promouvoir la démocratisation dans la région Grand
Moyen-Orient. La liberté de la presse est l'une des composantes essentielles de
cette démocratisation", conclut RSF dans la lettre.
Ce Forum réunit à Marrakech des dirigeants de pays du G8, de l'Afrique du Nord
et du Moyen-Orient, ainsi que des représentants de la société civile et des
acteurs du secteur privé.
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http://www.liberation.fr/monde/0101599649-au-maroc-tour-de-vis-sur-la-presse
http://fr.news.yahoo.com/76/20091028/twl-au-maroc-tour-de-vis-surlapresse-1a8f42\
2.html
Au Maroc, tour de vis sur la presse
27/10/2009 À 16H17
De nombreux journaux marocains sont harcelés par le pouvoir. Des titres
étrangers prestigieux – Le Monde et El Pais – ont également été interdits la
semaine passée.
SYLVAIN MOUILLARD
Le raidissement est palpable. Depuis quelques semaines, le pouvoir chérifien
entaille largement l'espace de liberté que la presse marocaine était parvenue à
se ménager. Saisie et destruction de journaux, procès, peines de prison ferme...
les affaires se succèdent. Taoufik Bouachrine pourrait être le prochain à faire
les frais de la censure du pouvoir.
Le directeur du quotidien marocain arabophone Akhbar Al Youm sera jugé vendredi
devant le tribunal de Casablanca pour «offense au drapeau national». Accompagné
dans le box des accusés du caricaturiste Khalid Gueddar, les deux hommes
risquent «entre six mois et trois ans de prison». On leur reproche une
caricature publiée les 26-27 septembre.
Elle représente le prince Moulay Ismaïl, cousin du roi Mohammed VI, qui vient de
célébrer son mariage avec Anissa Lehmkuhl, une ressortissante allemande de
confession musulmane. Selon le pouvoir marocain, le caricaturiste a déformé
l'étoile du drapeau chérifien en l'assimilant à l'étoile de David, et s'est
rendu coupable «d'insinuations» et de «penchants d'antisémitisme» en
représentant Moulay Ismaïl avec le bras tendu, à la manière d'un salut nazi.
Le dessinateur, lui, plaide la bonne foi et estime que la caricature «été mal
interprétée par les autorités». Nicolas Beau, rédacteur en chef du site
Bakchich, qui publie régulièrement les caricatures de Gueddar, reconnaît que «le
dessin n'est pas très bon». Mais il estime que la justice marocaine cherche
«grossièrement» à trouver «un prétexte» pour faire tomber le dessinateur, dont
la série «Mohammed VI: le roi qui ne voulait plus être roi» ne plaît pas au
Mahkzen.
Taoufik Bouachrine, de son côté, défend une caricature tout ce qu'il y a de plus
«normale» et contre-attaque : selon lui, le palais royal fait payer au journal
sa ligne «indépendante». «Cela fait partie d'une stratégie du pouvoir de
dessiner des lignes rouges», précise-t-il à Libération.fr. Ce qui, selon les
autorités, revient à interdire toute caricature ou article dérangeant, puisque
la personne du roi est sacrée.
La santé du roi, un sujet tabou
Ces derniers mois, les cas de censure sont légion. Début août, le magazine
TelQuel, coupable d'avoir effectué un sondage (au résultat pourtant positif) sur
le monarque Mohammed VI, est saisi et détruit. Quelques semaines plus tard, la
publication d'un communiqué du palais royal sur une infection bénigne de «M6»
déclenche une importante polémique dans la presse marocaine, qui s'empare de
l'affaire.
La reprise en main du pouvoir est cinglante. Plusieurs journalistes sont
attaqués pour «publication de fausse information». Lundi, deux d'entre eux - du
quotidien Al Jarida Al Oula - écopent de peines de prison avec sursis. Dans la
même affaire, les juges avaient été moins cléments à la mi-octobre avec le
directeur de l'hebdo arabophone Al Michaâl. Idriss Chahtane est en effet
incarcéré depuis à la prison de Rabat-Salé après avoir été condamné à un an de
prison ferme. Deux de ses journalistes sont également en attente de leur procès
en appel : en première instance, ils avaient été condamnés à trois mois de
prison ferme.
«Embargo économique»
Les journaux marocains ne sont pas les seuls à être inquiétés. La semaine
passée, l'espagnol El Pais et le français Le Monde ont vu leur distribution
bloquée, trois jours consécutivement pour le quotidien français, qui envoie
10.000 exemplaires dans le royaume. Le Monde avait osé republier le dessin de
Gueddar, ainsi que deux caricatures de son dessinateur Plantu.
L'une d'elle montre une main sortant de l'étoile à cinq branches du drapeau
marocain et tenant un crayon dessinant un personnage coiffé d'une couronne,
tirant la langue et avec ce qui ressemble à un nez de clown. «Procès au Maroc
contre le caricaturiste Khalid Gueddar qui a osé dessiner la famille royale
marocaine», dit la légende. «Le Maroc est un royaume démocratique, comme le
royaume d'Espagne. Il ne peut tolérer la diffamation de ses institutions», se
justifie un officiel marocain sous couvert de l'anonymat.
Pour Taoufik Bouachrine, la liberté de la presse est en nette dégradation
actuellement au Maroc. «L'entourage du roi est très dérangé par les journaux qui
parlent des droits de l'homme, de la corruption, de la fortune royale ou de la
réforme constitutionnelle», avance-t-il.
Il regrette également les sanctions expéditives qui lui sont réservées. «Nous
sommes condamnés par avance, alors que le juge n'a même pas rendu sa décision.
C'est hors-la-loi.» Depuis un mois, en effet, le journal est fermé. «Nous avons
perdu 1,4 million de dirams (environ 122.000 euros). Nous sommes une moyenne
entreprise et on ne peut pas supporter cela. Le pouvoir le sait et exerce un
embargo économique.»
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http://www.lexpressiondz.com/dequoi/2009-10-28.html
Mohammed VI impose des lignes rouges à la presse
Reporters sans frontières (RSF) classe le Royaume alaouite à la 127e place dans
le classement annuel sur la liberté de la presse. La presse marocaine vient,
ainsi, de connaître une régression par rapport au classement de l'année écoulée.
Elle a perdu cinq places. Cette étude a souligné que le Maroc a connu des
restrictions à la liberté de la presse au cours des trois dernières années et
ce, à cause des lignes rouges imposées par le roi Mohammed VI. La suspension des
titres nationaux et l'interdiction de quelques titres internationaux à la vente,
a enfoncé la liberté de la presse au Royaume marocain, selon RSF.
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http://www.yabiladi.com/article-politique-1853.html
2009 : Année noire pour la presse au Maroc
Publié le 28.10.2009 | 14h13
Le quotidien espagnol El Pais a annoncé lundi que sa distribution avait été
bloquée dimanche au Maroc pour avoir repris les caricatures de Plantu parues
dans Le Monde et de Khalid Gueddar dans Akhbar Al Youm. Quelques jours
auparavant, ce sont les éditions des 22 et 23 octobre du Monde qui ont été
interdites de vente sur le territoire marocain. Depuis quelques mois, la presse
vit un sale temps au Maroc. Retour sur plusieurs mois de confrontation presse /
pouvoir.
El Pais a été accusé par les autorités marocaines d'avoir porté « atteinte à
l'institution monarchique » au Maroc. Appartenant au conglomérat médiatique
espagnol, Grupo PRISA (Promotion de l'information Société en castillan), El Pais
a été censuré à l'aéroport, a confirmé à l'AFP, une source officielle marocaine
sous anonymat. Pour rappel, PRISA est actionnaire à 15% du groupe Le Monde,
lui-même interdit pour les même faits quelques jours auparavant.
La presse au Maroc a déjà un grand problème de lectorat, hormis les embrouilles
de ces derniers mois avec la justice. Al Massae, le plus diffusé dans le
Royaume, a un tirage moyen d'environ 150 000 exemplaires. En général, le secteur
de la presse souffre d'une insuffisance de moyens financiers plus une faible
diffusion. Dans cette situation, les démêlées avec la justice, entraînant des
amendes excessives ne font que causer la disparition des organes de presse.
Pour revenir à la justice, la « spirale infernale » a débuté au mois de juin. Le
29 juin, le tribunal de première instance de Casablanca a condamné Al Jarida Al
Oula, Al Ahdat Al Maghribia et Al Massae à payer chacun, une amende d'un million
de dirhams (270.000 euros au total) pour dommages et intérêts dans l'affaire qui
les opposaient à Mouammar Kadhafi. Le lendemain, un autre verdict a exigé du
mensuel « Economie & Entreprises », le payement de 5,9 millions de dirhams
(environ 550.000 euros) à l'entreprise de fabrication de meubles, Primarios,
pour diffamation.
La Fédération marocaine des éditeurs de journaux (FMEJ), s'était alors soulevée
contre ce qu'elle a qualifié d'« escalade judiciaire aveugle » contre la presse.
La FMEJ a aussi indiqué « une vraie radicalisation de la politique judiciaire,
se traduisant chaque fois par une augmentation des amendes, qui ne vise pas une
réparation morale, mais la fermeture de journaux ».
S'en est suivi l'affaire du sondage sur la décennie de règne de Mohammed VI. Il
n'y a certes pas eu d'actions en justice mais seulement une saisie et une
interdiction de diffusion. Les hebdomadaires TelQuel et Nichane ont effectué un
sondage en partenariat avec Le Monde sur le bilan des 10 premières années du
règne du roi Mohammed VI. La publication du sondage leur a valu la saisie des
numéros, suivie d'une interdiction de distribution du quotidien français Le
Monde.
Au Maroc, « la monarchie ne peut faire l'objet d'un débat même par voie de
sondage », a rétorqué le ministère de la Communication.
Quelques semaines après, en fin août, Mohammed VI a été placé en convalescence
pour cinq jours en raison d'une « infection » ne présentant « aucune inquiétude
sur sa santé », d'après un communiqué de maison du protocole. Certains journaux
(Al Jarida Al Oula, Al Ayam et Al Michaâl) ont commenté cette « retraite » du
monarque à leur façon. Ils ont alors été poursuivis pour avoir publiés une «
fausse information ».
Résultat : le 15 octobre, Driss Chahtane, directeur de publication du journal
Al-Michaâl, a été condamné à un an de prison ferme par le tribunal de première
instance de Rabat. Ses co-accusés, deux journalistes de sa rédaction, Rachid
Mahamid et Mustapha Hayrane ont écopé de trois mois de prison ferme.
Le 26 octobre, c'était au tour d'Al Jarida Al Oula. Ali Anouzla, directeur du
quotidien, a été condamné par le même tribunal à un an de prison avec sursis
plus une amende de 10.000 dirhams (environ 885 euros). La journaliste Bouchra
Eddou, poursuivie pour complicité dans la même affaire, a écopé de trois mois
d'emprisonnement avec sursis et de 5.000 dirhams (455 euros).
La famille royale est encore concernée par la dernière affaire en date. En fin
septembre, à la suite du mariage du prince Moulay Ismaïl, le quotidien Akhbar Al
Youm a publié une caricature qui portait « atteinte au respect dû à un membre de
la famille royale » selon le ministère de l'Intérieur. L'édition incriminée a
été saisie, le journal poursuivi en justice et ses locaux ont été fermés. Le
verdict du procès intenté contre Taoufik Bouachrine et Khalid Gueddar,
respectivement directeur et caricaturiste d'Akhbar Al Youm, est attendu le 30
octobre.
Ces événements ont sans doute beaucoup contribué à la chute (127e sur 175 pays)
du Maroc dans le classement 2009 de la liberté de la presse dans le monde de
Reporters Sans Frontières (RSF). Le 27 octobre, lors d'une conférence de presse
improvisée à Casablanca, le secrétaire général de RSF, Jean-François Julliard, a
estimé d'après l'AFP, qu'il y avait une « vraie dégradation de la liberté de la
presse » au Maroc. Il y a annoncé son intention de saisir la secrétaire d'Etat
américaine, Hillary Clinton, pour qu'elle évoque la question lors de son futur
passage au Maroc. L'ex-first lady américaine sera à Marrakech la semaine pour
participer au Forum de l'Avenir, les 2 et 3 novembre.
Ibrahima Koné
Copyright Yabiladi.com
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http://www.rsf.org/Conference-de-presse-de-Reporters,34838.html
Conférence de presse de Reporters sans frontières à Casablanca en solidarité
avec la presse marocaine
Publié le 27 octobre 2009
Reporters sans frontières a tenu, aujourd'hui, une conférence de presse à
Casablanca. Malgré l'autorisation expresse du ministre de la Communication,
Khalid Naciri, la conférence de presse n'a pu se tenir dans une salle de l'hôtel
Royal Al-Mansour, comme prévu. La conférence s'est donc déroulée de manière
improvisée dans le hall de l'hôtel en présence de nombreux journalistes
marocains et étrangers.
"Reporters sans frontières est venue exprimer son soutien aux journalistes
marocains qui subissent aujourd'hui une avalanche de procès et manifester sa
solidarité avec Idriss Chahtane, directeur de publication du journal Al-Michaal,
aujourd'hui en prison. Le fait que cette conférence n'ait pas pu se dérouler
normalement montre bien les crispations des autorités et l'aspect sensible de
cette situation. En effet, le ministre de la Communication s'est estimé floué
par le dernier classement mondial de Reporters sans frontières et par ses
communiqués de presse. Il n'a pas voulu nous recevoir", a déclaré Jean-François
Julliard, secrétaire général de Reporters sans frontières.
Avant d'ajouter : "Malgré ces tensions, notre organisation est prête à proposer
des solutions pour une réforme du code de la presse, grâce à la mobilisation du
pôle juridique récemment constitué par Reporters sans frontières. Nous
mobiliserons notre réseau d'avocats en faveur des journalistes marocains, en
France, en Europe et ailleurs pour assister aux procès et défendre les
professionnels des médias condamnés. Nous comptons saisir officiellement Hillary
Clinton avant sa première visite officielle au Maroc, au Forum pour l'Avenir à
Marrakech, les 2 et 3 novembre, pour évoquer les difficultés et le manque de
pluralisme de l'information au Maroc."
Mis en place par l'administration américaine précédente en 2004, le Forum pour
l'Avenir a pour objectif de promouvoir la "démocratisation" dans la région
"Grand Moyen-Orient".
Dans la foulée, Jean-François Julliard a rencontré des journalistes et des
responsables de médias touchés par la récente vague de procès et de sanctions.
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http://www.lesechos.fr/depeches/medias/afp_00195912-rsf-degradation-de-la-libert\
e-de-la-presse-au-maroc-hillary-clinton-saisie.htm
RSF: "dégradation de la liberté de la presse au Maroc", Clinton saisie
[ 27/10/09 - 17H51 - AFP ]
Reporters sans frontières (RSF) a estimé mardi qu'il y avait une "vraie
dégradation de la liberté de la presse" au Maroc et annoncé son intention de
saisir la secrétaire d'Etat Hillary Clinton de la situation.
"A notre avis, il y a un vrai durcissement, une vraie dégradation de la liberté
de la presse au Maroc", a déclaré à Casablanca le secrétaire général de RSF,
Jean-François Julliard, lors d'une conférence de presse.
"On a récemment rendu public notre classement mondial de la liberté de la presse
et le Maroc figure en 127ème position sur 175, a-t-il ajouté. C'est mieux que
les pays voisins mais cela place le Maroc dans une position qui n'est pas digne
d'un Etat démocratique".
M. Julliard a indiqué être venu au Maroc pour "exprimer (la) solidarité (de RSF)
avec la presse marocaine, avec les médias marocains, avec les journalistes
marocains" condamnés ces derniers mois par des tribunaux du royaume.
"On pensait en avoir fini avec les journalistes en prison au Maroc...
Visiblement ce n'est pas le cas, a-t-il poursuivi, et la liste commence à être
longue des journalistes qui ont été emprisonnés au Maroc".
© AFP - Abdelhak Senna
Selon RSF, "depuis l'accession au pouvoir de Mohammed VI (ndlr: il y a dix ans),
les journalistes marocains ont été condamnés en tout à près de 28 ans de
prison", ferme ou avec sursis.
"Les médias marocains, au cours de ces dix ans, ont été condamnés à plus de 2
millions d'euros d'amende", a-t-il poursuivi. "Le montant des amendes
exorbitantes qui sont prononcées (...) risque, demain, si rien n'est fait, de
contraindre des médias à fermer (...) et du coup d'appauvrir le pluralisme de
l'information au Maroc."
M. Julliard a offert aux médias marocains l'aide de RSF en matière juridique:
"Si vous avez besoin d'avocats, si vous avez besoin de soutien à l'occasion de
procès, on est là", a-t-il dit.
Il a également annoncé que RSF allait, à Washington, "saisir officiellement
Hillary Clinton, qui va venir la semaine prochaine au Maroc (à l'occasion du
Forum du futur à Marrakech, les 2 et 3 novembre), pour qu'elle parle de cette
question de la liberté de la presse, pour qu'elle évoque les difficultés et le
manque de pluralisme de l'information aujourd'hui au Maroc".
"On fera passer ce message aux autorités américaines et on espère qu'elle fera
ce qu'elle a fait en d'autres occasions, qu'elle fera passer ce message là aux
autorités marocaines", a-t-il dit.
M. Julliard a souligné qu'il était venu au Maroc avec le désir "de renouer le
dialogue avec les autorités marocaines", pour "formuler des propositions
concrètes concernant la réforme nécessaire du code de la presse, qui nous paraît
aujourd'hui un peu archaïque, un peu dépassé".
Il a précisé être entré en contact avec le ministre de la Communication, Khalid
Naciri, mais que ce dernier avait décliné un entretien.
Plusieurs condamnations et amendes, parfois très lourdes, ont été prononcées
récemment contre des journalistes et des médias marocains tandis que des
journaux étrangers (Le Monde, El Pais, notamment) ont été interdits de
distribution au Maroc.
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http://www.rfi.fr/actufr/articles/118/article_85993.asp
Procès en série contre la presse
par RFI
Article publié le 26/10/2009 Dernière mise à jour le 26/10/2009 à 04:49 TU
La presse vit des jours difficiles dans le royaume du Maroc. Ces dernières
semaines, les atteintes à la liberté d'expression s'accumulent. Journalistes
condamnés à des peines de prison, hebdomadaires saisis, journaux étrangers
interdits, les exemples sont nombreux. Dernier en date, le blocage de la
distribution du journal Le Monde vendredi pour cause de publication d'une
caricature de la famille royale. Deux journalistes d'un quotidien arabophone
sont également poursuivis pour publication de fausses informations sur la santé
du roi. Le verdict est attendu ce lundi.
Imprimer l'articleEnvoyer l'articleRéagir à l'article
Ce dimanche soir, trois hommes bloquaient toujours l'entrée de la rédaction
d'Akhbar el Youm. Depuis quatre semaines une dizaine de policiers en civil
interdit l'accès au troisième journal le plus lu du pays.
La raison ? Le quotidien est poursuivi pour avoir publié une caricature jugée
diffamatoire. Sur le dessin, le cousin du roi Mohammed VI se tient devant le
drapeau du Maroc. Et l'étoile marocaine à 5 branches en partie dissimulée aurait
été remplacée par une étoile de David, selon le procureur du roi.
Résultat : le dessinateur (Khalid Gueddar), et le directeur du journal, (Taoufik
Bouachrine) risquent tous deux une peine de 3 à 5 ans de prison pour outrage au
drapeau national.
L'autre verdict attendu aujourd'hui est celui d'Al Jarida al Oula, le 2e journal
le plus lu au Maroc. Cette fois c'est une enquête sur l'état de santé du roi
qui leur vaut des poursuites. Le directeur et un journaliste sont accusés de
publication de fausses informations. Ils risquent entre 3 mois et 1 an de
prison.
Mais ici, beaucoup s'attendent déjà à un verdict sévère. Il y a 10 jours, le
directeur d'un autre quotidien a été condamné à un an de prison ferme et 885
euros d'amende pour exactement les mêmes faits.
Autant d'affaires qui révèlent les limites voir un recul de la liberté
d'expression au Maroc.
Ce recul est d'ailleurs mesuré par le classement de Reporters sans frontière,
publié la semaine dernière : le Maroc a perdu 5 places dans le ranking en
chutant à la 127e place sur 175 pays. L'association s'inquiète de ces procès
répétés contre des journalistes et prévoit de donner une conférence de presse ce
lundi au Maroc.
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http://www.elwatan.com/?page=article_print&id_article=141231
Atteinte à la liberté de la presse au Maroc
Plusieurs organisations internationales condamnent
L'actualité des atteintes contre la liberté de la presse est jalonnée de
péripéties dont les journalistes en paient en premier les frais.
La dernière actualité en date concerne le Maroc et au sujet duquel 31 membres de
l'IFEX et 24 organisations ont condamné l'offensive contre la liberté de la
presse dans ce pays et qui s'est traduite par « les arrestations et le
harcèlement incessant contre les journalistes et la presse indépendante ». Dans
un communiqué rendu public le 23 du mois en cours, l'IFEX qui est un réseau
international de défense de la liberté d'expression, appelle « le gouvernement
marocain à cesser sa campagne contre la liberté de la presse, la plus violente
qu'ait connu le royaume depuis l'accession du souverain Mohammed VI au pouvoir
en 1999 ». Et d'étayer son jugement par l'interdiction de publication au début
du mois d'août dernier de l'hebdomadaire indépendant francophone Tel Quel et sa
version arabophone Nichane, et ce, pour avoir publié un sondage « sur la
gouvernance de Mohammed VI, jugé outrageant pour le souverain et contraire aux
bonnes mœurs ». Le ministère marocain de l'Intérieur a procédé à la fermeture
des locaux du quotidien indépendant arabophone Akhbar Al Youm sans décision de
justice.
Taoufik Bouachrine, directeur de la publication et le caricaturiste Khaled
Keddar ont été poursuivis en justice à la suite de la publication d'une
caricature qui constitue, selon le ministère de l'Intérieur, « une atteinte au
respect dû à un membre de la famille royale ». Le 15 octobre de l'année en
cours, le tribunal de première instance de Rabat a prononcé une condamnation
d'une année de prison ferme contre Driss Chahtane, directeur de l'hebdomadaire
arabophone Al Michaâl. Le motif qui a mené à cette sentence a été la publication
d'articles touchant à la santé du roi Mohammed VI. Le directeur d'Al Michaâl a
été arrêté suite à l'énoncé du verdict, sans même attendre la procédure d'appel.
Deux journalistes, ont été condamnés à des peines de trois mois de prison avec
sursis et à verser une amende de 5000 dirhams soit près de 700 dollars. Ali
Anouzla, directeur du quotidien Al Jarida Al Oula et la journaliste Bouchera
Edaou du même journal, ont été traduits à leur tour en justice le 26 octobre
pour publication de fausses informations concernant la santé du souverain
alaouite. « Ces procès qui ciblent, essentiellement, la presse indépendante,
constituent une régression grave de la liberté de la presse au Maroc », indique
le communiqué de l'IFEX qui a été signé par plusieurs organisations
internationales.
Par Nadjia Bouaricha
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http://www.elkhabar.com/quotidienFrEn/?ida=179740&idc=130
Des organisations internationales appellent le Maroc à "cesser" sa campagne
contre la liberté de la presse
NEW YORK - Un appel a été lancé par plusieurs organisations arabes et
internationales de défense de la liberté de la presse et de la liberté
d'expression au gouvernement marocain pour "cesser sa campagne contre la liberté
de la presse", suite à la fermeture de plusieurs publications et la condamnation
de journalistes à des peines de prison. Selon International freedom of
expression exchange (IFEX, Expression internationale de la liberté
d'expression), les organisations signataires de cet appel ont ainsi entrepris
une "action commune", pour "dénoncer les arrestations et le harcèlement
incessants contre les journalistes et la presse indépendante" dans le royaume,
est-il mentionné dans une lettre adressée au gouvernement marocain.
26-10-2009
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http://www.lemonde.fr/afrique/article/2009/10/22/au-maroc-plusieurs-journaux-son\
t-victimes-d-une-reprise-en-main-par-le-pouvoir_1257354_3212.html
Au Maroc, plusieurs journaux sont victimes d'une reprise en main par le pouvoir
LE MONDE | 22.10.09 | 14h29 • Mis à jour le 22.10.09 | 14h29
Du huitième étage d'un immeuble moderne, à deux pas du centre-ville de
Casablanca, les locaux d'Akbar Al Youm sont sous scellés depuis le 28 septembre.
Et, depuis, des dizaines de policiers campent à l'entrée du journal. "Ils sont
arrivés sans mandat, et ils ont fait évacuer tout le monde très vite, sans la
moindre explication. C'est du jamais-vu depuis cinquante ans au Maroc", raconte
Taoufik Bouachrine, le rédacteur en chef d'un journal devenu, huit mois après sa
création, le 3e quotidien en langue arabe du royaume.
L'explication est venue plus tard. Le journal, qui compte près de 70 salariés,
est poursuivi pour avoir publié dans son édition du 26-27 septembre un dessin
inspiré par le mariage de Moulay Ismaïl, un cousin du roi Mohammed VI. Figurait
en arrière-plan le drapeau du Maroc, dont l'étoile chérifienne à cinq branches,
en partie masquée, suggérait, selon le gouvernement, une étoile de David. D'où
des accusations d'antisémitisme et une plainte du ministère de l'intérieur à
l'encontre du dessinateur, Khalid Gueddar, et de M. Bouachrine, pour "outrage au
drapeau national" - délit passible de trois à cinq ans de prison. Le cousin du
roi a également porté plainte pour "manquement au respect dû à la famille
royale". Malgré les excuses présentées par M. Bouachrine, le prince réclame 3
millions de dirhams (270 000 euros) au titre des dommages et intérêts. L'affaire
devait être plaidée vendredi 23 octobre devant le tribunal d'instance de
Casablanca.
Si le directeur d'Akbar Al Youm (peu soutenu par la classe politique) pense
qu'on veut faire taire un "quotidien indépendant sur le plan éditorial", le
dessinateur est convaincu que c'est lui qui est dans le collimateur de la
justice. "Mon dessin, dit Khalid Gueddar, n'était ni antisémite ni méchant, mais
c'est la première fois qu'un journal osait publier la caricature d'un membre de
la famille royale. C'est encore un tabou dans notre pays."
Un autre facteur a sans doute pesé : Khalid Gueddar publie régulièrement sur le
site Internet Bakchich une bande dessinée titrée "M6, le roi qui ne voulait plus
être roi". Sans être malveillantes, les planches donnent du monarque une image
éloignée de celle véhiculée par le Palais royal.
Le quotidien arabophone n'est pas le seul dans le collimateur de la justice. Le
16 octobre, un huissier s'est présenté au siège du Journal hebdo (le magazine
phare de la fin des années Hassan II), et, fort d'un arrêt de la Cour suprême
condamnant le journal à verser 250 000 euros, a annoncé la saisie de ses
comptes. La plainte à l'origine de la condamnation émane du directeur d'un
centre d'études belge. Claude Moniquet, en 2005, s'était estimé diffamé après la
publication d'articles mettant en cause son impartialité sur le dossier du
Sahara occidental. "Le procureur du roi, et donc le ministère de la justice, se
cachent derrière le plaignant. Le gouvernement veut notre mort", affirme
Aboubakeur Jamaï, l'un des fondateurs du Journal.
Dernière condamnation récente, celle qui a frappé le directeur du quotidien Al
Michaal. Pour avoir commenté les ennuis de santé du souverain - rendus publics
par le Palais royal -, Driss Chahtane a été condamné, le 15 octobre, à une peine
d'une année de prison.
Début juin, le ministre de la communication, Khalid Naciri, avait dénoncé dans
le quotidien Le Matin, une "presse nihiliste (qui) réclame le droit de bousculer
toutes les sacralités". "Cela ne peut continuer", avait-il prévenu.
Jean-Pierre Tuquoi
Article paru dans l'édition du 23.10.09
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http://www.bakchich.info/La-liberte-de-la-presse-bafouee-au,08998.html
http://www.africatime.com/maroc/nouvelle.asp?no_nouvelle=485416&no_categorie=
La liberté de la presse bafouée au Maroc
RÉPRESSION / lundi 19 octobre par CATHERINE GRACIET
Le caricaturiste de Bakchich Khalid Gueddar sera jugé au Maroc vendredi pour un
dessin représentant le prince Moulay Ismaïl. Il risque entre 3 et 5 ans de
prison. Un épisode qui s'inscrit dans une vague de muselage de la presse.
Le caricaturiste de Bakchich Khalid Gueddar sera jugé vendredi 23 octobre pour «
outrage à l'emblème du royaume », en l'occurrence le drapeau marocain, et pour «
manquement au respect dû à la famille royale ». Initialement prévu lundi 19, le
premier procès vient d'être reporté de quatre jours.
La cause de ce harcèlement judiciaire sans précédent : un dessin paru dans le
quotidien Akhbar Al-Youm qui représente le cousin du roi Moulay Ismaïl sur fond
de drapeau marocain.
Le directeur de ce quotidien, Taoufiq Bouachrine, sera également jugé aux côtés
de Khalid Gueddar. Les deux hommes risquent entre trois et cinq ans de prison.
Pour un dessin ! Une peine privative de liberté doublée d'un risque de faillite
personnelle puisque le prince Moulay Ismaïl réclame des dommages et intérêts «
évalués à trois millions de dirhams ». Soit 270 000 euros. Soit 83 ans de
salaire moyen marocain.
NOUS SAVONS…
Mais à Bakchich, nous ne sommes pas dupes. Nous savons pertinemment que le
Palais royal fait payer à Khalid Gueddar la BD sur le roi Mohammed VI qu'il a
publié sur notre site web. « M6, le roi qui ne voulait plus être roi ». Jet-ski,
boîtes de nuit, virées shopping à Paris, c'est un Mohammed VI haut en couleur et
attachant que Khalid caricaturait avec le talent qu'on lui connaît. Ce crime de
lèse-majesté risque de lui coûter cher.
L'interrogatoire fleuve que lui a infligé la DST marocaine à la fin septembre
trahit le vrai motif des poursuites contre Khalid : la moitié des questions
portait sur Bakchich, ses fondateurs, ses journalistes, ses actionnaires, sa BD
royale. Autant de réponses qui figurent sur notre site web…
Se connecter de temps à autre sur Bakchich.info permettrait d'apaiser quelques
doutes et de ménager bien des susceptibilités. Khalid Gueddar ne s'acharne pas
sur Mohammed VI. Le président algérien Abdelaziz Bouteflika, le président
tunisien Zine el Abidine Ben Ali, les présidents américains George W. Bush et
Barack Obama, la chancelière allemande Angela Merkel, la reine d'Angleterre
Elizabeth II, pour ne citer qu'eux, sont également caricaturés par le même
Khalid.
LE MAROC, UN ROYAUME EN RÉGRESSION
Hélas les procès contre Gueddar et Bouachrine ne sont qu'un épisode parmi
d'autres. Tous s'inscrivent dans une vague de muselage sans précédent de la
presse depuis l'avènement de Mohammed VI sur le trône alaouite en 1999. Drôle de
façon d'inaugurer la seconde décennie de son règne.
Depuis la semaine dernière, le Maroc ne peut plus se vanter de n'avoir ni
journaliste embastillé ni prisonnier d'opinion. Sans parler du fait que le grand
argentier de sa majesté et glouton porte-monnaie royal, Mounir Majidi, en
profite pour faire main basse sur les distributeurs de journaux…
Khalid Gueddar n'est pas le seul journaliste à être victime de répression. Loin
de là. Le 15 octobre, le directeur du journal Al-Michaal, Driss Chahtane, a été
condamné à un an de prison ferme. Les deux journalistes Rachid Mahamid et
Mustapha Hayran à trois mois fermes. Leurs crimes ? Avoir commenté un communiqué
du Palais royal indiquant que le roi serait absent quelques jours pour raison
médicale. En l'occurrence à cause d'une « infection à rotarovirus », un terme
que tout journaliste digne de ce nom se doit d'expliquer à ses lecteurs.
Le directeur du journal Al-Jarida Al-Oula, Ali Anouzla, risque également gros. A
cause aussi d'un article sur la santé de Mohammed VI, il est accusé du « délit
de publication, avec mauvaise intention, de fausses informations, d'allégations
et de faits mensongers ».
Autre titre de presse, autre punition. En fin de semaine dernière, les comptes
bancaires du Journal Hebdomadaire ont été saisis. Le pêché de ce titre phare de
la presse francophone ? Avoir été définitivement condamné le 30 septembre
dernier par la Cour suprême du Maroc à 250 000 euros d'amende pour un article de
2005 mettant en cause l'objectivité d'un rapport d'un obscur centre de
recherches belge sur le conflit du Sahara occidental. Le Journal Hebdomadaire
était à l'époque dirigé par Aboubakr Jamaï qui avait préféré s'exiler aux
Etats-Unis pour sauver la publication. Mais ce grand éditorialiste qui n'hésite
pas à fouetter de sa plume le roi et son shadow cabinet reprend du service dans
le Journal…
SONDAGE INTERDIT
On peut aussi citer les malheurs, cet été, des hebdomadaires Tel Quel et de son
pendant en arabe Nichane. Tous les exemplaires de leur dernier numéro avant la
période estivale ont été saisis et détruits par le ministère de l'Intérieur. Ils
ont eu l'outrecuidance de publier en partenariat avec le quotidien français Le
Monde un sondage sur la personne du roi. Un sondage dithyrambique pour Mohammed
VI puisque 91 % des Marocains le plébiscitaient.
Mais son trône de droit divin, sa personne et sa royale famille demeurent des
lignes rouges absolues. Khalid Gueddar risque d'aller en prison pour avoir
essayé de les faire reculer avec des dessins.
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http://www.rsf.org/Rassemblement-devant-l-ambassade.html
Rassemblement devant l'ambassade du Maroc à Paris pour la liberté de la presse
Publié le 22 octobre 2009
15 octobre 2009 - Santé du roi : les journalistes d'Al-Michaal Hebdo condamnés à
de la prison ferme
http://www.rsf.org/Sante-du-roi-les-journalistes-d-Al.html
12 octobre 2009 - Ouverture du procès contre Akhbar Al-Youm pour une caricature
http://www.rsf.org/Ouverture-du-proces-contre-Akhbar.html
8 septembre 2009 - Nouvelles convocations et comparution d'Ali Anouzla et de
Bouchra Edaou le 29 septembre
http://www.rsf.org/La-sante-du-roi-un-sujet-tabou.html
Reporters sans frontières et le site d'informations Bakchich ont organisé
aujourd'hui, 22 octobre 2009, un rassemblement devant l'ambassade du Maroc à
Paris afin d'exprimer leur soutien aux journalistes marocains, victimes depuis
plusieurs semaines d'une avalanche de plaintes et de sanctions. Les verdicts
disproportionnés tombent et menacent gravement le pluralisme au sein de la
presse marocaine.
« Ce rassemblement est une réaction face aux procès en série et aux
condamnations disproportionnées qui frappent la presse privée. On assiste à une
véritable crispation sur les `lignes rouges', qui menace la liberté de la presse
au Maroc. Depuis quelques semaines, des bureaux de rédaction sont fermés, des
journalistes emprisonnés ou contraints de payer des amendes de plusieurs
centaines de milliers d'euros. Ce harcèlement, visiblement orchestré par le
Palais, doit cesser. Si le Journal Hebdomadaire, Akhbar Al-Youm ou Al-Michaal
devaient disparaître en raison des amendes exorbitantes prononcées par la
justice, il s'agirait d'un retour en arrière gravissime », a déclaré
l'organisation.
A l'issue du rassemblement, deux journalistes de Bakchich et une représentante
de Reporters sans frontières ont été reçues par trois conseillers de son
Excellence l'ambassadeur du Maroc en France. Au cours de cette entrevue, elles
ont pu exprimer leur inquiétude face à la récente multiplication des procès et
des condamnations de journalistes à des peines de prison et à des amendes
exhorbitantes. Les conseillers se sont engagés à transmettre ces doléances à
Rabat.
Demain, 23 octobre, le journal Akhbar Al-Youm sera au centre de deux procès
suite à la publication d'une caricature dans son édition du 26-27 septembre.
Taoufiq Bouachrine, directeur de publication, et Khalid Gueddar, caricaturiste,
sont poursuivis par le ministère de l'Intérieur pour "atteinte à l'emblème du
royaume". Le même jour, les deux journalistes seront jugés pour "non-respect dû
à un membre de la famille royale" suite à une plainte déposée par Moulay Ismaïl,
sujet de la caricature. Ce dernier, cousin du roi, réclame 266 000 euros de
dommages et intérêts. Les bureaux de la rédaction à Casablanca sont toujours
sous scellés et gardés par la police.
Le 26 octobre, le tribunal de Rabat rendra son verdict dans le procès intenté
contre Ali Anouzla, directeur du quotidien Al-Jarida Al-Oula, et la journaliste
Bouchra Eddou, accusés de "délit de publication, avec mauvaise intention, de
fausses informations, d'allégations et de faits mensongers", suite à la
publication d'un article le 27 août dernier qui contredisait le bulletin de
santé officiel du roi. Le journal évoquait l'utilisation de cortisone par
Mohammed VI pour soigner son asthme.
Suite à une condamnation par la Cour suprême, le 30 septembre, la rédaction du
Journal Hebdomadaire, l'une des seules publications indépendantes du royaume, a
été condamnée à payer, le 18 octobre, une amende de 250 000 euros de dommages et
intérêts pour "diffamation" dans le cadre d'un procès datant de 2006. Le
paiement de cette somme constitue un danger pour la survie de cette publication.
Le 15 octobre 2009, après un procès sans défense, Idriss Chahtane du journal
Al-Michaal, a été condamné à un an de prison ferme par le tribunal de Rabat. Les
deux autres journalistes accusés, Rachid Mahamid et Mustapha Hayrane, se sont vu
infliger des peines de trois mois de prison ferme. Tous les trois doivent payer
des dommages et intérêts de plusieurs milliers de dirhams. Le soir même, Idriss
Chahtane a été arrêté et incarcéré. L'article en question portait également sur
la santé du roi.
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http://www.telquel-online.com/392/edito_392.shtml
Ce n'est pas une guerre, c'est un massacre
Par Ahmed R. Benchemsi
L'Etat a pour lui sa force colossale et ses moyens illimités. Les journalistes
n'ont que leurs plumes et leurs gosiers, éraillés à force de hurler à la mort.
Pour la 4ème fois en un mois, cet éditorial est consacré à la presse. Je
comprends, chers lecteurs, que cela puisse vous lasser, voire vous agacer – et
je m'en excuse. Mais il y a nécessité, il y a danger, il y a urgence. Ce qui se
passe est grave, très grave, et remet en cause tout l'avenir démocratique de
notre pays.
Les attaques contre la liberté de la presse se succèdent à un rythme infernal –
un rythme jamais atteint depuis 10 ans, une escalade effrayante que rien ne
semble pouvoir enrayer. Amendes judiciaires ahurissantes valant condamnations à
mort pour 3 quotidiens et un mensuel, saisie et destruction illégales de deux
hebdomadaires dans leur imprimerie, féroce harcèlement policier pour 12
journalistes (plus de 300 heures d'interrogatoires cumulées en moins de 20 jours
!), manœuvres capitalistiques hautement inquiétantes du premier cercle royal en
vue, d'une part, de contrôler le circuit de distribution de la presse, d'autre
part, de réorienter toute la publicité étatique et para-étatique vers une
poignée de supports nouvellement créés, rachetés et/ou domestiqués par le
Pouvoir… Tout cela en moins de 3 mois !!!
La dernière attaque dépasse toute mesure, défie tout entendement. Parce qu'il a
publié un dessin figurant le prince Moulay Ismaïl en posture de jeune marié, sur
fond de drapeau rouge à étoile verte (le ministère de l'Intérieur y a vu une
étoile de David et donc une "allusion antisémite" – contre qui et pour signifier
quoi, mon Dieu ?!)… le journal Akhbar Al Youm a été tout simplement… fermé !!
Lundi 28 septembre, une vingtaine de policiers ont envahi ses locaux, évacué son
personnel, saisi ses archives, scellé sa porte et mis sous séquestre son compte
bancaire ! Résultat : le quotidien n'a pas pu paraître depuis mardi dernier. Qui
sait s'il n'est pas définitivement mort. Tout cela a duré quelques minutes à
peine, sans procès et – c'est le plus scandaleux – sans la moindre volonté de
justification, écrite ou orale, des autorités. Ce qui aurait de toute façon été
impossible puisque rien, absolument rien dans la loi, tous codes confondus, ne
justifie une telle aberration. Jamais on n'avait vu ça, même pendant les pires
années de plomb.
S'il subsistait le moindre doute, il est désormais balayé : une guerre ouverte
oppose le Pouvoir marocain à la presse indépendante. Du moins, c'est ainsi qu'on
voit les choses du côté du Palais royal. Mais une guerre suppose deux
belligérants, disposant de forces plus ou moins équivalentes. C'est très loin
d'être le cas. Il s'agit plutôt d'un conflit outrageusement dissymétrique :
alors qu'une partie a pour elle l'Etat, sa force colossale et ses moyens
illimités, tout en ne s'embarrassant du respect d'aucune loi, l'autre partie n'a
pour se défendre que ses plumes et ses gosiers éraillés à force de hurler à la
mort. Une partie attaque, harcèle, ruine, saisit et détruit. L'autre ne peut
qu'assister, bouche bée, à sa propre exécution. Non, ce n'est pas une guerre.
C'est un massacre unilatéral.
On pourrait encore rappeler le Pouvoir à la raison. Mais plus l'escalade se
poursuit, plus on sombre dans l'arbitraire et l'ubuesque, moins la voix de la
raison est audible. A ce stade, il ne reste plus qu'une chose à dire : Messieurs
du Pouvoir, faites donc ce qu'il vous plaira, puisque rien ne semble pouvoir
vous freiner. Tuez tout ce qui reste de presse libre dans ce pays, exécutez-nous
les uns après les autres, si tel est votre bon plaisir. Le Maroc, ses grands
chantiers économiques et son petit théâtre politique, continueront à tourner.
Mais sans presse libre. C'est-à-dire sans l'unique contre-pouvoir qui
fonctionnait plus ou moins correctement dans ce pays. C'est la voie assurée vers
toutes les régressions, toutes les dérives.
Pour l'instant, seuls les journalistes sont concernés, c'est pourquoi je n'ose
employer le mot dictature. Pas encore. Mais si le champ de la répression
s'élargit – ce qui est inévitable, si l'escalade continue à ce rythme – c'est
bien là que nous irons. Sûrement, et même pas lentement. Peut-être, finalement,
que le Pouvoir est prêt à l'assumer. C'est son choix, et nous n'y pouvons rien.
Sinon espérer que tout cela n'est qu'un mauvais rêve, et que nous finirons par
nous réveiller. Vu ce qui se passe, oui, cet espoir semble insensé. Mais à quoi
d'autre pourrions-nous encore nous raccrocher ?
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http://www.libe.ma/Respectons-la-deontologie_a6133.html
Respectons la déontologie
La nouvelle est tombée comme un couperet. Le directeur de l'hebdomadaire « Al
Michâal », Idriss Chahtane, a été condamné jeudi à un an de prison ferme et à
une amende de 10.000 DH par Le tribunal de première instance de Rabat qui a
également décidé sa mise sous écrou conformément aux dispositions de l'article
392 du Code de procédure pénale. La même juridiction a, par ailleurs, prononcé
des peines de trois mois de prison ferme à l'encontre des journalistes Rachid
Mhamid et Mustapha Hirane, assorties d'amendes de 5.000 DH chacun.
Faisant partie du long chapelet de condamnations qui ont égrené la vie des
publications de presse depuis l'aube du XXIème siècle, ces jugements rappellent
que le ver est dans le fruit depuis fort longtemps même si personne ne s'en
émeut outre mesure et que nul ne veut prendre le taureau par les cornes.
Quelques remarques préliminaires s'imposent à nous à ce propos.
Partout dans le monde, il existe des lois pour réprimer les délits d'expression.
Il y a existence aussi de chartes déontologiques qui définissent les droits et
les devoirs des journalistes et d'autres documents qui délimitent les
responsabilités de leurs employeurs.
Au Maroc, il n'en est rien. Ou presque.
Sous couvert de la défense de la liberté de la presse, l'amalgame entre ces deux
catégories socioprofessionnelles a été, en effet, intentionnellement cultivé.
Aussi, devons-nous rappeler que les procès intentés à la presse depuis l'an 2000
l'ont été contre des écrits commandités ou dûment signés par des patrons de
presse. Qu'en conclure, si ce n'est que la pratique professionnelle a été
tellement pervertie qu'il y a actuellement une telle prolifération de titres que
cela tarit, à vue d'œil, les sources de financement d'un secteur qui reflète
certes nos ambitions communes à davantage de démocratie, de liberté et de
progrès, mais dont le modèle économique est actuellement en perte de vitesse
partout à travers le monde.
De cette situation, tous les intervenants sont responsables. Y compris le
syndicat des journalistes. L'Etat est certes interpellé davantage dans le cas
d'espèce. C'est, en fait, lui qui donne « agrément » à n'importe qui de faire
n'importe quoi dans le plus total irrespect des lois sur la Constitution et le
fonctionnement des sociétés anonymes ou à responsabilité limitée. Il participe
également au pourrissement de la situation en permettant à des instituts de
faire accroire aux jeunes que des enseignants qui ont la licence peuvent les
former et leur délivrer des peaux d'âne qui équivalent au master.
Outre qu'il a toujours été très peu regardant sur le respect par les journaux et
autres périodiques nationaux des lois sociales en vigueur, l'Etat porte aussi la
responsabilité dans ce qui est advenu de la presse nationale. En effet, il fait
mine de ne pas savoir que des journaux existent dans notre pays depuis l'aube du
siècle dernier, que des journalistes d'antan avaient intégré dans leur pratique
quotidienne les dispositions de la Charte des devoirs professionnels des
journalistes telle qu'elle avait été formulée dès 1918 et que d'autres
continuent à respecter celles de la Déclaration des devoirs et des droits des
journalistes qui a été adoptée en 1971 à Munich, par diverses organisations
internationales de journalistes.
De fait, n'importe quel journaliste qui aurait été formé aux rudiments de base
de l'exercice professionnel et qui aurait respecté les principes déontologiques
les plus élémentaires aurait su que pour prendre le contre-pied d'une
information avérée ou officielle, il ne peut recourir qu'à une source du même
acabit, sinon il tomberait dans le travers des supputations, des allégations et,
parfois, de la diffamation. Et là, il ne s'agit plus de journalisme, mais de
tout à fait autre chose.
Samedi 17 Octobre 2009
Ahmed SAAIDI
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1.3.1.1. PROHIBITION DES CARICATURES
http://www.telquel-online.com/396/lessentiel_396.shtml
Entrée interdite
Après le journal français Le Monde, c'était au tour du quotidien espagnol El
Pais d'être interdit de distribution au Maroc le 25 octobre. Des officiels ont
notamment reproché au quotidien d'avoir "attenté à l'institution monarchique" en
publiant des caricatures de membres de la famille royale. Le quotidien espagnol
a déjà reçu le soutien de la Fédération espagnole des journalistes, qui a jugé
"lamentable que le ministère de la Communication opte pour la censure".
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http://www.yabiladi.com/article-politique-1851.html
Maroc : Après Le Monde, interdiction du journal El Pais
Publié le 26.10.2009 | 23h25
Le quotidien espagnol El Pais a annoncé lundi que sa distribution avait été
bloquée dimanche au Maroc pour avoir publié des caricatures de la famille royale
marocaine, une mesure qui avait déjà frappé la semaine dernière son confrère
français Le Monde.
"L'édition de ce quotidien repren(ait) une caricature diffamatoire diffusée
récemment. Il a été bloqué à l'aéroport de Casablanca", a confirmé à l'AFP une
source officielle marocaine.
"Le Maroc est un royaume démocratique, comme le royaume d'Espagne. Il ne peut
tolérer la diffamation de ses institutions", a ajouté ce responsable sous
couvert de l'anonymat.
El Pais, le plus important quotidien généraliste espagnol, a pour sa part
précisé qu'il avait été accusé par les autorités marocaines d'avoir "attenté à
l'institution monarchique" au Maroc, pour avoir reproduit samedi ces dessins,
qu'avait déjà publiés Le Monde.
Il s'agit d'un dessin du caricaturiste du Monde Jean Plantu et d'un autre dessin
qu'avait publié fin septembre le dessinateur marocain Khalid Gueddar dans le
journal marocain Akhbar Al Youm.
La Fédération des associations de journalistes espagnols (FAPE) a "déploré"
lundi soir à Madrid dans un communiqué cette interdiction, jugeant "lamentable
que le ministère marocain de la Communication opte pour la censure" et menace le
"pluralisme de l'information" au Maroc.
Le groupe espagnol Prisa, qui publie El Pais, participe au capital du Monde à
hauteur d'environ 15 %.
Outre le journal El Pais, les autorités marocaines ont bloqué la distribution du
Monde, qui a publié, dans ses éditions datées des 22, 23 et 24 octobre, des
caricatures également jugées "irrespectueuses" de la famille royale.
Source : AFP
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http://www.lexpressiondz.com/dequoi/2009-10-24.html
Le Monde censuré au Maroc
Le Monde a été interdit de diffusion au Maroc pour ses éditions datées de jeudi
et vendredi, explique le quotidien français sur son site Internet. Jeudi, Le
Monde a publié en «une», un dessin de Plantu dénonçant le «procès au Maroc
contre le caricaturiste Khalid Gueddar qui a osé dessiner la famille royale
marocaine». Le dessin représente, d'un trait enfantin, le roi Mohammed VI
couronné et affublé d'un nez rouge, en train de danser et de tirer la langue.
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http://www.lepoint.fr/actualites-monde/2009-10-23/polemique-une-serie-de-caricat\
ures-du-monde-irrite-le-maroc/924/0/388650
Une série de caricatures du Monde irrite le Maroc
Publié le 23/10/2009 à 19:44
Le Point.fr
Le ton monte entre le Maroc et le journal Le Monde . Le ministre marocain de la
Communication Khalid Naciri a affirmé vendredi que le Maroc n'était pas un "pays
liberticide", mais qu'il avait été "contraint et forcé" de bloquer la
distribution au Maroc des quotidiens datés des 22 et 23 octobre. "Nous ne
pouvons accepter ce qui est une atteinte directe à nos sentiments, une démarche
présentant le Maroc comme un pays liberticide. Les propos du Monde nous ont
profondément choqués", a ajouté Khalid Naciri. Dans son numéro du 22 octobre, Le
Monde a publié à la une un dessin du caricaturiste Plantu montrant une main
sortant de l'étoile à cinq branches du drapeau marocain et tenant un crayon
dessinant un personnage coiffé d'une couronne, tirant la langue et avec ce qui
ressemble à un nez de clown. Plantu faisait référence au procès du caricaturiste
Khaled Gueddar, qui "a osé dessiner la famille royale marocaine", selon les
termes de la légende du quotidien français.
Voici la caricature publiée en une du Monde daté du 22 octobre :
http://publimanager.publibuilder.com/documents/%7BED5B1581-A82A-452A-A55A-70552A\
0F7B67%7D/accounts/%7B1D94CC82-0C3A-4456-8D76-C83C0467D6F9%7D/22-10.jpg
Le Monde daté du 23 octobre a également été interdit à la vente au Maroc pour
des raisons similaires. La caricature de Khaled Gueddar avait été publiée par le
quotidien Akhbar Al Youm dans son édition datée des 26-27 septembre et fait
actuellement l'objet d'un procès au Maroc, intenté par le ministère de
l'Intérieur et le prince Moulay Ismaïl, cousin du roi Mohammed VI.
Voici la caricature publiée dans Le Monde daté du 23 octobre :
http://publimanager.publibuilder.com/documents/%7BED5B1581-A82A-452A-A55A-70552A\
0F7B67%7D/accounts/%7B1D94CC82-0C3A-4456-8D76-C83C0467D6F9%7D/23-10.jpg
Mais le quotidien ne compte visiblement pas s'arrêter là. En une de son édition
datée du 24 octobre, Le Monde en remet une couche, publiant cette fois une
caricature ironisant sur la liberté de la presse au Maroc et en Tunisie.
Voici la caricature publiée en une du Monde daté du 24 octobre :
http://publimanager.publibuilder.com/documents/%7BED5B1581-A82A-452A-A55A-70552A\
0F7B67%7D/accounts/%7B1D94CC82-0C3A-4456-8D76-C83C0467D6F9%7D/24-10.jpg
------------->
http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2009/10/22/le-monde-interdit-de-d\
istribution-au-maroc_1257681_3236.html#ens_id=1257450
http://www.lematindz.net/news/2825-caricature-de-la-famille-royale-le-quotidien-\
le-monde-interdit-au-maroc.html
"Le Monde" interdit de distribution au Maroc
LEMONDE.FR avec AFP | 22.10.09 | 21h41 • Mis à jour le 23.10.09 | 08h50
Les autorités marocaines ont bloqué jeudi la distribution du quotidien français
Le Monde qui a publié, dans son édition datée du jeudi 22 octobre, une
caricature jugée irrespectueuse de la famille royale, a-t-on appris de source
autorisée. Le Monde daté du vendredi 23 octobre sera également interdit à la
vente au Maroc pour des raisons similaires, a-t-on ajouté de même source.
Dans son numéro du 22 octobre, Le Monde a publié à la "une" un dessin du
caricaturiste Plantu montrant une main sortant de l'étoile à cinq branches du
drapeau marocain et tenant un crayon dessinant un personnage coiffé d'une
couronne, tirant la langue et avec ce qui ressemble à un nez de clown. "Procès
au Maroc contre le caricaturiste Khalid Gueddar qui a osé dessiner la famille
royale marocaine", dit la légende accompagnant cette caricature.
"Nous n'accepterons jamais, au motif de la liberté d'expression, une atteinte
systématique aux symboles nationaux", a déclaré un haut responsable marocain
sous couvert de l'anonymat.
------------->
http://www.yabiladi.com/article-politique-1849.html
Nouvelle interdiction du journal Le Monde au Maroc
Publié le 23.10.2009 | 14h38
La distribution du quotidien français Le Monde a été bloquée jeudi par les
autorités marocaines, a appris l'AFP d'une source autorisée. Motif, le journal a
publié dans son édition datée du jeudi 22 octobre, une caricature jugée
irrespectueuse envers la famille royale.
Le numéro de ce vendredi 23 octobre sera également censuré à la vente au Maroc
pour des raisons similaires, a-t-on ajouté d'après les même source. C'est la
deuxième fois en l'espace de trois mois que le journal parisien est refusé sur
le territoire marocain. Au début du mois d'août dernier, il a été interdit à la
vente, avec ses co-initiateurs TelQuel et Nichane, pour la publication d'une
enquête d'opinion sur la décennie de règne du roi Mohammed VI, vue par les
Marocains.
A la une de l'édition du jeudi 22 octobre, Le Monde a publié une caricature du
célèbre dessinateur satirique français, Plantu. L'illustration est une main
sortant de l'étoile à cinq branches du drapeau marocain et tenant un crayon
dessinant un personnage coiffé d'une couronne, tirant la langue et avec ce qui
ressemble à un nez de clown. « Procès au Maroc contre le caricaturiste Khalid
Gueddar qui a osé dessiner la famille royale marocaine », telle était la légende
accompagnant cette caricature.
La réponse des autorités a été catégorique. « Nous n'accepterons jamais, au
motif de la liberté d'expression, une atteinte systématique aux symboles
nationaux », a déclaré à l'AFP un haut responsable marocain sous couvert de
l'anonymat.
La caricature dans la livraison du vendredi, qui a été bloquée également, est
signée Khalid Gueddar. Il s'agit du dessin incriminé précédemment dans l'édition
datée des 26-27 septembre d'Akhbar Al Youm. Il a valu à son auteur et à Taoufik
Bouachrine, directeur de publication du journal, d'être poursuivis pour « non
respect dû à un membre de la famille royale » par le ministère de l'Intérieur et
le prince Moulay Ismaïl. Leur procès, qui a commencé le 12 octobre à Casablanca,
devait reprendre ce vendredi.
Ibrahima Koné
Copyright Yabiladi.com
-------------->
http://www.7sur7.be/7s7/fr/1505/Monde/article/detail/1019420/2009/10/22/Le-Monde\
-interdit-au-Maroc-les-22-et-23-octobre.dhtml
http://www.africatime.com/maroc/nouvelle.asp?no_nouvelle=486478&no_categorie=
Le Monde interdit au Maroc les 22 et 23 octobre
Les autorités marocaines ont bloqué jeudi la distribution du quotidien français
Le Monde qui a publié, dans son édition datée du jeudi 22 octobre, une
caricature jugée irrespectueuse de la famille royale, a-t-on appris de source
autorisée.
Le Monde daté du vendredi 23 octobre sera également interdit à la vente au Maroc
pour des raisons similaires, a-t-on ajouté de même source.
Dans son numéro du 22 octobre, Le Monde a publié à la "Une" un dessin du
caricaturiste Plantu montrant une main sortant de l'étoile à cinq branches du
drapeau marocain et tenant un crayon dessinant un personnage coiffé d'une
couronne, tirant la langue et avec ce qui ressemble à un nez de clown.
"Procès au Maroc contre le caricaturiste Khalid Gueddar qui a osé dessiner la
famille royale marocaine", dit la légende accompagnant cette caricature.
"Nous n'accepterons jamais, au motif de la liberté d'expression, une atteinte
systématique aux symboles nationaux", a déclaré un haut responsable marocain
sous couvert de l'anonymat. (belga/th)
22/10/09 21h45
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http://www.lejournal-press.com/articles_plus.php?id=1585
Analyse - Un communiqué qui ignore la séparation des pouvoirs
Par : Abderrahim Jamaï, Bâtonnier
Une brève lecture concentrée du communiqué du ministère de l'Intérieur publié
par la MAP au sujet du journal Akhbar Al Youm, permet de dire sous toutes
réserves des résultats de l'enquête et des renseignements que M. Taoufik
Bouachrine pourrait fournir à l'opinion publique, marocaine et internationale,
que, d'une part, le communiqué fait allusion à trois accusations contre M.
Bouachrine, directeur du journal Akhbar Al Youm, fondées sur :
1- l'article 41 du code de la presse, surtout que le communiqué en question a
clairement indiqué que ce qui a été publié par ce journal «portait atteinte au
respect dû à un membre de la famille royale» ce qui signifie le non-respect du
Prince Moulay Ismaïl;
2- l'article 267-1 du code pénal relatif à l'outrage au drapeau du Royaume ;
3- l'article 38 du code de la presse relatif à la provocation aux crimes et
délits.
Si la procédure suit cette orientation, l'histoire s'en souviendra comme un
précédent unique, qui sera traitée en son temps.
D'autre part, il est connu que le code de la presse a considéré que les délits,
au titre de l'article 41, relatif au Roi, aux princes et princesses, de
l'article 42 relatif à la publication, la diffusion ou la reproduction d'une
nouvelle fausse ou de faits inexacts, de l'article 43 relatif à la provocation
au retrait des fonds des caisses publiques, sont des délits commis contre les
affaires publiques ; autorisant par conséquent le ministère public à procéder à
l'enquête et aux poursuites à leur sujet, sans plainte même, suivant les
possibilités permises par la procédure pénale. Or, les délits supposent le dépôt
d'une plainte, tel que définie uniquement dans les sept paragraphes de l'article
71.
Par ailleurs, le communiqué cite que le ministère a décidé de poursuivre le
journal Akhbar Al Youm. C'est là une chose grave que ne lui accorde pas la loi.
Le ministère n'est pas concerné du point de vue légal par l'article 41, qui ne
lui accorde aucunement de porter plainte, vu qu'elle n'a pas la qualité, à plus
forte raison de la capacité de poursuite.
Est-ce que le ministère de l'Intérieur sait que la poursuite est un terme
juridique doté de sens et que ce droit n'est accordé qu'au ministère public, qui
peut seul l'actionner et l'exercer, tandis que les personnes et les organismes,
qui ont fait l'objet de diffamation peuvent actionner une poursuite sur plainte,
pour que le ministère public exerce ses prérogatives?
En outre, le ministère de l'Intérieur n'est concerné ni par la plainte ni par la
poursuite, car la poursuite ne se fait nécessairement que sur la plainte, tel
que stipulé par l'article 71, de la personne diffamée, des cours, des tribunaux,
ou de la part du Premier ministre, si l'injure ou la diffamation a été faite
envers un membre du gouvernement, un assesseur ou un témoin, ou bien à la
requête des chefs d'Etat et ministres des Affaires étrangères, soit directement
soit d'office sur une demande adressée au Premier ministre ou au ministre des
Affaires étrangères. Dans tous ces cas, définis et limités, le ministre de
l'Intérieur ne peut ni entamer une poursuite ni déposer plainte. Le communiqué
du ministère constitue de la sorte une menace claire à l'encontre du journal,
acte puni par la loi et passible de dommages-intérêts sollicités par la partie
menacée. D'un autre côté, l'article 77 du code de la presse, le ministre de
l'Intérieur peut ordonner par arrêté motivé la saisie administrative de tout
numéro d'un journal dont la publication porte atteinte à l'ordre public ou
comporte les faits visés à l'article 41. Nonobstant ce pouvoir politique
extraordinaire qui a permis au ministère de l'Intérieur de mettre sous censure
un journal avant sa parution, ou bien l'interdire et de la saisir après sa
publication, la loi a obligé le ministre de l'Intérieur à ordonner un arrêté
d'abord puis de motiver ce dernier. En dépit de cela, il lui a laissé le soin,
seul, de décider selon son gré, son humeur ou ses normes propres de dire si le
numéro comporte ou non une atteinte au régime ou une offense au respect dû au
Roi ou aux princes, etc.
Et même si cette loi a permis à quoi de droit, à savoir le journal, d'attaquer
cette décision de saisie, cette décision appliquée d'office et de force par la
personne qui l'a initiée porte à dire que l'article 77 a mis entre les mains du
ministre de l'Intérieur trois prérogatives dangereuses, accusation, jugement et
décision et pouvoir exécutif.
A partir de là, une question se pose sur le rôle qu'ont joué les juristes et les
progressistes au Parlement lorsqu'ils ont adopté un texte arbitral contraire aux
principes de séparation des pouvoirs.
D'une autre part, dans son communiqué, le ministre de l'Intérieur a pris
plusieurs arrêtés contre Akhbar Al Youm, et non deux. Il a non seulement saisi
un numéro mais ceux du samedi, du dimanche et du mardi. Puis, il a apposé les
scellés au siège du journal, a gelé son solde et mis sous séquestre ses biens
meubles et immeubles, interdit aux journalistes et personnel d'accéder au siège
; sans pour autant signifier d'arrêté écrit et motivé à M. Toufik Bouachrine,
d'après ce qu'il m'a personnellement affirmé. Seulement, l'article 77 ne permet
pas au ministre de l'Intérieur de saisir le numéro comportant ladite atteinte au
régime ou au respect dû au Roi et aux princes…Il ressort du communiqué que le
ministre de l'Intérieur a outrepassé ses prérogatives, qui se limitent à la
saisie d'un numéro par arrêté motivé, et qu'il a pris des décisions du seul
ressort de la justice. C'est de là que la gravité va s'amplifiant, pour parvenir
à l'exercice du pouvoir discrétionnaire, en faisant de la loi un outil
transgressable à volonté et privant la liberté et les droits de toute protection
ou garantie.
Quelle logique et quel raisonnement peuvent accepter de telles peines, ordonnées
et exécutées contre un journal, ses propriétaires et son personnel, avant même
d'ouvrer, de commencer ou de terminer une quelconque enquête sur les
contraventions ; avant même que ne soit rendue une quelconque décision
judiciaire, en premier ressort au moins, contre ce journal ? Quelqu'un
pourrait-il m'aider à comprendre ? Est-ce là la liberté de la presse et les
procédures de poursuite légitimes dans un pays de droit ?
-------------->
http://www.lematindz.net/news/2839-maroc-fermeture-definitive-dun-quotidien-par-\
la-justice.html
Maroc: fermeture définitive d'un quotidien par la justice
le 31 Octobre, 2009
Le pouvoir marocain continue sa politique de musellement de la presse. En effet
Le quotidien Akhbar al-Youm vient de faire les frais de cette nouvelle
politique. Le tribunal de première instance de Casablanca à prononcé le 30
octobre son double verdict dans l'affaire de Akhbar Al-youm. Dans le premier
procès, le ministère de l'Intérieur avait décidé de poursuivre le quotidien
Akhbar El-Youm pour outrage au drapeau du royaume, dans « une caricature en
relation avec la célébration par la famille royale d'un événement à caractère
strictement privé ». Il s'agissait d'un dessin du prince Ismail lors de son
mariage, publié dans l'édition du 26-27 septembre. Le juge a décidé la fermeture
définitive du quotidien et infligé une peine d'un an de prison avec sursis à
l'encontre du directeur Taoufik Bouachrine et du caricaturiste Khalid Gueddar,
assortie d'une amende de 9 000 euros chacun.
L'autre procès avait été intenté contre le journal par le prince Ismaïl lui-même
pour « non-respect dû à un membre de la famille royale ». Le directeur et le
caricaturiste ont été condamnés à trois ans de prison avec sursis et à environ
270 000 euros de dommages et intérêts, à verser solidairement au Prince.
Ces deux jugements font suite à une séries de sentences sévères prononcées
récemment contre plusieurs titres de la presse marocaine dont la plus lourde est
l'emprisonnement de Me Idris Chahtan directeur de l'hebdomadaire Al Michàal
pour avoir publié un article sur la santé du roi Mohamed VI.
L'organisation reporters sans frontières (RSF) et l'ONG nord-africaine, Le
Groupe de Travail sur la Liberté d'Expression en Afrique du Nord (WGFENA) ont
exprimé leur indignation suite à ces graves atteintes à la liberté de la presse.
RSF a décidé d'interpeler la secrétaire d'état américaine Hillary Clinton en
visite au Maroc les 2 et 3 novembre 2009.
Amirouche Nedjaa
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http://www.rsf.org/Taoufiq-Bouachrine-et-Khalid.html
Taoufiq Bouachrine et Khalid Gueddar condamnés à de la prison avec sursis
Publié le 31 octobre 2009
Le tribunal de Casablanca a rendu son verdict dans le procès pour "atteinte à
l'emblème du royaume" intenté par le ministère de l'Intérieur contre Taoufiq
Bouachrine, directeur du journal Akhbar al-Youm, qui écope, tout comme Khalid
Gueddar, caricaturiste, d'un peine d'un an de prison avec sursis, assortie d'une
amende de 9 000 euros.
Ces derniers étaient également jugés pour "non-respect dû à un membre de la
famille royale" dans un procès intenté par Moulay Ismaïl. Ils ont été condamnés
à trois ans de prison avec sursis et à environ 270 000 euros de dommages et
intérêts à verser solidairement au Prince. Le tribunal a également prononcé "la
fermeture définitive des locaux" du titre. Les journalistes ont déclaré avoir
l'intention de faire appel des deux verdicts.
"En dépit de nos nombreuses alertes, du rassemblement devant l'ambassade du
Maroc à Paris, de la rencontre avec trois conseillers de son excellence
l'ambassadeur du Maroc en France, de la conférence de presse organisée à
Casablanca en présence de Taoufiq Bouachrine et de Khalid Gueddar (voir la
vidéo), nous ne pouvons qu'exprimer notre déception face à un jugement qui
envoie un avertissement sinistre à toute la presse marocaine" a déclaré
l'organisation.
Avant d'ajouter : "Nous espérons qu'une grâce royale interviendra et nous
publions officiellement la lettre adressée à Hillary Clinton, conformément à
notre déclaration faite lors de la conférence de presse à Casablanca, le 27
octobre 2009."
Lire la lettre adressée à Hillary Clinton, secrétaire d'Etat américaine en
visite au Maroc les 2 et 3 novembre 2009.
http://www.rsf.org/Lettre-ouverte-a-Hillary-Clinton.html
Conférence de presse de Reporters sans frontières à Casablanca et interview de
Khaled Gueddar, caricaturiste :
http://www.dailymotion.com/video/xaza6x_reporters-sans-frontieres-conferenc_news
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http://www.bakchich.info/Que-se-passe-t-il-au-Maroc-par,09127.html
Que se passe-t-il au Maroc ?
par Taoufik Bouachrine
Liberté de la presse / vendredi 30 octobre par Taoufik Bouachrine
Bakchich ouvre ses colonnes à Taoufik Bouachrine et Khalid Gueddar. Rédacteur en
chef et caricaturiste du journal "Akhar Al Yaoum", ils passent ce vendredi
devant la justice marocaine. Et risquent la prison, pour un dessin.
Plus d'un mois et trois jours se sont écoulés depuis la disparition forcée du
quotidien "Akhbar Al Yaoum" des kiosques. Plus de 33 jours que nous crions notre
refus de l'injustice subie par notre entreprise, sans qu'aucune oreille sage ne
daigne nous écouter ou nous rétablir dans notre droit…
Nous avons frappé à la porte de la justice administrative, et nous avons dit à
ses juges : « Excellences, le local du journal est scellé en violation de la
loi, le Premier ministre n'a pas le droit d'interdire une publication, seule la
justice est habilitée à prendre une telle décision, en supposant qu'une
interdiction pure et dure puisse encore être monnaie courante dans les mœurs de
l'édition au 21e siècle… ». Mais la misérable justice n'a pas statué sur
l'affaire, elle a renvoyé notre requête, nous signifiant implicitement qu'elle
n'était pas habilitée à instruire de tels dossiers.
Nous nous sommes ainsi tournés vers les décideurs, qui ont fait montre d'une
gêne certaine à répondre à nos questions. Nous leur avons dit : « Messieurs, si
la caricature, objet de tout ce tapage, est si dangereuse et si coupable que
vous le prétendez, sachez que nous sommes poursuivis en justice à son sujet.
Deux dossiers plombés ont même été ouverts contre Akhbar Al Yaoum à ce propos,
l'exposant, pour chacun, à des peines d'emprisonnement et à de lourdes amendes.
Pourquoi ne respectez-vous donc pas cette justice dont vous ne cessez de
marteler qu'elle doit être réformée ? Pourquoi ne la laissez-vous pas dire son
mot, même si c'est une justice aux ordres, partiale et faible ? Peut-il y avoir
sentence et sanction en dehors des textes de loi ? » La réponse est
malheureusement oui.
Certains « décideurs » nous ont dit que le Makhzen était en colère contre la
presse indépendante, que notre journal était un bouc émissaire, sacrifié sur
l'autel de sa colère pour faire parvenir un message fort aux journalistes. Le
Makhzen voudrait ainsi tuer ab ovo les velléités de ceux qui refusent d'admettre
que l'Etat soit réfractaire à toute presse libre, n'ayant comme limite que la
loi et l'exercice journalistique tel qu'il existe traditionnellement dans les
pays précurseurs en matière de liberté d'expression… Nous leur avons répondu
qu'il faudrait alors échanger les lois actuelles contre d'autres importées des
anciens régimes communistes qui ne permettent qu'un parti unique, un journal
unique, un leader unique, une pensée unique, et une version unique…
L'autoritarisme, une preuve de faiblesse
Messieurs, jeter les journalistes en prison, fermer les journaux et terroriser
les plumes n'est ni une solution, ni un gage de pouvoir. Ce n'est qu'un
indicateur de faiblesse et de confusion. Ce n'est que la preuve éclatante du
mépris des lois, de l'histoire du pays et des slogans de réconciliation, de
transition et de modernité… Ne vous cachez pas derrière des arguments mous, tels
que la "déontologie", les spécificités du pays et les sensibilités du pouvoir,
pour camoufler les tendances autocratiques qui sévissent dans les appareils de
l'Etat. L'impotence du gouvernement, l'avachissement des partis politiques, la
mort des syndicats et la lâcheté des élites ne devraient pas être perçus par le
pouvoir comme un "laissez-passer" vers plus d'autoritarisme. En réalité, la
faiblesse des institutions et l'effritement de l'opposition sont avant tout une
menace pour le pouvoir, car le vide masque souvent les réalités les plus fatales
pour l'avenir de notre pays.
Akhbar Al Yaoum, Messieurs, est un journal indépendant, qui vit sur ses ventes
et sur les quelques subventions qu'il n'obtient qu'avec la plus grande peine. Il
ne possède ni l'appui d'un parti, ni celui d'une entreprise, ni celui d'une
personnalité influente ou pas. "Akhbar Al Yaoum" vit de son professionnalisme et
de la crédibilité de ses équipes, qui rêvaient d'un journal intelligent et
percutant, capable de réussir sans verser dans le populisme, capable de durer
sans compromis avec qui que ce soit, et sans négocier la ligne éditoriale en
fonction de ce qui est toléré par le makhzen aujourd'hui. C'est notre unique
tort…
Nous avons présenté nos excuses au prince Mouley Ismaïl lorsque nous avons senti
qu'il avait perçu le dessin de presse comme une atteinte à sa personne. Ce
dessin, les ennemis de la liberté de presse au Maroc se sont empressés de lui
donner des significations et relents qui ne nous ont même pas traversé l'esprit.
Nous sommes conscients que ce tollé ne peut nullement être provoqué par un «
dessin candide », mais qu'il est l'augure d'un « dessein » qui lui, n'a rien
d'innocent. Il s'agit de redessiner les limites de la liberté de presse au
Maroc, pour lui délimiter un espace encore plus étroit que celui où se sont
exprimées les plumes « irrévérencieuses » lors de ces dix dernières années.
C'est cela le vrai objectif.
Une question d'honneur
Quant au reste, le régime ne fait pas dans la dentelle. Le plus gênant dans
cette nouvelle « campagne d'assainissement » qui sévit contre la presse libre
ces jours-ci, n'est pas le comportement de l'Etat, qui a démontré à quel point
il pouvait avoir du mépris pour la loi, la justice et les droits des Marocains.
Non, le plus déplorable, c'est que tous les journalistes et les éditeurs de
presse tombent sous le joug de l'effroi, et que l'« honneur » du métier en
pâtisse. Cet honneur, qui devrait pousser toute honnête plume à défendre la
liberté d'expression et le respect de la loi, même lorsque son détenteur ne
partage pas les mêmes opinions que le confrère atteint dans ses droits, ne jouit
d'aucune considération chez certains de nos confrères, qui n'ont pas hésité à
nous achever de sang froid. Quant aux partis qui ont émis des communiqués nous
condamnant avant même que la justice n'ait dit son mot, nous ne leur en ferons
même pas le reproche, car face à son maître, l'esclave ne peut être maître de
soi…
Lecteurs, nous sommes aujourd'hui jugés pour offense au drapeau marocain, nous
qui défendons les intérêts de notre pays tous les matins face aux voleurs de
l'argent public qui sabotent l'image du Maroc sur le plan national et à
l'étranger… Il s'agit avant tout d'une offense à l'intelligence des Marocains !
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http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-40733133@7-37,0.html
Maroc/monarchie: verdict le 30/10 dans le procès de deux journalistes
26.10.09 | 22h34
Un tribunal de Casablanca a décidé lundi de rendre son verdict le 30 octobre
dans le procès intenté contre le directeur du quotidien Akhbar Al Youm, Taoufik
Bouachrine, poursuivi pour avoir publié une caricature jugée irrespecteuse de la
famille royale et du drapeau national.
"Le jugement a été mis en délibéré pour le 30 octobre", a déclaré le juge au
terme d'un procès entamé le 12 octobre devant le tribunal de première instance
de Casablanca.
Le ministère de l'Intérieur avait décidé de poursuivre en justice M. Bouachrine
et Khaled Gueddar, l'auteur de cette caricature, pour "offense au drapeau
national".
Dans son réquisitoire, le parquet a requis l'application de la loi, qui prévoit
une peine de six mois à 3 ans de prison. Les avocats de la défense ont plaidé
l'acquittement.
Dans son édition des 26-27 septembre, Akhbar Al Youm avait publié une caricature
sur la "célébration par la famille royale d'un événement à caractère strictement
privé", le mariage (le 26 septembre) du prince Moulay Ismaïl, cousin du roi
Mohammed VI, avec Anissa Lehmkuhl, une ressortissante allemande de confession
musulmane.
"L'utilisation (d'une) étoile de David dans la caricature suscite (...) des
interrogations sur les insinuations de ses auteurs et dénote des penchants
d'antisémitisme flagrant", avait estimé le ministère de l'Intérieur.
Le prince Moulay Ismaïl a lui aussi lancé une action en justice dans le cadre de
cette affaire.
Me Abderrahim Jamaï, l'un des avocats de la défense, a estimé que la caricature
de M. Gueddar avait été "mal interprétée par les autorités". "Il faut écarter la
mauvaise foi", a-t-il dit.
Le Monde daté des 22, 23 et 24 octobre a été interdit de distribution au Maroc
pour avoir publié des caricatures jugées irrespecteuses de la famille royale et
du Maroc.
Dimanche, le quotidien espagnol El Pais a subi le même sort pour son édition du
week-end.
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http://www.rsf.org/Ouverture-du-proces-contre-Akhbar.html
Ouverture du procès contre Akhbar Al-Youm pour une caricature
Publié le 12 octobre 2009
Dans le même pays
22 octobre 2009 - Rassemblement devant l'ambassade du Maroc à Paris pour la
liberté de la presse
http://www.rsf.org/Rassemblement-devant-l-ambassade.html
15 octobre 2009 - Santé du roi : les journalistes d'Al-Michaal Hebdo condamnés à
de la prison ferme
http://www.rsf.org/Sante-du-roi-les-journalistes-d-Al.html
8 septembre 2009 - Nouvelles convocations et comparution d'Ali Anouzla et de
Bouchra Edaou le 29 septembre
http://www.rsf.org/La-sante-du-roi-un-sujet-tabou.html
Aujourd'hui 12 octobre 2009, s'ouvre à Casablanca le procès intenté par le
ministère de l'Intérieur contre le caricaturiste Khalid Gueddar et le directeur
de publication du quotidien arabophone Akhbar Al-Youm, Taoufiq Bouachrine, suite
à la publication par le journal dans son édition du 26-27 septembre 2009, d'une
caricature controversée d'un membre de la famille royale, Moulay Ismaïl, cousin
de Mohammed VI. Les deux journalistes sont poursuivis pour "atteinte à l'emblème
du royaume".
Reporters sans frontières condamne le caractère disproportionné de la réaction
des autorités marocaines suite à la publication de cette caricature. Le 28
septembre, la police marocaine a mis sous scellés les locaux du journal,
interdisant également au personnel l'accès aux bureaux. Taoufiq Bouachrine et
Khalid Gueddar ont été interrogés le 29 septembre par la police judiciaire de
Casablanca pendant plus de quinze heures. En outre, les comptes du journal ont
été gelés. A l'issue du procès qui s'ouvre aujourd'hui, Khalid Gueddar et
Taoufiq Bouachrine encourent de six mois à trois ans de prison, et une amende de
10 à 10 000 dirhams (soit 885 euros).
« Depuis le 28 septembre, les autorités marocaines sont dans l'illégalité. Aucun
article du code de la presse ne stipule qu'un média puisse être fermé sur
décision du ministère de l'Intérieur avant que la justice ne se prononce. Même
si l'on peut trouver la caricature de mauvais goût, les mesures prises, que ce
soit la fermeture du journal, le gel des comptes et les convocations des deux
journalistes sont totalement disproportionnées. Nous demandons la réouverture
immédiate du journal et l'abandon des poursuites contre les deux journalistes »,
a déclaré l'organisation.
Le 23 octobre prochain s'ouvrira un second procès, intenté par Moulay Ismaïl
lui-même pour "non-respect dû à un membre de la famille royale", qui réclame
trois millions de dirhams (soit 266 000 euros) de dommages et intérêts aux deux
journalistes.
Contacté par Reporters sans frontières, le caricaturiste Khalid Gueddar trouve «
aberrante et injuste » la décision des autorités marocaines de fermer le journal
« sans aucune base juridique ». Il mentionne avoir été insulté et avoir reçu des
menaces au cours de son interrogatoire dans les locaux de la police judiciaire.
Dans un communiqué de presse publié du 28 septembre, le ministère de l'Intérieur
a annoncé son intention de poursuivre Akhbar Al-Youm pour « non-respect dû à un
membre de la famille royale », pour une « caricature en relation avec la
célébration par la famille royale d'un événement à caractère strictement privé
». Le communiqué dénonçait les « penchants d'antisémitisme flagrant » des
auteurs. Le ministère a par la suite porté plainte pour « atteinte à l'emblème
du royaume ».
« Il devient urgent que le gouvernement réforme le code de la presse, afin que
les journalistes ne soient plus soumis à une obligation de respect à l'égard de
tous les membres de la famille royale ». Les affaires liées à ce sujet se
multiplient. Ainsi TelQuel, Nichane et Le Monde ont été censurés quand ils ont
voulu publier un sondage sur la monarchie. Plus récemment, ce sont les articles
traitant de la santé du roi dans Jarida Al-Oula qui ont suscité le courroux du
palais », a ajouté Reporters sans frontières.
Le 2 octobre, 200 personnes se sont rassemblées à Casablanca pour exprimer leur
soutien à Akhbar Al-Youm et à ses journalistes.
Voir les vidéos :
1- Expulsion des journalistes de la rédaction de Akhbar Al-Youm :
http://www.dailymotion.com/video/xann5i_expultion-des-jounalistes-d-akhbar_news
http://www.dailymotion.com/video/xannhv_expultion-des-journalistes-d-akhbar_news
2- Journalistes privés de travailler :
http://www.dailymotion.com/video/xao18f_les-journaliste-du-quotidien-akhbar_news
---------------->
http://www.rue89.com/2009/10/21/rassemblement-de-soutien-au-dessinateur-marocain\
-de-bakchich-122807
http://www.africatime.com/maroc/nouvelle.asp?no_nouvelle=486233&no_categorie=
Un dessinateur de Bakchich menacé de prison pour une caricature
Par Augustin Scalbert | Rue89 | 21/10/2009 | 20H39
Vendredi, le caricaturiste marocain Khalid Gueddar sera jugé dans son pays pour
un dessin représentant le prince Moulay Ismaïl. L'équipe du site et hebdo
Bakchich, qui organise ce jeudi matin avec Reporters sans frontières un
rassemblement de soutien devant l'ambassade du Maroc à Paris, voit d'autres
raisons dans les misères faites à son collaborateur.
Avec le directeur du quotidien Akhbar al-Youm (qui a publié ce dessin), Taoufiq
Bouachrine, Khalid Gueddar risque entre trois et cinq ans de prison. Le prince
réclame des dommages et intérêts évalués à 270 000 euros « pour un simple dessin
», s'insurge Bakchich, qui remarque que cette somme représente «
quatre-vingt-trois ans de salaire moyen marocain ». Pour les deux hommes, en cas
de condamnation, c'est la faillite personnelle garantie.
« Khalid caricaturait un Mohammed Vi haut en couleur »
Pour Bakchich, cette procédure a une raison cachée : la publication, sur le site
internet français, d'une bande dessinée très irrévérencieuse non pas pour le
prince Moulay, mais pour son cousin, j'ai nommé Sa Majesté le roi Mohammed VI :
« Jet-ski, boîtes de nuit, virées shopping à Paris, c'est un Mohammed VI haut en
couleur et attachant que Khalid caricaturait avec le talent qu'on lui connaît.
Ce crime de lèse-majesté risque de lui coûter cher.
L'interrogatoire fleuve que lui a infligé la DST marocaine à la fin septembre
trahit le vrai motif des poursuites contre Khalid : la moitié des questions
portait sur Bakchich, ses fondateurs, ses journalistes, ses actionnaires, sa BD
royale. Autant de réponses qui figurent sur notre site web… »
► Le rassemblement de soutien à Khalid Gueddar aura lieu jeudi 22 octobre
à 11 heures devant l'ambassade du Maroc en France. Adresse : 5, rue Le Tasse,
75016 Paris.
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http://bellaciao.org/fr/spip.php?article92607
La dernière caricature de Khalid
vendredi 16 octobre 2009 (10h16)
Censure, saisie, persécution, amendes axorbitantes… La presse marocaine a fait
face dans les dernières semaines à des épisodes de ce calibre. L'inquiétude est
croissante dans les médias, qui voient comment les règles de jeu changent, et
spécialement envers les journalistes indépendants.
Le caricaturiste Khalid Gueddar, de 34 ans, fait partie des derniers inculpés
pour avoir dessiné le prince Moulay Ismail, le cousin du monarque Mohamed VI. Le
local du journal a été fermé, et les peines allant d'un an de prison, pour le
directeur, à trois mois pour deux employés.
La personne du roi et sa famille, l'Islam et le Sahara Occidental sont les
lignes rouges du régime. Même un sondage favorable au roi sur ses dix ans de
règne a été interdit. Pour le directeur du magazine TelQuel "La presse libre et
indépendante est terminée".
La situation de la presse libre au Maroc était le sujet de la dernière
caricature de Khalid. Aucun journal n'a voulu la publier. C'est une femme qui
représente la presse avec une corde au cou et le prince Moulay Ismaïl prêt à
donner l'ordre d'exécution.
Le nouveau président de la Chambre des Conseillers, Biadillah, l'avait dit
clairement dans un article publié par le quotidien Al-Massae, le nouveau
porte-parole du palais royal. L'Etat doit adopter la théorie d'Althusser sur la
légitimité de la répression pour s'imposer.
Alors, si vous ne voulez pas attirer les foudres du pouvoir au Maroc voici le
discours à suivre : "Au Maroc tout va bien. Depuis l'avènement du Commandeur des
croyants, Sa Majesté le Roi Mohamed VI, que Dieu le glorifie, une dynamique
nouvelle s'est impulsée dans le pays. Une stratégie de développement économique
et social a été élaborée. Fort de ses institutions, solide par la cohésion de
ses habitants et attaché à ses valeurs ancestrales, le Maroc a réussi à bâtir un
Etat de justice et de droit. Son processus de démocratisation fait de lui un
pays modèle dans la région", etc…
Diaspora Saharaui
De : Diaspora Saharaui
vendredi 16 octobre 2009
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http://www.telquel-online.com/393/actu_maroc2_393.shtml
Akhbar Al Youm. Le prince attaque
Par Driss Bennani
Les locaux du quotidien casablancais sont toujours fermés et ses comptes gelés.
Le prince Moulay Ismaïl attaque le journal pour "manquement au respect dû à un
prince" et réclame, provisoirement, trois millions de dirhams.
Akhbar Al Youm n'a toujours pas retrouvé le chemin des kiosques. Le titre n'est
certes pas interdit, du moins pas officiellement, mais ses locaux casablancais
sont toujours gardés par des policiers qui en interdisent l'accès aux
journalistes. Taoufiq Bouachrine et Khalid
Gueddar, respectivement directeur de la publication et caricaturiste du journal,
se retrouvent quant à eux sous le coup de deux poursuites judiciaires. La
première relève du Code pénal : Gueddar est poursuivi pour outrage au drapeau
national, Bouachrine pour complicité. "C'est une loi qui date de 2005, elle a
été créée pour sanctionner les indépendantistes qui brûlaient le drapeau
marocain au Sahara. Il est triste de nous poursuivre pour les mêmes motifs",
disait Bouachrine dans une conférence de presse, qu'il a enfin pu tenir dans un
hôtel à Casablanca, le mardi 6 octobre.
Quelques jours auparavant, des militants associatifs et des journalistes avaient
appelé à un sit-in en face des locaux du journal interdit. Le matin même,
Taoufiq Bouachrine est convoqué une nouvelle fois par les services de la Police
Judiciaire. Une fois sur place, il découvre que le prince Moulay Ismaïl a, lui
aussi, décidé de poursuivre le journal en diffamation. La charge est lourde :
manquement au respect dû à un prince. Le directeur de publication et son
caricaturiste risquent cette fois des peines plus graves allant de 3 à 5 ans de
prison et une amende pouvant atteindre 100 000 dirhams.
Procès d'intention ?
Ce n'est pas tout. Dans la plainte déposée par Me Ali Kettani au nom du prince
Moulay Ismaïl, ce dernier réclame des dommages et intérêts "estimés
provisoirement à 3 millions de dirhams". Si le journal est reconnu coupable de
cette nouvelle accusation, le Parquet a le droit d'en ordonner l'interdiction
pendant trois mois, voire de suspendre définitivement le titre. "Ce qui me
préoccupe, c'est que la plainte du prince est venue à un moment où on croyait
que l'affaire allait s'arranger, vu que des charges, comme celle de
l'antisémitisme, n'ont pas été retenues. Aujourd'hui, je me pose une question :
un juge peut-il refuser la plainte du prince ou accorder des dommages et
intérêts moins importants que ceux réclamés ?", explique un acteur associatif.
De son côté, Taoufiq Bouachrine s'étonne de certaines tournures contenues dans
la plainte déposée par Me Ali Kettani. On peut notamment y lire (en substance)
ceci : "La publication de cette caricature est une atteinte directe à la
personne du prince. L'usage du drapeau marocain et d'une étoile de David au lieu
de l'étoile à cinq branches montre qu'il y a clairement une volonté de nuire au
prince. L'usage tendancieux de ces symboles nationaux cache des visées que les
auteurs connaissent très bien". Une formulation (en arabe dans le texte) qui
laisse perplexe l'équipe d'Akhbar Al Youm. "C'est un procès d'intention. La
plainte n'explicite ni les charges retenues contre nous, ni les motivations de
cette plainte. Ils ne peuvent quand même pas nous demander de fournir ces
motivations", explique Bouachrine. "Lors des interrogatoires, les enquêteurs ont
insisté pour compléter le dessin de manière à obtenir une étoile à six branches.
Je leur ai répondu que ce dessin n'est du coup plus le nôtre. Nous ne pouvons
être poursuivis que pour ce que nous avons publié et non pour ce qui peut être
obtenu à partir de nos dessins, parce que chacun peut obtenir des choses
différentes au final". Khalid Gueddar va plus loin en affirmant que ce dessin
n'est, à la limite, pas une caricature puisque manquant de deux composantes
essentielles que sont la critique et l'humour. "Je connais les limites de
l'exercice de la caricature au Maroc. Dans ce dessin, les traits du prince ne
sont par exemple pas déformés et tout, jusqu'au titre de la caricature, est
neutre puisque nous avons simplement titré : Moulay Ismaïl sur la âmmaria",
expliquait Gueddar.
Un journal SDF
Pour prouver sa bonne foi, Taoufiq Bouachrine avance un autre argument : "Nous
avons consacré plusieurs pages au mariage du prince. Nous avons parlé de son
épouse, de sa famille, de la cérémonie de mariage, etc. A aucun moment, nous
n'avons manqué de respect au prince ou à sa famille".
Aujourd'hui, l'équipe d'Akhbar Al Youm passe ses journées dans un café de
fortune attenant aux locaux du quotidien casablancais. La demande administrative
en référé pour casser l'interdiction d'accès aux locaux a été programmée… pour
le 12 octobre. En attendant, l'équipe garde son calme "malgré les provocations
répétées des forces de l'ordre", dira Bouachrine. "Mais si les choses traînent,
nous serons obligés de porter notre protestation à Rabat. Des manifestations
devant le ministère de l'Intérieur sont à l'ordre du jour".
Réaction. Le silence du gouvernement
Soucieux de trouver des explications à ce qu'il vit depuis plus de dix jours,
Taoufiq Bouachrine a frappé à toutes les portes. En vain. L'homme a par exemple
réussi à joindre Chakib Benmoussa, ministre de l'Intérieur, pour se renseigner
quant aux motivations de la fermeture des locaux. "Il m'a promis de se
renseigner puis de revenir vers moi. J'attends toujours son appel", explique
Bouachrine. Ce dernier a également contacté Saâd Hassar, ministre délégué à
l'Intérieur, et Abdelouahed Radi, ministre ittihadi de la Justice. Les deux
hommes ont eu des réponses expéditives et n'ont plus jamais recontacté
Bouachrine. "Quant à Monsieur Naciri, avec qui je m'entretenais régulièrement au
téléphone, il ne prend même plus la peine de répondre à mes appels. Mais je ne
lui en veux pas parce qu'il semble dépassé par ce qui nous arrive", explique
Bouachrine. L'homme dit cependant avoir reçu plusieurs signes de solidarité de
l'intérieur de partis politiques participant au gouvernement. "Des responsables
de premier rang à l'USFP m'ont contacté pour me faire part de leur indignation
et de leur solidarité", conclut Bouachrine.
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http://fr.news.yahoo.com/3/20091014/twl-maroc-justice-presse-1be00ca_2.html
Maroc: la demande de lever la fermeture du siège du quotidien "Akhbar Al Youm"
rejetée par la justice
14-X-2009, 22h18
Le tribunal administratif de Casablanca a rejeté mercredi une requête de la
société Média 21 qui réclamait la levée de la fermeture du siège du quotidien
"Akhbar Al Youm", selon l'agence de presse marocaine MAP. Lire la suite
l'article
Le ministère de l'Intérieur avait décidé de fermer le siège du journal, publié
par Média 21, le 28 septembre et d'engager une action en justice contre "Akhbar
Al Youm" pour avoir publié, dans son édition des 26-27 septembre, une
"caricature en relation avec la célébration par la famille royale d'un événement
à caractère strictement privé", à savoir le mariage du cousin du roi, le prince
Moulay Ismaïl.
Le directeur du quotidien, Taoufiq Bouachrine, ainsi que le caricaturiste du
journal Khalid Gueddar, doivent comparaître lundi prochain devant le tribunal de
première instance de Casablanca pour atteinte à l'emblème du royaume.
L'organisation Reporters sans frontières (RSF) avait estimé que les mesures
prises par le ministère de l'Intérieur à l'encontre du journal étaient à la fois
disproportionnées et illégales, la loi marocaine n'autorisant pas ce ministère à
fermer un journal sans une décision préalable de la justice.
"Akhbar Al Youm" est également poursuivi en justice par le prince Moulay Ismaïl
qui réclame des dommages et intérêts de trois millions de dirhams (environ
264.000 euros).
AP
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http://www.libe.ma/Apres-la-publication-d-une-caricature-relative-au-mariage-du-\
Prince-Moulay-Ismail-Les-locaux-d-Akhbar-Al-Yaoum-fermes_a5723.html
Après la publication d'une caricature relative au mariage du Prince Moulay
Ismaïl : Les locaux d'Akhbar Al Yaoum fermés…sans décision de justice
Ce mardi matin Taoufik Bouachrine, le directeur de «Akhbar Al Yaoum», est
toujours sous le choc. «Je ne comprends pas. Vraiment, je ne comprends pas ce
qui est arrivé», a-t-il déclaré à Libération.
Dans la soirée du lundi 28 septembre, aux environs de 20 heures, une vingtaine
d'officiers de police font irruption dans les locaux casablancais de ce
quotidien. Ils ont ordre de faire évacuer le siège du journal et de procéder à
la fermeture des locaux. « Nous avons demandé s'ils avaient une quelconque
décision écrite, un jugement, n'importe quoi d'officiel et écrit. Ils m'ont
répliqué qu'ils en ont reçu l'ordre et que je n'avais qu'à contacter le ministre
de l'Intérieur pour de plus amples explications », affirme T. Bouachrine.
L'explication viendra, quelques instants plus tard, d'un communiqué du ministère
de l'Intérieur relayé par la très officielle agence Maghreb Arabe Presse.
On y apprend que le département aux destinées duquel préside le tandem
Benmoussa-Hassar a décidé de poursuivre en justice le quotidien Akhbar Al Yaoum
après la publication d'une caricature « en relation avec la célébration par la
famille royale d'un événement à caractère strictement privé et de procéder à sa
saisie ». Cette caricature, publiée dans l'édition du week-end du journal et
dont les numéros n'ont pas été saisis, tient à préciser le directeur de
publication, constitue selon l'Intérieur « une atteinte au respect dû à un
membre de la famille royale ». Suit alors une description très détaillée de la
caricature, objet du délit : utilisation tendancieuse du drapeau marocain -ce
qui porte atteinte à un symbole de la Nation en faisant outrage à l'emblème du
royaume, s'empresse de préciser le communiqué- et usage de l'étoile de David,
présenté très officiellement comme un signe extérieur « de penchants
d'antisémitisme flagrant ».
« La caricature que nous avons publiée dans ce numéro daté du 26-27 septembre et
qui était en vente libre pendant tout le week-end sans le moindre problème
n'avait rien d'offensant », affirme ave
(El mensaje tiene más de 64K y ha sido truncado.)